Bonjour/Bonsoir à tous !

Voici un bon moment que je n'avais plus rien publié, et pour ceux qui me suive depuis longtemps,

sans doute aurez-vous remarqué la disparition de ma liste du troisième arc du "Cycle de la Rédemption".

Je souhaite m'expliquer quand à ce phénomène : Comme je ne postulais pas suffisamment régulièrement,

j'avais décidé de retirer cette fic en attendant d'avoir plus de temps (et de motivation, admettons-le) pour travailler dessus.

Il faut avouer que j'ai été pas mal occupé durant l'année qui viens de s'écouler. Notamment à cause de projets professionnels et personnels, dont mon premier vrai roman, qui sera prochainement publié.

Mais là n'est pas le sujet !

Je vous reviens donc, à présent que j'ai à nouveau du temps et de la motivation,

Je reprend donc une publication depuis le début, et en parallèle avec le spin-off "Nouveau départ" dont je parlerai plus directement sur son propre préface.

Bref, il se peut, pour ceux qui avait lu autrefois le début de cet arc, que de petits changements aient eu lieu.

A présent, assez de blabla,

Place au texte !

JE vous souhaite une bonne lecture et espère que cela vous plaira toujours autant.


Disclaimer : Les Personnages de l'Univers Assassin's Creed ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété exclusive d'UBISOFT. Je ne touche aucun sorte de gain pour toute utilisation du produit de leur licence.


LE CYCLE DE LAREDEMPTION

Troisième partie

Arc des Révélations


Chapitre I : La roue tourne – première partie

Il devait être près de trois heures du matin, et pourtant, personne ne dormait dans l'appartement silencieux. Les lumières de toutes les pièces étaient allumées, mais rien ne bougeait. Une atmosphère lourde et oppressante régnait partout, donnant l'impression aux deux habitants éveillés que la pièce se trouvait en dehors du temps et de l'espace. Un lieu clos qui ne pouvait exister que pour lui-même, et qui n'avait d'existence que pour eux. C'était tout du moins la terrible impression que ressentait Altaïr en cet instant précis.

Le jeune homme se tentait debout dans la cuisine, appuyé des deux mains sur le rebord du bloc central, le cœur battant trop vite (ou trop lentement, il ne savait même plus), les yeux fixés sur Malik. Celui-ci se tenait assis sur le canapé, les mains croisées, regardant fixement le mur en face de lui.

Après la terrible révélation de son amant, un peu plus tôt, il s'était levé, rhabillé, et était venu directement s'assoir au salon, se terrant dans un profond mutisme. Altaïr l'avait rejoint, avait tenté de lui parler, de lui faire dire quelque chose, ou même simplement de lui faire tourner les yeux une seconde. Mais rien n'y faisait, Malik restait muet et immobile. Et cela oppressait grandement son compagnon. Il aurait encore mille fois préféré le voir s'énerver, lui crier dessus, lui balancer des objets ou même essayer de le taper. Au moins, Altaïr aurait ainsi su ce qu'il en était de l'état d'esprit de son amant. Alors que là, il ne pouvait pas le savoir.

Que ressentait Malik ? Souffrait-il ? Se sentait-il trahi ? Ou dubitatif ?

Ce silence allait réellement le rendre dingue.

-Malik je t'en supplie, dit quelque chose, soupira Altaïr en fermant les yeux, le cœur battant.

Contre toute attente, il obtint une réaction. Malik se mordit les lèvres, se frotta les mains doucement, comme s'il réfléchissait, puis tourna son regard sur lui. D'une voix platonique, vide de toute émotion, celui-ci déclara :

-C'est bon, je te pardonne.

Altaïr ouvrit de grands yeux. Avait-il bien entendu ? Non, il devait sûrement s'être trompé. Malik ne lui aurait jamais dit ça dans la réalité. Ça ne pouvait pas se dérouler ainsi. C'était trop facile. Il ne pouvait pas juste s'en tirer comme cela. Ca ne pouvait pas…

-Ça n'a été qu'une fois, non ? reprit Malik, continuant de le fixer avec un calme presque effrayant.

-Je… oui, fit Altaïr, déconcerté. Oui, ça n'a été qu'une fois, lorsque ça allait mal entre nous, marmonna-t-il encore, baissant les yeux, mal à l'aise.

-Je vois, répondit le cadre, tiquant légèrement de la paupière. Et qui était-ce ?

Houla ! Question piège ! Le cœur d'Altaïr s'emballa. Il ne pouvait tout de même pas lui dire que la personne avec qui il avait trahi sa confiance n'était autre que sa meilleure amie et confidente. Là, pour le coup, il allait s'énerver.

-Personne que tu connaisses, mentit avec conviction le responsable marketing. Une étrangère, rencontrée au magasin, je ne me rappelle même pas de son nom.

-Et si jamais tu venais à la recroiser ? interrogea encore Malik, platoniquement.

Altaïr poussa un grand soupir, décidément, son amant pouvait bien dire qu'il lui pardonnait, il était en train de chercher n'importe quel prétexte pour pouvoir lui en vouloir. Mais il ne saurait jamais la vérité ! Le jeune homme s'en fit la promesse, il fallait absolument qu'il dissimule la véritable identité de son aventure d'un après-midi. Sinon, il le perdrait à jamais. Et ça, il refusait que ça se produise.

Il contourna donc le poste de la cuisine, et vint s'assoir sur le canapé à côté du cadre, qui le regardait sans vraiment le voir, comme s'il était perdu dans le vague de ses pensées. Altaïr le regarda avec insistance durant un instant, puis prit sa main dans la sienne, parlant avec beaucoup d'éloquence, une fois de plus, les yeux brillants d'émotions.

-Quoi qu'il ait pu arriver, il n'y a personne d'autre que toi qui compte, Malik. Tu es la personne que j'aime, de tout mon cœur. Et si j'ai fait une erreur, alors je ferais le nécessaire pour la réparer, pour regagner ta confiance. Et je te promets que jamais, au grand jamais, cela ne se reproduira.

Malik l'observait toujours. Après un instant de silence, il baissa les yeux, fit une moue, puis acquiesça. Les termes de ces « contrat » lui convenaient. Altaïr, envahit par l'émotion – et toujours cette culpabilité exacerbée – le prit dans ses bras, et le serra fort. Malik hésita, mais finit par passer ses bras autour de lui, et de le serrer à son tour. Puis, après un nouvel instant, il déclara :

-Allons nous recoucher, je suis fatigué.

Altaïr approuva. Ils se levèrent, se tenant la main, et retournèrent s'allonger. Le responsable marketing se serait attendu à ce que le reste de la nuit se déroule de manière assez tendue. Il les imaginait déjà, couché chacun d'un côté du lit, attendant sans oser regarder l'autre que le jour se lève. Mais, à sa grande surprise, il n'en fut rien.

Dès qu'ils furent sous les draps, Malik roula tout contre lui, et posa sa tête sur sa poitrine. Altaïr en fut déconcerté, mais ne s'en plaignit pas. Ils se souhaitèrent la bonne nuit, puis le brun s'endormit, harassé par toutes ses émotions. L'autre, lorsqu'il fut certain que le premier dormait profondément, se redressa un peu, et le contempla dans la pénombre.

Une vague de sentiments assez contradictoires se bousculaient en lui. Il avait une folle envie de frapper Altaïr, de le blesser, de l'étouffer avec un coussin même. Mais paradoxalement, il voulait l'embrasser, le serrer contre lui, sentir leurs corps ne faire qu'un. Tiquant à cette pensée, il ouvrit la bouche, voulant dire « je te hais », mais la seule phrase qui traversa le silence de la chambre fut :

-Je t'aime… crevure.

Puis, il se rallongea, de son côté du lit, et s'endormit pour sombrer dans des rêves agités. Lorsqu'il se réveilla, la nuit lui avait semblé trop courte, et la fatigue le submergeait d'avance.

oOoOoOo

Lucy se réveilla une bonne heure avant que son réveil ne sonne, et ne parvint pas à se rassoupir. Elle avait passé une nuit épouvantable. Ça avait commencé dans la soirée avec un mauvais pressentiment persistant, et ça l'avait soudainement réveillée au cœur de la nuit, sous forme de crise d'angoisse. Elle ne savait pas pourquoi elle ressentait cela, mais l'impression que quelque chose de terrible s'était ou allait se produire la tenait aux tripes.

Elle se leva finalement, n'en pouvant plus d'attendre l'alarme de son radioréveil qui ne venait pas, et alla prendre une douche. Après quoi, elle se dépêcha de se coiffer et de s'habiller, et descendit de sa mezzanine pour déjeuner. Mais elle n'avait pas d'appétit, son estomac étant noué. Elle se contenta donc de thé, d'une boite que Shaun lui avait offerte pour son anniversaire six mois plus tôt.

Etrangement, une vague de mélancolie la submergea lorsqu'elle repensa à l'ancien comptable de la DaVinci Inc. Elle n'avait pas tellement pensé à lui depuis qu'ils l'avaient enterré. On plutôt, elle n'avait pas eu envie d'y penser. D'accord, Shaun et elle n'avait jamais été très proche. Ils étaient collègue de travail, s'entendait assez bien, et il était le petit-ami pseudo secret de sa meilleure amie, mais autrement, ils n'avaient rien de plus en commun. Pourtant, aujourd'hui, sans raison particulière, elle avait pensé à lui, et se sentit triste. Sa mort avait laissé un grand vide. Et, étrangement, depuis, les choses avaient tellement changé.

En fait, si l'on veut bien dire, c'était depuis l'arrivée impromptue d'Altaïr que les choses avaient commencé à vraiment évoluer, mais le décès subit de Shaun avait fait l'effet d'une bombe pour tout le monde, et depuis les choses allait de mal en pis. Connor se révélait être marié à une femme merveilleuse, Desmond évitait de lui parler, Malik régressait dans ses TOC, Ezio devenait barman, Léo se mariait précipitamment avec un banquier, Clay disparaissait pendant une semaine, Rebecca tombait amoureuse d'un psy (mais quelle idée !) qui n'était autre que le frère d'Ezio et de Claudia, Assia lui faisait la gueule pour une raison inconnue, et elle-même s'envoyait en l'air avec le petit-ami de son meilleur ami.

Ça aussi, c'était une idée fumante ! Fumée, plutôt, oui !

Poussant un grand soupir, la jeune femme glissa sa tasse dans le lave-vaisselle. Oui, Shaun lui manquait aujourd'hui. Son flegme et son calme absolue quelque soit la situation, ses petites piques et son accent britannique si agaçant lui manquait !

-C'est le bordel depuis qu't'es plus là, marmonna-t-elle pour elle-même.

Elle enfila ensuite ses chaussures, attrapa son sac à main et sortit de son mini-loft. Elle habitait du côté de la zone industrielle de Fasmay Hill. La municipalité avait décidé, quelques années plus tôt, de transformer en quartier d'habitation une dizaine de vieux entrepôts datant du milieu du siècle (lorsque l'économie de la ville avait fait un bond) et ne servait plus outre-mesure. Plutôt que de les détruire, leur conversion avait permis une sacrée économie à la trésorerie de la mairie.

En sortant du bloc qui abritait son loft et deux autres, elle aperçu une femme rousse, charmante, accompagnée de quelqu'un qu'elle crut reconnaitre. Il lui semblait bien qu'il s'agissait de Clay, mais à cette distance, elle n'en était pas certaine. Et elle ne vit pas le visage de la jeune femme, mais eut un frisson. La dernière rousse qu'elle avait vue de près avait été la coéquipière cinglée d'Abbas, lorsqu'il était venu les défié au bar de Mario. Cela remontait déjà à quelques semaines, mais l'évènement la marquait encore.

Secouant sa tête pour en chasser les souvenirs de cette soirée qui avait traumatisé Malik – et aussi elle aussi, un peu – elle se dirigea vers le parking, et grimpa dans sa voiture. Elle se rendit à la DaVinci Inc, gara son véhicule, traversa le hall d'entrée (Assia n'était pas encore arrivée, étrangement) et grimpa à son bureau. A son grand désespoir, Connor était là, prenant son café du matin.

Elle tenta de passer discrètement, mais l'espace pause donnait directement sur les ascenseurs, et il l'aperçut immédiatement. Il s'élança à sa poursuite.

-Lucy !

-Je ne veux pas te parler ! répliqua sèchement la blonde en se dirigeant à grands pas vers son boxe.

-Mais moi je veux ! riposta Connor d'un ton tranchant.

Elle pénétra dans son bureau, contourna le pupitre et jeta son sac à main sur le siège, restant debout pour faire face à son amant, qui l'avait suivie. Ils restèrent un long moment debout à se toiser du regard. Connor, pour sa part, souriait légèrement, moqueur, se qui intrigua et agaça la jeune femme.

-Qu'est-ce que tu tenais tellement à m'annoncer ?! Fais vite, je n'ai pas que ça à faire !

-C'est fait, lâcha simplement le responsable de la sécurité.

-Pardon ?

-Le divorce, c'est officiel. Aveline et moi sommes libérés l'un de l'autre.

Lucy resta un instant pétrifiée, la bouche légèrement entrouverte. Cette annonce était autant imprévue que surprenante. Dans son fort intérieur, cela lui fit plaisir, car son subconscient analysa la situation en lui criant que le champ était désormais libre pour le séduire. Mais il y avait un autre facteur en jeu, qui l'empêchait de se réjouir. L'armée !

-Super pour toi, répondit-elle le plus impassiblement possible, s'asseyant pour ne pas montrer qu'elle tanguait sous le choc de l'annonce. Et pour ton recrutement, t'as eu des nouvelles ?

L'amérindien soupira profondément en fermant les yeux. Mais pourquoi était-il tombé sous le charme d'une femme aussi… enfin, s'il avait réussi à tomber amoureux d'Aveline, c'était en soi la preuve qu'il aimait se faire du mal. Il les aimait avec un fort caractère.

-Je n'ai pas encore donné ma réponse, avoua-t-il.

-Qu'est-ce que tu attends alors ? lui lança la blonde en relevant son regard sur lui.

Connor hésita un instant. Il avait envie de répondre quelque chose de violent, mais cela ne ferait que détruire le peu d'espoir qu'il avait de reconquérir Lucy. Il décida donc de la jouer plus subtilement. Il posa ses mains sur le bord du bureau, et se pencha à la hauteur de la jeune femme, la regardant droit dans les yeux, et déclarant d'une voix calme :

-Que tu me donnes une raison de rester.

Le cœur de Lucy s'arrêta net à cette réplique. Voyant son air déconfit, Connor en fut satisfait, et se redressa, sans dire un mot de plus, il sortit de la pièce pour retourner à ses activité (se préparer un café), plantant son amante sur place, les idées confuses.

oOoOoOo

Claudia descendit du bus devant la DaVinci Inc. Elle avait préféré venir comme cela plutôt qu'en voiture, n'ayant pratiquement pas fermé l'œil de la nuit. Elle ne voulait pas provoqué un accident de la route. Le téléphone collé à l'oreille, elle pénétra dans le hall du bâtiment, et salua de la main Assia, qui venait de prendre place à son comptoir.

Au bout du fil, la tonalité se faisait entendre. La mise en communication était toujours assez lente avec l'étranger. A moins qu'il ne s'agisse du décalage horaire. C'était plus probable. Après tout, il devait encore faire nuit chez eux, et sans doute Claudia était elle en train de réveillé tous les employés de la Villa Auditore de Monterigionni, en Italie. Elle en était désolée, mais le sujet était urgent.

Après un moment, on décrocha alors qu'elle descendait de l'ascenseur et saluait Connor, qui revenait du bureau de Lucy.

-Allo ! Monsieur Tazim, ici Claudia Auditore, bonjour ! Je suis désolée de vous déranger maintenant, je sais qu'il est très tôt chez vous, mais j'ai un souci urgent à voir avec vous. Mon frère Ezio, cet imbécil, vient de décidé, sur un coup de tête, de partir pour vous rejoindre. Pourquoi ?... Il a subit un certain nombre de déceptions dans sa vie ses derniers temps, et à besoin de se retrouver dans un lieu calme pour réfléchir et se reposé. Il est partit d'ici hier soir, je pense qu'il sera à Florence dans la matinée, et qu'il arrivera dans l'après-midi…. Non, je ne sais pas exactement dans quel état il sera… oui, merci. Occupez-vous bien de lui s'il vous plait Yusuf. Et prévenez-moi quand il sera bien installé. Non, je ne veux pas le déranger, juste m'assurer qu'il est parvenu sain et sauf chez vous. Oui, je suis parano, je sais ! Voilà, merci… bonne nuit, à demain.

Elle raccrocha, légèrement agacée. Le ton employé par Yusuf Tazim, l'intendant et gardien de la Villa, l'avait grandement agacée. Elle détestait qu'on lui fasse la morale, et encore plus qu'on la prenne de haut. Mais bon, il ne semblait pas l'avoir fait exprès. Visiblement, elle l'avait réveillé, et il était encore ensommeillé. Elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle non plus n'aurait pas apprécié de se faire réveiller pour ce genre de raison.

Poussant un soupir en glissant son portable dans son sac à main, elle se dirigea vers le coin pause, se prépara un café bien corsé, salua Rebecca qui arrivait à ce moment (échangeant quelques banalités avec elle) et grimpa les marche de verre menant à la passerelle. Elle se dirigea directement dans son bureau, s'installa à son poste de travail et alluma l'ordinateur. Avec son congé de la veille, pour commémorer la mémoire de son frère et réunir sa famille – pour mieux la voir voler en éclat à nouveau – elle avait pris un peu de retard dans son boulot. Elle allait passer la journée à étudier un dossier en particulier.

Elle avait aperçu, en survolant les relevés de compte de la DaVinci Incorporation des deux précédentes années, une irrégularité au niveau des sommes. Peut-être n'était-ce rien, ou alors une simple erreur de report, mais il lui fallait absolument tout revérifier, car les chiffres lui paraissaient surprenants. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'elle avait refusé à Altaïr de lui débloquer le budget pour la campagne publicitaire. D'ailleurs, rien que cette campagne ambitieuse et couteuse lui paraissait suspect. Elle ne comprenait pas le but de ce projet. Quel besoin Léo avait-il de faire de la pub jusque dans l'Etat voisin ?

Enfin, elle allait voir ce qu'il en était, et en discuterait probablement avec le blondinet si jamais elle trouvait quoi que ce soit. Mais pas aujourd'hui. Elle en voulait un peu à Léo du départ précipité d'Ezio, car elle ne doutait pas que l'annonce brusque de son mariage avec Cesare avait porter un coup de grâce à son frère.

Se renfrognant en pensant à son frère, somnolant probablement dans un avion au dessus de l'Atlantique, Claudia se replongea dans sa paperasse.

Dix minutes plus tard, son téléphone interne sonna. Elle décrocha et la voix d'Assia l'interpella.

-Il y a quelqu'un qui te demande…

oOoOoOo

Malik et Altaïr arrivèrent en même temps. Ils avaient fait comme d'habitude. Si Malik avait des griefs contre son amant, il n'en montrait rien, se comportant avec la plus extrême des courtoisies. Altaïr se demandait toujours ce que pouvait réellement ressentir son petit-ami, et cela l'angoissait. Le jeune cadre était difficile à cerner, il savait très bien refouler ses émotions pour mieux les cacher. Une technique développée durant des années sous la houlette de Bachir, qui estimait les émotions comme nuisibles à l'efficacité.

Ils se séparèrent en descendant de l'ascenseur, Malik devant aller chercher un papier aux archives – et sûrement s'assurer que Clay était bien arrivé et déjà au travail. Altaïr, pour sa part, alla se servir un peu de café, et entama une courte discussion avec Rebecca, qui semblait pleine d'énergie et souriante. Il était content pour elle. Depuis la mort de Shaun, elle était devenue un peu l'ombre d'elle-même, mais depuis quelque temps, elle avait retrouvé la joie de vivre. Et étrangement, cela coïncidait avec sa rencontre avec son psy. Sachant qu'il s'agissait en réalité de son cousin Federico, cela le faisait doucement rigoler. Qui aurait cru que tout le monde finirait par se retrouver ici, à Fasmay Hill ? C'était limite étrange, mais pas forcément désagréable.

Enfin, il se serait bien passé d'Abbas et de Bachir, mais il s'agissait là d'un autre problème, qu'il lui faudrait tenter de résoudre. Maria lui avait promis – leur avait promis – qu'elle allait tout faire pour avoir plus d'information, et prendre des mesures de circonstances. Il ne restait plus qu'à espérer qu'elle allait réussir à tirer cette histoire au clair, car c'était également un facteur de tension dans son couple. Malik allait sûrement bientôt exploser, faire un burnout ou quelque chose comme ça sous le poids de tous ces problèmes qui s'accumulaient.

-Tu as l'air pensif ! lui lança Rebecca.

-Pardon ? demanda Altaïr, qui sortit de ses pensées en hochant un peu la tête.

-Je disais, « tu as l'air pensif », répéta la jeune femme en tiquant de la paupière car elle avait horreur de redire deux fois la même chose.

-Ha bon ? feignit-il la surprise. Je ne sais pas, non je ne crois pas.

-On va dire que je te crois, sourit aimablement la pyrotechnicienne. Bon, je te laisse, j'ai du boulot.

Sans un mot de plus, elle s'éloigna pour regagner son bureau. Elle commençait à connaitre un peu Altaïr. Il avait le même problème que Malik sur ce poin – ne pas dire ce qui le tracassait – et elle savait que ça ne servait à rien d'insister.

Soupirant, Altaïr s'apprêtait à regagner son bureau, lorsque l'ascenseur s'ouvrit, et qu'il en vit descendre une personne qu'il connaissait bien. Le nouveau venu était un grand homme, aux cheveux mi-longs grisonnants, incrusté dans un costard beige, une serviette en cuire d'une grande marque à la main. Il s'avança dans la pièce, regardant partout autour de lui. Altaïr, revenant de la surprise, voulut l'interpelé, mais la voix de sa cousine, sur la passerelle, le devança :

-Maître LaVolpe ! Je suis contente de vous voir.

L'homme se tourna dans sa direction, et leva la tête, esquissant un sourire.

-Mademoiselle Auditore, le plaisir et partagé. Mademoiselle El-Buli m'a prévenu que je vous trouverais ici.

-Oui, Assia m'a prévenue de votre arrivée. Monter seulement, nous serons plus à l'aise dans mon bureau.

-Certes, approuva l'homme en se tournant à nouveau pour aller emprunter l'escalier.

En passant à côté d'Altaïr, il le salua, posant sur lui son regard malicieux de renard. Claudia interpela son cousin.

-Altaïr, pourrais-tu être gentil et amener un café à Monsieur, je t'en serais reconnaissante.

-Heu, ok… répondit le jeune homme, ne comprenant rien à se qui se passait.

L'homme en costard grimpa les escaliers, rejoignit la cadette Auditore, lui sera la main. Elle l'invita à la suivre d'un petit geste de la main, et ils allèrent s'enfermer dans son bureau. Altaïr observa la scène, incrédule.

Qu'est-ce que tout cela signifiait ? Pourquoi le notaire de la famille Auditore venait-il voir Claudia ? Que s'était-il passé d'assez grave pour que cet homme (pourtant très occupé car étant le plus coté des notaires de la ville) vienne voir à l'improviste la jeune femme.

Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait que tout ceci n'annonçait rien de bon. Il allait y voir une grosse perturbation dans leur vie sous peu. Et il commençait sérieusement à redouter les surprises.

oOoOoOo

Desmond sortit de l'appartement et grimpa dans l'ascenseur. Il n'avait quasiment pas fermé l'œil de la nuit, trop énervé et désespéré par ce qui s'était passé avec Assia la veille pour trouver le sommeil. L'élévateur arriva à l'étage du hall en tintant, et le jeune homme dut prendre une grande inspiration avant que les portes ne s'ouvrent afin de ne pas céder à la panique.

Comme il pouvait s'y attendre, Assia se trouvait derrière son comptoir elliptique, en train de travailler. En entendant les portes de l'ascenseur grincer, elle tourna la tête avec son magnifique sourire habituel, mais celui-ci s'effaça quasiment immédiatement lorsqu'elle vit de qui il s'agissait. Elle se dépêcha de se tourner pour ne plus le voir.

Cela fit à nouveau mal à Desmond, qui sentit en même temps monter une bouffée de colère. Heureusement, il parvint à se calmer, et s'élança. Il traversa le hall d'une traite, sans accorder le moindre regard à la secrétaire, et sortit dans la rue. Il se dirigea vers l'arrêt de bus, et se posa sur le banc, sous le couvert. Il y avait une petite vieille, qui lui souhaita le bonjour, il lui répondit avec un maigre sourire, épuisé.

Il ne savait pas trop ce qu'il allait faire aujourd'hui. Il aurait bien aimé qu'Aveline l'appelle pour lui proposer de monter à l'hôpital, mais elle l'avait prévenu la veille par SMS qu'elle serait probablement trop fatiguée pour pouvoir s'occuper de lui aujourd'hui. Il y avait eu un accident dans le quartier industriel, et elle avait dû monter en urgence dans la nuit pour opérer. Comme il s'agissait d'une blessure thoracique par balle, elle en avait sûrement eu pour des heures, estima Desmond.

Poussant un profond soupire, il se leva pour monter dans le bus, et se laissa tomber dans un des sièges. Le véhicule redémarra. Qu'allait-il faire ? Il avait toute une longue journée qui l'attendait, mais il n'avait pas de motivation à quoi que ce soit. A part peut-être… Oui, voilà, il avait une idée. Même si Aveline ne pouvait pas le prendre en charge, rien ne l'empêchait de monter à l'hôpital tout de même et de se poser à la cafétéria pour étudier un peu.

Et comme le personnel commençait à bien le connaître à force qu'il soit là-bas, un interne ou un résidant viendrait peut-être discuter avec lui, et il pourrait poser des questions. Et qui sait, peut-être pouvait-il même proposer à Federico de déjeuner avec lui, puisqu'il travaillait aussi à l'hosto. Ça lui changerait les idées. Oui, voilà, il allait faire ça, c'était une bonne idée.

Il descendit au terminus de la ligne, près du parc, en face de la mairie, et changea de bus pour prendre celui qui montait en haut de la colline de Fasmay. En même temps, il envoya un message à son cousin.

oOoOoOo

Federico était particulièrement en forme en se levant ce matin là. Il se sentait plus léger, comme si le fait d'avoir enfin oser affronter et envoyer balader Abbas l'avait libéré. En plus, même si Ezio lui avait fait savoir qu'il lui en voulait encore, il avait retrouvé sa famille, et ça aussi contribuait à le rendre heureux. Et pour Ezio… Sans doute le temps leur permettrait de se réconcilier, à la longue.

Il se rendit donc au travail à pieds, débordant d'énergie. Bien entendu, il pensa à prendre une douche dans l'un des vestiaires de l'hôpital, car son footing et la montée des quelques 1000 marches de la colline l'avait fait transpiré. Heureusement qu'il gardait toujours une chemise propre dans son casier au service de psychologie.

Il regagna son bureau en saluant joyeusement ses collègues – prenant son emploi du temps auprès de la secrétaire médicale du service – et se posa à son pupitre. Il jeta un rapide coup d'œil à la liste. Cinq séances dans la journée, rien de bien impressionnant, d'autant que le nom d'Abbas n'apparaissait plus dessus. A cette pensée, il sourit et sortit de son tiroir à clé le dossier du premier patient, relisant le compte-rendu des dernières séances.

Les deux premier rendez-vous se passèrent sans encombre. C'était d'avantage des hommes d'affaire qui se payait un psy parce qu'ils en avaient les moyens (et dont les seuls problèmes étaient en fait leur manque de communication avec leur épouses et leurs enfants) que de réelle cas de de thérapie.

Avant de recevoir son troisième rendez-vous, il jeta un coup d'œil à son portable et sourit en voyant un message de son cousin Desmond. Il lui proposait de déjeuner ensemble puisqu'il serait à l'hôpital aujourd'hui. Cela lui fit plaisir. Il répondit que ce serait volontiers, puis remis son smartphone en mode avion pour ne pas être dérangé, le glissa dans son tiroir, et accueillit sa troisième consultation, une jeune femme rousse du nom de Judith, qu'il voyait pour la première fois.

oOoOoOo

Maître LaVolpe sortit du bureau de Claudia, celle-ci la raccompagnant jusqu'à l'ascenseur. Manque de chance, ils croisèrent Léonardo, qui se rendait à la salle de réunion pour travailler.

-Maître ?! fit le blond, surpris. Que faites-vous ici ?

-Monsieur DaVinci, répondit cordialement le notaire, d'un ton un peu sec toutefois, en lui serrant la main. Je voyais quelque détail avec Mademoiselle Claudia, mais je crains ne pouvoir vous en dire plus.

Léo tiqua du visage et lança à Claudia un regard interrogateur. Celle-ci le dévisagea vivement d'un air mauvais, et se permit de ne pas lui répondre pour accompagner à la sortie le notaire familial. Le blond, réellement intrigué, et légèrement paniqué, resta planté sur place, et les observa gagner l'ascenseur.

Il ne savait pas trop pourquoi, mais il avait soudain un mauvais pressentiment. Il connaissait bien Maître LaVolpe. Il s'agissait du notaire de la famille Auditore depuis près de quarante ans, et avait été très présent juste après la disparition regrettable de Giovanni et Maria dans cet affreux accident de voiture. Il avait dû expliquer et transmettre à Ezio tout l'héritage matériel et administratif de la famille. Mais il ne l'avait pas revu depuis plus d'un an, Ezio n'ayant pas eut besoin de lui. Alors pourquoi réapparaissait-il à présent. D'autant que, si Léo s'en souvenait bien, il avait entendu une fois le notaire dire à Ezio que, selon les volontés des parents, Claudia n'avait aucun droit sur les affaire de la famille jusqu'à nouvel ordre. Et Ezio avait confirmé qu'il préférait que cela reste ainsi pour qu'elle n'ait pas les ennuis qu'apportait un tel héritage. Elle ne devait pouvoir intervenir que dans deux cas. Si Ezio se retrouvait dans une incapacité, physique ou mentale, de gérer les affaires, ou si jamais il…

Un frisson parcourut l'échine du blondinet tendis que son cœur ratait un bond. Ou s'il venait à décéder. Sans pouvoir s'en empêcher, les pires scénarii commencèrent à s'établir dans l'esprit du PDG. Et s'il était arrivé malheur à Ezio ? Peut-être n'avait-il pas supporter de savoir qu'il s'était marié avec Cesare. Peut-être avait-il trop bu, et eut un accident mortel, ou pire, qu'il était devenu un légume ? A moins qu'il ne se soit suicidé ?! on, cette dernière hypothèse, il refusait d'y croire. Même désespéré, Ezio ne se serait jamais fait du mal à lui-même. Par contre, l'accident sous l'emprise d'alcool… c'était bien le genre de la famille Auditore, sans méchanceté.

Claudia remonta les escaliers, et leva les yeux au ciel en poussant un soupir lorsqu'elle constata que Léo était toujours planté là, attendant visiblement des explications.

-Qu'est-ce que Maître LaVolpe faisait ici ? interrogea-t-il simplement, crispé, ayant peur de la réponse.

-Je pense que cela ne te concerne en rien, répliqua un peu sèchement Claudia, de son ton hautain, en passant à côté de lui, se dirigeant vers son bureau sans le regarder directement. Ce sont les affaires de la famille Auditore.

-Est-ce qu'il est arrivé malheur à Ezio ? lâcha avec colère Léonardo, ne supportant pas le ton employé par la comptable.

Claudia s'immobilisa sur son pas de porte, et se retourna très lentement vers le blondinet, l'air grave. Elle l'observa un instant. Il avait l'air réellement angoissé. C'était méchant, mais elle en fut heureuse. Il méritait bien de se ronger un peu les sangs. Après tout, si son frère adoré était parti à l'autre bout du monde, c'était en grande partie de sa faute à lui. Elle s'appuya contre le chambranle, croisa les bras, et fixa attentivement son patron, le toisant avec un certain mépris.

-Tu veux vraiment le savoir ?

-Oui, j'aimerais beaucoup, répliqua férocement Léonardo.

Claudia baissa les yeux un instant, fit une moue étrange, soupira, puis posa son regard droit dans le sien, un sourire moqueur étirant ses lèvres.

-C'est vrai qu'après tout, entre associés, nous ne devrions rien nous cacher.

Léo sursauta à cette réplique et battit des paupières.

-Pardon, fit-il. Comment ça « associés » ?

-Disons simplement que, grâce à tes petits caprices volages, je viens de devenir officiellement actionnaire de 49% de cette entreprise, expliqua avec véhémence la jeune femme.

-Quoi ?! s'exclama le blondinet, recevant cette révélation comme une baffe. Attend, comment-ça ?!

Claudia le voyait totalement décontenancé, et cela lui fit du bien. Elle avait l'impression de venger un peu son frère de cette manière.

-Apparemment, tu l'as tellement dégouté avec ton coup tordu de te marier sur un coup de tête qu'il a décidé de partir.

-Partir ?! Mais partir où ?!

-Qu'en sais-je, mentit Claudia en haussant les épaules. C'est un grand garçon, il va et fait ce qu'il veut. Il n'a pas besoin de mon approbation. En tout cas, il s'est assuré avant de s'en aller que je récupère tout ce qui pouvait encore le retenir ici. Sa voie au Conseil des Fondateurs, toutes les affaires de la famille Auditore ainsi que ses parts de la DaVinci Incorporation.

Elle avait lâché cette dernière affirmation d'un ton légèrement plus appuyé. Et la réaction qu'eux Léonardo (son visage se décomposant à vu d'œil) lui procura un plaisir incroyable. C'était méchant, mais bien fait dans un sens. Avec un sourire particulièrement carnassier, Claudia lâcha d'un ton faussement enjoué :

-J'espère sincèrement que nous pourrons faire du bon travail ensemble, très cher associé.

Puis elle détourna les talons, et se dirigea vers son bureau, tout en lançant encore par-dessus son épaule :

-Je te laisse faire part de la bonne nouvelle aux autres.

Puis, atteignant son repère, elle précisa encore, avant de refermer la porte :

-Ha, et j'aimerais avoir rapidement accès aux dossiers de la direction. A plus, associé.

Et elle s'enferma, plantant Léonardo sur place, la mine affligée. Il se passa une main sur le visage en poussant un profond soupir. Mais qu'est-ce que c'était encore que ce délire ? Comme si les choses n'allaient pas déjà assez mal comme ça.

Encore sous le choc de la révélation, le blondinet parcourut le reste de la passerelle en se tenant à la main-courante, et regagna son propre bureau. Il en tira les volets, et se laissa tomber dans son fauteuil. Il lui fallait se calmer et réfléchir à la situation.

Et surtout, il avait besoin d'en parler avec son mari. Mari, ce mot lui semblait encore si étrange. Il attrapa le téléphone sur le bureau, et ouvrit son agenda pour y trouver le numéro direct de Cesare.


Voilà

J'espère que cela vous a plu

N'hésitez pas à laisser un commentaire.

Je vous encourage vivement à lire en parallèle "Nouveau Départ" afin de découvrir Ezio dans sa nouvelle vie.

A bientôt pour la suite.