Disclaimer : Les personnages de Hetalia : Axis Power ne sont toujours pas à moi. Plus important, ce n'est qu'une traduction de la fanfiction de The Goliath Beetle, l'auteur et la fiction peuvent être trouvés sur mon profil.

Pairings : Spamano PruCan FrUK ( GerIta Ameripan )

Avertissements : thèmes assez « durs » et en décalage avec le ton utilisé. Dépression, suicide, viol. Bref, du fun au pays de My Little Pony mais c'est très bien amené et ça ne sombre pas dans le angst.

AND SO IT GOES

CHAPITRE II

La journée venait de commencer. Le premier cours d'Antonio était Anglais et il passa son temps à noircir des feuilles de notes. Habituellement, il n'était pas un élève si appliqué. D'accord, il s'en sortait, mais il n'était pas du genre à faire très attention en classe. Ce jour là, il voulait juste se vider l'esprit. Roderich était assis deux sièges devant lui, et Elizabeta n'était pas très loin non plus. Les voir tous les deux s'échanger des regards en douce donna à l'espagnol une soudaine envie de pleurer ou de crier ou les deux.

Avant Roderich, Antonio se contentait sans problème des coups d'un soir et des relations sans lendemain. Son flirt avec la jolie belge, Bella, se rappela à son bon souvenir. Tous les deux avaient su que ce n'était pas sérieux, et ça avait été amusant le temps que ça avait duré ( son frère l'avait haï après ça mais ça n'avait pas dérangé Antonio tant que ça. Il n'était pas du genre à se faire des ennemis. Vraiment )

Mais avec Roderich, c'était différent. Leur lien avait toujours été spécial. Il fronça les sourcils et pressa si fort la pointe de son crayon contre son calepin qu'elle cassa. C'était – c'était juste que - ! Antonio ferma les yeux, espérant que ça allait le calmer un peu. Il s'obligea à respirer profondément et plusieurs fois parce que, dios mio, pleurer au beau milieu du cours serait absolument mortifiant. Alors que les deux étaient présents, pour parachever le tout.

« Antonio ? Tu vas bien ? » chuchota Matthew.

Il était assis à sa droite et avait été témoin de sa momentanée perte de contrôle. L'espagnol ouvrit les yeux et adressa au canadien un sourire à moitié sincère. « Mais bien sur, mi amigo. Pourquoi ? »

Matthew se détourna et haussa les épaules. « Comme ça » dit-il, sa voix si basse qu'Antonio l'entendit à peine. En réponse, il sourit un peu plus avant de rediriger son attention vers son calepin et son crayon brisé. Il ne s'embêta plus à écouter le professeur après ça.

Ludwig avait eu l'épiphanie pendant l'été. Il n'avait pas pu voir Feliciano pendant plusieurs semaines parce que les jumeaux Vargas et leur grand-père était parti en Italie pour les vacances... et ça avait rendu Ludwig un peu marteau. Pour commencer, la seule personne à laquelle il pouvait penser était Féli. D'abord seulement pour se rappeler à quel point il était agaçant et qu'il allait enfin pouvoir profiter de quelques instants de silence avant son retour. Mais bientôt tout ça évolua et il commença à avoir des envies de pâtes, ou à se demander si Feliciano aimerait voir tel ou tel film. Après des semaines de ces pensées intempestives, Ludwig comprit soudainement... qu'il avait, plus ou moins, on peut dire, un faible pour le plus jeune des jumeaux.

Ce qui lui causa un certain choc. L'allemand avait été tout à fait sur que a) Feliciano était un gamin agaçant b) que lui-même n'avait aucun intérêt pour les relations de couple, pas à son âge en tout cas.

En maths, Ludwig ne pouvait pas s'empêcher de jeter des regards en direction de l'italien. Feli s'était vite endormi sur son bureau, sans même essayer d'être discret. L'allemand esquissa un sourire. Typique de Feli, vraiment. Le blond pouvait en tout cas en profiter pour essayer d'étudier le brun, essayer de savoir s'il l'aimait vraiment ou si il s'était monté la tête, embourbé dans sa solitude estivale. Il n'en était pas sur. Bon, il se sentait toujours plus heureux lorsque Feliciano était là, mais c'était assez normal entre amis.

Ludwig n'avait jamais eu de « faibles » avant et il n'allait certainement pas demander conseil à son frère à ce sujet. Gilbert serait probablement mort de rire et se moquerait de lui : « LUDDY EST AMOUREUX » jusqu'à sa cinquième réincarnation.

L'allemand expira doucement et se tourna vers le problème inscrit sur le tableau, puis vers son calepin. Il se concentre sur les maths et tenta de faire fonctionner la formule pour calculer la réponse dans sa tête. Le professeur continua de parler, et expliqua comment on parvenait à la solution et, cette fois, Ludwig fit de son mieux pour écoute. Il n'était pas parmi les meilleurs étudiants pour rien, après tout.

L'Histoire se passa mieux. Ils étudiaient l'ascension de l'empire espagnol, et Antonio n'avait pas à trop se forcer pour rester concentrer. Et puis, Roderich et Elizabeta n'étaient pas dans son cour. La seule personne qui l'agaçait et dont il devait se soucier était Arthur, mais le britannique était un problème moins important, d'autant que Francis et Gilbert étaient là aussi.

Le Bad Touch Trio était assis au dernier rang. Gilbert jouait à Angry Birds sur son téléphone, Francis prenait des notes tout en tournant les pages d'un magazine spécialisé ( caché sous le bureau ), et seul Antonio écoutait pleinement ce qui se passait dans la classe. Pour la première fois depuis plusieurs jours, il se sentit léger. Les choses semblaient presque... normales. Antonio répondit même à quelques questions pendant le cours, ce qui fit renifler Gilbert qui chuchota : « Intello », si bien que le visage de l'espagnol se fendit en un sourire. Oui, normal.

La bulle éclata pendant le cours de musique : la simple idée d'y aller avait terrifié Antonio toute la journée. C'était le dernier cours avant la pause du midi, et cet enfoiré de Roderich serait assis là, à parler et à se conduire comme un stupide aristocrate, à jouer des sons – absolument merveilleux – sur son piano et à stupéfier tout le monde avec son talent. Et en effet, il était là. Antonio essaya d'éviter de croiser son regard et échoua lamentablement. Les iris vertes rencontrèrent les violettes et l'espagnol eut l'impression que son crâne allait exploser. Tout à coup, un torrent d'émotion déferla en lui et pendant un instant, Antonio fut partagé entre l'envie de mettre son poing dans le visage de ce bâtard et celle de se mettre à genoux en le suppliant de recommencer à l'aimer. Roderich pinça les lèvres puis détourna le regard et, comme ça, le moment était passé.

C'était là qu'ils étaient devenus amis, dans cette salle de musique. Au début, ils ne pensaient pas avoir quelque chose en commun. En fait, Antonio n'avait pas accordé un regard au bel autrichien, et la réciproque était vraie. Tout avait changé quand ils avaient commencé à jouer. Le talent prodigieux de Roderich lorsqu'il touchait un piano et la capacité innée mais puissante d'Antonio à mettre toutes ses émotions dans une guitare fit que quarante cinq minutes plus tard, à la fin du cours, leur regard s'était croisé une bonne vingtaine de fois. Alors qu'ils partaient, l'autrichien avait même gratifié l'espagnol d'un hochement de tête.

Et cela avait marqué le début de leur relation, relation qui s'était ensuite développée. Ils avaient commencé à s'asseoir côte à côte en musique, puis dans leurs autres cours, à discuter et à échanger des CD dans les couloirs. Au bout de trois semaines, Antonio lui avait demandé un rendez-vous, et l'autrichien, pourtant toujours mesuré et dans la retenue, s'était doucement détendu au contact du garçon aux yeux verts. Roderich avait accepté et les choses s'étaient ensuite déroulées sans problèmes. Sincèrement, Antonio n'arrivait pas à comprendre ce qui avait dérapé. D'accord, ils avaient commencé à se disputer régulièrement pendant les derniers mois de leur relation. Leurs différences – ils en avaient beaucoup – et la tension irrésolue entre eux s'était faites plus présentes.

Mais ils s'étaient toujours réconcilié. Ça n'avait pas été si insupportable, n'est ce pas ? Et puis un jour, après une autre dispute avec Edelstein, Antonio était venu chez lui pour essayer de calmer le jeu. Et il y avait trouvé Elizabeta, au beau milieu d'un séance de pelotage avec l'autrichien sur son canapé. Enfin, lentement, il avait compris. Tous les deux sortaient ensemble sans qu'Antonio ne le sache, et ce depuis un moment. En fait, presque au moment exact où les choses avaient commencé à s'envenimer entre l'espagnol et l'autrichien.

Antonio frissonna à ce simple souvenir. Il ne joua pas très bien de la guitare ce jour là, et même les sons qui s'échappaient du piano de Roderich semblaient moins enchanteurs qu'à l'accoutumée. Quand la cloche sonna la fin du cours, Antonio fut le premier à se lever et à filer hors de la salle.

N/A : Romano arrive dans le prochain chapitre, normalement !

N/T : Et de deux ! N'hésitez pas à commenter pour l'auteur et à critiquer ma traduction :) c'est comme ça que je m'améliore, après tout.