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Pousse de cerisiers

Il y avait maintenant un peu plus de deux semaines que je faisais parti du club. Le coach m'avait d'ailleurs relégué à l'équipe des titulaires sans l'avis de personne, ce qui ne fut pas forcément le bienvenu pour moi, pas mal de types de l'équipe secondaire me haïssaient, sans parler de ma popularité flagrante. Les filles de toutes années venaient me voir à l'entraînement, et je recevais en moyenne une lettre d'amour par jour au minimum ; de quoi faire rager les autres garçons.

J'avais aussi été surprit du rythme soutenu des exercices en soirée, au collège, le coach nous laissait faire un peu ce que nous voulions et c'était Akishicchi qui réglait le programme à sa sauce. Autrement dit, accompagné par l'entraîneur actuel, Takeuchi-san, qui n'avait pas perdu un gramme en quatre mois, et le capitaine Kasamatsu-sempai, la totalité des membres du club ressortait en nage, haletant comme des bœufs. Mon endurance en pâtissait, c'était certain.

Le premier match que nous avions fait était entre nous, la première équipe contre une seconde faite de rookies dont je faisais parti ; grâce à moi, nous avions pu gagner face à eux, mais ça n'avait jamais été aussi intense. Mon expérience m'avait apprit à jouer presque quasiment seul, comme avant, mais leur cohésion était spectaculaire. Et elle n'existait que pour une seule et unique personne : Kasamatsu-sempai.

Je l'avais vu à l'œuvre, mais pas dans ses fonctions le jour du festival. Et pendant une bonne partie du match, je fus autant décontenancé qu'heureux de me dire qu'il allait me diriger. Ses directives étaient toujours justes, il savait motiver, interpréter les mouvements, si ce n'est les anticiper. Chaque problème avait sa solution et sa voix grave portait tous ses joueurs à le soutenir, quoi qu'il fasse.

L'affrontement s'était terminé à quarante-et-un pour nous conte trente-neuf pour eux, très serré. J'avais été trop laxiste et mon idole avait prit l'occasion pour me le faire comprendre, autant verbalement que physiquement. Je n'avais été à fond que vers la fin de la partie, celle où nous avions remontés. Je me souvenais encore de ses paroles.

- Ca n'est pas parce que tu n'as jamais perdu que ce ne sera jamais le cas, bougre d'imbécile ! Un jour, tu gouteras à la défaite, comme tout le monde ici, avec ou sans nous !

C'était vrai, je n'avais jamais connu ce désespoir que j'avais pourtant si souvent côtoyé au collège. L'envie d'y goûter ne me traversa aucunement l'esprit, mais je m'étais déjà posé la question auparavant. J'étais Kise Ryôta de la génération des miracles, alors pourquoi perdrais-je ?

Encore aujourd'hui je me le demandais, et la réponse me demeurait introuvable. Il m'avait semblé que c'était pour cette raison que sempai ne m'appréciait pas. Certain du club, comme Kobori-sempai avait tenté de me rassurer en disant que mon côté arrogant et monsieur je-réussis-tout le faisait péter un câble. Encore plus que pour les autres, c'était vrai pour lui, j'avais envie qu'il me reconnaisse, qu'il me voit et qu'il me fasse confiance. Oui, plus que de jouer dans son équipe et sous ses directives, j'effleurais l'espoir d'être un partenaire unique à ses côtés sur le terrain.


Ce matin là avait été dur de réveil pour moi. Malgré les protestations de ma mère, je m'étais rendu, la veille au soir, à une émission télévisée en direct après les activités de lycée. Autant dire que la soutenance du sport, de l'école et du travail commençait déjà à se ressentir au niveau de mes muscles et de mon sommeil.

Je m'étais déplacé au bahut en baillant, somnolant durant tout le trajet en bus histoire de grappiller un peu de repos avant de me taper une heure de mathématiques avec la vieille. Le temps n'aidait pas, j'avais pourtant prit ma veste mais c'était du n'importe quoi : il ne faisait pas spécialement chaud mais l'air était lourd, trop lourd pour moi en cette pauvre matinée… Passant par l'allée des cerisiers, quelqu'un me tapa dans le dos pour avoir mon attention ; je me retournais en passant une main fatiguée sur mon beau visage pour voir Seiko-san qui me souriait à pleine dents.

- Ouah, la sale tronche que tu tires ! cria la jeune fille.

- Tu es méchante, Seiko-saaaan… chouinais-je en frottant mes yeux comme un enfant avant de rire en chœur avec elle. Je me suis couché tard hier et je suis tout courbaturé maintenant.

- Je vois, je vois. Alors, elle était comment ?

Elle ricanait. Qui était comm…

- Mais non, c'est pas ça ! m'empressais-je de dire. C'était une émission, une émission !

- Mouais, je verrais ça, répliqua-t-elle.

Au moins, elle savait me mettre d'aplomb pour au moins quelques heures. Jusqu'à la classe, nous discutions de tout et de rien, mais surtout de rien, c'était plus drôle comme ça. Nous faisions des remarques sur les masques anti-pollens que portaient la majeure partie des gens autour de nous ; le printemps était sublime avec ses fleurs et son temps généralement bon, aujourd'hui étant l'exception, mais les assauts de pollen était mortel pour les allergies.

Le reste se passa de commentaires, car entre midi et deux, malgré mon irrésistible envie d'aller squatter les troisièmes années pour manger avec Kasamatsu-sempai, je n'en faisais rien ; je n'allais tout de même pas m'incruster comme ça, sans préavis. Du coup, j'avais passé mon temps avec mon amie enjouée.

La fin de journée fut plus intéressante et mouvementée. Mes muscles me tiraient et ma performance n'était pas à la hauteur des espérances du coach, mon endurance avait baissée et comme je n'avais parlé à personne de mes maux physiques, je n'avaient aucune excuse. Des rendez-vous chez le kinésithérapeute s'imposaient malgré mon emploi du temps déjà trop chargé à mon gout.

Vers les coups de dix huit heures trente, nous nous rendions tous en direction des vestiaires pour nous changer, ce que je fis lentement sans vraiment faire attention. Je ne remarquais que j'étais seul que lorsque le capitaine de Kaijô entra avec pour refermer la porte derrière lui. Il me fixait, me rendant mal à l'aise avant de soupirer bruyamment en s'approchant de moi, m'attraper le bras et le tordre. Mes muscles hurlèrent et je m'accroupis instinctivement.

- J'en étais sur… marmonnait-il dans sa barbe.

Les larmes aux yeux, je me redressais en me tenant l'épaule, prêt à enfiler ma chemise lorsque sa voix résonna soudainement dans la pièce en me faisant sursauter.

- Assied-toi ! aboya-t-il.

- Oui !

Je lui obéissais sans trop comprendre, par instinct, jusqu'à entendre son sac tomber au sol dans un bruit de froissement, ses bras passèrent sous mes aisselles, créant un gêne inconfortable pour moi.

- Kasamatsu-sempai… ?

- Tu es courbaturé, n'est-ce pas ? Je vais t'aider à t'étirer, ça ira mieux demain.

Il prit mes bras pour les tendre de diverses façons, d'avant en arrière, avant de me faire pivoter sur le banc pour me faire tourner le cou, les poignets, les obliques. Je devais avouer que c'était inédit, je ne m'étais jamais attendu à ce qu'il sache masser ou quoi que ce soit d'autres. Ma conscience me demanda brusquement sur qui il avait testé ses techniques clairement bonnes. Une fille, un garçon ? Une ex peut être ? Etrangement, l'idée ne m'enchantait pas.

C'était une sensation indéfinissable car ça avait beau ressembler aux étirements habituels des cours de sport, tout à fait banal donc, mon cœur ne pouvait s'empêcher de s'emballer sans mon approbation. Il ne faisait que me faire craquer le dos, avec un peu d'aide, passer les avant-bras fins et secs sous mon menton pour tirer le tout vers le haut, créant une détente exceptionnelle partout où j'avais souffert durant la journée.

Nous étions silencieux tous les deux, mais la tension palpable que j'avais inconsciemment installé dans les vestiaires se dissipait peu à peu. Je n'aurais su comment l'expliquer mais… Il avait fait attention à moi, et ça me relaxait… Comme si j'avais été un enfant, comme si j'avais été son petit frère. Peut être que mon sempai que j'adulais était tout simplement observateur et généreux ? Je le savais déjà, mais il avait enfin remarqué ma présence, c'était la première fois que nous nous retrouvions vraiment à deux et j'aimais cette sensation.

- Kise-kun, dis-moi… commençait-il.

- Kise, le repris-je avant de me faire assommer.

- Dis-moi, pour toi, qu'est-ce qui est le plus important dans une équipe ?

Celle-ci, je ne l'attendais pas. Mes yeux s'ouvrirent en me rivant sur les casiers grisâtres devant moi, en particulier celui d'Hayakawa, dont les posters de Michael Jordan dépassaient par le bas, tout cornés. Le plus important..? Que les joueurs s'entendent bien les uns les autres, surement. Mais le connaissant, il n'allait pas accepter cette réponse ; malgré tout, je ne pouvais pas me résoudre à lui mentir. De plus, je n'arrivais pas à trouver une autre réponse adéquate.

- Je dirais que c'est la bonne entente, dis-je après une mûre réflexion. Mais ça n'est pas ça, hein ?

- Non, soupira-t-il et créant ma déception. J'ai déjà vu vos matchs, plusieurs fois. Vous jouiez bien, vous gagniez, mais ça ne suffit pas. Vous vous entendiez bien et j'en suis ravi pour vous, mais… Comment dire ?

Il semblait chercher ses mots. Comme ses paumes puissantes ne me touchaient plus, je m'aventurais à me retourner pour pouvoir le fixer en attendant une réponse.

- C'était de beaux matchs, mais vous n'étiez pas une équipe.

Pas une équipe ? Il avait du comprendre en me voyant grimacer d'incompréhension.

- Chacun d'entre vous comptait sur ses propres aptitudes physiques plutôt que celles de vos coéquipiers. Ici, contrairement à ton ancienne « équipe », nous ne sommes pas des génies du terrain. Nous ne sommes que des gars normaux qui aspirons à être de bons joueurs en bossant dur. Et pour y parvenir, nous travaillons ensemble. On partage, on se soutient. Car on gagne ensemble mais on perd aussi ensemble.

Je ne pouvais pas définir à quel point ses paroles m'allaient droit au cœur. J'étais déchiré entre l'envie de lui sauter au cou pour le remercier et celle de pleurer à chaudes larmes et aucune de ces deux solutions ne me convenaient. Il me sondait de ses yeux clairs dont je ne pouvais détourner le regard. Lui-même semblait gêné de ses propres paroles car je le vis rosir avant de se détourner de moi pour prendre son sac en grommelant pour que je le suive.

Sans attendre, j'exécutai ses ordres, plutôt satisfait de ce petit moment qui pourrait être qualifié d'intime à tout les deux ; sans parler du fait qu'il m'attendait et que ça me comblait. Je ne tardai pas à remettre ma chemise et ma veste en remontant mes manches, sans oublier de fermer le casier et de balancer sans douceur mon sac sur mon dos. En sortant de la pièce, je pouvais le voir à tapoter du pied en me reprochant d'avoir prit mon temps. Mon sourire fut récompensé par un coup magistral à la tête.

Il ouvrit la marche de son propre chef, les mains bien calées dans les poches pour sortir enfin du gymnase sans un mot. L'idée de faire un petit riquiqui bout de chemin avec lui me réjouissait ; j'allais peut-être en apprendre plus sur lui et je ne demandais que ça.

Malheureusement pour moi, une lycéenne m'interpella avant que l'ont arrive au portail. Je savais évidemment ce qu'elle voulait, je n'avais aucunement l'intention de sortir avec elle, mais Kasamatsu-sempai me fit un signe de tête pour que je comprenne d'aller l'écouter. D'un geste de la main, je demandais à la fille de m'attendre avant de me tourner vers le brun.

- Dites, sempai… avais-je commencé lorsqu'il se tourna pour m'écouter, augmentant les palpitations de mon pauvre cœur. Puisque nous devons tout traverser ensemble et que l'Inter High approche… Je pourrais venir manger avec vous, l'équipe, pendant les temps du repas ?

Ses yeux s'agrandirent avant de se reprendre, le menton entre le pouce et l'index, mimant de réfléchir.

- Oui, pourquoi pas. On mange derrière le gymnase, près de la porte de secours en face du mini-dojo.

J'étais mal à l'aise, sa réponse m'emplissait d'une joie naïve ; pire qu'une fille énamourée, c'en était indécent, je ne me reconnaissais plus. Mais je n'allais pas la laisser seule, il fallait que je demande.

- Puis-je ramener une amie à moi..? Sinon, elle va être toute seule…

- Bien entendu, répondit-il avec une vitesse ahurissante. Au moins, ça calmera Moriyama.

Sur cette dernière entente, nous nous quittions alors que je rejoignis la petite brune qui patientait à quelques mètres de là. Elle devait être plus âgée que moi malgré sa taille minuscule sa façon timide de se déclarer m'amusa autant qu'elle me fit pitié. Elle reparti dépitée de là alors que je lui laissais une longueur d'avance pour ne pas la croiser sur le chemin du retour.

Une fois disparue de mon champs de vision, je pu libérer ma joie, autrement dit mon sourire probablement niais, pour traîner les pieds jusqu'à la sortie de l'école. Mon regard fut happé par la sublime professeur de mathématiques que je n'avais évidemment pas qui entrait dans sa voiture, une sorte de veille berline rouge. Il fallait l'avouer, elle était ultra canon ; Aominecchi aurait bavé devant elle.


Le lendemain, il y avait une petite séance d'échauffements avant le début des cours, et je fus assez content de constater que la reprise sur mon nom à Kasamatsu-sempai avait payé : le « -kun » avait enfin disparu de ses lèvres. Comme ça, il m'appelait comme il le faisait avec les autres membres du club, ce qui me réjouissait fortement.

Ensuite, j'étais allé en cours pour les prochaines heures, programmant avec Seiko-san notre petit virée avec les troisièmes années, ce qu'elle semblait apprécier. D'après elle, les aînés étaient plutôt beau du point de vue féminin et trainer avec une bande de sportifs reconnue dans le pays, ça lui bottait.

C'est donc tout deux enthousiasmés que nous nous rendions au point de rendez-vous où nous interpellèrent les nos quatre sempai, bentôs et/ou sandwichs à la main. Quand nous sommes assis, Moriyama semblait subitement très intéressé par ma camarade lorsqu'il su que nous n'avions aucune relation autre que de l'amitié. Moi, je m'étais installé à côté d'Hayakawa qui hurlait plus qu'il ne parlait, la bouche pleine en plus, tout en bas des escaliers.

Et ce fut peut être la première fois que je me sentais faire parti d'une équipe. Ce sentiment bizarre que je faisais parti d'une famille où le grabuge était agréable, où les explosions bruyantes du seconde année en face de moi ne me dérangeait pas, où le silence serein du plus grand d'entre nous ne posait aucun problème, où l'homme qui était mon but aujourd'hui parlait en toute liberté. J'étais chez moi.

- Kise, avec le succès que t'as, comment ça se fait que t'aies pas de copines ? avait demandé Moriyama après s'être prit une baffe bien placée de Seiko-san.

Sa question avait vivement été soutenue par le brun aux sourcils broussailleux ainsi qu'un regard d'intérêt de la part de Kobori-sempai et de Kasamatsu-sempai. Gêné, je me grattais la joue en tentant de trouver une explication adéquate pour qu'on me laisse tranquille à ce sujet…

- Eh bien, je préfère me concentrer sur mes études et le basket…

- T'es naze, reprit le brun aux yeux perçants. Si tu veux pas de celles qui te tournent autour, partage au moins, organise nous un goukon après l'Inter High. Sans ta présence, évidemment.

- C'est méchant ça, pleurnichais-je avant que mon beau capitaine brun ne le remette en place avec son poing.

Pour le coup, ça avait presque fini en sympathique bagarre entre amis, si le terme était approprié, et j'avais ris comme jamais je ne l'avais fait en deux ans, si mes souvenirs étaient corrects. Je m'amusais beaucoup à Teikô, mais la rivalité était toujours palpable malgré les petits temps de répit que nous nous donnions entre coéquipiers après les cours. Nous avions beau sortir ou squatter les uns chez les autres, il avait toujours été difficile de nommer cette relation ; aujourd'hui, elle n'en était qu'encore plus complexe.


Les jours passèrent sans qu'on les compte, mais l'ambiance était plus tendue à l'entraînement. Malgré mes progrès fulgurants en matière de confiance envers mes coéquipiers et surtout envers le capitaine, le classement du tournoi allait être annoncé pour bientôt et tomber sur l'un des trois rois n'étaient pas forcément bon pour nous. Non pas que j'avais des doutes quant à notre puissance, mais je savais que la génération des miracles avait évoluée toute entière, pas seulement moi.

J'avais appris de mes partenaires à savoir compter sur eux et anticiper leur mouvement, une compétence qu'il me manquait clairement après mûres réflexions. Ma surprise avait été réelle lorsque, durant un match amical avec un lycée quelconque, j'avais pu jouer seulement un quart temps grâce à la demande de mon ainé préféré et je n'avais fait que dribbler seul sans compter sur les autres joueurs. Quand j'eus vu la vidéo, mon choc m'avait mit les méninges en place, depuis ce jour, je passais quand cela était plus intéressant que de passer en force.

Le climat s'alourdissait de plus en plus et les esprits étaient tous très préoccupés par les examens qui approchaient personne n'avait envie de louper des vacances d'été à se dorer au soleil pour se taper des exercices de chimie et de japonais en plein mois d'août. Et même si le basket m'obnubilait, je n'étais pas excellent dans toutes les matières et chaque soir, quitte à passer à côté de quelques émissions, je devais potasser mes bouquins.


C'est vers la fin de la troisième semaine de mai que Seiko-san m'invita chez elle pour que nous fassions une session de révisions. Comme je n'aimais pas les études, l'idée m'avait rebuté, mais son charisme eut raison de moi et elle m'embarqua par le bras jusqu'à l'intérieur de sa petite maison blanche à deux étages pour que je la suive, ce samedi.

Sa chambre était très louche, cependant. Les murs étaient couverts de posters variant de l'alien cliché au film romantique des années soixante, passant par les notices savamment accroché dessin et de tricot. Son lit en bois était couvert d'une couverture oscillant dangereusement entre le vert et le rose, bonjour le mauvais gout, et ses meubles étaient tous très vintages à la limite du vieillot. Quand je lui fis la remarque, elle me promit une tonne de punitions pour la suite.

Presque quatre heures après, j'étais avachi sur la table basse miséreuse, cahier sous la joue. Je n'aurais jamais cru qu'elle soit si bonne à l'école, mais qu'elle veuille finalement m'aider en une journée me fit chaud au cœur ; elle, elle n'avait pas besoin de révisions à mon contraire. Et même si ses punitions faisaient horriblement mal au bras quand elle me pinçait, j'avais retenu une bonne partie de ce qu'elle m'avait enseignée.

Seiko-san s'était levé à un moment pour accueillir sa mère et me porter un verre de jus, me faisant faire une pause. Il faisait encore jour mais j'avais envie de rentrer chez moi, chapeau et lunettes de soleil cachant mon identité. Ma sonnerie de portable me sorti soudainement de ma torpeur, j'ouvrais le clapet bleu de mon téléphone pour y voir un numéro qui m'était inconnu s'afficher. J'hésitais quelques instants avant de répondre.

- Mochi mochi ?

- Kise, c'est Kasamatsu, dit la voix à l'autre bout du combiné.

Mon visage avait du s'illuminer de joie en l'entendant car quand la lycéenne à la peau bronzée été entré pour poser les verres, un sourire narquois était apparu sur ses lèvres.

- Oui, pourquoi tu m'appelles, Kasamatsu-sempai ?

J'avais pris l'habitude de le tutoyer malgré ses protestations.

- Il faut que tu viennes. Je peux te retrouver au parc Gashouku, près de la fontaine à côté du temple ? D'ici une heure, c'est urgent.

- Euh, oui, oui, bien sur, j'arrive.

Je raccrochais aussitôt en m'excusant auprès de mon amie qui avait apparemment comprit que quelque chose n'allait pas. Je saluais sa mère pour rester polie, cette dernière voulu me retenir à manger à la maison, le rouge aux joues, invitation que j'avais évidemment décliné. Puis, j'étais sorti en trombe en me demandant ce qu'il pouvait bien se passer.

Presque vingt minutes de métro plus tard suivi de dix minutes de course, j'arrivais en nage à l'endroit indiqué et je du reprendre mon souffle avant de pénétrer dans le parc en emprunté la voie réservée aux vélos. Au moins, j'étais entré du bon côté car l'immense temple rouge et orange cité plus tôt était juste devant moi. Je fis le tour en peu de temps pour enfin trouver la tignasse brune que je connaissais par cœur.

Je m'approchais et l'admirais un peu, avant qu'il ne remarque ma présence ; c'était la première fois que je le voyais avec ses vêtements de ville. Il portait un débardeur vert foncé sous un t-shirt blanc à rayures grise et un jean simple bleu clair. Et rien qu'avec ça, il en jetait, j'en été intimidé.

Puis, il me lança un regard et retira ses écouteurs, me fit signe de m'approcher et de m'asseoir sur le banc à côté de lui qu'il débarrassa de son gros sac. Anxieux, je lui souris sans oser demander quoi que ce soit. Il me salua une fois installé, et entreprit de chercher quelque chose dans son sac, un papier plié en quatre. Perplexe, je lui lançais un regard alors qu'il semblait vraiment sérieux. D'ailleurs, ce paysage été idyllique, lui qui scintillait sur un arrière plan de structure féodale entouré d'arbres tordus et roses aussi beau les uns que les autres.

Sans faire attention, j'ouvris la feuille qu'il m'avait passée et lue un peu ce qui s'y trouvait : le résultat définitif des ordres de matchs pour accéder à l'Inter High. Je nous cherchais des yeux, ça ne sentait pas bon. Kasamatsu-sempai ne m'avait pas appelé en urgence pour rien, ça devait être une mauvaise nouvelle. Et là, le drame.

- Ils ne sont qu'au deuxième tour, mais… commença-t-il sans finir sa phrase, dépité.

Oui, au deuxième tour. Le premier tour n'était qu'une simple formalité, sans parler que ça n'était que les éliminatoires. Si nous perdions contre eux, nous ne pourrions même pas arriver au tournoi national et pour les troisièmes années qui jouaient leurs deux dernières chances cette année, perdre n'était certainement pas une option.

Au deuxième tour, nous battrons Tôuô.

A suivre...


Merci aux reviewers!

Je tenterais de poster de façon plus régulière, maintenant que je suis en vacances.