Disclaimer : Malgré toutes mes men... euhm, demandes, Himamaru refuse pour l'instant de me donner Hetalia.

Avertissements : Seeeexe. Bon, pas là. Mais dans cette fiction, oui. Chastes yeux, oust ! Quand aux autres, un peu de patience ! Le couple principal est FrUk avec un soupçon d'Ameripan, donc si ça ne vous convient pas merci de ne pas me critiquer sur ce point dans les commentaires : j'aime ces couples passionnément à la folie et c'est tout. Pour le reste, j'attends vos avis, critiques, éloges ( - euhm - ) et descentes en flammes.

En espérant que ça vous plaise :)


ALL YOU NEED IS LOVE


« Tiens, au fait, Angleterre, je ne t'ai jamais remercié pour... tu sais... »

Angleterre lève les yeux de son livre, un peu agacé de devoir interrompre sa lecture de David Coperfield – bien sur, il le connaît par cœur, mais ce n'est vraiment pas une raison. En face de lui, France a un air plutôt sérieux. Et il connaît assez l'auto-proclamée nation des Lumières – et de la modestie, c'est une évidence – pour savoir que c'est un événement rare. Reste à savoir pourquoi France exprime le besoin de parler de la Seconde Guerre Mondiale quand il est de toutes évidences encore mal à l'aise pour en parler.

Bon prince, et parce qu'il a aussi envie de se replonger dans sa lecture, Angleterre agite la main comme pour chasser les mouches.

« Ne t'en fais pas. Te voir humilier par Allemagne puis par tous les pays alliés, puis par tes propres colonies fut un divertissement de tous les instants ! Disons que nous sommes quittes et n'en parlons plus si tu veux bien »

Bizarrement, sa réponse ne semble pas contenter France du tout. Pire, Angleterre aurait tendance à dire que le français à l'air contrarié. Contrarié. Alors qu'il vient juste de dire à son... ami... non... sa connaissance ?... non... la nation voisine avec qu'il ne s'est jamais écoulé un siècle sans coup tordu ? Mieux. Bref, alors qu'il vient juste de dire à France qu'il n'avait ni besoin de reparler de la Seconde Guerre Mondiale ni besoin de la remercier.

( De toutes façons, il n'y tient pas. Parfois la nuit, quand il ferme les yeux, il entend le sifflement des bombes à ses oreilles et il se réveille en tremblant, incapable de se rappeler où il est )

Il tente de reprendre sa lecture, mais le silence tendu dans la pièce lui annonce que la conversation n'est pas finie. Il hésite un instant à ficher France dehors. Et d'ailleurs, qu'est-ce qu'il fait encore là ? Depuis qu'il a accepté de construire ce tunnel – bon gré mal gré, et disons le franco, plus pour des raisons financières que parce qu'il mourrait d'envie de voir la nation française tous les jours – France passe presque plus de temps chez lui que dans son propre pays, à boire du thé – dégoûtant, cela va de soi – dans son salon – décoré avec le pire goût qui soit, bien sur – en plein cœur de Londres – qui manque tellement de charme, d'élégance et de raffinement comparé à Paris. A chaque fois, Arthur a juste envie de hurler au français de dégager et de rejoindre son cher territoire où il est sensé être d'ailleurs. Nation indigne.

« J'insiste, soupire France. Il m'est difficilement supportable d'avoir une dette envers toi, tu sais ? Pendant toutes ces années où nous avons eu quelques... divergences d'opinions... »

Un sourire faiblard se fraya un chemin sur les lèvres d'Angleterre. Rudes divergences d'opinions il semblerait, qui menaient à des centaines d'années de guerres entrecoupées de paix passagères.

« … je n'ai jamais eu le sentiment que je te devais quelque chose ou que tu avais une dette envers moi. Nous nous battions et nous nous faisions du mal, nous nous allions quand nos deux intérêts se rencontraient par hasard et nous conservions une certaine distance. Angleterre, je crains que nous ayons perdu cette distance. »

Angleterre but une gorgée de son thé.

« C'est ce qu'il me semble aussi. Cela dit c'est toi qui envahit ma demeure. Fussions au dix-neuvième siècle que c'était une causa belli, je te rappelle. »

L'instant d'après, France, et tout son sens du dramatique – trop de dramaturges romantiques et égocentriques dans son histoire, jugea Angleterre – se jeta sur le tapis, aux pieds de la nation insulaire. A la grande horreur d'Angleterre, France lui prit la main et la maintint entre les siennes, ignorant délibérément les tentatives de libération d'Arthur et ses joues rouges d'embarras.

« Stupide Angleterre ! Soupira France. Je ne te parle pas de distance, je te parle d'équilibre au sein de notre relation.

- Nous. N'avons. Pas. De. Relation, siffla Angleterre en libérant enfin sa main de l'emprise du français.

- Bien sur que nous en avons une ! Une fantastique relation, faite de haine, de revanches et de respect. Angleterre, j'ai perdu le respect de moi ! Seul le remboursement de la dette que je te dois me libérera du sentiment de t'être inférieur »

Non mais ça commençait à être n'importe quoi. Est-ce qu'il était supposé rassurer Francis en lui disant que non-voyons-bien-sur-que-je-ne-suis-pas-mieux-que-toi ? Plutôt mourir, oui ! Et il avait du mal à voir en quoi leur précédente relation était aussi formidable. A vrai dire leurs guerres et tout ce que cela entraînait n'était pas quelque chose qu'Arthur regrettait. Pas qu'il apprécie beaucoup que Francis entre chez lui comme dans un moulin, mais c'était un prix assez faible face aux milliers de ses vies qu'il sauvait en faisant ça.

Quand au problème existentiel de France, était-ce à lui de les régler ?

« Très bien, si tu insistes, soupira Angleterre. Il y a cette peinture de Van Gohg au Louvre qui serait fantastique au British Museum. Tu n'as qu'à me l'envoyer le plus vite possible et ta dette sera réglée. Cela te va-t-il? »

Mais France le regardait comme s'il était fou. Pour le coup, il avait cessé son insupportable numéro de drama queen à deux sous.

« Mais enfin, Angleterre ! Qu'est ce que tu ferais de quelque chose d'aussi beau ! Non, non, pas question. Il te faut quelque chose qui te serait vraiment utile »

Oh comme Arthur sentait son poing le démanger. D'autant que le français continuait de se perdre en élucubrations :

« Tu es tellement stressé, tu as vraiment besoin de te relaxer. Je suis sur que dans le vrai monde tu aurais vieilli avant l'heure, cheveux blancs inclus, tant tu manques de capacité à t'amuser et à profiter de la vie. Et c'est là que je peux intervenir.»

D'accord, alors il devait arrêter Francis avant que ce dernier ne s'aventure dans des contrées que Arthur l'avait trop souvent vu arpenter. Dans la bouche de son très cher et insupportable voisin, les mots « s'amuser » et « relaxer » avait une signification incertaine. Arthur n'était pas un pervers. Mais il savait que France l'était, et c'était suffisant pour être sur ses gardes.

« Si tu penses que présenter les choses sous cet angle me donnera envie de me rouler dans la luxure avec toi, tu te mets le doigts dans l'œil jusqu'au coude. »

Et malgré lui, il espérait que ce ne soit pas à ça que pensait Francis. Même s'il était toujours un idiot d'espérer quoi que ce soit de leur relation, il espérait que le français avait cessé de s'intéresser à ce qui se passait dans son pantalon pour s'intéresser à ce qui se passait sous son crâne. Leurs disputes et leurs discussions étaient intéressantes et Arthur avouait volontiers qu'elles n'avaient plus la violence d'antan, mais au contraire une sorte de malice nostalgique, un jeu qui ne disait pas son nom, entre deux personnes butées qui refusaient d'appeler cela autrement que « dispute ».

Francis représentait la nation de l'amour. Francis était beau, ça ne servait à rien de le nier. Francis enchaînait les conquêtes comme un boulimique enchaîne les paquets de biscuits. Francis n'avait jamais aimé quelqu'un plus de quelques mois. Alors même si, parfois, Arthur sentait ses joues rougir et son cœur s'emballer, il forçait chaque fois son cerveau à lui rappeler tout ça.

« Enfin, Angleterre, sois un peu sérieux ! J'admets que mes compétences en la matière dépassent largement celles des autres nations – il décocha un clin d'œil à l'autre nation qui le fusilla du regard en retour – mais je ne suis pas imbu de moi-même au point de croire qu'une nuit avec moi serait suffisant pour contrebalancer le fait que tu m'as sauvé la vie. Je ne te parle pas de sexe, mon petit lapin, mais d'amour. »

Oh, on y était. L'amour. Les films français ? Amour. Les chansons françaises ? Amour. Un repas réussi ? Oh ~ mais c'est parce qu'il a été fait avec amour, mon cher ! Les romans français ? Mort et désolation.

Moui, bon, le principe est compris, il peut y avoir des exceptions même aux règles les plus strictes. Toujours était-il : l'amour, valeur surfaite, prostituée à toutes les sauces si bien qu'on ne savait plus ce que ce petit mot représentait. Et franchement, si on avait demandé à Arthur de donner une définition de l'amour, il aurait probablement donné tout un tas de clichés appris dans les films qu'Alfred affectionnait tant : deux jeunes et belles personnes qui se rencontrent, se plaisent, surmontent X ou Y épreuves mineures et se marient avant d'avoir de beaux enfants. Et c'est pourquoi à l'idée de France, Angleterre répondit :

« L'amour ? Tu veux me donner l'amour ? »

Il disait « amour » comme on aurait dit « dégueulis ». Cela n'échappa pas au français.

« Oui, Angleterre. L'Amour. L'Amour fait tourner le monde. Il est à l'origine du monde, à l'aube des plus grands génies. L'amour inspire l'art, les dieux, la société. Et, mon pauvre anglais, tu en manques terriblement. C'est pourquoi, moi, France, pays de l'Amour, je m'en vais t'aider à trouver et conquérir le seul, l'unique grand amour. »

Super. Ne manquait plus que ça. Angleterre a un million de remarques sarcastiques sur le bout de la langue, qui attendent leur ordre de mission pour être balancé sur cet abruti en face de lui. Et puis il voit le visage de Francis, avec son putain de sourire sincère, celui qu'il n'a dû voir que trois ou quatre fois en mille ans, et avant même que son cerveau ait pu formuler la moindre objection, il sent à sa plus grande horreur ses lèvres bouger toutes seules.

« Si tu n'as que ça à faire, ça te regarde.

- Fantastique ! Répond Francis. Il faut commencer tout de suite ! »

Arthur met quelques secondes à répondre. Comment ça tout de suite ?

« Comment ça, tout de suite ?

- Eh bien on ne commence jamais assez tôt à chercher l'Amour et tu as perdu beaucoup trop de temps ! A combien de temps remonte ton dernier rendez-vous, Angleterre ?

- Je... eh bien...

- Ne réponds pas ! Si tu ne t'en souviens plus la réponse est : à bien trop longtemps. Ah, que ferais-tu sans moi ? »

Arthur a l'étrange impression que les choses se sont tout doucement inversées depuis le début de leur discussion. Autant quelques répliques plus tôt, Francis cherchait un moyen de le remercier de l'avoir sauvé, autant à présent c'était lui qui devrait se jeter aux pieds du français pour une aide dont il ne voulait même pas.

France sort un petit calepin et note consciencieusement quelques mots. Puis il se tourne vers Arthur, l'air d'un professionnel prêt à se donner corps et âmes dans la tâche qui lui a été assignée.

« Prêt, mon petit lapin ? »

Et l'autre se demande encore fois comment il s'est fait embarquer là dedans.


J'espère que cela vous a plu ! N'hésitez pas à laisser votre avis et à bientôt pour la suite !