Chapitre 33 : Un coup de tonnerre

- Allez mec, lâche cet ordi, c'est notre soirée, la traditionnelle "je ne reverrai peut-être plus jamais mon meilleur pote", j'suis en droit de demander un peu d'attention.

- J'en ai encore pour deux minutes, et tu sais que je déteste ce surnom stupide, dit Logan en pianotant sur son clavier.

- Tu préfèrerais quoi ? "La tournée d'adieu".

- "Au-revoir" et on n'en parle plus, certifia-t-il toujours fixé sur son écran.

- C'est pas comme si tu risquais ta vie, j'suis peut-être blond mais je sais reconnaître un euphémisme.

- Pas la peine de sortir la carte de la figure de style, Dick, je t'ai déjà expliqué que je ne partais pas au combat.

- Tu vas voler dans un engin de guerre quand même ...

- C'est juste la fleet week puis des vols d'entraînement et de repérage, rien de dangereux.

- Et si tu loupes un décollage ou un atterrissage ?

- Je l'ai déjà fait des centaines de fois ...

- Si tu le dis.

Logan hésita puis appuya sur la touche envoyer. Il lançait sa deuxième bouteille à la mer, elle s'était déjà emparée de la première, la question était : allait-elle se saisir de la deuxième ? Il n'avait pas de nouvelles de Veronica, elle était repartie à New York sans qu'ils n'aient eu le temps de se dire au revoir.

Flashback (NDLR : et promis c'est le dernier) :

Logan laissait un énième message à Dick, lorsqu'une pluie de flash zébra l'entrée de l'hôtel. Bientôt une femme à la tête cachée, escortée par deux policiers pénétra dans le hall. Elle retira le linge qui lui couvrait la tête, elle était pâle et couverte de sang. Casey et Logan se levèrent tous les deux et s'approchèrent.

- Veronica ?

- Logan !

Incapable de se focaliser sur quelque chose d'autre, elle se précipita vers lui et s'effondra dans ses bras.

- Chhhhh, Chhhhhhhhhh, c'est fini, murmurait-il inlassablement.

- Ramène-moi chez moi, bredouilla-t-elle finalement péniblement.

Il récupéra ses affaires, la dirigea jusqu'au parking sous-terrain et l'assit dans sa voiture. Le trajet, bien que court, suffit à la plongée dans les bras de Morphée. Une fois à destination, il coupa le moteur, elle dormait si profondément qu'il n'eut pas le cœur de la réveiller et la porta jusqu'à la porte d'entrée. Keith commença à s'agiter lorsqu'il trouva sa fille dans les bras de Logan au beau milieu de la nuit.

- Chut ... elle va bien, mais elle est épuisée, si vous pouviez me conduire dans sa chambre, j'expliquerai tout ensuite.

Logan la déposa délicatement sur le lit et lui enleva ses chaussures, avant de l'envelopper d'une couverture. Il ferma le store, jeta un dernier coup d'œil vers elle et referma la porte.

Il avait oublié ce que c'était que de se faire cuisiner par un père inquiet, heureusement qu'il avait ramené Veronica en une pièce sinon il ne serait jamais ressorti vivant de cet interrogatoire. Il avait plusieurs appels de Carrie, sa nuit ne faisait que commencer. Keith promit de dire à sa fille d'appeler Logan à son réveil.

Le message fut transmis mais Logan se retrouva accaparé par la pop star, elle qui commençait tout juste à remonter la pente se retrouvait en plein cauchemar. La vérité venait d'éclater au grand jour et chacun des protagonistes allait désormais devoir passer à la caisse.

- Fin du flashback -

- Hé, tu m'écoutes Dude ?

- Ouais !

Silence.

- Tu garderas un œil sur Carrie ? reprit Logan.

- Sur Carrie et sur Luke.

- Je suis content qu'elle ne soit pas seule et qu'elle ait décidé d'emménager chez Luke.

- Étant donné le cercle médiatique devant chez elle, c'est mieux.

- Et tes avocats, ils en sont où ?

- Ce connard de Lamb continue d'essayer de me faire tomber. Il ne croit pas au fait que je sois allé me coucher tôt lors de la soirée sur le yacht. Cobb a fait croire que j'étais complice comme les autres mais comme je ne suis pas sur la photo, c'est sa parole contre la mienne. Mes avocats disent que sans preuve, ils ne peuvent rien.

- Cobb doit penser que plus il t'en met sur le dos, moins les accusations contre lui seront fiables.

- Ce minable ne perd rien pour attendre. Si l'occasion se représentait ce n'est pas un seul mais plusieurs coups de porte-manteaux qu'il se prendrait.

- Dick ... je ne t'ai pas remercié pour cette nuit-là, si jamais tu n'étais pas intervenu, je ne sais pas comment j'aurais pu ... c'est ... merci ! Vraiment merci.

- Pas de quoi, mec. Mais c'était pas pour elle, tu sais, c'était pour sauver ma peau.

- Fracasser une porte après avoir entendu le bruit d'un silencieux et des cris ... c'était pour sauver ta peau ? Ton égoïsme est sans borne.

- Tu me connais. Sérieusement, à New York tu vas la revoir ? Continuer vos petites affaires ...

- Il n'y a pas de petites affaires, je te l'ai déjà dit ... et évite de colporter ce genre d'insinuations lorsque tu croiseras Casey, tu me rendrais service.

- T'es pas au courant ? Casey Gant est à nouveau célibataire ...

- Break -


- Regardez moi ça, prodigieux ! Je ne sais même plus où donner de la tête, s'enflamma Bilbo en souriant béatement au groupe de filles qui rigolait en passant devant les officiers. Les filles de la côte est n'ont rien à envier à celles de la côte ouest !

- Tu n'es pas marié ? demanda Roundboy.

- Marié mais pas aveugle. Quoi ? Y a rien de mal à profiter de ces quelques heures de gloire.

- Hé Mouth ! s'écria Candle. Beverly et euh ...

- Sarah, rectifia une des jeunes femmes.

- Beverly et Sarah aimeraient un tour privé du porte-avion. Tu viens me donner un coup de main ? proposa Candle.

- Non merci, mais j'ai la ferme conviction que Bilbo serait aux anges, informa Logan.

- Un peu, oui ! T'es fou de dire non à une telle opportunité quand demain tu auras pour seule compagnie les souvenirs de cette magnifique journée, s'étonna Bilbo.

- Je passe, se contenta de dire Logan.

- Tant pis pour toi. Candle, attends ! Je t'accompagne, s'empressa Bilbo.

Logan détourna le regard et s'appuya le long de la barrière du pont supérieur. Il scrutait inlassablement la foule plus bas, sur le pont d'envol.

- Mouth ?

- Oui, répondit-il en se retournant vers son co-pilote.

- Tout va bien ?

- Très bien. Je préfère juste rester dehors à profiter du soleil et de la vue sur Manhattan.

- Comme tu veux mais engrossé dans ton uniforme et présent sur ce pont depuis plus de deux heures, tu vas finir en éponge, c'est pire qu'un sauna, je ne savais pas les journées de mars aussi chaude à New York. Je rentre au frais, prendre un truc au buffet. Tu m'accompagnes ?

- Pas encore ! Je te rejoindrai tout à l'heure.

Logan commençait sérieusement à douter. Son regard s'arrêtait systématiquement sur toute blonde qui déambulait sur le navire. Lui en voulait-elle ? Était-ce la raison pour laquelle elle n'avait pas répondu à son mail ? Il n'avait pas pu prendre ses appels après l'incident avec Cobb. Et puis il y avait sa rupture avec Casey et enfin ces baisers volés ... Veronica avait toutes les raisons du monde de l'éviter, c'était son MO de toute façon, il devait commencer à se résoudre, elle ne viendrait pas.

- Break -


- Mouth, tu es toujours là ? remarqua Roundboy accompagné de Scuba.

Logan hocha la tête.

- T'as l'air tout morose, Candle et Bilbo ont déniché de quoi te remonter le moral, reste moins d'une heure avant qu'ils évacuent le pont et qu'on commence les manœuvres de démonstration, dépêche-toi, observa Scuba.

Logan se redressa soudainement avec un sourire contenu mais suffisant pour éclairer son visage, sans un mot pour ses camarades il courut vers les escaliers.

- Nous sommes dans la salle de réception, lui cria Scuba. Qu'est-ce qu'il lui prend ? demanda-t-il à Roundboy.

- Une envie pressante ? essaya ce dernier.

- Break -


Logan ralentit en arrivant en bas des marches et se fraya un chemin parmi la foule. Il finit par la retrouver. Elle ne l'avait pas vu, il en profita pour l'observer. Elle portait une robe rose pâle à manches courtes, une tenue pas habituelle pour la jeune étudiante, mais de circonstance. Les dentelles qui parsemaient la robe tranchaient subtilement avec le côté sage. Elle progressait doucement, détaillant la structure militaire avec attention. Elle s'attarda sur les dizaines de radars qui culminaient en haut du plus long mât. Elle atteint ensuite les différents avions exposés et s'approcha d'un des appareils. Elle inclina la tête puis elle surprit Logan en touchant la carlingue avec sa main.

- C'est interdit mademoiselle, signala un marin.

- Excusez-moi, dit-elle en enlevant aussitôt sa main.

- Non, je plaisante, vous pouvez toucher c'est solide. Vous voulez monter dedans ?

- Je crois que je vais me charger de la visite à partir de maintenant Alf, entendit Veronica dans son dos.

Elle se retourna mais savait très bien à qui appartenait cette voix. Il était habillé de son uniforme blanc.

VVO : Ouah ! juste Ouah ! OK Veronica, si tu ne fermes pas très vite la bouche, tu vas gober des mouches.

- C'est noté lieutenant Echolls, s'inclina Alf.

VVO : Lieutenant Echolls, merde alors, c'est vrai. Je l'ai déjà croisé une fois en tenue mais dans le contexte, sur le porte-avion et ... c'est Logan, seulement Logan, ressaisis-toi et trouve un truc intelligent à dire.

- Tu m'as trouvée ? demanda-t-elle.

VVO : Intelligent ? Hummmm on repassera ...

- Naturellement.

Silence.

- Tu es venue ? reprit-il en souriant.

- Naturellement.

Ils restèrent là planter idiotiquement, les yeux dans les yeux, au milieu de la foule. Pour ces deux experts de la répartie, les mots ne semblaient pas venir ou peut-être était-ce simplement qu'il n'y avait rien à dire.

- Je cherche un guide, tu n'en connaitrais pas un ? finit-elle par demander.

- Je vais voir si quelqu'un est disponible, en attendant, des suggestions sur ce que tu voudrais visiter ?

- On m'a proposé de monter dans cet engin, pourquoi ne pas commencer par là.

- Cet avion de chasse en particulier ?

- Pourquoi pas ?

- C'est que ... il y a la queue ...

Sur la pointe des pieds, Veronica regarda les autres appareils supersoniques.

- Il y a la queue partout, constata-telle déçue.

Logan observa le pont d'envol à son tour.

- J'ai une idée, remarqua-t-il en lui prenant la main et en la faisant évoluer derrière lui en la tenant fermement pour ne pas la perdre jusqu'à tribord.

Il s'arrêta devant un ascenseur de service et glissa une carte qui lui ouvrit instantanément les portes.

- Où va-t-on ?

- Surprise !

Il appuya sur le premier bouton.

Elle n'eut pas longtemps à attendre avant de se retrouver dans un gigantesque hangar où une quarantaine d'avions de chasse étaient parqués.

- Y a moins de monde par ici.

- Ouah ! C'est immense ! constata-t-elle en avançant à travers l'allée centrale.

Des hommes, ressemblant à des mécanos, travaillaient sur une aile d'avion, ils saluèrent Logan à son passage avec respect. Puis le lieutenant finit par s'arrêter.

- C'est le plus grand hangar, il fait presque la taille du pont d'envol, les équipes réalisent ici la maintenance et la réparation du matériel, c'est aussi une zone de stockage. Et voici le F/A-18 Hornet que je vais piloter tout à l'heure.

Ils firent le tour, Veronica resta sans voix devant cet avion. Bien que de taille modeste, sa silhouette menaçante criait puissance et danger, les deux redoutables réacteurs accentuaient l'impressionnante carrure.

Logan ouvrit le cockpit.

- Attends moi là, l'informa-t-il.

Il revint avec un genre d'escabeau, il grimpa puis invita Veronica à se glisser à l'intérieur. Il s'assit sur le siège arrière et la laissa à l'avant. Elle prit place en faisant attention de ne toucher à rien.

- C'est étroit, tout compte fait, s'étonna-t-elle en contemplant le cockpit. Tu conduis ça alors ?

- Je pilote ça, oui.

Logan voulait imprimer l'image devant lui dans sa mémoire, il était à New York dans son avion, Veronica à l'intérieur. La scène lui paraissait tellement surréelle, il la contemplait pour essayer d'en comprendre le sens. Elle s'imbriquait paradoxalement dans le plus large spectre de la Navy qui était devenu son monde. Il fut interrompu dans sa méditation par la voix de Veronica.

- Tous ces boutons, c'est pire que l'ordinateur de Mac. Je suis impressionnée. Il y a cent fois plus de commandes que dans le Piper. D'ailleurs, interdiction de dire à Hunter que je suis venue sur le porte-avion, il serait tellement jaloux.

- Tu l'as vu récemment ?

- Non, enfin par Skype uniquement. Je n'ai pas eu l'occasion de le voir avec tout ce qui est arrivé ... J'aimerais l'inviter à venir à New York pour un week-end, peut-être pour son anniversaire. Mais assez parlé de lui, si j'appuie là, qu'est-ce que je fais ?

- Évite, c'est le lancement d'un missile.

- Oh ! ... Ça aussi ?

Il hocha la tête en signe de confirmation.

- La plupart de ces commandes sont en réalité pour le combat.

Silence.

Impossible pour elle d'en douter, le lieutenant Echolls était bien un pilote de la Navy, il ne jouait plus aux jeux vidéos dans sa chambre d'hôtel, il risquait sa vie au combat.

- Et quelle est cette chose précieuse entre tes jambes ? dit-elle pour détendre l'atmosphère.

- Tu ne crois pas si bien dire. La poignée jaune et noire c'est pour l'éjection.

- Tu dois penser que je suis stupide avec toutes mes questions, désolé !

- Non pas du tout. C'est la première fois que quelqu'un que je connais, un civil je veux dire, monte à bord, c'est sympa de partager et c'est le but de cette journée de toute façon.

- Donc tu comptes faire de moi un apprenti-mousse avant ce soir ?

- Exactement !

- Y a du travail lieutenant car ceci, pointa-t-elle l'ordinateur de bord avec son index, est du chinois ! ... Juste une autre question stupide, comment tu ressors les avions en haut, à l'extérieur ?

- Et c'est un autre mystère pour toi à découvrir.

- Break -


Tous deux empruntèrent une large voix vers la droite qui les conduisit sur une plate-forme découverte.

- Un ascenceur à avion ?

- C'est comme ça qu'ils les remontent là-haut, oui.

- On peut l'utiliser ?

- Non, c'est réservé aux appareils volants, à moins que tu n'aies deux ailes et un moteur, nous allons remonter par où nous sommes venus.

Ils regagnèrent l'extérieur. Le soleil dominait toujours le ciel, aucun nuage à l'horizon et le temps était extrêmement lourd pour la saison. La foule s'était dispersée, les civils commençaient à être évacués sur le quai pour libérer et sécuriser le pont.

- Je suis désolée, je suis arrivée un peu tard. On n'a pas eu beaucoup de temps. Il faut que je reparte sur le quai pour te voir voler ?

- Non pas encore. Tu veux aller saluer David ?

- Oui, ça me ferait plaisir.

- On va essayer de le retrouver, je suis persuadé qu'il n'est pas loin du buffet.

Les entrailles du porte-avion ressemblaient à un vrai labyrinthe. Des kilomètres de couloirs avec des escaliers que Logan aurait pu appréhender les yeux fermés mais Veronica se sentait désorienter et suivait son guide religieusement. Cerise sur le gâteau, la vue qu'offrait son pantalon blanc n'était pas pour lui déplaire.

VVO : Je me demandais pourquoi il était si en forme, quelques jours à crapahuter dans ce raffiot doivent contribuer à réaffermir nettement les fessiers.

Au bout d'un inextricable dédale, ils parvinrent dans un espace plus large où des officiers discutaient. Logan les salua puis il invita Veronica par la taille à entrer dans une vaste pièce où la décoration chaleureuse tranchait avec l'univers industriel qu'ils venaient de traverser.

- Qu'est-ce que je t'avais dit, murmura Logan dans l'oreille de Veronica.

Roundboy était attablé au buffet avec d'autres pilotes déjà en tenue.

- Veronica ? s'étonna Roundboy.

- En chair et en os.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je vis ici, à New York. Je ne voulais pas rater l'opportunité. Comment va Jenny ?

- Bien, elle va être verte de jalousie de savoir que je t'ai vu.

Scuba ayant aperçu une jolie blonde fit irruption :

- Mouth ! Tu nous présentes.

- Veronica, Scuba ; Scuba, Veronica.

- Enchantée. Scuba ? sourcilla Veronica devant le surnom.

- Je comprends mieux pourquoi tu nous as planté tout à l'heure, tu avais ta propre visite. C'est pas beau de ne pas vouloir partager avec les potes, sous-entendit Scuba à Logan.

Logan murmura quelque chose dans l'oreille de Veronica puis s'excusa.

Scuba en profita pour se rapprocher.

- Alors ta visite sur le porte-avion t'a plu ?

- Jusque là, oui. C'est impressionnant, je n'imaginais pas ça si grand, c'est comme une ville.

- Tu fais quoi dans la vie ?

- Je suis étudiante en droit à Columbia.

- J'ai une proposition pour toi, laisse Mouth, il a une grande bouche mais ne t'arrête pas aux apparences, il ne sait pas s'en servir. Moi, à l'inverse, je suis un expert en la matière. Je suis un pro pour les visites aussi, 100 % personnalisées et vivantes. Mais j'ai d'autres avantages, je peux ...

Veronica n'écoutait déjà plus le goujat. Elle désapprouvait que Logan ait pu l'abandonner en si piètre compagnie.

- En plus je suis de la côte ouest, je suis sûr que ça te laisse rêveuse, tu pourrais venir me voir, on a toujours besoin de compagnie, toi, moi, l'océan Pacifique, faut savoir ouvrir tes horizons.

Logan discutait à l'écart avec un homme petit et portant des lunettes, un vrai rat de laboratoire. Ce-dernier regarda dans la direction de Veronica, sourit et acquiesça, tapant dans le dos de Logan.

- J'ai un ami avocat, il pourrait te donner des conseils gratuitement. J'ai un autre pote qui est flic pour le sheriff, si tu veux te perfectionner dans le monde criminel. Tu vois j'ai bien plus à offrir que ce looser. Je fais partie du groupe qui va voler tout à l'heure, je t'invite à venir me regarder, je peux te raccompagner sur le quai, te trouver la meilleure place. Et ce soir on pourrait aller danser.

- Elle n'en aura pas besoin, elle reste sur le porte-avion, s'interposa Logan.

- Ils ont dit aucun civil, tout le monde sur le quai. Comment t'as fait ?

- Faut croire que c'est moi qui ait le plus à offrir, se moqua-t-il.

- Sérieux comment t'as fait ? J'ai rien pu négocier pour Beverly et son autre copine dont j'ai oublié le nom.

- Rats me devait une faveur, disons que maintenant on est quitte.

- Scuba ne t'a pas trop importuné ? s'inquiéta Logan.

- Ça dépend, hum, peut-on dire que je suis chanceuse si en quelques minutes il m'a promis le nirvana avec sa langue sur une plage de Californie avec l'accès libre à un cabinet d'avocat et au bureau du sheriff ?

- Déjà vu ?

- T'as raison, bien trop commun, moi qui voulait de la nouveauté, sourit-elle avec nonchalance. Scuba est-ce un homonyme pour Dick sur ce bateau ?

- Pas loin, ça signifie Self Contained Underwater Breathing Apparatus (NDLR : appareil de plongée) , expliqua-t-il la guidant à l'extérieur.

Veronica sourcilla attendant la suite.

- Il a été surpris en charmante compagnie dans un jacuzzi. Euh, la tête de la jeune femme était ... sous l'eau.

- Oh ! ... J'ai le droit de dire que je ne suis pas surprise. Mais s'il-te-plait, ne me laisse plus jamais avec lui ...

- Tu me pardonnes, si je te dis que je t'ai trouvé la meilleure place pour observer le spectacle.

- Break -


Logan n'avait pas menti, elle était aux premières loges, dans une salle entièrement vitrée en face des catapultes. Avec lui, elle se sentait toujours spéciale, aujourd'hui ne serait pas une exception. Même extirpé de son milieu, le jeune homme savait comment profiter de privilèges enfin il savait comment en faire bénéficier les autres. Cinq avions de chasse étaient désormais sur le pont, l'un d'eux était celui de Logan et les pilotes ne tardèrent pas à faire leur apparition. Les combinaisons avaient remplacé les uniformes et ils portaient casques et lunettes. Malgré la dizaine d'hommes, elle le reconnut. Il prit place dans le cockpit.

Tout autour des bolides, des hommes de couleurs se démenaient dans un balai infernal et savant dont Veronica étaient complètement étrangères. L'anticipation créait une sensation étrange dans son bas ventre, un mélange d'excitation et d'appréhension. Les choses sérieuses allaient commencer. Des dégagements de fumée se répandaient sur la piste derrière le premier avion déjà en piste.

Rats s'approcha de Veronica :

- Mouth sera le troisième.

En quelques fractions de seconde l'avion supersonique décolla. Un deuxième s'installa à sa place. Des hommes en vert œuvraient sous l'appareil.

- Ils mettent le holdback, expliqua Rats.

Le pilote mit les gaz dès que l'officier de lancement eut levé le drapeau. Ce dernier se retourna alors vers la passerelle attendant le feu vert puis fit face à nouveau au pilote et baissa son drapeau donnant l'ordre du catapultage.

- L'accélération peut atteindre quatre g. Les abdo c'est pas pour parader, sans eux, les poumons des pilotes se videraient et boom.

- Oh !

- Ouais !

C'était le tour de Logan. Veronica n'était plus qu'une boule de nerf. Ses yeux ne quittèrent pas le cockpit, il salua l'homme en jaune qui recommença la même procédure que précédemment. Enfin, le holdback cassa et la catapulte propulsa l'avion à 250 km/h en moins de deux secondes directement au-dessus de l'océan. Et seulement alors, Veronica s'autorisa à respirer ne perdant pas de vue la tâche noire qui diminuait de taille en s'éloignant.

Il n'y avait pas de mots, et peu d'hommes pouvaient se vanter d'avoir laisser Veronica Mars muette. Elle s'accrochait nerveusement au collier de Lilly, le triturant davantage à chaque nouveau passage de l'escadron dans le ciel bleu de New York. Ils proposèrent différentes formations de plus en plus complexes et périlleuses. Le porte-avion qui avait quitté le port, changeait de direction afin de s'aligner avec celle du vent. Les gratte-ciel disparurent alors du champ de vision de Veronica la plongeant définitivement dans un autre univers.

- Ils ont fini, ils vont apponter maintenant.

Les avions se séparèrent.

- C'est le moment le plus critique. Ils doivent passer de 240 à 0 km/h en moins de 100 mètres.

Si le but de Rats était de la rassurer, sa mission avait échoué. Veronica décida que l'ignorance était une bonne chose et pour quelqu'un dont le but dans la vie était une constante recherche de la vérité, ça en disait long.

Le premier avion de chasse s'approcha, il ralentit et se posa accrochant l'un des câbles.

- Tu vois là-bas, c'est le miroir d'appontage. C'est une aide pour le pilote, ça lui permet de vérifier sa trajectoire. La lumière jaune doit se trouver au milieu des vertes. Aujourd'hui, la mer est calme mais en cas de tangage, les choses se compliquent.

- Et si jamais un pilote rate le câble, qu'est-ce qu'il se passe ?

- Il remet les gaz et repart pour une autre tentative. Mais il y a trois câbles, ça laisse plus de chance. Tu vois celui-là vient d'attraper le 3ème. Ne t'inquiète pas, Mouth est un pro, c'est un hibou.

- Un hibou ? demanda Veronica.

- C'est un des rares pilotes qui peut apponter de nuit. Regarde, le voilà.

De nouveau, le souffle coupé, Veronica contrôla le miroir, les yeux rivés sur la lumière jaune.

VVO : au milieu, au milieu, au milieu, ...

C'était trop, elle ferma les yeux.

- Parfait, il a réussi à accrocher le 2ème brin d'arrêt.

Elle rouvrit alors les yeux, soulagée.

- Un pro ! Je te l'avais dit.

L'engin stoppa et sortit de la piste pour la libérer au plus vite.

Veronica retrouva alors quelques couleurs. Logan s'extirpa de l'appareil, il dit quelques mots à Roundboy puis enleva son casque. Il se tourna vers les fenêtres et agita sa main. Veronica lui répondit, elle ressemblait sûrement à une stupide cheerleader enjouée mais comment se contenir ?

- Tu peux aller le rejoindre. Tu n'as qu'à suivre les panneaux sortie de secours.

- Merci Rats, pour tout !

- De rien, c'était un plaisir.

Veronica partit à l'aventure, trouver la sortie n'était pas chose aisée. Le nez en l'air, elle suivait les panneaux indicateurs. ça ne devait pas être bien sorcier, elle ne parvenait jamais à se perdre dans les rues de la grande pomme, elle pourrait venir à bout d'un porte-avion. Gauche ou droite ? Suivre son instinct, il ne restait plus que ça.

A gauche, toute ! D'un pas décidé, elle s'engouffra dans le couloir. Un peu trop décidé, elle percuta quelqu'un de plein fouet.

- Hep la ! Je survis à un vol d'exhibition pour me faire attaquer par une tornade blonde, dit Logan la rattrapant dans ses bras.

- C'est ainsi que je planifiais ma revanche.

- Revanche pour quoi ?

- Pour m'avoir fait mourir de peur, idiot ! s'exclama-t-elle en le frappant avec son poing dans le biceps.

- J'ai réussi ? et sans même essayer ? Deviendrais-tu trouillarde avec l'âge ? répondit-il en attrapant son poing dans sa main.

- Arrête de plaisanter c'était ... magique mais terrifiant à la fois. J'ai cru avoir une crise cardiaque au moment du décollage et de l'atterrissage, révéla-telle en croisant machinalement ses doigts avec les siens.

- J'avais oublié que tu avais peur des avions.

- Ce ne sont pas de simples avions, des avions de chasse avec des missiles, et tu pourrais arrêter de respirer, 4 g, le tangage et même la nuit ...

- Hé stop, c'est mon métier, pas de panique, je suis formé pour. Tu sais qu'en ouvrant un livre de droit je ressentirais le même malaise.

- Ne compare pas ce qui n'est pas comparable, c'est dangereux, vraiment dangereux, tu pourrais ...

- Peut-être mais parfois je me dis que je prends moins de risque là-haut que de fréquenter les gens de Neptune.

Cette remarque lui valut un autre coup de poing. Partager entre le fait d'en rigoler ou d'en pleurer, Veronica reprit son sérieux et fit face à Logan. Huit ans d'absence ... le danger ... elle prit conscience de l'urgence, l'urgence de partager et de dire les choses importantes, celles, dont elle était certaine, personne ne lui avaient encore jamais dites.

- Je suis fière de toi ! ... Fière de l'homme que tu es devenu ... Fière des choix que tu aies pu faire ... Fière de ton expertise ... Fière que tu es toujours foi en l'humanité et que tu veuilles la défendre. Fière de

Des bruits de rigolade venant du couloir interrompirent Veronica. Logan la regarda intensément et la traina sans rien dire à travers le couloir opposé. Avec ses longues jambes et sa détermination, elle avait du mal à suivre la cadence.

- Logan, Logan, ... ralentis ! Mes talons ...

Il s'arrêta.

- Enlève-les, proposa-t-il spontanément.

Elle commença à retirer ses chaussures, il prit les brides à la volée dans sa main gauche et arrêta son geste sous ses genoux puis la surprenant, il glissa sa main droite sous son dos et elle perdit contact avec le sol. Il continua, tout droit, à travers le vestibule, Veronica dans ses bras. Il n'était plus vraiment conscient de ce qu'il faisait. S'il était surpris avec ce genre de comportement inapproprié, notamment par des supérieurs, des sanctions seraient envisagées. La rigueur de la Navy ne pouvait rivaliser face à la jeune femme qu'il maintenait précieusement et qui l'empêchait de penser rationnellement. Il s'immobilisa pour ouvrir une porte et reposa Veronica au sol à l'abri dans la cabine. Il referma la porte. Ils se jaugèrent quelques secondes seulement avant de s'attaquer mutuellement. Il n'y avait plus d'hésitation, ni rien de tendre, sauvagement leurs bouches se rencontraient. Le temps, ils l'avaient assez gaspillé et c'était un loisir qu'ils ne possédaient pas. Il la plaqua contre la porte embrassant son cou, effleurant le lobe de ses oreilles. La carte de toutes ses zones érogènes revenait, comme le vélo ça ne s'oubliait pas. La tête de Veronica bascula en arrière contre la porte, abandonnée, son corps se collant à celui de son partenaire. Elle voulait désespéramment le toucher, mais la combinaison qu'il portait était une barrière impénétrable. Elle se releva et dans un dernier élan pragmatique, trouva la fermeture ventrale qu'elle n'hésita pas à descendre jusqu'en bas. Elle était enfin libre de glisser ses mains sur son buste et ne se fit pas prier. Elle les passa sous le simple t shirt blanc et caressa le relief de ses muscles abdominaux puis remonta jusqu'à ses pectoraux. Un désir ardent, presque animal s'était emparé d'eux. Il mit les mains sous sa robe et les fit remonter jusqu'à ses seins. Mais ce n'était pas assez. Elle ouvrit plus largement sa combinaison et débarrassa ses bras de l'enveloppe en accompagnant le vêtement jusqu'en bas puis remonta ses mains jusqu'à ses épaules sans jamais perdre contact avec sa peau. Elle finit par attraper son t shirt et le remonta, il se détacha d'elle pour lever les bras et elle se débarrassa de l'encombrant objet en le jetant derrière lui. Il était désormais torse-nu. Il se pressa contre elle, voulant être au plus proche et l'embrassa vigoureusement. Il n'avait plus de doute, le fait de l'entendre dire qu'elle était fière de lui fut le déclencheur. L'opinion qu'elle pouvait avoir était ce qui comptait le plus à ses yeux, comme un cadeau, elle lui avait offert. Son portable commença à sonner dans sa poche. Trop occupés, ils l'ignorèrent. Il revint à sa position initiale, les mains sous sa robe, se perdant dans les courbes de son corps. Elle abandonna son torse et son dos pour descendre le long de ses fesses à travers son boxer. Leurs respirations et le vibreur du téléphone étaient les seuls bruits audibles. Elle trouva finalement la force de parler :

- Il insiste, tu devrais peut-être répondre.

- Non ! J'ai mieux à faire, coupa-t-il entre deux baisers.

- On a le droit d'être là ? s'inquiéta-t-elle.

- Absolument pas.

Mais la discussion cessa lorsqu'il descendit son shorty le long de ses jambes. Elle s'en débarrassa avec le pied. Il la regarda dans les yeux en attente de sa confirmation, elle répondit en mettant ses mains autour de son cou et dans un accord tacite, il la souleva sous les cuisses et elle passa ses jambes autour de sa taille. Son poids était soutenu par la porte.

- Maintenant, plaida-t-elle.

Il ne la fit pas attendre et leurs corps se réunirent de la plus charnelle des façons, là contre une porte, dans une cabine sur un porte-avion dans la baie de New York. L'extase vint remplacer le désir dans un concert mêlant souffles courts et gémissements.

Logan déposa Veronica sur l'une des couchettes et la rejoignit. Elle se coucha avec sa tête contre son torse. Elle essayait de retrouver un souffle normal et se concentrait sur les battements de cœur du jeune homme.

- C'est là que tu dors ?

- Oui, répondit-il en plaçant l'une de ses mèches de cheveux derrière son oreille.

- Toutes les visites se terminent comme ça ?

Il rigola en ajoutant :

- Pas toutes non, c'est un traitement réservé exclusivement à une poignée de privilégiées.

- Poignée ?

- Très petite poignée, précisa-t-il, en l'embrassant sur la joue.

Le vibreur du téléphone se fit entendre à nouveau.

- Faut que je décroche, cette fois.

Logan se leva.

- Oui Round ? ... Je me suis perdu ... ça arrive aux meilleurs ...j'arrive ... oui, tout de suite ... non ... on verra ... j'me dépêche oui ...

Logan remit son téléphone dans sa poche, puis se rhabilla en remettant sa combinaison qui pendait sur ses hanches.

- Je suis attendu au debriefing. J'en ai pour un moment.

Veronica se releva à son tour et chercha ses sous-vêtements.

- Tu ne peux pas rester ici, hésita-t-il.

- Mmmm, d'accord, je ne voudrais pas te créer de problèmes, répondit-elle en se rhabillant.

- Après le debriefing, on doit aller diner sur le port, j'aimerais vraiment que tu nous rejoignes.

- Je ne sais pas ... Imaginons qu'en repartant, un marin me propose une autre visite très privée ... essaya-t-elle de dire en maintenant son sérieux.

Il se plaça en face d'elle.

- Malheureusement, tu as déjà eu le meilleur des traitements, toute autre proposition serait une pâle comparaison, tu serais ... déçue.

- Vous êtes présomptueux, sailor !

- J'attends le résultat de l'enquête de satisfaction, dit-il en l'embrassant.

- Et qui fait passer cette enquête ? demanda-t-elle faussement indignée.

- Tu l'as devant toi, répondit-il avec un autre baiser.

- Juge et partie ? L'enquête ne risque-t-elle pas d'être biaisée ?

- J'aime prendre des risques.

- Tiens donc !

- Seuls ceux qui prennent le risque d'échouer spectaculairement réussiront brillamment.

- Beau parleur ! C'est ta citation du jour sur ton portable ?

- Appelle-moi dans deux heures, et tu constateras par toi-même.

Son portable vibra.

- Désolé, mais je dois vraiment y aller, reprit-il.

- Certain ?

- Tu serais surprise de l'importance de la ponctualité dans l'armée. Tu veux qu'on m'arrête pour désertion ?

- Ce que je veux, c'est que tu restes là, dans cette combinaison de vol, avec cette bouche, dit-elle en se rapprochant de sa proie, et que tu fasses preuve de galanterie, finit-elle en l'accrochant solidement par la taille.

Il la prit à son tour dans ses bras.

- J'apprécie la censure. Je suis un garçon délicat, ponctua-t-il en l'embrassant sur le nez.

- Un AWOL, pffffffft ! Facile, je t'ai déjà évité la prison dans le passé, je peux recommencer.

- Deux heures et je suis tout à toi, promis !

- Break -


La dizaine d'officiers était tranquillement installé en terrasse, savourant la terre une dernière fois. Un climat de fête reignait dans le port. Une fanfare animait les lieux et des marins dansaient dans la rue. Logan discutait avec ses collègues, sa main ne quittait pas la taille de Veronica qui était assise à ses côtés la tête sur son épaule.

La musique s'adoucit et prit la tournure d'un slow.

- M'accorderiez-vous cette danse, chuchota Logan dans l'oreille de Veronica.

Elle se contenta de sourire et lui présenta sa main. Il se leva la saisit, levant la blonde de sa chaise. Ils prirent place sur la place parmi les autres couples d'un soir. Ils évoluaient en symbiose sur la mélodie.

- Vous avez vraiment un couvre-feu à minuit ? s'inquiéta-t-elle.

- Mmm, mmm. C'est pour éviter les débordements et s'assurer que tout le monde soit opérationnel demain matin pour reprendre la mer.

- Pas moyen de contourner cette règle ?

- Je ne vais pas pousser ma chance, j'ai réussi à braver suffisamment d'interdits aujourd'hui.

- Et tu reviens quand exactement ?

- Dans deux mois, fin mai.

- Deux mois ... c'est long ...

- Nan, 61 jours. Ecoute Veronica, que représentent 61 jours pour nous ?

- Hum ... le temps de gestation chez le chien ?

Logan la regarda l'air troublé.

- Si tu le dis. ... Quels sont tes plans pour l'été prochain ?

- Rien n'est encore décidé mais il se peut que j'aille passer du temps à Neptune, mon père pourrait avoir besoin d'un coup de main à MI.

- Vraiment ! Quelle coincidence, Dick se sent seul à cette période de l'année et j'ai prévu d'y passer beaucoup ... beaucoup de temps. J'me demande comment je vais occuper mes journées ?

- J'ai quelques idées ...

- Je me réjouis d'avance de les entendre.

- Céline aimerait que j'aille la rejoindre en France, elle veut me convaincre que le littoral de la côte ouest français n'a rien à envier à celui des Etats-Unis.

- Je n'ai jamais visité Paris.

- Jamais ? s'étonna Veronica qui savait que Logan avait fait de multiples voyages en Europe avec ses parents.

- Non. Londres, Madrid, Lisbonne, l'Italie mais la France, jamais.

- Qui a dit que tu étais invité ?

- A moi de trouver le moyen de te convaincre, avança-t-il suggestivement.

Il approcha ses lèvres de son cou, sans jamais le toucher, ne carressant sa peau qu'avec son souffle.

- Break -


Alf s'approcha de la table des officiers et s'assit lourdement à la place qu'occupait précédemment Logan à côté de Roundboy. Il était en sueur.

- Les New-Yorkaises m'ont épuisé, s'exclama-t-il en contemplant le ciel.

Les cumulonimbus commençaient à obstruer le ciel de la métropole.

- On dirait qu'il va y avoir de l'orage, reprit-il.

- Pas étonnant avec cette lourdeur.

- Mouth, n'a pas perdu de temps ! jalousa-t-il en pointant la piste de danse.

Roundboy suivit son index. Il sourit.

- Non, je crois qu'il l'a suffisamment pris.

- break -


A l'abri sous un kiosque, des gouttes continuaient de tomber de la chevelure de Veronica. Elle observait les éclairs qui illuminaient New York et ses grattes-ciel. Quelle idée avait-elle eu de vouloir rentrer à pied et traverser Central Park ? Les mains sur la barrière en pierre et le regard au-dessus de la ville, elle frissonnait, trempée jusqu'aux os.

VVO : Trois heures de pur bonheur et la vie reprend son cours. Et maintenant quoi ? Je me suis convaincue que gagner c'était partir, mais on n'abandonne pas le ring en criant victoire. J'étais si sûre qu'en partant, en le quittant ce serait la bonne solution. Sois honnête Veronica, c'est la première fois en huit ans que tu te sens aussi complète et heureuse là au milieu de Central Park, tes escarpins immaculés de boue. Et si j'acceptais finalement que ma place était auprès de lui. Où et comment ? Je n'ai pas encore la réponse. Je suis à New York, il est au milieu de l'océan, mais est-ce important ? Le principal c'est d'avoir un potentiel futur, une page où l'on puisse tenter d'écrire la suite de cette histoire à deux. Ce ne sera certainement pas facile, j'imagine déjà les nombreux rebondissements, mais ça vaut le coup d'essayer, non ?

Un coup de tonnerre fracassant résonna entre les immeubles et fit sursauter Veronica. Un coup de tonnerre, cela rappela ironiquement à Veronica le titre de cette nouvelle de Ray Bradbury où grâce à un voyage dans le temps il illustra la théorie de l'effet papillon. Si le battement d'ailes d'un papillon au Brésil pouvait provoquer une tornade au Texas, un cafard sur un stade à New York l'avait conduite sur un porte-avion avec de l'espoir plein la tête et la promesse d'un meilleur lendemain. Et merci qui ?

- Merci Lilly ! s'écria-t-elle reprenant sa course dans les allées inondées du parc.

- La FIN -

NDLR :

Si j'étais un mot de la fin, en fait trois me viendraient à l'esprit : this is it !

Si j'étais un sentiment, je serais le vide et la satisfaction, c'est contradictoire, je sais, mais c'est ainsi.

Si j'étais un chiffre, je dirais un an d'écriture et je rajouterais environ 140 000 mots.

Si j'étais reconnaissante, je penserais immédiatement à tous ceux qui ont eu le courage de terminer ces 33 chapitres et surtout qui ont laissé des messages d'encouragements bienveillants. Vous ne savez pas à quel point c'est motivant lorsque vous vous trouvez devant un blocage ou tout simplement face au découragement.

Si j'étais une dédicace spéciale, sans réfléchir elle irait pour Lætitia.

Si j'étais de la documentation, je serais un épsiode de "c'est pas sorcier" à bord du porte-avion le Charles de Gaulle, et non ne rigolez pas c'est vrai !

Si j'étais une idole, Rob Thomas bien sûr et les merveilleux personnages qu'il a créés.

Si c'était Noël, bah c'est le cas non ? Alors sous mon sapin j'attendrais un petit commentaire de la part de tous les lecteurs ... j'ai le droit de rêver non ?

Si j'étais un accessoire, je serais un rideau qui tombe ...

De très joyeuses fêtes à tous ... FB