Réunie sur Saijo, la nouvellement formée Alliance des planètes libres doit décider de la réponse à donner à l'offre de trêve de Claria. Sur Byss, l'autorité de la nouvelle Impératrice est également contestée.


Épilogue

Congrès de l'Alliance des planètes libres, Saijo

Quelques jours après le couronnement de la nouvelle Impératrice, les représentants des mondes de la bordure extérieure qui avaient profité de la mort de Palpatine pour se libérer du joug impérial se réunirent en congrès sur la planète Saijo avec les dirigeants de l'Alliance rebelle. Certains mondes neutres ou encore officiellement membres de l'Empire envoyèrent également des observateurs à la conférence. La reine Kylantha de Naboo était ainsi représentée par l'ancienne sénatrice Pooja Naberrie et le roi Arno de Zeltros avait également délégué des représentants, 4 jeunes gens répondant aux noms de Bahb, Jahn, Marruc et Rahuhl. La décision fut prise de former un gouvernement provisoire des mondes libérés, sous le nom d'Alliance des planètes libres, dont le siège serait sur Saijo et la présidence assurée par Mon Mothma. Mais la discussion achoppa ensuite sur la réponse à apporter à la proposition de trêve et de négociations formulée par la nouvelle dirigeante de l'Empire.

– En ce qui me concerne, commença Mon Mothma, je trouve l'offre de trêve de l'Impératrice Claria raisonnable et offrant une bonne base pour entamer des négociations de paix. Je suis prête à accepter l'échange de prisonniers et à la rencontrer en terrain neutre si des garanties suffisantes nous sont données quand à notre sécurité et notre immunité. Je m'inquiète en particulier de la fausse accusation proférée à l'encontre de la princesse Organa et de maître Skywalker d'avoir assassiné l'Empereur Palpatine.

– Il est clair que Claria ne reconnaîtra jamais qu'elle a elle-même éliminé son ancien maître, poursuivit Leia, mais il nous faut effectivement des garanties que nous ne serons pas traités comme des terroristes avant d'accepter de négocier avec elle.

– Je pense qu'il n'y pas lieu de vous inquiéter, Leia, intervint la sénatrice Naberrie. Avec ses nombreux excès, Palpatine n'était plus très populaire, y compris sur Naboo. Quel intérêt aurait Claria à vous faire arrêter alors qu'elle vient de faire une offre de paix à laquelle la population est largement favorable ?

– Cette offre de paix n'est peut-être que tromperie, intervint Borsk Fey'lya. Vous me semblez tous oublier que nous avons affaire à une Dame Sith !

– Sa promesse de rétablir le Sénat impérial semble sérieuse en tout cas, reprit Pooja Naberrie. Mon gouvernement a reçu une demande officielle de désigner un représentant et la reine Kylantha m'a demandée d'y reprendre mon siège. Je dois d'ailleurs me rendre sur Coruscant dans les prochains jours pour rencontrer l'Impératrice et je serais heureuse de pouvoir lui transmettre votre réponse à son offre.

– Merci Pooja, répondit Leia, j'espère que vous pourrez lui donner une réponse positive. Et qu'en pensent nos distingués émissaires de Zeltros ? demanda-t-elle aux quatre jeunes Zeltrons.

– Oh, le roi Arno et la reine Léonie sont favorables à la paix bien sûr, répondit Bahb. Et ce serait une occasion rêvée de faire la fête, une immense fête même, après tant d'années de guerre !

– On pourrait d'ailleurs tenir les pourparlers sur Zeltros puisque nous sommes neutres, poursuivit Jahn. J'aimerais tant voir l'Impératrice Claria en chair et en os ; quelle femme superbe, ces cheveux de feu, ce regard envoûtant !

– Tu es encore en train de tomber amoureux, Jahn ! le taquina Marruc. Mais vous aussi êtes fascinante, princesse Leia !

– Sans oublier la ravissante sénatrice Naberrie, ajouta Rahuhl. Nous serions très heureux de toutes vous accueillir sur Zeltros.

Leia réprima un soupir d'irritation ; ces Zeltrons étaient vraiment insupportables. Pendant un instant, elle se laissa aller à imaginer comment Dark Déimos – son alter-ego Sith – se serait débarrassée de ces bellâtres : étranglement, éclairs de Force ou sabre laser ? Oui, le Côté Obscur pouvait parfois être tentant, mais elle ne pouvait pas y céder. Elle se répéta mentalement le code des Jedi : « il n'y a pas d'émotion, il n'y a que la paix » et se força à sourire. Il lui parut par contre évident que tenir les négociations sur Zeltros ne serait pas une bonne idée ; une Sith comme Claria risquerait fort de perdre patience devant de tels importuns.

– Merci de votre offre, messieurs, répondit-elle, mais je crains que votre charmante planète ne convienne pas vraiment à une conférence de paix. Il nous faudrait un endroit plus calme.

– Et vous, maître Skywalker, reprit Mon Mothma, pensez-vous que l'offre de paix de l'Impératrice soit sincère ?

– Oui, je le crois, répondit Luke. Elle aurait pu nous tuer, moi et Leia, sur la lune de Byss et elle ne l'a pas fait. Même si elle reste attachée aux valeurs Sith, elle n'est pas aussi absolue que Palpatine. Sa volonté de réformer l'Empire est bien réelle.

– J'ai surtout l'impression que votre propre héritage Sith vous aveugle, maître Skywalker, reprit Fey'lya. Il y avait déjà cette sorcière Sith, soit disant repentie, que vous avez ramenée de Byss. J'avais vivement conseillé de mettre Lumiya en congélation carbonique avant de pouvoir la juger pour ses crimes mais on ne m'a pas écouté. Et vous voici manifestement tombé sous son charme puisque vous êtes maintenant prêt à faire confiance à une Impératrice Sith.

– Je ne vous permet pas, conseiller Fey'lya, intervint Leia. Shira Brie m'a sauvé la vie ; sans elle, je serais morte ou pire encore !

– Il y a surtout une opportunité historique à saisir, dit Mon Mothma, de mettre fin à cette guerre qui a déjà fait bien trop de victimes. J'ai donc pris ma décision. Sénatrice Naberrie, vous pourrez dire à l'Impératrice Claria que l'Alliance des planètes libres accepte son offre de trêve et d'échange de prisonniers et que nous sommes prêts à la rencontrer pour négocier une paix durable.

– Merci, sénatrice Mothma, répondit Pooja, je n'en attendais pas moins de vous.

– Ceci est intolérable, s'écria Borsk Fey'lya, le peuple Bothan n'acceptera jamais une telle folie après les sacrifices que nous avons consentis pour vous transmettre les plans de la seconde Étoile de la Mort et encore récemment pour libérer nos mondes du joug impérial. Puisqu'il en est ainsi, sénatrice Mothma, Bothawui et Kothlis se retirent de l'Alliance !

Furieux, le Bothan se leva et quitta la salle de conférence. Ceux qui restaient échangèrent des regards inquiets. Déjà fragilisée par la révélation publique du lien de parenté entre Luke, Leia et Vador, l'unité de l'Alliance venait de voler en éclats au moment même où la paix dans la Galaxie semblait enfin à portée de main.


Plus tard, à la nuit tombée, Luke alla rejoindre Shira et après une vapodouche sensuelle prise à deux, ils allèrent se coucher. Le sommeil de Luke fut agité, il eut la vision d'un homme en robe noire qui semblait avoir une quarantaine d'années. L'homme rabattit la capuche de sa robe, laissant apparaître une chevelure rousse et le fixa de ses yeux jaunes de Sith. Le regard et la voix de cet homme lui étaient désagréablement familiers.

Je n'en ai pas encore terminé avec vous, jeune Skywalker,lui dit le Sith. Bientôt, vous et votre sœur serez totalement à moi !

Dans son rêve ou sa vision, Luke comprit qui était ce mystérieux Sith. Ce n'était autre que Dark Sidious, une version plus jeune de Palpatine qu'il avait pourtant vu mourir, transpercé par le sabre laser de son apprentie Dark Claria.

– Non ! cria-t-il en se réveillant, ce n'est pas possible !

– Luke ? Que se passe-t-il ?

C'était la voix de Shira que son cri avait réveillé. La sentant inquiète près de lui, Luke la prit dans ses bras.

– Ce n'est rien chérie, lui dit-il, juste un mauvais rêve. J'ai vu une version plus jeune de Palpatine qui menaçait de s'en prendre à Leia et à moi.

– Palpatine est mort, Luke, répondit Shira. Je t'aime et je ne laisserai aucun fantôme nous séparer. S'il le faut, je t'enseignerai tout ce que Vador m'a appris, pour te rendre plus fort.

– Non Shira, les pouvoirs du Côté Obscur ne sont pas plus forts et ils sont très dangereux. Nous ne devons pas nous en servir, sauf en cas d'absolue nécessité. C'est moi qui t'enseignerai la voix des Jedi, comme je le fais pour Leia.

– D'accord, mais à une condition : je garde mon fouet laser. J'ai passé des semaines à construire cette arme et à m'entraîner avec, je ne veux pas m'en séparer.

– Tu sais que tu as la tête dure, Shira Elan Colla Brie ? Mais ce n'est pas grave, je t'aime quand même.

Shira lui répondit par un tendre baiser et Luke commença à caresser le corps de la jeune femme. Aucun des deux amants n'avaient envie de se rendormir tout de suite.


Citadelle impériale, Byss

Suivie de Sedriss et Jeng Droga, Zeneb LaChannelle se tenait devant une porte donnant accès à l'étage supérieur de la citadelle impériale. Cela faisait deux semaines maintenant que l'Empereur était mort, assassiné par Dark Claria et Luke Skywalker, et quelques jours que Claria avait usurpé le trône impérial sur Coruscant. Après s'être remise du choc qu'elle avait subi, Zeneb avait repris son entraînement au sabre laser et faisait de rapides progrès. Elle passait aussi plusieurs heures par jour à méditer, essayant de joindre son défunt maître dans la Force, mais elle n'avait encore ressenti aucune trace de sa présence. S'il ne parvenait pas à revenir d'entre les morts comme il le lui avait promis, ce serait à elle qu'il reviendrait de prendre la tête des forces de l'Empire des ténèbres afin d'affronter l'usurpatrice. Elle s'en sentait capable, galvanisée par la haine qu'elle éprouvait pour Claria et Skywalker, ainsi que pour ce traître de Kam Solusar. Déjà, Sedriss était tombé sous son charme et était devenu son amant ; elle n'aurait aucune peine à le manipuler à sa guise. Droga par contre était totalement insensible à ses charmes, mais il désirait lui aussi venger la mort de Palpatine et il s'était laissé convaincre de travailler avec elle dans ce but.

Mais elle n'était pas encore prête à affronter Claria. Les forces dont disposait l'usurpatrice étaient largement supérieures aux siennes et elle tenterait certainement de reprendre le contrôle du Noyau Profond. Mais son maître, dans son infinie sagesse, avait prévu cela. Il lui avait laissé des codes donnant accès à une salle secrète de la citadelle, et elle se tenait maintenant devant la porte de cette salle. Elle entra le code sur le panneau de contrôle ; la porte s'ouvrit et elle pénétra dans la pièce, suivie de Sedriss et Droga. Les lumières s'allumèrent, révélant des consoles de commande et un projecteur holographique au centre. Le projecteur se mit en route quand elle s'approcha de la console de commande et une carte en trois dimensions des régions centrales de la Galaxie apparut tout autour d'eux.

– C'est juste une projection des régions du noyau, remarqua Sedriss. Que sommes-nous censés faire ici, Zeneb ?

– C'est bien plus que cela, Sedriss, répondit la Zeltrone. C'est la clé de notre victoire future. Tu vois ces points rouges le long de la route de Byss ? Ce sont les amplificateurs gravitationnels qui la maintiennent ouverte. Depuis cette salle, nous pouvons les contrôler et même, les détruire.

– Nous pouvons ainsi fermer la route de Byss, poursuivit Jeng Droga, et nous isoler du reste de la Galaxie, selon les instructions laissées par notre maître.

– L'usurpatrice ne pourra donc plus nous attaquer, en déduisit Sedriss. Nous pourrons développer nos forces en attendant le retour de Dark Sidious.

– Exactement ! conclut Zeneb.

Elle entra un code que lui avait donné Palpatine sur la console. Jeng Droga s'approcha ensuite et entra la seconde partie du code. Les points rouges sur l'hologramme se mirent ensuite à clignoter et s'éteignirent les uns après les autres. Cela remplit Zeneb de joie, l'Empire des ténèbres venait de prendre son indépendance et à défaut d'en être la reine, elle en serait l'intendante en attendant le retour de son maître. Déjà, le grand inquisiteur Ja'ce Yiaso les avait rejoints sur Byss, convaincu que Sidious allait revenir et que Claria n'était qu'une usurpatrice. Zeneb ne doutait pas qu'une fois que Palpatine se serait réincarné dans l'un de ses clones, de nombreux autres se rallieraient au véritable Empire.


Cité impériale, Coruscant

La nuit était bien avancée au palais impérial lorsque l'Impératrice Claria – qui occupait maintenant les anciens appartements de Palpatine – se leva avec précautions du grand lit impérial. Elle ne voulait pas réveiller Flint qui avait finalement accepté de partager son lit après qu'elle eut été officiellement couronnée. Après des débuts un peu hésitants, le jeune homme s'était rapidement montré un amant tout à fait satisfaisant et les moments de plaisirs qu'ils partageaient lui faisaient le plus grand bien et l'aidaient à trouver le sommeil.

En effet, ses nouvelles responsabilités lui pesaient. Elle devrait bientôt présider la séance d'ouverture du nouveau Sénat, une fois que les différents mondes de l'Empire auraient désigné leur représentant. Elle avait aussi été informée par la sénatrice Naberrie de Naboo que Mon Mothma avait accepté, au nom de l'Alliance des planètes libres, de la rencontrer pour des pourparlers de paix. Il fallait maintenant choisir le lieu de la rencontre et de l'échange de prisonniers. Finalement, un autre souci, plus personnel, s'était ajouté deux jours plus tôt : elle avait commencé à avoir des nausées le matin en se réveillant. La nuit précédente, elle s'était donc rendue discrètement à l'infirmerie du palais pour se faire examiner et cette nuit, elle devait y retourner pour avoir confirmation de ce qu'elle soupçonnait déjà.

Une fois levée, elle alla donc enfiler une combinaison datant de l'époque où elle était encore la Main de l'Empereur et se glissa ensuite dans l'un des passages secrets dont le palais était truffé, de manière à pouvoir gagner l'infirmerie sans être vue. Elle y arriva deux minutes plus tard par une autre porte dérobée ; l'endroit était désert, à l'exception d'un droïde médical de série 2-1B.

– Votre Majesté ! l'accueillit le droïde, je ne vous avais pas entendue arriver. Que puis-je pour votre service ?

– As-tu le résultat de mes analyses ? lui demanda-t-elle.

– Oui Majesté, je vous confirme que vous êtes enceinte. L'embryon âgé de trois semaines est de sexe féminin et en parfaite santé, avec de plus un taux de midichloriens exceptionnel, supérieur même au votre. Toutes mes félicitations !

– Bien, tu vas transférer les résultats sur une carte de données et effacer ensuite les fichiers des ordinateurs.

– A vos ordres, Majesté.

Le droïde prit une carte de données et y transféra les fichiers qu'il effaça ensuite du système. Il tendit ensuite la carte à Claria.

– Voilà, Votre Majesté, tout est là. Bien sûr, je suis tenu par ma programmation au secret médical, personne n'en saura rien.

Claria prit la carte et avant que le droïde ne puisse réagir, plaqua son autre main sur sa tête et y envoya une forte décharge d'éclairs de Force. Le droïde tomba au sol, son cerveau électronique court-circuité. Claria s'approcha ensuite de la console et vérifia que toutes les données avaient bien été effacées. Elle commanda ensuite l'ouverture de la porte de l'incinérateur dans lequel on envoyait tous les déchets médicaux et, soulevant le droïde inerte avec la Force, l'envoya tout droit dans l'ouverture incandescente.

Je suis désolée, pensa-t-elle tandis que le malheureux droïde disparaissait dans la fournaise, mais l'existence de la princesse Zannah Jade doit rester un secret absolu le plus longtemps possible. Je ne peux pas courir le risque que mes ennemis l'apprennent.


Notes : Pooja et Leia se connaissent pour avoir siégé ensemble au Sénat Impérial, mais elles ignorent qu'elles sont cousines. Dans l'UE Légendes, Leia ne connaîtra l'identité de sa vraie mère que dans la trilogie du Nid Obscur en +36.

Les jeunes Zeltrons Bahb, Jahn, Marruc et Rahuhl apparaissent, au grand désespoir de Leia, dans le comic Marvel Classic Star Wars #95 : Assez de Zeltrons !

Voilà, le premier tome des aventures de Dark Claria est maintenant terminé. Si vous avez aimé, n'oubliez pas de me laisser un commentaire. ;-)