Salut! Je suis de retour :)

Voilà donc ma nouvelle fanfiction, en espérant que vous aimerez.

Au temps des Maraudeurs

Chapitre I : Retrouvailles

Comme chaque année le premier jour de septembre, la gare de King Cross, au cœur de Londres, était bondée. Des centaines de sorciers envahissaient le lieu, essayant de rejoindre plus ou moins discrètement le quai 9 ¾. L'an passé, il avait fallu une brigade entière d'oubliator pour lancer des sortilèges d'amnésie aux témoins Moldus qui avaient vu un sorcier déambuler dans la gare habillé d'une robe à fleur et de pantoufle en forme de canard, persuadé d'être à la pointe de la mode.

Tentant de se frayer un chemin dans la foule, une jeune fille jeta un dernier coup d'œil prudent autour d'elle avant de foncer sur l'arcade murale et de la traverser comme si elle n'avait été faite que de fumée. Aussitôt, elle cligna des yeux, s'arrêtant une seconde pour reprendre ses esprits. Elle était enfin de retour dans son monde.

-Lily ! Héla une voix sur sa gauche.

Lily eut à peine le temps de se retourner avant de sentir une masse s'abattre sur elle, manquant de la faire tomber à la renverse. Un grand sourire vint ourler ses lèvres et elle rendit son étreinte à son amie. Merlin, ce que l'été avait été long sans elle !

-Dorcas ! Tu m'as manqué !

-Je crois que les vacances ne m'ont jamais paru aussi longues. Evidemment, Alice est venue me voir mais ce n'était pas la même chose sans toi.

Dorcas Meadowes finit par reculer de quelques pas, ce qui laissa la possibilité à Lily de la détailler du regard. Durant ces deux mois son amie avait encore prit plusieurs centimètres, à son plus grand malheur. Parfois, elle détestait vraiment sa petite taille. Dorcas portait une nouvelle robe, ce qui n'avait rien de surprenant puisqu'elle passait son temps à dilapider l'argent familiale dans les boutiques. Elle avait également coupé ses cheveux bruns, qui lui arrivaient désormais aux épaules, lui donnant un air plus mûre. Son teint bronzé témoignait de ses heures passées sur la plage et ses yeux noirs pétillaient de joie.

-Et toi ? Reprit-elle. Ton été s'est bien passé ?

-Excellent !

-Même avec ta sœur ?

-Disons qu'avec Pétunia, on a appris à s'ignorer depuis un moment. Mais elle fait des efforts, elle reste ma sœur.

-Tu es vraiment trop gentille pour ton propre bien, Lily, soupira Dorcas avant de changer brusquement de sujet. Allez viens ! On va mettre ta valise dans notre compartiment et on redescendra après pour attendre les filles.

Acquiesçant d'un hochement de tête, Lily se saisit de sa malle, titubant sous son poids, et emboîta le pas à la brune.

Le Poudlard Express, d'un rouge flamboyant sous les rayons du soleil, n'avait pas changé depuis sa première année. L'énorme locomotive vermeille vomissait un panache de fumée blanche tandis que le machiniste s'activait autour pour contrôler une dernière fois le bon fonctionnement du train avant le départ, prévu dans une demi-heure.

Lily n'arrivait pas à croire qu'elle allait entamer sa sixième année. Elle avait l'impression que c'était hier encore qu'elle recevait sa lettre lui annonçant qu'elle était une sorcière. D'habitude ses parents l'accompagnaient pour lui dire au revoir mais une obligation professionnelle les en avait empêché.

Une fois que sa valise fut bien rangée dans le filet prévu à cet effet, Lily ressortit sur le quai en compagnie de Dorcas, continuant de discuter de leur vacance respective. Quelques minutes plus tard elles furent rejointes par Alice Macmillan, Alexia Cassidy et Marlène McKinnon, les trois filles qui partageaient leur dortoir depuis maintenant cinq ans. Les retrouvailles se firent bruyamment, dans les éclats de rire.

-Par Merlin Alice ! Où est-ce que tu as eu ce collier ? Demanda Dorcas.

-C'est un cadeau de Frank, expliqua-t-elle en rougissant.

-Evidemment, se moqua Alexia avec un rictus amusé. Vous filez toujours le parfait amour ?

-Ne sois pas jalouse ! Un jour, quelqu'un voudra de ton mauvais caractère.

-Je lui souhaite bien du courage, répliqua Lily en riant.

Mal lui en prit car Alexia sauta sur l'occasion.

-C'est vrai que tu n'as pas ce problème, Lily. Où est Potter d'ailleurs ? Il ne t'a pas encore demandé en mariage ?

Le rire de Lily s'évanouit aussitôt tandis qu'elle se renfrognait, faisant s'esclaffer ses amies. James Potter, ou le garçon le plus arrogant qu'elle connaissait, ne loupait jamais une opportunité pour lui déclarer son amour. Généralement, il veillait à rendre sa demande la plus embarrassante possible. Elle se souviendrait toute sa vie de la fois où il lui avait carrément envoyé une beuglante pour lui demander qu'ils sortent ensemble. Ce n'était qu'une de ses nombreuses tentatives, même si la légende urbaine qui voulait qu'il lui ait demandé 407 fois soit fausse. En vérité, James n'avait tenté sa chance qu'une dizaine de fois au total. Il était assez intelligent pour savoir quand capituler et quand passer à l'attaque.

-On monte ? Proposa-t-elle finalement, espérant ainsi changer de sujet.

Ses amies eurent la délicatesse de ne pas insister et elles allèrent rejoindre leur compartiment, situé à l'arrière du train.

En voyant Marlène poser un panier à ses pieds, Dorcas eu immédiatement un mouvement de recul.

-Ne me dis pas que tu comptes faire sortir ce monstre de sa cage ?

-C'est un chat, Dorcas ! Il ne te fera rien.

-Tu plaisantes ? Il a failli me crever un œil l'année dernière !

-Parce que tu lui jetais des livres à la figure, protesta Marlène. C'était de la légitime défense.

Lily rigola. Elle n'avait jamais compris ce que les autres reprochaient au félin mais seul Marlène aimait son animal. Sobrement baptisé Chamallow à cause de sa fourrure blanche, il s'était fait détesté de la moitié des Gryffondor à force de rôder dans les dortoirs et de déchiqueter tout ce qui lui tombait sous la patte.

-En tout cas, il a intérêt à rester enfermé, dit Dorcas.

-Sinon quoi ?

-J'irais le donner à Black !

Un court silence flotta dans le compartiment.

-Tu n'oserais pas ? S'exclama finalement Marlène.

Pour toute réponse Dorcas lui adressa un sourire sadique. Si personne n'aimait ce chat ce n'était rien en comparaison à la haine que lui vouait Sirius Black. Une guerre s'était déclarée entre eux depuis plusieurs années, manquant toujours de peu de se finir dans un bain de sang. Et encore, l'exagération était légère.

La conversation sur Chamallow cessa quand le train s'ébranla brusquement, marquant le départ. Le voyage commençait. Les cinq filles s'étalèrent dans le compartiment, s'allongeant à moitié sur les banquettes avant de sortir divers bonbons pour tenir jusqu'à l'arrivé du chariot de friandises.

-En fait, dit Alexia en mordant dans une chocogrenouille, vous avez eu vos résultats pour les BUSE ?

-J'ai loupé l'histoire de la magie, répondit Dorcas, mais ce n'est pas vraiment une surprise.

-Evidemment puisque tu dormais tout le temps.

-Tu vas me faire la morale, madame la préfète ? Je suppose que tu les as toute eues, n'est-ce pas ?

Lily rougit mais ne démentit pas. En même temps, elle avait travaillé jusqu'à l'épuisement avant l'examen. Ses crises de nerf avaient été mémorables. A vrai dire toute sa cinquième année n'avait pas été de tout repos entre les révisions, le stress, Potter qui devenait de plus en plus insupportable mais surtout à cause de Severus. La perte de son meilleur ami lui laissait encore un goût amer dans la bouche et sa poitrine se serra en pensant à lui. Pourtant, elle savait qu'ils ne pourraient redevenir les enfants qu'ils étaient autrefois. Severus s'était engagé dans une voie où elle ne pouvait pas le suivre.

Son trouble dû se lire sur son visage car elle sentit brusquement Marlène, assise à côté d'elle près de la fenêtre, poser sa main sur le sienne. Lily tourna la tête pour rencontrer son regard inquiet mais elle se contenta d'un sourire rassurant. Marlène n'insista pas. A vrai dire, Marlène n'insistait jamais. Elle était de loin la plus calme et la plus gentille de leur bande, toujours prête à écouter les autres avec une douceur exceptionnelle.

Reprenant pied avec la réalité, Lily tenta de suivre à nouveaux la conversation.

-Apparemment, il y a encore eu des disparitions dans le nord de l'Irlande, était en train de dire Alice. La Gazette en a parlé tout l'été.

-J'ai vu ça aussi, confirma Alexia. Mais mon crétin de beau-père pique une crise à chaque fois qu'une chouette apporte le journal, du coup j'ai dû résilier mon abonnement en juillet. Un jour je vais le transformer en grenouille et il aura une bonne raison de craindre la magie !

-Ce n'est pas facile, nuança aussitôt Lily, tous les moldus ne sont pas à l'aise avec la magie.

-Tu penses à ta sœur c'est ça? N'empêche que c'est débile ! Avoir peur de la magie, c'est ne pas accepter notre condition de sorcière. On n'est pas différent d'eux !

Lily ne chercha pas à discuter, sachant pertinemment que ça ne servirait à rien. Alexia était la fille la plus butée qu'elle connaissait, pire que Dorcas et ça voulait tout dire. Née d'une mère sorcière et d'un père moldu, Alexia revendiquait haut et fort son statut de son sang-mêlé. Pourtant, sa relation conflictuelle avec son beau-père était depuis toujours un sujet sensible. Voulant éviter une crise, Alice décida de changer de sujet.

-Et sinon, tu as vu Black cet été ?

Une autre qui laissait Lily perplexe, c'était l'amitié entre Alexia et Sirius Black. Ça avait commencé en deuxième année, quand ce dernier avait mis la jeune fille au défi de plonger dans le lac noir pour aller voir si un calamar vivait véritablement dedans. Evidemment, la fierté mal placé d'Alexia n'avait pas pu refuser. Black avait été tellement impressionné devant son audace qu'il était ensuite venu la voir tous les jours pendant la semaine qu'Alexia avait passée à l'infirmerie à cause d'une pneumonie. A partir de là, une drôle d'amitié était née entre eux.

Mais Alexia se renfrogna et secoua la tête.

-Non. Il n'a pas pu venir me voir.

-Tu parles, il était sûrement en train de planifier avec Potter toutes les blagues qu'ils comptent faire cette année.

-Et c'est repartit ! Lily va nous refaire son discours anti-Maraudeur, plaisanta Dorcas.

-Pas anti-Maraudeur. Je n'ai rien contre Remus.

-Parce qu'il est préfet, même si ça ne l'empêche pas de participer aux mauvais coups des trois autres.

-Oui mais lui a l'intelligence de regretter un minimum et surtout de ne pas pratiquer la méchanceté gratuite.

-Il faut quand même avouer que certaines de leur farce sont marrantes, dit Alice. La fois où ils ont coloré les cheveux des Serpentard en jaune était épique !

-Stupide oui, grommela Lily alors que ses amies éclataient de rire.

Elles furent interrompues par le passage du chariot de friandises. Comme d'habitude, Marlène se jeta sur les baguettes en réglisse, qu'elle était la seule à aimer, tandis que les autres achetèrent quelques barres chocolatés. Dorcas se fit une mission de prendre une tonne de bonbon, dépensant une jolie somme. C'était toujours la même chose avec elle en ce qui concernait l'agent. La jeune fille dépensait sans compter, généralement en espérant que ses parents la remarquent. Les Meadowes étaient en effet une des plus vieilles familles de Grande-Bretagne, tout comme les Macmillan et les McKinnon, les familles d'Alice et de Marlène.

En fait, Lily était la seule née-moldu de leur groupe. Evidemment, ça ne posait aucun problème, même si parfois des différences culturelles se dressaient. Ainsi, ses amies ne connaissaient pratiquement jamais les musiques qu'elle écoutait ou encore les derniers films à la mode. Mais ça ne la dérangeait plus depuis longtemps. Justement, découvrir le monde des sorciers était une source de fascination qui, même après plus de cinq ans, continuait de s'exercer sur elle.

-Referme ce maudit panier ! S'écria soudain Dorcas, ramenant ses jambes contre sa poitrine.

-Mais il n'aime pas être enfermé, argua Marlène.

-Je m'en fiche ! Hors de question qu'il ne pose ne serait-ce qu'une patte dehors, c'est clair ?

-Tu…

-C'est lui ou moi, Marlène ! Déclara Dorcas d'un ton dramatique.

Vaincue, Marlène soupira et referma la fermeture éclair du panier. A l'intérieur, le chat émit un miaulement de protestation. C'est dans ces moments-là que Lily était heureuse d'avoir acheté une simple chouette quand il avait fallu choisir un animal. Bien plus pratique et autonome si on voulait son avis.


Quelques wagons plus loin, dans un compartiment encore plus bruyant, un autre groupe d'ami venait de se retrouver.

-Sirius, pousse-toi, tu prends toute la place !

-N'importe quoi, c'est Peter !

-Ne m'implique pas là-dedans.

-Aïe ! James, tu m'écrases le pied !

Assis tranquillement sur sa banquette, Remus releva la tête de son livre et soupira en voyant ses trois amis se chamailler comme des enfants de cinq ans. Parfois il se disait qu'il mériterait une médaille pour réussir à les supporter.

-Et si vous arrêtiez de vous comporter comme des gamins ? Finit-il par suggérer d'une voix neutre.

-Lunard a raison ! S'exclama James, remettant ses lunettes en place. Racontez vos vacances ! Je veux tout savoir.

La bonne humeur du brun était tellement contagieuse en cet instant que Remus laissa son livre de côté, se joignant à la conversation. Il avait toujours trouvé que son ami était un peu trop survolté pour son propre bien mais pour rien au monde il n'aura voulu que ça change.

-Rien de bien intéressant, dit Peter. Après la semaine passée chez toi, je suis partit en Espagne avec ma mère pendant trois semaines et ma grand-mère est venu nous rendre visite à la fin du mois d'août.

-Merlin, quelle horreur ! La vision de ta grand-mère me traumatise encore et pourtant ça fait trois ans !

-C'était une dame charmante, protesta Remus.

-Tu veux rire ? Elle m'avait donné des coups de balais parce que j'étais mal coiffé.

-En même temps, elle n'avait pas tort, lança Sirius.

Automatiquement, James se passa une main dans les cheveux, les décoiffant encore plus si possible. C'était une manie qu'il avait depuis toujours mais ses amis avaient fini par s'habituer, ce qui ne les empêchait pas de se moquer malgré tout.

-On t'a pas demandé ton avis Patmol, rétorqua James d'un air digne. Bref, et toi Remus ?

-Je suis resté chez moi. Mon père a eu une semaine de vacance mais impossible de partir à cause… enfin je veux dire la pleine lune tombait en plein milieu.

James sentit son ventre se serrer en entendant la peine dans la voix du lycanthrope. Il détestait que le problème de Remus l'empêche de vivre une vie normale, c'était tellement injuste. Aucun enfant, aucune personne, ne devrait avoir à subir cela.

-En fait, dit Peter, quand est-ce que c'est la prochaine justement ?

-Le 21 septembre. C'est un samedi.

-Génial ! Au moins on pourra dormir toute la journée après.

C'est vrai que les nuits de pleines lunes étaient souvent éprouvantes puisque les trois garçons ne dormaient pas, passant leur temps à distraire le loup-garou, l'empêchant ainsi de se faire du mal à lui-même. Généralement, ils repartaient vers 6h30, ce qui ne leur laissait qu'une petite heure de sommeil avant d'entamer la journée de cours. Au début, ils séchaient le plus souvent mais ils avaient vite compris que ça paraitrait trop suspect s'ils se mettaient à louper des cours pile le lendemain des pleines lunes. Aussi, c'était un véritable soulagement quand ça tombait le week-end.

Pourtant, malgré les inconvénients, James n'aurait arrêté leurs petites escapades nocturnes pour rien au monde. Jamais il ne laisserait Remus faire face seul à sa lycanthropie. Néanmoins, voulant éviter d'approfondir le sujet, il se tourna vers son meilleur ami avec nonchalance.

-Et toi, Sirius ? Tes vacances ?

Un silence lui répondit. Surpris, James pivota entièrement pour pouvoir l'observer complètement. Il regardait par la fenêtre, le visage fermé. Pour une autre personne cette expression aurait pu passer pour de l'ennui ou de l'indifférence mais James connaissait Sirius mieux que quiconque. Avec les années, il avait appris à reconnaître le pli soucieux sur son front. Malgré tout, James restait James, c'est-à-dire impulsif.

-Sirius ? Insista-t-il. Oh Patmol !

Alors qu'il allait continuer en voyant son meilleur ami se murer obstinément dans le silence, James croisa les yeux ambrés de Remus qui lui fit signe de laisser tomber.

-Euh… Et sinon vous avez vu le match de Quidditch Angleterre-Pérou cet été ? Demanda Peter, choisissant le premier sujet qui lui passait par la tête.

-Oui ! Embraya immédiatement Remus. Le dernier but était magnifique.

-La feinte de l'attrapeur péruvien était bien exécutée aussi, c'est dommage qu'il se soit pris un cognard à la dernière minute.

-T'en penses quoi, Cornedrue ?

James entendit à moitié la question, son attention totalement focalisé sur Sirius. Evidemment, il savait pourquoi son meilleur ami refusait de parler de ses vacances. Il ne pouvait même pas imaginer le calvaire qu'avait dû être ses deux mois avec sa famille. Pourtant, il refusait que Sirius garde ça pour lui. Il le connaissait assez pour savoir que rien de bon n'en ressortait quand il agissait comme ça.

-James, prévint Remus, anticipant la lueur malicieuse qui s'était allumé derrière ses lunettes. Vas-y avec tact.

James hocha la tête, concentré. Puis, soudain, sans prévenir, il bondit sur ses pieds en poussant un cri de guerre et se jeta sur Sirius, l'écrasant pratiquement.

-Merlin ! Cria-t-il. T'es complètement taré !

-Il parle ! S'exclama victorieusement James.

-Plus pour longtemps si tu continu à m'asphyxier. Bouge de là !

Repoussant son ami de toutes ses forces, Sirius éclata de rire en le voyant chuter lourdement au sol en grimaçant, les lunettes de travers. Très vite, James ne put s'empêcher de joindre son rire au sien, comme d'habitude.

-Heureusement que j'avais dit avec tact ! Commenta Remus.

-On s'en fiche, au moins j'ai réussis à le faire rire.

Désespérants, songea Remus, ils sont désespérants. En soupirant, il tendit la main à James pour l'aider à se relever, incapable de réprimer un sourire. Il savait depuis longtemps qu'enseigner le tact à James était peine perdue. Pourtant il n'était pas surpris de ce qui venait de se passer. C'était la manière dont fonctionnait leur petit groupe après tout. Quand l'un d'eux était mal, il suffisait que les autres le fassent rire, soit juste là pour le soutenir avec une confiance inébranlable qui n'appartenait qu'à eux. Et c'était encore plus vrai en ce qui concernait James et Sirius.

Remus aurait pu passer des heures à observer le lien qui unissait ses meilleurs amis. En fait, il ne s'imaginait même pas sa vie sans eux. Ils avaient accepté sa lycanthropie sans protestation, allant même jusqu'à devenir des animagi pour lui. James, particulièrement, faisait tout ce qui était en son pouvoir pour lui faire oublier sa condition. Combien de fois avait-il entendu un discours passionné pour lui rappeler qu'il n'était pas un monstre ? Combien de fois avait-il passé ses vacances au manoir des Potter pour se changer les idées ? Oui, décidément, il ne pouvait pas rêver de meilleurs amis.

Dès que James eu réussit à se remettre debout, il reprit sa place sur la banquette, piochant une dragée surprise dans le paquet posé à côté de Peter. Il le lança en l'air avant de l'avaler, la tête renversé en arrière.

-Quel goût ? Demanda Sirius par curiosité en le voyant grimacer.

-Poivre noir je crois, répondit-il. Mais ce n'est pas la question ! N'espère pas t'échapper comme ça, Patmol. Allez, raconte. Tes vacances ?

Sirius soupira, vaincu, sachant que quand James avait une idée en tête c'était impossible de le faire changer d'avis. Avec nonchalance, il repoussa les mèches de cheveux qui lui tombaient devant les yeux et se mit à raconter, impassible.

-Comme d'habitude. La Harpie n'a pas arrêté de me reprocher tous les maux de l'univers, mon père m'a à peine décroché un bonjour, ce qui est déjà un exploit en soit, et le reste de la famille à fait comme si je n'existais pas. T'aurais dû voir le sourire dément de Bellatrix quand elle parlait de la montée en puissance de son précieux mage noir ! Plutôt être écrasé par un train que de devenir comme eux.

-Alors c'est sûr ? Ta cousine a rejoint les partisans du mage noir ? Interrogea Peter.

-J'ai encore des doutes mais quelle importance ? Si ce n'est pas maintenant, ça sera bientôt.

En effet, depuis quelques mois, un mystérieux mage noir sévissait dans toute l'Angleterre. Personne n'avait l'air de réellement savoir qui il était et le Ministère gardait le silence à ce sujet. Néanmoins, les rumeurs prenaient de l'ampleur, tandis qu'à cela s'ajoutait une liste de disparitions et de morts inexpliquées. Pour l'instant, Remus ne savait pas trop quoi en penser. Après tout, la plupart des choses qu'on racontait était plus invraisemblable les unes que les autres et ne restait que des rumeurs entourées de zones d'ombres.

-Et avec ton frère ? Demanda-t-il prudemment.

S'il y avait bien un sujet sensible dont les Maraudeurs évitaient de parler avec Sirius, c'était son petit frère. Qu'il leur parle de sa famille, passe encore, mais Regulus était un cas à part. D'ailleurs Remus remarqua que Sirius n'avait rien dit sur lui, l'évitant sciemment.

-C'est compliqué, se contenta-t-il de répondre pour clore le sujet.

Cette fois-ci même James n'insista pas. Il connaissait la limite.

En s'apercevant de la tension qui s'était installé dans le compartiment, Peter rompit le silence en sortant son jeu de bavboule, rangé dans son sac.

-Une partie, ça vous tente ?

-Je vais vous battre à plat de couture ! Déclara James aussitôt en se saisissant du plateau de jeu qu'il posa sur la petite table entre eux.

-Ne rêve pas Cornedrue, rétorqua Sirius avec un sourire aux coins des lèvres. Tout le monde sait que je suis le meilleur ! Où est le carnet, Peter ?

Peter fouilla à nouveau dans son sac et en sortit un petit carnet rouge à la reliure abîmé, comme si il avait servi plusieurs fois. L'ouvrant vers le milieu, il dit :

-Alors, on en est à vingt-trois points pour moi, trente-quatre pour James, trente-six pour Sirius et quarante-deux pour Remus !

-Quoi ? S'indigna James. Il est encore premier ?

-Comme depuis trois ans, James. Il va falloir t'habituer.

-Certainement pas ! Je le sens, cette année sera différente des autres.

L'assurance que James mit dans sa voix fit sourire les autres. James avait toujours eu tendance à prendre les choses trop à cœur, à être joyeux, passionné et exubérant. Mais pour une fois, Remus se dit que son ami avait raison. Il ne savait pas encore en quoi ni comment mais cette année serait unique.