Hello ! :)

AAhhhhh…. ! Voilà plus d'un an que remonte le dernier update de cette histoire ! le record de mise à jour le plus lent que j'ai fait depuis la mise en ligne de cette fic xD Et probablement, vous avez tout oublié à propos de cette histoire depuis…xD Mais que peut-on…, il y a des périodes où la vie réelle prend tout le dessus, et il y a des moments où on n'a pas la tête à écrire… du coup je n'ai pas pu écrire aussi assidument qu'avant… xD Et l'inspiration ça va, ça vient… x) Bref… je ne vais pas vous soûler longtemps avec ma note d'auteur. Mais malgré tout, merci d'avoir répondu à ma question dans le chapitre précédent. merci pour vos reviews. ça fait toujours autant super plaisir, n'oubliez jamais cela. Même si de votre côté, cette fic est déjà tombée dans les oubliettes de votre mémoire depuis longtemps, il fallait bien que je me remette dans cette fanfiction un jour, et ce jour est (enfin !) arrivé !

Merci Seekoei, Louloute41, Pixiel, petitpotepotter, Lawrena, Conxa, CaptainCyssou, liwan, Ninidab, Pasquis et aux guests sans noms pour vos messages :D

Et en passant, j'aimerais profiter pour remercier aussi celles qui ont mis quelques mots sur l'O.S. (Bravery Fr) que j'avais traduit, si jamais elles passent ici.

Puisque vous avez l'air d'apprécier les chapitres plus longs, je ne serai plus réticente à poster des chapitres plus étendus que d'habitude si l'occasion se présente de nouveau à l'avenir.

Sur ce, lectrices fantômes, lectrices habituées, lectrices de passage, lectrices fidèles, lectrices curieuses, followers silencieuses et autres… voici un nouveau chapitre qui marque le retour de certains personnages à peine vus dans les chapitres d'avant… :D

Je vous laisse découvrir, et bonne lecture ! ^^

Et je vous dis déjà à plus tard pour le 18è chapitre. ^^ En attendant, avis toujours les bienvenus. :)


Chapitre 17 : La famille de mon meilleur ami

— Mr Darcy me fait prendre mon mal en patience !

En cette journée de printemps, la voix de Caroline Bingley retentit de sa chambre de l'étage de Bingley House. C'était un bel bâtiment situé dans les quartiers chics de Grosvenor Square. Cela faisait cinq jours que son frère s'était marié avec Jane Bennet et que les jeunes mariés étaient partis en voyage de noce.

De son côté, Louisa Hurst interrogea sa sœur du regard :

— Que voulez-vous dire ?

— Ne pensez-vous pas qu'il est plus que temps que mon relation avec lui prenne un tournant un peu plus sérieux ?

Pour toute réponse, Louisa Hurst haussa nonchalamment les épaules.

— Mais bien sûr, comme d'habitude, je peux toujours compter sur votre inestimable soutien ma très chère sœur ! railla Caroline à Mrs Hurst.

— J'ai du mal à comprendre ce dédain de votre part que vous me témoignez, répondit celle-ci en fronçant les sourcils, qu'ai-je fait et quel en est le lien avec vos affaires ?

— La solidarité fraternelle, cela vous parle-t-elle ? Décidément, vous n'êtes pas mieux que Charles. Et vous vous ressemblez tous autant que vous êtes. C'est toujours chacun pour soi, et cela a été toujours ainsi.

— Vous exagérez, soupira Louisa. Vous savez bien que cela est faux. Vous êtes ma petite sœur bien-aimée et en tant que telles, nous nous sommes toujours soutenues, n'est-ce-pas ?

— C'est tellement facile de dire des mots en l'air, tout le monde peut le faire. Ce qui compte, ce sont les actes.

— Mais que voulez-vous que je fasse, Caroline ?

— Que vous m'aidez à ce que Mr Darcy se décide enfin à s'engager officiellement avec moi, pardieu ! Est-ce si difficile à comprendre ? s'impatienta la jeune femme avant de se laisser aller brusquement sur son lit.

Mrs Hurst observa sa sœur un moment avant de répondre.

— Je tiens à vous rappeler que Mr Darcy est un homme libre de ses actes et de ses choix. Le fait qu'il décide de quelque chose ou non provient de son propre chef. Ce n'est sûrement pas son entourage, et encore moins moi, qui puisse y changer quelque chose ! Et il n'est pas aussi influençable que Charles.

Caroline roula des yeux las et contrariés vers sa sœur. Le ton détaché et quelque peu badin que celle-ci venait d'adopter ne manqua pas d'agacer la jeune Miss Bingley qui prit la parole.

— Et vous savez ce qui est le plus triste dans l'histoire, Louisa ?

La nommée dirigea ses yeux vers son interlocutrice.

— C'est que dans les moments où je peux passer du temps avec lui, je suis toujours obligée de coltiner avec vous et toute la compagnie. Il n'y a pas moyen d'avoir un peu d'intimité, dit Caroline dans une pique de mépris. Et vous n'êtes pas la reine de la discrétion. Nous nous passerons bien de votre présence.

— Je tiens tout de même à rappeler que, étant donné que vous êtes tous les deux des célibataires à marier, sans ce cher Charles, ou moi et mon mari pour chaperonner, vous n'aurez même pas le droit de rester avec lui.

— Je ne sais pas pourquoi mais je vous trouve particulièrement agaçante aujourd'hui Louisa, répondit Caroline d'un air faussement impassible.

— Allons, allons pourquoi tant d'énervements de bon matin, dit Louisa pour calmer sa sœur, en lui caressant affectueusement les cheveux. N'oubliez pas : l'on dit que la patience est une vertu qui porte toujours sa récompense avec elle, sourit Mrs Hurst.

Autant la femme approuvait bien cette citation, autant elle n'avait aucune certitude sur les intentions de Mr Darcy envers sa sœur cadette, si elles convergeaient avec celles de cette dernière. Mais cela ne l'empêchait pas de penser que cela n'était pas impossible. Après tout, il se montrait toujours passif et témoignait d'une patience d'ange envers les avances plus ou moins explicites de Caroline. Mais derrière cette attitude du jeune homme, Louisa ne saurait dire ce qu'il pensait vraiment. Mais Mrs Hurst s'abstint d'exprimer le fond de sa pensée à Caroline.

Quant à cette dernière, son esprit était encore contenu d'images de son songe de la nuit dernière. Elle avait rêvé du jour du mariage de Mr Darcy. Mais son rêve eut vite fait de tourner en cauchemar lorsqu'elle réalisa que la femme avec qui il était en train de sceller sa vie à jamais n'était pas elle mais une jeune femme dont le visage était vague. Caroline assistait en tant que simple spectatrice. Dans son songe, elle hurlait intérieurement de protestation sans pouvoir y faire quelque chose. Son soulagement était indescriptible lorsque dans un sursaut, elle s'était réveillée de son sommeil.

Si l'on dit que si on rêvait de quelque chose, c'était souvent l'inverse de ce qui se passait dans le songe qui se produisait plus tard dans la réalité. Caroline portait espoir qu'elle serait l'heureuse élue en tant que future Mrs Darcy. La jeune femme n'en fut pas néanmoins troublée, tellement le sentiment de frustration qu'elle avait ressenti pendant son cauchemar était réel. C'était donc en partie le déclencheur de l'humeur quelque peu capricieuse qu'elle témoignait à sa sœur en cette matinée. Mr Darcy représentait tout ce qu'elle avait toujours recherché chez un homme en tant que mari. Et l'avoir dans son cercle de relations proches était une opportunité. Elle devait le conquérir, et s'il le fallait, au minimum, elle redoublerait d'effort pour cela. Il lui tardait de le rejoindre bientôt à Pemberley avec Charles, Jane et les Hurst.

Quatre jours après le retour des Darcy dans le Derbyshire suite au mariage des Bingley, le maître de Pemberley effectua un saut à Londres pour une réunion avec quelques-uns de ses associés.

Il n'était pas dans le meilleur de ses formes. Un drame s'était récemment produit dans le domaine. Un incendie s'était déclenché chez un foyer de l'un de ses métayers, ce qui avait provoqué la mort d'un enfant. Il ne pouvait s'empêcher de pester contre lui-même de n'avoir pas pu protéger et sauver ce jeune innocent de cet accident. Une de ses responsabilités était de porter ces familles sous son aile mais il était humain, et il arrivait que des choses échappaient de son contrôle. C'était dans ces moments de sentiment d'impuissance face aux aléas de la vie que le poids de ses responsabilités lui pesait le plus.

A Londres, les Hurst et Miss Bingley ne tardèrent pas à lui rendre visite aussitôt qu'ils apprirent que Mr Darcy était en ville. Il était arrivé à peine douze heures que la famille de Bingley le collait déjà. Entre les réunions de travail et les Hurst et Miss Bingley qui le sollicitaient, il n'y avait pas moyen de rester au calme sans convives chez soi.

Cinq jours plus tard, Darcy ne se sentait pas d'attaque pour chevaucher jusqu'à Pemberley. Après les derniers évènements, il ressentit une certaine lassitude qu'il ne put nier. Il devrait partager sa voiture avec Miss Bingley et les Hurst. Apparemment, le carrosse de ces derniers était encore « en entretien » à ce qu'ils avaient raconté. Et d'un autre côté, Fred, le cocher de Darcy n'était pas en état de conduire à cause d'un mauvais rhume. Il délégua donc temporairement sa tâche à son fils Martin, un jeunot dans la vingtaine.

Au ravissement de Caroline, tous les quatre s'installèrent alors dans la berline: les Hurst de l'autre côté, et Miss Bingley et Darcy en face d'eux, prêts pour partir à Pemberley.

A peine quelques mètres de route, et Mr Hurst sombra déjà dans ses ronflements.

Caroline chercha le regard de sa sœur pour lui transmettre un message muet. Mais Louisa était ailleurs, ayant pris son aise, et admirant le paysage défilant.

— Louisa, votre mine ! s'exclama Caroline avec exagération.

La nommée balada sa main sur le visage:

—…Qu'est-ce qui se passe ?

— Je ne sais pas, mais vous me paraissez bien fatiguée. Vous devez vraiment imiter votre mari en faisant une petite somme.

— Mais non, je suis en pleine forme.

— Je ne le pense pas, contra Caroline entre ses dents, tout en donnant un coup de pieds discret à sa sœur.

Mrs Hurst comprit aussitôt que l'intervention de Caroline était juste un prétexte pour qu'on la laisse un peu d'intimité avec Darcy. Qu'est-ce que Caroline attendait d'elle ? Qu'elle fasse semblant d'être endormie ? Mrs Hurst croisa aussitôt le regard noir de sa sœur. Mrs Hurst chercha alors quelque chose pour occuper son attention et la détourner loin des deux jeunes gens. Mais comme si les paroles de Caroline avaient un effet hypnotisant, Mrs Hurst finit par s'endormir à son tour.

Les dérangeurs neutralisés, Caroline put maintenant se concentrer entièrement sur l'objet de son désir: Mr Darcy.

— Très cher, vous me paraissez bien silencieux, commença-t-elle.

Le jeune homme n'eut aucune réaction. Il avait le regard vague, et l'esprit perdu dans ses pensées.

— Mr Darcy, allez-vous bien ? l'appela la jeune femme.

Il réalisa à peine la main de la jeune femme qui venait de se poser légèrement sur son bras, et où les yeux du jeune homme se posèrent un instant. Lassé, il n'avait même pas la force, ni la présence d'esprit de réagir face aux gestes potentiellement enjôleurs de Miss Bingley aujourd'hui, tellement son esprit et ses préoccupations étaient pris ailleurs. Il jeta un regard vide eà la jeune femme avant de retourner fixer son regard dehors.

— Y aurait-il des choses qui vous préoccupent, mon cher ami ? continua Caroline à lui murmurer avec tout le charme qu'elle put dégager. Vous savez que vous pouvez toujours me parler et vous confier à moi si le cœur vous en dit.

Il n'y eut toujours pas de réponse venant du jeune homme immobile sur place, si bien que Caroline continua sur sa lancée :

— Il me tarde d'arriver au cocon douillet de votre belle demeure, soupira-t-elle d'aise et de plaisir, comme si de rien n'était. A ces paroles, et le plus naturellement possible, elle posa délicatement sa tête -notamment sa joue - d'un geste doux sur l'épaule de Mr Darcy, que celui-ci remarqua à peine.

La jeune femme leva les yeux vers son voisin qui resta de marbre, le regard toujours fixé vers le paysage défilant.

Aveugle à la manque de réaction du maître de Pemberley, Caroline continua son monologue.

— Vous et cette chère Georgiana êtes bien restés seuls entre vous depuis un bon moment maintenant. La femme qui complètera votre famille est juste devant vous et n'attend que vous, dit-elle en souriant.

De son côté, Darcy put enfin à peine esquisser un geste et dire un mot que dans une légère secousse de la voiture, Mr Hurst ouvrit à demi les yeux dans un sursaut. Dans un geste automatique guidé par le sens de la bienséance envers son beau-frère, Caroline se dégagea de son voisin.

— Quoi... on est arrivés ? demanda Mr Hurst, peu ravi d'être réveillé ainsi momentanément.

— Non, pas encore, lui répondit sa belle-sœur.

Sur ce, l'homme referma les yeux, et replongea dans sa somnolence tandis que ses ronflements redoublèrent de volume, au grand dam de Darcy.

Aussitôt que l'homme fut rendormi, Caroline revint avec son semblant d'intimité avec Mr Darcy. Caroline resserra son contact avec le jeune homme, notamment en lui prenant le bras étroitement entre les mains, et en posant le menton sur son épaule. Incrédule par tant d'aises et de naturel venant de la jeune femme, Darcy se tourna vers elle en la dévisageant, comme s'il s'était enfin réveillé. Jamais encore elle n'avait fait preuve d'autant d'initiatives plus osées que d'habitude avant maintenant.

Ravie d'avoir pu enfin attirer l'attention du gentleman, Caroline quant à elle lui sourit calmement en lui disant :

— Je ne crains que nous eussions été un peu interrompus... Alors, où en étions-nous... Ah... oui, qu'en est-il de vous... et de moi... Ne croyez-vous pas que nous avons assez patienté maintenant ? Il est inutile de préciser à quel point je vous apprécie, reste à savoir vos ressentis en retour...

En voyant ainsi la sœur de Mr Bingley, les pensées de Darcy allaient aussitôt vers son ami.

Plus d'une année auparavant, Mr Bingley lui avait annoncé l'arrivée des membres de sa famille à Londres : sa sœur ainée et son mari, Mrs et Mr Hurst, et sa sœur cadette, Miss Bingley. Bingley était ravi à la perspective de présenter ces derniers à son grand ami Mr Darcy. Il lui dit que ses sœurs étaient impatientes de rencontrer le grand Mr Darcy de Pemberley du Derbyshire dont elles ont entendu tant d'éloges, notamment de leur frère.

Quant à Darcy, il n'en était pas moins ravi de rencontrer la famille de l'un de ses amis les plus proches. Une Miss Bingley qui arrivera bientôt et qui n'est peut-être rien d'autre qu'une version féminine de ce cher Bingley, et qui sait, si elle était aussi semblable à son frère, elle pourrait peut-être bien être une potentielle épouse.

Mais une fois que Darcy rencontra alors les sœurs et le beau-frère de Bingley, il réalisa que les membres proches d'une même famille ne se ressemblent pas forcément. Mr Hurst n'avait aucune conversation et ses centres d'intérêt se limitaient apparemment au sommeil, à la bonne chair, et occasionnellement à la chasse. Quant aux deux sœurs, en résumé, elles ne sont pas comme leur frère Charles Bingley. Si Mr Darcy supportait la famille de ce dernier, et en particulier Caroline Bingley qui était bien décidée à ne plus le lâcher depuis leur rencontre, c'était bien parce que Charles était un très bon ami à lui. Et comme on le dit si bien, la famille, on ne les choisit pas.

Revenu au présent, Mr Darcy considéra la jeune femme assise près de lui et daigna enfin à ouvrir la bouche pour lui répondre :

— Miss Bingley…, commença-t-il…


A des kilomètres de là, le village de Meryton passait par un moment de calme après les derniers événements récents, notamment le départ de la milice du colonel Forster suivi de l'inespéré mariage de l'aînée des Bennet avec un jeune fortuné et beau gentleman.

— Je m'ennuie ! Je m'ennuie ! Je m'ennuie ! Moi aussi je veux partir en voyage !

La voix de Lydia Bennet s'exclama dans le salon de Longbourn, renchéri par sa sœur cadette Kitty qui dit à son tour :

— Je suis d'accord avec vous. Avec Jane qui est partie en lune de miel, Alex qui est reparti en mer, Lizzie qui est partie je ne sais plus où avec les Gardiner, et nous alors nous comptons pour du beurre ?

— Si seulement on m'avait permis d'aller à Brighton ! se plaint Lydia.

— N'en avez-vous pas assez de toujours répéter le même refrain ?

— Mary, personne ne vous a demandé votre avis.

— Et personne ne vous a demandé votre avis non plus. Vous ne faites que vous plaindre.

— Vous n'avez qu'à vous boucher les oreilles. Je parle à Kitty, pas à vous. Mêlez-vous de ce qui vous regarde.

Sur ce, Lydia se leva et se dirigea vers la sortie.

— Je déteste ! déteste cette maison ! cria-t-elle en claquant la porte derrière elle.

— Lydia ! Où allez-vous ? Mais attendez-moi ! s'exclama Kitty en se levant à son tour, pour suivre sa sœur cadette dehors.

Débarrassé momentanément de ses deux bruyantes et désagréables jeunes sœurs, Mary posa le livre qu'elle avait à la main et se plaça devant le piano. Elle commença à répéter ses gammes.

Dans son bureau, Mr Bennet émit un bref soupir de lassitude, ayant entendu d'une oreille indifférente les bruits que ses deux benjamines venaient de faire.

A l'étage dans sa chambre, Mrs Bennet somnolait, le rhume ayant raison d'elle.


Dans la berline des Darcy, les gargouillis du ventre de Mr Hurst avaient déclenché son réveil. Il avait apparemment faim. Sa femme lui avait donné une part de l'encas préparé pour le voyage. Mais il finit par tout terminer.

Avec comme fond, les bruits de mastications de Mr Hurst, Mrs Hurst parlait avec Mr Darcy. Ils discutaient à propos du voyage de noce des Bingley, essayant de sonder d'après les dernières nouvelles eues, dans quelle région le jeune couple se trouvait en ce moment.

Dans son coin, Miss Bingley se tenait tranquille et était étrangement silencieuse. Elle ne dérangeait plus Mr Darcy et se tenait un peu à l'écart, à l'autre fenêtre opposée à celle de Darcy.

Mrs Hurst ne sut comment l'échange de sa sœur avec Darcy pendant son sommeil et celui de son mari s'était terminé , mais l'engouement taquin de Miss Bingley envers Mr Darcy avait fait place à un calme douteux. Mrs Hurst était surprise, ce fut si rare de voir Caroline aussi sage en la présence de Darcy, elle qui faisait toujours tout pour attirer l'attention du jeune homme.

Chacun des voyageurs à leur pensée, et Mr Hurst à son repas, nulle ne devina ce qui allait se passer après quelques mètres.

Tout commença par un bruit de tir de fusil accompagné des aboiements sévères de chiens furieux quelque part dans les arbres bordant la route où la berline passa, mais assez prêt pour qu'un cheval de l'attelage prit aussitôt peur et paniqua.

Cette excitation négative fut immédiatement transmise aux autres chevaux qui accélèrent l'allure, au grand dam de Martin, qui commença à paniquer lui aussi. La fougue, la force et la rapidité avec lesquelles les chevaux apeurés se déplaçaient étaient incroyables. Ils étaient de plus en plus difficiles à dompter.

Les secousses à lesquelles les voyageurs en pâtirent à l'intérieur de la voiture étaient insupportables. Mr Darcy ne vit plus que de l'angoisse évidente dans les yeux des Hurst et de Miss Bingley. Darcy baissa aussitôt la vitre, sortit sa tête de la fenêtre et s'adressa sévèrement d'une voix forte à Martin en lui demandant à quoi il jouait, non sans un air inquiet. Avec les hennissements bruyants et incessants des chevaux, les poussières dégagées par la course, les bruits des galops des chevaux, et la vitesse anormalement excessive de déplacement de la berline, le pauvre cocher haletant répondit à Darcy avec agitation qu'il éprouve de la difficulté à calmer les animaux.

Sans plus attendre, Darcy, avec sa réactivité habituelle, ouvrit la porte du côté de la berline où il se trouvait. Mrs Hurst lui demanda avec effroi ce qu'il était en train de faire.

En pleine course folle des chevaux, Darcy s'agrippa à la berline et tenta de traverser la capote de la voiture, de la porte latérale, vers le siège du cocher. La main à la bouche, les sœurs Bingley, impuissantes face à la situation, le virent faire son périlleux parcours qui était non sans danger, avec la roue tournante de la voiture dont il se sert dans sa tentative de déplacement.

A peine Darcy atteignit son but pour tendre ses mains et prendre les filets de l'attelage des mains du cocher, que ce dernier finit par perdre totalement contrôle des chevaux de la berline qui en un instant, sombra dans un ravin.