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Impair et perd ou l'art de la séduction by Emma-sama

Anime » Hana Yori Dango Rated: T, French, Romance & Drama, Yuuki & Akira, Words: 148k+, Favs: 8, Follows: 5, Published: 11-6-10 Updated: 4-3-12
20 Chapter 46

Chapitre 45

Main gagnante

Ça y est, nous voilà arrivés au bout de « Impair et perd »

J'ai la larme à l'œil et le cœur un peu triste de quitter

Yûki, Akira et tous les autres maintenant.

Mais il y a toujours une fin aux bonnes choses

Comme le dit Bibi.

Mais, comme je suis une horrible tricheuse, en plus de rapidement

Poster le chapitre 45, je décide finalement

D'ajouter un chapitre 46.

Donc officiellement, le chapitre 45 n'est plus le dernier !

Ah ! Quelle bonne nouvelle (pour moi du moins, pour vous je compte

Sur vous pour me le dire)

Alors, dans ce chapitre 45, attention à la tempête de sentiments

Et des sens…

Akira et Yûki ont leur premier rendez-vous, comment cela va-t-il se passer ?

Je vous souhaite le soin de le lire et de le découvrir.

Je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à bientôt,

Emma-sama

- Attends, je n'ai pas encore fini…

- Shigeru, je t'assure que tu n'as pas besoin de faire tout cela.

- Comment ? Mon amie a rendez-vous avec l'élu de son cœur et je n'aurais pas besoin de l'aider à se préparer pour cette occasion ? Yûki, tu ne peux décemment pas me demander une telle chose.

Confortablement installée sur une chaise longue, un masque sur le visage, vêtue d'un épais et moelleux peignoir blanc, les ongles des mains et des pieds fraîchement vernis de nacre, Yûki sourit malgré elle au spectacle de Shigeru occupée à passer en revue ses trésors, à la recherche de la paire de pendants d'oreilles parfaite.

- Tu sais Shigeru, je n'ai pas l'habitude de la sophistication, j'ai peur de ne pas me sentir très à l'aise dans une tenue trop raffinée.

- Si je me rappelle bien, nous avons déjà eu cette conversation et j'ai même réussi à ce moment-là, à te rallier à ma cause.

- Je m'en souviens… Mais entre temps, il s'est passé tant de choses ! Akira me connaît, il sait très bien que mes revenus n'égalent pas les vôtres et que ma garde-robe est modeste. Je ne peux pas mentir à ce sujet, les robes Channer ne pourront pas faire illusion. Sans compter que je suis loin d'avoir le corps d'un mannequin.

- Non-sens ! Tu es absolument parfaite telle que tu es et je n'ai pas l'intention de te déguiser en héritière empruntée. Je veux seulement t'aider à choisir la plus belle tenue pour ton rendez-vous avec Akira. C'est votre première sortie officielle en tant que couple, ce n'est pas rien ! Et puis, c'est ce que font les amies. Par exemple, si à mon tour je devais avoir rendez-vous avec un charmant jeune homme, ne m'aiderais-tu pas de la même manière ?

- Si, j'imagine…

- Alors la question est réglée. Que penses-tu de celles-ci ?

Cette fois, ce sont de larges créoles dorées, les sourcils de Yûki se dressent.

- Je pense… que ces boucles d'oreilles font chacune deux fois ma tête au moins.

- Bon, tu n'as pas tort. Ce n'est pas la meilleure idée que j'ai eue… Attends voir…

- Je peux ne pas porter de bijoux du tout.

- De… Pas de bijoux ? Yûki, tu ne peux pas me faire ça ! Ne brise pas mon rêve de faire de toi ma poupée à habiller, grandeur nature !

- Shigeru, tes yeux brillent beaucoup trop si tu veux mon avis.

- Ah ! Excuse-moi. Cela m'arrive lorsque je m'emballe. Mais je ne peux pas m'en empêcher ! C'est si émouvant, si excitant ! Je me sens comme un navigateur sur le point de découvrir un nouveau monde.

- Dans ce cas, je me demande ce que se sera le jour de ton rendez-vous.

- Simple ! Je pense que je serais dans l'impossibilité de bouger, frappée par une crise de tétanie aiguë.

- Je ne te laisserais pas tomber, ne t'inquiète pas.

- Mais je le sais bien, c'est pour cela que je ne vais pas laisser tomber. Tiens ! Cette fois, je suis sûre d'avoir fait le bon choix. Qu'en dis-tu ?

Yûki ouvre de grands yeux, conquise.

- Ils sont magnifiques…

- Je suis d'accord, ils se marieront sans le moindre problème avec ta robe. Oh ! Oui. Je vois ça d'ici. Songe d'une nuit d'été

Nerveuse, malgré l'air crâne qu'elle a tenu à afficher devant Shigeru, Yûki croise nerveusement les mains et vérifie toutes les trois minutes, la tenue de ses cheveux, le tomber de sa robe ou encore la bride des sandales à talons qu'elle porte, autour de ses chevilles. Elle tient à être parfaite, irréprochable, aujourd'hui plus particulièrement. Après tout, il s'agit de leur premier rendez-vous ! Cette pensée la remplit autant de joie que de nervosité. Elle veut qu'Akira ne regrette pas son choix, elle veut qu'il soit fier de sa petite amie. Petite amie… Elle sourit et rougit en même temps. Oui, elle est la petite amie de Mimasaka Akira, l'homme le plus merveilleux au monde. Akira… Une dernière fois, Yûki se regarde dans la psyché lorsque la sonnerie de l'entrée se met à carillonner.

- Yûki ! Ton cavalier est arrivé !

La voix claironnante de sa sœur lui parvient sans peine même à travers la porte fermée, elle s'empare de sa pochette puis une dernière fois sourit à son reflet. Le moment est arrivé ! Son cœur se met à battre, et du haut des quelques marches qu'elle a à descendre, elle le voit, à couper le souffle, comme d'habitude, dans un pantalon à pinces sombre, surmonté d'un pull léger sous un blazer. Ses cheveux sont noués dans cette queue de cheval qu'elle aime et deux mèches longues viennent encadrer son visage. Elle se sent fondre, lentement, plus encore lorsqu'elle note la fleur qu'il tient dans sa main droite. Un magnifique gardénia. Il la regarde également, détaille lentement, un sourire mystérieux aux lèvres, son corps drapé dans une robe bustier aux tons turquoise et chocolat laissant ses épaules et ses bras nus et soulignant la finesse et le galbe de ses jambes perchées sur de hauts talons. Yûki ne porte pas de bijoux, uniquement de larges bracelets de la couleur de la nacre et dans ses cheveux, une barrette assortie à ses bracelets. Elle est délicatement maquillée, avec les mêmes coloris que sa robe, ses joues sont rehaussées d'un soupçon de poudre et présentent l'aspect velouté d'une pêche dorée et mûre. Ses lèvres ourlées et brillantes sont légèrement entrouvertes appelant irrésistiblement les siennes…

- Bonsoir Yûki.

- Bonsoir Akira.

Ils se dévisagent ainsi pendant quelques secondes qui auraient pu s'étirer à l'infini si la sœur de Yûki ne s'était bruyamment raclé la gorge les ramenant à la réalité. Akira propose son bras à Yûki, faisant par la même, se pâmer son aînée.

- Et si nous y allions à présent ?

Yûki répond par un sourire et s'empare de son bras doucement.

- Grande-sœur, je promets de veiller sur Yûki et de vous la ramener, intacte.

- Ah ! Mimasaka. Je ne me fais aucun souci à ce niveau-là. Mais ne vous sentez surtout pas obligés de rentrer tôt, des jeunes de votre âge doivent faire la fête jusqu'au bout de la nuit ! Ah ! Ah ! Ah !

- Grande-sœur ! Voyons, ce n'est pas raisonnable ! Je pense donc que je vais suivre votre sage conseil. Ne vous inquiétez donc pas si vous ne voyez pas Yûki rentrer avant l'aube, hum ?

Akira éclate de rire tandis que Yûki, le rouge aux joues, baisse la tête et s'abîme dans la contemplation de ses orteils. Il a appelé son aînée Grande-sœur, comme s'ils faisaient tous désormais partie de la même famille. Comme si…

- Yûki ? Te sens-tu bien ? Tu me sembles fébrile.

- Oui ! Non ! Je veux dire que je vais très bien.

- Dans ce cas, allons-y.

Akira la mène jusqu'à la Mircidis tandis que dans son dos, sa sœur lui envoie des signes d'encouragement et lui adresse des clins d'œil complices. Comme d'habitude, l'incontournable Maru est au volant de la voiture, et elle répond à son sourire par un autre. Une fois installés à l'arrière du véhicule, Akira et elle discutent à bâtons rompus de tout et de rien, du lycée et de leurs amis, tout en se tenant par la main. Sans jamais se quitter du regard. Parfois ils se taisent, se contentant d'être en la présence de l'autre, de le sentir. Et Yûki aime ces silences pleins de leurs sentiments, de leurs émotions, de ce qu'ils se sont dit auparavant et n'osent pas encore se répéter. Par pudeur, par crainte de trop en faire. Pour préserver et renforcer la force de ces quelques mots qui ont bouleversé leur vie. Akira joue doucement avec la peau sensible de ses mains, il passe comme s'il s'agissait d'une plume, son pouce sur sa paume et le dos de sa main, paresseusement, subtilement. Délicieusement. Yûki sent ce picotement familier lui venir et frissonne. Il n'y a qu'Akira pour elle, dans sa tête, dans son cœur, son corps… Elle ne veut que lui. D'une façon hardie qui lui était étrangère jusque-là, elle redresse la tête pour affronter le regard du jeune homme. Aucun d'eux ne parle, mais ils savent. Ils comprennent parfaitement les envies de l'autre, leurs propres envies. Yûki songe qu'ils ne se sont pas encore embrassés et elle se demande quel effet les lèvres d'Akira auront sur les siennes. Et comme dans toutes les comédies romantiques et désuètes, les deux jeunes gens se rapprochent timidement, l'une penchant la tête à droite tandis que l'autre promène son souffle sur son oreille puis sur la ligne de sa mâchoire avant d'approcher ses lèvres… Un brusque klaxon les fait sursauter et rompt l'intensité de leur échange Akira peste contre l'indélicat tandis que Yûki se lance soudainement dans l'étude des bracelets prêtés par Shigeru. Le véhicule vient à s'arrêter, et sans attendre Maru, Akira sort de la Mircidis pour galamment tenir la portière à sa compagne.

- Mademoiselle, si vous voulez bien…

Un sourire aux lèvres, Yûki tente de sortir du véhicule le plus gracieusement possible puis s'empare du bras offert par l'homme qu'elle aime. Akira la conduit tout d'abord dans ce café où il l'a emmenée la première fois et où elle a bu ce fameux café frappé. Cependant, elle considère l'endroit sous un jour nouveau. Surtout les serveuses qui –elle ne l'avait pas remarqué la fois précédente – reluquent Akira avec gourmandise. C'est une nouvelle sensation qu'elle découvre et dans un geste instinctif, son bras se resserre sur celui de son compagnon faisant baisser son regard sur elle. Il lui sourit et ne la quitte pas un instant des yeux, pas même en passant sa commande, non plus en dégustant le contenu de son verre. Après cette entrée en matière, Maru les conduit au restaurant. Avec un nouveau sourire aux lèvres, Yûki reconnaît le restaurant coréen où ils ont dîner au retour d'Akira du pays du matin calme. La serveuse, vêtue du costume traditionnel les installe à la même table, dans un box privé où personne ne vient les déranger. Le repas se déroule dans une atmosphère à la fois détendue, drôle et chaleureuse ils se font goûter leurs plats, échangent une bouchée d'un plat contre une bouchée d'une autre spécialité. Elle rit de bon cœur aux plaisanteries d'Akira et sereine, contemple à quel point elle est elle-même lorsqu'elle se trouve avec lui. Personne avant Akira ne lui a fait un tel effet. Après le dessert, un délicieux gâteau au riz gluant et au miel, alors qu'elle achève de boire son thé vert au riz, Akira se penche doucement vers elle.

- Yûki, j'ai une question à te poser.

- Oui ?

- Nous avons bu le meilleur café frappé au monde, fait un merveilleux dîner. Qu'as-tu envie de faire maintenant ?

Yûki réfléchit un court instant. Peut-elle lui dire qu'elle a par-dessus tout envie de l'embrasser ? Elle rougit un peu à sa hardiesse puis réfléchit plus sérieusement.

- Eh bien ! Si cela ne t'ennuie pas, j'aimerais aller au cinéma. Il y a ce film… Une comédie romantique. Mais je comprendrais très bien que tu n'en aies pas envie…

- Pourquoi donc ? A moi aussi il m'arrive d'aller au cinéma. Je ne suis pas si différent des gens de mon âge.

Akira sourit tout en s'avouant que sa beauté, sa fortune et son nom le mettent bien évidemment à part, mais pour Yûki, il veut oublier tout cela et n'être plus qu'un homme amoureux agissant par amour. Lorsqu'il est avec elle, il n'y a plus de F4, plus de statut. Il oublie ses aventures passées, les femmes qu'il a séduites par envie ou par ennui. Il n'existe plus que Yûki, l'éclat de son regard et de son sourire. Aussi, après avoir remercié Maru et lui avoir demandé de rentrer sans eux, il s'empare de la main de Yûki et tous les deux gagnent le complexe cinéma le plus proche ils achètent du pop-corn, rient et font des messes-basses. Yûki réalise qu'ils font très exactement ce qu'elle aurait aimé la dernière fois où elle s'est rendue au cinéma et qu'elle regardait envieuse, le couple de collégiens. Aujourd'hui, c'est eux que l'on regarde avec envie. Aujourd'hui, ce sont Akira et elle que l'on regarde et envie. Bon, objectivement, elle doit reconnaître que c'est Akira qui aimante l'attention de toutes les personnes présentes, mais elle le comprend. Après tout, elle s'est trouvée prise au piège… Dans la promiscuité de la salle de cinéma, face à l'absence d'éclairage, Yûki se sent plus intrépide, elle ne sursaute pas lorsque la main d'Akira frôle la sienne, elle ne sursaute pas lorsque la jambe du jeune homme vient caresser la sienne. Elle ne rougit pas ostensiblement, alors qu'à l'écran, les amants contrariés s'embrassent passionnément elle ne baisse pas la tête lorsque dans un geste tendre et doux, Akira lui fait tourner la tête vers lui et plaçant deux doigts sous son menton, il l'attire à lui. Mais son pauvre cœur, lui, s'emballe comme jamais quand enfin, les lèvres d'Akira se posent sur les siennes. Le baiser est aérien et Akira se retire la laissant avec cette envie toujours… Elle essaye de retourner au film ensuite, difficilement. Comment se passionner pour une simple fiction quand l'homme de sa vie vient de lui administrer son premier baiser ? Oui, à cet instant, Yûki décide que rien ni personne n'a existé avant Akira. Elle décide qu'il sera le premier. Son premier amour. Son premier baiser. Son premier. Alors, en tâtonnant, sa main tremblante vient timidement à la rencontre de celle d'Akira qui s'empresse de se refermer sur la sienne. Yûki a une boule dans la gorge et qui lui donne envie de pleurer. Combien de fois a-t-elle rêvé se trouver en pareille situation ? Elle et son petit ami, son homme, leurs doigts mêlés, leurs regards dans la même direction. Elle ne pensait pas qu'être amoureuse la rendrait si heureuse.

Après le film qu'elle a vraiment eu du mal à apprécier –elle était bien trop bouleversée pour cela – Akira lui propose d'aller danser elle accepte. Il hèle alors un taxi et peu de temps après, deux colosses les font entrer dans un club dont elle a déjà entendu parler mais où elle n'aurait jamais rêvé pouvoir entrer. Le SILK. Sur leur passage, il y a des murmures, surtout de femmes, mais Yûki ne les entend pas. La voix d'Akira à son oreille couvre tout. Les clients très sélects du club dansent sur un refrain à la mode et le jeune homme en souriant lui murmure qu'il préfèrerait un air plus lent, avant de s'asseoir avec elle dans le carré VIP, sur des fauteuils confortables tendus de velours. C'est la première fois qu'elle met les pieds dans un tel endroit, et convient qu'en dehors de leurs atours probablement achetés auprès de maisons haute couture, les hommes et femmes réunis, ressemblent en tous points à la population plus bigarrée du Joliana. Il y a ceux qui se prennent pour John Travolta et enchaînent les pas de danse, ceux qui ont deux pieds gauches, ceux qui draguent avec plus ou moins de bonheur et ceux encore qui se déhanchent comme si leur vie en dépendait. Le SILK. Joliana. Un gardénia. Un bleuet. Akira. Elle. Shigeru avait raison. En dépit des signes extérieurs de richesse, ils restent tout simplement des êtres humains avec leurs rêves, désirs et besoins. Et elle, ce soir, ce qu'elle veut, c'est Akira. Un serveur surgit et comme si Akira avait déjà passé commande, dépose devant eux, deux verres remplis d'un liquide ambré. Désignant le verre se trouvant devant elle, Akira demande au serveur de le reprendre et d'apporter à la place, un cocktail sans alcool.

- Je ne voudrais pas que tu me soupçonnes de vouloir t'enivrer…

Son sourire est taquin, mais sa voix basse recèle – c'est ce qu'elle ressent – des connotations sensuelles. Sexuelles… C'est plus fort qu'elle, elle rougit et baisse la tête. Akira rit doucement et lorsque le serveur revient avec sa boisson, elle s'empresse de se cacher derrière son verre. Mais bientôt, la musique change, se fait câline et irrésistible et Akira lui retire son cocktail des mains avant de l'entraîner sur la piste de danse, au milieu d'autres couples déjà étroitement enlacés. Ils se font face un bref instant avant que ses bras à lui viennent enserrer sa taille et que les siens se lancent à ses épaules. Leurs corps se mettent à bouger de concert, harmonieusement, puis se rapprochent graduellement. La voix du crooner américain qu'elle finit par reconnaître halète suavement à leurs oreilles.

- C'est sur cette chanson que je voulais danser avec toi…

Yûki relève la tête et rencontre le regard songeur d'Akira. Si elle pouvait se voir dans un miroir, ses yeux reflèteraient le même trouble, elle en est certaine. Elle ne parvient pas à soutenir l'intensité de son regard plus longtemps et enfouit son visage contre son torse. Il y a comme de l'électricité entre eux, pendant que Marvin Gaye continue de soupirer lascivement. Yûki ferme les yeux et ses bras se resserrent autour d'Akira tandis que les mains du jeune homme glissent vers le bas de son dos. La jeune fille se sent la gorge sèche, son cœur résonne jusqu'à l'intérieur de son crâne. Sur une impulsion confortée et amplifiée par la complicité de la voix du chanteur, Yûki se serre plus fort contre Akira, si fort que rien ni personne ne pourrait s'immiscer entre eux. Le visage d'Akira se rapproche du sien et ses lèvres viennent titiller les siennes, lui faisant tourner la tête. Puis, la musique se tait mais une rumeur sourde et persistante s'élève dans la foule. Yûki et Akira tournent la tête vers la direction désignée et le jeune homme se tend subitement. Qui peut faire s'exclamer les hommes de dépit, et faire se pâmer les femmes ? Le F4 bien entendu. Enfin, le F3 devrait-il dire ! A l'entrée de la salle, la silhouette imposante et caractéristique de Tsukasa a fait son apparition, flanquée à chacun de ses côtés de celles de Sôjirô et Rui. Akira jure entre ses dents et attrapant la main de Yûki, il l'entraîne vivement hors de la piste de danse puis après avoir traversé un certain nombre d'alcôves, vers une porte dérobée donnant sur la rue. Yûki regarde sans comprendre, le jeune homme qui paraît frustré. Est-ce… parce qu'il ne voulait pas que ses amis du F4 ne les voient ensemble ? Comme si ses pensées l'avaient atteint, Akira lui fait face et prend ses mains entre les siennes.

- Je ne veux surtout pas de malentendu. Si j'ai fui, ce n'est pas parce que je tiens à cacher notre relation à mes amis. C'est juste… que je n'avais pas prévu de faire les choses ainsi. Je ne veux pas qu'il y ait d'ambiguïté et qu'ils doutent de nous. Je ne veux pas qu'ils te confondent avec… ce que j'ai pu faire par le passé. Je veux te présenter à mes amis, à ma famille, à la lumière du jour pas sous les stroboscopes d'une obscure boîte de nuit.

Yûki écoute sans rien dire, sans l'interrompre, puis sourit franchement.

- Me voilà rassurée ! Un bref instant j'ai cru que tu avais honte d'être vu en ma compagnie. Je suis heureuse que ce ne soit pas le cas. Et puis… Pour être honnête, je n'étais pas préparée pour des présentations officielles.

- Pourtant, j'ai l'intention d'officialiser notre relation dès demain.

- Dès demain ? Yûki ouvre de grands yeux.

- Bien évidemment. Je veux que tout le monde sache ce que tu représentes pour moi.

Ce disant, Akira se penche vers elle et embrasse son front Yûki ferme les yeux. S'il pouvait savoir ce que lui représente pour elle ! A quel point elle l'aime !

- Je suis désolé d'avoir écourté notre soirée de cette manière, souhaites-tu aller dans un autre club ?

- A vrai dire, je souhaite juste rester auprès de toi. Peu m'importe le lieu.

Cette fois, elle ne baisse pas les yeux et elle le confronte, son merveilleux regard clair jusqu'à ce qu'il se mette à rire.

- Très bien mademoiselle, vos désirs sont les miens. Que dirais-tu… de marcher ensemble et de prendre la première route qui se présentera ?

Ainsi, main dans la main, Yûki et Akira se promènent ils sont dans leur monde, leur refuge, rien en dehors d'eux n'existe. Rien hormis… la pluie qui se déclare et se met à tomber, drue. Yûki échappe un petit cri et galamment, Akira dépose sur ses épaules sa veste trop large pour elle, au parfum grisant. Elle inspire son odeur puis court avec lui vers le premier abri venu, l'auvent d'un restaurant chinois. Ils se serrent l'un contre l'autre et rient aux éclats comme des enfants après une farce particulièrement savoureuse. Leur rire n'a aucun sens, si ce n'est celui de leur bonheur.

- As-tu froid ?

- Non, grâce à ta veste.

- Je soupçonne la pluie de ne pas vouloir cesser tomber de si tôt. Que dirais-tu de rentrer ?

- Rentrer ? Maintenant ?

Il y a du désespoir dans la voix de la jeune fille et sur son visage, ses sourcils sont froncés. Akira retient un sourire de connivence. De la même manière qu'elle, il refuse de la voir rentrer chez elle et la quitter déjà.

- Oui, rentrer. Mais je ne t'ai pas dit où. Que dirais-tu de faire un saut à la serre ?

- Avec plaisir !

- Très bien. Dans ce cas… Taxi !

Derrière la vitre, la pluie tombe avec vigueur et martèle les derniers passants, et crée des rigoles vives au sol. Cette pluie a quelque chose de revigorant et d'anesthésiant elle débarrasse la ville de tout ce qui la pollue, elle assainit l'air et calme l'atmosphère elle calme son être. Cette pluie au-dessus de la voiture où Akira lui tient la main est rassurante. Le taxi s'arrête devant les grilles de la résidence Mimasaka et elle doit courir derrière Akira, sa veste couvrant sa tête, jusqu'à la serre. La distance à parcourir est relativement longue et lorsque Akira ouvre la porte du bâtiment, ils sont tous les deux trempés jusqu'aux os.

- Ah ! Quelle course ! Nous sommes bons pour prendre une bonne douche sinon c'est la grippe garantie. Je ne te présente pas les lieux, tu les connais déjà. Prends ton temps, rien ne presse. Tu trouveras tout le nécessaire dans la salle de bain.

- Tu es aussi trempé que moi, tu peux prendre ton bain le premier si tu veux ?

- Et me conduire comme un mufle ? Non, décemment pas. Ne t'inquiète pas pour moi. Je vais aller dans ma chambre. Donc, profite de ton bain. D'accord ?

- D'accord.

Akira quitte la réserve pour l'intérieur de la résidence la laissant seule. Lentement, elle pousse la porte de la salle de bains puis se débarrasse de sa robe trempée et de ses chaussures. Ses sous-vêtements sont tout aussi mouillés et elle les fait glisser au sol. Pieds nus, elle pénètre la douche carrelée de marbre rose et fait couler de l'eau chaude. Son corps se réchauffe rapidement et elle savoure le moment, la tête renversée en arrière. Passant les mains sur son visage, elle pousse un soupir de plaisir puis laisse son esprit rêver à Akira. Elle murmure le nom du jeune homme et frissonne. Il était beau, avec ses cheveux mouillés par la pluie. Elle aurait voulu les toucher du bout des doigts… Après quelques minutes consacrées à s'enivrer de gel douche exotique sur sa peau, elle se rince une nouvelle fois, le corps et l'esprit échauffés. Au sortir de la douche, elle s'empare d'une épaisse serviette. Après s'être consciencieusement sécher le corps, elle revêt un peignoir moelleux et confortable et trouve des chaussons à sa taille. Rassérénée, elle quitte la pièce et décide en attendant Akira, de quitter le petit appartement indépendant et de se promener dans la serre. La pluie tombe toujours et les grondements de l'orage proche se font entendre. A travers les parois vitrées, Yûki regarde le ciel noir et les branches des arbres qui plient sous le vent. Elle resserre les pans de son peignoir contre elle et continue de marcher, admirant encore la végétation dense et fournie, et le parfum sucré des fleurs. Elle inspire profondément l'air et se délecte de l'odeur lourde. Un éclair zèbre le ciel au-dessus de sa tête, déchirant de part et d'autre, elle ne peut s'empêcher de frissonner. Elle n'a pas peur des orages mais ils ont le don de la rendre nerveuse. Yûki se morigène en son for intérieur et décide d'aller voir les orchidées quand un nouvel éclair accompagné du tonnerre recouvre la serre d'une lumière crue et aveuglante couvrant l'éclat des lampes allogènes dissimulées de-ci de-là. Elle ferme les yeux et pose les mains sur ses oreilles quand un nouveau grondement retentit.

- Yûki ?

La jeune fille se retourne et fait face à Akira qui a lui aussi revêtu un peignoir. Elle le trouve si merveilleusement beau ! Il la captive tant qu'elle en oublie l'orage qui sévit au dehors, les éclairs qui se multiplient et le tonnerre assourdissant. Elle lève la tête vers lui qui lui sourit. Son cœur bat plus fort dans sa poitrine et cette étrange chaleur qu'elle a apprivoisée se répand depuis son ventre à tout son corps. Elle essaie de le lui dire, de le lui expliquer mais elle n'y parvient pas. Alors elle lève la main et la pose tendrement sur sa joue. Akira a l'air de souffrir à cet instant, du même mal qu'elle. Un autre éclair se dessine, les aveuglant tous les deux, à moins que ce ne soient leurs sentiments et leurs sens les vrais responsables. Comme dans un rêve, ils se rapprochent l'un de l'autre et leurs mains se mêlent fébrilement. Leurs lèvres se cherchent avec violence presque et les baisers deviennent fiévreux. La langue d'Akira vient tracer les contours de ses lèvres avant de venir à la rencontre de la sienne. C'est la première fois qu'elle est embrassée de la sorte et ses jambes deviennent faibles sous elle. Yûki gémit sous les baisers d'Akira et y répond avec passion comme s'ils vivaient le dernier jour du monde ses mains se lancent au cou du jeune homme et elle se presse contre lui. Elle veut se fondre en lui, elle veut qu'Akira se fonde en elle. Dans un geste fou, elle entreprend de dénouer la ceinture de son peignoir.

- Akira.. Je veux que tu sois le premier. Je veux être à toi.

Il la regarde étrangement, les yeux brillants avant de faire glisser son peignoir désormais ouvert le long de ses épaules et de le laisser choir à terre. Elle ne rougit pas, ne tremble pas alors qu'il la contemple longuement, nue devant lui. Elle ne rougit pas non plus lorsqu'il retire son propre peignoir et se tient à son tour nu devant lui. Akira est tout simplement parfait, de la ligne de ses épaules à celle de ses hanches étroites. Il la regarde nue devant lui, parfaite, de sa poitrine ronde et haute à sa taille fine.

- Yûki… Je veux que tu sois la dernière. Je veux que sois à jamais mienne.

Sans rien dire de plus, il la prend dans ses bras et l'embrasse fougueusement, ressentant avec une acuité douloureuse, la pression de sa poitrine contre son torse, celle de son ventre contre le sien. Yûki le rend complètement fou. Désespérément amoureux. Dans un grognement, il la soulève sans peine de terre et place ses jambes autour de ses reins. Elle est si légère ! Comme un rêve, comme une illusion née de l'orage. Mais ses lèvres sur les siennes et ses mains dans ses cheveux lui crient sa réalité. Il aime la jeune fille et ce soir, elle va devenir sa femme. Yûki frissonne et son ventre ne cesse de se contracter. Elle l'aime tant ! Tant qu'elle n'appréhende pas ce qu'il va se passer, tant qu'elle ne peut s'empêcher de l'embrasser encore et encore, de s'enivrer de son odeur, du contact de sa peau sous ses mains. Elle veut qu'Akira lui fasse l'amour, maintenant. Même si elle refusait de l'avouer à voix haute, son corps qui se jette convulsivement contre le sien le clame pour elle.

- Akira… Je t'aime tellement ! Je veux que tu m'aimes, maintenant… S'il te plaît !

Leur désir est si pressant qu'il leur est intolérable de rester ainsi une seconde de plus, pourtant Akira se retient de faire l'amour à Yûki à même le sol de la serre et il se hâte de regagner le petit appartement. Il s'agit de la première fois pour Yûki, il ne veut pas la blesser, de quelque manière que ce soit. Mais son corps chaud et son ventre qu'elle frotte instinctivement contre le sien achèvent de l'affoler. Il a tellement envie d'elle ! Il en rêve depuis si longtemps ! Yûki… Il l'allonge sur le lit, couvre ses bras, le creux de ses aisselles, ses jambes et ses petits seins de baisers il darde la langue sur sa nuque, son nombril, regardant avec une satisfaction toute masculine, le corps de son amante se soulever et crier son envie de lui.

- Akira…

« Viens ». Elle n'a pas besoin de le dire, ses yeux luisants, ses bras tendus vers lui, et ses gémissements parlent pour elle. La jeune fille a raison de lui et enfin il s'allonge sur elle. Lorsque enfin il la pénètre, qu'ils ne font plus qu'un, Yûki gémit sourdement. Durant leur étreinte, il ne cesse de lui murmurer à l'oreille, son amour, encore et toujours alors que les bras et les jambes de Yûki se referment sur lui comme pour se rapprocher encore plus de lui.

- Akira… Akira… Akira…

Yûki halète et gémit sous les assauts de son amant, de douleur un peu mais de plaisir et de bonheur aussi. Elle est si heureuse de le sentir contre elle, en elle ! Et elle l'entend lui murmurer qu'il l'aime, sans fin. Elle aimerait lui dire qu'elle l'aime, qu'elle aime ce qu'il lui fait mais son bas-ventre se contracte subitement et une vague de chaleur intense se diffuse dans tout son corps. Une sensation étrange la surprend et fait se raidir tout son corps. Elle se tend d'un coup et un cri étranglé lui échappe, étouffé aussitôt par un baiser d'Akira qui continue de bouger en elle, de plus en plus vite, avant de se raidir à son tour et de serrer plus fort ses hanches. Il gémit contre ses lèvres et elle le serre plus fort contre elle.

- Yûki… Ne me quitte jamais plus.

- Akira…

Les larmes aux yeux, Yûki embrasse le jeune homme, fort, si fort. Non, jamais plus elle ne veut être séparée de lui, pas même un seul jour.

- Je n'aurais jamais du accepter de t'accompagner !

- Eh ! Pourquoi dis-tu une chose pareille ? Tu devrais être content plutôt, que je t'invite à passer l'après-midi avec moi.

- Tsukushi… Tu sais pertinemment que là n'est pas le problème. La dernière fois que nous avons fait une telle chose, ça a été un fiasco. Tu dois le reconnaître.

- C'est vrai mais… Cette fois-ci je suis sûre que tout se passera bien.

- Ouais ! J'en doute. J'ai l'impression que ton amie a très mauvais goût et une capacité effroyable à porter son dévolu sur les ordures.

- Dômiôji ! Je ne te permets pas ! Yûki est ma meilleure amie et de toute façon tout le monde peut faire des erreurs. Ça arrive même aux meilleurs.

- Faux. Moi je ne me suis jamais trompé. J'ai tout de suite su que c'était toi et personne d'autre.

Tsukushi ne riposte pas, ses pommettes rosissent. Tout n'est pas parfait dans sa relation avec Dômiôji mais… Il y a des progrès, de vrais progrès. Et même si cela la désole, elle partage son avis. Elle craint qu'une fois encore, Yûki n'ait fait le mauvais choix.

- Tiens ! La voilà. Yûki !

Yûki se retourne et agite le bras en direction de son amie.

- Tsukushi ! Cela faisait longtemps. Bonjour Dômiôji.

Le jeune homme la salue d'un bref signe de tête avant de constater l'absence du quatrième larron attendu.

- Mais… Yûki ? Où est ton petit ami ?

- Ah ! Il est parti nous chercher quelque chose à boire, il ne devrait plus tarder. Tiens, le voici justement.

Avant de tourner la tête dans la direction indiquée par son amie, Tsukushi la regarde et convient qu'elle est absolument radieuse. Elle est plus jolie, plus souriante… Il y a quelque chose de changé en elle, quelque chose qu'elle ne parvient pas à expliquer. Lorsqu'elle tourne la tête, Tsukushi voit Mimasaka marcher vers eux.

- Bah ! Mimasaka ? Que fais-tu là ? N'as-tu pas rendez-vous avec l'une de tes femmes mariées ?

- Bonjour Tsukushi ! Et non, je n'ai pas rendez-vous avec une femme mariée. Mais avec une jeune femme ravissante…

- Ne t'approche pas de moi, quand tu dis des choses pareilles, ça me perturbe !

- Ah ! Je sais bien que je suis irrésistible. Mais plus sérieusement. As-tu oublié que nous devions nous rencontrer aujourd'hui ?

- Qui ça, nous ?

- Eh bien ! Nous, comme dans toi et moi.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ?

- Akira ! C'est quoi cette histoire ? Depuis quand as-tu des rendez-vous avec ma femme ? Tu sais parfaitement que Tsukushi est à moi. Ou alors, as-tu l'outrecuidance de te mesurer à moi ?

- Eh ! Je ne suis pas ta chose ! Sache que je ne suis pas un objet et que je n'appartiens à personne ! Tu ferais bien d'imprimer cette nouvelle, tête de poulpe !

- Euh ! Tsukushi, Dômiôji. Je pense que vous faîtes erreur tous les deux. Akira devait bien te rencontrer aujourd'hui, mais dans un cadre purement amical.

- Yûki ? Je ne comprends rien. Peux-tu m'expliquer ? Et puis… Comment se fait-il que tu appelles Mimasaka par son prénom ?

- Je te l'ai dit qu téléphone. Aujourd'hui, c'est une sortie à quatre. Toi et ton petit ami, moi et le mien.

- Dans ce cas, qu'est-ce que Mimasaka vient faire là-dedans ?

Akira se frappe le front de la paume de la main droite puis se tourne vers Yûki.

- Tu sais Yûki, jusqu'à aujourd'hui je pensais que Tsukushi était plus futée que Tsukasa mais il faut croire que je me trompais. Que dirais-tu de leur montrer ?

Yûki rit gaiement, avant d'acquiescer de la tête.

- Oui, je pense que ça serait plus simple et plus parlant que tous les discours du monde.

Tsukushi et Dômiôji échangent un regard perdu, avant de se retourner vers Akira qui se penche tranquillement vers Yûki avant de lentement l'embrasser sur les lèvres, les yeux clos. La scène leur paraît complètement surréaliste –et aussi, hum ! Très érotique – leur arrachant des rougissements, et faisant se décrocher leur mâchoire mais Tsukushi revient la première à la réalité.

- De… Quoi ! Yûki ! Qu'est-ce qui se passe ? Toi et Mimasaka ? Mais… Quand ? Comment ? Où ?

Yûki se mordille la lèvre, avant de s'emparer de la main qu'Akira lui tend et de croiser ses doigts avec les siens, fermement.

- Alors ça… C'est une très longue histoire !


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