Bonsouaaaaaaaaar !

J'espère que vous avez passé un merveilleux Noel et que vous allez passer un excellent réveillon, tout en bonheur et modération bien sûr !

Finalement, je n'ai pas résisté, me voici de retour, non pas avec une suite à Evil is coming, mais avec un prequel. Pour cette nouvelle fiction, qui se déroule peu de temps après HTTYD2, je me suis inspirée du flash-back qui figure dans le chapitre 13 d'Evil is coming.

J'ignore quelle sera la régularité des publications, je préfère ne rien promettre ! Mais j'espère en tout cas que vous serez au rendez-vous !

Bonne lecture et n'oubliez pas à quel point j'adooooore les reviews !

Passez de bonnes fêtes, à très bientôt !

XXX

_Je continue à croire que c'est une mauvaise idée !

Harold soupira et leva les yeux au ciel en ajustant sa ceinture.

_Tout ira bien Astrid…

_Je n'aime pas l'idée de toi seul dans un village étranger alors que nous restons dans ces bois…

Elle croisa les bras et le fusilla du regard.

_Le village n'est pas hostile, le chef était un ami de mon père… Et c'est l'un des rares à avoir accepté la paix avec les dragons sans rechigner ! ajouta-t-il avec amertume.

Son regard se tourna vers Krokmou et Tempête, qu'ils voyaient se pourchasser à travers les arbres, avec plus ou moins de dégâts sur leur passage. La clairière dans laquelle ils avaient choisi de s'installer avait l'avantage de permettre à leurs dragons de se dégourdir les jambes.

Le visage d'Astrid s'adoucit. Depuis la mort de Stoïck, plusieurs clans avaient fait entendre leur mécontentement et leur sentiment de trahison vis-à-vis de la paix que Berk entretenait avec les dragons, leurs ennemis de toujours. Ce qu'ils n'avaient pas osé faire du temps de Stoïck. Harold savait que chaque transition était toujours un passage délicat. Si la plupart des clans le connaissait déjà comme l'héritier légitime de Stoïck, grâce aux différents voyages qu'il avait fait avec son père, la nouvelle de sa succession avait réveillé quelques vieilles rivalités. Heureusement, Krokmou avait su dissuader certaines tentatives peu honorables lorsqu'ils avaient dû aller annoncer la nouvelle du décès de son père et de son accession au trône de Berk.

_Harold, ce sont des Vikings, ils sont bornés et ingrats !

_Tu es bornée… fit remarquer Harold en levant les yeux vers elle avec un demi sourire amusé.

_Mais pas ingrate ! rétorqua-t-elle en lui mettant un léger coup de poing dans le bras.

Harold se frotta l'endroit de l'impact avec un sourire plus grand. Astrid reprit un air grave et entreprit d'ajuster la tenue de vol qu'il portait toujours.

_Ce n'est pas le village qui m'inquiète, et tu le sais…

Plusieurs clans étaient réunis sur l'île des Borgs, afin de renouveler des traités commerciaux qui permettaient à chaque peuple de s'approvisionner et de pêcher en paix. Berk n'avait aucune difficulté, avec ou sans bateaux, grâce aux dragons, mais sur le principe, ces accords étaient primordiaux pour maintenir des relations cordiales avec leurs voisins. Et parmi les peuples présents, les Faucheurs.

_Nous pourrions loger au village, comme les autres… suggéra Astrid en posant ses mains sur sa poitrine.

Elle savait que c'était vain, ils avaient déjà eu cette discussion des dizaines de fois. Et cela ne manqua pas. Elle sentit son corps se tendre et vit son visage de durcir.

_Il en est hors de question, et tu le sais…

Les Faucheurs étaient de proches voisins, mais avec lesquels ils avaient le moins de relations possibles. Ils avaient une terrible réputation, enlevant les femmes et les épousant de force, les violentant et les utilisant pour obtenir ce qu'ils désiraient.

_Nous n'avons plus dix-sept ans, nous sommes mariés à présent, ils ne pourront rien faire, tu es le chef de Berk !

Harold se tourna vers elle et lui prit les deux mains. Il fouilla son regard comme pour y trouver les mots qui sauraient la raisonner.

_Cela ne les a jamais dérangé dans le passé, d'enlever des femmes déjà mariées… Alors je t'en conjure, restes dans ces bois et restez discrets !

Ils n'étaient pas les seuls, lorsqu'ils avaient survolé l'île à leur arrivée, ils avaient aperçu deux campements dans ces mêmes bois, sans aucun doute des peuples invités qui ne souhaitaient pas exposer leurs femmes en acceptant l'hospitalité des Borgs.

Astrid poussa un soupir de frustration.

_Je n'aime pas cette idée… répéta-t-elle.

_Je sais me défendre, et Rustik sera avec moi…

_Et si…

Une explosion les interrompit les faisant sursauter. Ils tournèrent aussitôt un regard accusateur vers les jumeaux, qui, le visage noir de suie, sifflotaient en regardant en l'air, comme s'ils ignoraient qu'un arbre était en feu derrière eux. Leurs dragons avaient encore la gueule fumante.

_Têtes de yaks, je vous ai demandé un feu de camp, pas un feu de joie ! hurla Astrid en s'éloignant vers eux, les poings serrés.

_Ce n'est pas moi ! s'écrièrent spontanément les jumeaux en pointant chacun le doigt vers l'autre, avant de rouler sur le sol en se tirant les cheveux.

_Tu parles de discrétion, marmonna Harold en lui emboîtant le pas.

_Je m'en occupe, Bouledogre et moi avons travaillé sur les interventions incendie ! lança Varek en s'éloignant vers la mer qui venait s'écraser contre les rochers en contrebas du bois.

Quelques seaux d'eau plus tard, l'arbre calciné fumait mais ne brûlait plus. Harold sécurisa son épée et sourit à Astrid qui venait vers lui, après avoir chargé Kranedur et Kognedur d'aller ramasser du bois.

_Ca les occupera, lança-t-elle avec un soupir résigné.

Elle enroula ses bras autour de la taille d'Harold et leva la tête vers lui avec un air menaçant.

_Si tu t'attires des ennuis, Haddock, c'est moi qui réglerais ton compte…

Harold ne put s'empêcher de rire et se pencha pour déposer un baiser sur ses lèvres.

_Tout ira bien… souffla-t-il contre sa joue.

_C'est ce que tu dis à chaque fois, jusqu'à ce que tu fasses quelque chose de stupide, marmonna-t-elle avant de lui voler un autre baiser.

_Merci pour la confiance ! railla-t-il en levant les yeux au ciel.

Puis, comme elle gardait l'air grave, il passa tendrement un pouce entre ses sourcils froncés, là où sa peau plissait.

_Ne t'inquiètes pas, tout ira bien, et nous serons repartis dès demain soir !

_En espérant que Berk ait survécu à Gueulfor ! intervint Rustik avec un air moqueur.

Valka étant parti quelques jours avec le père de Rustik pour une mission diplomatique de routine au sud de Berk, Gueulfor était en chargé de l'île pendant l'absence d'Harold. Celui-ci soupira avec anticipation, il se demandait quelles bêtises il aurait à régler à son retour.

Il reçut soudain un coup à l'arrière de la tête et fit volte-face en se frottant l'endroit douloureux.

_Que… Krokmou ?

Le dragon lui tournait le dos, sa queue toujours en l'air, et lui lança un regard de travers en grognant.

_Pourquoi est-ce que tout le monde agit de façon surprotectrice ? maugréa Harold.

_Parce que nous avons été à bonne école, répliqua Astrid, avant d'ajouter en l'embrassant sur la joue : Et parce que tu es aimé…

Il lui lança un sourire timide en coin, et s'approcha de Krokmou.

_Je sais que tu aimerais venir mon grand, mais ce n'est pas prudent, ils ne sont pas tous friands de dragons…

Krokmou détourna la tête, l'air vexé, comme s'il lui paraissait inconcevable qu'on ne puisse pas apprécier sa compagnie.

_Allez mon grand, insista Harold en faisant le tour pour lui faire face. J'aimerais que tu viennes, vraiment, mais tu sais que ce n'est pas possible… Je te promets que nous irons voler dès mon retour !

Krokmou faisait mine de ne pas l'entendre et contemplait résolument un point invisible au loin, avec un air profondément ennuyé.

_Une double ration de poissons à mon retour ? tenta Harold.

Un énorme coup de langue vint saluer sa proposition, déclenchant l'hilarité et des exclamations écœurées.

Satisfait, Krokmou s'éloigna en se dandinant vers Tempête afin de reprendre leur jeu de course poursuite, rapidement rejoint par Krochefer, sous l'œil maternel de Bouledogre.

_Reptile inutile, marmonna Harold en prenant la serviette que lui tendait Astrid, hilare.

Il eut un sourire machiavélique et il l'attrapa soudain par la taille pour se frotter à elle, partageant la salive malodorante de Krokmou, avant de s'éloigner en courant et en riant.

_Haddock ! Je vais te tuer !

XXX

Astrid plissa les yeux et lança sa hache de toutes ses forces. Celle-ci alla se planter dans un tronc d'arbre, faisant voler l'écorce en éclat et vibrant avec force. Elle se redressa et prit une profonde inspiration.

Elle courut jusqu'à l'arbre et tira sur le manche jusqu'à décrocher l'arme. Ses pas crissaient sur le sol gelé et elle frissonna en rajustant sa capuche. L'hiver touchait à sa fin, ce qui marquerait la fin des glaces et le retour des navires marchands et bateaux de pêches, d'où le renouvellement des accords commerciaux. Mais le vent glacé qui secouait les arbres indiquait qu'il pouvait regeler à n'importe quel moment. Le ciel était dégagé, et l'air si vivifiant qu'il lui brulait les poumons. Elle aimait cette sensation, elle se sentait si vivante lorsque le froid mordait, lorsque l'air glacé s'engouffrait dans ses narines, dans sa gorge.

Elle pensa à Harold. Elle l'imaginait assis à la table des négociations, ses traits fins éclairés par les flammes du foyer central, l'air grave, concentré, un poing sous le menton, mais une partie de son esprit ailleurs, dans les airs sur le dos de Krokmou. Elle sourit avec tendresse, il était un chef exceptionnel. Et son époux depuis quelques mois à peine, songea-t-elle en regardant l'anneau qui ornait sa main. Fabriqué et imaginé par Harold. Elle pouvait se vanter d'être celle qui le connaissait le mieux, et pourtant, à chaque fois qu'elle pensait à lui, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une espèce de frustration, comme si une partie de lui lui échappait toujours. Harold était fait pour voler, il était fait pour naviguer entre les nuages, il était fait pour la vie libre et sauvage que lui offraient les dragons, et parfois, lorsqu'elle le regardait s'éloigner dans les airs, elle se demandait s'il allait revenir. Il semblait toujours en quête de quelque chose que personne ne semblait être en mesure de lui offrir, il cherchait toujours plus loin, plus haut, plus fort. Elle avait parfois l'impression qu'il deviendrait définitivement un point invisible à l'horizon, qu'il disparaitrait dans les cieux, qu'elle se réveillerait un matin avec le sentiment doux amer d'avoir fait un rêve merveilleux, réalisant alors qu'Harold n'était qu'un mirage. Elle n'était pas sûre de pouvoir y survivre.

Elle relança sa hache, avec tant de force que le tronc se fendit en deux dans un craquement sinistre qui résonna autour d'elle. Il reviendrait. Il reviendrait toujours. Il l'aimait… Mais si partir était le seul moyen de garder les dragons en vie, la laisserait-il derrière ? Que ferait-elle alors ?

Elle grogna avec frustration et se passa les mains sur le visage. Elle s'était suffisamment éloignée du camp pour être tranquille, elle pouvait se permettre de laisser libre court à ce qu'elle ressentait. Ce sentiment terrifiant et tétanisant à la simple pensée qu'elle allait le perdre, que chaque instant était le dernier. Elle détestait se sentir aussi vulnérable, elle détestait avoir peur, elle était Fearless Astrid Hofferson, elle n'avait pas peur par Odin !

Soudain, elle entendit un bruit de course et une respiration saccadée provenant des bois à sa droite. Elle courut décrocher sa hache et se tendit, droite, jambes écartées, prête à se défendre.

Une jeune fille surgit soudain du bois et la fixa avec de grands yeux ronds et terrifiés, une main crispée sur sa poitrine. Elle devait avoir quinze ans tout au plus. Elle était à bout de souffle et ne portait qu'une robe d'un vert pâle, et des bottes en peau inadaptées à la saison.

Pendant quelques secondes, elles se fixèrent sans réagir. Elle était échevelée, sa tresse blonde était quasiment défaite, ses yeux bleus étaient gonflés et injectés de sang, comme si elle avait beaucoup pleuré, et elle lança un regard derrière elle. Des éclats de voix retentirent, drainant toute couleur de son visage. Elle se tourna de nouveau vers Astrid, qui, médusée, n'avait toujours pas réagi.

_Aides moi ! Aides moi je t'en supplie ! gémit la jeune fille en tendant une main tremblante vers elle.

Astrid tendit l'oreille, les voix, masculines, étaient de plus en plus proches, elle devait vite se décider. Cela ne lui prit qu'une fraction de seconde.

_Caches toi là, il y a une cavité dans ce tronc !

La jeune fille semblait hésiter à croire en sa bonne fortune. Astrid la pressa en regardant dans la direction d'où provenaient les voix.

_Vite ! Ou je ne pourrais rien pour toi !

La jeune fille hocha précipitamment la tête et se précipita vers le tronc qui était dans le dos d'Astrid. L'arbre était mort et le tronc creux, elle était assez menue pour pouvoir s'y glisser sans difficulté, essayant de calmer sa respiration saccadée.

Astrid fronça les sourcils et déglutit. Elle avait un mauvais pressentiment. Mais elle décida de garder l'air impassible et elle attendit. Quelques instants plus tard, trois hommes surgirent des arbres et se figèrent en la regardant avec stupeur. Ils étaient grands et massifs, ils portaient tous des casques ornés du même signe distinctif : une faux et une épée croisées sur la silhouette d'un rapace. Des Faucheurs.

Pendant un court instant, ils se toisèrent en silence. Ils avaient tous une arme à la main, et de lourds manteaux de fourrure. Leurs yeux sombres et profondément enfoncés dans leurs orbites balayèrent sa silhouette et Astrid se tendit aussitôt. Elle connaissait ce regard et elle ne l'aimait pas. Ses mains se resserrèrent sur le manche de sa hache.

_Qui es-tu ? demanda enfin l'un des hommes.

_Astrid Hofferson, reine de Berk, épouse d'Harold Horrendus Haddok le troisième, déclara-t-elle d'une voix ferme et claire.

Ils ne lui faisaient pas peur, et elle voulait être sûre qu'ils le sachent.

_La femelle du dragonnier, ricana l'un des hommes, qu'elle fusilla aussitôt du regard.

Elle garda la tête haute et veilla à ne jamais baisser les yeux.

_Et vous, qui êtes-vous ?

L'un des hommes cracha par terre et la regarda avec un air mauvais.

_Une femelle qui parle trop… lança-t-il avec mépris.

Astrid sentit son sang-froid l'abandonner. Le troisième leva le bras dans un signe d'apaisement. Il semblait jeune, quoique plus âgé qu'elle.

_Je suis Olaf Agridson, héritier du peuple Faucheur. Nous ne souhaitons pas t'importuner, nous recherchons un bien que nous avons…égaré…

Elle haussa les sourcils et attendit. Elle vit le dénommé Olaf serrer la mâchoire, comme s'il se contenait. Elle voyait la violence dans la façon dont ils la regardaient.

_Astrid ? Tu es là ?

Elle ne bougea pas et ne laissa paraître aucune émotion tandis que Varek surgissait à son tour dans la petite clairière. Il se figea, bouche ouverte, et son regard passa d'Astrid aux trois Faucheurs.

_Qu'avez-vous égaré ? demanda Astrid.

Varek déglutit et se rangea à ses côtés. Il n'en menait pas large mais il fronça les sourcils avec un air qu'il espérait menaçant.

_Une femelle… Un souvenir de notre séjour…

Les deux autres ricanèrent et Astrid dut penser de toutes ses forces aux recommandations d'Harold pour ne pas leur sauter à la gorge. Sentant qu'elle était sur le point de planter sa hache entre les yeux des Faucheurs, Varek intervint aussitôt.

_Nous n'avons vu aucune jeune fille, nous ne manquerons pas de vous informer si nous voyons quelque chose…

Olaf balaya à nouveau la silhouette d'Astrid, avant d'offrir un sourire feint, qui n'atteignit pas ses yeux.

_Bien, nous vous remercions, nous allons poursuivre nos recherches…

Ses hommes échangèrent un regard mais lui emboitèrent le pas sans un mot. Lorsqu'ils passèrent près d'Astrid, ils veillèrent à l'effleurer. Il y avait quelque chose de cruel et pervers dans la façon dont ils se penchèrent légèrement vers elle. Elle se mordit la langue et ses mains étaient si serrées que ses jointures étaient blanches. Ils disparurent enfin dans les bois et Varek sembla soudain se dégonfler avec un profond soupir de soulagement.

_Ces hommes me font froid dans le dos, gémit-il en s'épongeant le front.

_Ce sont des Faucheurs…

Il devint livide.

_Des… Que… mais… Oh par Odin !

Il se laissa tomber au sol et sembla sur le point de faire un malaise. Astrid s'agenouilla à ses côtés et posa une main sur son épaule en le dévisageant avec inquiétude.

_Est-ce que ça va ?

Livide, il secouait la tête, son regard allant des bois à elle.

_Des… Des faucheurs… Et tu… Et je… Et tu… Oh, Harold ne va pas du tout aimer ça !

Astrid se releva en levant les yeux au ciel.

_Il n'est pas obligé de l'apprendre, il ne s'est rien passé après tout !

_Mais… ils… Tu… Oh par Odin… Astrid ? Astrid ?

La jeune femme s'était dirigée vers le tronc creux.

_Tu peux sortir, dit-elle doucement en tendant la main pour aider la jeune fille à sortir.

Varek ouvrit de grands yeux ronds en la regardant sortir de l'arbre.

_Harold ne va pas aimer, ne va pas du tout aimer… souffla-t-il, blême.

Astrid l'ignora et se tourna vers la jeune fille, qui semblait sur le point de s'effondrer.

_Pourquoi ces hommes te cherchent-ils ? demanda-t-elle.

Elle préférait être directe et être sure qu'elle n'était pas venue en aide à une criminelle quelconque, même si son instinct lui disait que l'adolescente inoffensive qui lui faisait face était tout sauf une criminelle.

_Je… je suis de Borg… Ces… Ces hommes ont… ont décidé de me ramener avec eux… sur leur île… Mais… mais je ne veux pas !

Sa lèvre inférieure tremblait et elle semblait sur le point d'éclater en sanglots. Astrid ressentit un élan de sympathie et demanda doucement.

_Tes parents sont au courant ?

La jeune fille hocha la tête et laissa échapper un sanglot.

_Ils… Ils ont peur, les hommes ont menacé de prendre aussi ma petite sœur… Alors ils ont dit oui… Je ne veux pas, aides moi, je ne veux pas, ils sont mauvais, et violents, et, et… oh par Freyja !

Elle tourna soudain les talons et se mit à courir vers la falaise sous les regards stupéfaits d'Astrid et de Varek.

_Attends ! s'écria Astrid.

Elle se mit à courir et en quelques enjambées, elle rattrapa de justesse la jeune fille.

_Mais enfin, tu as perdu la tête, que comptais-tu faire ? Sauter ? s'exclama Astrid sans lui lâcher le bras.

La jeune fille se mit à sangloter de plus belle.

_Je préfère mourir, je préfère mourir, je ne veux pas partir avec ces hommes, ils vont me faire du mal ! s' écria-t-elle avec désespoir en tombant à genoux devant Astrid.

Celle-ci s'agenouilla pour être à son niveau et serra l'adolescente tremblante dans ses bras.

_Ecoute, nous trouverons une solution, d'accord ? Comment t'appelles-tu ?

_Sigrid…

_Bien, essaies de te calmer Sigrid, nous trouverons une solution…

Elle essayait d'avoir un ton convaincant et rassurant, tout en lançant un regard noir à Varek, qui se triturait les mains en gémissant « oh par Odin, le chef ne va pas être content, oh par Thor, pourquoi est-ce que je suis venu, oh je sens que ça va mal finir, je sens que ça va mal finir ! »

_Tiens, tiens, tiens…

Varek glapit en faisant un bond et Astrid sentit les mains de Sigrid s'agripper à elle dans son dos.

Les trois Faucheurs leur faisaient face avec des sourires satisfaits.

_Je vois que vous avez retrouvé notre bien… dit Olaf en avançant d'un pas.

Sigrid poussa un cri terrorisé et s'accrocha à Astrid comme si sa vie en dépendait. Celle-ci dut mettre de la poigne pour détacher l'adolescente et se relever après avoir ramasser sa hache.

_Je vais récupérer mon bien et nous allons retourner au village…

Astrid fronça les sourcils et se plaça devant Sigrid. Varek voulut la dissuader avec un regard suppliant mais elle l'ignora. Elle prit une profonde aspiration et déclara :

_Je ne pense pas que ce soit possible…