Prologue

Alors que je commençais à m'habituer à cette vie si différente d'écolier de primaire, au fait de partager ma vie avec Kogoro et Ran… Au fait d'avoir Genta, Mitsuhiko et Ayumi comme ami, ou encore d'être considéré comme un gamin par la quasi-totalité des personnes qui constituaient son entourage. S'habituer à garder un œil ouvert en permanence, a jeter un regard au dessus de son épaules de manières répétés. Avouer que c'est pas simple quand vous étiez un lycéen autonome -et plutôt solitaire- de dix-sept ans.

Cela c'était produit un jour comme un autre, ou plutôt un jour qui avait commencé comme un autre jusqu'à ce qu'Haibara m'appelle pour me dire qu'elle avait trouvé l'antidote permanent, la clé d'une liberté retrouvé... enfin presque, l'Organisation étant toujours là... cela aurait grillé notre couverture plus qu'efficace, il est quand même incongru de soupçonné quelqu'un d'avoir rétrécit.

Je commençais à me dire que ce qui semblait au premier abord être la nouvelle de l'année, apportait plus de questions que de solution. Après être allé voir Haibara pour avoir confirmation de la nouvelle, j'en avais parlé avec elle, et effectivement prendre l'antidote et continuer à vivre ici... c'était du suicide; nous avons donc décidé de ne pas le prendre jusqu'à avoir une idée. Deux jours plus tard, j'ai eu cette idée... et j'ai donc prit la décision la plus difficile de ma vie, après avoir raconté la vérité à Ran et m'être enfui en disant que la prochaine fois qu'elle me verrait, ce serait à mon enterrement ou à la chute de l'Organisation, mais que dans les deux cas, elle devrait refaire sa vie... sans moi. La jeune femme n'avait même pas eu la force de réagir... sûrement trop choqué de savoir que ses rêves d'idylles avec son ami d'enfance venaient de partir en fumée, de savoir qu'elle allait également perdre celui qui devenait comme un petit frère pour elle alors qu'elle se rendait compte qu'elle ne l'avait jamais vraiment connu.

Il pleuvait sur le chemin vers la maison du professeur, un autre jour ça m'aurait fait chier mais là, sa m'arrangeais car je pourrais justifier mes larmes en plaidant que ce n'était que de la pluie, cela m'aiderais sûrement à expliqué mon plan -en cachant l'agonie dans laquelle je me trouvais-, le trajet m'avait semblé à la fois tellement long et tellement court, plongé dans mes pensé que j'étais à réfléchir sur le choix que je faisais, me demandant si s'était vraiment le bon... ou si je venais d'écouter les chuchotements du diable, prenant une décision que je regretterais pour le reste de ma vie.

La réponse était tellement évidente... c'était la meilleur décision et j'allais sûrement passé le reste de ma vie à la regretter.

C'est toujours le problème avec les grandes décisions... on doit se sacrifier en prenant cette décision pour protéger ceux qu'on aime, ou du moins, c'est ce que j'avais toujours cru. Arrivé devant la maison du professeur, je me suis dit -pour me rassurer… si cela avait du sens- que maintenant que j'en avais parlé à Ran, c'était trop tard pour faire marche arrière, et puis c'était censé être la bonne solution.

Je suis rentré et j'ai expliqué au professeur et à Haibara que je prendrais l'antidote et rejoindrais le FBI pour détruire l'Organisation. Ma soudaine réapparition, les forcerais à sortir de leur zone de confort et ils viendraient à moi. Que Ai devrait pendant ce temps vivre comme une simple écolière et ne plus jamais ce mêlée d'affaires criminels, de près ou de loin -afin qu'on ne fasse pas le lien entre elle et moi, ou entre Sherry et moi-; tout du moins jusqu'à ce que je réussisse à faire tomber l'Organisation. Bien sur... elle n'était pas de cette avis:"Et puis quoi encore!? On a combattu ensemble depuis le début. Je ne te laisserais pas prendre tout les risques alors que je suis ici à vivre tranquillement comme une primaire!"

"Écoutes-moi pour une fois! Si ils comprennent le lien entre nous... alors tout ça n'aura servit à rien, la clé c'est qu'ils n'apprennent- pas le lien entre Sherry et Shinichi! De plus, je veux que tu ais une vie normale, car je ne peux pas faire ça si j'ai un doute sur le fait que tu sois en sécurité!"

Elle ne répondit pas, trop choquée de ce que je venais de révéler. Je la pris tendrement dans mes bras voulant par ce contact me donner la force de suivre mon idée. Elle avait les yeux écarquillé et la bouche ouverte, mais avant qu'elle ne puisse parler je repris: "Ne prends l'antidote qu'une fois l'Organisation tombé, si tu veux le prendre bien sur. Et j'ai tout dit à Ran en lui précisant de ne jamais en parler sauf à toi, au professeur ou à Hattori."

Je pris l'antidote et je me mordis la lèvre afin de rien dire alors que je sortais, ne lui donnant même pas l'occasion de répondre ou de me dire ce qu'elle avait sur le cœur. C'était la dernière fois qu'elle m'avait vue, la dernière fois où j'avais pu entendre sa voix d'ange...

"Extrait du journal de Shinihi Kudo, quelques semaines après son arrivé aux États-Unis."

Trois mois plus tard, les parents de Shinichi mourraient dans un accident d'avion, l'avion avait été frappé par la foudre, et c'est ainsi -dans une situation à la probabilité infime- que disparu le seul moyen qu'il restait à Shiho ou à n'importe lequel des proches du détectives resté au Japon de le contacté. Il n'avait évidemment aucun contact avec eux au cas où ils seraient surveillés, étant donné qu'il était un appât il était logique qu'il doive limité ses contacts au strict minimum. Jodie, elle était resté en contact avec Shiho mais les lettres étaient courtes, basiques et ne contenaient aucun élément susceptible d'être dangereux dans un sens ou dans l'autre.

Trois ans et demi après son départ, l'Organisation était tombé, faisant ainsi la "Une" de tout les journaux pendant plusieurs mois avec le nombre hallucinant de haut placé impliqué, mais aucun signe du jeune homme, Jodie ayant simplement commenté qu'il avait disparu quelques mois avant la chute de l'Organisation. Shiho décida de prendre l'antidote et de partir à la recherche du jeune homme... malheureusement sans réussite, il n'y avait plus aucune traces prouvant que son sauveur était encore vivant et ce depuis plusieurs mois.

Elle revint bredouille après six mois de recherche intense annonçant ainsi la nouvelle à Ran, s'excusant une énième fois d'avoir placé son ami d'enfance dans cette situation. Cette nouvelle balaya les derniers doutes que pouvait encore avoir la karatéka suite à la confession du docteur Araide reçu quelque jours plus tôt. Celle qui était devenu professeur de sport, -la complicité d'abord avec Conan puis avec les Détectives Boys avait éveillé cette partie de sa personnalité-, et honnêtement elle adorait ce travail qu'elle exerçait à l'école Teitan. Quand à Shiho, elle avait rejoint le service médico-légale de la police et avait une certaine proximité qui c'était installé aux fils des ans avec Ran, devenant quasiment aussi importante pour elle -aux yeux des autres- que Sonoko où Kazuha.

Kogoro quand à lui était retourné travaillé sous les ordres de Megure et Eri avait décidé de retourné vivre avec son mari en voyant que celui-ci avait réaliser certaines choses et en avait grandement changer, suffisamment pour qu'elle puisse vivre avec lui sans regret.

Kazuha et Heiji avait enfin commencé une relation amoureuse après avoir failli détruire leur amitié avec leurs non-dit. Ils s'étaient mariés quelques mois après la chute de l'Organisation, Heiji aurait voulu que Shinichi soit son témoin... mais voyant qu'il n'avait toujours aucun signe de son rival, il décida de profité du bonheur qu'il pouvait avoir dans son couple.

Le professeur Agasa, s'était marié avec Fusae Campbell, son amour d'enfance; Shiho voulant éviter de se mettre entre eux et surtout elle qui était une solitaire s'imagina très mal vivre avec une personne de plus bien que Fusae lui donnait une très bonne impression; exprima ses envies de quitter la maison, et de s'installer dans la maison des Kudo.

A la mort de Yusaku et Yukiko Kudo, leurs affaires avaient été redirigés vers Shinichi mais celui-ci n'en avait rien fait a part nommé le professeur comme bénéficiaire au cas où il lui arriverait quelque chose, et étant devenu introuvable, c'est donc le vieil ami de la famille, Hiroshi Agasa qui en avait hérité. Le vieil homme, voyant que Shiho avait décidé de quitter son toit avait décider de lui offrir la maison qu'avait habiter Shinichi, lui permettant ainsi de rester proche de celui qu'elle voyait comme un père adoptif et ce sans déranger sa nouvelle vie de couple, étant donné qu'elle vivait désormais la porte à côté.

Pour faire simple tout le monde était heureux et en couple... sauf Shiho, l'autre raison qui l'avait poussé à accepté de vivre dans cette maison, c'était parce que malgré tout ses efforts... elle ne pouvait pas oubliée l'homme qui lui avait redonné goût à la vie. Elle avait rejoint la police parce que c'était un travail dans ses compétences et car elle avait privé la police japonaise de celui qui deviendrait sûrement l'un des meilleurs détective de l'histoire.

Elle avait également fait ce choix car ce travail lui permettait de continuer ses recherches pour retrouver le détective -n'ayant pas abandonné complètement l'espoir de le retrouvé- et car... c'était un travail très prenant, pour elle qui n'avait jamais eu de petit-ami au cours de sa vie... c'était parfait. Car si avant la mort de sa sœur, elle vivait dans un monde trop froid pour ce genre de sentiment, après le départ de Shinichi... elle n'en avait tout simplement pas eu l'envie malgré les nombreux prétendants qui continuait d'affluer bien qu'une partie de son passé ait été rendu publique.

Mais tout n'était pas sombre, elle voyait toujours les détectives boys, à qui elle avait révélé la vérité au moment de prendre l'antidote, Ran ou Agasa, et pour une solitaire comme elle, c'était largement suffisant. Elle avait même un bonne relation avec les officiers Sato et Takagi -qui s'étaient mariés- et même l'officier Chiba. Bien que se soit plus tendu avec Kogoro ou Shiratori, elle pouvait travailler avec eux sans problèmes. Bien sur, ils y avaient quelques messes basses dans les couloirs sur sa manière de vivre ou sur son passé mais elle n'y portait aucune attention. Quelques rumeurs plutôt désagréable avait même circulé; mais elle les avait supporté car elle savait que partout où elle travaillerait ses choses là arriveraient. La jeune chimiste avait été surprise de voir Megure la défendre ouvertement contre les rumeurs les plus insistantes.