Bonjour à toutes et à tous, ici l'auteur qui ne publie pas pendant des mois.

Je vous sortirai bien toute une panoplie d'excuses pour l'immense retard que j'ai pris, mais je ne crois pas que cela effacera les mois d'absence. Boulot, manque d'inspiration, études, pas envie de dire au revoir à cette fiction... Les raisons sont nombreuses et paraissent toutes aussi bidons les unes que les autres.

Quoi qu'il en sois, je m'excuse sincèrement de ce retard. J'ai lu tout vos messages, et je vous remercie de votre engouement pour cette histoire. Sachez que malgré ma lenteur monstrueuse je n'abandonne jamais une fic, et je ne laisserai pas tomber celle-ci. Je vous informe d'ailleurs qu'il s'agit de l'avant dernier chapitre et que c'est certainement le plus long jamais écrit actuellement. A l'origine, j'avais prévu de vous poster la fin de l'histoire au grand complet, mais lorsque j'ai vu le nombre de pages défiler compte tenu de ce qu'il me restait encore à raconter, j'ai dû diviser en deux.
La prochaine publication - qui je l'espère ne mettra pas autant de temps - fera office à la fois de chapitre final et d'épilogue.

Je n'en dit pas plus, et vous laisse vous plonger dans l'action, et Dieu sait à quel point il n'y a que ça dans ce chapitre. Je vous conseille d'ailleurs de relire le précédent avant d'attaquer celui-ci... J'ai été tellement longue à en rédiger la fin que la transition entre les événements du chapitre 13 et l'action du chapitre 14 va certainement vous paraître étrange.

Merci à ceux ayant commenté, suivi ou tout simplement lu cette fiction. Bonne lecture !

Chapitre 14 :

Le songe

Une fois encore, le rêve vînt la hanter.

De la fumée s'élevait des toits de chaume et le ciel d'encre était teinté d'une lueur orangée. Un hurlement strident brisa le calme de la nuit, plainte lugubre ne recevant aucune réponse. Comme si c'était un signal, l'incendie flamboya de plus belle, ne laissant que des braises sur son passage.

Un groupe de paysans passa, mené par Kaede. La doyenne faisait de son mieux pour sauver la population alors que, sous leurs yeux, le village prenait flamme.
Inu-Yasha et Kagome étaient à leurs côtés, contemplant la silhouette qui flottait au devant de la Lune.

Des cheveux blancs comme la neige, des yeux couleurs d'ambre... Rin n'appréhendait que trop cette partie du songe. Alors que ses poumons s'emplissaient de fumée, elle s'apprêtait à pousser un cri déchirant :

« Sesshomaru-sama ! ».

En général, c'était là que le rêve s'achevait. Mais cette fois, ce n'était pas un cauchemar. Et contrairement à ce qu'elle avait toujours imaginé, la silhouette se délectant du désastre sous ses yeux n'était pas celle du seigneur des Terres de l'Ouest.

C'était la sienne.

Le vent de minuit souleva une multitude de mèches opalines qui parurent comme flotter autour de son visage. Ses mains, nouvellement dotées de griffes, chassèrent d'un coup sec la gênante chevelure.

Oui, Rin admirait le village brûler, ou du moins l'entité l'ayant remplacé le faisait. Après son éveil dans les souterrains de la cité, elle avait sondé l'esprit de... l'autre. La fille qui habitait ce corps avant son arrivée. Elle avait étudié les lieux, mis un nom sur les objets l'entourant – Dieu, que le langage humain était rustre ! - avant de poser ses pupilles sur le visage au dessus du siens.

Un nom avait alors germé dans son esprit.

« Sesshomaru. »

Il n'avait pas fallut davantage pour que la haine explose en elle. Comme l'eau jaillissant du barrage, la haine s'était installée, permettant au Jashin de prendre le contrôle de ce nouvel hôte. Ses forces, réapparues de jour en jour grâce aux maigres soins du seigneur mortel, le shogun, avaient parcouru ses veines armée d'une énergie neuve. L'euphorie l'avait gagné alors qu'elle anéantissait sans peine l'esprit de la fille, dilapidait ses souvenirs.

Comme prévu, l'insecte n'avait pas été dur à supprimer. Sans le moindre effort, le Jashin avait annihilé jusqu'à la moindre trace de son existence. Il en était finis de « Rin ». Désormais, le monde la connaîtrait sous le nom de Haika.

Oui... « Destruction ». Voilà qui lui plaisait.

Toute à la saveur de sa résurrection, Haika n'avait pas mis longtemps à accomplir son œuvre. Laissant sa force l'envelopper, elle avait concentré son énergie en un jet fulgurant, droit vers le visage du seigneur des Terres de l'Ouest. Mais le yôkai était vif, il fallait bien le reconnaître, et avait esquivé son attaque... Mais qu'importe. La véritable cible d'Haika avait été atteinte.

Percutant le plafond de plein fouet, le tir renfermait une telle puissance qu'il avait creusé un abîme béant sur tout les étages supérieurs, jusqu'à terminer sa course dans le ciel d'encre. Haika avait souri alors qu'elle s'élevait entre les crevasses, courant enfin vers l'air pur que son corps réclamait depuis des décennie.

Quelle euphorie cela avait été ! La voûte céleste devant ses yeux, la cité sous ses pieds ! Un bonheur sans limites l'avait saisi alors que son nouveau corps lâchait un bruissement aigu – un rire avait-elle identifié -.
Mais contempler n'était pas suffisant. Non, cela faisait trop longtemps qu'Haika attendait, trop d'années qu'elle imaginait la manière dont elle accomplirait son œuvre. Elle aurait bien détruit la cité, pour son plus grand plaisir... Mais une rapide inspection de la mémoire de la fille lui appris l'existence d'une opportunité beaucoup plus intéressante.

Un village. Au delà de la mer, à plusieurs jours de voyage pour un mortel. Une bagatelle pour un Jashin. C'était là que résidait la fameuse miko que cet idiot de shogun n'avait pas réussi à supprimer. Ce n'était pourtant pas si difficile...

Qu'à cela ne tienne. Elle était désormais éveillée et à l'apogée de sa force. Elle s'en chargerait elle-même.

Haika avait alors foncé, son énergie donnant un regain de vitesse incroyable à son nouveau corps. Quitter la cité, traverser l'océan, tout cela n'avait été qu'une question de secondes. Cependant, alors qu'elle zigzaguait à travers les branches, elle avait senti une présence juste derrière elle.
Le yôkai du nom de Sesshomaru la suivait à la trace, presque aussi vif qu'elle. Qu'espérait-il au juste ? La stopper ? Quelle idée saugrenue... A moins que cela sois le corps de la fille qui l'intéressait ? Si c'était le cas, autant dire qu'il courait après une cause perdue... Ce corps était le sien maintenant, et même si Haika devait en être retirée de force, elle avait annihilé la dénommée Rin de toute la puissance de son esprit. L'humaine n'était plus.

Elle avait laissé échapper un nouveau gloussement – décidément le corps humain était sensible à l'euphorie- et continué sa course en ignorant le Seigneur des Terres de l'Ouest. Quoi qu'il tente, il n'était pas assez fort pour la vaincre.

Oo

Et voilà où elle en était désormais, enfin arrivée au camp des mortels. Ces pauvres insectes avaient à peine eu le temps de comprendre que déjà elle déchaînait les flammes, les faisait happer les maisons pour mieux transformer leurs occupants en cendres...

Avec un peu de chance, la miko périrait dans l'incendie et elle n'aurait même pas besoin de s'en occuper elle-même... Quoi que, il aurait été amusant de voir son expression avant de mourir...

Un bruit sur sa gauche fit retourner Haika. Le Seigneur des Terres de l'Ouest venait d'atterrir souplement sur un toit à quelques pas d'elle, les muscles encore tendus après la longue poursuite depuis la cité.

« Trop rapide pour toi mon mignon ? Susurra Haika.

Le yôkai se releva, impassible, et la regarda fixement :

- Arrête cela Rin, ordonna t-il, maintenant.

Le Jashin resta estomaqué pendant quelques secondes, avant d'éclater de rire :

- Tu ne t'attends quand même pas à ce que je te réponde « Oui Sesshomaru-sama », j'espère ? Ricana Haika.

- Je sais que tu es toujours là, Rin, continua Sesshomaru d'un ton ferme, sans réplique. Reviens. Immédiatement.

Haika lâcha un rictus, amusée. Naïf petit démon... Et c'était lui, qui avait failli causer sa perte ? Rin était morte. A son réveil, Haika avait fait taire sa présence aux tréfonds de son esprit, l'avait piétiné jusqu'à ce que de murmures la voix de Rin se transforme en souffles d'agonie. A qui ce yôkai croyait-il avoir à faire ? C'était d'un ennui...

- Tu aurais pu rendre les choses si intéressantes... soupira Haika. Quel dommage... »

Se détournant de Sesshomaru, Haika leva le bras. Les flammes quittèrent leur repas de chaume pour se positionner au creux de sa main, formant comme une sphère brillante. Le Jashin sourit, savourant la pression du pouvoir prêt à exploser alors que la boule d'énergie grossissait jusqu'à en éclipser la noirceur de la nuit. Découvrant ses gencives d'un air dément, Haika se tourna vers la forêt. Là, les villageois s'échappaient vaille que vaille, traînant leurs blessés à même le sol. En voyant l'énorme sphère de feu, une jeune femme s'immobilisa, et poussa sa grand-mère essoufflée avec une expression de panique pure.

« Il aurait fallut être un tantinet plus rapide, chérie... » sifflota Haika.

Mais alors qu'elle lâchait son attaque en un hurlement sauvage, une douleur sourde envahie son bras. Poussant un gémissement de douleur, sa main parti en arrière, libérant la boule de feu. Celle-ci fonça droit vers un pan éloigné et loupa sa cible.
Haika baissa les yeux. Figée au niveau du coude, un nihonto était planté au travers de son bras.

« Sesshomaru ! » Siffla la Jashin avec un cri de colère.

Mais son attaquant n'était nullement le Seigneur des Terres de l'Ouest. Surgissant des fumées, un démon loup la dévisageait froidement. Avant qu'Haika ne puisse réagir, le yôkai retira sa lame qui éclaboussa la peau blanche du Jashin d'une gerbe de sang noir.
Retroussant les lèvres en un rictus de rage, Haika brandit ses griffes et aurait lacéré ce misérable si celui-ci n'avait pas appréhendé le geste et bondit hors de portée.

Atterrissant souplement, il darda vers le Jashin ses yeux jaunes et poussa un grognement.

« Il suffit, Okaami Kaisoku. » Ordonna une voix féminine.

Haika se figea. Sesshomaru, toujours à quelques mètres, se tourna brusquement vers la nouvelle venue.

Une femme aux longues mèches opalines vînt se poster aux côtés du yôkai loup. Elle portait son opulente chevelure attachée en deux couettes, reposant souplement contre son kimono violet et bleu marine. Une épaisse fourrure lui entourait les épaules, et son visage portait la même marque que le Seigneur des Terres de l'Ouest, un croissant de Lune sur le front, ainsi que deux éclairs sur les joues.

Le corps d'Haika se recouvrit d'une sueur froide. Qu'étais-ce donc que cela ? Un pressentiment ? En dehors de l'indicible danger que dégageait cette femme, le Jashin avait une étrange impression de déjà-vue... Avait-il déjà croisé cette yôkai ?
Non, bien sûr que non, c'était impossible... Alors... L'insecte peut être ? La fille qui autrefois occupait ce corps ?

Sa rage augmenta lorsque, poussée par un soudain vent nocturne, la fumée de l'incendie se dissipa, divulguant l'armée se regroupant derrière la Mère des démons. Une centaine tout au plus, mais lourdement entraîné. Partout, des yôkais se tenaient immobiles, prêt à bondir...

« Toute la délégation Inu, ricana Haika, comme c'est aimable... »

Que diable faisaient-ils là ? Serais-ce un coup de Sesshomaru ? Cela n'avait aucun sens, ne pas l'attaquer pour ensuite convoquer une armée...
Contrôlant difficilement son envie de rugir, Haika fouilla avec violence la mémoire de la fille. Cette Rin savait peut être quelque chose...
Là elle y était... Un pavillon dans la ville du seigneur mortel, une humaine en face d'elle, Hatsumi, et...

Le noir. Elle ne parvenait pas à lire ce qui venait ensuite.
Le Jashin poussa un grondement. Pourquoi donc n'arrivait-il pas à décrypter la mémoire de cette stupide mortelle ? C'était son corps, ses souvenirs ! Il en faisait ce qu'il voulait !

Toute hérissée qu'elle était, Haika ne se préoccupa même pas de voir le Seigneur des Terres de l'Ouest bondir au devant de sa mère. A son approche, les yôkais mirent genoux à terre, attendant les ordres.

« Que fais-tu là ? Questionna directement Sesshomaru, glacial.

- Je répond au message que ton humaine m'a envoyé, rétorqua la Mère des démons. Elle a de l'audace pour une petite fille...

- Rin n'est plus une petite fille, ô Reine Mère, glapit Jaken qui durant tout ce temps s'était accroché à la fourrure de Sesshomaru, c'est une adulte maintenant...

- Vraiment ? Répondit-elle d'un air ennuyée. Le temps œuvre si rapidement sur les humains... As-tu pensé à la mettre à l'abri cette fois ? Tensaiga ne fonctionnera plus sur elle...

Sesshomaru demeura silencieux, se contentant d'observer sévèrement sa mère.

- En fait, repris Jaken, penaud, l'humaine possédée par le Jashin...

La voix acérée de son seigneur et maître le fit taire :

- Tu n'aurais jamais dû venir ici sans ma permission, lança t-il froidement. Je saurai me charger de Rin. Repars, tout de suite.

- Fils indigne que voilà, riposta la Reine Mère, ta génitrice vient te secourir et c'est ainsi que tu la remercie ? Quelle insolence...

- Belles paroles que cela, siffla Sesshomaru, plus effrayant que jamais. Si tu es ici, c'est dans ton propre intérêt... Répond moi maintenant. Quel est ton but ?

La Mère des Démons le regarda, effaçant sa façade sereine pour reprendre une expression plus dure.

- Un Jashin en liberté est une menace pour la domination Inu, lança t-elle sèchement. Domination que tes ancêtres et ton père avant toi ont pris soin de construire. Il est hors de question que je mette en danger des années de règne sous prétexte que tu refuses d'attaquer franchement.

Elle dévisagea son fils, aussi imperturbable et sévère que lui :

- Te voilà en train de répugner à l'idée de sacrifier une vie humaine... Te ramollirais-tu Sesshomaru ?

- Silence, gronda celui-ci, les yeux plissés.

- Je t'ai apporté une armée, continua la Reine Mère, détruit ce Jashin où je devrais le faire à ta place.

- Je n'ai besoin d'aucun soutien, riposta le yôkai, portant une main à son sabre.

Du mouvement se fit sentir derrière eux. Haika s'était élevée de nouveau dans le ciel, prête à repartir à l'attaque. Lorsque son regard croisa celui de la Mère des Démons, un rictus tordit ses lèvres.

- Assez d'états d'âme, cracha la Reine Mère. Attaquez ! »

Bondissant brusquement, l'étoffe de son kimono quitta ses épaules pour flotter dans le ciel d'encre. La fourrure qu'elle portait autour du coup s'élargit, recouvrant son corps d'un épais pelage blanc tandis que ses deux iris s'allongeaient et prenaient une couleur écarlate.
C'était une femme qui avait jailli dans le ciel. Mais ce fut un énorme chien blanc qui atterrit, à deux pas du Jashin. Il était si grand, que le toit des maisons arrivaient à peine à la moitié de ses pattes avants, et lorsque son flair distingua l'odeur d'Haika, il poussa un hurlement féroce.

Le Jashin souri d'un air mauvais : Voilà qui allait rendre les choses plus intéressantes ! Cependant aussi puissant qu'il était, il devait admettre que la situation ne jouait pas en sa faveur... Affronter la Reine Mère et son armée en même temps n'était pas chose aisée. Il fallait les séparer.

Amorçant un geste de retraite, Haika tenta d'attirer la Mère des Démons à sa poursuite. Mais celle-ci ne la chassa nullement. Elle chargea.

Comme dans un rêve, Haika aperçu un tourbillon blanc décoller parmi les volutes de fumée pour foncer, telle une torpille, droit sur elle.
Impossible à éviter. Se recroquevillant sur lui-même, le Jashin s'apprêta à encaisser.

Mais la démone ne le toucha pas. Surgissant des flammes, au autre gigantesque chien blanc bondit et coupa la Reine Mère en plein vol. Atterrissant brutalement sur le sol, les deux molosses roulèrent l'un sur l'autre en un grand concert de grognements.

Le nouveau venu, le plus immense des deux, se releva. Son regard féroce et sa démarche svelte informa immédiatement Haika qu'il s'agissait du Seigneur des Terres de l'Ouest. Mais qu'était-il en train de faire... ?

La Mère des Démons se posait visiblement la même question. Se redressant sur ses pattes avants, elle adressa à sa progéniture un grondement menaçant. Sesshomaru y répondit plus sauvagement encore.
Au loin, les yôkais se tenaient immobiles, déroutés. Qui devaient-ils suivre ? Il était impossible pour des démons de posséder plusieurs Alphas... Quand deux membres d'une meute se disputait la place de meneur, seul un combat à mort les départageait.

Les deux Inus semblaient en être arrivés à la même conclusion. D'un bon, ils se jetèrent l'un sur l'autre, soulevant un nuage de braises. Ce fut crocs contre crocs, griffes contre griffes.

Et au milieu de ce carnage, Haika souri.

Oo

« Répète un peu ça ?! S'exclama Kagome.

- Tu m'as parfaitement entendu ! Répliqua Inu-Yasha.

La miko lança au hanyou un regard furieux.

- Il suffit maintenant, les coupa Kaede, claudiquant tant bien que mal en dehors de la forêt. Inu-Yasha, qu'as-tu dit ?

- Que j'étais certain de reconnaître cette odeur, répondit à contrecœur le demi-démon. Elle n'en a pas l'apparence, mais mon flair ne me mens pas : la chose là haut, c'est Rin.

- Rin n'attaquerait jamais le village, s'écria Kagome, ulcérée. Elle nous a envoyé un message plus tôt dans la journée pour nous prévenir d'une attaque imminente, ça n'a aucun sens !

- Les dieux soient bénis de nous avoir fait recevoir la messagère à temps, compléta la doyenne, car sans cela nous n'aurions jamais pu évacuer le plus gros du village avant l'arrivée de ce monstre...

- Aucun de nous n'a revu Rin depuis son enlèvement, repris Inu-Yasha, Sesshomaru a toujours certifié qu'il s'en occupait ! Comment peux-tu être si certaine de ce qu'elle est devenu ? Et il s'agit de son odeur Kagome !

- Si ton frère et toi m'aviez écouté et avait coopéré, on n'en serait pas là ! Hurla la miko. Mais non, vous êtes aussi têtus l'un que l'autre, trop orgueilleux pour travailler ensemble ! S'il est arrivé quelque chose à Rin, Inu-Yasha, sache que c'est entièrement ta faute !

- Ma faute ? Qui a décidé de faire une halte et nous a retardé le soir où Rin s'est faite kidnappée ?

- COUCHE !

- Ça ne fonctionne plus ! Cria le hanyou, presque aussi fort que sa compagne.

- Il suffit tout les deux ! Les coupa brutalement Kaede. Il y a plus important que vos chamailleries ! Cette chose n'est pas Rin. Du moins, pas entièrement. J'ai suffisamment opéré auprès de ma sœur, Kikyô, pour pouvoir reconnaître un Jashin.

- Un Jashin, Kaeda-sama ? Interrogea Kagome, soudainement calmée.

La miko se tourna vers le village. Après avoir traîné au loin les paysans n'ayant pu être évacué immédiatement après réception du message de Rin, Kagome, Inu-Yasha et Kaede étaient revenus sur leurs pas, à quelques mètres de l'incendie. Là, ils avaient aperçu la créature au long cheveux blancs, mais à la silhouette curieusement humaine flotter dans le ciel de minuit. Malheureusement, une gigantesque explosion avait retenti peu après, brouillant leur vision de l'étrange apparition. Un... Jashin d'après la doyenne.

Kagome senti Inu-Yasha se raidir alors que Kaede reprenait la parole :

- Un Jashin est un esprit maléfique, un rejeton des anciens Dieux souhaitant anéantir toute vie humaine afin de revenir aux temps où seuls les membres de son espèce régnaient sur cette Terre. La plupart ont été vaincu il y a des années, mais certains d'entre eux parviennent encore à survivre. Ce ne sont plus que des ombres... Pour revenir à l'apogée de sa force, un Jashin doit se nourrir en quantité de corps humains, jusqu'à être suffisamment puissant pour en posséder un et agir à travers lui...

- Vous voulez dire... Que ce Jashin se serait approprié le corps de Rin ? Souffla Kagome avec effroi.

Fermant les yeux d'un air sinistre, Kaede hocha la tête.

- Et comment on s'en débarrasse, Baa-chan ? Demanda fermement Inu-Yasha, la main positionnée sur Tessaiga.

- Il faut faire sortir le Jashin de son abri de chair pour l'éliminer. Là seulement, il sera vulnérable.

- Mais cela signifie tuer Rin... Murmura Kagome.

- Éliminer Rin ne serait qu'une solution temporaire, rétorqua la doyenne. Tuer un hôte ne tue pas le Jashin, il lui suffit de s'en trouver un autre ou de fuir. Effectivement, abattre Rin nous donnerait une chance de faire sortir la créature et de l'atteindre... Mais c'est un pari risqué...

- Vous avez une idée pour vaincre ce monstre sans que la vie de Rin en sois infectée !
Devina Kagome.

- Seuls les pouvoirs d'une miko peuvent éliminer un Jashin, acquiesça Kaede. Kagome, tu es la réincarnation de ma sœur, Kikyô... Peut-être t'es t-il possible de faire sortir le Jashin du corps de Rin sans heurter celle-ci.

- Comment faire ? Je ne peux m'approcher d'elle...

- Lance lui une flèche, intervînt alors Inu-Yasha.

Un silence pesant accueilli ses paroles. Puis, Kagome se tourna vers lui, de nouveau courroucée :

- Tu le fais exprès ? Je viens de dire que je n'avais pas l'intention de la tuer !

- Tu veux peut être lui offrir une tasse de thé ? S'écria le hanyou. Rien ne t'oblige à effectuer un tir mortel. Lance lui une flèche, et je me chargerai de dévier sa trajectoire afin qu'elle n'atteigne pas les points vitaux de Rin.

La miko ouvrit la bouche, prête à protester, avant de se taire, songeuse.

- Ce sera très risqué... dit-elle d'un air inquiet.

- Kerps, pour qui me prends-tu ? Cracha Inu-Yasha. Cet imbécile de Jashin ne me verra même pas arriver. Cesse de t'inquiéter.

- Sans compter qu'il a sûrement d'autres problèmes plus graves à affronter... Siffla Kaede le corps soudainement raide, les yeux ancrés sur le village.

Kagome et Inu-Yasha se tournèrent vers la direction que fixait la vielle femme. Parmi les flammes dévorant les demeures, ils aperçurent une horde de yôkais armée jusqu'aux dents. Ceux-ci ne bougeaient pas d'un pouce, visiblement concentrés sur quelque chose qu'aucun des trois comparses ne pouvait voir.
Alors qu'Inu-Yasha s'apprêtait à hurler à leur encontre, la maison la plus proche s'effondra, écrasée par deux énormes chiens blancs. Le plus gros des molosses se releva aussitôt, faisant découvrir aux spectateurs le motif en croissant de Lune sur son front.

- Sesshomaru ! Enfoiré ! S'exclama la hanyou à l'adresse de son demi-frère.

Il fut totalement ignoré.

- Si Sesshomaru est là, c'est qu'il y a bel et bien une chance de sauver Rin ! Lança Kagome avec joie.

- C'était mon bureau... souffla Kaede en contemplant les débris de la cabane, choquée. J'y entreposais tout mon matériel... Mes ingrédients...

- Qui est le deuxième Inu avec lui ? Interrogea Kagome sans se préoccuper de la doyenne. Tu as un autre frère Inu-Yasha ?

- Kerps, manquerait plus que ça ! Non, cette yôkai... Je ne l'ai jamais rencontré mais je crois...

Il se tut un instant, une ride barrant son front.

- Je crois qu'il s'agit de la Reine des démons... La mère de Sesshomaru.

Kaede et Kagome poussèrent une exclamation :

- Il a une mère ?! S'écria la miko.

- Bien sûr qu'il a une mère, andouille ! Souffla l'hanyou à l'adresse de Kagome. Tu crois que les abrutis comme lui sortent de nul part ? Quant à ce que sa daronne fait ici...

- Je crois... Qu'elle se bat avec son fils... Intervînt Kaede.

Inu-Yasha et Kagome se turent, observant d'un air soucieux les deux démons Inu se jeter férocement l'un sur l'autre, le premier déchiquetant la chair à coups de griffes, le second broyant les muscles d'un mouvement de mâchoires.

- Il me semble que le temps n'est plus aux paroles, lâcha Inu-Yasha d'un air décidé. Kagome, prépare ta flèche. »

Sans protester davantage, la miko s'activa. Saisissant sa flèche d'une main, elle banda son grand arc courbé à hauteur de visage. Elle plissa les yeux, visant aussi juste que possible, alors qu'elle mettait sa flèche en position. Tout proche d'elle, Inu-Yasha s'était accroupi, prêt à bondir une fois le jet lancé.

La fumée et l'opacité obscurcissaient les yeux de Kagome, mais elle était une miko. Elle n'avait besoin d'aucune précision visuelle pour savoir où se trouvait sa cible, elle la sentait. Relâchant la corde de son arc, la flèche de la prêtresse fusa dans les airs, plus rapide qu'un souffle de vent.
Telle une ombre, Inu-Yasha se lança à ses trousses, agrippant de ses griffes l'extrémité de plume.

Il fallait dévier le tir. Au moment où la flèche ne serait plus qu'à quelques mètres du Jashin, il devait éviter que celui-ci sois frappé au cœur. Où Rin mourrait avec la créature.

Haika, toute absorbée par le combat des Inu, ne repéra pas immédiatement l'hanyou. Mais les Jashins fuyaient les miko comme la peste depuis des siècles, et une terreur subite s'empara d'elle alors qu'elle se tournait en direction de Kagome, l'arc toujours bandé.
Ses yeux croisèrent ceux d'Inu-Yasha, et un rictus de colère déforma ses lèvres.

« Ainsi, Inu No Taisho a donc eu un bâtard... »

L'hanyou leva haut le bras, la flèche serrée dans son poing :

« Crève, enflure ! Hurla t-il à son encontre.

Mais la pointe de la sagette ne rencontra que le vide. Haika avait disparu, comme un nuage de fumée que l'on dissipe d'un mouvement de main. Le hanyou se retourna, vif et l'odorat aux aguets : elle ne pouvait s'être évaporée aussi soudainement !

Tout à coup, Kagome lâcha un hurlement perçant. Paniqué, le semi-yôkai se tourna vers elle, prêt à voler à son secours, quand il se rendit compte qu'il ne pouvait bouger. Une douleur étrange l'envahissait au niveau de la poitrine, tel un une aiguille froide le traversant de part et d'autre.
Il baissa les yeux. Une main lui transperçait le torse. De fines gouttes de sang coulaient le long des griffes en un bruit cristallin. Qu'il était étrange qu'un geste aussi violent sois accompagné d'un son si inoffensif.

La respiration d'Inu-Yasha se bloqua, ses yeux s'écarquillèrent. Tournant la tête avec peine, il lança un coup d'œil derrière son épaule.
Haika était là, les traits durs et malveillants. Ce visage, à la fois si éloigné et si ressemblant de celui de Rin, lui souriait de toutes ses dents :

- Une flèche de miko... Comme c'est intelligent... Susurra la créature. Mais tu n'es qu'un hanyou, une moitié de démon... Quelle chance pensais-tu avoir ?

Retirant son bras d'un geste sec, le Jashin repoussa le corp d'Inu-Yasha d'un air dédaigneux. Celui-ci tomba à genoux, le souffle crispé, la main serrée sur la plaie béante lui creusant la poitrine.

- INU-YASHA ! » Hurla Kagome.

Le cri, déchirant, interrompit les deux énormes Inus en plein combat. Sesshomaru releva son museau ensanglanté tandis que la patte de la Reine Mère restait suspendue, figée dans son attaque.
Tout deux virent le corps d'Inu-Yasha valser dans les airs et atterrir brutalement au sol alors qu'une lumière étrange entourait le Jashin.

Le Seigneur des Terres de l'Ouest jeta un regard froid à sa mère, qui poussa un grognement de consentement en retour. Mettant leur conflit de côté, ils chargèrent de concert sur Haika.

Mais celle-ci se contenta d'éclater de rire alors que la lumière devenait plus forte encore. Et plus l'éclat grandissait, plus le rire de la créature paraissait résonner, comme un écho insupportable.

Les Inus s'immobilisèrent. Près d'eux, Inu-Yasha se relevait faiblement, Kagome accourant à ses côtés.

Le scintillement cessa alors, laissant voir non pas une, mais une centaine d'Haika. Partout de fidèles reproductions du Jashin les regardait en émettant ce gloussement de dément. Ils étaient encerclés, sans aucune idée de quelle créature était l'originale.

Derrière eux, l'armée de démons bougea soudainement, prête à fondre sur les illusions. La Reine Mère poussa un rugissement féroce, encourageant son armée à se battre, mais un mouvement du côté de son fils la fit taire.

L'énorme molosse avait disparu, laissant de nouveau la place au yôkai sous sa forme d'Oni. Les iris toujours rouges, il se tourna en direction de son armée, ignorant le danger du Jashin prêt à attaquer.

« Tenez vos positions, ordonna t-il d'un ton ferme. Sa voix, bien qu'ayant de nouveau des intonations humaines, rappelait toujours le grondement animal de sa véritable nature. Ne bougez pas tant que je ne vous en ai pas donné l'ordre.

- Que fais-tu, Sesshomaru espèce de cinglé ? S'écria son demi-frère de nouveau sur pieds.

- Silence, lui rétorqua froidement le Seigneur des Terres de l'Ouest. Dit à ton humaine de préparer une seconde flèche. Si tu es d'une quelconque utilité, apprête toi à attaquer.

- As-tu vu leur nombre ? Hurla le hanyou. Ils sont une centaine ! Comment veux-tu atteindre l'originale dans le tas ?

- Même avec un excellent flair, cela a peu de chance d'aboutir, approuva la Reine Mère, retrouvant à son tour une apparence humaine. Ces illusions ne sont pas parfaites, mais même moi à un tel nombre je ne saurais suivre une piste. Cesse tes enfantillages et...

Sesshomaru se tourna vers eux, l'aura plus glaciale que jamais. Quelque chose chez lui, que cela sois la fermeté ou la détermination qu'il dégageait, fit taire aussitôt la Mère des démons. Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'elle laissait son fils la frôler, s'avançant au devant de la créature.

Pendant une demi-seconde, elle avait cru voir Inu No Taisho.

Le Seigneur des Terres de l'Ouest dévisagea les centaines de Jashin lui faisant face, impavide. A sa gauche, le hanyou, se mettait en position en pestant, sa blessure déjà à moitié guéri. Lui aussi, le sang du Grand Inu coulait dans ses veines...

L'humaine à leurs côté, une miko d'après ce que la Reine Mère avait compris, encochait une seconde flèche en maîtrisant ses tremblements.

La Mère des démons s'avança alors à son tour, à la droite de son fils. Celui-ci avait les yeux braqués droit devant lui, vers quelque chose que ni elle ni aucun autre yôkai ne pouvaient voir :

- Je n'ai pas besoin de flair pour savoir où est Rin. » souffla t-il. Sa voix n'était qu'un murmure. Pourtant, tous l'entendirent.

Fin du chapitre

Et voici ! J'espère que vous avez apprécié, et que vous n'avez pas trouvé l'introduction du Rin-Jashin trop bancale. J'ai décidé que cette créature, étant à la base mythique, n'aurait pas de genre, c'est pour ça que vous trouverez à la fois les pronoms " il " et " elle " pour la désigner, Haika étant souvent rattachée au pronom " elle" et Jashin au pronom " il " même si les deux désignent la même personne.

J'ai lu beaucoup de théories intéressantes, sachez qu'il y a beaucoup de vrai dans ce que vous pensez... Mais aussi pas mal d'erreurs !
Je vous donne donc rendez-vous la prochaine fois pour la conclusion de tout cela. Une fois encore, veuillez excuser mon immense retard.
N'hésitez pas à donner vos impressions sur ce final. Gros bisous et bien à vous !

Disclaimer : Les personnages d'Inu-Yasha, de Jaken, de la Reine Mère, de Rin, de Sesshomaru, de Kaede et de Kagome appartiennent à Rumiko Takahashi. Le reste est de mon invention.