Tadaaaaa ! Ravie de vous partager ce nouveau chapitre ! J'espère qu'il va vous plaire, malgré la longueur entre chaque chapitre ! Par ailleurs, un grand merci à toutes celles et ceux qui prendront la peine de lire ce chapitre et de le commenter .Vous êtes formidables !

Un merci tout particulier à :

- KylieKaty2001

- Lassa (merci beaucoup pour tes encouragements!)

- Daidaiiro30

- Stormtrooper2

- adenoide (Merci!)

- Okaemi

- Zeugma412

Sur ce, bonne lecture et à bientôt !


Chapitre 18 : Des actions et des mots

« Harry ? Hé ! Tu vas manquer le petit-déjeuner, espèce de fainéant – hé ! » Harry fût réveillé par des secousses insistantes et une voix particulièrement exaspérante.

« Hmm...quoi... » Ses idées étaient embrouillées et sa cicatrice le piquait. Il cligna plusieurs fois les yeux et finalement, il distingua Ron devant ses yeux.

Une fois ses lunettes sur le nez, il vit que Ron fronçait les sourcils. « Tout va bien, Harry ? »

« Ouais. » marmonna-t-il en se dégageant des draps. « Juste un peu dans le gaz. »

Ron l'attendit tandis qu'il s'habillait. « Tu avais l'air énervé quand tu es revenu hier soir. Quelque chose s'est passé en...retenue ? »

« Juste Snape étant...lui-même. » l'assura Harry avec un sourire forcé.

Il resta dans une humeur effroyable toute la journée du mardi, au point qu'il décida d'aller voir Remus. Mais, pour couronner le tout, il arriva au bureau du Professeur Lupin et réalisa au même moment que cette nuit là, la lune serait pleine. Remus avait semblé mal en point pendant le cours ce matin là, et il allait être absent jusqu'au vendredi.

Harry quittait la pièce, l'humeur maussade, lorsqu'il entendit le Professeur Smythe-Wellington lui parler « Que faites-vous là, M, Potter ? »

« Je cherchais le Professeur Lupin. » lui répondit Harry sèchement.

« Vraiment ? » lui lança-t-elle avec un sourcil levé et un ton légèrement sceptique. « Vous avez remarqué que cette nuit, c'est la pleine lune, n'est-ce pas ? »

« Maintenant, oui. » grommela Harry en sortant précipitamment de la salle sans lui laisser le loisir de dire autre chose.

Et, comme prévu, elle ne le loupa pas le jour d'après lorsqu'il arriva en cours de Défense et qu'il la trouva à la place de Lupin. « Prépare-toi. » lui murmura Ron. « Elle te fixe depuis que tu es arrivé. »

Smythe-Wellington se leva, un regard hautain dardé sur tous les élèves. « J'ai pris connaissance que le Professeur Lupin vous a enseigné les rouages de la défense psychologique. » Quelques élèves acquiescèrent. « Afin de rester dans le sujet, nous allons aujourd'hui traiter de la discipline des émotions. Ceux d'entre vous qui participent au cours de Défense Spécialisée noteront au passage que nous avons débuté cette leçon pendant le cours de vendredi. Maintenant, qui peut me décrire la signification de la discipline émotionnelle ? »

Hermione leva une main hésitante. « Ca signifie...de ne pas répondre à la provocation ? » Elle lança un regard en biais à Harry, ce qui l'irrita légèrement.

Smythe-Wellington remarqua le regard d'Hermione, et ses lèvres s'étirèrent légèrement. « Vous avez partiellement raison, Miss Granger, mais vous devez aller plus loin. Dans une situation de combat plus particulièrement, comment se manifeste cette discipline des émotions ? » Personne ne répondit, mais elle semblait s'y attendre. « En se détachant de ce combat. »

Harry était honnêtement étonné. Comment être ''détaché'' lorsque quelqu'un tente de vous tuer ?

D'un autre côté, il était particulièrement facile de se ''détacher'' du cours du Professeur Smythe-Wellington ; au long du cours, sur le sujet de la discipline émotionnelle, tous les élèves et même Harry et Ron furent plongés dans une sorte de torpeur. C'était facilement le cours le plus ennuyeux qu'ils avaient eu depuis l'Histoire de la Magie avec Binns – même Hermione avait laissé tomber ce cours après la cinquième année. Leurs yeux tombaient, et quelques ronflements se firent même entendre depuis l'arrière de la salle au moment où Smythe-Wellington jeta un regard à l'horloge.

« Bien. Il reste maintenant cinq minutes avant la fin du cours, et je suis consternée de voir que très peu d'entre vous ont été attentifs à ce que j'ai dit – et encore moins en ont tiré profit. Quand j'enseigne, si une leçon n'est pas retenue par les élèves, il y a des conséquences. » Harry et les autres clignèrent des yeux, totalement réveillés cette fois ci, et Smythe-Wellington eut un sourire satisfait. « Rassurez-vous, mesdemoiselles et messieurs, j'ai bien remarqué qui était attentif et qui ne l'était pas. Et de ce fait, je déduis soixante-dix points à Slytherin, quarante poins à Poufsouffle, trente points à Serdaigle et soixante points à Gryffondor. » dit-elle en regardant directement Harry.

Heureusement, la cloche sonna, et Hermione traîna Harry par la porte avant qu'il ne puisse dire quelque chose qui leur ferait perdre encore plus de points. « C'était complètement injuste ! » dit-il sur un ton rageur en parcourant le couloir. « La moitié des Slytherins étaient complètement endormis ! »

« Tu l'étais presque, cela dit. » lui répondit Hermione timidement.

Ron secoua la tête. « Harry a raison, on n'a pas mérité une telle punition. Et elle l'a regardé droit dans les yeux ! Elle a une dent contre lui ! »

Naviguant entre Ron et Harry du regard, Hermione leur dit « N'avez-vous pas remarqué ? Tout ce qu'elle fait, elle le fait pour une raison : les puzzles, les exercices, même les exposés ennuyeux. Elle essaye de nous faire réfléchir comme des Aurors. C'est ce que beaucoup d'entre nous veulent, n'est-ce pas ? »

Ron ricana. « Ouais, elle essaye juste de te faire rentrer dans le moule, Harry. Elle doit penser que tu as du potentiel. »

« Oh, ça explique tout, alors ! » lança Harry en riant avec Ron, bien qu'Hermione semblait désapprouver. Balayant son indignation, Harry dit « Est-ce que le Professeur McGonagall a un cours à cette heure ci ? Je dois signaler quelque chose. »

Oubliant totalement Smythe-Wellington et les cours, Hermione lui lança dans un chuchotement « Un autre rêve ? »

Il acquiesça. « Plutôt léger, mais ça pourrait être utile. »

Mais, à l'intense déplaisir d'Harry, McGonagall faisait cours, et il ne savait pas comment trouver le Professeur Dumbledore. Il se traîna donc jusqu'aux cachots et frappa à la porte du bureau de Snape.

« Entrez. » Harry s'exécuta, et Snape, le voyant, eut un rictus mauvais. « Et bien, Potter, quelle catastrophe avez-vous bien pu causer ? »

Il n'était pas vraiment d'humeur. « Je viens signaler un rêve, monsieur. »

« Et bien ? »

Harry le décrit aussi vite que possible, en prenant soin de ne rien omettre. L'expression de Snape resta neutre, mais, lorsque Harry finit, il répondit « Je suppose que vous en avez informé votre fan-club ? »

« Ron et Hermione savent que j'ai fais un rêve, mais pas ce qui était dedans, si c'est ce que vous insinuez. » gronda Harry. Entraînement de Quiddicth dans deux jours, l'AD jeudi, Remus revient vendredi...

Snape le regarda en coin. « Continuez à vous entraîner. Et sortez. »

Harry n'avait pas besoin qu'on lui dise deux fois.


Remus toujours absent, mercredi n'en finissait pas, et jeudi fut pire encore. Smythe-Wellington était absolument infecte, et la voir tous les jours était un véritable cauchemar. Et elle semblait en effet avoir une dent contre Harry. En cours de Défense, elle leur donna à nouveau ces horribles exercices sur entre autre comment tenir sa baguette, et elle était particulièrement attentive à tout ce qu'Harry pouvait faire mal. Concernant Malfoy, elle retirait simplement des points et lui donnait des retenues, mais c'était Harry qui, une fois de plus, a dû refaire ce satané exercice encore et encore devant tout le monde jusqu'au moment où il pensa que son bras allait tomber, Il était tellement furieux que deux fenêtres se mirent à exploser simultanément.

Il eut une retenue à cause de ça.

Il n'aurait jamais imaginé pouvoir autant appréhender autre chose que l'Occlumencie avec Snape, mais après s'être fait éplucher son cerveau pendant une demie-heure dans les donjons, il du se résoudre à se diriger d'un pas lourd vers le bureau de Smythe-Wellingotn, et se surprit à espérer que la séance d'Occlumencie ai duré plus longtemps.

Le bureau de Smythe-Wellington ressemblait à une petite bibliothèque ; les murs n'étaient rien d'autre que des étagères. Harry ne voyait aucun signe que cette pièce était occupée par une Auror renommée : pas de médailles, pas de récompenses ou de commémorations d'aucune sorte. Cela dit, Hermione adorerait avoir un tel bureau.

« Ne restez pas planté sur le pas de la porte, Potter, rentrez. » lança une voix sèche venant d'une silhouette penchée sur des devoirs. Harry soupira et s'exécuta. Smythe-Wellington posa sa plume et posa ses mains sur le bureau en chêne massif, le fixant d'un regard critique. « Savez-vous pourquoi vous êtes là ? »

Harry croisa son regard froid. « Je suis en retenue. »

La commissure de ses lèvres se releva. « Et la raison pour laquelle vous avez eu une retenue ? »

« Parce que j'ai cassé une fenêtre. »

Elle laissa échapper un léger ricanement. « Feindre de l'ignorer n'est ni intelligent, ni convenable. Essayez à nouveau. »

Sa mâchoire était tellement serrée qu'il cru que ses dents allaient se briser. « Parce que j'ai perdu mon sang-froid. »

Elle leva un sourcil. « Et ? »

« Et... » Et quoi ? Ras le bol de ses casses têtes ! « Je ne sais pas. »

Avec un air faussement incrédule, Smythe-Wellington répondit « Vous ne savez pas ? »

« Non. » grogna-t-il.

Le sang d'Harry était en ébullition – de même que le thé dans la tasse sur le bureau du Professeur Smythe-Wellington. Celle-ci regardait la tasse émettre des bouffées de vapeur et des bulles comme une source chaude, puis lui lança doucement « Vous êtes un sorcier extrêmement puissant, M. Potter. »

C'était la première fois qu'Harry entendit d'elle ce qui ressemblaient plus ou moins à un compliment. Il cligna des yeux de surprise.

« Asseyez-vous. ». Il s'exécuta. Elle croisa les doigts et lui lança « Vous n'êtes pas ici simplement à cause de votre manque de sang froid. De telles manifestations – elle fit un signe en direction de la tasse toujours en ébullition – sont caractéristiques de deux choses : la première, un talent important de magie innée, du pouvoir dans sa forme la plus brute, et la deuxième, un manque dangereux de contrôle émotionnel. Vous découvrirez rapidement que si vous négligez la deuxième, ce ne sera que pur gâchis de la première. »

Ayant désormais des difficultés à contrôler la petite flamme d'espoir qu'il avait en lui, Harry demanda « Mais ça veut dire que...je suis assez fort pour devenir un Auror ? »

Smythe-Wellington ricana. D'un geste de la main, elle lui déclara « La force magique n'a pas grand chose à voir là-dedans. Là où vous en êtes, M. Potter, non. Vous n'êtes pas assez puissant pour devenir un Auror. » Le cœur d'Harry se fit lourd. Smythe-Wellington poursuivit. « Vous êtes puissant, certes, mais tellement indiscipliné que le talent en vous devient totalement inutile en vraie Défense. Je méprise le gâchis, M, Potter, et le fait est que vous gâchez votre talent et mon temps. Voilà pourquoi vous avez une retenue. »


La journée ne pouvait pas plus mal se passer. Le temps qu'Harry finisse ses multiples devoirs idiots que Smythe-Wellington lui avait imposé pendant sa retenue (ainsi que les nombreuses critiques qu'elle lui adressait), il en était venu à penser qu'il valait mieux que Voldemort en finisse avec lui, parce que sa vie ne rimerait jamais à rien.

Il se traînait péniblement vers la Tour Gryffondor lorsqu'il croisa le Professeur Lupin dans le couloir. Celui ci revenait probablement de la Cabane Hurlante, maintenant que la pleine lune était terminée. Remus avait les traits tirés, mais il sourit en voyant Harry. Rien que cela amena une boule dans la gorge d'Harry.

« Bonsoir Harry. Il se fait tard – tout va bien ? » demanda-t-il en accélérant ses pas, l'expression inquiète.

Harry déglutit et se força à sourire. « Oui ça va. Juste...une mauvaise journée. »

Remus s'arrêta devant lui et s'adossa contre le mur. « Tu veux en parler ? »

« Non, ça va. » marmonna Harry, embarrassé. « C'est rien, vraiment. » Remus sembla sceptique : la voix d'Harry s'était enrouée. « Vraiment, je...juste des affaires de cours, et vous êtes fatigué, et j'ai...des devoirs...enfin bref...' » balbutia-t-il en s'éloignant.

« Très bien. Si tu es sûr. Mais, si tu changes d'avis, je serai dans mon bureau pendant les prochains heures. »

Harry acquiesça faiblement et se dirigea rapidement vers les escaliers. Lorsqu'il entra dans la salle commune, Ron et Hermione lui bondirent dessus. « Alors ? Qu'est-ce qu'il s'est passé en retenue ? » lui demanda Ron. « Elle n'a pas utilisé de plume tueuse ou je ne sais quoi, hein ? »

« Je ne peux pas croire qu'elle utilise de telles méthodes, comme Ombrage. » rétorqua Hermione.

« Elle est cinglée ! Cinglée ! Elle n'avait aucune raison de s'en prendre comme ça à Harry. Malfoy était pire ! » lui répondit Ron. « Et c'est quoi, un bandit armé ? »

« Longue histoire. Alors, Harry ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » lui demanda Hermione.

Harry haussa les épaules et se laissa tomber dans un fauteuil. « Elle m'a fait ranger des bouquins en me disant que j'étais une perte de temps et que je n'étais pas assez bon pour être un Auror. »

Ses deux amis en furent bouche bée. « Je n'y crois pas. » lui lança Hermione. « Elle n'a pas dit ça, quand même ? »

Harry lui répondit d'un signe de tête affirmatif. « Elle dit que je suis indiscipliné et trop émotif. »

Ron frappa la table du plat de sa main. « Tout le monde est émotif – à part elle et Snape, évidemment. Il font une belle paire, ces deux là... »

« Ronald ! Ne le prends pas trop à cœur, Harry. »

« Je ferais aussi bien de laisser tomber son cours. »

« Oh non ! » protesta Hermione. « Tu en as besoin pour intégrer le Programme des Aurors. »

« Qu'est-ce que tu n'as pas compris dans ce que j'ai dit ? » lui répliqua-t-il sèchement. « Je n'ai pas une chance à en croire Smythe-Wellington. »

« Ne te fâche pas après moi. Snape t'a traité de tous les noms pendant des années, et tu as su l'ignorer. Tu ne comptes quand même pas laisser les critiques de Smythe-Wellington te décourager ? »

« Quoi ? »

Ron acquiesça. « Elle a raison, vieux, qui écoute ce que cette vieille chauve-souris folle dit ? N'abandonne pas. »

« Si j'échoue en cours, je ne pourrai pas intégrer le programme des Aurors. » grogna Harry.

Hermione agrippa son bras. « Alors n'échoue pas ! Pense à ce qu'elle enseigne, Harry ! Essaie de garder tes sentiments sous contrôle pour ne pas être trop affecté. Tu vas en avoir besoin pour...cette guerre, de toute manière. »

« Je...ne...sais...pas...comment ! » explosa Harry, furieux et frustré. « Tout le monde aimerait que je fasse ça, mais personne n'est foutu m'expliquer comment ! J'en ai assez que les gens s'attendent juste à ce que je sache ! »

« Hé ! Ne lui crie pas dessus, Harry, elle essaie juste d'aider ! » lui lança Ron sèchement.

« Ca ne doit pas être si difficile de contrôler ton esprit, Harry. » ajouta Hermione avec fermeté.

« Oh, la ferme ! « Harry se redressa et se dirigea rageusement vers le portrait de la Grosse Dame. « J'ai eu assez de leçons de morale pour aujourd'hui. »

Il entendit en sortant Hermione chuchoter « C'est bien ce que je disais... »


Vingt minutes plus tard, il se vit devant la porte du bureau du Professeur Lupin, sans aucune idée de ce qu'il faisait là. Mais il était plus misérable et frustré que jamais, et même s'il craignait la douce compréhension de Lupin ( le nœud dans sa gorge était déjà assez douloureux) il voulait voir quelqu'un qui ne le ferait pas se sentir inadapté. Étonnant comme on peut à la fois vouloir et redouter quelque chose, pensa-t-il alors qu'il se tenait debout dans le couloir – sans parler de la difficulté de frapper à une porte.

Soudain, la porte s'ouvrit. Harry sursauta. Remus se tenait dans la pièce, un léger sourire qui contrastait avec ses traits tirés. « J'ai entendu des bruits de pas. » expliqua-t-il. « Entre. » Harry s'exécuta en hâte, avec une vague de gratitude qui le força à garder ses yeux rivés sur le sol. Pourquoi ce nœud dans sa gorge se faisait si serré ? Il sentait le regard de Remus sur lui lorsqu'il s'assit à un bureau. « J'ai appris pour ta retenue. »

Harry enfuit son visage entre ses bras, serrant ses dents fortement afin d'éviter de fondre en larmes comme un bébé. Mais lorsque Remus posa doucement sa main sur son épaule, il ne put retenir plusieurs inspirations hachées.

« Tu peux le faire, Harry. Je le sais. »

« Elle ne pense pas ça. » marmonna Harry.

« Prouve lui le contraire, alors. Je sais à quel point il peut être difficile de maîtriser ses émotions à ton âge, même avec des circonstances moins compliquées. Mais tu en es capable. »

Harry soupira. « Je ne sais pas comment. Je n'y arrive même pas en Occlumencie. »

« J'ai réfléchi à tout ça. Je pourrai peut être t'apporter mon aide à ce sujet. Mais il va falloir être patient, et cela va te demander de vrais efforts. »

Harry leva les yeux vers Remus. « Vous pourriez m'appendre ? »

Remus sourit. « Désolé, es-tu réticent à l'idée ? »

« Bien sûr que non ! » Ce fameux nœud dans sa gorge commençait à se relâcher, et le soulagement intense qu'il ressentait lui embuait les yeux. « Je...apprendre...avoir des leçons de quelqu'un qui ne me déteste pas.. »

Remus se mit à rire. « Oh, Priscilla Wellington ne te déteste pas. Elle peine à comprendre quiconque n'est pas un Auror, et encore moins quiconque ne suit pas les règles, peu importe les raisons. »

Harry sourit. « Alors comment expliquez-vous Snape ? »

« Et bien... » Remus eut un très léger rire, puis secoua la tête. « Le Professeur Snape déteste à peu près tout le monde, lui y compris. Mais le Professeur Smythe-Wellington n'a aucune malveillance envers toi. C'est une sympathisante loyale et capitale dans notre lutte. »

« Est-elle dans l'Ordre ? » demanda Harry avec surprise.

« Non, bien qu'elle connaisse notre existence et pourrait nous rejoindre si elle le voulait. Mais elle préfère rester entièrement du côté de la loi, et Merlin sait qu'elle a causé bien des tracas à Lord Vodemort en tant qu'Auror. Elle l'a vu tuer son mari pendant la première guerre. »

Pour la première fois, Harry ressentit une once de compassion pour la Professeur revêche. « C'est terrible. Son mari était un Auror, aussi ? »

« Oh oui. Charles Wellington, une légende. C'était une bataille tragique. Ils formaient une sacrée équipe, ces deux là. Leur division d'Auror avaient reçu de fausses informations ; ils furent pris dans un piège. Six d'entre eux ont été tués. Maugrey Fol'Oeil a mené les renforts grâce à qui ce combat ne fût pas un massacre complet. » Remus soupira. « C'était à ce moment là que nous avions commencé à craindre que Voldemort ne puisse nous détruire. C'était un an avant que tes parents ne meurent. Tant ont été tués pendant ces mois là. »

« Je suis désolé. » répondit Harry doucement. « Ca a dû être horrible. »

Remus eut un sourire triste et acquiesça. « Maintenant tu vois pourquoi Molly Weasley et les autres ont si peur pour leur famille. Si peu sortirent de cette guerre intacts. » Il secoua ensuite la tête. « Enfin...J'espérais que tu viendrais parce que je voulais te remonter le moral, et là je ne t'aide pas beaucoup. J'ai quelque chose à te montrer. »

Harry eut un hoquet d'étonnement lorsqu'il vit Remus revenir de son bureau avec la Pensine de Dumbledore. « Pourquoi... »

Remus la posa doucement devant Harry. « Nous...Sirius et moi...avions prévu de te montrer ça à la fin de ta cinquième année quand tu serais venu au Square Grimmaurd. » Il adressa un petit sourire amer à Harry. « C'était son idée, en fait, quand on avait vu à quel point le souvenir du Professeur Snape t'avait perturbé. Sirius pensait que tu te sentirais mieux en nous voyant dans un souvenir dirons-nous moins honteux. »

Harry fixa la Pensine. « Vous voulez dire... »

« C'est un de mes souvenirs. » lui confirma Remus « Un souvenir très cher. Sirius est dedans, évidemment. Il avait prévu de te le montrer lui-même. »

« Peter Pettigrow est dedans aussi ? » demanda Harry.

« Oui. » répondit Remus. « Cela dit, tu dois te souvenir que le Peter que tu verras n'est pas celui qui nous a trahi. Ce Peter est juste un garçon, un bon garçon même de ce que je me souviens. Sirius était un peu moins charitable, je ne peux pas lui en vouloir, mais dans mon esprit, nous avons perdu notre Peter aussi sûrement que d'autres bonnes personnes qui sont mortes pendant cette guerre. »

« Je suppose, oui. » répondit Harry, tout en pensant en son for intérieur que Sirius n'avait pas tord. « Je peux regarder ? » demanda-t-il avec curiosité.

« Vas-y, plonge. »


Harry se retrouva dans la Salle commune de Gryffondor. Trois garçons étaient agglutinés à une table, et il réalisa avec un sentiment d'excitation que c'était Sirius, Remus et Queudver. Il ne voyait pas son père, mais il supposait que James Potter n'allait pas tarder.

« Allez, Remus ! » dit Sirius d'un ton plaintif, essayant de retirer le livre des mains de Remus.

« Ca vous dérangerait de me laisser tranquille ? J'essaye d'étudier ! » se plaint Remus en récupérant son livre.

« Le jour du jugement dernier n'est que dans neuf mois. » répondit Sirius nonchalamment. « Et tu ne te pardonneras jamais si tu manques cette occasion historique. »

« J'en doute. De toute façon, elle dira non. Encore. » répliqua Remus.

Queudver secouait sa tête. « Non, non, ça y est. Je le sens, j'te dis ! Même pour le faire partir, elle dira oui. »

« Et si on ruine ses chances, il ne nous pardonnera jamais. » pointa Remus, qui avait fermé finalement son livre et regardait ses amis. « Alors laissez-le tranquille ! »

« Non !» En riant, Sirius et Queudver attrapèrent un Remus protestataire et le tirèrent par les bras hors de sa chaise vers les escaliers.

Mais Remus se laissa convaincre. « Où sont-ils ? »

« Il va faire sa demande quand le Club de Runes aura fini sa réunion. » lança Sirius.

Queudver rit. « Je n'arrive pas à croire qu'il a rejoint ce club seulement pour se rapprocher d'une fille. »

Sirius lui frappa l'épaule. « Le gars est amoureux, lâche-le. Allez ! On y va ! » Ils se précipitèrent dans un couloir sans issue et jetèrent un œil à une porte fermée. « En plus, il est doué en Runes Anciennes. S'il avait essayé de rejoindre de Club de Diseurs de Bonne Aventure, elle l'aurait grillé. »

Remus s'appuya contre le mur, souriant. « Vous vous souvenez quand il a réussi à lui faire lire les cartes de Tarot ? »

« L'année dernière à Halloween, tu veux dire ? Il avait essayé trois fois avant, et qu'est-ce qu'elle lui a prédit ? » Queudver tordit son visage en essayant de se souvenir.

« Ah...il vivra heureux, mourra en héros et son nom sera une légende. » lança Sirius. « Elle était plutôt déçue, je pense qu'elle avait espéré voir ruines et désastre ou un truc du genre. »

« Chut ! » siffla Remus, et ils s'engouffrèrent dans une salle de classe vide lorsque la porte devant laquelle ils se tenaient s'ouvrit.

Des élèves se mirent à sortir de la pièce et Harry réalisa soudainement que son coeur battait la chamade. Une fille aux cheveux roux, plus âgée et encore plus belle que dans le souvenir de Snape sortit en premier, rangeant distraitement un parchemin dans son sac. « Oh ! Euh, Evans, c'est à toi ? »

La jeune fille s'arrêta alors que les autres élèves se dirigeait vers le bout du couloir. James Potter, ses cheveux un peu moins en bataille et l'air un peu moins confiant, se hâtait derrière elle en tenant un Rappeltout. « Oh ! » Elle secoua la tête et récupéra l'objet. « Ironique que j'ai pu l'oublier. Merci. » Elle était sur le point de repartir, mais la fumée devint rouge. « Oh mince... »

James se tortillait nerveusement. « Heu...tu avais dit que tu me donnerais la traduction de... »

« Oh, c'est vrai ! Désolée ! » Lily attrapa le parchemin qu'elle avait rangé auparavant et lui tendit. Il n'y accorda pas vraiment d'attention, mais elle était trop distraite pour le remarquer. « Désolée, avec tous ces préparatifs pour les ASPIC, j'oublie tout en ce moment. » Elle sourit, plus à elle-même en pensant à son étourderie qu'autre chose mais il rougissait toujours.

« Dis voir, euh, Evans ? » lança-t-il alors qu'elle s'éloignait.

« Hm ? » Elle se retourna.

« Je...euh...ce week-end c'est la première visite à Pré-Au-Lard, hein ? 'fin je veux dire, je le sais, mais...euh…jevoulaissavoirsituvoulaisyaller. » balbutia-t-il d'une traite.

Lily cligna des yeux. « Tu veux dire avec toi ? » James acquiesça, son teint rouge tomate, et elle soupira, comme si l'idée ne la révoltait pas autant que deux ans auparavant. « Honnêtement, tu n'abandonnes jamais... »

« Je suis sincère ! » protesta James. « Enfin, je l'ai toujours voulu, c'est...'fin ce n'est pas une blague comme...bon ça ne l'était pas avant, mais...je le pense vraiment. » marmonna-t-il en regardant le sol. Il osa lui lancer un regard. « S'il-te-plaît ? »

Lily sembla d'abord confuse, puis surprise, puis elle se mit à rougir. « Bon, bah...okay, alors. »

« Quoi ? Tu veux bien ? » James semblait stupéfait, et ravi.

Avec un sourire embarrassé, Lily acquiesça. « Oui. »

BAM ! « Oh...bon sang ! Chut ! » Des voix venant de la salle de classe juste à côté, et le bruit de quelqu'un s'écrasant contre la porte firent sursauter Lily, James et Harry. Ils restèrent bouche bée en voyant Sirius Black s'étaler de tout son long au bout milieu du couloir, et Remus et Queudver qui accourraient à sa suite. Sirius leva les yeux vers James et Lily et grogna « Oh non... »

« J'aurais dû m'en douter ! » explosa Lily. « James Potter, comment j'ai pu un instant penser que tu avais grandi ?! De tous les garçons puérils, grossiers, infects... »

Tout en listant ces qualificatifs peu flatteurs, elle se dirigea d'un pas furieux vers les escaliers. James la regardait s'éloigner, défait. Il regarda le parchemin qu'elle lui avait donné, puis ses amis. « James... » hésita Remus d'une petite voix.

Son expression changea, passant de la peine à l'air de quelqu'un qui avait été trahi, et il recula alors que Remus et Queudver s'avançaient vers lui. Sirius regardait Lily qui s'éloignait d'un pas vif. « Bon. Ca ne marchera jamais. « lança-t-il, puis il se remit sur ses pieds et fila en direction de la jeune fille. « EVANS ! Hé ! Evans, attends, tu ne comprends p...Ow ! S'il-te-plaît, écoute...AHH ! Ok, tu l'auras voulu... »

Ils étaient hors de vue, mais les amis entendirent soudain un cri de pure indignation. « AAAHH ! SIRIUS BLACK, ESPECE DE...LACHE MOI ! REPOSE MOIIII ! »

Et finalement ils virent Sirius au fond du couloir avec une Lily Evans furieuse qu'il portait sur son épaule comme un sac à patates. Remus et Queudver durent attraper James qui était sur le point de s'élancer vers eux, une lueur meurtrière dans le regard. « Black, je vais te tuer pour ça ! Laisse-là, espèce de porc, t'en as assez fait comme ça ! »

Entre les cris de Lily et les vociférations de James, c'était un miracle si toute l'école ne s'était pas retournée. Remus, Queudver et Sirius ne pouvaient pas ne serait-ce que s'expliquer par dessus le vacarme, et ils parvenaient à peine à retenir leur charge respective. Finalement, Sirius parvint à sortir sa baguette d'une main alors qu'il retenait Lily avec l'autre. Il visa James. « Petrificus Totalus ! »

Ceci réduit de moitié la cacophonie ambiante. Il visa ensuite Lily par dessus son épaule. « Silencio ! Pfiou ! Bien mieux. Je me dois de m'excuser, Evans, en de meilleures circonstances je ne me permettrais pas de malmener une demoiselle, mais l'heure est grave. » Il la déposa sur le sol, mais garda sa baguette dirigée sur elle. Elle le fixait d'un œil noir, tremblante de fureur. « Là. Maintenant tu vas écouter nos explications, qu'elles te plaisent ou non. Oh, Peter, Evans a fait tomber sa baguette au coin du mur, va donc la chercher et ramène-lui, tu veux ? »

Queudver s'exécuta en hâte. « La voilà, et ton sac, hum... » Il déposa ses affaires à bonne distance de la rousse furieuse. « Désolé. »

Sirius le remercia d'un coup de tête et se retourna vers elle avec calme. « Très bien, Evans, voilà pour résumer : ce qui vient de se passer avec James n'était pas une blague. Il ne savait pas que nous étions ici. En fait, la vérité est qu'il avait confié à ses amis cette nouvelle historique qu'il allait solliciter la charmante compagnie d'une belle demoiselle pour se rendre à Pré-Au-Lard ce samedi...et ces dits-amis ont tristement décidé de l'espionner. Comme tu peux le voir, cette bourde en est le résultat. »

Lily remarqua pour la première fois James pétrifié et fronça les sourcils, confuse. Sirius poursuivit « Donc. Si tu veux nous haïr, je t'en prie, mais ne blâme pas James, cela n'est pas de sa faute. Maintenant, je vais te rendre ta baguette, et tu pourras nous lancer des sorts si tu veux - 'fin, juste moi, d'accord ? Tout ce désastre était mon idée. »

Ceci dit, il rendit la baguette à Lily. Celle-ci la prit, mais fit des gestes impatients vers sa bouche. « Oh, désolé. Finite ! »

Lily eut un soupir d'exaspération, mais elle se tourna vers Remus, ses mains sur ses hanches. « Lupin ? » lui demanda-t-elle sèchement.

« C'est vrai. » lui répondit Remus avec assurance. « Ce n'est pas la faute de James. Ne change pas ta décision d'aller avec lui juste parce qu'on est stupides. »

Désormais réellement perplexe, Lily reporta son regard sur Sirius, qui avait laissé tomber sa baguette et fermait les yeux, anticipant un sortilège particulièrement douloureux. Au lieu de cela, Lily pointa sa baguette vers James et le dé-pétrifia. « TOI ! » James était sur le point de reprendre sa diatribe sur Sirius, mais reprenant ses esprits, reporta son attention sur Lily.

Elle soutint son regard, puis regarda ses amis, qui arboraient plusieurs expressions allant du chagrin à l'espoir. Lentement, presque inconsciemment, ses lèvres se recourbèrent en un sourire. Puis un léger gloussement lui échappa, puis finalement elle se mit à rire. Secouant la tête, elle croisa les bras et déclara « Très bien, Potter. Je viendrai avec toi samedi – juste si tu me promets de métamorphoser ses trois idiots en serpillières, comme ça je ne risque pas de les surprendre en train de nous espionner derrière des poubelles. »

James fut bouche bée. « Qu...vraiment ? »

Elle acquiesça, puis rit. « Oui, vraiment. » Puis elle se tourna vers Remus, Queudver et Sirius et leur administra à chacun une petite gifle – bien qu'il semblait que celle de Sirius ait été un peu plus sérieuse – avant de reprendre son sac et de partir dans la direction opposée en riant.

Les quatre amis la regardèrent partir. « Mon Dieu... » lança Queudver dans un souffle. « Sirius...tu as réussi ! »

Ils explosèrent en cris de joies, d'exclamations joyeuses, se serraient les mains en riant. Remus et Queudver se lancèrent dans une danse de la victoire en chantant « Elle a dit oui ! Elle a dit oui ! » alors que James s'était lancé sur Sirius, faussement plaqué au mur et faisait mine de cogner sa tête contre le mur en riant.


Harry émergea de la Pensine le souffle coupé. Il leva les yeux vers un Remus adulte arborant un grand sourire, et ils se mirent à rire à gorge déployée. Essuyant ses yeux, Remus déclara « Et le reste, comme ils l'ont dit, est une autre histoire. »