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Ensemble by Strider'Arbalest

Books » Lord of the Rings Rated: T, French, Adventure & Fantasy, Boromir & Haldir, Words: 64k+, Favs: 7, Follows: 3, Published: 5-5-12 Updated: 6-14-12
65 Chapter 15: Chapitre 15: Dunharrow

Quinzième chapitre! Après, c'est fini jusqu'au 22 juin, fin du bac...

Mimi70: bah, trois semaines... C'est trop long xD FAUX! aucune référence à How LOTR should have ended! Tsuki-no-ryu a compris, elle x) et ne t'inquiète pas, je ne compte pas louper mon bac ^^

Armelle: évidemment que c'est un héros, sinon je raconterais pas son histoire :P Merci! :D

Tsuky-no-ryu ( qui a compris la référence à mon autre fic, elle...): Eh, si Mablung meure, pas de suite possible... Mais effectivement, j'ai eu le même raisonnement, et l'histoire qu'il n'a rien à faire en ce monde ressortira sans doute dans les prochains chapitre :)

Bonne lecture!

'-'

Chapitre 15 : A Dunharrow

Le camp du Rohan était en pleine ébullition, l'armée se préparant au départ fixé le lendemain. Le feu des forges brûlait sans discontinuer, afin d'équiper au mieux les derniers arrivants. De tout le Riddermark, ils étaient venus, répondant à l'appel de leur roi qui lui-même se portait au secours de Minas Tirith, dont les feux d'alarme brûlaient encore, visibles au loin. Passant outre cette agitation, Aragorn se dirigeait vers la tente de Théoden, qui l'avait fait quérir en beau milieu de la nuit. Quand il pénétra dans la tente, le souverain du Rohan toussota.

- Je vais vous laisser.

En effet, quelqu'un d'autre se tenait à ses côtés. Une fois Théoden sorti, son invité retira son capuchon, révélant un visage que le dùnedain aurait reconnu entre mille.

- Halbarad ! Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-il en se jetant dans les bras grands ouverts de son vieil ami.

- Je viens de la part d'Elrond, t'apporter ceci, répondit l'autre rôdeur en lui tendant une épée. Anduril, forgée dans les fragments de Narsil. Le seigneur de Fondcombe te fait savoir que notre temps est venu.

- Je vois… Mais j'espérais l'éviter.

- La dame Arwen m'a également confié quelque chose, continua Halbarad.

Il lui tendit un étendard replié sur lui-même.

- Garde le pour le moment, mon ami, souffla Aragorn.

- Comme tu veux.

- Attendez-moi devant le « passage ». Je ne serais pas long.

Halbarad hocha la tête et ressorti de la tente. Aragorn rejoignit la sienne et prépara ses affaires avant d'aller récupérer son cheval, mais tandis qu'il le menait vers le fond du camp, quelqu'un l'interpella.

- Aragorn, où comptez-vous allez comme ça ?

- Pas cette fois, Gimli. Aujourd'hui je pars seul.

- Ignoreriez-vous tout de l'opiniâtreté des nains ? demanda Legolas en arrivant derrière lui, menant Hasufeld.

- Il va falloir vous y faire, l'ami, reprit Gimli. Nous venons avec vous.

Aragorn sourit mais ne répondit rien. Il avait voulu partir seul à la rencontre de son destin, quoi que cela lui coûte, mais en vérité il était heureux que l'elfe et le nain insistent pour le suivre. Ils avaient vécu tant de choses ensemble, se séparer maintenant serait comme une trahison envers leur amitié.

- Je viens aussi, fit Leanne en apparaissant à son tour. Je n'aurais rien à faire à rester ici en attendant la nouvelle de votre victoire, ou de votre défaite, et je me vois mal accompagner le reste des cavaliers. Et puis, vous pourriez avoir besoin de moi.

Le rôdeur acquiesça là aussi. Il avait promis à Mablung de veiller sur la jeune femme, et il tenait toujours ses promesses.

- Il y a de forte chance pour que ce soit la mort qui nous attende dans ce défilé, la prévint-il tout de même. De très fortes chances.

- Je sais. Mais si quelqu'un peut passer, c'est bien vous, répondit l'ange en souriant.

Aragorn hocha la tête et reprit son chemin, suivit de ses trois amis. Ceux-ci eurent la surprise de constater que, contrairement à ce qu'ils croyaient, le rôdeur ne serait de toute façon pas parti seul : une troupe d'hommes emmitouflés dans de grandes capes grises attendaient patiemment devant l'entrée de ce que les rohirrims nommaient « chemin des morts ». Trois d'entre eux se détachèrent du groupe et vinrent à la rencontre de l'héritier d'Isildur. Les deux premiers relevèrent leur capuche, révélant deux visages parfaitement semblables et indubitablement elfiques. Legolas sourit largement et vint les saluer.

- Elladan et Elrohir ! Mais qu'est-ce que vous faîtes ici ? Non pas que votre présence soit indésirable, mais inattendue, ça oui !

- Nous accompagnons les dùnedains venus aider Aragorn, répondit le premier.

- C'est bon de te revoir, Legolas, continua le second.

Aragorn laissa les elfes à leurs retrouvailles et aborda le troisième homme, toujours encapuchonné, et portant un étendard dont la bannière était attachée à la hampe par une fine corde argentée.

- Halbarad, tout le monde est prêt ?

- Nous sommes à tes ordres, Estel. Nous attendions ton arrivée, mais il semble que tu ne sois pas venu seul. Le prince de la Forêt Noire est certes bienvenu, mais il me semble qu'un nain nous ralentirait, et nous n'avons pas de temps à perdre si nous voulons arriver à temps ! Quand à une femme, eh bien… Je ne suis pas particulièrement misogyne, mais encore une fois nous devons faire au plus vite.

- J'ai couru trois jours et trois nuits en compagnie d'Aragorn et de l'elfe que vous voyez là-bas, maugréa Gimli, et jamais je n'ai entendu dire que je les avais ralentis ! Je doute fort que vous auriez été capable de faire ce que j'ai fait avec eux, rôdeur.

- En aucun cas je ne souhaitais être vexant, maître nain, s'excusa Halbarad, et si effectivement vous avez réalisé ce que vous dites, alors vous êtes également le bienvenu dans la Compagnie Grise, du moins pour le temps de ce voyage.

- Ce voyage sera sans doute le dernier, mon ami, lui dit Aragorn. Soit nous réussissons et nous n'aurons plus à vivre en vagabonds, soit nous échouons et dans ce cas ça n'aura plus d'importance. Quant à la jeune femme qui nous accompagne, elle ne sera pas un fardeau. Elle a prouvé à maintes reprises qu'elle était fort utile. De plus, j'ai fait le vœu de la protéger jusqu'à Minas Tirith pour un ami.

Il avait presque murmuré sa dernière phrase, de toute évidence pour que seul Halbarad l'entende, mais l'ange avait également l'ouïe fine et sursauta légèrement. Promis à un ami ? Celeborn était-il donc si proche du rôdeur, ou bien était-ce… Mablung ?

- Il sera fait selon tes ordres, Aragorn. A présent, je pense qu'il serait temps que nous partions, si nous voulons arriver à la cité blanche aussi tôt que prévu.

Aragorn lui donna une petite tape sur l'épaule et dirigea son cheval vers le chemin, suivi des dùnedains et de Legolas, Gimli et Leanne.

'-'

La voie est close. Elle fut faîte par ceux qui sont morts, et les morts la gardent. Ces simples mots, taillés dans le linteau de pierre devant eux, faisaient frissonner tout le groupe. Ils passèrent néanmoins la porte, serrant tous leurs armes à s'en faire blanchir les jointures, sursautant au moindre bruit. Leanne resta entre Legolas et Gimli, ne pouvant se défendre efficacement d'elle-même si combat il y avait.

Ils entrèrent donc dans un réseau de grottes sombres, éclairées seulement par les quelques torches que les dùnedains avaient apportés avec eux. Une brume verdâtre s'accrochait à leurs pas, créant des formes ressemblant étrangement à des mains cherchant à s'accrocher désespérément à eux. Inquiet de ce brouillard qui lui arrivait à la taille, Gimli souffla sur tous les « bras » qui s'approchaient de lui. Les autres ne s'en souciaient guère, la brume ne leur arrivant au pire qu'aux genoux. Mais la peur les atteignit également quand le sol commença à craquer sous leurs pas.

- Ne regardez pas en bas, les prévint Aragorn qui venait de baisser la tête.

Son visage livide incita évidemment ses compagnons à faire le contraire de son injonction, ce qu'ils regrettèrent un peu tard : le sol était tapissé d'ossements camouflés par la brume.

- C'est immonde, souffla Leanne, écœurée.

- Et encore, vos ailes vous permettent de ne pas avoir à marcher directement dessus, lui dit un des jumeaux. La sensation de quelque chose qui... se brise sous ses pas est assez déroutante. Bien que je pense que le pire soit l'irrégularité du sol, tous les crânes n'étant pas de la même taille et étant donné la présence de plusieurs fémurs et tibia qui rajoute un certain côté… disons pittoresque à l'ambiance.

- Je vous saurais gré de ne pas continuer votre description, demanda l'ange, crispée.

- Comme vous voudrez, répondit l'elfe avec un sourire.

La progression se continua, interminable, à travers un dédale de couloirs de roches, qui cédèrent rapidement place à des murs tapissés de crânes comme le sol. Le plafond de pierre fut recouvert d'une voûte en os, liés les uns aux autres par ce qui semblait être des boyaux ou des tendons, mais si vieux et desséchés qu'il était impossible de le déterminer avec certitude. Ils accélérèrent légèrement, n'ayant aucune confiance en la solidité des arches funèbres, et ainsi ils arrivèrent dans une grande salle vide bordée d'un gouffre sans fond au bout d'une heure à peine.

Une fois au centre de la salle, ils se rendirent compte qu'elle n'était pas si vide que ça. Des formes fantomatiques sorties de la brume semblaient les suivre, tandis que d'autres arrivaient en traversant les murs ou en remontant du gouffre. En quelques instants, le groupe fut encerclé par ce qui ressemblait de plus en plus à des spectres verts et translucides, et une cité fantôme remplaça les parois abruptes de la grotte. Les dùnedains bandèrent leurs arcs pour certains, tirèrent leur épée pour d'autres. Et seul Aragorn, resta totalement impassible en faisant face aux apparitions. L'une d'elles, portant une couronne éméchée et un habit rapiécé tout de même sensiblement plus riche que les autres se rapprocha du rôdeur.

- La voie est close. Elle fut faîte par ceux qui sont morts… et les morts… la gardent ! La voie est close. Maintenant, vous allez mourir.

- Je suis venu vous faire accomplir votre serment, répliqua Aragorn, toujours impassible.

- Notre… Serment ?

Le spectre éclata d'un grand rire qui résonna dans toute la salle.

- La lignée d'Isildur s'est éteinte il y a longtemps, et seul son héritier aurait le droit de nous rappeler notre serment !

Il leva son épée fantomatique et l'abattit sur le rôdeur, mais celui-ci dégaina son épée et bloqua le coup. La terreur se peignit sur les traits effacés du roi spectre, et plus encore quand Aragorn l'attira à lui et lui appliqua sa lame sur la gorge.

- Cette preuve vous suffit-elle ? Anduril, la flamme de l'ouest, reforgée des fragments de Narsil, devant laquelle vous avez prêté serment !

Il le relâcha et le repoussa brutalement, avant de se tourner vers le reste des spectres.

- Regagnez votre honneur. Combattez pour moi, et je considérerais votre serment comme accompli !

Il laissa un silence tendu planer quelques instants, puis reprit.

- Que dîtes-vous ?

Personne ne lui répondit.

- Que dîtes-vous ?

A nouveau, seul le silence suivit sa question, jusqu'à ce que le roi spectre éclate de nouveau de rire avant de disparaître, suivi par tous ses sujets et sa ville.

- Non ! Revenez ! Que dîtes-vous ?

Mais les spectres étaient tous partis, et le sol se mit à trembler sous leurs pieds.

- On ferait mieux de partir d'ici ! intima Gimli.

Comme pour lui donner raison, les ossements commencèrent à se décrocher du plafond et les crânes roulèrent des murs. D'un seul mouvement, la compagnie courut de l'autre côté de la salle. Des milliers d'os sortirent des fissures dans la roche, provoquant une cascade de crânes sur laquelle les dùnedains durent marcher tant bien que mal. Dans un cri, un des rôdeurs fut entraîné dans le gouffre sous les yeux de ses compagnons. Seule Leanne continuait sans véritable problème, ses ailes la portant à quelques centimètres du sol. Tant bien que mal, le groupe parvint dans un étroit couloir de roche qui les mena à l'air libre, devant un fleuve calme et tranquille.

Aragorn s'effondra, désespéré. Certes, ils en étaient pour la plupart sortis vivants, mais c'était tout de même un terrible échec. Legolas s'approcha de lui pour l'aider à se relever, mais le rôdeur resta prostré, tête baissée, du moins jusqu'à ce qu'un dernier crâne ne sorte du tunnel, roulant sur la pente herbeuse pour s'arrêter à ses pieds. Tous se retournèrent vers la falaise, s'attendant à moitié à ce que les ossements les poursuivent jusqu'ici. Mais aucun squelette ne sortit, seulement un fantôme.

- Nous combattrons.

'-'

- C'est tout de même stressant…

Depuis plusieurs heures, le groupe suivait le cours du fleuve pour rejoindre Minas Tirith, et ils étaient suivis par l'armée de spectres à la solde d'Aragorn. Une aura de mort les entourait, chose parfaitement normale pour des fantômes de guerriers déchus, mais cela n'empêchait pas Leanne de la craindre. Elle était la seule à la sentir, et elle savait parfaitement que personne ne comprendrait totalement son angoisse, même si tous les dùnedains se retournaient fréquemment pour surveiller leurs arrières.

- Ne vous faîtes pas de soucis, lui répondit Legolas, ils sont inoffensifs, du moins pour nous…

L'ange hocha la tête, mais son appréhension ne disparut pas. Tout à coup, un des éclaireurs arriva en courant, rapportant l'arrivée imminente de toute une flotte corsaire.

- Très bien. Nous les attendrons ici, décida Aragorn.

Comprenant qu'ils avaient droit à un peu de repos, les rôdeurs s'assirent dans l'herbe et profitèrent de ce court moment de détente. Leanne ne put s'empêcher de constater que les morts avaient disparu sans laisser de trace, mais personne ne semblant s'en inquiéter elle ne dit rien. Quelques minutes d'attente passèrent, et les navires apparurent au loin. Se relevant, le groupe se tint prêt à las accueillir. Le vaisseau de tête ralentit sensiblement en les voyant, et les pirates les regardèrent en rigolant entre eux.

- Vous n'irez pas plus loin ! les héla Aragorn.

Celui qui était visiblement le capitaine, assis sur un siège de bois taillé, se releva doucement en fronçant les sourcils.

- Vous n'entrerez pas en Gondor, continua Aragorn.

L'hilarité des corsaires redoubla, mais le capitaine se renfrogna d'autant plus et se rapprocha de la proue.

- Qui êtes-vous pour nous interdire le passage ?

Aragorn ne répondit pas mais souffla à Legolas :

- Envoyez une flèche de semonce au ras de son oreille.

- Visez bien, insista Gimli.

Mais au moment où l'elfe vert décochait sa flèche, le nain donna un coup du manche de sa hache en bas de l'arc, et le trait partit à toute vitesse pour se planter en plein cœur d'un marin.

- Oups, lâcha Gimli.

Legolas lui lança un regard noir et Aragorn le fixa du coin de l'œil.

- Et voilà l'ami, on vous avait prévenus, dit le nain. Préparez-vous à être abordés !

- Abordés ? Mais par vous et quelle armée ? demanda le capitaine en se joignant au rire de ses hommes.

- Cette armée-ci, murmura Aragorn.

Les morts jaillirent de la falaise derrière lui et se jetèrent sur les bateaux. Ils semblaient marcher sur l'eau, n'ayant aucune consistance physique, et ne pouvaient pas non plus mourir par les armes des corsaires pour la même raison, mais étrangement leurs propres épées taillaient sans difficulté les chairs des pirates. Tout fut fini en une poignée de minutes.

- Halbarad, combien d'hommes pour manœuvrer chaque bâtiment ?

- Six devraient suffire si nous restons sur le fleuve, Aragorn.

- Je te laisse former les groupes, nous y allons immédiatement. Minas Tirith doit déjà être assiégée à l'heure qu'il est. Et… Halbarad, déploie la bannière. Que tous sachent que le roi du Gondor est revenu !

Le rôdeur acquiesça et révéla un fanion bleu roi, sur lequel étaient brodés sept étoiles couronnant un grand arbre blanc, puis alla rejoindre son bateau. Leanne s'installa à bord du navire de tête, avec Aragorn, Legolas, Gimli, les jumeaux et un rôdeur dont elle ignorait le nom. Toutes voiles dehors, les vaisseaux allaient à une bonne allure, et ils voguèrent toute la nuit en s'aidant du courant. Au matin, ils aperçurent la fumée qui s'échappait de la cité en flammes.

'-'

Minas Tirith aurait vraiment été une belle ville si elle n'était pas aussi… détruite. L'armée des morts avait détruit l'intégrité de l'armée de Sauron, et aucun orque ne tenait encore debout sur l'étendue des champs du Pelennor. Malgré les morts qui se comptaient par centaines dans le camp des hommes, l'ambiance était à la joie : contre toute attente, la victoire avait été acquise. De plus, la nouvelle du retour du roi, qui avait déjà été annoncée à l'arrivée de Boromir, faisait de nouveau le tour de la cité. L'héritier d'Isildur était de retour, pour chasser les ténèbres et faire refleurir l'âge d'or du Gondor. Les deux frères capitaines, que les soldats croyaient morts, étaient en outre bien vivants, même s'ils étaient gravement blessés. Dans sa folie, leur père avait cru à leur décès, et Denethor en était mort : peu aimé de son peuple, l'euphorie générale n'en fut que plus grande.

Mais dans cette ambiance de fête, tous n'étaient pas au repos : des dizaines de Gondoriens et de Rohirrims fouillaient le champ de bataille à la recherche des corps de leurs proches, ou au moins d'un indice de ce qu'ils étaient devenus, car nombre de cadavres avaient été défigurés par la sauvagerie des orques ou écrasés par les impressionnants mûmakils. Et parmi ces ombres furtives qui marchaient dans les décombre alors que le soleil déclinait, les derniers nuages de Sauron chassés, Leanne. Les soldats de la cité qui se vantaient d'être allés à la bataille à côté du « maître des loups » lui avaient rapporté que l'elfe avait chargé avec Imrahil, et depuis personne n'avait eu de nouvelles de lui, même le seigneur de Dol Amroth qu'elle était allé interroger. Le dernier à l'avoir vu était Gamelin, qui avait donc dû prévenir la jeune femme qu'elle ne devait pas s'attendre à revoir le chasseur vivant, au vue de ses blessures lors de la charge. Mais l'ange était néanmoins partie à sa recherche, déambulant entre les corps orques, humains et équins. Sa tâche était loin d'être simplifiée par les trombes d'eau qui tombaient du ciel, comme autant de larmes qui pleuraient les disparus. Mais au moins toute cette eau qui dégoulinait sur son visage et ses habits permettait de cacher ses propres pleurs.

Tandis qu'elle cherchait, ses yeux passant rapidement d'un corps à un autre, un geignement attira son attention, et elle se retourna pour découvrir un warg aux poils humides de pluie et poisseux de sang. Elle s'en approcha, sentant sa souffrance. De tout son être, la bête implorait qu'on l'achève. Prise de pitié, l'ange ramassa une dague tombée dans la boue et s'agenouilla auprès du loup noir. Deux choses attirèrent presque simultanément son attention : premièrement, dans les yeux du warg ne brillait pas la folie caractéristique de la domination d'un talisman, et deuxièmement l'arme qu'elle avait récupérée à son côté était de manufacture elfique. Elle se releva d'un bond, scrutant désespérément le sol autour de la bête. Et elle le vit.

- Mablung ! s'écria-t-elle en s'élançant dans sa direction.

Il portait encore la partie inférieure de son armure, bien qu'un bandage soit étroitement serré autour de sa jambe droite, mais rien ne couvrait son torse, ses bras et sa tête, si ce n'était d'autres bandages souillés de sang. Le pansement couvrant son flanc était d'ailleurs entièrement rouge, et une flaque écarlate s'étalait autour de lui. Leanne courut vers l'elfe, étendu les yeux clos à côté de sa monture. Elle le prit par les épaules et le secoua un peu, mais il n'y eut aucune réaction. Elle posa son oreille contre la poitrine de l'elfe, et constata avec horreur que son cœur ne battait plus.

- Non…

La jeune femme entonna alors le chant le plus profond et le plus beau qu'elle n'ait jamais chanté, y mettant toute sa force et tout son espoir de ranimer Mablung. Quand elle se tut, l'elfe n'avait pas bougé. Son chant refermait les blessures du corps, mais ne rendait pas le sang perdu. Et sans sang, la vie était impossible. Impossible également de redonner la vie. L'ange s'écroula sur le torse de l'elfe, vidée de ses forces. Après tout ce temps, tous ces combats menés, il était finalement mort, et elle n'avait rien pu faire pour l'aider, pour le sauver, pour le tirer de là. Affaiblie par l'utilisation vaine de la magie guérisseuse et par l'aura de mort qui emplissait le champ de bataille, elle resta couchée ainsi un long moment, avant d'enfin fermer les yeux et s'abandonner au sommeil.

'-'

Il y avait quelqu'un sur lui. Avant même d'ouvrir les yeux, il sentit le poids d'une autre personne vraisemblablement tombée sur lui dans la mort. Mais ce n'était pas un orque puant ni un homme en armure, c'était bien trop léger. L'autre chose étrange qu'il remarque, c'était l'absence totale de douleur. Il baignait toujours dans son sang, et plus de l'eau qui tombait sur lui par grosses gouttes, mais il ne souffrait plus. Gardant les yeux clos, trop las pour les ouvrir tout de suite, il passa sa main sur son flanc. Plus rien. Et là, troisième fait étrange : malgré la pluie, le corps sur lui était chaud. Un cadavre aurait largement refroidi. Trop étrange pour que ce soient des coïncidences. Il ouvrit brusquement les yeux.

Il y avait bel et bien quelqu'un sur lui, mais c'était une personne qu'il ne s'attendait pas à voir, bien que sa guérison miraculeuse l'ai mis sur la piste : durant des heures, il était resté flottant dans un océan de noirceur, avant qu'un chant ne l'en sorte. Leanne. Il secoua légèrement l'épaule de la jeune femme, trop exténué pour faire autre chose, mais elle ne réagit pas, et il dut recommencer à plusieurs reprises avant qu'elle n'agrippe son bras, toujours endormie. Mablung soupira longuement, avant de se mettre à répéter inlassablement le nom de l'ange.

- Leanne. Leanne. Leanne. Leanne !

Il avait rassemblé toutes ses forces pour crier, et l'effet fut plus que satisfaisant, étant donné qu'elle se leva d'un bond. Par contre, réveillée en sursaut, elle planta ses ongles dans le bras de l'elfe.

- Essayez de ne pas m'ôter le reste de mon sang, par pitié, plaisanta ce dernier d'une voix plus faible qu'il ne l'aurait voulu.

Leanne le regarda fixement, sa bouche s'ouvrant et se fermant comme si elle tentait de dire quelque chose sans y arriver puis, réalisant que c'était bien la réalité et non un rêve, elle jeta ses bras autour de son cou.

- Doucement, vous allez m'étouffer, et…

Il se tut brusquement quand l'ange ses lèvres sur les siennes.

- Oh, Mablung, j'ai eu si peur ! dit-elle en se retirant.

- Vous avez encore bu ? demanda le chasseur en haussant un sourcil.

- Pourquoi, étais-ce si désagréable ?

- Je n'ai pas dit ça…

Et il l'attira de nouveau contre lui.

'-'

Fin du chapitre! Non, Mablung, Boromir et Faramir ne sont pas morts... Pas encore x)

J'espère qu'en tout cas vous avez apprécié ce chapitre! Comme écrit au début, le suivant ne viendra sans doute que d'ici deux semaines, révisions oblige. Mais peut-être avant, ça dépend si je révise la philo ou pas xD

Merci à tous pour votre soutien!

Et, je tiens à préciser que j'ai mis mon profil à jour récemment. Je dis ça simplement pour faire savoir que j'y expliqua pourquoi un lecteur se doit de reviewer une fiction qu'il a lu. Peut-être que ça ne changera rien, si vous me lisez et que vous ne commentez pas, mais au moins j'aurai écrit ce que je me devais d'écrire :)

Sur ce, bon mois de juin à tous!


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