Merci à Louloute41, Lys-Rose, MllexMiam, et Seekoei ! :)

Et aux invités :

Pixiel : :D Je pense que Mrs Bennet l'entremetteuse va se calmer un peu pour l'instant, parce qu'au fond, elle n'y croit pas trop, vue la façon peu flatteuse dont elle traite Lizzie xD Et Mr Bennet pour une fois l'a un peu rappelée à l'ordre. Merci pour le souhait d'anniversaire de fic xD Je te dis à plus tard alors pour ton prochain passage ;D

Pier : C'est tant mieux alors si ce n'était qu'une confusion d'histoires. Merci d'avoir répondu.

Guest(1) et (4) : Voici la suite xD

Guest (2) et (3) : Merci pour vos petits mots d'encouragement, c'est toujours une immense joie de lire les avis des followers anonymes qui laissent des messages de temps en temps.


Un tout nouveau chapitre bien étendu et rien que pour vous les followers :D

Bonne lecture !


Chapitre 16 : Souvenirs et mariage

— Elizabeth Bennet ?

Marchant avec Mary dans les rues de Meryton, Lizzie entendit une voix masculine et chaleureuse l'appeler derrière elle. Ce timbre ne lui était pas étranger, mais curieusement, elle avait du mal à mettre un visage dessus. Elle se retourna et vit un jeune homme aux yeux rieurs qui s'approcha avec un grand sourire.

— J'ai vu juste. Miss Elizabeth Bennet, répéta-il gaiement, je vous retrouve enfin !

Avec Mary, la jeune femme s'arrêta aussitôt de marcher en reconnaissant le jeune homme.

— Alex !? s'exclama-t-elle dans une surprise qui ne cachait rien de son ravissement.

Elle lui aurait bien sauter au cou si la distance causée par les années passées à s'être perdus de vue et leur âges adultes désormais bien loin de leurs années d'enfance ne l'avaient pas retenue à entreprendre une telle geste.

— Mon dieu, est-ce bien vous Alexander ? Comme vous paraissez si… grand ! Cela remonte à combien d'années la dernière fois où nous nous sommes vus ! Sept, huit ans !?

— Bientôt sept, sourit le jeune homme. C'est normal que je vous paraisse énorme. A notre dernière rencontre, j'avais quinze ans à peine et nous avions à peu près la même taille à l'époque. Mais j'ai eu le temps de bien pousser depuis malgré mes retards de croissance. Comment allez-vous Miss Mary ?

— Je vais bien monsieur. Je vous remercie. Ravie de vous revoir après toutes ces années.

— Cela fait tellement longtemps en effet ! Comment vont toutes les autres ? ajouta-t-il, en se tournant vers Lizzie.

Ils reprirent leurs marches et plongèrent dans une discussion animée, en parlant de choses et d'autres.

— J'étais justement en route pour Longbourn afin de vous rendre visite, déclara-t-il en cours de conversation.

— Je vous en prie, Alex, ce serait un plaisir de partager notre voiture avec vous, sourit Lizzie. Les autres, bien qu'assez occupés en ce moment, se délecteront de vous revoir. Nous avons un événement important à célébrer très prochainement dans la famille.

— Ah ! Qui va se mettre la corde au cou ? s'amusa-t-il.

— Je suppose que pour nous les femmes, ce genre d'événement est plutôt la seule meilleure chose que nous puissions espérer nous arriver, parait-il, répondit Lizzie dans un sourire de dérision.

Alex lui rendit son sourire.

— Alors, qui va se marier ?

— Je vous laisse le deviner, je crois que c'est facile, répondit-elle avec une œillade. Regardez, nous venons juste de faire quelques petites emplettes de dernière minute. Montez Alex. Nous avons tout le temps de parler avec tout le monde à la maison.

Une fois les trois jeunes gens arrivés à Longbourn, ce fut avec une joie sincère qu'Alexander Lawrence fut accueilli par la famille.

— Où sont passées les petites filles avec qui nous avons joué ! Vous êtes toutes devenues de très belles jeunes femmes ! s'engoua-t-il avec tout le charme possible qu'il put dégager. Je me suis préparé à ne voir qu'une ou deux demoiselles Bennet à Longbourn, croyant que toutes les autres se seraient déjà établies mais à ma surprise, vous êtes toujours toutes là.

— Pas pour longtemps, Mr. Lawrence. Pas pour longtemps, répondit Mrs. Bennet.

Cette dernière annonça avec fierté le prochain mariage de sa fille aînée et ne tarit pas ses éloges sur la fortune de son futur gendre. Puis Alex adressa ses félicitations à Jane.

Le père d'Alexander était à l'origine le propriétaire de Netherfield Park avant que la famille de celui-ci ne quitte le comté pour une autre région assez lointaine. Cela remontait il y a plus de sept ans. La raison de ce départ soudain était assez vague et les rumeurs autour de cela avaient fait le tour des commérages de la ville à l'époque. Mais seuls les principaux concernés et quelques rares amis proches étaient au courant des vrais motifs - pas très joyeux - qui avaient poussé la famille Lawrence à abandonner la région définitivement.

Alexander expliqua la raison de son retour bref dans la région. Il s'était engagé dans la marine il y a quelques années. Il était aujourd'hui de passage à Hertfordshire profitant d'une brève escale de quelques jours du capitaine de leur navire. Ce dernier stationnait sur les côtes d'une région voisine pas trop loin de Hertfordshire. Le capitaine avait récemment réussi à capturer un navire ennemi. Quant à Alex, il espérait être promu lieutenant prochainement, suite à l'examen qu'il avait passé.

Tout ceci ne manqua pas de titiller la curiosité de Mrs Bennet qui lui dit :

— Votre supérieur devrait être un homme brave et courageux ! Nous espérons que d'ici quelques années, vous deviendrez quelqu'un de la même envergure, mon cher enfant.

— Ah ! Mrs Bennet, ma situation est bien trop modeste par rapport à la sienne. Et l'emploi de marin est une activité bien dure qui n'est pas dénuée d'épreuves et de difficultés. Percer dans ce domaine n'est pas donné à tout le monde.

— Nous n'avons plus qu'à prier pour votre réussite dans cet acte honorable que vous faites pour notre pays.

— Je vous remercie Mrs Bennet.

— Et sinon, mon cher Alexander, comment allez-vous côté cœur ? demanda Lydia au jeune marin, dont l'uniforme ne l'avait pas laissé indifférente.

— Oh ! Moi ? Eh bien… Comment le dire... Je suis très potentiellement fiancé ! déclara-t-il joyeusement dans un sourire qui ne cachait rien de ses dents blanches dont le défaut était qu'elles n'étaient pas très alignées.

— Ah… ! répondit Mrs Bennet avec une once de déception dans la voix, mais qui reprit aussitôt sa gaieté. J'espère que nous aurons un jour le plaisir de rencontrer la future Mrs Lawrence ! Qui est-elle ? Et d'où elle vient ?

— Euh… Chaque chose en son temps ! Vous la verrez et je vous la présenterais un jour en temps voulu, répondit-il avec un grand sourire.

— Cette situation n'est-elle pas éprouvante pour votre fiancée et vous-même qui n'atterrit sur le sol qu'occasionnellement ? J'imagine que vos rencontres avec la jeune fille doivent se faire rares, remarqua Kitty.

—Très. Mais je vous assure que ni l'éloignement, ni aucune épreuve de ce monde ne peuvent séparer deux cœurs qui s'aiment vraiment d'une affection profonde et sincère, dit-il en fermant un instant les yeux d'une manière quelque peu empruntée. Et l'attente forcée, bien que vraiment dure, en vaut la peine. Plus le temps avance, plus je découvre que la distance qui nous éloigne ne fait que renforcer l'amour que je voue à cette personne, que je sais sans nul doute, est ma destinée et l'amour de ma vie.

Un bref silence passa avant que Mrs Bennet répondit :

— Quel beau discours vous nous faites là, Mr Lawrence. Je ne peux que vous souhaiter de trouver le bonheur avec votre chère et tendre.

— Comme tout cela est si romantique ! commenta Kitty rêveusement, suivi d'un gloussement de rire venant de Lydia, tandis que Mary leva les yeux au ciel.

Ce genre de poétisme exagérée ne lui parlait pas trop et à l'opposé de sa jeune sœur, était loin de la transporter. Les sourcils froncés, Mary considéra le jeune homme avec un air hésitant. Jane, qui ne connaissait que trop bien la sensation décrite par Alex, approuva d'un hochement de la tête. Lizzie, quant à elle, esquissa juste un demi-sourire taciturne, l'air songeur et le regard dans le vide.

La joie de vivre et la bonne humeur dégagées par Alexander embellissaient son visage qui en soi, n'était pas désagréable à voir, mais n'était pas non plus d'une beauté spécialement frappante. On put juste dire qu'il n'était ni beau ni laid. Mais son air avenant et ses manières ouvertes le rendaient attrayant. La façon dont Lydia et Kitty le couvaient des yeux à cet instant, ne posait aucun doute à cela.

Ce fut tout naturellement qu'Alex fut invité au mariage de Jane et Bingley.

La publication des bans avait été effectuée à la chapelle de Meryton pendant les dimanches des trois semaines précédant le jour du mariage.

Le lendemain matin vers dix heures, ce fut avec une émotion non contenue que Jane, vêtue de sa robe blanche, recevait les dernières embrassades de sa sœur préférée et de sa mère, devant la porte, à l'extérieur de la chapelle. Une fois les moments d'effusion passés, Mrs Bennet et Lizzie décidèrent enfin de laisser Jane à son père. Elles s'introduisirent dans la chapelle par la porte du côté gauche. Sa mère prit rapidement place devant tandis que Lizzie en marchant la rejoindre, fouillait la salle du regard. Alexander, assis un peu plus loin, l'observait discrètement dans son coin.

Le visage d'Elizabeth se détendit instantanément lorsque, finalement, elle aperçut la personne qu'elle cherchait, assise au deuxième banc du côté droit de la salle. Lizzie afficha aussitôt un sourire un peu béat vers cette direction tandis que les lèvres de Darcy esquissèrent un demi-sourire poli quoiqu'un peu tendu. Il se retourna discrètement vers l'arrière pendant un bref moment. Près de lui, sa sœur était assise sagement. Et à côté de Georgiana, Caroline Bingley et les Hurst étaient raides et impassibles, les yeux rivés tout droit devant. Les trois ressemblaient plus à des personnes qui assistaient à un enterrement qu'à autre chose. Darcy vit Lizzie accélérer son allure et prendre place près de sa famille de l'autre côté.

La cérémonie put enfin commencer avec Mr Bingley, déjà debout devant l'autel, heureux, bien qu'un peu nerveux et impatient. Sous le regard admiratif de l'assistance et surtout de son futur époux, Jane, rayonnante de beauté au bras de son père, traversa l'allée menant vers l'autel.

Le prêtre officiait et mariait les deux jeunes gens devant Dieu et devant la famille restreinte, ainsi que quelques rares proches. Quelques villageois de Meryton toujours avides d'évènements complétaient les bancs restants. Puis on effectuait la signature du registre du mariage, signé successivement par le prêtre, Bingley, Jane, et leurs témoins qui étaient respectivement Darcy et Lizzie.

A la sortie de la chapelle, l'ambiance festive avait déjà commencé. Les nouveaux mariés furent accueillis chaleureusement par d'autres résidents de Meryton. Certains lancèrent des pétales de fleurs en applaudissant et en criant joyeusement des vœux de bonheur aux jeunes mariés.

Le repas du mariage était prévu se produire à Netherfield Park. Lizzie, Kitty, Lydia et Alex furent parmi les premiers à y arriver.

Une bouffée de nostalgie gagna Alex dès qu'il fut introduit dans le bâtiment où il avait passé presque toute son enfance. Des souvenirs lui revinrent instantanément à l'esprit, le projetant sept années en avant.

Son père, un homme d'honneur un peu sévère mais plein de bon sens, et respecté par tous, avec un sens du moral irréprochable, s'était égaré dans le gouffre noir de la tentation en se prenant d'une passion dévorante envers l'intendante du domaine. Cette dernière était une femme célibataire de trente-sept ans recrutée quelques mois plus tôt. La majorité des membres de sa famille et elle-même logeaient dans des demeures à Meryton et avaient toujours vécu dans la région. Le pire cauchemar de Mrs Lawrence fut de découvrir son mari - qu'elle croyait jusque-là idéal et parfait - dans les bras de sa propre gouvernante, dans une position très suggestive sur la chaise du bureau de Mr Lawrence, avec leurs langues qui se mêlaient passionnément dans leurs bouches...

Afin de tenter de sauver leur mariage et l'honneur de la famille, Mr et Mrs Lawrence, accompagnés de leurs deux fils, décidèrent de s'éloigner en vendant et en quittant tout, non sans être passés par une période pénible, marquée de violentes disputes conjugales fréquentes…

Alex refoula ce mauvais souvenir aussi vite qu'il lui était revenu.

— Il faut avouer que Netherfield est tout de même nettement plus classe et luxueux qu'avant ! remarqua-t-il en reprenant sa bonne humeur habituelle.

— En effet, oui, répondit Lizzie. Depuis votre départ, Mr Morris a fait quelques achats et apporté beaucoup de changements pour mieux attirer des futurs locataires aisés. Venez, je vais vous montrer comment la bibliothèque a été réaménagée !

Une fois arrivé dans la salle, Alex émit un sifflement avant de s'exprimer :

— Simple mais raffinée ! Je ne me souviens pas que cette pièce fut si spacieuse...

— Oui, et c'est nettement moins encombrée qu'avant.

— Et ce n'est pas plus mal ! Cela me fait assez bizarre de remettre les pieds dans cette maison après toutes ces années... Et dire que Netherfield est maintenant la demeure de Jane. Je vous avoue que cette vision m'était déjà passée par l'esprit à une époque lointaine mais sous un angle très différent de celui-ci…

Lizzie comprit aussitôt l'allusion.

James, le frère ainé d'Alex et héritier des Lawrence, avait jadis courtisé Jane. Il lui avait déclaré sa flamme en lui envoyant de beaux poèmes écrits par ses soins. Mais finalement, cela n'avait pas marché entre eux pour diverses raisons dont l'âge de Jane qui avait à peine quinze ans. Elle était réticente à s'engager trop jeune, craignant de se précipiter trop tôt pour une amourette passagère d'adolescence. Ainsi, elle voulut s'accorder plus de temps pour y voir clair dans ses sentiments. Mais le départ des Lawrence eut vite fait de mettre définitivement fin à son éventuelle relation avec James.

— Mr Bingley n'est encore que le locataire de Netherfield, fit remarquer Lizzie, en revenant dans le présent. Rien ne dit qu'il va acquérir définitivement ce bâtiment… Alors Alexander, parlez-moi un peu de cette mystérieuse sirène qui a su capturer votre cœur.

Le jeune homme laissa échapper un petit rire diverti avant de répondre :

— Lizzie, je vais vous faire une confidence. Je suis célibataire et je n'ai aucun engagement envers quiconque. Mais chut ! Ne le dites à personne, murmura-t-il en riant, l'index appuyé sur les lèvres.

La jeune femme le considéra avec un étonnement amusé.

— Alors votre mystérieuse potentielle fiancée était juste imaginaire ?

— Ma chère amie, j'ai passé les dernières années à naviguer sur la mer. Comment voulez-vous qu'avec ces conditions, j'ai pu rencontrer une quelconque femme et avoir eu le temps de la connaître assez pour l'apprécier et me décider à m'engager à vie ?

— Mais vous aviez l'air tellement heureux d'annoncer vos fausses fiançailles à mère hier, qu'on s'y était toutes vraiment cru.

— Alors ça ! Mrs Bennet est bien la seule et unique raison de ce mensonge ! Je me souviens assez bien d'un caractère particulier de votre mère et je ne l'en blâme pas. J'ai menti pour ne pas l'avoir sur le dos. Je ne veux surtout pas qu'elle tourmente quelques unes de ces jeunes filles avec des idées de soupirant en ma personne. J'avais bien vu la façon intéressée avec laquelle elle m'a regardé lorsque je lui ai expliqué ma situation. Elle ne doit pas oublier que dans mon métier, je risque de périr à tout moment.

Lizzie poussa loin de son esprit la signification de cette dernière phrase et décida juste de ne pas y penser et d'ignorer.

— Vous êtes toujours aussi malin monsieur. Vraiment, je suis épatée. Moi-même une telle idée si ingénieuse ne me serait peut-être pas venue à l'esprit si j'étais à votre place !

Le jeune homme répondit sur le même ton badin :

— Merci bien ! Si la belle Jane n'était pas encore prise, j'aurais bien déclarer sur tous les toits que j'étais libre comme l'air. Mais Mary me lance à peine un regard. Et Kitty et Lydia quoique jolies et bien mignonnes sont encore de grandes gamines. Et vous mademoiselle, vous êtes ma sœur de cœur finit-il, en prenant galamment la main de la jeune fille avec un chaste baiser.

— Mr Lawrence, vous êtes toujours aussi surprenant ! rit Lizzie.

A cet instant précis, l'ombre imposante de quelqu'un passa dans le couloir, et ne rata rien du geste du jeune homme à travers la porte entrouverte, tandis qu'à l'intérieur, Alex et Lizzie éclatèrent d'un rire joyeux ensemble, croyant qu'ils étaient seuls, loin de se douter que quelqu'un s'était mis à les observer. Ils étaient heureux d'avoir retrouvé leur complicité apparemment toujours conservée, malgré les nombreuses années qui les avaient séparés.

— Et vous Lizzie, votre cœur n'est-il pas encore pris ? dit Alex en prenant les mains de Lizzie dans les siennes avec un sourire doux.

Une ombre de doute qui n'échappa pas au jeune marin, passa furtivement dans les yeux de la jeune femme. Puis reprenant une expression amusée, elle répondit :

— J'ai à l'esprit une image de moi en train d'éduquer les beaux enfants de Jane en tant que gouvernante. Et dans ma situation, cela me parait une expérience bien tentante, dit-elle dans un ton enjoué qui était finalement quelque peu forcé.

Le jeune marin rit en lâchant les mains de la jeune femme.

— « Seul un amour profond pourra me convaincre de me marier ! », déclara-t-il théâtralement. Vous souvenez-vous de ce jour d'été où dans un coin non loin d'ici, moi, Jane et vous, nous avons fait ce serment ? se remémora-t-il pensivement en se dirigeant vers la fenêtre.

— Comment oublier, sourit Elizabeth. Enfants, nous avions déjà tant de convictions et tant de principes !

— Et je remarque, que celui-ci, vous l'avez encore bien gardé…

— Pas vous ?

— Je sais que mon père me voudra toujours épouser une femme riche quel que soit l'issu de ma carrière. Et comme vous le savez bien, il est difficile de défier son autorité… Et quand on atteint l'âge adulte, on ouvre les yeux et sort de nos illusions, en découvrant qu'il est difficile de poursuivre nos rêves d'enfants dans ce monde plein d'embûches…

Elizabeth lui adressa un sourire de compassion, comprenant qu'être le fils cadet n'était pas toujours facile.

— Il vous faudra prier pour que vous tombiez amoureux d'une riche héritière qui vous retournera votre affection, dit Elizabeth simplement.

— Ce sera la situation idéale en effet. Mais comme on dit, qui vivra verra ! Mr Bingley m'a l'air d'être un homme très bien, dit-il en se tournant vers son interlocutrice.

— Il l'est. Mr Bingley aime Jane vraiment beaucoup, et c'est réciproque. Et en parlant de cela, les voilà qui arrivent, dit Elizabeth en apercevant à travers la fenêtre, la calèche qui transportait les nouveaux mariés. Il est temps pour nous de retourner dans le salon.

Une fois à l'intérieur, le couple Bingley reçut les félicitations de leurs invités composés d'environ une soixantaine de personnes dont : Miss Bingley, les Hurst, les Phillips, les Lucas, les Gardiner, les Darcy et autres proches. Les salutations d'usage furent faites et des présentations globales furent lancées à la volée, tandis que Georgiana, mal à l'aise, s'était déjà échappée depuis un moment dans sa chambre.

Les Lucas et les Phillips ne cachèrent pas leur ravissement de revoir Alexander. Ils lui demandèrent des nouvelles de lui et de sa famille. Le jeune homme leur répondit que son frère s'était déjà marié depuis un moment et que ses parents étaient en parfaite santé.

Dans la foule, Elizabeth entreprit de faire les présentations entre Mr Darcy et Alex.

— Ravi de faire votre connaissance monsieur, dit Alexander poliment, en s'inclinant.

Pour toute réponse, Darcy lui lança juste un bref coup d'œil qui était tout sauf avenant – pour ne pas dire méprisant - Puis il s'inclina à peine sans le moindre mot, et s'éloigna. La froideur de ce geste ne manqua pas d'interpeller Lizzie qui le regarda rejoindre les Hurst et Miss Bingley avec une confusion et une déception non cachées.

Alex alla glisser un commentaire à sa jeune amie lorsque ses yeux furent soudainement attirés par une apparition à l'entrebâillement de la porte, qui lui fit oublier promptement tout mot qu'il avait prévu de dire.

Il dut cette agréable vision à une jeune fille aux cheveux blonds qui hésitait à entrer dans la pièce, et apparemment cherchait quelqu'un en particulier. Alex fut tout de suite frappée par la douceur et la bienveillance qui émanaient du visage d'ange de la jeune fille. Et ses traits, qui la donnaient un air quelque peu innocent et légèrement encore enfantin, la rendit encore plus adorable aux yeux du jeune marin. Fort intrigué, il n'arriva plus à détacher son regard d'elle et à cet-instant là, tout ce qu'il voulut faire fut de s'approcher de cette adorable inconnue et d'engager la conversation pour mieux la connaître.

Il entendit vaguement Lizzie s'exclamer en s'éloignant :

— Miss Georgiana, vous êtes enfin décidée à nous honorer de votre présence !

Il ne tarda pas à réaliser que c'était justement à l'intrigante inconnue que Lizzie venait juste de s'adresser, en voyant cette dernière s'arrêter devant elle. Alex vit la dénommée Georgiana esquisser un sourire soulagé emprunt de franchise et d'amabilité à Lizzie, ce qui ne manqua pas au jeune marin d'en être encore plus envouté. Il se mit alors à observer les deux femmes qui échangeaient des mots.

Après un instant où il se reprit pour reprendre contenance, il expira profondément, arrangea légèrement sa cravate et s'approcha d'elles, décidé à profiter de la présence d'Elizabeth pour se faire introduire. Reprenant sa belle assurance, Alex intervint le plus naturellement possible, et parallèlement, essaya de cacher son trouble.

— Qui est cette jolie jeune fille qui vous accompagne… Lizzie… ?

— Cette jeune fille est ma sœur, coupa aussitôt une voix sèche, qui eut vite fait de tempérer les espérances du marin.

Les trois jeunes gens se retournèrent pour voir la stature imposante de Mr Darcy, qui entre temps, s'était approché discrètement.

— Venez Georgiana, continua-t-il en la prenant doucement par le bras avant de s'éloigner.

Coupé dans son élan, Alex émit une phrase qui ne cachait pas son désappointement et sa surprise :

— Je suppose que je peux prendre cette intervention comme une présentation…

— Il est très protecteur envers elle, se contenta de commenter Lizzie simplement.

— Et cette inaccessibilité ne fait que la rendre encore plus enviable, murmura le jeune homme plus pour lui-même, les yeux rivés sur Georgiana.

La fête commençait à battre son plein et tout au long de la réunion, l'ambiance était au rendez-vous. De la bonne chair, de la bonne musique et de la bonne compagnie, tous les ingrédients étaient présents pour assurer une réception de mariage réussie. Jane et Bingley rayonnaient de bonheur et un sourire était affiché constamment sur leurs visages. Le son de l'orchestre se distinguait agréablement du brouhaha causé par les rires et les conversations de groupes animées qui se tenaient par ci par là dans la salle.

Mrs Gardiner avait trouvé de la compagnie en la personne des Darcy avec qui elle était ravie de partager son intérêt et son affection pour la région du Derbyshire. Elle ne tarda pas à échanger avec eux en discutant de sujets autour du comté, notamment ses souvenirs de jeunesse passés dans le village de Lambton, avoisinant au domaine de Pemberley.

A un moment, Georgiana s'accorda un instant pour s'excuser afin d'aller sortir. Les yeux baissés, elle se fraya discrètement un chemin dans la foule et tomba directement sur quelqu'un. Elle s'excusa et déclina légèrement de direction. Mais la personne se déplaça aussitôt pour lui barrer sa route. Elle tenta une dernière fois de changer de direction mais la personne persista à lui barrer le chemin. Intriguée, Georgiana finit par lever les yeux qui tombèrent aussitôt sur ceux d'un jeune homme qui lui adressa un petit sourire.

Elle se souvint l'avoir déjà vu tout à l'heure. Fort étonnée, elle se mit à le regarder d'un air un peu effrayé.

— Alex…, Alexander Lawrence, se nomma le jeune homme, un peu trop nerveusement au goût de ce dernier, en tentant d'engager un premier contact.

A son plus grand regret, il réalisa qu'il perdait un peu de son aisance naturelle à parler aux gens lorsqu'il était près d'elle. Georgiana de son côté, se contenta de lever les sourcils de confusion, ne trouvant que dire, tandis qu'Alex, conscient du malaise du moment, continua sur sa lancée :

— Je pense que je connais déjà votre nom mais il n'y a pas eu d'occasion où on put vous donner le mien tout à l'heure, se lança-t-il gentiment avec un sourire.

Pour toute réponse, Georgiana marmonna des excuses inintelligibles. Puis elle inclina la tête dans un geste à peine voilé et un demi-sourire réticent qui lui donnait l'impression d'être plus hautaine que polie. Elle prit congé, en prenant rapidement une toute autre direction pour atteindre la porte.

Se sentant hébété, Alex resta figé sur place en se grattant la tête.

Il se tourna et vit Lizzie qui l'observait non loin de là, les bras croisés. Avec l'expression mi-amusée mi-contrariée de la jeune femme, il devina qu'elle n'avait rien raté de la scène.

— Ah ! Lizzie ! Vous étiez là, pourquoi ne pas m'avoir aidé à l'aborder ! dit Alexander en s'approchant d'elle. Rassurez-moi, est-ce que cela vient de moi ou sont-ils tous ainsi dans la famille ? lui susurra-t-il doucement à l'oreille.

— Non, c'est vous qui faites fuir les gens.

— Merci pour votre franchise chère amie… Mais quoiqu'il en soit, ce n'est pas grave. A elle, je peux tout pardonner ! Les premières rencontres peuvent être parfois inconfortables et je la comprends. Avec ce rythme, d'ici quatre ou cinq ans et avec un peu de chance, je porte espoir que nous commencerons à avoir des dialogues polies.

— Grand dieu, tout cela promet beaucoup en effet, se moqua Lizzie gentiment. Je vais aller la rejoindre et je vous interdis formellement de me suivre.

Un instant plus tard, Alex vit Lizzie et Georgiana retourner vers les Gardiner et Mr Darcy. Le jeune marin devina que toute tentative d'approche serait vaine. Il savait que quoiqu'il ferait, il se ferait rabrouer gentiment par la sœur, sinon acerbement par le frère. Et il valait mieux pour lui qu'il reste tranquille. Comme Lizzie lui avait si bien fait comprendre, Georgiana ne sortait pas encore. Il se contenta alors d'observer discrètement dans son coin les jeunes gens, avant de sortir dans la terrasse pour prendre l'air.

Mrs Gardiner et Georgiana installées confortablement de leur coté, étaient plongées dans une dialogue chaleureuse tandis qu'à l'opposé, Mr Darcy était plongé dans son mutisme au grand dam d'Elizabeth, malgré les tentatives de dialogue de cette dernière. Et de plus, il n'avait pas daigné adresser un seul regard à la jeune femme depuis qu'elle était là. Un peu vexée, elle finit par s'excuser dans l'intention de prendre congé . Et de plus, la vue de Caroline Bingley qui s'approcha du jeune homme eut vite fait de la décider à s'éloigner.

En sortant se réfugier sur la terrasse à son tour, elle y retrouva Alexander.

— Vous m'avez menti Lizzie, dit-il.

La jeune femme l'interrogea du regard.

— Mon petit doigt me dit que vous portez un intérêt particulier pour un certain gentleman, et que cet homme n'est pas loin de nous en ce moment, dit-il en dirigeant un regard significatif vers la salle de fête.

— Mais de quoi parlez-vous ?

— Ne faites pas semblant de ne pas comprendre. J'ai remarqué la façon dont vous le considérez depuis le début de cette journée. Dites-moi, le maître de Pemberley vous ferait-il quelques effets ?

Elizabeth ouvrit la bouche pour parler mais se tut aussitôt, pour finalement répondre :

— Vous êtes libre de vous faire des théories, dit Elizabeth d'un air nonchalant, tandis qu'elle se dirigea vers le bord de la véranda pour admirer le paysage.

Alex attendit un moment pour attendre la suite du discours de la jeune fille qui n'arriva jamais.

— D'accord, très bien. Comme vous êtes réticente à me parler, je vais adopter une autre approche en allant lui demander directement ce qu'il pense de vous. Comme cela, nous serons au moins fixés sur l'un des deux côtés.

— Vous n'allez pas oser...

— Je vais me gêner ! dit-il en commençant à s'avancer vers la porte.

— Alex, ne faites pas cela ! s'exclama Lizzie en chuchotant, tout en essayant de retenir le jeune homme en l'agrippant par le bras.

— Pourquoi ne le ferai-je pas ?

— Je vous retourne la question : pourquoi le ferez-vous ?

— Allons, détendez-vous Lizzie, de quoi avez-vous tellement peur, vous n'avez rien à perdre. Ce n'était pas comme si j'allais lui dire que c'est vous qui m'envoyez.

— Pour l'amour du ciel, ne pouvez-vous pas juste le laisser tranquille et vous contenter de jouer le rôle de l'invité imprévu un peu timide et effacé ?

— Vous êtes bien consciente Lizzie que votre réaction ne fait que confirmer ma théorie dans sa véracité ?

Aussitôt, la jeune femme lâcha le bras de son ami, tandis qu'il lui lança un sourire triomphant et malicieux.

Mais malgré tout, il demeura debout sur place.

— N'aviez-vous pas l'intention d'aller lui parler ? s'impatienta Lizzie.

— Ce n'est plus nécessaire et je vous avoue que je n'en ai pas spécialement envie. Qu'est-ce que vous pouvez bien lui trouver ?

— Mais qui êtes-vous pour le juger ? Vous ne le connaissez même pas.

— En tout cas, je peux remarquer que ce n'est pas la modestie qui l'étouffe.

— Il n'est pas comme cela, il sait se montrer aimable, généreux, prévenant envers...

Elizabeth s'interrompit en croisant les yeux d'Alexander qui le regarda d'un air amusé, comme s'il avait percé un secret, et finit la phrase d'Elizabeth à sa place.

— … envers ceux qu'il juge digne de sa sollicitude ? Et de plus, il est riche à souhait. Je dois dire que soit cet homme est vraiment aveugle, soit il n'a cure de vous, conclut le jeune marin songeusement.

— Vous me tourmentez et vous me donnez vraiment mal à la tête. Je ne sais même plus pourquoi tous les deux nous en sommes arrivés à cette discussion, dit Lizzie d'un air las.

— Pour la simple et bonne raison que cela m'amuse de vous taquiner, comme au bon vieux temps ! Cela m'a manqué. Vous m'avez manqué !

— Il faut avouer que nous avons tous bien grandi depuis.

Alex commença à s'approcher tout près de Lizzie, et remit soigneusement une boucle de cheveu rebelle derrière l'oreille de la jeune femme. A partir de cet instant, aucun des deux ne se rendirent compte que quelqu'un était en train de commencer à les épier attentivement non loin de là.

— Comme vous le dites, continua Alex, nous avons tous bien grandi et c'est exactement comme le cas de votre beauté, sourit-il.

Elizabeth dévisagea son interlocuteur un instant avant de répondre :

— Et c'est le cas de vos tendances facétieuses, et impétueuses aussi, je dois dire…

— Comme vous, non ?

Il émit un petit rire gracieux avant de continuer :

— Je me demandais, murmura-t-il … si mon père n'avait pas eu... ses… ses problèmes on va dire..., et si ma famille était finalement restée ici dans le Hertfordshire, comment notre relation à nous deux aurait pu évoluer, ma chère Elizabeth... ?

— Aussi loin que je puisse me souvenir, nous nous sommes toujours considérés comme frère et sœur, dit-elle en s'éloignant légèrement, soudainement dérangée par la proximité trop proche du jeune homme.

— Et je suppose que c'est toujours mieux ainsi, émit-t-il dans un soupir, après avoir détourné les yeux vers le paysage lointain.

Le jeune homme jeta un coup d'œil à sa montre avant d'annoncer :

— Bon, je crois qu'il est l'heure pour moi de prendre congé.

— Où allez-vous ?

— Un collègue m'a invité à l'accompagner dîner chez un de ses cousins. Malheureusement, c'est tombé le même jour que ce mariage. Je dois me hâter pour ne pas me faire attendre.

— Dans ce cas, bon fin d'après-midi Alex.

— A plus tard, Miss Bennet. Et ne confiez pas votre cœur à quelqu'un qui ne le mériterait pas, dit-il en déposant un baiser sur le dos de la main de la jeune femme avant de retourner dans la salle.

Il prit congé de quelques invités et des jeunes mariés en leur souhaitant tout le bonheur du monde avant de quitter les lieux. Elizabeth n'arriva pas à se décider si ce départ la faisait ressentir du soulagement ou du regret.

En se réintroduisant dans la salle de fête, elle sentit une désagréable sensation d'être scrutée par quelqu'un. Et en baladant ses yeux le long de la pièce, ils tombèrent sur ceux de Mr Darcy qui la fixaient. Et ce regard n'avait rien d'agréable et de rassurant, car en voyant la jeune femme l'apercevoir, on eut l'impression qu'il roula aussitôt les yeux froidement et regarda ailleurs, ce qui ne manqua pas de froisser Lizzie, pour la deuxième fois dans la matinée.

Elizabeth secoua la tête d'incompréhension et le cœur lourd, elle sentit aussitôt une légère fatigue la peser. Elle rejoignit une chaise pour s'asseoir dans un coin afin de s'isoler.

Peu après, Jane s'approcha d'elle et serra affectueusement les épaules de Lizzie autour de son bras.

— Allez-vous bien Lizzie ?

— Oui, je vais bien. Merci Jane.

— Et un petit sourire s'il vous plait, sinon je vais avoir l'impression que vous vous ennuyez à mon mariage…

— Excusez-moi, Mrs Bingley. J'étais un peu perdue dans mes pensées, dit-elle, avant de lui adresser un grand sourire.

— J'aime mieux cela, répondit Jane en déposant un baiser sur le front de sa sœur. J'ai peur que Charles n'ait accaparé tout mon temps ces dernières semaines. J'espère ne pas vous avoir trop négligée. N'hésitez jamais à me parler si le cœur vous en dit, précisa-t-elle en scrutant sa sœur avec attention. Je ne veux surtout pas que notre relation change. Promettez-le-moi. Vous allez beaucoup me manquer Lizzie.

— Bien sûr, rien ne changera jamais entre nous. Comment seulement pouvez-vous en douter ? Mais fort heureusement, vous n'habitez qu'à quelques mètres de Longbourn.

— Mais je ne sais combien de temps cela va durer…

— C'est-à-dire ? questionna Elizabeth, intriguée.

— Avec Charles, nous avons bien pesé le pour et le contre. Et après mûre réflexion, nous avons décidé de chercher un domaine dans le Derbyshire. Charles a toujours été attiré par cette région...

— …Si tôt… ? murmura Elizabeth.

Sa sœur lui prit tendrement la main avant de répondre :

— Après notre lune de miel, nous passerons quelques temps dans cette région et si nous trouvons un domaine qui nous convient, il est possible que nous l'acquerront. En attendant, nous habiterons toujours Netherfield Park. Rien n'est encore fixé, cela dépendra de notre choix final. Mais ne dites rien à personne pour l'instant, je ne veux pas que maman en fasse toute une histoire.

— Je comprends. C'est vrai qu'habiter à quelques mètres de maman deviendra à la longue éprouvant pour votre époux, même pour vous. Mais sachez que, quelle que soit votre décision finale, je vous soutiens Jane.

Les larmes aux yeux, sa sœur la remercia en la prenant dans les bras. Et ce fut à cet instant qu'Elizabeth réalisa vraiment, pour la première fois, les changements notables que le mariage de Jane allait apporter. Rien qu'à la pensée, elle sentit une sensation de nostalgie et de mélancolie la gagner.

Mais elle n'eut pas le temps de s'y désoler longtemps lorsque Mrs Gardiner s'approcha à son tour en lui prenant la main, tandis que Jane retourna vers son mari. Mrs Gardiner invita Elizabeth à rejoindre les Darcy, qui étaient debout non loin de là.

— Nous avons une nouvelle, qui j'espère vous plaira ma chère, dit Mrs Gardiner. En raison des affaires de votre oncle, je ne crains que nous ne pourrons pas voyager jusqu'au Lake District comme prévu, et nous limiter au Peak District du Derbyshire. De ce fait, votre amie Miss Darcy a une proposition intéressante à vous faire, sourit-t-elle.

Les yeux de Georgiana passèrent de Mrs Gardiner à Elizabeth, puis la jeune blonde s'éclaircit la voix avant de parler :

— Alors voilà : lorsque vous serez dans le comté, je souhaiterais profiter de cette occasion pour vous inviter à passer un séjour à Pemberley, avec éventuellement les Bingley, que j'ai entendu dire y seront aussi de passage après leur voyage de noce. Bien sûr, si votre programme vous le permet… Après l'hospitalité que vous nous avez fait preuve ici, je serais plus qu'heureuse de recevoir votre visite à mon tour, annonça Georgiana en cherchant furtivement un regard de soutien de la part de son frère.

— Ce serait un plaisir de vous accueillir, dit Darcy laconiquement.

Avec la manière impassible et austère avec laquelle Darcy s'était exprimé, sa phrase était aussi convaincante que les compliments pompeux et forcés de Mr Collins, si bien qu'à cet instant, Elizabeth fut tentée de décliner l'invitation juste pour voir la réaction du jeune homme. Mais c'était injuste et fausse de la part d'Elizabeth de faire cela suite à la prévenance et à l'amabilité que Georgiana venait juste de faire preuve.

Elizabeth se tourna donc uniquement vers celle-ci et exprima vivement sa joie en acceptant l'invitation à venir dans cet endroit dont elle avait entendu tellement d'éloges.

Peu après, Mr Bingley attira l'attention de l'assistance et fit un discours ému en honneur de sa nouvelle épouse et ne manqua pas de remercier les gens qui les ont honorés de leur présence en ce jour de leur union. Les gens applaudirent joyeusement suite à cela.

Les moments d'adieu de Jane à ses proches furent très émouvants. Quelques gouttes de larmes coulèrent de presque partout des membres de la famille, suivi de câlins et embrassades. Puis on sortit pour dire au revoir aux jeunes mariés qui montèrent dans leur carrosse pour partir en lune de miel.

Quand ils furent perdus de vue, certains des invités se bougèrent pour quitter les lieux à leur tour, dont les Darcy qui prirent congé de leurs connaissances.

— Nous nous reverrons très bientôt Miss Elizabeth ! s'enthousiasma Georgiana en saluant Lizzie.

Sur ce, le cabriolet des Darcy s'ébranla et quitta les lieux pour prendre le chemin vers Pemberley.

Elizabeth émit un soupir. Cette réception de mariage qui avait duré une heure et demie s'était passée bien vite. Après ces divers départs, notamment d'Alex, des Darcy et surtout des Bingley, tout paraissait désormais étrangement calme et un peu silencieux. Mais heureusement, Elizabeth se réjouissait déjà du projet de voyage avec les Gardiner qui approchait à grands pas. Et ces prochaines vacances dans le Derbyshire promettaient d'être palpitantes.


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