Disclaimer : Je ne suis pas Yamane-sensei du tout, j'emprunte les personnages de son univers pour cette histoire.

Note : C'est la première fanfiction que j'écris depuis un certain temps, j'espère juste que c'est pas mauvais.

Avertissements : Ils vaudront pour l'ensemble de la fic, sexe, drogue, violence, combats en tout genre. Bref, attendez-vous à tout de ma part. Je ne suis pas spécialement tendre avec les personnages en général.


Un nouveau départ


Akihito en avait assez, mais vraiment assez, c'était vraiment la dernière fois qu'une telle chose se produisait, et il le ferait savoir au monde entier. La fatigue qu'il ressentait était telle qu'il n'arrivait plus à supporter sa propre personne, ni son entourage direct du tout. Il aurait tout fait pour qu'en cet instant, pour être quelqu'un d'autre, avoir une autre vie, se sentir autre. Etre libre de toutes ces histoires sans queue ni tête. Mais quelle fatigue. Il pensait qu'il fallait en finir une bonne fois pour toutes avec toutes ces sornettes et se mettre à l'évidence qu'il avait besoin de recul. Il devait prendre de la distance avec tout le reste et il devait le faire présentement sinon il ne pourrait plus se regarder dans la glace le matin.

La pression qu'il avait sur le coeur, la poing qui semblait étreindre l'organe dans un étau glacé ne cessait de le tourmenter, et pourtant, il n'était pas du genre à éprouver ce genre d'émotions. Il avait toujours regardé la vie du bon côté, mais il semblait qu'il fallait se rendre à l'évidence, il en avait trop vu et trop entendu pour arrêter de croire en un monde meilleur. Cela dit, il se battait tous les jours pour prouver à quel point le monde était corrompu jusqu'à l'os, mais son monde à lui était nappé de ténèbres.

Et quelles ténèbres ! Il voyait le vice chez les autres mais refusait d'admettre que son propre compagnon était partie prenante de ce monde. Oh, de temps à autre, il lui arrivait de découvrir certaines choses, mais il refusait d'admettre que celui qu'il aimait était impliqué à ce point dans de sinistres affaires. Ces affaires recouvraient essentiellement le trafic d'armes, de drogue et autres joyeusetés dans le genre, en plus de trafic d'influence sur personnes politiques.

De plus, quand Akihito se retrouvait plongé dans ces affaires sordides, il prenait tout sur lui, on misait sur sa vie, le prenait en otage, prisonnier, voire l'utilisait à apaiser l'appétit sexuel de certaines personnes dont il tairait le nom. Qu'il était dur d'être l'objet de la haine, de la jalousie, de la convoitise des ennemis ou des alliés d'Asami Ryûichi. On pouvait croire sous de beaux dehors qu'être le compagnon d'un tel homme ne pouvait qu'être le paradis, mais il n'en était rien de chez rien.

On l'utilisait toujours pour appâter le grand méchant loup sans trouver d'autres moyens pour soumettre Asami Ryûichi à sa volonté. Akihito se souvenait alors de sa première rencontre avec cet homme, il avait toujours confronté le yakuza peu importait la manière mais toujours frontalement, sans tenir compte de sa sécurité propre. Alors, quand il voyait les autres le kidnapper, le torturer, le violer, juste pour attiser la colère chez Asami, il voyait à quel point ces êtres étaient pitoyables. Ca ne l'empêchait pas d'éprouver de la sympathie pour quelques uns d'entre eux, mais pas tous.

Comme ce fut le cas pour Mikhail Arbatov ou ses acolytes pour lesquels il avait du mal à ressentir la moindre pitié.

- Si seulement j'avais été moins naïf et plus lucide…

Il lui fallait quitter ce monde au plus vite, prendre du recul, grandir un peu avant de revenir ici. Souffler, prendre l'air n'étaient pas de mauvaises choses en soi du tout. D'autant plus qu'il en avait vraiment besoin. Calmer ses émotions troubles et malsaines serait le meilleur moyen de s'en sortir. Aussi, il avait décidé de rompre avec Asami Ryûichi. Cette décision paraissait vraiment égoïste mais qui pourrait le blâmer ? Il en avait sans doute trop vu à ses côtés même s'il avait éprouvé parfois le frisson du guerrier avant le combat.

Il avait choisi le métier de journaliste parce qu'il aimait la sensation de liberté que cela lui procurait, l'envie et le désir de chasser tout individu louche que pouvait porter Tokyo et ses environs, révéler au monde entier des histoires qu'il ne fallait pas laisser éclater au grand jour. Bref, montrer qu'il n'était pas un simple citoyen sans défense. Son arme ? Son appareil photo. Sa meilleure défense ? Les gens qui lisaient ses articles. Et le plaisir de voir les gens réagir à leur lecture.

Il avait senti que sa rencontre avec Asami Ryûichi avait quelque peu écorché sa volonté de prendre sur le vif les yakuza ou tout autre individu dans le même genre. Il était toujours aussi attiré par Asami, de tous points de vue, mais en même temps, il n'acceptait pas, n'admettait pas qu'une personne puisse commettre de tels crimes ! Quelle ironie !

Lui qui aimait défendre la veuve et l'orphelin sortait avec le pire yakuza de tout Tokyo ! Si on l'avait su, tout le monde se serait ri de lui, et en public ! Quel beau scandale ! Le reporter qui tenait à poursuivre la corruption et les trafiquants de drogue protégeait un amant aussi horrible soit-il ! Il en aurait perdu sa dignité, non seulement en tant qu'homme mais aussi en tant que journaliste qui se prétendait indépendant de toute influence.

Et le pire dans tout ça, c'est qu'il justifiait ses actions par l'amour qu'il sentait à chaque fois qu'il partageait son lit avec Asami. Son incapacité à vouloir du mal à cet homme le rendait d'autant plus vulnérable face à ses ennemis. Son dilemne intérieur constant était ce qui arrêtait réellement sa progression professionnelle et personnelle. Comment s'en sortir ? Simplement en coupant les ponts avec Asami Ryûichi jusqu'à ce qu'il se sente mieux envers lui-même, sans qu'il n'éprouve aucune honte du tout.

D'accord, il savait que sa décision serait un crève coeur pour le yakuza cependant il comprendrait, il devrait comprendre. Tant pis pour lui s'il ne voulait pas que son cher et tendre quitte le nid doré qu'il avait construit pour lui. Akihito était sorti, et avait même vécu avec lui, l'aventure avait duré cinq ans mais il fallait qu'elle cesse pour le moment. Il n'était plus le jeune homme étourdi de vingt-trois ans qui prenait en photo les moindres faits et gestes des autres sur le vif, non, il avait pris beaucoup de recul, choisissait mieux ses sujets, ciblant mieux ses enquêtes.

Et la dernière en date avait conduit à son burn-out actuel, le mettant au supplice. Cette fois-ci les ennemis d'Asami n'y étaient pas allés de main morte. Ils l'avaient séquestré pendant plus d'un mois dans une cave humide et nauséabonde, en compagnie de rats et d'ordures ménagères. On l'avait ligoté, torturé et complètement vidé. Ensuite, ces mafieux l'avaient présenté en public, en objet à regarder devant tout un tas de personnes, on l'avait drogué pour qu'il accepte cette humiliation. Certains spectateurs avaient reconnu en lui le jeune protégé d'Asami Ryûichi et on s'était moqué de lui, prétendant qu'Asami s'était enfin débarrassé de son petit chien qu'il tenait en laisse et que c'était la meilleure décision.

Après tout, pourquoi s'encombrer d'un tel animal de compagnie quand il comprenait à peine ce qu'un homme comme Asami Ryûichi lui demandait de faire ? Sans doute on s'était rendu à l'évidence qu'Akihito n'était qu'un objet comme un autre, une possession dont il fallait se défaire, qui couvrait d'opprobre le plus grand yakuza de Tokyo.

Un homme d'un cinquantaine d'année s'était levé dans l'assistance et avait exigé qu'on lui amène le jeune homme sans plus tarder. Akihito avait dû lécher son membre en public, sous les regards lubriques des autres, voire méprisants. Jamais, au grand jamais, Feilong ne lui avait infligé une telle humiliation, même si sa haine à l'égard d'Akihito pour être l'amant d'Asami était profonde. Il avait marché à quatre pattes devant une assistance plus que ravie de voir la chose d'Asami enfin remise à sa place : dans le caniveau.

Et d'autres joyeusetés dans le même genre, sa fierté avait été profondément blessée au cours de ce mois, et il se disait qu'il fallait absolument quitter ce monde odieux et obscène. Malgré toutes les paroles apaisantes d'Asami, Akihito sentait qu'il devait vraiment le quitter, voire le fuir pendant un certain temps avant de revenir à la charge. Il attendait justement le retour d'Asami avant de faire ses bagages, lui expliquer ce qu'il ressentait, ce qu'il voulait avant tout. Non, il avait beaucoup de respect pour Asami, mais il voulait prendre ses distances. Beaucoup de distance.

L'homme était encore à son bureau à cette heure-ci, en train de donner ses dernières requêtes à Kirishima, son secrétaire, à propos de son travail. Akihito avant toujours apprécié le secrétaire, homme fort et juste, qui l'avait protégé à plusieurs reprises. Ils avaient appris à se connaître et à se comprendre, à tel point que Kirishima ferait tout pour que le jeune homme ne manque de rien, comme son patron. Simplement, cette fois-ci, ce serment n'avait pas suffi, mais Akihito n'éprouvait aucune rancune à l'égard du secrétaire. Mais vraiment aucune.

Au contraire, Kirishima avait bon coeur, était un homme loyal et respectueux, toujours prêt à protéger le jeune amant de son patron. Quoiqu'il arrive. Akihito en garderait un bon souvenir jusqu'à ce qu'il se sente suffisamment aguerri pour affronter ce genre de situation. Cela dit, Akihito pensait honnêtement que personne ne devait subir ce genre d'humiliation, pas même son pire ennemi, et personne n'était assez fort pour se protéger contre les abus sexuels.

Oui, parce qu'il s'agissait d'abus sexuel et de viol. Chaque personne dans ce restaurant faute d'un meilleur terme, avait utilisé son corps pour se soulager de certains besoins. Et pendant ce temps, Akihito se demandait quand Asami viendrait pour le sauver, le sortir de ce pétrin, il avait espéré pendant de longues semaines, sachant qu'il viendrait, mais quelque chose s'était brisé en lui. Une partie de lui était morte pendant cette période et rien ne pourrait être à nouveau comme avant malgré toutes les attentions d'Asami.

Il jeta un coup d'oeil à l'immense baie vitrée du salon, et observa tristement le ciel, aussi sombre que son humeur. Une pluie battante frappait les vitres, comme pour amplifier sa propre tristesse et son désespoir. Il posa une main pâle sur la fenêtre pour contempler davantage cette vision sinistre avant de prendre la direction de sa chambre, pour préparer ses bagages, il faudrait qu'ils soient maigres et légers pour ce qu'il voulait faire. Il prit également un appareil photo, celui de son père, avec lui et attendit qu'Asami rentre dans l'appartement.

La porte d'entrée s'ouvrit et se ferma, le propriétaire des lieux était enfin présent, ne se doutait peut-être de rien des projets de son amour. Akihito faillit en pleurer de honte et de chagrin, il n'avait pas envie de le faire souffrir mais il le fallait. Il fallait qu'il sorte de ce cercle infernal, qu'il brise la tourmente qui l'assaillait depuis qu'il fréquentait Asami. Mais il ne lui en voulait pas, il n'y pouvait rien du tout à ce qu'il lui était arrivé.

- Akihito ?

La voix douce et ferme résonna dans le vestibule de leur foyer mais Akihito ne répondit aps tout de suite, accordant le bénéfice du doute au yakuza. Mais Asami ne sembla pas en vouloir le moins du monde à son jeune amant, aussi se dirigea-t-il vers le salon, où était justement Akihito. S'il fut surpris par la présence du sac de voyage de son amant, il ne le montra pas, au contraire, il était passé maître dans l'art de la maîtrise des émotions les plus simples. Même si son coeur se serra à cette vue.

- Tu pars ?

Akihito hocha de la tête, ne cherchant pas à nier ce qu'il projetait de faire depuis quelques semaines, il savait à quel point cette décision était lourde à prendre, mais il ne reviendrait pas sur sa position du tout. Il n'était pas du genre à abandonner pour rien au monde. Et surtout pas pour ça. Asami l'avait laissé courir après l'incident de Hong-Kong, tout comme il le laisserait partir. Même si l'homme aurait adoré poser des chaînes autour de lui.

- C'est si évident ?

Asami leva un sourcil long et fin, toisant le jeune homme de toute sa hauteur, prétendant tout savoir, même si Akihito était un électron libre dans l'échiquier qu'il avait soigneusement créé de toutes pièces au cours de ses années d'activité. Asami, depuis leur rencontre, avait aimé cet aspect imprévisible du jeune homme, si différent des autres journalistes. Il n'était pas pathétique, bien au contraire, il avait un feu dans le regard du blond, un feu qu'il chérissait, même s'il était quelque peu éteint ces derniers temps.

- Je ne peux pas dire que je ne m'en doutais pas. Tu étais… ailleurs, je ne pouvais plus t'atteindre. J'imagine que j'ai été trop lent cette fois-ci, n'est-ce pas ?

Dur d'admettre ses torts devant qui que ce soit, surtout pour un homme de la trempe d'Asami Ryûichi qui ne laissait pas marcher dessus par quiconque. Mais ce jeune homme, ce bel homme, occupait une place particulière dans son coeur, c'était le seul qu'il permettait de voir ses faiblesses, ses échecs, et pourtant, il désirait plus que tout au monde prouver à quel point il était fort et fier devant Takaba Akihito.

- Sans doute. J'ai besoin de temps pour souffler, j'ai besoin d'air frais. Je dois bouger, aller quelque part, ailleurs qu'ici.

Akihito était reconnaissant envers Asami de mettre à plat ce qu'il ressentait depuis quelques semaines, malgré lui. Jamais il n'aurait cru que quitter cet homme serait une tâche assez lourde pour ses épaules. Quitter ce confort, cette belle vie, ce luxe, ce bien-être était une dure affaire mais Akihito n'était pas homme à se laisser abattre par Asami du tout. Il tenait à cette décision, ce but, cet objectif. Plus jamais il ne serait traité comme un animal issu des caniveaux, un chien des rues, quelqu'un avec qui on pourrait s'amuser de la sorte.

- Fais comme tu veux, comme tu l'as toujours fait, c'est ce qui me plaît chez toi. Mais sois prudent. Très prudent.

Asami lui tendit une petite enveloppe qu'Akihito prit entre ses mains, pesant le présent d'adieu et quitta l'appartement dans le moindre regret, sauf celui de briser le coeur de l'homme qu'il aimait. Parce qu'il l'aimait tendrement, il ne voulait rien lui révéler de ses projets. Il ferait en sorte que plus personne ne se moque de lui. Qu'on profite de son corps. Plus jamais. Il leur montrerait à tous de quel bois il se chauffait vraiment.

A l'aéroport, Akihito ouvrit l'enveloppe et découvrit un code à quatre chiffres, un relevé de compte à son nom et une carte bancaire. Il avait donc deviné ? Comme toujours ? Difficile de lui cacher quoique ce soit, surtout quand on habitait sous le même toit que l'homme en question. Malgré lui, Akihito sourit et s'assit sur son siège en seconde classe, un livre à la main, un livre d'apprentissage du russe.

Loin, très loin de l'aéroport, un homme seul dans son appartement laissa couler une larme solitaire sur sa joue, bouillonnant de rage, il prit une table en bois qui se trouvait sous sa main et la brisa en mille morceaux :

-ARBATOV !


Reviews ou pas ?