Bonjour à toutes celles qui atterriront par ici !

Ceci est ma toute première fanfiction longue.

À part les OC, les personnages et l'univers de cette fanfiction appartiennent bien sûr à Jane Austen, de son œuvre Orgueil et Préjugés. La fanfiction est de moi. Cette histoire est une fanfiction assez libre.

Cette fic débute après la dispute sous la pluie dans le Kent.

OK, en gros, je m'inspire du livre, mais aussi des adaptations. Mais pour cette scène de début en particulier (la demande en mariage dans le Kent), je me suis basée de celle du film de 2005. D'ici quelques chapitres vous comprendrez pourquoi ce choix, si votre lecture arrivera jusque-là.

Sachez que je reste toujours à l'écoute des avis et les critiques (positives ou négatives) de votre part ! Alors, n'hésitez pas !

Bonne lecture !


PREMIÈRE PARTIE

Chapitre 1 : Début

(...)

Et sont cela les paroles d'un gentleman ! À l'instant même où j'ai posé mon regard sur vous, cette arrogance, cette fierté, cette suffisance que vous affichez, ce mépris pour autrui m'ont fait comprendre que vous êtes le dernier homme au monde — le tout dernier — avec qui j'accepterai de me marier !

Pardonnez-moi… madame, d'avoir à ce point abusé de votre temps.


L'écho de la conversation sous la pluie battante au temple d'Apollo retentit dans l'esprit de Darcy, assis sur le bureau de sa chambre de Rosings. Il ne rêvait pas, elle l'avait bien repoussé... Il fit l'effort de se calmer afin d'écrire posément une lettre à Elizabeth pour éclaircir certaines choses concernant leur dispute, notamment sur l'affaire Wickham. Après avoir rassemblé ses idées, il commença à écrire, cherchant les mots justes pour s'exprimer.

Dans le grand salon d'en bas, le colonel Fitzwilliam se posait des questions, l'ayant vu rentrer à Rosings tout mouillé, agité et essoufflé.

—… Excusez-moi Richard, j'ai des affaires urgentes à traiter... Faites part de mes excuses à Lady Catherine, fut la réponse que Fitzwilliam reçut comme suite à son regard interrogateur à Darcy.

Ce dernier rejoignit son appartement à l'étage, prit une serviette pour se sécher rapidement, et s'assit.

Plus tard, une fois la lettre terminée, il sortit, prit son cheval et rejoignit à grand galop le domaine de Hunsford où il remit la lettre à sa destinataire avant de revenir à Rosings.

De la fenêtre du grand salon de Rosings, Fitzwilliam ne manquait rien de son va-et-vient ininterrompu. Vers le soir, après dîner, Darcy quitta assez tôt la salle de séjour pour rejoindre ses appartements, ignorant le regard de son cousin et celui de Lady Catherine qui l'invita à rester encore un peu en sa compagnie pour la dernière fois. En effet, sous la décision de Darcy, lui et Fitzwilliam allaient quitter Rosings tôt le lendemain matin. Il leur fit de brèves excuses et prit congé.

Darcy ne parvenait pas à trouver le sommeil, tourmenté par ce qui s'était passé avec Elizabeth. De son côté, Elizabeth connaissait les mêmes préoccupations. Après des heures d'insomnie, ils parvinrent enfin à dormir chacun de leurs côtés, gagnés par la fatigue. Très tard dans la nuit, la pluie revint assez violemment. Endormie, Elizabeth s'agitait dans son lit. De son côté, Darcy remuait aussi dans son sommeil. Les révélations déplaisantes de l'un et l'autre durant leur confrontation du matin, en rythme avec le grondement du tonnerre, les poursuivaient jusqu'à leurs sommeils.

Le martèlement de la pluie semblait influencer leurs tourments nocturnes, car après quelque temps elle se calma avec leurs agitations qui prirent fin.


Au petit matin, Darcy sortit de son sommeil péniblement en ouvrant les yeux, quoiqu'un peu soulagé d'avoir pu remettre sa lettre d'explication à Elizabeth. Il pouvait maintenant partir le plus vite possible de cet endroit qui lui rappelait ces choses désagréables. Il s'assit sur son lit avec une impression d'inconfort. Il se massa la nuque et poussa un soupir. Il allait partir aujourd'hui et ne savait quand il la reverrait, peut-être qu'il ne la reverra jamais…

Voulant la chasser de ses tristes pensées, il décida de ne pas s'apitoyer et de s'activer. La vie continuait et ses devoirs et ses affaires l'attendaient. Et pour commencer, il allait se préparer. Il posa les pieds à terre, se leva et sentit que son corps lui paraissait bizarrement plus léger. Il remarqua devant lui la fenêtre de sa chambre qui lui apparut bien plus petite que dans ses souvenirs. Puis ses yeux distinguèrent un meuble près de la fenêtre où trônait une petite cuvette. Il n'avait aucun souvenir de ces deux choses-là dans sa chambre. En réfléchissant, Darcy considéra les alentours. Il lui fallut quelques instants pour réaliser qu'il ne reconnaissait rien des choses qui étaient dans cette pièce. En tout cas, il n'était vraisemblablement pas dans sa chambre de Rosings.

Il se rassit sur son lit et essaya de rassembler ses souvenirs de la veille. Il était presque sûr que la nuit dernière, il avait atterri dans sa chambre de Rosings. Avait-il abusé de la boisson d'hier soir au point de ne plus se souvenir de la suite de ce qui s'est passé depuis... ?

Non, ses souvenirs étaient bien nets dans sa tête. L'hypothèse de l'alcool était exclue.

Il voulait se rafraîchir le visage, mais se trouvait désemparé dans cet endroit inconnu. Ses yeux s'arrêtèrent sur la fenêtre et ce fut à cet instant qu'il reconnut la ressemblance du style avec celles d'Hunsford. Il se leva et regarda à travers. Tout lui sembla de plus en plus flou dans son esprit et Elizabeth — sûrement — n'était pas loin de là.

Il se tourna et la vit justement en chemise de nuit. Conscient de l'inconvenance de la situation, il rougit violemment, recula et faillit trébucher en heurtant une petite table derrière lui. Pendant ce temps, Elizabeth avait fait exactement les mêmes gestes que lui, tandis que Darcy réalisa qu'il était face à un miroir…

Soit il était devenu complètement fou, soit il était encore en train de rêver. Il pensait halluciner en voyant le miroir lui refléter Elizabeth. La dispute de la veille l'avait peut-être tellement affecté que cela l'a mené à halluciner sur elle.

Alarmé, il leva ses mains pour les regarder et ne les reconnut pas, c'étaient les mains délicates d'une femme. Il pencha la tête pour regarder son corps et vit qu'il était vêtu d'une chemise de nuit féminine. Il mit ses mains au-dessus de sa taille, les fit descendre, s'arrêta, rougit et les enleva brusquement. Son regard se posa à nouveau sur le miroir en touchant la joue de ce visage qui n'était pas le sien. « Non… » dit-il en s'approchant du miroir comme pour essayer de faire disparaître son reflet, mais l'image d'Elizabeth devint de plus en plus claire au fur et à mesure qu'il s'en approchait.


Elizabeth ouvrit les yeux à son tour plus d'une heure plus tard. Et ce fut la lettre de Darcy qui lui revint instantanément à l'esprit, avec l'image des regards de son admirateur et de leur presque baiser lui revenant furtivement... Elle referma les yeux comme pour tenter d'oublier. Elle se blottit plus fermement sous sa couverture comme si cela pouvait la protéger des mauvais souvenirs de la veille. Il ne restait plus que quelques jours avant son retour à Longbourn. La jeune femme se demandait comment elle pourrait éviter M. Darcy pendant tout ce temps, avec en parallèle les invitations à dîner de Lady Catherine.

Prétendre être souffrante pourrait être valable une fois, mais elle ne pouvait feindre une indisposition toutes les fois où elle et les Collins seront invités à Rosings. Ces derniers — notamment Charlotte — s'en alarmeraient et elle ne pourrait lui expliquer sa situation. Elizabeth poussa un soupir.

Elle rouvrit ses yeux et son regard fut attiré par le beau temps qui s'annonçait à travers la grande fenêtre. À moitié endormie, Elizabeth s'assit brusquement, se rendant compte qu'elle n'était pas du tout dans sa chambre d'Hunsford.

« Mais où suis-je...? »

Le décor de la pièce lui donna une idée, mais selon ses souvenirs qu'elle tenta de rassembler rapidement, il n'avait jamais été question qu'elle passe la nuit à Rosings. Elle et les Collins n'avaient même pas mis les pieds ici la veille. Dans ce cas, comment s'était-elle retrouvée dans cette chambre ? Elle était sûrement encore en train de rêver.

Une voix grave qui retentissait du couloir la fit sursauter : « Darcy ! »

Elizabeth sentit son cœur palpiter de plus belle. Mr Darcy était justement la dernière personne qu'elle voulait voir et apparemment, il n'était pas loin de là. Elle sursauta une deuxième fois en entendant cinq coups successifs frappés à la porte et la même voix de tout à l'heure qui continuait : « Darcy ! Darcy… ! » Sur le coup, elle voulut s'exclamer que cette chambre n'était pas celle de M Darcy, mais elle n'eut plus le temps de réagir. En quelques secondes, elle vit la porte de la chambre s'ouvrir pour laisser apparaître un colonel Fitzwilliam surpris qui la regardait d'un air mi-amusé, mi-inquiet, puis les sourcils froncés.

Elizabeth se leva brusquement du lit et ne parvint pas à émettre un mot, juste à rougir vivement, consciente de l'inconvenance de la situation. Le colonel était entré dans sa chambre et elle était en plus en chemise de nuit, alors que le jeune homme ne fut nullement gêné de la situation. Ils se dévisagèrent un moment avant que le colonel ne se décide à prendre la parole.

— Je vous rappelle que sur votre ferme décision d'hier, on devrait déjà être sur la route à cette heure-ci et je vous retrouve encore en tenue de nuit, s'inquiéta-t-il. Regardez-vous, vous êtes encore à moitié endormi. Depuis hier, je vous ai trouvé un peu étrange. Je croyais qu'une bonne nuit de sommeil vous remettrait sur pieds, mais apparemment je me suis trompé. Êtes-vous souffrant ?

Quelle bonne question ! Était-elle souffrante ? C'était une question à laquelle elle ne saurait répondre elle-même et elle fit hasardeusement non de la tête comme pour ne pas inquiéter le colonel sans trop de conviction et avec une certaine hésitation. Le colonel ne put réprimer un sourire amusé malgré lui.

— La façon dont vous me répondez est tout sauf rassurante.

Il examina son cousin avant de reprendre son sérieux.

— Souhaiteriez-vous qu'on reporte notre départ à demain ?

« Notre » départ ? Quel départ ? Et pour quelle destination ? Le colonel parlait probablement du retour d'Elizabeth à Hunsford… ? Quoi qu'il en soit, elle ne voulut pas rester une journée de plus dans cet endroit où elle risquait le plus de croiser M. Darcy.

— Je veux partir d'ici aujourd'hui ! répondit-elle avec fougue.

— Du calme, ce n'était qu'une question… On fera comme il vous plaira. Je vous laisse vous préparer. Votre valet est dans le couloir. On partira quand vous serez prêt... et quand vous aurez retrouvé vos esprits.

Elle acquiesça d'un signe de tête, avant de porter ses mains à son cou pour toussoter. Elle s'éclaircit sa voix étrangement grave, sous le regard ébahi de Fitzwilliam. Après un dernier froncement de sourcil, celui-ci referma la porte et disparut dans le couloir, laissant Elizabeth bouche bée. Elle ne sut ce qui la surprit le plus, le sans-gêne du colonel face à l'inconvenance de la situation, la familiarité dont il venait de faire preuve à son égard, le fait qu'un valet au lieu d'une femme de chambre l'aide à se préparer, ou sa propre voix…

Aurait-elle raté quelque chose ? Serait-elle victime d'un trou de mémoire à la suite d'un mariage avec le colonel Fitzwilliam... ? Oh ! Aurait-elle reçu un coup sur la tête ? En pensant à cette éventualité, elle vérifia une éventuelle bosse sur le crâne, mais la vue de son bras poilu l'effraya aussitôt. Elle leva ses deux bras et se révulsa à la vue de ses bras devenus poilus en espace d'une seule nuit. On dirait des mains d'homme. Elle se pencha pour regarder son corps. Elle était vêtue en tenue de nuit masculine. Et ces pieds. Ce n'était pas les siens, ce sont de grands pieds d'homme. De plus en plus paniquée, elle chercha désespérément tout autour d'elle un miroir qu'elle trouva dans le coin de la chambre. Elle déglutit et s'approcha lentement du miroir, craignant la vue de ce qu'il allait lui refléter. Sans doute, elle était frappée par une maladie grave qui avait altéré son corps.

Elle poussa instantanément un cri en voyant l'image de M Darcy que le miroir lui reflétait : les cheveux en bataille, une chemise à moitié déboutonnée qui laissait entrevoir les poils sur sa poitrine et un pantacourt. Elle était sans doute encore en plein rêve, plutôt en plein cauchemar !

Petit à petit, la vue d'Elizabeth se brouilla...

Elle sentit un malaise pénible la vaincre avant de finalement s'évanouir sur place...