Merci à tou(te)s pour vos adorables reviews et je suis absolument désolée de n'avoir pas posté la suite pendant un petit moment : le chapitre 2 devait être posté avant les concours, ça n'a pas été possible... les concours finis, j'espère revenir à un chapitre par semaine :)

En espérant que vous apprécierez un peu de FrUk en cette douce soirée de printemps ~


CHAPITRE II : SILLY LOVE SONG


« Arthur » souffla une voix à son oreille.

L'intention était probablement de le réveiller en douceur, mais il sursauta violemment, attrapa le poignard qu'il cachait sous son oreiller et renversa l'intrus jusqu'à pouvoir lui glisser l'arme sous la gorge. Il avait agi en une poignée de secondes, le cerveau encore embrumé par le sommeil, mais son corps sur le qui-vive après des siècles de guerres entrecoupées de trêves. Il se demanda brièvement s'il perdrait cette habitude un jour. Peut-être. Si l'Union Européenne perdurait. Si Amérique et Russie parvenaient à se supporter. Si enivré de pouvoir et d'argent Chine ne perdait pas la tête. Si un attentat ne venait pas tout saccager. Beaucoup de si, songea Arthur. Trop de choses qui ne dépendaient pas de lui. Pas assez de certitudes.

« Très bien, j'ai compris, tu es d'une humeur encore plus massacrante que d'habitude lorsque tu viens de te réveiller » fit France – parce qu'évidemment c'était lui, qui d'autre ? - en essayant de ne pas trop bouger pour que sa gorge ne se blesse pas contre la lame du poignard ni de trop sourire même s'il en crevait d'envie parce que ça énervait Angleterre et qu'Angleterre avait le poignard. Avant de rouler sur le côté, libérant Francis du même coup, Arthur se demanda si son voisin dormait aussi avec une arme sous son oreiller. Il décida que si.

Le contraire aurait été vraiment trop injuste.

Le cadran numérique de son radio réveil indiquait une heure du matin et il fut pris d'une envie de hurler. Oh mais comme il allait le reboucher, ce putain de tunnel, oui ! Tout seul, s'il le fallait, et tant pis pour les sous qu'il se faisait avec cette affaire, ça ne pouvait plus continuer comme ça avec France qui entrait chez lui comme dans un moulin.

« France, commença-t-il très sérieusement. J'espère que tu interromps mon sommeil pour un cas de force majeure. Au moins une crise européenne. Voire internationale. Parce que sinon je te jure que je te réduis en charpie. Et qu'après j'envoie tes cheveux à Haïti ou je ne sais quel endroit ravagé par un tsunami pour qu'ils consolident leurs maisons avec. Je te jure que je le fais »

Il vit France pâlir un peu, puis se redresser et s'éloigner de quelques pas du lit d'Angleterre, comme pour installer une distance de sécurité entre-eux.

« Je suis là depuis plus de deux heures, signala France. J'étais venu ici attendre que tu reviennes de ton rendez-vous pour qu'on puisse en parler ensemble. Comment aurais-je pu imaginer que tu étais déjà rentré. Bon sang, à quelle heure as-tu quitté Japon ? Au cas où tu l'aurais oublié – ou jamais su – cultiver l'amour et le bonheur prend du temps.

- J'en sais rien, marmonna l'anglais. Vers dix-sept heures. »

France avait l'air catastrophé et il en oublia même sa distance de sécurité – ce n'était pas comme si Arthur allait tenter quoi que ce soit dans l'état de fatigue dans lequel il était de toutes façons – et se jeta au pieds du lit tel le Saint Martyr de l'Amour ou une autre bondieuserie du genre. Il était une heure du matin et Angleterre s'en foutait comme de sa première épée de bois. Le sommeil lui paraissait autrement plus important que les atermoiements de Francis sur son incapacité à changer de situation amoureuse sur Facebook ( oui, il avait un Facebook. Certes, c'était Alfred qui lui avait créé sa page, mais c'était quand même la sienne )

Alors pendant que Francis continuait à babiller à propos de choses plus ou moins intéressantes, il se recala sur son oreiller et se sentit glisser dans la douce inconscience du sommeil. Il avait chaud, il était dans une position bien confortable, il était une heure du matin passé et la voix de son voisin le berçait comme une mélodie incompréhensible.

« Hé ! Ne t'endors pas ! »

Nouveau sursaut. Francis avait envahi son lit et le fait qu'il ne s'en offusque pas était la preuve formelle qu'il avait BESOIN de dormir.

« Laisse-moi tranquille, bordel » bougonna-t-il avec une extrême politesse en tentant de retrouver la châleur de ses couvertures. Au lieu de ça, il se sentit tiré contre une épaule inconfortable et grogna d'agacement.

« Je vais te laisser, repris le français, mais il faut que je sache pourquoi tu n'as même pas essayé avec Japon. Tu m'as pourtant dit que c'était la nation dont tu te sentais le plus proche pourtant. »

C'était probablement l'heure, la connexion neuronale qui ne se faisait plus, ou cette troublante réalisation que France était peut-être moins confortable mais plus chaud que ses couvertures, mais il sentit les paroles s'échapper de sa bouche sans qu'il ne puisse les rattraper.

« Il est trop poli. Quand Kiku n'est pas d'accord avec moi, il commence par faire un discours d'excuses de dix minutes en me répétant qu'il ne s'agit que de son avis. »

France avait l'air un peu perdu dans ses explications.

« Tu veux quelqu'un plus sur de lui ?

-Hum... »

Il repensa un instant à l'autre Kiku, celui qu'il voyait parfois dans ses cauchemars, celui qui avait une flamme rouge dans les yeux et le goût du sang et de la terre dans la bouche. Il se rappela de la frêle mais terrifiante silhouette qui avait défié Amérique. Il se demanda si Kiku était plus heureux maintenant, la tête à moitié baissée et pas une parole plus haute que l'autre. Il l'espérait.

Pourtant il n'aurait pas pu aimer ce Kiku d'avant non plus, même s'il était fier et insoumis et ambitieux. Et soudain, dans son semi-coma, il réalisa ce qui manquait à Kiku. Ce quelque chose qui lui manquait à lui aussi quand il se regardait dans une glace.

« Il ne brille pas de l'intérieur » souffla-t-il plus à lui-même que pour France. « Il n'est pas lumineux »

France ne répondit pas tout de suite et Angleterre sentit une nouvelle fois ses paupières s'abaisser.

« Arthur, je peux dormir ici ? Je promets de te faire le petit déjeuner demain matin, et rien que pour ça, tu devrais me supplier à genoux. »

Et on y revenait : à chaque fois que Francis lui demandait quelque chose il finissait toujours par tourner l'affaire d'une certaine manière si bien qu'on aurait dit qu'IL lui faisait une faveur. Il était le seul que ça énervait ou bien ? Et puis c'était déjà bien suffisant qu'il prenne sa demeure pour une place publique, pas la peine que ça devienne le nouvel hôtel du français. Et puis quoi encore ? Il allait y ramener ses conquêtes ?

« Tire. Toi. Maintenant.

Arthuuuuuuuuuuuuuur »

Le susnommé s'enfouit la tête sous l'oreiller dans l'espoir d'échapper aux croassements disgracieux du froggy qui se comportait comme un enfant. Arthur était un parent exemplaire : à chaque fois qu'Amérique avait fait un caprice, l'empêchant de trouver la paix du sommeil... bon, eh bien il avait cédé. Ce qui expliquait probablement ce qu'il était devenu, mais c'était un point de vue à discuter pendant une heure du JOUR.

« Canapé. La. Ferme. »

Sur ce il clôt les paupières, se jurant lui-même qui se son voisin le réveillait encore une fois il le ferait souffrir. Pas besoin de beaucoup d'imagination pour ça : au cours des siècles il avait soigneusement noté toutes les morts infernales qu'il envisageait pour Francis dans un petit calepin qui se trouvait – quel heureux hasard – à portée de main.

Mais France ne le réveilla pas et attendit même que la respiration d'Arthur se soit ralentie pour dénicher l'oreiller de secours ( deuxième tiroir sur la commode de droite, bon sang, il commençait à bien connaître les lieux ) et descendre le plus doucement possible les escaliers pour rejoindre le salon salle-à manger dans lequel il passait le plus de son temps ici. Il repensa à ce qu'avait dit Arthur. « Lumineux », hm ? Un petit sourire fleurit sur ses lèvres : il connaissait le candidat idéal et s'étonnait même de ne pas y avoir pensé plus tôt.

Il décrocha le téléphone ( fixe, celui d'Arthur, il n'allait quand même pas payer la taxe avec SON téléphone, son pays s'en sortait déjà moyen économiquement qu'il n'allait pas rajouter un appel longue distance à la facture ) et calcula rapidement le décalage horraire.

Il sentait que ça allait marcher comme sur des roulettes.


OoOoOoOoO


Arthur faisait un rêve fantastique. France était dedans, d'ailleurs, il était une sorte d'esclave qui répondait – mal, bien sur – à ses moindres désirs. Dans son rêve, Francis s'était trompé de marque de thé et Angleterre lui avait renversé sa tasse sur la tête, savourant la vision des mèches dorées baignées d'eau encore chaude. L'eau dégoulinait ensuite sur sa chemise, la laissant à moitié transparente et... okay, il était peut-être temps de se réveiller.

Ça sentait bon. D'en bas, il entendait son voisin chantonner une vieille chanson française que lui même avait probablement connu dans le temps avant que d'autres mélodies ne rayent celle-ci de sa mémoire. Il n'avait pas spécialement envie de subir les remarques ironiques de Francis de bon matin mais ne pouvait pas que s'en vouloir pour l'avoir laissé dormir chez lui. Le petit déjeuner avait intérêt à être haut-de-gamme.

France s'activait autour de la gazinière lorsqu'il descendit dans la cuisine et l'accueillit d'un large ( et particulièrement inquiétant ) sourire, une tasse de thé à la main. Arthur la prit machinalement et porta le liquide à ses lèvres avant de froncer les sourcils. Ce n'était pas du Earl Grey. Il ne buvait que du Earl Grey le matin. Ça faisait deux siècles qu'il n'avait pas commencé une journée sans tasse de Earl Grey et bien sur, le français devait gâcher ça aussi.

« J'ai une excellente nouvelle, Angleterre ! Tu as un nouveau rendez-vous cet après-midi ! »

Angleterre plissa les yeux, suspicieux. Francis semblait trop heureux pour que ce soit une bonne nouvelle pour lui.

« J'ai appelé Amérique et il est ravi de passer l'après-midi avec toi ! »

Amérique.

Arthur resta comme figé, sous le choc. Et il se dit qu'un coup comme ça, un siècle plus tôt, ça aurait commencé une guerre ( parfois il se disait que leur relation était plus facile il y a un siècle, que les guerres coûtaient en sang et en chair mais qu'une haine franche et honnête est moins toxique que ce truc qu'ils avaient aujourd'hui. Ce truc qui rendait Angleterre taré et avec lequel France le torturait continuellement ). Francis Duconlajoie Bonnefoy était toujours en train de sourire. Comme s'il ne venait pas d'humilier Arthur en racontant dieu-sait-quoi à son ancienne colonie.

« Alors ? Qu'est ce que tu en dis, je ne connais personne de plus lumineux qu'Alfred... je dirais qu'il pique les yeux parfois mais... après tout, l'idée est de trouver quelqu'un capable de défroncer ses gros sourcils, n'est-ce pas ? »

Arthur baissa les yeux vers le thé dégoûtant qu'il ne boirait pas. Lorsqu'il parla, il fut content d'entendre que sa voix ne tremblait pas de colère. Il arriva même à afficher un petit sourire.

« J'en dis que j'ai fait un rêve te concernant cette nuit ( il eut un sourire qui ressembla plus à une grimace ). Et qu'il était prémonitoire »

OoOoOoOoOoOoO

Mille fois désolée pour ce retard, mes examens sont presque finis donc ça devrait être plus rapide :) Je ne suis pas non plus satisfaite de la fin du chapitre, mais il fallait bien qu'Arthur sache à quel sauce il allait être mangé, n'est-ce pas ?