Chapitre écrit par Juliabaku
CHAPITRE XXXII
- Papa, tout le monde est arrivé, Don est prêt ? cria Charlie en faisant irruption à l'étage.
- J'allais justement le réveiller.
- Quoi ? Il dort encore ?
- Il avait beaucoup de sommeil en retard.
- Mais il va bien ?
- Mais oui : il n'a pas de fièvre, il avait juste besoin de sommeil.
Les deux hommes entrèrent dans la chambre de Don où régnait une demi pénombre due aux rideaux tirés. Pendant quelques minutes, ils contemplèrent l'homme qu'ils aimaient, profondément endormi : ils n'avaient pas si souvent l'occasion d'en profiter ! Puis Alan s'approcha du grand lit et passa doucement sa main sur les cheveux de Don :
- Donnie… Donnie chéri, il faut te réveiller maintenant.
- Humpf ! se contenta de grogner Don en se retournant de l'autre côté tout en enfouissant sa tête sous l'oreiller.
- Hé Don ! C'est bientôt fini de jouer les belles au bois dormant ? attaqua à son tour Charlie en se postant de l'autre côté du lit.
- Quoi ? la voix ensommeillée de Don leur parvint à travers l'épaisseur de l'oreiller.
- La belle au bois dormant ? Tu connais ? Mais ne compte pas sur moi pour jouer ton prince charmant frangin ! ironisa alors le cadet.
Don sortit une tête hirsute de sous l'oreiller et darda un regard furieux sur son cadet :
- De toute façon, avec la tête que tu as, tu aurais plutôt droit au rôle de la bête à mon avis !
- Ravi de voir que tu es enfin réveillé, dit alors Alan. Mais il est plus que temps de te lever Donnie. Tout le monde t'attend.
- QUOI ?
Cette fois-ci totalement réveillé, Don se dressa sur le lit :
- Mais quelle heure il est ?
- Déjà presque dix-neuf heures. Pour quelqu'un qui disait n'avoir pas besoin de dormir !
Don jeta un regard incrédule d'abord sur le réveil, puis sur son père et son frère qui le regardaient en souriant : il ne pouvait pas avoir dormi près de quatre heures en plein après-midi, après avoir fait une nuit de plus de quinze heures ! Et pourtant…
Il ne s'était pas réveillé avant onze heures ce matin là, perclus de courbatures et en proie à un sérieux mal de tête. Bien qu'il n'ait pas voulu se plaindre, Alan et Charlie avaient tout de suite pris conscience de son malaise. Mais, connaissant Don, ils avaient évité d'aborder le sujet, se contentant de lui fournir l'aspirine nécessaire au mal de tête et de lui éviter tout effort superflu.
Vers quinze heures, Alan cependant avait remarqué sa légère crispation des lèvres chaque fois qu'il remuait les épaules.
- Tu as mal ? s'était-il alors inquiété.
Comme il s'y attendait, Don avait répondu :
- Rien de grave p'pa. Quelques courbatures dues à la position à cause des menottes. Ca va passer, t'inquiète, j'en ai vu d'autres !
- Ouais, bien sûr ! super Don ! avait maugréé Charlie dans sa barbe.
- Veux-tu que je te fasse un massage ? avait alors proposé Alan.
- Quoi ?
- Un massage : je suis plutôt doué tu sais. Ca pourrait soulager tes courbatures.
Un instant Don avait été sur le point de refuser, puis il s'était dit que, de toute façon, il n'avait rien à perdre à essayer. Sans compter que l'expression de gratitude qu'il avait lue sur le visage de son père lorsqu'il avait accepté sa proposition, l'avait largement récompensé de son geste.
Alan lui avait alors demandé de retourner dans sa chambre où, après avoir ôté son T-shirt, il s'était allongé sur le ventre sur le drap de bain que son père avait étalé sur le lit.
- C'est froid ! avait-il hurlé alors qu'Alan étalait le liniment sur ses épaules.
- Ca ne va pas durer, avait répondu son père tandis que Charlie se moquait :
- Petite nature va !
Don n'avait pas répliqué, tout entier concentré sur le bien-être qui se répandait dans tout son corps tandis que les mains de son père allaient et venaient sur son dos douloureux.
- Hum ! Je ne savais pas que tu étais si doué ! Où est-ce que tu as appris ça ?
Alan n'avait pas répondu, un sourire un peu triste sur les lèvres. Bien sûr que personne ne connaissait ce « don ». Il l'avait acquis dans les derniers mois de la vie de Margaret, à ce moment où elle souffrait tellement de contractures musculaires. Le kinésithérapeute qui la suivait lui avait alors montré, à sa demande, comment soulager ses douleurs. Et il s'était très vite révélé un excellent élève. Il avait ainsi pu, si souvent, soulager son épouse mourante.
- Tu as des mains magiques… lui chuchotait-elle, apaisée.
Mais sur la fin, ses mains magiques ne servaient plus à rien et la douleur ne lui laissait plus de répit. Alors depuis, il n'avait jamais pu refaire ces gestes. Il lui semblait qu'ils était inutiles. Et pourtant, à ce moment-là, tandis qu'il sentait le corps de son fils se détendre sous ses doigts, il s'était dit qu'il aurait peut-être dû pratiquer cet art à d'autres reprises, lorsque Don rentrait recru de fatigue, noué comme un arbre et tellement nerveux qu'il n'arrivait pas à trouver le sommeil : il aurait sans doute pu le délasser, comme il le faisait maintenant.
- Ca fait du bien, avait gémi Don, à moitié endormi.
Son père avait continué son massage jusqu'à ce que le liniment ait été totalement absorbé par la peau. Lorsque ses mains s'étaient enfin immobilisées, Don dormait profondément et Alan, après avoir ramené les couvertures sur lui, était sorti silencieusement de la chambre.
- Pourquoi m'avoir laissé dormir si longtemps ? râlait Don en se précipitant sur ses vêtements.
- Peut-être parce que tu en avais besoin, objecta son père.
- Et puis, commença Charlie dont la tirade vengeresse fut interrompue par un hurlement venant du bas :
- CHARLIE ! hurlait Amita. TON GATEAU VA PRENDRE FEU !
- Oh non !
Abandonnant là son frère, Charlie descendit rapidement les escaliers.
- Tu es sûr que cela va aller ? demanda Alan à son fils aîné tout en lui tendant la seconde chaussette qu'il cherchait vainement du regard.
- Oui, oui, va t'occuper d'aider Charlie. Sinon, il va encore stresser pour rien.
Après un dernier regard pour s'assurer que Don allait vraiment bien, Alan descendit alors les escaliers tranquillement.
Don finit de s'habiller, et descendit à son tour. Tout le monde était là ce soir pour lui. Pour fêter son retour chez les vivants.
Il vit alors tous ceux qui avaient participé à l'enquête, ceux qui étaient là pour soutenir sa famille, ceux qui l'avaient cru mort...
- Levons notre verre à notre chef ! dit Colby en joignant le geste à la parole.
Tout le monde leva alors son verre. Don était de nouveau gêné. Des sourires sur tous les visages ravivaient l'esprit de cette maison, qui était de nouveau joyeuse.
Mais soudain ils entendirent un cri venir de la cuisine. Tout le monde se précipita pour voir Charlie à terre avec son gâteau dans les mains. Il rougissait, car au début de cette affaire il était aussi tombé pour rejoindre les siens, pour partager un moment de plaisir avec eux.
- J'ai glissé encore une fois !
La boucle était bouclée ! Et c'est dans les rires que la soirée continua, en l'honneur de Don, le survivant.
FIN
Merci à tous ceux qui ont lu cette histoire et surtout à ceux qui on laissé des reviews : Fanncis, Pandi, AmbreOnyx, Ryhn, Eppsie notamment (si j'ai oublié quelqu'un, je m'en excuse...)
A bientôt peut-être pour une nouvelle histoire, si vous le voulez...

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