Le balancier de l'horloge oscillait. Telle une hypnotisée, je ne le lâchai pas des yeux. Le bruit rassurant de l'objet devait bien me bercer depuis une heure. Si je m'étais vue, je me serais faîte peur. Ce n'était vraiment pas mon style de me laisser aller comme ça. J'étais encore en pyjama et mes cheveux pendaient des deux côtés de ma tête en parfaite anarchie. Je n'arrêtais pas de ressasser les évènements de vendredi soir avec la lettre de Seth. Je sais j'avais agis vraiment trop impulsivement et la violence de ma réaction me surprenait encore. Il fallait absolument que je me trouve quelque chose à faire. Ma santé mentale en dépendait.
Nous étions déjà dimanche. Puisque vendredi soir et samedi avaient été consacrés à mes études, je n'avais plus rien à faire. Mes professeurs allaient être drôlement contents par mon soudain enthousiasme pour l'école…
On aurait dit que l'horloge me narguait. Le tic tac s'était maintenant transformé en Seth, Seth, Seth… Je quittai la pièce et me rendis dans la cuisine pour prendre mon petit-déjeuner. Alice et Jasper été malheureusement déjà là et me regardèrent avec ahurissement.
-Dis donc Bre! Tu as vraiment une mine affreuse! me reprocha Alice
Je lui répondis par un grognement et pris la boîte de céréales dans l'armoire avec nonchalance.
-Tu prends vraiment ton petit-déjeuner à onze heures?
Onze heures! Je n'avais pas remarqué qu'il était si tard! Alice continuait de me fixer avec étonnement. Comme je l'ai dit, ce n'était vraiment pas mon genre de me laisser aller… Je haussai les épaules et me versai une généreuse quantité de « Froot Loops ». Alice en devint que plus étonnée.
-Voyons Bre! Mais qu'est-ce qui t'arrive?
Grrr! Elle m'énervait avec ses questions.
-Je n'ai rien. Ça va très bien… marmonnais-je
Son visage se voila pendant quelques secondes et un large sourire apparut sur ses lèvres.
Agacée, je fis mine de partir, mais Alice me tira la manche.
-Tu ne ma pas dis que tu aimais le surf? me demanda-t-elle
-Oui. marmonnais-je stupéfaite
-Et bien je suis allée t'acheter une planche à un magasin de la Push. La mer est à seulement vingt minutes…
J'étais bouche bée. Surf égalait chaleur et soleil. Malheureusement, il n'y avait ni l'un ni l'autre à Beaver.
-C'est possible de faire du surf ici! m'exclamais-je
-Bien sûr! L'eau est juste un peu froide…
Elle ne m'avait pas menti. L'eau était gelée! J'avais failli renoncer dès l'instant où mon pied avait touché l'eau. Alice m'avait cependant acheté un wetsuit et une planche de vraiment bonne qualité. Je me sentais mal de revenir à la maison sans les avoir essayés. À vrai dire, je voulais aussi terriblement faire du surf et j'étais tannée d'errer dans la maison comme une âme en peine. De plus, Alice m'avait dit que les vagues étaient de type creuses : les meilleurs. Elle n'avait pas pu venir prétextant un important rendez-vous chez le dentiste…
Réunissant tout mon courage, je m'élançai dans l'eau glacée. Mon habit me protégeait un peu du froid poignant, mais je ne pus réprimer un frisson. Je me réconfortais en me disant que la plage était déserte. Si je me plantai, au moins, je n'aurais pas de public. Je m'allongeai sur ma planche et commença à ramer avec mes bras. Presque instantanément, je repérai une vague ayant une vitesse suffisante pour m'emporter. Je sentis la vague me soulever alors je ramai plus rapidement et me redressai avec vitesse. Je constatai avec bonheur que je n'avais pas perdu le tour. Comme à chaque fois, cette délicieuse sensation de voler sur la mer m'envahit. C'était étrangement familier. Il y avait tellement de choses qui avaient changé depuis la dernière fois que j'avais touché à une planche de surf. C'est là que je le vis. Un jeune homme incroyablement grand (et beau) était sur la berge en train de me regarder. Je l'aurais reconnu n'importe où : c'était Seth. Mon cœur s'emballa et mes jambes tremblèrent. Inévitablement, je perdis l'équilibre et tombai. Les flots me submergèrent. C'était froid, terriblement froid. Prise dans le ressac, j'effectuai une série tonneau. Je ne savais plus où était la surface. J'avalai de l'eau et m'étouffai. Je commençais à manquer d'air, mais contrairement à la plupart des personnes, je ne paniquai pas. J'avais effectué tous mes cours de sauvetage et je savais pertinemment comment faire pour m'en sortir. Je me laissai entraîner vers le bas. Une fois que mes pieds torchèrent le fond spongieux, je me donnai une grande poussée et revins à la surface. J'aspirai goulûment l'air.
-Bre! Est-ce que ça va!? s'exclama Seth me voyant
Il était dans l'eau à seulement un mètre de moi. Il avait retiré son chandail et mon regard tomba inconsciemment sur son torse imberbe et musclé. Je me sentis sombrer à nouveau à la vue de son corps parfait. Il m'attrapa la taille avec agilité et me pressa contre lui. Il était incroyablement chaud contrairement à la température ambiante. Je fermai les yeux et me laissa balancée contre sa poitrine ferme et chaude. Il me remmena vers ma planche et m'éloigna de lui. Je voulais désespérément retourner dans ses bras. Je veux dire retourner dans ses bras parce qu'il était chaud bien entendu…
-Dis donc, tu m'as foutu une sacrée frousse! s'exclama Seth en s'asseyant sur ma planche et en m'aidant à faire de même
Mon esprit prit quelque seconde à se reconnecter à la réalité.
-Mais pourquoi tu m'espionnais aussi! répliquais-je sur la défensive
Il rougit et marmonna des paroles inintelligibles. Ça lui arrivait souvent de perdre ses moyens devant moi. Je me radoucis aussitôt. Il ressemblait à un petit garçon qui venait de se faire prendre à voler des biscuits. De plus, il venait d'avouer qu'il m'épiait et étrangement ça me faisait plaisir. Je me rapprochai de lui et lui sourit.
-C'est gentil d'être venu à ma rescousse. le remerciais-je en souriant
C'était moi ou je lui faisais du gringue?
Il redressa la tête et planta son regard dans le mien. Pour une fois, je ne détournai pas les yeux. Il m'observa un peu plus longtemps que l'exigeait la courtoisie et ouvrit enfin la bouche.
-Comment aurais-je pu faire autrement?
Vous imaginez-vous dans une pareille situation? Je sentis ma bouche s'entrouvrir sous l'émotion.
Seth se pencha doucement vers moi en fermant ses yeux. J'étais totalement paralysée. Comme si mon sang avait gelé, m'empêchant alors de faire le moindre geste. Il s'arrêta à quelques centimètres de mes lèvres. Je pouvais sentir son odeur de sapin et la chaleur irradiée de son corps. Il me rendait folle. Complètement folle. Je voulais qu'il m'embrasse. Je voulais plonger mes mains dans ses cheveux. Je voulais m'agripper à lui de toutes mes forces. Mais à la place, il reprit sa position initiale sur ma planche et ouvrit les yeux. Il se mit alors à pleuvoir d'un coup. Les gouttes d'eau froides s'écrasaient sur ma peau avec force. C'était ce genre de pluie qui tombe du ciel en ligne droite et qui vous fait mal tellement elle est drue.
-On…on devrait peut-être y aller. me dit-il en fixant la plage
Je hochai la tête et je sautai dans l'eau. J'entrepris de tirer ma planche derrière moi, mais Seth me poussa gentiment et remorqua lui-même ma planche jusqu'au rivage. Quand il eut mis ma planche sur le toit de ma voiture, un hurlement de loup se fit entendre dans les bois environnants. Seth regarda dans la direction d'où provenait le cri et marmonna quelque chose. Il reprit son T-shirt détrempé qu'il avait laissé traîner sur la plage et se tourna enfin vers moi. Incrédule, je l'avais regardé durant toute la durée de son petit manège et j'attendais une explication. Il soupira et partit dans la forêt sans un mot. Quel culot! Je restai plantée là durant un bon moment ruisselant de partout. J'étais encore plus tourmentée que quand j'étais venue. Il y avait d'abord ce moment intense où je l'avais désiré plus que tout. Jamais je n'avais ressenti ça pour Antoine ni personne d'autre. Comme l'envie de respirer quand tu manques d'air. Pas un désir, une nécessité. Quand il s'était écarté, une sensation de brûlure avait parcouru le long de ma gorge et s'était rependue dans tout mon corps. Ça, ce n'était vraiment pas normal. Vraiment pas normal. Ça l'avait été douloureux de ne pas l'embrasser. Ça se comparait plus à une réaction chimique qu'à un désir. Il y avait ensuite son départ étrange et précipité. Pourquoi est-ce qu'il était parti en entendant un loup hurler? Loup… Comme dans son adresse e-mail : loup_2436. Je ne savais vraiment pas quoi pensé par appart à ça? Qu'il allait soigner des pauvres bêtes dans la forêt? Nan! Et puis après, ce n'était pas de mes affaires… J'avais juste terriblement que Seth soit là avec moi. Je voulais sentir ses bras chauds contre mon corps et son haleine effleurer ma joue. Je le voulais…
Le trajet jusqu'à la maison fut difficile. Premièrement parce qu'il pleuvait averse et deuxièmement parce que je croyais tout le temps voir Seth qui courait dans les bois bordant la route. Quand j'arrivai finalement au manoir, Alice m'attendait sur le portique avec un air satisfait. En voyant son air, je fus prise d'une révélation. C'est elle qui avait dit à Seth que j'allais surfer! La traîtresse! Elle se prenait pour qui? Une entremetteuse!
Je sortis de mon auto et fonçai sur elle.
-Alice! C'est toi qui as dit à Seth que j'étais à la plage de la Push! l'accusais-je
-Bien sûr que si petite cruche! me répondit-elle sans se départir de son air triomphant
Je tremblais de tous mes membres tellement j'étais fâchée. Soudain, une bouffée d'apaisement me parvint et je me détendis aussitôt. Dans le fond, j'avais aimé mon entretien avec Seth. Pourquoi est-ce que j'en voulais autant à Alice?
-Tu devrais rentrer te mettre à l'abri, il pleut vraiment beaucoup…me conseilla-t-elle
Je lui obéis encore plonger dans mes réflexions et pénétra avec soulagement dans la maison chaude et sèche.
En me couchant cette nuit-là, je pris une résolution. Je ne devais plus éviter Seth. Ça avait été vraiment stupide de refuser de voir la vérité en face parce que mes sentiments pour lui étaient plus forts que la raison. Personne même le plus amoureux des hommes ne pouvait résister longtemps à une telle attraction, à un tel besoin. Je dirai à Antoine que c'est fini entre nous. Tout d'abord parce que je me mentais à moi-même en essayant de me convaincre que Seth n'était qu'un ami et deuxièmement parce que ça me faisait trop souffrir d'être séparé de lui. Je savais qu'Antoine allait très mal le prendre, mais ma santé mentale en dépendait. De plus, j'avais l'impression de lui jouer dans le dos en ressentant quelque chose pour le Quileute. Soudain, la perceptive de revoir Seth demain à l'école me redis totalement folle. J'avais fabuleusement hâte de le revoir. Une vague d'excitation me parcourut tout le corps. C'était clair maintenant que je n'arriverai pas à dormir de la nuit. Cependant, une vague de fatigue se fît ressentir et je sombrai dans des rêves peuplés de Seth.
Wouuu! Qui a hâte au chapitre 8? Ouais je sais…Il est vraiment temps que ces deux-là soient réunis. Je sais aussi que ce chapitre n'est pas vraiment vraiment plus long que le précédent, mais je voulais faire un nouveau chapitre pour la grande «rencontre» entre Bre et Seth… Je vous remercie encore pour vos reviews. Je vous jure qu'à chaque fois que je vois que quelqu'un a commenté ma fic' je me mets à sauter partout comme une puce à qui on aurait donné du Red Bull! Ça, c'est vraiment intense comme réaction! On se voit pour le prochain chapitre qui s'annoncer très… disons… agitée?

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