Il semblerait que notre héroïne avait sa propre sorte de magie, une magie contre laquelle son sorcier était mal équipé.
Parce que d'une certaine façon elle avait volé plus qu'un seul baiser.
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Jane était irrité.
Il avait passé la majeure partie de l'heure précédente à essayer de décider si aller à une séance de cinéma avec l'équipe était une bonne idée.
C'était une initiative de VanPelt, bien sûr. Il était certain que ce serait une soirée parfaitement agréable. Ce n'était pas le problème. Le problème était qu'il se rendait compte d'à quel point il avait envie d'y aller.
Il n'était pas sensé prêter autant d'attention aux sorties sociales. Il pouvait les apprécier lorsqu'elles se présentaient, mais il n'était certainement pas supposé être investi en quelques façons que ce soit. Cependant il y était.
Il se trouva plus conscient de vouloir vraiment passer du temps avec son équipe, ses amis. Ça devenait distrayant. Il ne devrait pas aller à un idiot petit film ce soir.
Il devrait rester au CBI et se concentrer sur l'affaire John LeRouge. Une autre femme avait été tuée quelques mois plus tôt et Jane n'en était pas plus près d'attraper le tueur en série. Il n'avait rien. John LeRouge le narguait. Il n'avait fait aucun progrès de quelque sorte depuis des mois. Il devait ignorer toutes les distractions extérieures et se concentrer sur le tueur.
Tout le reste devait passer au second plan.
-Tu viens voir le film ce soir ? demanda Rigsby alors qu'il se levait et se préparait pour quitter les bureaux.
Jane ouvrit les yeux et observa les alentours. Cho était indifférent, VanPelt semblait pleine d'espoir, et Rigsby amical. Il chercha la quatrième paire d'yeux familière avant même de pouvoir s'en empêcher.
Et elle était là. Lisbon était appuyée dans le couloir, ne semblant pas pleine d'espoir mais… supérieure, comme si elle savait qu'il allait dire non et voulait l'entendre chercher une bonne excuse. Comme si elle savait tout ce qu'il pensait.
Ha.
Il allait lui montrer.
-Absolument, répondit fermement Jane, se concentrant sur les sourires ravis de Rigsby et VanPelt.
Après tout, une soirée au cinéma pouvait être un bon moyen de se vider la tête.
Surtout s'il ignorait Lisbon, qui désormais semblait (pour son plus grand agacement) triomphante et plutôt contente de la tournure des évènements.
-Super, déclara Rigsby. Ça serait sûrement mieux si on fait du covoiturage jusque là-bas et qu'on revient après pour que chacun récupère sa voiture. J'allais prendre Cho et VanPelt…
-Je prendrai Lisbon dans ce cas, intervint Jane sans problème. Autant ne pas s'entasser inconfortablement dans une seule voiture.
Rigsby s'arrêta avant d'observer pas très subtilement sa patronne. Lisbon haussa juste les épaules. Elle était parfaitement à l'aise avec le fait d'y aller avec Jane.
Voyant qu'elle n'avait apparemment aucune objection, Rigsby revint à Jane.
-Ok, accepta-t-il. Donc on vous voit là-bas ?
-Bien sûr, répondit Jane en se levant et s'étirant. On sera juste derrière vous.
Les trois agents s'éloignèrent, VanPelt leur adressant un petit signe de la main. Jane agita lentement sa veste, incertain quant à comment il s'était mis dans cette situation. Comment avait-il fini par être volontaire pour faire ce qu'il avait juré que personne ne le forcerait à faire ?
Le sourire de Lisbon était indulgent alors qu'elle s'approchait.
-Savez-vous seulement quel film vous allez voir ? s'enquit-elle.
-Pas même un indice, répondit-il d'une voix neutre.
-Tu n'as pas songé à demander avant ?
-Non, répondit Jane. Ça pose un problème ?
-Eh bien, reprit Lisbon, c'est quelque chose que la plupart des gens vérifient avant d'accepter une invitation pour un film.
Jane lui offrit son sourire habituel, familier.
-Je ne suis pas la plupart des gens Lisbon, lui rappela-t-il.
-Je sais, acquiesça-t-elle, souriante en retour. Mais il y a aussi une autre raison possible expliquant pourquoi tu n'as pas demandé.
Son sourire s'affaiblit presque imperceptiblement.
-Et quelle est-elle ? s'enquit-il avec une légèreté forcée.
-Tu n'avais aucune intention d'y aller, répondit-elle tout aussi légèrement.
-Si c'était le cas alors pourquoi ai-je changé d'avis ? demanda Jane, heureux de toute la maîtrise qu'il avait quant au contrôle de ses expressions faciales.
-Je ne sais pas, répondit Lisbon dans un haussement d'épaules.
Jane sentit un peu de son parfum. Il savait que s'il avançait d'un pas il pourrait sentir la chaleur de son corps. Il résista à l'envie.
-Te connaissant, c'était sûrement pour prouver que quelqu'un avait tort, ajouta-t-elle affectueusement.
Elle sourit brièvement devant sa surprise évidente :
-Maintenant viens. Ils vont nous attendre.
Jane obéit et la suivit, l'esprit en ébullition. Avait-elle su ce qu'elle faisait tout ce temps ? Etait-il possible qu'elle ait joué avec lui ? Il aurait pensé que non, mais son sourire satisfait racontait une autre histoire. Et il évitait son grenier. Une fois encore. Ce qu'elle appréciait.
Maudite soit cette femme.
Il avait besoin de se concentrer. Désespérément.
Il aurait bien enlevé ce sourire de son visage, mais leur précédente expérience de ce genre était dangereuse. Son imagination traîtresse était déjà hors de contrôle. Elle l'avait été depuis qu'il avait eu un petit avant-gout.
C'était déjà assez fâcheux qu'ils aillent au cinéma ensemble.
Maintenant il était empoisonné par des images incluant plaquer Lisbon contre un siège au fond d'un cinéma plongé dans le noir. Ce qui ne faisait rien pour lui vider la tête. Surtout parce qu'il savait exactement la chaleur qu'elle dégagerait dans ses bras.
Ça le rendit si fatigué d'être froid.
Et c'était sa faute à elle.
Il était trop conscient maintenant, trop conscient d'elle.
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Avez-vous déjà remarqué que dans la plupart des contes les gens, qu'ils soient méchants ou héros, ne semblent avoir qu'un seul vrai but ? Vaincre la sorcière, tuer le dragon, sauver l'être aimé, échapper à la mort, tuer la princesse, accéder au trône, détruire le monde, trouver le grand amour. S'ils ont plus d'un seul but, ces buts sont habituellement liés d'une telle façon qu'atteindre l'un c'est atteindre l'autre.
Il y a une bonne raison à cela.
Quand vos buts sont si importants, ils requièrent toute votre concentration. Si vous avez deux buts, deux quêtes, il est inévitable que vous deveniez distrait entre eux. Et quand un homme est distrait, au moins l'un de ses buts en souffrira.
Il doit décider lequel est le plus important.
S'il ne le fait pas alors il pourrait ne pas être assez concentré pour le succès d'aucun d'eux.
Notre sorcier devait se décider.
S'il ne le faisait pas, la décision pourrait lui échapper.
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Jane était silencieux.
Et Lisbon était effrayée.
Ils retournèrent dans son bureau après ce qui était probablement la réunion la plus difficile qu'ils aient eu avec Hightower, et à travers les ans ils en avaient eu quelques unes sévères.
Lisbon n'oublierait jamais l'expression de sa patronne alors qu'elle leur expliquait les terribles nouvelles, la scientifique avait confirmé que l'homme que Mike Ramirez avait tué à peine huit heures plus tôt était en fait John LeRouge, le pire tueur en série de la Californie. Puis il s'était ôté la vie, après avoir laissé une lettre expliquant qu'il n'avait plus rien qui valait la peine de vivre.
Pas depuis le meurtre de sa femme du moins.
Il semblait qu'un autre mari fou de chagrin était arrivé à John LeRouge avant Jane. Ils n'étaient pas encore sûrs de comment Mr. Ramirez avait trouvé John LeRouge (peut-être ne le sauraient-ils jamais), mais c'était arrivé.
Lisbon aurait bien été soulagée mais Jane avait à peine aligné trois mots depuis les nouvelles. Lisbon savait qu'une explosion ou une dépression était imminente. Heureusement le mot était déjà passé dans le bâtiment, donc tout le monde les évitait alors qu'ils marchaient vers son bureau.
Soudainement, elle ne le supporta plus.
-Jane, murmura-t-elle, frôlant son bras du doigt.
Il secoua la tête et lui montra le bureau.
Lisbon obéit et entra. Se tournant alors qu'elle atteignait son bureau, elle l'observa fermer la porte derrière lui et prendre une inspiration.
-Jane, je ne peux même pas… dit-elle, essayant une deuxième fois.
-Non, siffla-t-il.
C'était tout ce qu'elle pouvait faire pour ne pas reculer à l'entente de la rancœur dans sa voix.
-Jane, murmura-t-elle une troisième fois.
Il l'ignora.
-C'est ta faute, dit-il sur le même ton horrible.
Lisbon craignit presque pour sa propre sécurité, mais elle était déterminée à le garder rationnel. Même si c'était presque sûrement une bataille perdue d'avance.
-Comment est-ce… commença-t-elle à demander aussi calmement que possible.
-Tu savais ce que je voulais, gronda Jane. Tu savais ce que John LeRouge signifiait pour moi. Tu savais que j'avais besoin de cette vengeance pour la mort de ma famille. Tu savais que c'était tout ce que je voulais, tout ce pour quoi j'étais ici. Tu savais que c'était au fond tout ce qui me restait.
-Vous ne le pensez pas, chuchota Lisbon désespérément.
-Tu sais que je le pense ! répondit Jane en haussant le ton pour la première fois depuis leur réunion décisive. Je t'ai tout expliqué de mes buts, de mes plans de vengeance ! Nous avons eu plusieurs conversations à ce sujet, tu te souviens ? La plupart à ta demande. Je pensais que tu savais quelle était ma position. Et maintenant tu me l'as volée. Tu me l'as prise. Je sais que tu avais menacé de le faire, mais je n'avais jamais vraiment pensé…
-Comment ? commença à demander Lisbon, comprenant pourquoi il était en colère, mais peu sûre de saisir par quelle logique emmêlée c'était sa faute.
Elle essayait de garder le contrôle d'elle-même. L'un d'eux devait le faire.
-Tu m'as distrait ! s'énerva-t-il.
Il était furieux contre elle. Il ne se souvenait même pas de la dernière fois où il avait été si en colère contre quelqu'un. Dans son esprit, elle était à blâmer. Comment ne pouvait-elle pas l'être ? Ça avait probablement était fait délibérément. Elle avait déjà utilisé ses faiblesses contre lui auparavant. Il était l'idiot qui était tombé dans le piège.
-Tu m'as distrait avec tes complots pour me faire passer plus de temps avec l'équipe, pour me faire descendre du grenier afin que je ne puisse pas travailler comme il le fallait. Et tu m'as distrait avec tes yeux et tes fichues idées. Tu t'es jouée de moi. Je sais que tu l'as fait. Toi et ton… Tu étais déterminée à m'attirer dans un piège depuis le tout début.
-Parce que tout tourne autour de toi ? demanda Lisbon avec colère.
Au diable le calme. Elle n'était pas décidée à le laisser l'accuser de ruiner sa vie en ayant essayé de l'empêcher de tuer un homme.
-Et qu'en est-il de moi ? Qu'en est-il de ce que je voulais ? Je suis désolée que tu sois bouleversé Jane. Je suis désolée que tu ais l'impression de ne pas avoir eu la fin espérée, mais si tu penses que je suis désolée que tu n'ais pas eu à trancher la gorge d'un homme de sang-froid…
-Mieux vaut le pauvre Mike que moi hein ? s'enquit-il, acide.
-Mieux vaut personne ! protesta Lisbon. Mais ce n'est pas une option dans cette affaire. Tu es égoïste.
-Ce n'est pas la première fois que tu m'en accuses, dit Jane de façon menaçante. Ça devient répétitif.
-Parce que ton espèce de vengeance insensée ne l'est pas ? lança-t-elle en retour.
-Et que dire de toi ? demanda Jane, l'ignorant. Que dire de ton égoïsme ? Tu es soulagée parce que tu as eu exactement ce que tu voulais et moi je n'ai rien !
-Tu penses que ça c'est ce que je voulais ? s'enquit Lisbon, choquée. Comment oses-tu ? Comme si ce n'était pas suffisant que tu me dises que c'est ma faute. Parce que j'ai essayé de te faire garder les pieds sur terre et de t'empêcher de commettre un crime.
-C'est ta faute ! insista Jane, la colère suintant dans sa voix. Tu m'as distrait de mes plans et quelqu'un d'autre est arrivé avant moi. Michael Ramirez a utilisé le couteau qui aurait dû être le mien. Tu m'as volé ma vengeance. Et il n'y a rien que tu puisses faire pour me la rendre.
-Jane… essaya-t-elle encore.
-Tu ne peux pas réparer ce coup-ci Sainte Teresa, dit-il sarcastiquement. Ce que tu as pris ne peut pas être payé.
Sur ces mots, Jane ouvrit violemment la porte de son bureau et sortit rageusement du bâtiment sans adresser un mot à qui que ce soit.
Lisbon se laissa tomber sur son canapé, elle ne savait pas si elle voulait éclater en sanglots de désespoir ou de soulagement.
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Notre héroïne récolte maintenant les conséquences de son impétuosité, de son vol impulsif. Son sorcier l'a quittée.
Il est en colère.
Elle est seule.
Beaucoup diront qu'elle n'a rien fait de mal, et ils ont peut-être raison. Qui peut juger ?
Ses actions avaient simplement précipité ces évènements.
Son sorcier se sentait en colère et trahi. Peu importe la confusion de ses émotions, il avait raison à propos d'une chose : elle lui avait volé sa vengeance.
L'avait volée avec un baiser volé.
Et comme pour tous vols, qu'ils soient volontaires ou non, elle devait accepter les conséquences.
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Elle ne l'avait pas vu depuis plus d'un mois.
N'avait même pas entendu parler de lui. Personne n'avait entendu parler de lui.
Lisbon se disait que ce n'était pas sa faute. Qu'il n'y avait rien qu'elle ait pu faire. Et que même s'il y avait quelque chose, elle n'aurait rien fait différemment.
John LeRouge était mort et Jane était vivant et libre d'aller de l'avant, ou pas, comme il en jugerait.
Elle avait aussi décidé qu'elle devait cesser de s'en faire pour lui. Autant qu'elle aurait aimé le faire, elle ne pouvait pas toujours le protéger, ne pouvait pas toujours le garder en sécurité. Elle devait vivre sa propre vie, et il s'était fait plutôt bien comprendre quant à ses sentiments envers son… interférence.
Elle avait même pris un congé de deux semaines pour se vider la tête, prendre un peu de recul.
Rien ne fonctionnait. Le travail semblait étrange maintenant, même si son équipe essayait de l'encourager silencieusement afin qu'ils puissent tous avancer.
Elle ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'elle ne pourrait commencer à aller de l'avant que si elle pouvait être sûre que Jane allait bien.
Mais c'était improbable.
Ce qui voulait dire que c'était le moment parfait pour qu'un mystérieux coup soit frappé à sa porte.
Lisbon traversa son appartement rapidement, peu sûre de savoir qui pouvait bien être de l'autre côté.
Elle eut le choc de sa vie quand elle vérifia par le judas.
Inspirant, elle ouvrit la porte d'un coup.
-Jane, dit-elle, incapable de dissimuler son choc.
-Lisbon, répondit-il, le ton neutre, ne laissant rien deviner.
-Je suis contente que vous alliez bien, dit-elle avant même de pouvoir se retenir.
La seule réaction visible de Jane fut lorsque le coin de ses lèvres se releva légèrement dans un sourire, brièvement.
-Je peux entrer ? s'enquit-il sans prêter attention à son commentaire.
-Bien sûr, répondit-elle rapidement. Entrez.
Jane entra avec assurance, comme s'il était propriétaire des lieux. Lisbon ferma la porte et se tourna vers lui, se disant que ses nerfs étaient ridicules. C'était lui qui se pointait après ne pas avoir donné de nouvelles pendant plus d'un mois après tout.
-Je peux vous offrir quelque chose ? Un verre ? s'enquit-elle à défaut d'avoir autre chose à dire.
Elle n'allait certainement pas être celle qui demanderait où il était passé, ou ce qu'il avait fait. Pas après leur dernière conversation. S'il y avait quelque chose que Jane voulait lui dire, il pouvait fichtrement bien être le premier à parler.
-Non, déclina Jane poliment.
Il n'avait pas détaché son regard d'elle depuis qu'elle avait ouvert la porte.
-Tu as l'air bien.
-Non, je ne crois pas, répliqua Lisbon. J'ai travaillé toute la journée et je suis épuisée.
Malheureusement elle ne put s'empêcher de remarquer qu'il avait toujours l'air bien, aussi bel homme qu'avant, bien qu'elle soit assez certaine que le costume trois-pièce était nouveau.
-Peut-être que je voulais dire que c'était bien de te revoir, clarifia Jane.
Lisbon n'était pas sûre de savoir quoi répondre.
-Mais tu as l'air bien quand même, lui dit-il. Tu l'es toujours, murmura-t-il comme une réflexion personnelle.
-Jane…
Il s'approcha d'elle, la forçant à reculer vers la porte.
-Néanmoins tu as raison, tu as l'air fatigué. En fait, pas vraiment fatiguée, plus comme extrêment stressée, inquiète même.
Elle ouvrit la bouche, prise de court.
-Vous avez du culot, venir parader ici après un mois…
-Pourquoi Agent Lisbon ? sourit-il. Est-ce que ça veut dire que vous vous en faisiez pour moi ?
Lisbon sentit la colère monter. Malgré la coupure, il semblait que Jane avait son effet habituel.
-Vous savez quoi Jane ? Allez en enfer. Je n'ai pas besoin de ce…
-Je croyais que tu étais contente que j'aille bien ? demanda-t-il en feignant d'être blessé.
-Je suis contente que vous alliez bien, mais ça ne veut pas dire que je vais m'asseoir ici et vous écouter ruminer sur au combien j'ai ruiné votre vie. Combien tout est ma faute. J'ai compris que vous étiez en colère, mais je n'ai pas mérité ça, l'informa-t-elle fermement.
Elle avait tourné et retourné la situation dans sa tête, et elle en avait toujours à la même conclusion : si elle avait le choix, elle referait la même chose encore une fois. Enfin, elle devait l'avouer, peut-être qu'elle l'aurait ligoté et lui aurait montré un peu de bon sens. Mais à part ça…
-J'étais en colère, reconnut volontiers Jane. Et j'ai eu un peu de temps pour penser.
Ça la surprit un peu.
-Et ?
-Et j'ai décidé que j'avais raison ce jour-là, tu es absolument à blâmer pour ce qui s'est passé, lui dit-il calmement.
Lisbon ouvrit la bouche sous le choc. Puis elle la referma.
-Tu plaisantes j'espère ? Sors d'ici !
Jane l'ignora.
-Tu m'as ouvert les yeux, m'as distrait. Je ne pouvais plus me concentrer sur John LeRouge comme il fallait.
Elle lui lança un regard mauvais. Il avait fait tout ce chemin pour la blâmer de nouveau ?
-Tu es incroyable.
-Et tes yeux sont charmants quand tu es en colère, l'informa Jane.
Ça la secoua légèrement.
-Quoi ?
-Ça fait des semaines que je veux les voir, admit-il sur le même ton calme.
Un ton qui ne cachait peut-être finalement pas de la colère après tout, songea Lisbon.
-Jane…
-Mais bien sûr, il y avait toujours le problème de tes crimes qui m'arrêtait, expliqua-t-il, l'observant d'un air désapprobateur.
Lisbon soupira, frustrée et confuse.
-Mes crimes ? Jane, pourquoi es-tu là ?
-Je suis là pour ma propre petite sorte de justice, lui promit Jane avec un sourire plein d'intentions sinistres.
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Notre héroïne avait pensé qu'elle payait déjà pour ses crimes. Elle avait perdu tout espoir de jamais revoir son sorcier un jour.
Heureusement, le destin avait d'autres plans.
Après tout, laisser notre héroïne seule était à peine une juste punition pour son crime. Pas étant donné ses motivations du moins.
Pour tout chèque, il y avait une solde. Chaque crime devait avoir un châtiment, chaque vol devait être payé.
Mais il devait être payé d'une manière convenable.
L'abandon absolu n'était pas une réponse appropriée à un crime commis pour chercher une connexion.
Heureusement, notre sorcier était d'accord.
Ça lui avait juste pris un peu de temps pour le comprendre.
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-Quoi ? toussa Lisbon nerveusement.
Le sourire de Jane s'élargit.
-J'avais deux buts, tu sais, expliqua-t-il. Deux buts en contradiction, malheureusement. Je ne pouvais pas atteindre l'un tant que l'autre existait. Tu m'as distrait et je n'ai pas pu atteindre l'un, alors j'ai décidé qu'il est juste que j'atteigne l'autre.
-Jane…
-J'aurai pensé que toi plus que les autres tu comprendrais le besoin d'atteindre ce qu'on veut le plus Lisbon, dit-il en s'approchant. Surtout après le succès de ta carrière professionnelle. Et j'ai décidé que je ne suis pas tout à fait prêt à abandonner tout ce que j'aurai pensé être, même maintenant que John LeRouge est parti.
-Je ne m'excuserai pas, lui dit-elle, incertaine de ce qu'elle pourrait dire d'autre.
Même si elle n'était pas du tout effrayée, elle tremblait presque.
-Bien sûr que non, acquiesça-t-il sans problème. Pourquoi le ferais-tu ? De ton point de vue tu n'as rien fait de mal. Je ne peux pas dire que je suis complètement d'accord avec toi, mais il m'est venu à l'esprit que si j'avais tué John LeRouge, comment se serait senti Mike Ramirez ? Se serait-il senti comme je me suis senti ? Comme s'il avait été volé ? Après tout, il avait autant le droit de tuer le meurtrier de sa femme que moi. Je ne peux le lui envier. Et je pense même que je peux accepter d'avoir été battu par un frère d'armes. De plus, comme je l'ai dit, ça me laisse libre d'atteindre mon but numéro deux.
Lisbon laissa échapper un hoquet de surprise, et tenta de retrouver un rythme cardiaque normal.
-Ne vas-tu pas me demander quel est mon but ? s'enquit Jane lorsqu'elle resta silencieuse. Après tout, si tu ne sais pas ce que je veux, comment peux-tu m'aider à l'atteindre ?
-Qu'est-ce que tu veux…
-Je ne suis pas sûr de devoir te le dire, marmotta Jane alors qu'il se tournait vers elle, envahissant son espace vital. Pas après ton interférence de la dernière fois.
-Jane… chuchota-t-elle. Qu'est-ce que tu…
-Fais ? Tu te souviens de cette fois où tu m'as embrassé ? demanda-t-il. Dans le grenier du CBI, sans avertissement ? murmura-t-il.
-O-oui, admit-elle lentement.
-Tu m'as volé ce baiser Lisbon, dit-il, la voix dure, alors qu'il posait une main à côté de sa tête. Tu n'as pas demandé, et je n'avais pas mon mot à dire.
-Je ne me souviens pas que tu te sois plaint à ce moment, marmonna Lisbon en sentant son dos heurter la porte.
-Ce n'est pas le problème. Le problème c'est que tu m'as volé quelque chose et je demande réparation, dit-il en levant son autre main pour l'emprisonner.
-Quoi ?
-Et tu n'as pas juste volé un baiser Lisbon. C'était juste le début. Tu as pris bien bien plus, ajouta-t-il en s'approchant, la coinçant un peu plus contre la porte.
-Jane…
Mais il ignorait ses faibles interruptions, ses yeux plongés dans les siens.
-Comme je l'ai dit, tu as brisé ma concentration avec ce baiser. On ne peut pas vraiment poursuivre une revanche meurtrière si on ne peut pas se concentrer, le pourrais-tu Lisbon ?
Elle cligna des yeux.
Il sourit.
-Maintenant tu me dois quelque chose, ajouta Jane avant de se pencher vers elle et d'enfouir son nez dans ses cheveux.
-Tu veux… Tu veux un baiser ? demanda Lisbon, résistant à l'envie de s'humidifier les lèvres.
-Un baiser ? s'enquit-il contre son oreille, clairement scandalisé par l'idée. Après tout ce que tu as pris ? Toute la distraction que tu as causée ? Sans mentionner l'intérêt accru après le premier baiser. Tu penses qu'un baiser va payer tes dettes ?
-Combien en demandes-tu alors ? souffla-t-elle, posant ses mains sur ses épaules pour garder l'équilibre.
-Tout d'abord, je ne demande pas, assura-t-il. Tu n'as pas demandé pour le tien.
-Combien ? haleta-t-elle en sentant son nez glisser le long de son cou.
Elle se cambra et le mouvement fut suivi par les lèvres de Jane.
-Tous, chuchota-t-il avant de réclamer son prix.
Elle ne résista pas. Après tout, ses exigeances n'étaient pas si irraisonnables.
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Notre noble héroïne finissant avec un sorcier à la morale suspecte ? Impossible me direz-vous, peut-être même inacceptable.
Mais pourquoi ?
C'est à peine une histoire classique.
Au moins notre héroïne a appris sa leçon. Elle sait que le crime ne paie pas, que c'est mal, que dans un monde juste rien de bien n'en sortira.
Clairement le monde n'est pas juste cependant. Parce qu'elle n'est pas du tout en colère contre le dénouement.
Elle avait reçu plus d'un seul baiser qu'elle n'aurait jamais pu le prévoir.
Et elle se serait vraiment ennuyée avec le Prince Charmant.
Au moins de cette façon elle aurait toujours quelqu'un avec qui se disputer, sans parler de quelqu'un à protéger.
Ils se maintiendraient alertes.
Ce serait un combat jusqu'à la fin bien sûr, même avec les dernières exigeances du sorcier auprès de notre héroïne. Après tout, il était tellement habitué à la tromperie et au vol, et qui sait comment elle aurait réagi à autre chose.
Cependant, les exigeances étaient discutables : comptaient-elles toujours comme un vol si elles étaient quelque chose que notre héroïne aurait donné volontiers ?
Elle n'allait sûrement pas lui demander de réfléchir sur le sujet.
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Et ils vécurent en contradiction pour toujours.
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Fin
J'espère que la traduction vous a plu ? (La version originale est dans mes favoris.) Et l'histoire alors ? (Je suis complètement fan et pas du tout objective. \o/)
Un immense merci à hardly loquacious pour m'avoir laissée faire cette traduction. \o/

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