Et non, vous ne rêvez pas ! Un nouveau chapitre ! Et un long, en plus !

Ce retard est bien évidemment inexcusable. Plusieurs mois, trop long. Je vais essayer d'être plus régulière.

Merci à tous et toutes pour vos reviews et soutien. Un merci tout particulier à:

- KylieKaty2001

- Harryliada

- PetitLutin22

- Daidaiiro30

- Zeugma412

- Lilatloo

- adenoide

- stormtrooper2

- Okaemi

N'hésitez pas à donner vos impressions ! J'apprécie toujours autant vos reviews, elles me donnent de la motivation et je prends toujours autant de plaisir à vous lire et vous répondre !

Bonne lecture !

Chapitre 19 : Dream On

Vendredi était une bien meilleure journée. Pour le plus grand plaisir d'Harry, le Professeur Lupin fit une apparition au cours de Défense Spécialisée pour leur parler de discipline mentale, et il était bien plus facile de l'écouter que Smythe-Wellington. « Le concept de maîtriser ses propres émotions et les émotions des autres peut être retrouvé dans plusieurs cultures. Cela ne veut pas simplement dire d'éliminer ses émotions personne ne veut faire ça. » Harry ne put s'empêcher de sourire. « Il s'agit plutôt d'empêcher nos émotions d'interférer dans nos choix. Dans un combat, maîtriser sa peur ou sa colère peut être une question de vie ou de mort. »

Harry vit Smythe-Wellington le regarder et détourna le regard. Ron et Hermione avaient raison. Je ne vais pas vous laisser me décourager. Il supposait qu'il devait leur dire qu'il était désolé de leur avoir hurlé dessus la nuit dernière.

L'exercice pratique que le Professeur Lupin et Smythe-Wellingtonleur donnèrent eut moins de succès. Ils séparèrent la classe en équipes de deux élèves pour des duels – ce qui n'aurait posé aucuns problèmes s'ils avaient pu choisir leur partenaire. Mais Harry se retrouva en équipe avec Blaise Zabini, en duel contre Malfoy et Neville.

Le duel se déroula exactement comme prévu.

Lorsque ce fût leur tour, Harry et Zabini se fusillaient du regard en se dirigeant vers Malfoy et Neville, qui échangeaient également des regards peu amicaux. « Si je vois l'un d'entre vous pointer sa baguette sur son partenaire, je retire cinquante points à votre Maison respective. » lança Smythe-Wellington. Harry osa lancer un regard au Professeur Lupin qui lui adressa un léger rictus en retour. « Préparez vos baguettes. Aucun sort causant de sérieuses blessures ne devra être lancé. Prêts ? » Harry pointa sa baguette vers Malfoy, Zabini fit de même vers Neville. « Commencez ! »

Du calme. Bien. Harry lança un sort de désarmement à Malfoy, qui le bloqua et répliqua avec un sortilège de Jambencoton. Zabini lançait sorts sur sorts à Neville, qui les bloquait de manière impressionnante. Remarquablement impressionnante d'ailleurs. A tel point que Malfoy et Zabini échangeaient des regards furtifs et confus. Harry pensa avec fierté que ces deux là auraient dû rejoindre l'AD. Mais finalement, Neville faiblit, et Harry se retrouva seul pour repousser Malfoy pendant que Zabini recula avec un rictus.

« M, Zabini ! Vous seriez sympathique de participer ! » lança Smythe-Wellington.

« Oui, m'dame ! » Il lança un sort à Malfoy – qui se trouva être un bouclier défensif...Harry fût touché par son propre Stupefix.

Heureusement, il prit le sort d'oblique, et bien qu'il flotta dans un brouillard pendant un moment, il ne perdit pas totalement conscience. Il reprit ses esprits et vit le Professeur Lupin agenouillé à ses côtés alors que Smythe-Wellington poussait une soufflante à Malfoy et Zabini en arrière plan. Harry se mit à sourire, et Remus lui dit avec une lueur amusée dans le regard « Et bien, ton équipe a gagné. »

Harry sourit encore plus largement.


Poudlard : le danger viendrait-il de l'intérieur ?

Plusieurs interrogations ont été formulées par des parents inquiets et de nombreux officiels du Ministère de la Magie quant au danger potentiel de la présence continue du Garçon-Qui-A-Survécu à l'école de Poudlard. « Nous compatissons avec la situation de ce jeune home, mais nous avons à considérer la sécurité du reste des élèves. » a déclaré le Ministre de la Magie lors d'une entrevue avec le Conseil d'Administration de Poudlard. « Il sera peut être nécessaire d'éloigner Potter de Poudlard durant le reste de cette guerre. »

La proposition a été néanmoins reçue avec une opposition considérable de sorcières et de sorciers qui ont exprimé des inquiétudes concernant la sécurité de Potter hors des murs de l'école. « Ce serait une réaction exagérée de l'attaque lors du match de Quidditch. Manifestement le Garçon-Qui-A-Survécu n'était pas la seule cible, et son absence ne garantira pas la sécurité de l'école. » a soulevé Mme Amelia Bones. « Nous ne pouvons considérer l'idée de renvoyer un élève innocent dans un élan de panique. »

Les partisans de cette mesure émirent le fait qu'il ne s'agirait que d'une ''suspension temporaire'', durant laquelle le jeune Potter aurait le choix de suivre des cours particuliers ou de reprendre sa scolarité à Poudlard lorsque le danger serait écarté. « Je ne trouve pas extrême. » avait lancé le Ministre Fudge. « Combien d'autres élèves innocents seront blessés la prochaine fois que Vous-Savez-Qui et ses partisans envahiront Poudlard à la recherche de Potter ? »

Harry bailla en reposant le journal. « Je ne suis pas franchement surpris. »

« Il a vraiment une dent contre toi. » marmonna Ron avant de croquer une bouchée de son toast.

« Il me tient pour responsable de tout ça. » dit Harry. « Du retour de Voldemort. » En voyant les mines perplexes de Ron et Hermione, il s'expliqua « Percy me l'a dit. »

Ginny arrêta de nourrir Bastet avec du bacon et les regarda. « C'est pour ça que Percy ne lui a rien dit par rapport à... » Elle leva les sourcils.

Harry acquiesça, ressentant une pointe de regret en imaginant leurs têtes s'il leur révélait ce que Percy avait réellement fait. Mais il avait donné sa parole, et pour une fois, Percy avait totalement raison sur les conséquences si quelqu'un l'apprenait. « Ouais, et on devrait ne pas le mentionner. Percy serait dans de beaux draps en cachant une telle information. » Ils semblèrent tous du même avis. Harry se remit à baîller.

« T'as l'air vachement fatigué vieux, tu dors bien en ce moment ? » demanda Ron.

Harry haussa les épaules. « Pas vraiment, mais je n'ai pas eu de rêves depuis presque une semaine. »

« Tu penses que tu vas mieux ? » demanda Hermione.

Repoussant son porridge à demi-entamé, Harry fronça les sourcils. « Je ne sais pas. Voldemort se tient peut-être tranquille en ce moment. Je ne pense pas que mon esprit est plus calme. Le Professeur Lupin va m'aider par rapport à ça. »

« C'est très gentil à lui. » répondit Hermione. « Il a beaucoup de discipline mentale par rapport à...son état. Etre calme lui permet de traverser la pleine lune moins difficilement. »

« Ca doit être pour ça qu'il est tellement cool avec Snape. » chuchota Ron, récoltant des rires de tous.

La sonnerie retentit, et Neville vint les rejoindre sur le chemin de la salle de cours. « On va faire encore du travail en équipe aujourd'hui dans le cours de Lupin. »

« J'espère juste qu'il ne va pas continuer sur la même lancée que Smythe-Wellington dans le style du partenariat inter-Maison. » grogna Harry en attrapant son sac de cours.

« Hé, ton équipe a gagné vendredi ! »

« C'est vrai, mais j'ai eu dix points en moins pour ne pas t'avoir envoyé de sorts ! » dit-il avec un sourire. Il fit mine de se lever, mais une fois redressé, sa tête se mit à tourner dans une lueur verte. « Ah- »

« Hé, Harry ! » Ron et Neville l'attrapèrent pour le soutenir. « Qu'est-ce qu'il se passe ? »

Harry se rassit lourdement, et son vertige passa aussi rapidement qu'il était apparu. « Je...j'ai dû me lever trop vite. »

Hermione et Ginny les avaient rejoints, exprimant chacune la même inquiétude. « Tu es sûr ? On devrait peut-être aller chercher un professeur ? » proposa Hermione.

Lentement, Harry se redressa, ignorant les regards posés sur lui. Sa vision était claire cette fois ci. Il prit une grande inspiration. « Non, c'est passé. »

« Tu n'as rien vu ? » lui murmura Ron.

« Non, rien du tout. » Harry se frotta les yeux.

Hermione lança un regard à la table et à la nourriture dans laquelle Harry avait picoré. « Tu devrais peut-être manger un peu plus... »

« Hermione ! » lancèrent Harry et Ron en cœur.

Elle leva les mains en signe de protestation. « Pardon ! Je ne veux juste pas que tu tombes dans les pommes en cours ! »

Harry soupira. « Je vais bien, juste un peu fatigué – promis, si ça se reproduit, j'en parlerai à quelqu'un. » lui répondit-il avec un ton apaisant. Ron étouffa un petit rire et poussa doucement Hermione dans la salle de cours de Défense, alors qu'Harry et Neville restèrent en arrière en ricanant.

En cours, au grand soulagement d'Harry, ils apprirent des manœuvres de défense en équipe comme le Bouclier miroir que Zabini avait utilisé sur Malfoy pour contrer Harry la semaine précédente. Dans un premier temps, le Professeur Lupin les autorisa à choisir leur partenaire. « Mais à la fin, je vous attribuerai moi-même un partenaire, et votre note pour ces exercices consistera à voir comment vous gérez votre équipe – et peu importe qui est votre partenaire. » Remus ne regarda pas directement Harry et Neville mais son léger sourire les fit échanger un petit regard penaud et amusé à la fois.

Ce cours fut amusant. Harry et Neville firent équipe contre Ron et Hermione, et le match était plutôt équitable. Perdre le match ne dérangea pas énormément Harry Ron et Hermione s'étaient concentrés sur lui avant d'achever Neville, et ce en riant de bon cœur. Le Professeur Lupin donna dix points à Gryffondor pour avoir si bien travaillé en équipe.

Après le cours, il retint Harry quelques instants. « Veux-tu commencer à travailler sur la discipline mentale aujourd'hui ? »

« J'aimerai bien, oui. » lui répondit Harry avec enthousiasme.

« Très bien. » dit Remus avec un sourire. « Présente-toi ce soir pour une nouvelle 'retenue'. »

Harry rit, mais demanda « Et pour l'Occlumencie ? »

« Je parlerai au Professeur Snape, ceci pourrait être aussi important sur le long terme. »

« Merci, Professeur. » lui répondit Harry avec un tel soulagement que Remus éclata de rire.

« Comment se présentent les cours de Soins aux Créatures Magiques ? »

« Je crois que Daisy commence à m'apprécier. »

Remus repartit dans un fou rire.


Comme prévu, le Professeur Snape n'était que trop ravi de se libérer d'une soirée avec Harry sur la demande de Remus et ce fût donc avec l'esprit bien plus léger qu'Harry quitta ses amis après le dîner. Remus l'attendait dans son bureau. « Je t'ai prévenu que cela allait te demander certains efforts. Des sorts complexes comme le Patronus semblent te venir assez naturellement, mais ce que tu vas tenter de contrôler est bien moins maîtrisable que ta propre magie. »

Harry le rejoignit près de la cheminée. « Si vous avez pu le faire, je peux le faire. Je n'ai pas le choix de toute façon, n'est-ce pas ? »

Remus sourit. « Je sais que tu en es capable, sinon je ne te le proposerai pas. Ce que tu vas apprendre, c'est trouver une manière de te détacher de certaines réponses émotionnelles. Ce qui ne veut pas dire de perdre tes émotions, Harry, juste de diminuer les effets qu'elles peuvent avoir sur toi. Cela t'aidera à ne pas paniquer dans une situation dangereuse, ou encore ne pas être conduit à te mettre en colère quand certaines personnes t'y poussent. » Il lui adressa un regard entendu et Harry se sentit rougir. « Manifestement, le dernier point est particulièrement important dans ton cas. »

Harry eut un petit rire gêné. « Ca serait sympa si Snape ne pouvait pas m'atteindre si facilement. »

« Professeur Snape, Harry. Souviens-toi juste qu'il ne tient qu'à toi de l'en empêcher. » dit Remus. « Es-tu prêt ? » Harry acquiesça. « Très bien. Ce que tu es sur le point d'appendre, ce sont des techniques pour te calmer. Cela va te sembler facile maintenant, étant donné que tu es déjà calme, mais le moment venu, tu mobiliseras automatiquement ces méthodes quand tu seras agité. Peux-tu tenter un essai dès à présent ? »

« Oui. » répondit Harry, se sentant légèrement anxieux. Serait-il capable d'avoir le contrôle de ses émotions ? Le seul moment où il s'était senti intouchable était la première semaine en été à Privet Drive – et il ne voulait pas ressentir ce sentiment de vide profond à nouveau.

Mais Remus dit « Très bien alors. Ce que tu vas commencer à faire, c'est respirer. » Harry cligna des yeux, et rit. « Je suis sérieux ! Vas-y. Ferme les yeux. » Harry ne put retenir un léger rire nerveux, mais il obéit. « Maintenant, inspire par le nez et expire par la bouche lentement et profondément. » Il lui semblait être un peu ridicule, mais Harry se força à continuer, et se concentra par la même occasion sur la voix douce de Remus.

« Tu vas maintenant chercher un endroit où tu peux évacuer des émotions trop pressantes. C'est profond en toi, dans ton noyau, ton point d'ancrage. Quand tu y es, peu importe à quel point tu es énervé, tu vas te recentrer et te calmer. »

« Je ne comprends pas. » lui répondit Harry en le regardant.

« Cela demande de la pratique. Ce n'est pas comme un Patronus – une pensée bien spécifique n'est pas suffisante, bien que certaines personnes imaginent leur centre comme un endroit, un lieu paisible. Pas d'émotions ou de pouvoir. Juste du calme. » Remus fixa son regard sur Harry. « Ferme les yeux à nouveau. Parviens-tu à trouver un endroit ? »

Harry réfléchit un moment, et son esprit se remémora presque instantanément les bras de sa mère dans la chambre du Pillier. « Il y a…quelque part. C'est un souvenir, en fait, mais Sn…le Professeur Snape dit qu'il a trop d'emprise sur moi. »

« Hum…il a sans doute raison. On ne veut pas utiliser de souvenirs bien spécifiques comme des barrages en Occlumencie. Ils peuvent être utilisés comme une belle route pavée pour entrer plus loin dans ton esprit. Essaye d'imaginer un endroit neutre, un qui paraisse suffisamment paisible sans pour autant être trop connecté à ton esprit ou à tes souvenirs. » expliqua Remus.

Harry ferma les yeux et tenta de penser à quelque chose de calme, paisible, et il se fixa finalement sur une clairière silencieuse au plein cœur d'une forêt, posé sur l'herbe verte et grasse. Puis cela lui rappela un peu trop la Forêt Interdite, il s'imagina donc un ciel bleu qui perçait entre les arbres et les rayons du soleil. « Bon. Je crois que je l'ai. »

« Bien. » lança Remus. « Désormais, dès que tu commenceras à être effrayé ou énervé, essaye de trouver cet endroit. Souviens-toi bien de respirer, c'est important. Cet endroit, personne ne peut t'y atteindre. Même si, disons, tu te tiens en cours de Potions devant un certain professeur dont le nom ne sera pas prononcé (Harry ricana), intérieurement, tu seras dans ton centre, où ni lui, ni personne d'autre ne pourra t'atteindre. Disons qu'il s'agit d'une fuite à l'intérieur de toi-même. »

Harry ouvrit les yeux. « Comment ça pourra m'aider en Occlumencie ? »

« Tu as déjà utilisé des souvenirs pour le bloquer auparavant, n'est-ce pas ? » répondit Remus, perspicace. « Utilise ton centre désormais. Concentre-toi là-bas quand il t'attaque. »

Harry acquiesça. Ca pourrait peut-être marcher ! « Je pense que ça va m'aider. Merci. »

« Je t'en prie. Et avant d'aller au lit, pose- toi un instant et recommence ce qu'on vient de faire. Respire comme je t'ai montré et trouve ton centre. Utilise cette technique pour vider ton esprit avant de dormir. » Remus sourit. « D'ailleurs, as-tu eu d'autres visions ? »

« Pas depuis la semaine dernière. » lui répondit Harry. « En fait, je ne me souviens pas vraiment d'avoir rêvé du tout. »


La technique de centrage de Remus semblait fonctionner. C'était incroyable de voir à quel point il lui était facile de se concentrer sur des notions qui lui étaient enseignées par quelqu'un qui ne le traitait pas comme un punching ball. Harry répétait consciencieusement ses exercices chaque soir avant d'aller se coucher, et découvrit que cela semblait le suivre dans son sommeil. Cela dit, la chose étrange était sans doute que lorsqu'il voyait ce fameux repaire dans la forêt, c'était toujours à la tombée de la nuit.

Bien qu'il se sentait assez fatigué dernièrement, Harry se sentait un peu mieux moralement depuis le début de ces leçons. Au cours de leur session de l'AD suivante, Harry prit de nouveau les devants et ils travaillèrent en petits groupes sur les boucliers réfléchissants et les sorts de protection qu'ils avaient commencé à apprendre en Défense cette semaine là, suivi du sort de Premiers Soins qu'ils avaient vu en Sortilèges.

« Après tout, il semble franchement improbable qu'on se sorte d'un duel avec des Mangemorts indemnes ! » observa Hermione.

Tout le monde se mit à rire, puis ils se remirent à travailler sur les mannequins qu'Harry avait réussi à emprunter au Professeur Flitwick. Harry et Ginny furent les premiers à réussir correctement les sorts de Réanimation – en dehors évidemment d'Hermione – et firent rapidement équipe avec Ron et Neville afin de réanimer avec enthousiasme leur mannequin qui avait été la victime infortunée d'une mort mélodramatique qu'Harry et Ron avaient inventé pour leurs cours de Divination. Au moment où ils avaient fini, tout le club était hilare.

« Et oui, mesdames et messieurs, nous voici, la diabolique et hautement subversive Armée de Dumbledore. » lança Justin au milieu d'un fou rire. « On réanime les sorciers qui ont le malheur d'être piétinés par des hordes d'hippogriffes excités ! »

« Ou tombés de la Tour d'Astronomie à cause d'un baiser fougueux ! » s'écria Dean.

« Qu'est-ce que Fudge va faire de ça ? » dit Neville dans un éclat de rire. « Nous et nos sorts de Premiers Secours ? »

« Apporter de l'aide aux fugitifs recherchés par la justice, évidemment ! » dit Ernie, sans voir l'expression qui était apparue sur le visage d'Harry.

« Hum…faire irruption dans le Mnistère et enrouler tout le monde dans des bandages ensorcelés ! » lança Ron précipitamment. Harry ne put s'empêcher de rire en imaginant la scène.

« Oui, nous sommes dangereux ! »

« On est intrépides ! »

« On est diaaaaaaboliques ! De vrais ennemis du Ministère ! »


Plus tard cette même semaine, Harry décida, avec Ron et Hermione, de rendre visite à Fred à l'infirmerie. George restait avec lui, ayant refusé net de sortir de l'infirmerie tant que Fred s'y trouvait, et les autres Weasley leur rendaient visite presque chaque jour. Une fois que Fred se mit à se plaindre d'ennui et titilla Mme Pomfresh pour le laisser sortir, les visites devinrent moins tendues pour tout le monde.

La plupart de la fratrie Weasley était installée confortablement aux quatre coins de la pièce lorsque Harry, Hermione et Ron arrivèrent. Fred, George et Percy étaient assis sur le lit de Fred, jouant aux cartes tout en examinant les rapports d'inventaire de Lee sur le Chemin de Traverse. M. et Mme Weasley et Charlie étaient de l'autre côté de la pièce, discutant tranquillement. Bill et Ginny étaient sur le lit voisin de celui de Fred avec les cours de cinquième année de Lupin ouvert à côté d'eux. Elle avait sa tête sur les genoux de son frère et semblait s'être assoupie sur les sujets de BUSE sur lesquels ils travaillaient. Il bougea légèrement afin de saluer Hermione, Ron et Harry. Ginny se réveilla lorsqu'ils se serrèrent la main.

« Oh, Bill ! Je n'avais pas prévu de m'endormir. Tu dois avoir perdu toute sensibilité dans tes jambes à cause de moi. »

Bill éclata de rire. « Tu n'es pas si grosse, louloute. » Il le souleva dans ses bras.

Charlie s'écarta de ses parents et tendit les bras. « Passe-la moi, Bill. »

Cette étrange requête déclencha une explosion de mouvements qui surprit énormément Harry et Hermione. Les parchemins, plumes et cartes de jeu volaient dans toutes les directions alors que Fred, George et Percy fondirent sur le lit au centre de la pièce, entre Bill et Charlie.

« Excellent ! Ginny-ball ! »

Ron se précipita vers eux en un claquement de doigts. Alors qu'Harry et Hermione les regardaient avec grand amusement, ils se mirent à scander « Bloque le tir ! Bloque le tir ! »

Ginny poussa un cri et s'agrippa au cou de Bill avec une poigne de fer. « Non ! Papa ! Maman ! Dites-leur d'arrêter ! »

Mme Weasley, prise au dépourvu, bredouilla « Oh, par Merlin, les garçons… »

« Ca suffit ! » La voix de M. Weasley, étonnamment sévère, résonna et le silence se fit. Sous les yeux de tous, M. Weasley se mit à sourire avec largeur. « Le Ginny-ball est un jeu extérieur ! »

Tout le clan Weasley explosa de rire en voyant l'expression de pur outrage que Ginny adressa à son père. Bill reposa Ginny et manqua lui-même de tomber tellement il riait.

Hermione affichait une mine horrifiée. « Ginny, ils n'ont pas quand même… »

Ginny fit tourner son regard sur tous ses frères hilares. « Oh si, Hermione… »

Ron et George, se remettant doucement de leur fou rire assis par terre, se mirent debout « Oh, ça va. » lança Fred au milieu d'une quinte de rire. « Le Ginny-ball est un super jeu ! Oooooh… » Il frotta ses côtes et grimaça, mais affichait toujours un large sourire et regagna son lit.

« Ouais. » renchérit George, se laissant tomber sur le lit à côté de son frère. « Et on ne t'a pas fait tomber si souvent, non plus, Gin-gin ! »

Hermione secoua la tête. « Comment as-tu fait pour survivre en grandissant avec six frères ? »

Bill posa sa main sur sa nuque meurtrie par sa petite soeur. « En étant aussi dure que le reste d'entre nous. » Ils se mirent à rire à nouveau, accompagnés cette fois par Harry et Hermione. Ginny tenta de garder son expression de dignité blessée, mais au final elle explosa de rire.

Mme Pomfrey, alertée par tout ce bruit, secoua la tête et murmura « C'est trop que je ne puisse supporter. »

Fidèle à ses paroles, le soir-même, elle autorisa Fred à quitter l'infirmerie, au grand plaisir de beaucoup – et pas uniquement des vivants ! Peeves était dans le couloir au moment de leur sortie (il avait pris l'habitude de passer pas mal de temps autour de l'infirmerie) et il plongea vers les jumeaux. « Hourra ! Libre ! Enfin libre ! Que serions-nous devenu sans vous ! Mon petit Weasy ! Mes bestioles adorées ! Vous m'avez rendu mort d'inquiétude ! »

A l'étonnement de tout le monde, il attrapa Fred par les oreilles et se mit à lui planter deux gros baisers sur chaque joue. Fred laissa échapper un cri d'horreur et s'écarta pour lui échapper alors que Peeves virevolta vers eux deux, déclamant de grandes déclarations d'amour qui raisonnaient dans les couloirs.

Harry, Hermione et les Weasleys se regardèrent entre eux, amusés. Depuis le fond du couloir, Mme Pomfrey les observait. « Et tout va bien dans le meilleur des mondes… »


Elle n'avait pas tort : les équipes de Quidditch eurent l'autorisation de recommencer les entraînements, et le match contre Poufsouffles fut reporté pour fin novembre. Au milieu de toute la tension produite par l'attente des nouvelles des agissements de Voldemort, tout le monde à Poudlard semblait attendre les matches pour se distraire, et l'excitation augmenta autant que pour la Coupe de Quiddicth, bien qu'il ne s'agissait que du premier match de la saison.

Mais la chance avait un revers, et les vertiges d'Harry reprirent. Ils étaient différents cette fois. A la place de simples désorientations, Harry voyait une lumière verte et son environnement s'estompait un moment. Cela ne durait jamais très longtemps, mais c'était déconcertant.

Aucun des professeurs de l'Ordre n'avait la moindre idée de ce qu'il lui arrivait. « Peut-être s'agit-il d'un signe prouvant que tu commences à bloquer Lord Voldemort avec succès, Harry. » dit Dumbledore au cours d'une entrevue impromptue dans son bureau après qu'Harry se soit effondré en Sortilèges. « Ah, Severus. » lança-t-il lorsque Snape arriva. « Avez-vous constaté quelque progrès dans sa pratique de l'Occlumencie, récemment ? »

« Oui. » répondit Snape d'un ton qui fit penser à Harry qu'il lui en coutait beaucoup à le reconnaître. Alors que Remus fit son entrée dans le bureau, Snape grogna, mais admit à contre-cœur « Les instructions de centrage de Lupin semblent avoir un impact. »

« Je n'ai plus besoin d'utiliser ma baguette désormais. » lança Harry avec fierté en regardant Remus. « La plupart du temps en tout cas. »

Remus sourit largement. « Excellent, Harry ! »

« Donc, quelle est cette lumière verte qu'il ne cesse de voir ? » demanda Snape, voulant visiblement couper court aux louages à Harry.

« Il se peut que Lord Voldemort tente de pénétrer l'esprit d'Harry et échoue. » dit Dumbledore en frottant sa barbe pensivement.

Harry fronça les sourcils, les yeux sur Fumseck qui trônait sur son perchoir. « Alors, qu'est-ce qu'il se passait avant que j'aie des vertiges ? Je ne pouvais pas le bloquer, à l'époque. »

« Notre Miss Granger a une théorie : Voldemort a bien pu utiliser ces vertiges pour t'empêcher de voir ses préparations de l'attaque de Poudlard, et pour t'immobiliser pendant que cela se déroulait. » dit Dumbledore.

Harry grimaça. « Ca a fonctionné alors. »

Remus semblait troublé. « Mais pourquoi aurait-il gaspillé de l'énergie à attaquer l'esprit d'Harry pendant l'assaut alors qu'il avait besoin de toutes ses capacités pour garder les barrières magiques ouvertes ? Ses Mangemorts auraient pu s'échapper s'il y avait accordé toute son attention. »

« Le Seigneur des Ténèbres ne peut possiblement pas craindre Potter à ce point. » lança Snape, son ton méprisant tentant de cacher qu'il était en fait d'accord avec Lupin.

Dumbledore laissa tomber un bonbon au citron dans sa bouche. « Je pense qu'il est possible que cette attaque sur Harry puisse avoir de plus grands desseins cachés. »

« Comment a-t-il pu briser les barrières magiques ? » demanda Harry.

« J'imagine que Voldemort a pu envahir Poudlard depuis la Chambre des Secrets. » dit Dumbledore. « Nos protections sont compromises à cet endroit. Salazar Slytherin y a laissé un moyen pour son hériter de briser les protections. Et c'est ceci qui me rend perplexe. Voldemort aurait dû s'aventurer plus loin que ce qu'il a fait, et pourtant nos investigations nous ont prouvées qu'il n'a pas été plus loin que la Chambre. »

« Aucun des Mangemorts ne l'a accompagné ? Peut-être que certains d'entre eux ont amplifié le sort depuis l'intérieur. « suggéra Remus.

« Les Mangemorts qu'il a envoyé attaquer le stade de Quidditch étaient des nouveaux venus, avec peu de pouvoirs et peu d'utilité pour lui. Je le suspecte d'ailleurs d'avoir anticipé de les abandonner là depuis le début. »

« Et que dire de Malfoy ou de Lestrange ? » retorqua Snape.

« Aucun d'entre eux ne possède le pouvoir nécessaire pour servir à Voldemort d'intermédiaire pour lancer un sort assez puissant pour annihiler les barrières de Poudlard. » répondit Dumbledore. « Cela devait requérir un sorcier avec des pouvoirs semblables à ceux de Voldemort pour produire un tel sort. » Il se mit à regarder Harry. « Et voici ce qui me rend perplexe. »

Par habitude, Harry avait évité depuis lors le regard de Dumbledore, mais, d'étonnement, il oublia et le fixa dans les yeux. Dumbledore, quant à lui, concentra son regard juste au-dessus de l'épaule d'Harry, comme à son habitude. « Moi ? balbutia Harry. « Mais, comment ?... »

« Je suspecte que tes vertiges aient été causés par Lord Voldemort qui est entré dans ton esprit et a utilisé tes pouvoirs pour sonder les faiblesses des défenses de Poudlard, et pendant l'attaque, pour les détruire tout en restant dans une position d'où il pourrait s'échapper en toute facilité. » lui répondit Dumbledore doucement. « Tu es le seul sorcier au monde dont les pouvoirs et ceux de Voldemort sont semblables, Harry. Le seul capable d'être utilisé par lui de cette manière. Il est possible qu'il ait fait ceci dans l'espoir de contrer la protection du Pilier de Storgè. »

« Cela demande un lien magique très puissant. » intervint Remus. « Sa cicatrice serait uniquement la cause ? »

Snape émit un son répugné. « La torche. La torche verte enflammée. Il avait dit que cela créerait un lien entre eux. »

« C'est en effet ce que je crains. » dit Dumbledore. « Et nous avons peut-être le moyen de vérifier nos soupçons. Harry…j'aimerai que tu me regardes. »

Harry déglutit, sans pour autant fixer totalement ses yeux. « Vous pensez qu'il va essayer de me posséder ? »

« C'est fort probable, si nous maintenons un contact visuel assez longtemps. Il craint que je puisse me confier à toi. Mais essaye d'Occluder ton esprit. S'il parvient à se connecter à toi uniquement grâce à ta cicatrice, il pourrait ne pas être conscient que je suis là. Avec la torche, il aurait les moyens de traquer tes allées et venues à un plus grand niveau. »

Remus et Snape sortirent leur baguette avec un air d'appréhension. « Mais…et si je n'y arrive pas ? Si je n'arrive pas à le bloquer ? » dit Harry.

« Nous sommes là. N'aie pas peur. » lui répondit doucement Dumbledore. « Regarde-moi. Nous allons voir si Tom nous dévoile ses cartes. »

Tremblant, Harry se concentra, respira profondément malgré son cœur qui battait la chamade et tenta de chercher son centre. Il se devait d'être calme s'il voulait bloquer Voldemort, étant donné qu'il réagissait toujours quand les regards d'Harry et Dumbledore se croisaient. Lentement, il leva les yeux et croisa le regard de Dumbledore. Cela faisait un long moment que ce n'avait pas été le cas, et il avait oublié à quel point son regard était doux et bon. C'était – mais soudainement il le haït. Il sentit son visage rougir, et un désir puissant d'attaquer cet homme, de lui faire du mal –

« Ferme ton esprit, Harry ! »

Non, il n'y arrivait pas, Dumbledore avait tort, le garçon lui appartenait ! Harry ferma les yeux et tenta de chasser les pensées et sentiments étrangers. Centre-toi, trouve la forêt…respire…repousse-le…

Sa cicatrice le lancinait terriblement. Il allait échouer…Dumbledore…ils allaient tous échouer…le garçon n'était pas assez fort…Réfléchis ! Respire…le centre…la clairière…calme-toi…va t-en…ahh !

Sa cicatrice sembla s'ouvrir de douleur, et il eut seulement le temps d'émettre un hoquet de surprise avant que la créature aux yeux rouges ne surgisse de quelque part de son esprit et ne les enveloppe tous deux dans ses spires et ne l'écrase complètement.

« Tu ne peux pas m'arrêter, Dumbledore. » siffla la créature alors que l'esprit d'Harry hurlait de douleur. « Le garçon est à moi ! »

« Harry ! Combats-le ! »

« Détruis-le si tu veux que ton école survive…ou je vais massacrer tous les enfants…est-ce que celui-ci vaut leurs vies ? »

« Harry ! »

Remus…à l'aide…peux pas respirer

« Je vais tous vous détruire, Dumbledore, ton école, tes élèves, et le traître ! »

Enfoncé loin dans sa douleur, Harry entendit « Legilimens ! »

Les images se mirent à traverser son esprit, très claires à ses yeux puisqu'il ne voyait rien derrière les spires de la créature, et le Pilier émergea de ses souvenirs. Harry y plongea comme dans un refuge, recherchant la protection des bras de sa mère…sécurité…amour…

L'emprise se dispersa, et Harry s'effondra dans les bras de Lupin, tremblant de tous ses membres. « Harry ! Bon sang… »

« Froid. » hoqueta Harry, tentant de trouver de la chaleur dans ses robes usées, et Remus l'emmena près du feu de cheminée, l'assit devant et l'enveloppa dans son manteau, sans jamais le lâcher.

« Désolé. » balbutia-t-il entre ses dents qui s'entrechoquaient. « Pas pu…le bloquer… »

« Chut, tout va bien Harry. » dit Dumbledore qui se tenait derrière eux alors que Remus lui frottait vigoureusement le dos. Fumseck quitta son perchoir et vient près d'Harry. Il se mit à chanter, tout doucement. Harry sentit alors le froid le quitter légèrement. « Ca va mieux ? »

« Oui. »

« Pardonne-moi, Harry. Je crains que cette idée de ma part n'ait été totalement imprudente. La torche verte enflammée a donné à Voldemort une emprise sur ton esprit bien plus puissante qu'aucun d'entre nous n'aurait pu anticipé. » soupira Dumbledore.

« C'va. » balbutia Harry, bien qu'il se demanda pourquoi Dumbledore pensait qu'il aurait eu plus de succès sans la torche. Ce n'est pas comme s'il n'avait jamais eu plus de chance à empêcher Voldemort de le posséder.

Remus gardait son bras autour des épaules d'Harry d'une poigne réconfortante, mais semblait affecté. « Albus, nous devons faire quelque chose. Imaginez si cela arrive en public… »

« Je sais, Remus, croyez-moi, la possibilité d'un tel événement ne quitte jamais tout à fait mes pensées. Percy Weasley nous a seulement fait gagner un peu de temps. »


A la première occasion, Harry raconta à Ron et Hermione ce qu'il s'était passé dans le bureau de Dumbledore – et de ce qu'ils craignaient de se produire. « Je deviens meilleur en Occlumencie, mais je n'arrive pas à l'empêcher de me posséder. Si ça arrive en public, le monde entier va le découvrir. »

« Oh, Harry ! » lança Hermione. « C'est vraiment terrible ! »

« Ca t'a fait mal ? » demanda Ron d'un ton grave.

Harry acquiesça. « A chaque fois, j'ai l'impression que je vais mourir. Je ne vois rien, je n'arrive pas à respirer. » Il déglutit. « Il pourrait utiliser mon corps pour attaquer quelqu'un, et je ne serai même pas capable de l'en empêcher Il pourrait vous faire du mal. » Il s'adossa contre l'arbre sous lequel ils se tenaient, près du lac, et ferma les yeux. « Désolé. Je suis souvent fatigué en ce moment. »

« T'inquiète, pas, mon vieux. » lui répondit Ron. « T'as rêvé dernièrement ? »

Harry secoua la tête. « Je continue juste à voir des lueurs vertes. Très bizarre. »

« Vert… » lança Hermione pensivement. « Comme un sort ? »

« Non, non, c'est comme…une lumière. Ou une brume. Je ne suis pas très sûr. Mais ça ne ressemble pas à une vision. »

« Hmm. Voldemort pique peut être une tête dans un marécage rempli d'algues. » lança Ron, occasionnant un éclat de rire de leur part.

« Enfin, il doit y avoir quelque chose qu'on puisse faire. Remus avait raison, si Fudge et ses laquais le découvrent… » dit Hermione.

« Je suis mort. » conclut Harry. Ses deux amis grimacèrent. « Percy m'a dit que Fudge irait aussi loin. »

« Au nom de quoi Percy continue à travailler pour lui ? » s'exclama Ron.

Hermione sourit tout en promenant sa main dans l'herbe. « Réfléchis, Ron. Souviens-toi pourquoi Fudge avait engagé Percy dès le début ? Disons juste que Percy est probablement toujours en espionnage… »

Ron resta bouche bée. Harry acquiesça. « Mais juste pour nous, maintenant. Il a passé un long moment en entrevue avec Dumbledore quand il venait voir les jumeaux. » Puis il soupira. « Mais Dumbledore a dit la nuit dernière que Percy nous avait seulement fait gagner un peu de temps. »

« En tout cas, rappelle-moi de le serrer dans mes bras la prochaine fois que je le vois. »

« Tu penses qu'il pourra nous avertir si Fudge prépare un sale coup contre toi ? » demanda Hermione.

« Je ne sais pas. Espérons. » lui répondit Harry. Il étouffa à peine un bâillement. Il avait dormi toute la nuit dernière sans aucun rêve, mais toujours cette lueur verte, pourquoi était-il si fatigué ?

Ron et Hermione le regardaient. « Tu devrais faire une sieste pendant le temps de midi. » proposa Ron.

« Mais tu dois manger, aussi. » dit Hermione. « Je te prendrais quelques sandwiches et te les apporterai avant le cours de Métamorphose. »

Harry sourit. « Oui, Papa. Oui, Maman. »

« Hé ! On a entraînement demain ! Je te veux en pleine forme ! » se défendit Ron.

« Chef. Oui, chef ! »

Il appliqua cependant leurs conseils.


« Harry ? Harry, réveille-toi, il y a eu une attaque ! » Il se réveilla, toujours dans cette brume verte et moins reposé que jamais, pour voir Hermione devant lui qui lui secouait l'épaule. « Tu as vu quelque chose ? »

Harry secoua la tête et se frotta les yeux. « Rien du tout. » dit-il en se levant. « Oooh…. » il se rassit aussitôt.

« Ca va, Harry ? » demanda Ron. Il tenait un plat rempli de sandwiches.

« Tiens. » dit Hermione en lui en tendant un. « Mange. Tout le monde va te harceler là-dessus. »

Harry prit une bouchée. « Qu'est-ce qu'ils ont attaqué ? » demanda-t-il au milieu d'une bouchée de pain et de fromage.

« L'université d'Edimbourg et le Capitole américain à nouveau. C'était presque simultané, et ils ont volé plusieurs objets qui étaient étudiés. » lui expliqua Hermione.

« Des morts ? » demanda Harry, craignant la réponse.

Ron acquiesça d'un air grave. « On ne connaît pas les détails encore, mais tout le monde se fait un sang d'encre. On a entendu dire que deux bâtiments à Edimbourg ont été rasés. »

« Probablement pour cacher ce qu'ils cherchaient. » lança Hermione. « Mange, Harry ! »

Avec un effort, Harry termina son sandwich, mais ils le forcèrent à en manger un deuxième. « Les gens veulent déjà savoir si tu sais quelque chose. » l'avertit Ron.

Harry soupira, l'appétit plus en berne que jamais. « Pas cette fois. »

« Ce n'est pas ta faute, tu n'es même pas supposé avoir des visions de Voldemort à la base. » le rassura Hermione. « Et celui qui pourrait se plaindre de ça est un idiot. »

« Est-ce qu'on a toujours cours ? » demanda Harry en terminant son deuxième sandwich.

« Oui, mais je me demande si tous les cours vont être menés à leurs termes. » répondit Hermione d'un air sombre. L'humeur aussi grave, Harry quitta le dortoir avec eux.

En Métamorphose, le Professeur McGonagall était effectivement très distraite. Elle leur demanda de s'entraîner sur les sorts qu'ils avaient vu la dernière fois, puis s'assit à son bureau au milieu du cortège silencieux des hiboux et chouettes qui lui amenaient des lettres qu'elle lisait rapidement et y griffonnait des réponses succinctes. Elle ne remarqua même pas que les élèves parvenaient à peine à transformer efficacement leurs plumes en fleurs.

Il s'était déroulé la moitié du cours, et Ron avait à peine réussi à transformer sa plume en ver de terre, lorsque la porte s'ouvrit. Le Professeur McGonagall leva les yeux, et tous les élèves se retournèrent afin de voir qui était là. Sur le pas de la porte se tenait un sorcier qu'aucun d'entre eux ne reconnut. C'était un homme âgé, le front légèrement dégarni et arborant une barbe poivre et sel. Ses robes étaient noires avec un tartan vert. Son regard affuté passa des élèves aux expressions curieuses au Professeur McGonagall, dont le menton reposait sur sa main alors qu'elle le regardait.

Ses lèvres se recourbèrent en un léger sourire, et elle fit une remarque sardonique. « Typique. Chaque sorcier ou sorcière que j'ai pu un jour rencontrer à Edimbourg est parvenu à m'envoyer un hibou pour me donner des nouvelles rassurantes, tous excepté toi. »

L'étrange sorcier lui répondit légèrement « Pardonne-moi. Dans ce cas, je retourne tout de suite à Edimbourg et je t'envoie un hibou précisant que je suis sain et sauf. »

Professeur McGonagall émit un étrange gloussement de nez et se leva. Elle se dirigea vers la porte. « Le cours est terminé. » lança-t-elle en passant devant les bureaux des élèves sans leur donner le moindre regard.

Tous les élèves la regardèrent sortir, confus. Tous excepté Hermione, qui elle, arborait un air radieux. « C'était quoi, ça ? » demanda Ron.

Se tournant vers eux, Hermione déclara « Cet homme est un sorcier très connu, il est avocat à Edimbourg. Il fait aussi des recherches à l'Université. »

« Il est venu pour faire un rapport sur l'attaque ? » demanda Neville à Harry.

« Entre autres chose. » répondit Hermione avec un sourire malicieux. « Je suis étonnée que nous soyons tous là depuis si longtemps et que personne d'entre vous n'en ai jamais entendu parler. » En réponse à leur regard vide et perdu, elle déclara triomphalement « Son nom est McGonagall. Murdo McGonagall. »

« McGonagall… » Ron était bouche bée. « Tu veux dire… »

Hermione eut un petit rire et acquiesça. « M. McGonagall est le mari du Professeur McGonagall. »


« Tu savais, toi, qu'elle était mariée ? » demanda Ron à Harry en descendant l'étage pour aller diner.

« Non. » lui répondit Harry.

« Moi non plus. » renchérit Neville. « J'ai l'impression que c'est mal, comme si je n'aurai pas dû penser qu'elle ne l'était pas. »

« Ce n'est pas comme si elle nous parle beaucoup de sa vie. » protesta Ron. « En dehors de ce qu'elle avait dit à Ombrage pendant les ''inspections'', c'est tout. »

« Mais Hermione savait, elle. » relança Neville.

« Hermione sait tout. » lança Harry. « Je me demande ce qu'il fait ici. »

« Demande à Hermione. » dit Ron avec un ricanement.

« Me demander quoi ? » demanda Hermione qui se tenait derrière eux. Elle se dirigea vers eux, accompagnée de Ginny.

« Ce que le mari de McGonagall fait ici. » relança Harry. « On ne l'avait jamais vu ici auparavant.

« D'habitude, elle rentre à Edimbourg pendant les vacances. » expliqua-t-elle. Mais je l'ai entendu lui dire que ses bureaux avaient été détruits pendant l'attaque. Elle nous a présenté. Il semble être très sympa. »

« Ses bureaux ? » demanda Ron en fronçant les sourcils. « Je croyais qu'il était avocat ? »

« Il fait beaucoup de choses. » répondit Hermione. « Il est très brillant. Un grand esprit du monde sorcier, de ce que j'ai pu lire sur lui. »

« Ca ressemble bien au type McGonagall. » ironisa Ron, lui occasionnant une petite tape sur la tête par Hermione et Ginny.

« Je le trouve très élégant. » dit Ginny malicieusement.

« Quoi ? Mais il est super vieux ! » s'exclama Ron. Harry, intérieurement, était d'accord avec lui, mais il ne voulait pas risquer le courroux des filles en le disant à voix haute. D'autant plus qu'elles étaient en train de mettre des coups de livres à Ron en lui poursuivant.

Harry et Neville suivaient Ron et ses assaillantes, et ils jugèrent qu'ils pouvaient les rattraper en toute sécurité lorsque Harry ressentit un vertige. Les marches d'escaliers se mirent à tanguer, mais pas de la manière habituelle de tous les escaliers de Poudlard. « Hé Harry ! Ron ! » s'écria Neville lors qu'Harry se mit à vaciller.

« Harry ! Qu'est-ce qu'il y a ? » Ils accoururent tous autour de lui. Harry s'agrippa à la balustrade.

« Juste…tête qui tourne.. »

« Assieds-toi. » lui ordonna Hermione. Il s'écroula presque, flanqué de chaque côté par Ron et Ginny. Sa vision était trouble, et cette couleur verte envahissait son esprit. Ce brouillard semblait l'enrouler, et occultait tout le monde autour de lui.

« Il s'évanouit ! Je vais chercher de l'aide ! » Des bruits de pas qui dévalaient les marches furent les dernières choses qu'il perçut.


Il revint à lui, la tête contre l'épaule de Ginny, et Remus était agenouillé à côté de lui. « Harry ? tu m'entends ? »

« Ouais. » balbutia-t-il, se redressant avec leur aide.

Remus fixa les yeux de Harry et toucha son front. « Tu es un peu chaud. Tu as vu quelque chose ? »

« Oui. » répondit-il d'un ton sec. « Du vert. »

Remus lui répondit par un petit sourire. « Je vois. Allons à l'infirmerie. »

« Ca va aller, je pense. » protesta Harry, récoltant des regards septiques.

« Quand bien même, j'aimerai que Mme Pomfrey t'examine. » lui répondit Remus d'un ton qui ne laissa pas Harry protester. Il l'aida à se lever.

Hermione lançait un regard lourd à Remus, qu'Harry remarqua. « Quoi ? »

« Rien. »

C'est ça, ouais. Il maîtrisa tout de même ses nerfs devant Remus et se laissa accompagner à l'infirmerie.

A leur arrivée, Mme Pomfrey l'examina sous toutes les coutures pendant un temps qui lui semblait une éternité, avant de conclure « Avant toutes choses, M. Potter, vous êtes épuisé. »

« Mais je dors bien en ce moment. » insista Harry.

« Hermione m'a dit que tu voyais cette lueur verte dans tes rêves ? » lança Remus. Harry acquiesça, confus, et le loup-garou s'assit en se frottant la nuque. « Hmm. Ceci doit être la clé, mais je ne parviens pas à trouver la signification. »

« Je pense qu'il est temps de le découvrir. » dit le Professeur Dumbledore, faisant irruption dans l'infirmerie avec Snape derrière lui. Il tapota la main d'Harry sans croiser son regard. « Harry, nous permettrais-tu de voir tes rêves ? »

Harry cligna des yeux. « Heu…oui, mais…comment allez-vous faire ça ? »

Dumbledore fit un signe en direction de Snape, qui portait la Pensine. « Pendant que tu dormiras, il nous sera possible de voir ce que ton esprit voit. »

Harry fronça les sourcils, pensif. Il n'était pas certain d'aimer l'idée que des gens explorent son esprit pendant qu'il était inconscient. « Vous pensez que vous pourrez en voir plus que ce dont je me souviens ? » demanda-t-il, tentant de gagner un peu de temps.

Dumbledore acquiesça. « Comme toujours avec la Pensine, nous allons voir tout ce qui entoure ton esprit, bien au-delà de ce que qui te reviens lorsque tu te réveilles. »

« Ca va nous aider, Harry. » dit Remus.

Lentement, Harry acquiesça. « Très bien. Qu'est-ce que je dois faire ? »

« Mme Pomfrey, une potion de sommeil, s'il-vous-plaît. » demanda Dumbledore. Lupin et Snape tirèrent les rideaux autour du lit. Harry, assis, se demanda s'il était possible de se sentir plus mal à l'aise. Il fixait ses mains tandis que Mme Pomfrey revint avec la potion. « Donne-moi ta main, Harry. » Dubmbledore pressa la paume d'Harry contre la Pensine, d'une manière qui lui rappela la torche verte enflammée. Heureusement, pas besoin de sang cette fois ci, à son grand soulagement.

Dumbledore murmura une incantation, et Harry ressentit un fourmillement qui prit naissance au sommeil de son crâne et courut jusqu'à ses doigts, puis il relâcha sa main.

Mme Pomfrey lui tendit la petite fiole. « Vous allez dormir pendant une trentaine de minutes. » Harry la prit et hocha la tête.

« Fais de beaux rêves. » lui dit Remus avec un sourire malicieux. Harry se détendit légèrement en lui retournant son sourire. Si Remus était là, il n'avait pas à s'inquiéter.

Il avala le contenu de la fiole, s'allongea et laissa le brouillard vert l'envelopper à nouveau.

Il y flotta pendant un certain temps, puis il sentit quelqu'un lui secouer doucement l'épaule. « M. Potter ? Réveillez-vous. » lui dit Mme Pomfrey.

Harry se redressa et mit ses lunettes. A côté de son lit, les rideaux toujours tirés, Dumbledore, Snape et Lupin étaient rassemblés autour de la Pensine, et lorsqu'ils tournèrent vers lui, leurs regards étaient troublés. « Qu'est-ce que vous avez vu ? » demanda-t-il.

Remus semblait inquiet. « Rien. Tu as vu la lumière verte ? »

Confus, Harry acquiesça. « Tout le temps. Pourquoi la Pensine n'a pas fonctionné ? »

« Parce que, » répondit Mme Pomfrey, « Vous ne rêviez pas. Je vous ai observé tout le temps, et pas une fois vos yeux n'ont bougé. »

« Quoi ?! » Harry regarda les professeurs, cherchant une confirmation.

Remus acquiesça. « Ca explique pourquoi tu es aussi fatigué. Bons ou mauvais, on a besoin de rêver. Quoi que cette lumière verte soit, elle perturbe ton sommeil, tu n'es jamais reposé. »

« Et du coup, je n'ai pas de visions. » conclut Harry.

« Précisément. » répondit Dumbledore. « Un agissement de Lord Voldemort, sans aucun doute. »

« Donc, que faire si je ne peux pas vraiment dormir ? » demanda Harry, alarmé. Tout ce sommeil et être toujours aussi épuisé…

« Nous avons des moyens d'induire un sommeil sans perturbations. » lui répondit Dumbledore. « De plus, nous allons poser des protections supplémentaires autour de ton dortoir. »

Snape n'avait pas lâché Harry du regard, ce même regard perturbé qu'il lui lançait depuis quelques temps maintenant, mais il se leva. « Je vais m'y atteler dès maintenant, M. le Directeur. »

« Merci, Severus. » Snape se dirigea lentement vers les portes de sortie. Harry tenta, en vain, de réprimer un bâillement, et Dumbledore sourit, son regard fixé sur la tête de lit juste à côté de lui. « Nous allons tout faire pour te permettre d'avoir un sommeil de bonne qualité ce soir, Harry. »

Harry soupira. « Ca serait bien, oui. »


J'ai réuploadé le chapitre, car les petites lignes séparant les paragraphes avaient disparu, et ça n'aide pas vraiment à la fluidité de la lecture !

NB de l'auteur : Si vous voulez savoir à quoi ressemble Mr McGonagall, imaginez-vous Sean Connery. Notre chère Minerva a beaucoup de chance !

Merci de votre lecture et à bientôt ! Au plaisir de vous lire !