C'était la première fois pour Shintaro... Il ne pensait pas cela lui arriverait si vite, surtout qu'ils se connaissaient à peine tous les deux. Il avait déjà reçu pas mal de demandes de ce type quand il était plus jeune mais il les avait toutes refusées plus ou moins poliment. Alors pourquoi c'était lui qui avait proposé cette fois ?

Cela lui faisait un peu peur, personne n'était jamais entré ici avant, une terre sauvage. Sa mère lui avait dit d'attendre la bonne personne, de ne pas se précipiter et qu'il avait le temps pour ce genre de choses...mais il n'avait pas réfléchi sur le coup, c'était sorti tout seul et...il en avait eu envie. Il espérait maintenant ne pas s'être trompé de personne, que tout allait bien se passer et que l'autre ne serait pas trop dur avec lui. De toute façon il était trop tard pour reculer, ils étaient déjà allés trop loin...

Il était encore un inconnu pour Shintaro il y a de cela quelques jours, et maintenant...ils s'apprêtent tous les deux à franchir le pas...de la porte de chez les Midorima.

Comme prévu en début de semaine, Takao avait été convié chez son camarade pour commencer leur exposé d'anglais qu'ils avaient à faire ensemble. Les deux adolescents s'étaient rejoints près du pont un peu plus bas qui était vraisemblablement à égale distance de leurs deux demeures et le vert avait repris la marche afin de guider le brun. Ce dernier semblait d'ailleurs excité comme une puce à l'idée d'entrer chez son nouvel ami et ne le cachait pas, il sautillait presque et pointait du doigt chaque belle maison en demandant si c'était celle-ci.

-C'est celle-là Shin-chan ?

-Non.

-Oh j'étais sur pourtant, je trouve qu'elle t'allait bien...

-Comment une maison peut « bien m'aller » ?

-Ben j'sais pas, elle est toute propre avec un beau jardin plein de verdure.

-Et vu que j'ai les cheveux verts évidement je vis dans une forêt... Tu ne t'es pas dit que j'habitais dans un chou aussi ?

-Dans un chou hahahaha ! Quelle drôle d'idée Shin-chan, t'es bizarre des fois...

-Parle pour toi.

-Excuse-moi mais je suis normal, c'est toi qui te trimbales avec un poireau...

-C'est mon objet du jour, nanodayo.

-Ouais tu me l'as déjà dit, mais quand même t'as pas l'impression qu'Oha-asa se fou de ta poire des fois ?

-Absolument pas.

-Bon ben si tu le dis... Oh cette maison là est super belle... et super grande ! Encore une baraque de gros riches... D'ailleurs on arrive bientôt ?

-On y est justement.

Kazunari eut un mouvement de recul une fois devant la demeure du vert, il venait à peine de critiquer ses possibles habitants qui n'étaient autres que la famille de son camarade. Il s'approcha à nouveau du vert avec une petite moue.

-Oh... Shin-chan je suis désolé...Je voulais pas juger ta famille hein mais...mais tu vois ta maison elle est grande et belle et..

-Ce n'est rien, je comprends. Je trouve moi-même cette maison beaucoup trop grande, surtout quand je dois faire le ménage.

-C'est toi qui le fais ?

-Oui, il y a juste un jardinier qui vient le week-end.

-Un jardinier ? Tu n'a pas la main verte Shin-chan ?

-Non, juste les cheveux.

-C'est déjà pas mal...

Shintaro ne répondit pas et ouvrit le portail avant d'avancer vers la porte d'entrée qu'il ouvrit de la même façon. A force d'entrer chez lui tous les jours, ce paysage si familier n'avait rien de particulier, et il ne se rendait pas vraiment compte du choc que cela pouvait causer aux personnes non habituées comme l'était Takao. Ce dernier entra timidement et s'émerveilla du si peu qu'il voyait déjà.

-Waaa... Mais c'est immense !

En effet l'entrée donnait sur le salon et la décoration lumineuse donnait l'effet que la pièce était encore plus grande qu'en réalité. Les meubles et l'agencement étaient de style occidental, c'était la mère de Shintaro qui s'en était chargée en ramenant des meubles européens. Jamais Kazunari n'avait vu un canapé aussi grand devant un écran aussi plat. Tout lui semblait hors-normes alors que lui n'habitait qu'une modeste petite maison traditionnelle.

La chose qui le frappa assez rapidement fut, au delà de la très jolie décoration, son manque de chaleur. Tout était blanc, gris, vert, noir... mais tellement impersonnel. Une seule photo de famille trônait au-dessus de la cheminée mais rien ne laissait penser à une quelconque habitation de l'endroit, comme si la pièce semblait sortir d'un catalogue. C'était un peu triste...

Cependant Kazunari ne perdit rien de sa joie de vivre et trépignait d'impatience de voir la chambre de son nouvel ami. Il l'imaginait très bien rangé, avec des meubles simples, un bureau plein de cahiers et une grande bibliothèque, un peu dans la continuité de ce qu'il avait déjà observé. Aussi, dès que son hôte lui indiqua où se trouvait la caverne d'Ali-baba, il se dépêcha d'y monter, ne prêtant plus attention au reste de la maison.

-Takao ne court pas dans les escaliers, tu vas tomber!

-C'est bon Shin-chan j'ai plus quatr- aie !

A croire qu'il l'avait fait exprès mais Takao trébucha dans les escaliers et se cogna le pied contre la dernière marche, manquant la chute de peu. L'adolescent ne se laissa pas abattre pour autant et se redressa avec une grimace pour finir par s'appuyer contre la porte de la chambre tant convoitée.

-Je peux entrer ?

-Oui vas y, je te rejoins dans deux minutes.

Le brun se hâta donc d'ouvrir la porte et fut un peu surpris... La chambre était à l'image qu'il s'en faisait, propre et extrêmement bien rangée, des meubles simples, un bureau recouvert de cahiers et une bibliothèque pleine de livres beaucoup trop gros... Mais elle était aussi étrangement décorée... Il y avait plein d'étagères remplies de babioles toutes plus moches et étranges les unes que les autres. Une sculpture de tanuki en terre cuite, une maquette d'avion en bois, une petite peluche d'ourson qui fait du karaté, une tour Eiffel en bronze,... Tous ces objets n'avaient rien à voir les uns avec les autres et n'étaient même pas beaux... Takao ne comprenait pasn alors il s'approcha de plusieurs d'entre eux pour les regarder de plus près...

-Ce sont mes lucky items.

-Oh je comprend mieux. Pourquoi tu ne t'en débarrasse pas ?

-Je ne veut pas m'attirer de malchance...

-... Shin-chan tu es vraiment bizarre. Oh tiens ! Tu as des mangas ? C'est étonnant !

-Pourquoi c'est étonnant ?

-Ben j'sais pas, t'as pas une tête à en lire. J'te voyais plutôt lire des encyclopédies dans ton lit le soir~

Shintaro soupira et retira sa veste qu'il rangea dans son armoire le temps que Kazunari terminait son inspection. Le brun était incroyablement curieux et fouillait un peu partout comme s'il allait trouver la félicité au fond d'un tiroir. Bien que patient, Midorima savait pertinemment qu'attendre qu'il ait terminé ne les ferait commencer le travail qu'en fin de soirée, et encore, alors autant arrêter tout de suite le jeune homme dans ses fouilles et se mettre au boulot.

-Takao, on commence ?

-Ouiii Shin-chan !

L'adolescent se précipita sur le lit et s'y mit à l'aise sans quitter le vert des yeux, semblant attendre une quelconque consigne. Midorima s'assit à son bureau et sortit quelques feuilles et son cahier d'anglais. Le problème, c'est qu'il ne savait pas vraiment par où commencer. Les deux camarades avaient débuté leur exposé en cours et avaient rédiger le plan, mais cela ne les avançait pas vraiment au final. Enfin le pire dans tout ça c'était surtout le sujet de l'exposé en lui-même... La gastronomie canadienne n'était pas vraiment sa passion à vrai dire... Midorima ne s'intéressait pas le moins du monde à la cuisine et encore moins celle qui n'était pas dans son assiette. Pour le coup, il aurait aimé se retrouver avec Murasakibara, peut-être que lui en savait un peu plus...

-Shin-chan j'ai faim...

-Takao on a commencé depuis un quart d'heure, tu te fiche de moi ?

-C'est pas de ma faute, on parle de crêpes au sirop d'érable depuis 10 minutes, je suis faible moi...

-Ce n'est pas l'heure de manger. Tu sais que c'est mauvais de grignoter entre les repas ?

-Mais c'est pas grave on fera du sport pour éliminer~

-Je ne fais pas de sport.

-Tu devrais, t'es grand et tout, j'suis sur tu serais super fort!

-On me l'a déjà dit.

-Pourquoi tu n'essayes pas alors ?

-Ce n'est pas parce que je suis grand que je serai forcément doué, alors je ne préfère pas perdre mon temps si ce n'est pas le cas.

-Mais t'es trop nul Shin-chan, comment tu peux savoir si tu n'essayes pas ?

Midorima ne trouva rien à répondre. Depuis tout petit, il avait réussi tout ce qu'il avait entreprit -mis à part la cuisine- et la notion d'échec lui était quasiment inconnue, c'était peut-être pour cela qu'il avait peur de se lancer dans quelque chose de vraiment nouveau, quelque chose où il pouvait échouer, ne pas réussir. La peur permanente de l'échec. Pourtant il n'avait rien à perdre, il ne jouait pas sa vie en essayant un sport bien au contraire, pratiquer une activité physique ne pouvait lui être que bénéfique. Peut-être qu'il devrait vraiment réfléchir à l'offre de Momoi concernant le club de basket... Il lui enverrait un message ce soir tiens. En attendant ses pensées devaient se concentrer ailleurs que la jolie jeune femme.

-Eh tu sais ce qui serait cool pour l'exposé ?

-Non, je t'écoute.

-Ben on ramène un vrai exemple, tu vois on cuisine un petit truc pour faire goûter à toute la classe, j'suis sur qu'on ramasserait une super note !

-Et tu sais faire un plat canadien toi ?

-Absolument pas, mais on peut chopper une recette sur internet non ?

-En effet, et tu sais cuisiner un minimum alors ?

-Hahah non pas du tout, je sait juste faire des tartines moi ! Mais t'es un surdoué tu dois savoir faire ça non ?

-...

-Noooon ?

-Non...

-Ben merde alors...

-Ton langage.

-Pardon... Han mais alors ça veut dire que c'est mort pour mon idée...

-Oui, sauf si tu trouves une solution d'ici là.

-Je vais chercher alors, fais moi confiance Shin-chan~

-En tout cas c'est bien joli cette idée de faire à manger, mais tout le reste ne va pas se faire tout seul...

Après avoir expirer assez d'air pour gonfler une piscine en plastique en soupirant, Takao se mit un peu plus sérieusement au travail. Les deux camarades se servaient d'internet pur leurs recherches mais aussi des fascicules de tourisme très nombreux dans les affaires des parents Midorima qui sont de grands voyageurs. D'ailleurs cela étonna Kazunari de savoir que le vert n'était jamais sortit du pays alors que ses géniteurs avaient presque fait le tour du monde... C'était un peu du gâchis à ses yeux, lui ne pouvait pas se permettre d'aller plus loin que Shizuoka en vacances à cause des revenus plus modestes de ses parents, mais bon, il n'allait pas juger le vert pour cela, s'il préférait vivre ainsi c'était son choix et il n'avait pas son mot à dire.


Midorima était assis à son bureau, encore en train de rédiger une des parties de l'exposé tandis que Takao était allongé sur son lit, un cookie dans la bouche.

-Fais attention Takao, tu vas mettre des miettes partout.

-T'en fais pas Shin-chan, je suis au-dessus de ta couverture, t'auras juste à la secouer.

-C'est toi que je vais secouer demain si jamais cela m'empêche de dormir.

-Tu parles, je suis sur que tu dors avec un pyjama tu vas même pas sentir !

-C'est le cas en hiver en effet, mais là, il fait encore bon dehors alors je suis en short.

-Tu dors jamais en boxer ?

-Non.

-Est-ce que tu mets des boxers au moins ?

-Je me demande bien en quoi cela te regarde.

-Naaan ? Tu mets des slips ?

-Mais non !

-Menteur, je veux une preuve !

-Va mourir !

-Mais Shin-chaaan...

Midorima allait répliquer lorsqu'une sonnerie sortit de son ordinateur, lui indiquant un appel Skype de sa sœur. Il savait que ce n'était pas très poli de répondre alors qu'il avait un invité, mais avec le décalage horaire et la reprise des cours, les appels avec sa famille devenaient de plus en plus rares donc il pouvait bien faire une exception, surtout que ce n'était pas le ministre chez lui, juste un camarade classe un peu énervant. Il décala donc l'ordinateur devant lui et accepta l'appel vidéo, faisant apparaître le visage de sa sœur sur son écran.

Aya Midorima avait 15 ans depuis peu et était à la fin de sa dernière année de collège. Etudiant en France, Shintaro avait parfois du mal avec le système scolaire de ce pays qui était bien différent du sien, sa sœur commençait son année scolaire en septembre et la terminait en juillet alors que lui commençait en avril pour finir en mars. De plus, le collège était découpé en quatre niveaux contre trois pour les Japonais... C'était à s'arracher les cheveux.

Outre ce problème, les vacances étaient bien souvent en total décalage, de ce fait, sa famille ne rentrait que très peu au Japon excepté pour les vacances d'été et celles de Noel. Du coup, Shintaro n'avait pas vraiment l'occasion de voir sa sœur grandir et il s'étonnait toujours de voir les changements par écrans interposés chaque fois qu'elle l'appelait.

Cette fois-ci, ses cheveux avaient beaucoup poussé et ils lui arrivaient sans doute au milieu du dos créant une cascade verte émeraude qui descendait sur tout le haut de son corps. Ses yeux étaient légèrement maquillés avec un peu de mascara, c'était discret et largement suffisant, la jeune fille n'avait pas besoin de plus pour mettre son regard de jade en valeur derrière les carreaux de ses lunettes, un trait de plus partagé avec son frère. En fait, la jeune fille était la copie parfaite de son ainé mais version féminine, une très jolie personne en somme.

Le physique n'était pas la seule chose que la verte partageait avec son frère, leurs caractères étant plutôt similaires quoique la collégienne était un peu moins renfermée, surtout quand cela concernait Shintaro...

-Bonjour Nii-san.

-Bonjour Aya, tu vas bien ?

-Ca peut aller merci, et toi ? Je ne t'embête pas j'espère ?

-Non ne t'inquiète pas, j'ai juste un inv-

-BONJOUR !

-Takao vas-t'en !

Kazunari avait sauté à coté de Midorima lorsqu'il avait entendu une voix féminine sortir de l'appareil, il voulait absolument savoir qui cela pouvait bien-être... Sa copine ? Sa mère ? Sa sœur ? Une amie ? Rien qu'un regard sur l'écran l'éclaira tout de suite, aucun doute que la jolie fille était de sa famille, sa jumelle peut-être ?

Si le brun était déjà tout excité à l'idée de voir la sœur Midorima, et avec un peu de chance, de lui parler, ce n'était de toute évidence pas du tout le cas de celle-ci qui fronça sévèrement les sourcils, la faisant ressembler encore plus à Shintaro. Qui était donc cet impudent qui venait de sauter sur son précieux frère ?

-Aller pousses-toi tu m'écrases !

-C'est ta sœur ? Elle est trop jolie ! Elle te ressemble vachement...

-C'est ça oui, aller va t'asseoir ailleurs que sur mes genoux !

-Ok ok, je vais prendre la chaise héhé !

-Désolé Aya...

-Ce n'est rien Nii-san, qui est-ce ?

-Un camarade de classe avec qui je fais un exposé d'anglais, Takao Kazunari.

-Oh d'accord. C'est rare que tu invites quelqu'un chez nous.

-En effet, mais c'est plus pratique pour ce genre de travail.

-Je comprends.

-T'es la sœur de Shin-chan ?

-En effet...

La jeune fille avait répondu avec un ton polaire. « Shin-chan »... Comment ose-t'il ? Comment ce garçon pouvait se permettre d'appeler son frère ? Il n'avait donc aucune notion de respect ? A moins que les deux garçons soient assez proches pour qu'il s'accorde le droit de l'appeler si familièrement... Sauf que Shintaro n'avait jamais fait mention que ce Takao soit son ami ou tout autre chose de ce genre...

Ce garçon l'énervait. Vraiment.

-Je ne voudrais pas te déranger dans ton travail Nii-san, je pense que je vais te rappeler plus tard...

-Ha mais nan t'inquiète pas Mido-sister on faisait justement une pause !

-Non, c'est toi qui faisais une pause...

-De toute façon on rentre bientôt pour les vacances alors ce n'est pas grave.

-Oaaah je veux te voir en vrai ! T'es aussi grande que Shin-chan ? Parce que lui il fait presque 2 mètres !

-Je sais. J'y vais, au revoir Nii-san, et... Takao.

-Bon très bien, au revoir Aya, salut tout le monde de ma part.

-Salut Mido-sister !

La jeune fille raccrocha rapidement, un regard mauvais en direction du brun que son frère ne remarqua pas. Ce dernier repoussa son ordinateur et se remit au travail comme si de rien était alors que Takao commença à poser une rafale de questions sur sa famille et surtout sur sa sœur.

D'ailleurs le saviez-vous mais la jeune Midorima est amoureuse, depuis des années. Du haut de sa quinzaine d'années, le cœur de la jouvencelle est déjà occupé et plein à craqué de sentiments tous plus beaux les uns que les autres à l'égard de...de... Ben de son frère. Aya Midorima est folle amoureuse de Shintaro Midorima depuis que cette dernière sait ce qu'est l'amour, sans que son aveugle de frère ne le remarque bien évidemment. Pas que la demoiselle ne soit vraiment discrète et ne s'en cache à tout prix, au contraire même, mais le vert ne l'a simplement pas encore remarqué, et jamais une idée comme celle-ci ne viendrait germer dans sa tête... Comme si sa sœur pouvait l'aimer d'amour...

Bien ou mal ? Elle s'en fichait éperdument. Elle avait déjà lu quelques témoignages de personnes dans son cas, et la simple vue des commentaires à ce sujet suffisait à la mettre en rogne, comme des gens pouvaient-ils juger une personne à ses sentiments ? Comment pouvaient-ils juger quelqu'un qui avait juste eut la malchance de naître dans la même famille que la personne qui lui était destinée ? Bande d'ignares.

Mais ce que la verte détestait plus que tout, c'était les gens qui s'approchaient trop près de son frère, une chance pour elle que ce dernier soit antisocial... Du moins c'est ce qu'elle pensait, avant de voir ce garçon, ce Takao. Oh oui elle avait hâte de le voir aussi, mais pas pour les mêmes raisons, pas sur que ses pieds ne foulent encore le parquet de la demeure familiale après ces vacances d'été, parole de Midorima.


Lorsqu'il fut enfin seul le soir venu, Midorima était bien content de retrouver le silence d'habitude pesant de sa maison. Takao était un garçon très sympathique mais surtout très bruyant, et le vert n'était pas vraiment habitué à ce genre de tornades...

Pourtant, il se devait d'avouer que cela lui avait fait un bien fou. Jamais il n'aurait penser que se retrouver avec quelqu'un un après-midi en dehors des cours, même pour travailler serait aussi bénéfique sur son moral. Du coup Shintaro n'avait pas hésiter longtemps pour inviter à nouveau le lycéen chez lui le week-end suivant afin de terminer l'exposé, le brun avait d'ailleurs émit l'hypothèse de le faire chez lui afin que cela soit équitable, mais il fut forcé de constater que la maison des Midorima était bien plus propice aux études que la demeure Takao.

Peut-être que si tout se passait aussi bien la prochaine fois, il pourrait lui proposer de venir réviser avec lui un jour, surtout que Kazunari avait l'air intéressé -et impressionné- par ses fiches de révisions qui étaient, d'après lui, encore plus claires que les explications du prof. Devant de tels compliments, Midorima n'avait pas pu lui refuser de lui en prêter quelques unes qu'il lui rendrait lundi ses fiches pouvaient servir à un autre que lui, il n'allait pas s'en plaindre.

Shintaro, s'enfila sous sa couette après sa douche, son ordinateur sur les genoux et son portable non loin et se prépara à regarder un film dont il n'avait entendu que de bonnes critiques. Il l'avait télécharger -en toute (il)légalité- la veille et pouvait enfin se détendre devant. Il lança la lecture quand son portable vibra, indiquant la réception d'un message.

De: Kerosuke

Bonsoir Midorima,

Tu as passé une bonne journée ?

A: Kerosuke

Bonsoir.

Oui, j'ai invité un camarade de classe chez moi pour faire un exposé.

Et toi ?

De: Kerosuke

Oh, c'est une bonne nouvelle.

Très bien, merci.

A: Kerosuke

En quoi c'est une bonne nouvelle ?

De: Kerosuke

Eh bien tu laisses quelqu'un pénétrer chez toi, cela indique

que tu as confiance en cette personne non ?

C'est donc ton ami j'imagine.

A: Kerosuke

Je ne sais pas trop en fait...

Takao est gentil mais je ne peux pas encore le considérer comme un ami...

De: Kerosuke

C'est quoi pour toi un ami ?

Bonne question tiens. Là, il lui posait une sacrée colle. Bien sur il savait ce qu'était l'amitié dans les grandes lignes, il en était question un peu partout dans les livres, les mangas, les films, dans la vie de tous les jours... Mais l'amitié avait aussi une définition propre à chacun qui faisait que des liens étaient irrémédiablement plus forts que d'autres.

A: Kerosuke

Quelqu'un avec qui je pourrait être moi-même.

De: Kerosuke

Qu'est-ce qui t'empêche de l'être avec ce Takao ?

A: Kerosuke

J'ai peur.

De: Kerosuke

Je vois...

Et moi, je te fais peur ?

A: Kerosuke

Non pas vraiment.

Même si tu es un peu bizarre...

De: Kerosuke

Je vais tâcher de le prendre comme un compliment alors.

La discussion avec le mystérieux inconnu à parler de tout et de rien dura encore une heure avant qu'elle ne soit coupée par un appel de Kise, toujours à la même heure chaque soir. Midorima en vint, suite à sa conversation avec "Kerosuke", à se demander s'il pouvait considérer le blond comme un ami... Seulement son incapacité à se présenter physiquement à lui faisait qu'indéniablement, il n'était pas assez à l'aise avec lui et donc, il ne pouvait pas le considérer comme tel. Seulement voilà, Ryota s'en fichait royalement de tout ça et chignait comme un enfant de quatre ans devant les rayons d'un magasin de jouets...

-Midorimacchi je veux te voir en vraiiiiii...

-Mais pourquoi diable ?

-Ben comme ça on pourrait passer du temps ensemble, tu es dans mon lycée ce serait dommage de s'en priver.

-Qu'est-ce qui te dit que j'ai envie de passer du temps avec toi ?

-Ben tu passes déjà une partie de ta soirée à m'écouter raconter ma vie au téléphone, ça veut dire que tu aimes ça, et là je t'offre la possibilité de profiter d'encore plus de papotages !

-Non merci alors...

-Gnnn méchant Midorimacchi...!

-Si tu veux vraiment me voir, pourquoi tu ne te renseigne pas sur moi ?

-Ben... Je ne pense pas que ça te plairait non ? Enfin j'veux dire, si tu ne veux pas que je te vois c'est ton choix, je le respecte c'est tout, même si ça m'embête... C'est un peu débile ta question non ?

-Hm... Bon, on verra bien cette semaine alors.

-Pour de vrai ?

-Oui, baka !

Le blond laissa exploser sa joie à l'autre bout du fil, faisant perdre momentanément l'ouïe à Shintaro qui se plaignit de ses cris pendant tout le reste de l'appel.


Si on demandait à Shintaro sa passion, il ne répondrait pas les horoscopes, parce que cela n'est pas une passion mais une nécessité. Du coup, que répondrait-il à votre avis ?

La musique. La vraie musique, pas la soupe commerciale qui passe à la radio, mais celle jouée depuis des siècles à l'aide d'instruments vieux comme le monde. Il n'y avait que cela pour le faire frissonner sans qu'il n'ait froid, pour le faire s'évader complètement, pour lui faire ressentir un tas d'émotions sans rien d'autre qu'une mélodie.

Ce qu'il préférait était la musique classique, et il passait de longues heures devant son piano à faire courir ses doigts sur les touches sans penser à rien d'autre, il n'y avait que là qu'il se laissait vraiment aller et qu'il ne se retenait pas, cacher derrière son masque d'impassibilité. Et c'était d'ailleurs pour cette même raison qu'il ne s'était pas inscrit au club de musique du lycée, car il ne savait pas ce qu'il pouvait montrer à ces gens qu'il ne connaissait pas. Shintaro n'était pas prêt à être vraiment lui-même devant les gens...

Pourtant, il lui arrivait parfois de passer par la salle de musique pendant les heures où elle était libre, notamment du temps de midi lorsqu'il avait fini son repas, lui laissant ainsi de longues minutes à tuer.

Sauf qu'aujourd'hui, c'était différent. Midorima avait décidé de passer dans la salle de musique après avoir manger, sauf qu'une douce mélodie en émanait. La salle n'était donc pas vide, il y avait quelqu'un qui jouait d'un instrument, ce devait d'ailleurs être du violon s'il ne se trompait pas... Et sans savoir pourquoi, il restait debout devant la porte à écouter comme un enfant. Il ne pouvait s'en empêcher tant c'était beau...

Shintaro s'en voulait un peu, il détesterait que quelqu'un l'écoute en secret lorsqu'il joue du piano, et si cette personne, fille comme garçon, s'embêtait à venir jouer au moment des repas, c'est qu'elle ne voulait pas être embêtée –ou qu'elle était très passionnée. Du coup, il avait la désagréable sensation de violer l'intimité de cet inconnu et de lui voler quelque chose... Pourtant, il n'arrivait pas à bouger, ses jambes restaient figées et refusaient de quitter le devant de la porte. Une chance d'ailleurs que cette dernière ne possède pas de vitre, sinon adieu la discrétion.

Ce qui faisait rester là le vert, n'était pas tant l'envie d'écouter le morceau, il pouvait aisément le faire chez lui dans son lit vu sa collection de vinyle comportant des récitals de violons que sa mère adorait tant. Mais c'était plutôt le désir brulant de l'accompagner... De jouer avec lui, de laisser ses doigts danser sur les touches blanches et noires au rythme des cordes de l'instrument...

Résister était une torture.

Shintaro ferma les yeux pour profiter encore un peu de la mélodie et laisser ses doigts courir dans les airs, peu importe qu'on le prenne pour un dingue, les couloirs étaient déserts. Et d'un coup, la mélodie se stoppa, plongeant la pièce dans un silence profond. Midorima rouvrit les yeux et resta quelques secondes immobile avant de se tourner vers la porte pour l'ouvrir, et peut-être entrer, comme si de rien était. Il allait entrer... Lorsqu'une voix l'interpella non loin.

-Mido-chin~

Il eut à peine le temps de se tourner complètement vers la provenance de cette voix qu'un corps massif et lourd s'affala sur lui, manquant de le faire s'écrouler.

-Bonjour Murasakibara, tu m'écrases.

-Je sais~

-Alors arrête.

-Non, c'est un câlin de récompense tu es obligé de l'accepter...

-En quel honneur je te prie ?

-Ben pour les bonbons que tu as laissé dans mon casier ce matin. C'était toi hein ?

Midorima ne put empêcher de légères rougeurs de colorer ses joues. En effet, le matin même, sachant que le géant violet n'avait pas prit la peine de fermer son casier –il avait finit par le remarquer au bout de quelques jours- il avait jugé bon de lui laisser une petite surprise dedans. Lorsqu'il était partit à la recherche de son objet du jour dans la supérette du coin, il était tombé sur une promotion concernant les paquets de bonbons. Shintaro n'était pas trop fan des sucreries mais cette offre valait vraiment le coup... Alors il avait acheté cinq paquets de friandises différentes... Société de consommation ! Après avoir trié ses préférés, il s'était dit qu'il pouvait utiliser le reste à bon escient, à savoir les offrir à son voisin de casier qui semblait toujours en manque de ces choses là.

-En effet...

-Tu m'as sauvé la vie tu sais ?

-A ce point ?

-Tu n'imagines même pas... En plus j'adore ceux à la cerise... Et ceux à la pomme... Et les sucettes aussi... Et un peu tous en fait~

-Je me demande s'il y a des bonbons que tu n'aime pas de toute façon...

-Hmmm... Non je ne pense pas.

-N'en abuse pas trop quand même !

-Mido-chin s'inquiète ?

-A-absolument pas... !

Murasakibara se contenta de sourire au vert qui détourna le regard afin de ne pas rougir une seconde fois en l'espace de cinq minutes. Sur ces bonnes paroles, le violet passa sa main dans la chevelure émeraude et avança dans le couloir sans un mot de plus. A nouveau seul, Midorima se décida enfin à ouvrir la porte de la salle de musique. Sauf qu'elle était vide, plus personne n'était dedans, à son grand désarroi...


De: Momoi

Tu peux passer au gymnase après les cours

il y a entrainement ce soir.

Tu feras ta ronde des toilettes plus tard~

Oui, Midorima avait craquer ce matin et avait demander à Satsuki si c'était possible d'éventuellement rejoindre le club de basket, au moins pour essayer. Le fait est que, après le départ de Takao de chez lui, même si l'adolescent avait trouvé agréable de se retrouvé enfin seul, il s'était justement trouvé trop seul... Contre ça, il se disait qu'en rentrant plus tard, après sa possible activité de club et sa ronde des toilettes, il passerait moins de temps dans l'austérité de sa maison et il pourrait créer des liens... Il s'était poser une foule de questions tout le week-end pour finir par envoyer un message à la manager sur un coup de tête...

Shintaro était donc là, devant le gymnase et poussa la grande porte non sans crainte. Il pénétra dans le bâtiment et observa les joueurs se dépenser sur le terrain.

Les ballons volaient, les baskets crissaient, les sifflets...sifflaient... C'était beau. Plus beau qu'il ne l'aurait cru. Il scruta les alentours jusqu'à ce qu'une voix ne le tire de sa silencieuse contemplation.

-Je peux t'aider ?

Devant lui, un garçon. Plus petit que lui mais sans doute plus vieux, les cheveux bruns et un regard gris, intense.

-Excusez-moi, je cherche Momoi Satsuki.

-Tu n'es pas un de ses admirateurs j'espère, sinon tu vas te faire tuer par Izuki...

-Non non, c'est elle qui m'a dit de venir ici.

-Oh ? Bien souvent si elle dit aux gens de venir c'est qu'il veulent nous rejoindre. C'est le cas ?

-Je ne sais pas encore vraiment en fait...

-Nijimura-senpai, arrête de lui faire peur...

-Mais je n'ai rien fait !

-A d'autres, tu fais toujours flipper tout le monde, et s'il a peur il ne voudra jamais nous rejoindre, c'est un joueur en or que je vous apporte là~

-On verra, je te laisse lui expliquer. Bonne chance à toi, Midorima.

-Merci... Mais com-...

Il était déjà parti avant qu'il n'ai terminé sa question, tant pis, ce n'était que la deuxième fois aujourd'hui que les gens partaient trop vite.


Voilà voilà !

J'espère que ce chapitre vous aura plu, même s'il a été long à rédiger, ce fut un plaisir pour moi de l'écrire, j'adore cette fiction, j'adore Midorima, j'adore sa relation naissante avec Murasakibara (#fangirl du MuraMido).

Bref, je tenais quand même à vous remercier pour toutes vos reviews, notamment celles en anonyme auxquelles je ne peux répondre. Vous êtes géniales.

Concernant l'homme mystère, j'avoue qu'on n'en apprend pas vraiment (pas du tout) sur lui, mais je veux prendre le temps d'instaurer leur relation alors cela sera plus longs qu'avec les autres intervenants. (du coup, le mystère reste entier, neh~ ?)

Je pense d'ailleurs que je ne ferais pas apparaître tout le monde dans chaque chapitre à l'avenir car il y a de plus en plus de monde et c'est un peu difficile à gérer (la folie des grandeurs que voulez vous) surtout que tout le monde n'est pas encore là...! Alors soyez patient(e)s et je vous amène vite la suite (avec vos reviews comme motivation, alors si vous voulez que cela aille plus vite, à vos claviers~)

Allez, des bisous