Disclaimer :

Cette fanfiction est une fin alternative de mon autre fiction Olympe, mais basée sur la version 2 du spectacle 1789, les Amants de la Bastille. Certains passages de la fiction initiale sont repris, parfois réarrangés, afin de l'y intégrer parfaitement, de sorte qu'elle constitue une autre réelle fin plausible. Elle me permet ainsi de rendre hommage et de faire un clin d'œil aux deux saisons du spectacle, toutes deux différentes mais excellentes, et il aurait été injuste de ne pas traiter la saison 2.

Les chapitres ne seront pas vraiment des chapitres, plutôt des morceaux de chapitres, et seront donc assez courts.

Bien qu'ils empruntent leurs traits physiques aux artistes les ayant incarnés, les personnages restent les personnages, les artistes restent les artistes, ils sont deux entités séparées et différentes.

Dans la mesure où mon récit se déroule en partie sur la période couverte par le spectacle, j'ai pris la liberté d'en reprendre la trame et de l'insérer dans l'histoire que je raconte, celle d'Olympe. Loin de vouloir faire du plagiat, j'ai donc, autant que faire se peut, réécrit les dialogues initiaux pour me les réapproprier et les adapter au contexte historique. Pour certains d'entre eux, soit parce qu'ils étaient parfaits tels quels, soit parce que d'eux découlait la suite de l'histoire, je n'ai pas pu, ou pas voulu, les modifier. Ils n'en restent pas moins, dans leur intégralité, et à l'instar des personnages fictifs (Olympe, Ronan, Solène, Charlotte, Lazare, Ramard, Loisel et Tournemain), l'entière propriété des créateurs du spectacle 1789, Les Amants de la Bastille.

Cette fan-fiction ne m'apporte donc aucun revenu financier, quel qu'il soit. Je l'ai écrite par pure passion, rien de plus.


La nuit commençait à tomber sur Versailles. Les chandelles illuminaient les nombreuses fenêtres du palais sorti tout droit de la grandeur démesurée de Louis XIV, tandis que les courtisans les plus frivoles se précipitaient dans les jardins pour des parties de colin-maillard qui dureraient une partie de la soirée. Des salons reliant l'appartement du Roi à celui de la Reine émanait un bruit infernal. Ce soir, Marie-Antoinette recevait : les tables de jeux étaient dressées, le champagne coulait à flot, tandis que Louis XVI se retirait dans sa bibliothèque. De son côté, Olympe, le nez au-dessus d'une bassine en cuivre, s'essuya la bouche. Une nouvelle nausée venait de la secouer. Elle qui était rarement malade aurait pu s'étonner, mais, au fond, elle se doutait parfaitement de la raison de ces vomissements inhabituels, pourtant très fréquents depuis ces derniers jours. Presque un mois plus tôt, elle avait osé avouer les sentiments qu'elle éprouvait pour ce jeune paysan courageux, Ronan, qu'elle avait envoyé à la Bastille avant de l'en sauver. Et après avoir accompagné la dépouille du premier Dauphin dans sa dernière demeure, elle avait succombé à cet amour presque interdit, dans une pauvre auberge de Saint-Denis. Ils s'étaient aimés sans contrainte et sans ombrage, il l'avait faite femme, sienne. Et en cette soirée de début juillet, Olympe payait le prix de cette folle et unique nuit passée dans les bras de son amant. Sa raison et sa piété la torturaient. Que ferait-elle d'un bébé, elle qui avait déjà deux enfants royaux à s'occuper ? Qu'en penserait Ronan ? Elle ne l'avait pas revu depuis deux semaines, lorsqu'ils s'étaient disputés pour des bêtises, pour des choses qui, aujourd'hui, lui semblaient affreusement futiles... Et son père, le Lieutenant du Puget, qu'en dirait-il ? Assurément, il en serait outré ! Sa fille était déshonorée, et par un paysan sans le sou, de surcroît ! Plus personne ne voudrait l'épouser ! Quant à la Reine, elle serait profondément déçue de l'attitude de sa petite protégée et la bannirait sûrement de la Cour. Olympe perdrait son emploi et se verrait contrainte de se réfugier, au mieux chez son père, au pire dans un couvent. Délaissant sa bassine, la jeune femme se mit à faire les cent pas dans sa petite chambre avant de succomber au désespoir. Se précipitant vers son lit, elle leva les yeux vers la croix accrochée au mur et joignit ses mains, laissant quelques larmes couler de ses beaux yeux marron.

« Je confesse à Dieu tout puissant, je reconnais devant mes frères que j'ai beaucoup péché, par pensées, par paroles et par actions. C'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très grande faute... C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours vierge, les anges et tous les Saints et vous aussi mes frères de prier pour moi le Seigneur notre Dieu... »

Tout en répétant frénétiquement sa prière, Olympe se martelait la poitrine avec son poing droit. A trop culpabiliser, la jeune femme avait fini par interrompre ses paroles et se mit à pleurer. Elle avait honte d'elle-même et se sentait misérable d'avoir cédé à la tentation. Mais Dieu l'avait bien punie en lui imposant un enfant qu'elle ne désirait pas, et rien que l'idée de tout perdre et de devoir l'assumer la terrorisait. Agenouillée sur le sol, Olympe finit par se laisser choir et déposa sa tête contre son lit, perdue dans ses pensées. Lorsque le sommeil la gagna, elle alla se coucher pour essayer de penser à autre chose.