Heyo !

Alors voilà, je joue une partie en Nuzlocke sur un jeu d'occasion (et dans une région que je n'ai encore jamais visité, histoire d'en rajouter), et j'ai fini par penser à de petites anecdotes, avec un héros qui tient plus de l'anti-héros qu'autre chose. Donc, après en avoir montré une ou deux à un ami, j'ai décidé de les publier :3 !

Je rappelle que l'univers appartient à Nintendo !


C'était marron, plumeux, avec des petites serres jaunes, et ça fixait avec des yeux ronds ce que ça avait devant son bec. Et pour cause, devant lui, il y avait une grande présence sombre, avoisinant le mètre quatre vingt dix, et qui le fixait avec une sorte d'ennui mêlé de frustration. L'oiseau (parce que oui, c'était un oiseau), rassembla ses idées, histoire de se souvenir ce qu'il fichait là, à fixer l'énergumène devant lui.

Le petit être avait toujours été passionné par les figures aériennes, et se retrouver à terre était en tête de liste des choses qu'il abhorrait. Largement. C'était donc par un magnifique matin, avec un temps dégagé et un vent propice au plus belle cascades, qu'il était parti se dégourdir les plumes, enchainant vrille, tonneau et autre figure de haute voltige. L'euphorie de ses exploits l'ayant définitivement gagné, il s'était légèrement emporté et avait tenté un double axel renversé… Mais s'était pris un mur.

Invisible, le mur. Pour sa décharge.

Sonné, gisant à terre, il n'avait pourtant pas émis l'un de ses piaillements ridicules que lâchait parfois les membres de son espèce. Non. Drapé dans son honneur de pokémon oiseau et de plus grand voltigeur du coin, il n'avait pas appelé, refusant qu'on l'aide et n'étant de toute manière pas en état d'émettre le moindre son. Il avait vu le mur coulisser, une grande masse s'était approché, et il s'était retrouvé dans les mains d'une fillette humaine, qui l'observait avec une admiration qu'il jugea louche. L'oiseau s'était fait poser sur quelque chose de doux et de moelleux, avait entendu des filets de voix, et avait décidé de ne pas s'en occuper, se concentrant pour que la terre cesse de bouger autour de lui. Lorsqu'il avait repris approximativement le contrôle de ses sens, la boule de plume avait alors scanné la zone (une simple pièce carré avec un lit et une table, affligeant de banalité) noté qu'il était posé dans une boîte emplie de cotons, et vu les deux autres humains : la petite, beaucoup trop prêt, qui l'observait toujours et l'autre, dont il n'avait aperçu que l'ombre fugace mais qui semblait adulte. Pris au piège, il avait tendu l'oreille, priant pour apprendre quelque chose qui puisse lui servir.

- … interdit dans l'orphelinat, si Cräger le découvre, tu vas te faire jeter. Avait dit le garçon. L'oiseau n'arrivait pas à voir son visage, car celui de la fillette occupait une bonne partie de son champ de vision, mais à en juger par la voix grave qu'il avait, il devait être grand. Plus on était grand, plus la voix était grave -tout du moins dans la logique de la masse de plume.

- Mais il est si mignon, s'exclama l'enfant en réponse, allongeant la dernière syllabe, et puis le pauvre petit étourmi, je pouvais pas le laisser comme ça !

Et à partir de là, ledit étourmi n'avait pas tout compris.

Un type étant entré dans la pièce, une sorte de bulldozer version humaine. Ratatiné sur lui-même, avec des épaules qui peinait à passer par la porte et un crâne chauve parfois couvert de rares touffes de cheveux, le nouveau venu avait jeté deux yeux enfoncé sous une immense paire de sourcil sur le pauvre volatile. À la suite de quoi, il avait beuglé quelque chose à base de « pokémon interdit ! », de « foutre dehors » et de « j'te mettrais tout ça au bagne » avant de s'emparer du bras de la petite. Le grand était intervenu, prétendant que « le piaf » était à lui –mais non, nonnonnon, il n'était à personne ! -, et trois minutes vingt-sept septième plus tard, il était dehors, sous le bras du brun, couvert par les « foutues gosse ! » et autres amabilité du tractopelle humain.

Et voilà. Voilà pourquoi il fixait son dresseur. Enfin dresseur… Il n'avait alors pas été capturé par une pokéball, il aurait pu s'enfuir… C'était ce qu'il avait fait, battant de manière désordonné des ailes pour s'échapper de la prise de l'humain. Et il avait réussi, pendant quelques brèves secondes, à retourner dans le ciel ! Et puis il s'était pris l'une de ces fichue sphère blanche et rouge. De l'intérieur, il avait aperçu une fille aux cheveux noir et habillé de rose, au loin, s'exclamer joyeusement, mais quelqu'un avait attrapé sa pokéball largement avant qu'elle ne l'atteigne. S'en était suivi une cavalcade fort peu agréable durant laquelle le voleur montra par 1+1=2 qu'il courait très, très vite par rapport à la pauvre adolescente –elle n'avait même pas eut le temps de bien le voir, d'après ce qu'il l'entendit gémir au loin -, puis on l'avait fait sortir. Et il avait rencontré, donc, son dresseur, le type à la voix grave qui était avec la petite. Dresseur-voleur. Dresseur-voleur-cuisiner, lui rappela son estomac au souvenir du frugale mais néanmoins plus qu'acceptable repas qu'il avait partagé avec lui.

Depuis combien de temps est-ce qu'ils se fixaient comme ça ? L'étourmi pencha la tête, curieux. L'humain avait une particularité fascinante. En plus d'être relativement grand, d'avoir des cheveux d'un noir charbon en bataille, un visage taillé au couteau et une expression d'ennui profond qui ne semblait pas quitter ses traits, il avait des iris incroyable. Elles alternaient entre bleu profond et violet, selon –apparemment- le temps, et le changement de couleur se faisant d'une manière relativement subtile : le tour de la pupille avait toujours un aspect violet, et celui-ci s'étendait peu à peu sur le reste de la surface en fins filaments qui prenait plus ou moins de l'ampleur en fonction de la luminosité. Absolument incroyable. Il n'avait jamais vu ça chez les autres humains, quoi qu'il n'ais jamais eut l'occasion d'en fixer un ainsi aussi longtemps et sur une si courte distance. Il entendit vaguement un son, mais il était trop hypnotisé pas les prunelles de son dresseur pour s'en rendre compte.

- Hey !

Une main se secoua dans le champ de vision de l'oiseau, mais celui-ci n'eut pas de réaction. L'humain eut un soupir. Bon. Pour résumer, il s'était fait proprement éjecter de l'orphelinat dans lequel il vivait depuis toujours, avec l'avertissement qu'il ne pourrait y remettre les pieds qu'en étant devenu maitre pokémon –alors que jusque là, à part pour les cuisiner, il ne s'était pas intéressé du tout aux petites bêtes-, le tout à cause d'un piaf qui s'était crashé contre la vitre de sa petite sœur pas-de-sang-mais-sa-petite-sœur-quand-même, et de celle-ci qu'il avait du protéger contre l'aller-simple pour la galère qu'était l'aventure pokémonesque. Cela, alors que tout ce dont il avait rêvé jusqu'à maintenant, c'était de se trouver un boulot dans un petit restaurant, pour pouvoir ensuite se payer son propre établissement et d'avoir le plaisir de le fermer lorsqu'il voulait rester plus longtemps au lit.

- Tu parles d'une poisse… Grommela-t-il pour lui-même.

L'oiseau sembla sortir de la transe dans laquelle il était, et releva la tête avec un léger « étour ? ». Le nouveau dresseur se gratta l'arrière du crâne, tentant de se remémorer le peu qu'il savait. D'abord, apparemment, il fallait donner un surnom à ces bestioles. Il scruta un moment la petite bête. Pour lui, il lui faisait surtout penser à un bon petit plat, cuisiné avec quelque légumes, deux trois herbes du jardin, cuit à l'étouffé … Etourmi, étouffé…

- Bon, désormais, tu t'appelles Àl'étouffé.

Le moineau ne sembla pas déceler la touche culinaire derrière le surnom et se contenta de piailler. Une bonne chose de faite. Maintenant, restait le point le plus important. Un dresseur se battait avec ses pokémons, hors il n'avait strictement aucune idée de ce que connaissait l'oiseau en terme de bagarre et n'avait pas le célèbre pokédex, qui pouvait cracher toutes les données nécessaires à un débutant. Néanmoins, se battre relevait d'une certaine habitude chez lui, et il ne pensait pas avoir trop de mal à se défendre une fois les bases assimilés, quitte à donner un coup de main à sa bestiole si besoin était… Il s'apprêtait à demander à la boule de plume ses attaques, quand celle-ci piailla en le pointant du doigt. C'est vrai qu'il ne s'était pas présenté. Ne pas savoir pour qui on combattait était légèrement embêtant, il devait l'avouer.

- Moi, c'est Sinned. Grogna le jeune homme, avant de penser que puisqu'ils allaient passer un certain temps ensemble, il valait mieux approfondir. J'ai dix-sept ans, je suis orphelin, et tout c'que je voulais c'était un boulot de cuistot, mais apparemment le destin en a décidé autrement.

L'oiseau sembla enregistrer les informations, et lâcha un « étou ! » satisfait.

- Puisqu'il va falloir qu'on fasse équipe et qu'on tabasse du monstre… Qu'est-ce que tu connais comme attaque ?

Pour toute réponse, le moineau courra tête baissé, puis fit une pause et poussa un léger cri. L'humain reconnu les deux attaques les plus classiques et les moins dangereuse : charge et rugissement.

- Si tu veux mon avis, on est pas sortit de notre galère… Grommela le dresseur.