Bonjour ! Je vous parle en provenance d'un cours d'un ennui mortel. Et je sais que ça fait longtemps que je n'ai rien posté. Désolée. Pas beaucoup de temps en ce moment...


La sortie à Pré-au-Lard était enfin arrivée, après une nouvelle semaine encore fortement chargée de devoirs et d'exercices qui ne cessaient de se complexifier, et tous les élèves accueillirent cette journée de tranquillité avec joie, mêlée d'impatience pour certains qui attendaient cette sortie depuis longtemps, même ceux qui n'étaient pas assez âgés pour visiter le village voisin, et qui purent en profiter pour jouer à la Bataille Explosive ou aux échecs, deux jeux particulièrement populaires, tandis que même les plus studieux abandonnaient leurs cours. La semaine avait été particulièrement chargée pour Felicia, en raison d'un match de Quidditch contre Serpentard approchant, ce qui signifiait des heures supplémentaires d'entraînement, quel que soit le temps, et qui la forçait en plus à faire attention à ce qui se passait autour d'elle, ne désirant pas se faire blesser par un Serpentard un peu trop pressé de voir l'équipe de Gryffondor perdre l'un de leurs joueurs. Aucun joueur de Gryffondor ne désirait laisser la victoire à leur maison ennemie. Mais cette après-midi était réservée à la détente.

Felicia avait vu la plupart de ses camarades partir au village sorcier dés qu'ils y furent autorisés, après le repas, certains s'y précipitèrent, en courant, d'autres prenaient leur temps, sous les menaces marmonnées de Rusard auxquelles tous les élèves et professeurs étaient maintenant habitués (« Sales vauriens vous feriez mieux de ne rien ramener pour détériorer l'école », « Ils vont encore ramener de la boue partout... », « si seulement je pouvais pendre ces garnements par les pieds ! » etc.), et elle attendait que quelqu'un, sans doute un professeur, l'approche pour qu'ils puissent partir à leurs tour. Ce fut le professeur Flitwick qui l'accompagna, surprenant la jeune Gryffondor, qui s'attendait à voir la directrice de la maison des lions, mais celle-ci avait de nombreuses copies à corriger, comme le lui apprit Flitwick.

« J'ai remarqué que vos sorts réussissent plus rapidement et efficacement cette année que l'an dernier. Une raison particulière à ce changement ? Lui demanda le professeur de Sortilèges.

- Oui, j'ai changé de baguette pendant l'été. Celle que j'avais avant ne m'obéissait pas entièrement. Et de toute façon, je l'ai détruite avec ce Patronus...

- Oui, cela explique bien des choses. Est-ce votre mère qui vous a appris ce sortilège ? Mes collègues et moi-même n'avions jamais vu une élève si jeune en réaliser un, et je suis sûre que ce n'est pas un professeur de Poudlard qui vous l'a enseigné.

- Non, je l'ai appris toute seule, j'avais trouvé un livre donnant des conseils. Mais c'était beaucoup plus compliqué à réaliser face à un vrai Détraqueur que seule. Je ne m'attendais pas à ce que ça demande autant de force.

- Impressionnant ! Je suis certain que de grandes opportunités vous seront offertes quand vous aurez fini votre éducation ! Et oui, les Détraqueurs ont cette caractéristique peu agréable de glacer les cœurs et les corps, particulièrement les moins préparés – quoiqu'on ne puisse pas vraiment se préparer à ces créatures – , ce qui rend votre sort encore plus remarquable

- Merci, répondit tout simplement Felicia en rougissant. »

Pendant cette conversation, les deux sorciers s'étaient mis en route pour Pré-au-Lard. Ils avaient de la chance, car le soleil était au rendez-vous, malgré un vent froid qui se faisait de plus en plus fort. En arrivant au village sorcier, Felicia ne put s'empêcher d'être impressionnée par le nombre d'enseignes présentes, dans lesquelles les élèves de Poudlard s'engouffraient rapidement dans un éclat de rire, certains uniquement pour se réchauffer. Flitwick conduisit la jeune élève jusqu'aux Trois Balais, un bar très réputé parmi les sorciers de tout le Royaume Uni. Madame Rosmerta, la patronne de l'établissement, en voyant entrer le petit sorcier et son élève leur indiqua une porte sur la gauche. Après avoir accompagné Felicia à l'intérieur, pour vérifier qu'il s'agissait bien de Mafalda Hopkirk, le professeur de Sortilèges laissa la jeune fille, en lui indiquant qu'il serait à une des tables quand elles auraient fini.

« Mademoiselle Noctua ? Commença, en se levant, une jeune employée du Ministère, qui avait un visage aux traits doux, que contrastait un chignon strict, donnant l'apparence de quelqu'un de très juste. Je suis Mafalda Hopkirk, ravie de faire votre connaissance.

- De même. Je vous remercie du temps que vous passez sur mon dossier.

- Je ne fais que mon travail. Vous voulez boire quelque chose ? J'ai commandé une biéraubeurre, mais je ne pense pas que ce soit adapté à quelqu'un de votre âge... En revanche un thé ou un chocolat chaud vous réchaufferait rapidement.

- Ne vous inquiétez pas pour moi, répondit Felicia en souriant.

- Avant que nous commencions, avez-vous la moindre question concernant votre dossier, ou sur quoi que ce soit qui y soit lié ?

- Ce n'est pas une question, mais je peux confirmer que Jensen Padacky est bien mon père biologique, ma mère m'a laissée des documents qui expliquent ce qu'il s'est passé. Il n'en est pas au courant, par contre.

- Très bien, je transmettrai l'information, qui restera strictement confidentielle. Désirez-vous rentrer en contact avec lui ?

- Euh... Non... Pas pour l'instant, en tout cas.

- D'accord. Autre chose ?

- Pas pour l'instant, non. »

Après cela, les deux femmes commencèrent à parler de ce qui les amenait à s'être donné rendez-vous ce jour-là, c'est-à-dire les prochaines vacances, et l'endroit où Felicia les passerait. Le ministère, en effet, désirait donner à la jeune fille la chance de les passer dans un cadre plus confortable qu'isolée en compagnie d'un Auror. C'était en tout cas la raison officielle que communiquait le Ministère. Felicia comprit rapidement que derrière cela se trouvait un problème que le Ministère tâchait de résoudre depuis quelques temps, que Felicia soupçonnait être posé par Joshua lui-même, et pour lequel ils avaient besoin de tous les Aurors possibles. À demi-mots, Hopkirk informa la jeune fille que le service des Aurors souffrait encore du dernier conflit contre Voldemort, et avait du mal à recruter de nouveaux membres.

Néanmoins, les deux femmes parvinrent à un accord, en à peine un peu plus d'une demi-heure. Felicia acceptait d'être placée dans une famille, dans la mesure où il y aurait suffisamment de protection pour que ceux qui l'accueilleront ne soient pas blessé par une attaque toujours possible de Torduhead. Hopkirk informa la jeune Gryffondor qu'elle la recontacterait dés qu'elle aurait la moindre information la concernant. Les deux se séparèrent ensuite, Felicia retrouvant le professeur Flitwick, et l'employée du Ministère sortant du bar. Ce que Felicia ne vit pas, cependant, c'est que Sean était également dans le bar, et courrut après Mafalda Hopkirk, laissant Charlie en plan, seul et surpris. De ce fait, elle n'entendit pas leur conversation.

« Madame ! Madame ! Interpella Sean, surprenant la jeune femme qui finit par se retourner.

- Je peux vous aider, jeune homme ?

- Euh... Je m'appelle Sean Dearborn, ma mère fait partie des Aurors, et...

- Oui ?

- Et je suis en cours avec Felicia, et je ne suis pas idiot, j'ai bien compris qu'elle a besoin d'un endroit où passer les vacances, alors je me disais que... Peut-être...

- Vous me proposez de laisser Felicia chez vous, c'est cela ?

- Oui...

- Eh bien... C'est une proposition intéressante, malheureusement je ne peux pas vous dire si elle sera acceptée, tant que je n'en ai pas parlé à mes supérieurs. Vous êtes sûr que votre mère est d'accord ?

- Oui ! Et merci d'avoir pris de votre temps pour me parler.

- Merci à toi d'être venu me voir. »

Un instant plus tard, les deux se séparèrent, et Sean retrouva Charlie, qui était énervé que son ami ne lui ait pas parlé de ce qu'il avait prévu de faire. Pour se faire pardonner, Sean expliqua à son meilleur ami les raisons qui l'avaient poussé à parler à l'employée du Ministère. Charlie, même s'il admirait la gentillesse de son ami, n'était pas sûr que sa proposition serait validée.

Pendant ce temps, Flitwick avait proposé à la jeune élève de profiter de sa visite, qui serait sans doute l'une des seules qu'elle ferait pendant son temps à Poudlard en tant qu'élève, ce que Felicia accepta avec une joie enfantine qu'elle n'avait pas souvenir d'avoir ressenti depuis de trop nombreux mois, voire depuis des années. Elle passa dans les magasins les plus connus de Pré-au-Lard, ce qui incluait Honey Dukes, Derviche et Bang, et Zonko, le célèbre magasin de farces et attrapes sorciers. Felicia en profita pour acheter une plume à encre rouge qui se recharge toute seule pour remercier son professeur de l'avoir accompagnée cette après-midi.

Puis, alors qu'il était près de 4 heures, le petit professeur de Sortilèges décida qu'il était temps de retourner à Poudlard, et la paire repartit tranquillement, précédant la plupart des camarades de la jeune fille. Le temps avait empiré, et une pluie fine tombait, glaciale. Une fois arrivés à l'école, les deux se séparèrent, pressés de se réchauffer devant un bon feu ou sous une couverture, sans que la jeune Gryffondor oublie de remercier le professeur en lui offrant son cadeau. Flitwick, s'il n'en laissa rien paraître, fut surpris de l'attention qu'avait eu la jeune fille à son égard pour ce qui lui semblait être un acte tout à fait basique.

Un instant plus tard, Felicia se dirigeait vers la Salle Commune des Gryffondor, pensive. Elle se demandait, appréhensive, dans quelle famille elle serait envoyée à la fin de l'année. Elle se demandait comment elle pourrait leur repayer ce service. Adel avait passé tout un été avec elle sans rien demander de plus, mais il était un employé du Ministère, et un Auror de plus, cela faisait donc partie de ses fonctions, quoique cela était tout de même assez exceptionnel, voire unique.

Felicia supposait qu'elle finirait par être envoyée dans la famille d'un des employés du Ministère, sans doute dans une location moins isolée que l'été dernier. Cela ne dérangeait pas la jeune fille. Elle savait néanmoins qu'il serait compliqué de trouver un endroit plus magnifique et paisible que le chalet où elle avait passé quelques mois.

Précédant son arrivée à la Salle Commune de Gryffondor, Felicia croisa Nick-Quasi-Sans-Tête, avec lequel elle eut une longue conversation sur les avantages d'exister dans un monde sorcier. À cette occasion, le fantôme évoqua à la jeune fille l'existence de quelques rares Moldus, dans d'autres régions du monde, qui étaient au courant de la dimension surnaturelle du monde, et qui éliminaient ce qu'ils considéraient, souvent à raison, comme une menace pour leur société. Felicia fut surprise que la mémoire de ces individus ne soit pas effacée par les services de tel ou tel gouvernement sorcier. Nick apprit également à la jeune fille que, si de nombreux sorciers possédaient leurs dons dés la naissance, certains obtenaient leur pouvoir à l'aide de rituels noirs et dangereux.

Avant de s'endormir, la jeune fille ne put s'empêcher de remarquer que Craig n'avait pas été aussi pénible que les années précédentes. Quoique cela ne la dérange pas, Felicia s'en étonna car il n'y avait pas de raison particulière à ce qu'il se soit calmé, et elle eut un mauvais pressentiment.