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Chroniques du Labo n9 by Sanashiya

Misc » Misc. Anime/Manga Rated: K+, French, Angst, Words: 6k+, Favs: 1, Follows: 1, Published: 2-5-12 Updated: 6-10-12
6 Chapter 2: La fin

Salut gens ! Voici quelques OS résultats d'une petite journée d'écriture entre amies sur le même principe que les nuits du FoF.

Thème : finir

Début : 19h19

.oOo.

L'enquête avait fini de façon tout à fait inattendue. Aoki avait rendu son rapport, comme d'habitude, celui qu'il avait pris un soin tout particulier à rédiger, puisqu'il allait être lu par Maki… Mais lorsqu'il s'était rendu dans le bureau de son supérieur pour le lui remettre, une fois arrivé devant la porte, il avait entendu des éclats de voix.

- … comptiez garder ça secret ? Depuis combien de temps…

Les mots étaient entrecoupés, mais ce timbre grave… Il n'appartenait pas à trente-six mille personnes. Pour une raison qu'il ignorait, l'inspecteur Okabe était en train de se disputer avec le directeur Maki – qui répliquait vertement. Qu'est-ce qu'il était censé faire ? Attendre qu'ils se calment, ou bien revenir plus tard ? Frapper à la porte pour interrompre leur querelle ? Écouter leur conversation qui filtrait à travers le battant de bois était exclu – Aoki n'était pas un espion, et même s'il l'avait été, Maki était bien la dernière personne au monde qu'il aurait souhaité épier.

Mais il avait son rapport à rendre, et Maki lui avait bien spécifié qu'il faudrait qu'il le rende à temps – et il était déjà à la dernière limite du délai. Prenant sa décision rapidement, il frappa deux coups affirmés à la porte, et les voix se turent derrière.

- Entrez, finit par lancer la voix du directeur.

Lorsqu'Aoki entra dans la pièce, il put tout de suite ressentir l'orage qui planait entre les deux hommes. Les sourcils de l'inspecteur Okabe étaient tellement froncés qu'ils menaçaient de se rejoindre au dessus du nez, et le directeur Maki avait cette expression de colère glaciale qui changeait en pierre ceux qui se prenaient de plein fouet son regard.

- Euh… le rapport de l'enquête, monsieur Maki…

- Donne-le à Okabe, répliqua la voix froide du directeur. C'est à lui que tu dois le rendre.

- Mais… Vous m'avez dit que… Enfin, c'est à vous que…

- Tu m'as entendu ? Donne le à Okabe ! coupa Maki d'un ton sans réplique.

Quand le directeur prenait ce ton-là, tout le monde obéissait sans répliquer – la personne qui oserait contredire un Maki en colère n'était pas encore né. Aoki, le regard plein d'interrogation, s'approcha donc d'Okabe dans le but de lui remettre le rapport, mais l'inspecteur détourna le regard et refusa de le prendre.

- C'est pas la peine, grinça-t-il. Monsieur Maki, je refuse de prendre ce rapport. Je refuse.

- Bon sang, Okabe, on ne va pas recommencer ! Je t'ai déjà expliqué. Je t'ai formé pour ça ! Montre-moi que ces trois dernières années n'ont pas été inutiles !

Aoki était complètement perdu – il ne comprenait pas les fondements de la dispute, et quelque part, une intuition lui disait qu'il n'avait pas vraiment envie de les connaître. Mais il y avait aussi cette – grosse – part de lui qui vénérait Maki, et qui désirait connaître tout ce que son directeur lui cachait.

- Que se passe-t-il, Okabe-san ?

- Il se passe que…

- Tais-toi ! coupa Maki, furieux. N'en dis pas plus. C'est à moi de le faire.

L'homme se tourna vers lui, et Aoki avait beau faire près de trente centimètres de plus que lui, il resta figé devant l'intensité du regard de son directeur. L'expression qu'il pouvait y lire, surtout, était curieuse. Un mélange de colère et de culpabilité – et pour la première fois, Aoki redouta véritablement ce que son directeur s'apprêtait à dire.

- Monsieur Maki, qu'est-ce que…

- Aoki…

Okabe lâcha un soupir en secouant la tête, et – ça n'allait pas être drôle. Aoki le comprit à son expression. Maki s'avança d'un pas vers lui, l'expression de ses yeux s'étant un peu adoucie.

- Tu te souviens, quand on est allés célébrer tes fiançailles dans un bar, il y a quelques mois ?

- Euh… Oui, je m'en souviens, répondit Aoki, sans savoir où il voulait en venir.

Comment oublier cette soirée ? Elle avait été mémorable sur de nombreux points de vue ; déjà, parce que c'était la première fois qu'il voyait son directeur en habits décontractés, et pas dans le costume noir qu'il arborait chaque jour, et que cette vision avait été un choc en soi ; et ensuite, parce que ce "monsieur Maki de la vie privée" s'était installé à côté de lui sur un banc pendant un long moment, en silence, alors qu'Aoki pleurait comme un bébé à l'idée que leur collaboration prendrait fin un jour. Malgré tout le mal que les autres pouvaient en dire, il aimait ce labo, il aimait enquêter, et il aimait ses collègues…

Le mauvais pressentiment qui l'avait saisi se fit encore plus fort à cette réminiscence.

- Tu te souviens, à ce moment-là, reprit Maki, je t'ai dit que des sous-branches du Labo n°9 verraient le jour à travers le Japon, et que chacun d'entre vous prendrait la tête de ces bureaux… Tu te rappelles ?

- Oui, mais… c'était il y a deux mois, vous aviez dit que ça aurait lieu dans quelques années…

Maki soupira, et la voix sombre d'Okabe s'éleva, de l'autre côté de la pièce.

- Ça n'a pas de rapport, de toute façon. Ce qu'il cherche à te dire, là, c'est qu'il est en train de nous abandonner !

- Okabe !

La voix de Maki retentit dans l'air comme un coup de fouet, mais le mal était déjà fait – Aoki s'était figé. Le directeur jeta un regard mauvais à l'inspecteur Okabe, qui le soutint sans broncher – ce qui était plutôt rare, quand on connaissait l'ascendant qu'exerçait Maki sur ses subordonnés.

- A… abandonner ?

Aoki s'était rapproché d'un pas, et il fixait son supérieur d'un air incrédule. Ça ne pouvait pas vouloir dire ce que ça voulait dire, si ?

- Aoki… Okabe va prendre ma place en tant que directeur du labo n°9. Je démissionne.

Il y eut un silence – la foudre s'abattant aux pieds du jeune homme aurait fait le même effet. C'était une véritable bombe atomique que venait de dire Maki.

- … Hein ? Vous… démissionnez ?

C'était impossible – il ne pouvait pas démissionner ! Il était l'âme de ce labo, le cœur des enquêtes, les yeux de la police, il était la colonne vertébrale de la section Neuf. S'il partait, tout s'effondrerait avec lui.

- C'est impossible, n'est-ce pas ? Monsieur Maki ?

Lorsqu'Aoki s'était répandu en larmes pendant sa propre soirée de fiançailles, deux mois auparavant, parce qu'il ne voulait pas que la situation change, il ne s'était pas rendu compte d'une chose capitale : cette situation, Maki en produisait les 90%.

Si Maki partait… tout s'écroulait.

Le directeur jeta un regard irrité à Okabe – il aurait au moins pu y mettre les formes, au lieu de balancer ça sans précaution ! Tout le monde savait à quel point Aoki vénérait son directeur ; l'annonce de sa démission constituait un choc sans précédent, ça se lisait sur son visage.

- C'est une blague, n'est-ce pas ? Vous ne partez pas vraiment, si ? Vous ne nous abandonnez pas vraiment ? Monsieur Maki !

Monsieur Maki… Toujours. Monsieur Maki par ci, monsieur Maki par-là… Est-ce qu'il se rendait seulement compte que ça commençait à ressembler à une obsession ? Partout où on voyait Maki, il y avait Aoki dans son sillage, à le suivre comme un petit toutou.

Et là, le maître laissait le toutou abandonné.

- Aoki, je suis désolé. Je vous ai formés en vue de cette éventualité. Okabe prendra ma succession, et vous vous débrouillerez très bien sans moi, j'en suis persua…

Et voilà. Les larmes couraient à nouveau sur son visage. Maki et Okabe échangèrent un regard navré, puis sur un signe du directeur, l'inspecteur Okabe s'éclipsa de la salle, l'air sombre, et il ne resta plus dans le bureau qu'un grand échalas en train de pleurer et un commissaire principal qui le regardait en silence.

- Aoki, dit-il doucement. Je t'avais dit de t'y attendre…

- Pourquoi ? Pourquoi est-ce que vous partez, monsieur Maki ? Ça ne peut pas attendre quelques temps ?

- Je suis désolé… Je n'ai pas le choix. Tu sais que j'aimerais rester ici et continuez à enquêter avec vous.

- Faites-le, alors ! s'exclama Aoki, dont la voix vibrait. Restez ici ! Pourquoi vous partez ?

Aoki… Comment pouvait-il comprendre ? Maki faisait juste ça pour protéger ses hommes. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre que les chats retrouvés éventrés sur le pas de sa porte, les menaces à la bombe rouge sur ses fenêtres et ses murs, sa voiture piégée qui explosait à trois mètres de lui, tout ça relevait d'une machination qui avait pour but de s'emparer des secrets qu'il recelait au fond de son cerveau – ceux qu'il ne voulait montrer à personne, la raison pour laquelle il portait son gilet pare-balle à toute heure du jour.

S'il partait, c'était pour emporter son secret loin du labo n°9, et arrêter de mettre ses hommes en danger. À supposer que ce ne soit pas déjà trop tard…

- C'est irrévocable ?

- Oui. Je suis désolé.

- Et qu'est-ce qu'on va faire, nous ?

Il avait l'air tellement perdu, tellement malheureux… Un vrai chien abandonné. Pris de pitié, Maki s'avança, et prit ses mains dans les siennes – le geste surprit tellement Aoki que les larmes qui roulaient sur ses joues s'arrêtèrent net.

- Vous continuerez comme avant. J'ai confiance en vous tous. D'accord, Aoki ? Tu m'entends ?

- Monsieur Maki…

- J'ai confiance en toi, Aoki. Ne me déçois pas.

- Au moins… est-ce qu'on… est-ce que je… pourrai continuer à vous voir ? Ne serait-ce que pour qu'on aille boire un verre ensemble ?

Est-ce qu'il avait conscience que quand il disait ça, il plantait des épines dans le cœur de Maki ? En dehors de sa protection, c'était une autre des raisons qui avait poussé Maki à démissionner : le voir déambuler autour de lui tous les jours, et le savoir fiancé à Yukiko, l'ex-compagne de l'homme qu'il avait aimé (et tué), commençait à devenir trop intolérable.

- Bien sûr, répondit-il, tout en se disant que s'il fallait un pieux mensonge pour aplanir les difficultés, il n'allait pas s'en priver.

La réponse sembla calmer Aoki, qui laissa échapper un énorme soupir, mais n'émit plus d'objections. Il valait mieux qu'il ne sache pas que Maki avait l'intention de disparaître de sa vie dès qu'il aurait fermé pour de bon la porte du Labo n°9 derrière lui.

- D'accord, alors, murmura Aoki. D'accord…

Ça n'allait pas être facile de la fermer, cette porte, ça non. Mais il fallait que l'histoire se termine.

Il n'y avait pas d'happy ending.


Fin : 20h20


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