2ieme chapitre!
Roy soupira. Il était réveillé depuis les petites heures du matin. Et quand bien-même qu'il aurait eu le temps de dormir, il aurait été incapable de le faire. Il était beaucoup trop nerveux. Cette situation n'avait rien de confortable. Comment pouvait-il espérer sortir Edward de là?
Une nouvelle salle avait été emménagée dans un ancien grand placard à balais au deuxième étage du QG. Son nouveau titre était maintenant : Salle de surveillance. Évidemment, pour tout le monde, elle restait un simple placard, mais quiconque y entrait aurait été surpris de n'y voir aucun balais. Les murs de la pièce étaient recouvert de petits écrans. Certaines montraient d'inoffensifs couloirs du QG, d'autres une vue sous tout les angles d'un des dortoirs du bâtiment.
Les caméras avaient été installées hier au soir, pendant que le petit blond était partit lire il ne savait quoi à la bibliothèque. Depuis ce temps, l'équipe de Mustang s'était séparé le travail et les heures de surveillance. Breda et Falman inspectaient pendant la nuit, Hawkeye et Havoc à plusieurs heures séparées de la journée. Fuery lui se chargeait de suivre Edward à l'extérieur. Mustang, quant à lui, s'était attribué la surveillance aux heures ou Ed était le plus envisageable de se trouver aux dortoirs, c'est-à-dire, le matin et le soir.
Mustang laissa échapper un long bâillement. Le FullMetal dormait encore. Il voyait sans difficultés la silhouette calme de son subordonné, couchée en boule sous les couvertes. Roy retint un sourire. Ainsi posé, Ed paraissait encore plus petit et chétif. Il se promit de le lui dire un jour. Juste à côté, sur le lit voisin, une grande armure, Al, regardait paisiblement par la fenêtre. Il ne dormait jamais pendant la nuit.
Cependant, aujourd'hui, le Colonel ferait quelque chose qui ne lui plaisait pas du tout. Il craignait la réaction du FullMetal. Son frère devait partir au plus vite. Si Archer prenait les mesures d'interrogatoires, il ne se priverait pas d'interroger Al, ce qui serait très mauvais, prenant compte qu'Al n'avait même pas de corps. Hors, comment demander à Edward de laisser son frère alors qu'il n'avait pas de raison valable? Le brun ne pouvait lui faire part de la surveillance dont il était le sujet. Il était persuadé qu'Archer l'apprendrait. C'est pourquoi il devait trouver une excuse plausible pour faire partir rapidement le cadet Elric.
Roy soupira une fois de plus. S'il faisait ça, Edward le détesterait encore plus que maintenant, c'était certain. Il devrait s'y préparer. Il n'aimait pas trop savoir que le blond avait une dent contre lui mais s'y était résigné avec le temps. Mais aujourd'hui, la situation ne ferait qu'empirer…
7h12, le FullMetal s'éveillait. Le Colonel s'installa confortablement dans sa chaise. Bien qu'il savait qu'il n'aurait rien à observer, vu le fait qu'Ed était loin d'être un traître à l'armée, Roy ne pouvait s'empêcher de devenir soudain alerte lorsqu'un mouvement dans le dortoir attirait son attention.
Le blond sortit lentement de son lit, les cheveux en bataille. Il marcha maladroitement vers la fenêtre, seulement habillé d'un caleçon. Le Colonel éclata de rire lorsqu'il vit enfin plus clairement le visage d'Ed. Ses yeux étaient entrouverts, encore embués par le sommeil, sous ses cheveux pêle-mêle lui donnant l'air plus garnement qu'il ne l'était déjà. Le Colonel sourit d'un air attendrit. Il ne put s'empêcher de le trouver mignon.
Le FullMetal s'habilla assez rapidement, prenant les premiers vêtements qui lui tombaient sous la main. Et, sans même savoir que l'une des personnes qu'il haïssait le plus avait observé chacun de ses mouvements, il sortit du dortoir, suivit par Alphonse.
8h02 Mardi matin. Le suspect reste extrêmement difficile à trouver. Il se montre enfin le bout du nez à la cafétéria vers 8h07. Après quelques ordres au Lieutenant Hawkeye…
Edward s'interrompit dans son rapport. Le Colonel marchait vers lui et il ne put cacher sa surprise. Depuis quand Mustang venait-il manger à sa table? Dans un geste nonchalant, il ferma son livre, bien conscient que le Colonel n'y prêterait aucune attention. Il avait toujours des livres avec lui. Le fait qu'il soit avec un simple cahier de notes n'avait rien de surprenant.
-FullMetal, appela inutilement le Colonel.
Edward continua de le fixer. Que lui voulait-il encore? À son grand ébahissement, Mustang s'assit en face de lui, de l'autre côté de la table et croisa les doigts. S'il n'aurait pas été si surpris, le doute et l'inquiétude l'aurait submergé. Le Colonel avait prit une pause si sérieuse qu'il s'en demandait beaucoup sur le sujet qu'il aborderait. Le brun respira longuement puis expira et ouvrit brusquement les yeux.
-Ce que je t'apprête à te dire ne risque de pas te plaire.
Le blond fronça les sourcils. Que se passait-il? Ses yeux onyx le firent trembler, et il ne fut pas certain que la peur en était la seule cause.
-Tu dois faire partir ton frère.
Son cœur fit un bond pour deux raisons. Pour la première, il ne s'y attendait pas du tout. Pourquoi son frère devrait-il partir? Il n'avait jamais dérangé auparavant! Et c'était ce bâtard lui-même qui lui avait assuré que Al pourrait rester avec lui aux dortoirs! Ou était le problème? Sa deuxième raison fut la colère. Pourquoi demandait-il une chose pareille? Il espéra de tout cœur que le Colonel avait de bonnes raisons valables.
-Et pourquoi ça?
Malgré le fait qu'il avait tenté au mieux de rester neutre, ce fut un échec total. Sa voix avait tremblé de rage et ses yeux d'or lançaient des éclairs. Malgré ça, il espéra rêver lorsqu'il vit cette lueur de tristesse traverser les orbes onyx de son supérieur.
-Je ne peux te dire de raisons valables pour l'instant.
La voix du Colonel trembla mais il continua tout de même.
-Je te demande juste de me faire confiance, tu dois faire partir ton frère.
Aveuglé par la colère, il tenta tout de même de se calmer. Pourquoi Mustang réclama-t-il tant le départ d'Al? Que se passait-il? Et pourquoi diable ne pouvait-il pas lui dire les raisons!?
-Et vous croyez vraiment que je vais le faire, particulièrement sans raisons précises!?
Roy ignora son ton provocateur. Pire encore, il chuchota d'un ton suppliant qu'il ne lui avait jamais entendu jusqu'à ce jour.
-Ed, s'il te plait. Envoie ton frère le plus loin possible, à Resembool, n'importe ou, mais pas ici!
Dire qu'Edward était troublé était un euphémisme. Pour la première fois de sa vie, Mustang le suppliait. Il n'y comprenait rien. Que se passait-il, nom de dieu!?
-Est-ce que Al a fait quelque cho… commença le FullMetal mais il fut coupé.
-Non, il n'a rien fait, ce n'est pas sa faute, ni la tienne, mais je te demande seulement de le faire partir d'ici.
Devant ce ton peu commun, il redoubla de colère pour cacher ce profond trouble qui s'emparait de lui. Si Mustang était si sérieux, c'était que quelque chose tournait mal. Sans quitter Roy des yeux, il se leva très lentement, ne finit même pas son assiette et marcha directement jusqu'à la bibliothèque.
Il se promit de poser plus de questions au Colonel plus tard, mais pour l'instant, pour il ne savait quelle raison, la voix de Mustang ne cessait de lui venir en tête. Et si ce n'était qu'un tour, une mauvaise blague auquel son supérieur le piquait souvent?
Non…C'était sérieux cette fois, il y avait quelque chose dont il ignorait et dont le Colonel ne pouvait lui parler. Avec toutes ces sombres idées en tête, il entra dans la bibliothèque, la mine triste. Il devrait annoncer ça à Al maintenant…
Une raison quelconque le poussa à remplacer Havoc lors de son heure de surveillance. Sans savoir s'il s'agissait de curiosité déplacée ou autre chose, il se rendit à la salle de surveillance, espérant presque que Ed et son frère se rendrait aux dortoirs pour y parler tranquille. Sans qu'il ne sache pourquoi, il était capital pour lui d'entendre la conversation entre son subordonné et son frère cadet. Étais-ce cette nouvelle responsabilité de protection et vigilance envers son jeune inférieur qui le poussait à agir ainsi? Il envoya au diable toutes ses questions aux réponses floues et se calla confortablement dans sa chaise, son casque d'écoute aux oreilles.
Son cœur monta à sa gorge quand la porte du dortoir s'ouvrit, dévoilant une armure à l'allure agitée suivie d'un petit blond à la mine piteuse. Le Colonel rapprocha son visage de l'écran, comme s'il craignait de perdre le moindre détail.
Le FullMetal ferma rapidement la porte derrière lui. Al, quant à lui, se retourna avec brusquerie vers lui (ce qui était très rare chez lui).
-Bon, Ed, tu peux m'expliquer maintenant? Pourquoi je devrais partir?
Roy ne voyait nullement les traits d'Al, mais au son de sa voix, une pointe de colère était facilement perceptible. Edward soupira.
-Je ne sais pas, je te dis! C'est ce bâtard de Colonel a qui il faut demander!
Au contraire de ce qu'il aurait cru, Ed semblait nerveux, et non en colère.
-J'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas? s'inquiéta Al.
-Non, non, ça n'a rien à voir. Il m'a seulement dit que tu devais…que tu devais partir…le plus vite possible, ajouta-t-il après un moment de réflexion.
Ces derniers mots flottèrent un petit instant en l'air. L'armure restait immobile, fixant Ed d'un regard qui devait être douloureux et perçant s'il avait eu de réels yeux.
-Écoute, ne crois pas que ça me plaise! renchérit soudain Ed.
Comme Roy, il avait probablement perçu la tension soudaine qui émanait de Al.
-Tu sais bien que j'aimerais que tu restes avec moi! Même s'il me répugne, le Colonel ne me dirait pas ça pour rien non!?
Il avait beau eut dire cette affirmation d'une voix claire et déterminée, Edward n'en semblait pas totalement convaincu. Son visage, le miroir parfait de ce qu'il ressentait, fit serrer la poitrine de Roy. Était-il si donc peu digne de confiance?
Alphonse répondit tardivement par un grognement incertain. Ce dernier, reconnu pour son calme et sa sagesse, semblait soudain passablement déconfit et hargneux face à la nouvelle.
Dire qu'Edward était calme et posé aurait été l'un des plus grands mensonges de l'histoire. Il aimait encore moins voir son frère dans cet état. Tout ça pour quoi? Pour un message des plus douteux venant de la bouche à tendance moqueuse de ce bâtard de Colonel.
Malgré son mécontentement, le blond décida, pour une raison qui lui restait encore inconnue, de faire fuir son frère à Resembool. Le Colonel n'avait rien mentionné d'autre, seulement de l'envoyer le plus loin possible de Central. C'aurait dut suffire non?
Néanmoins, suivant le départ de Al, sa mission d'ordonnance, qui s'était promis ô combien intéressante s'avéra monotone et fastidieuse. Par un hasard indéfinis, le Colonel restait introuvable la majorité du temps, particulièrement à la fermeture du QG au soir et à l'ouverture du matin. Ne lui avait-on pas dit que son supérieur restait plus longtemps que les autres vu son importante position dans la hiérarchie?
Seule solution possible : son supérieur flânait, fuyait, se cachait de son travail et/ou du Lieutenant-Colonel Hawkeye. Edward comptait bien là-dessus pour coincer le bâtard et le prendre les mains dans le sac. Peu-être qu'avec de tels arguments et plusieurs bonnes preuves, il pourrait avoir une petite récompense.
Mis à part cette mission d'espionnage encombrante, un autre point lui tourmentait l'esprit. Il n'avait pu reparler au Colonel depuis leur dernière rencontre à la cafétéria. Entre les heures de dîner, les heures de pause, et même les heures de travail, le brun restait distrait, presque nerveux, quasiment introuvable. Soit il était surchargé de travail, ce qu'il l'aurait étonné en cette période si calme d'Amestris, ou soit encore qu'il était pour seul responsable de ces absences répétitives à l'allure fortement volontaires. C'était un vrai traînard ou quoi!?
Roy en avait marre. Entre les parties de cache-cache dans les couloirs du QG aux longues heures passés dans son bureau, porte fermée à clé à remplir ses dossiers en retard de quelques mois, ses temps de pause déjà peu présent étaient plus que réduits. Le seul temps calme dont il disposait? Les quelques heures d'observations des dortoirs du QG. Que le FullMetal ne s'y montre ou pas, il avait droit à un bon café, assis tranquille sur une chaise confortable spécialement prévue à cet effet. De plus, Edward n'allait que très rarement aux dortoirs. Et lorsqu'il s'y rendait, le brun ne le voyait que trop bien souvent entrer sans cérémonie, la porte joliment ouverte par un coup de pied, puis apercevoir la petite silhouette s'étendre en soupirant de soulagement dans un des lits grinçants du QG. Plusieurs minutes plus tard, vers les environs de minuit et des poussières, il n'était pas rare de voir un FullMetal complètement endormi.
Deux semaines passèrent rapidement de cette façon. Si rapidement qu'il eut l'impression d'avoir passé plusieurs jours à dormir d'un sommeil agité pour se réveiller par la suite vers un jour X (le vendredi était-donc si vite arrivé?). Habituellement, le Colonel aurait été ravi de l'arrivée imminente du week-end, mais cette fois-ci, avec cet espionnage 24h sur 24h, il lui serait impossible de retourner tranquillement chez lui. Par dessus le marché, Havoc, Breda et Fuery étaient demandés au Nord, résultant des tonnes d'heures supplémentaires de surveillance à son agenda.
Ce qui l'attendait là, deux jours entiers seul au QG avec quelques officiers sans importance, la légère présence de Hawkeye, souvent ailleurs par d'autres ordres qui la demandaient, un Falman endormi et le jeune FullMetal.
Petit chapitre nécessaire à la suite. Prochain chapitre, le début officiel du RoyEd. Dans les suivants, même très bientôt, il y aura quelques tournures à tendance dramatiques légères, mais rien à faire pleurer quoi. Mais ma fic reste néanmoins sérieuse. Désolé d'avoir tardé pour l'écriture! Mikie

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