Disclaimer : Les personnages cités dans cet ouvrage ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété de la merveilleuse JK Rowling, sans qui l'univers d'Harry Potter n'existerait pas (ce qui serait tout de même dommage). Seul le texte est de moi.

Note de l'auteur : Il n'y aura pas de chapitre la semaine prochaine.

Réponses aux reviews :

a pineau45 : Merci beaucoup ! Je sais que les premiers chapitres sont courts, mais comme je l'ai dit dans le précédent chapitre, ceux à venir seront plus longs. Et tu as parfaitement raison, je me suis trompée dans l'année de la bataille de Poudlard. Désolée ^^

Stefan Bathory : Tout d'abord, merci à toi pour ta review. Je comprends que tu trouve que les peines prononcées à l'encontre des Mangemorts puissent être légères, mais je ne suis pas une très grande fan de la peine de mort, j'évite donc de condamner à mort qui que ce soit, même des personnages de fiction. Par rapport au sort de Lucius Malefoy, j'avoue avoir beaucoup hésité quant à sa peine, et puis je me suis dit que s'il avait réussi à échapper à Azkaban une première fois, il pourrait avoir une peine réduite la deuxième. Il est très malin, et a pu s'en tirer facilement en faisant jouer le fait qu'il n'avait plus de baguette, et qu'il avait été séquestré par Voldemort pendant un an. Et enfin, je sais que la société sorcière est tout sauf démocratique dans les livres, mais justement, c'est ce que l'arrivée de Kingsley a changé. Voilà voilà !

Bonne lecture !

L'année suivante devait se tenir une réunion de la confédération internationale des mages et sorciers. Après de nombreuses négociations, il fut décidé que ce rassemblement aurait lieu en Angleterre. Kingsley y tenait absolument, car c'était un symbole fort pour la réintégration de la Grande Bretagne dans la communauté internationale après l'année d'exclusion durant laquelle Voldemort avait été au pouvoir.

Cela représentait cependant beaucoup d'organisation. Il fallait trouver un logement pour chacun des hauts dignitaires qui allaient venir, et s'occuper de la sécurité de la rencontre. Les enjeux diplomatiques étaient trop importants pour négliger le moindre détail. Le Bureau de la Coopération Magique Internationale s'attela rapidement à l'organisation de la rencontre, en collaboration avec le bureau des Aurors, qui s'occupait de la sécurité. Shacklebolt confia à Percy Weasley le soin de superviser l'organisation de l'évènement. Celui-ci était si méticuleux qu'il ne laisserait rien au hasard, et c'était exactement ce dont Kingsley avait besoin.

Mais bientôt, ce fut une autre nouvelle qui occupa ses journées à plein temps. Le chef du service du recensement débarqua un matin dans son bureau, avec un air préoccupé.

- Bonjour monsieur le ministre, le salua celui-ci. Je suis venu vous faire part d'une nouvelle importante, bien que préoccupante.

- Allez-y Marciens, lui répondit Shacklebolt.

- Il se trouve que la guerre a fait des dégâts plus importants qu'il n'y parait. Vous savez que nous déplorons des pertes humaines non négligeables. Or, suite à ces morts, la population magique a chuté considérablement. Le nombre de morts de la guerre peut paraitre faible, mais compte tenu de la population magique peu élevée, c'est en réalité énorme. Et les sorciers ne font pas suffisamment d'enfants pour que la population retrouve son niveau d'avant guerre. Il y aura donc, par la force des choses, des générations creuses, où il n'y aura que peu de naissances, ce qui va poser de gros problèmes tant économiques qu'administratifs.

- Je comprends … dit Kingsley de sa voix grave. Que proposez-vous comme solution ?

Le chef du service du recensement parut surpris que le ministre lui demande son avis. Le service du recensement était le moins prestigieux des services du ministère, et il était souvent méprisé.

- Et bien … Il existe plusieurs solutions … D'une part, nous pourrions lancer une campagne d'incitation à la procréation. Avantages fiscaux pour les couples ayant des enfants, campagne publicitaire et aides sociales seraient les moyens de mettre en œuvre cette solution. D'autre part, nous pourrions compter sur l'immigration.

- Continuez.

- Et bien, il existe de nombreux pays où les sorciers sont persécutés. En offrant l'asile aux sorciers de ces pays qui le souhaitent, nous pourrions assurer un renouvellement, tant génétique que démographique à la population, exposa Marciens. Et de plus, nous serions bien vus par la communauté internationale.

- Merci beaucoup Marciens. Je vais y réfléchir, lui dit Kingsley avant de le congédier.

Il appela ensuite Margaux Thompson, et lui demanda d'organiser une réunion extraordinaire de tous les chefs de département pour le lendemain. Il lui demanda également de convier la chef du Magenmagot. Il fallait absolument trouver une solution à ce problème, cette situation était préoccupante.

Kingsley quitta le ministère plus tôt qu'à l'accoutumée ce jour là, et se rendit directement chez son frère Lewis, qui vivait en Ecosse. Leurs parents étaient morts depuis des années, et leurs deux autres frères vivaient à l'étranger. Lewis était sa seule famille depuis qu'Eleanor n'était plus. Il transplana devant la porte de l'appartement, et frappa trois coups. Son frère vint lui ouvrir et lui serra simplement la main. Ils n'avaient jamais été très démonstratifs. Derrière lui apparurent Tena, sa femme, et Paul, son fils cadet. Paul devait entrer à Poudlard l'année suivante, et piaffait d'impatience, même si ses parents appréhendaient de se retrouver seuls.

Ils passèrent à table, et rapidement, la conversation dévia sur les activités de Kingsley aux Ministère.

- Mais enfin King, comment peux tu accepter que les elfes de maison soient désormais libres ! Ce n'est pas dans leur nature ! s'exclama Lewis alors que le débat montait entre ce dernier, soutenu par sa femme, et son frère. Les elfes sont heureux comme ça ! La plupart sont terrifiés à l'idée d'être libre, et ils ne sauront pas quoi faire une fois libérés !

- Enfin Lewis, tu sais bien que ce n'est pas moi qui vote les lois. J'ai donné son indépendance au Magenmagot il y a peu, ce n'est pas pour leur demander des comptes maintenant, lui répondit son frère.

Le Magenmagot pouvait en effet désormais voter des lois sans le consentement du ministre, ce qui garantissait son indépendance.

- De plus, si les elfes de maison ont tant peur de la liberté, c'est parce qu'ils ne connaissent rien d'autre que la servitude, reprit Kingsley. On ne peut pas décider à leur place, et le but de cette loi est d'ailleurs de leur permettre d'être maîtres de leur destin.

- King, tu déraisonne. Ces créatures là ne sont pas comme nous, elles ne pensent pas et sont incapables de choisir ce qui est bien pour elles. C'est du suicide de leur donner cette liberté !

- Je sais que la plupart des sorciers pensent comme toi Lewis, mais je ne pensais pas que toi aussi tu utiliserais les arguments qu'avaient les blancs il y a deux siècles pour maintenir les noirs en esclavage ! N'oublie pas que si les sorciers d'Afrique ont échappé à l'esclavage, ce n'est que parce qu'ils savaient se défendre !

La déclaration de Kingsley avait jeté un froid. Tena demanda d'une voix incertaine si quelqu'un voulait du pudding, et la conversation redevint plus légère, grâce à l'intervention opportune de Paul, qui raconta une histoire impliquant notamment un centaure, une licorne et un troll. La soirée se déroula sans autre incident, mais une gêne perceptible s'était installée. Ce fut donc non sans un certain soulagement que Kingsley transplana vers son appartement de Londres. En se couchant, celui-ci se dit que définitivement, il valait mieux éviter de parler politique en famille.

Le lendemain, Kingsley se rendit à la réunion extraordinaire qu'il avait demandée pour discuter de la population en chute libre. Il fut très content de voir que les neuf chefs de département avaient répondu présent, ainsi que Marciens, le chef du service du recensement, et Diana Ferguson, la présidente du Magenmagot. Kingsley prit place, et demanda au fonctionnaire d'exposer la situation. Celui-ci répéta ce qu'il avait dit à Kingsley la veille au sujet de l'impact de la guerre sur la démographie. Il exposa également les deux options qu'il voyait pour remédier à cette solution.

- Bien, dit le ministre lorsque Marciens eut fini. Je vous aie donc convoqué pour que nous trouvions une solution adaptée à ce problème. M. Marciens nous a exposé les différentes solutions qu'il envisageait. Je souhaiterais tout d'abord savoir si vous en voyez d'autres.

- Et bien, nous pourrions demander aux sorciers britanniques d'avoir un nombre minimum d'enfants, qui pourrait être calculé en fonction de leur revenu, proposa Julia Macmillan, la directrice du département des transports magiques.

- Ce ne serai pas très bien vu, et surtout, ça ne serait pas démocratique. On ne peut pas forcer les gens à avoir des enfants s'ils ne le souhaitent pas.

Kingsley réprima un sourire. Celui qui venait de prendre la parole était Lawson Pilt, le directeur du département des mystères. Il n'avait pas d'enfants, et surtout, aucune envie d'en avoir. Cependant, il avait raison. Une telle décision ne serait pas raisonnable. Face à l'absence de propositions viables, les chefs de départements se mirent d'accord sur le fait que les propositions de Marciens étaient les meilleures.

- Bien, reprit Kingsley. Maintenant, il nous faut choisir entre la solution migratoire et la solution d'incitation à la procréation.

- Pas forcément, fit remarquer Diana Ferguson. On peut très bien à la fois accueillir des sorciers étrangers, et lancer une politique familiale. De cette façon, les sorciers britanniques seraient satisfaits, et la communauté internationale également.

Shacklebolt médita un instant cette proposition. C'était loin d'être stupide. C'était même l'une des meilleures propositions faites durant cette réunion.

- C'est une excellente idée. Nous devons cependant trouver des solutions pour mettre en place les deux solutions au lieu d'une.

Le débat fut houleux. La presse relaya l'information rapidement, et bientôt, il ne fut plus question que de la politique migratoire du gouvernement dans la société sorcière. Les partisans de cette politique, et ceux qui s'y opposait farouchement manquèrent de peu d'en venir aux mains, et tous avaient un avis sur la question. Après de longues discussions, une politique familiale prévoyant une diminution des impôts de dix pourcents par enfant à charge fut votée. Ce fut la partie du programme qui fit le moins de bruit, sans doute parce que l'opinion publique était bien trop occupée par les modalités de la partie du programme concernant l'immigration.

Les débats durèrent bien plus longtemps que pour la politique familiale, mais après six mois de bras de fer avec l'opposition, le Magenmagot et la presse, une solution fut trouvée. Elle ne satisfaisait bien entendu pas tout le monde, mais elle avait le mérite d'exister.

Il fut décidé que les sorciers victimes de persécutions liées à leur statut de sorcier dans les pays où ils vivaient, où victimes d'une guerre entre les moldus sévissant dans leur pays pourraient demander à émigrer en Angleterre. Une liste de pays dits « prioritaires » avait été établie. Les candidats à l'émigration devaient en faire la demande. Ils vivraient ensuite pendant trois mois dans un centre spécialisé, où on leur apprendrait notamment l'anglais, ainsi que le fonctionnement de la société magique, et où on les aiderait à trouver un logement et un travail. Ensuite, ils seraient mis en relation avec une famille britannique, qui les aiderait à s'intégrer dans la société. Les familles « marraines » seraient recrutées sur la base du volontariat. Chacun espérait que le temps fasse le reste.

Au vu de l'opposition virulente que Kingsley avait rencontré, il avait néanmoins le sentiment que rien ne serait simple.

Les demandes ne se firent pas attendre. Les premiers migrants venaient d'Amérique latine et du Moyen orient, et Kingsley fut invité à visiter le centre dans lequel ils étaient accueillis à leur arrivée. Le bâtiment avait été installé dans un ancien entrepôt carré de la banlieue de Londres, réaménagé et bardé de sortilèges Repousse-Moldus. Il s'organisait en quatre parties. A l'entrée se trouvait l'administration, avec les bureaux et l'accueil. Au rez-de-chaussée se trouvaient également des salles de classe, qui servaient aussi bien pour les cours que pour les entretiens individuels. Au centre du bâtiment avait été aménagé un puits de lumière, qui s'ouvrait sur une grande salle confortable, où les occupants du lieu pouvaient prendre leurs repas et se détendre. Les deux étages avaient été aménagés en chambres, qui donnaient toutes sur le puits de lumière, et en salles de bain.

Il discuta avec certains, serra un grand nombre de main et prit une photo avec les occupants du centre. Il y avait de nombreuses familles, certaines avec des enfants en très bas âge. La plupart des habitants avaient fui les guerres civiles moldues qui sévissaient dans leurs pays. Au moment de partir, un petit garçon s'accrocha à sa robe. Il le prit dans ses bras, et lui demanda son nom

- Je m'appelle Hassan, lui répondit-il d'une petite voix, et dans un anglais hésitant

- Hassan, arrête d'embêter le Monsieur, dit une voix féminine.

Kingsley se retourna, et tomba nez à nez avec la paire d'yeux gris la plus captivante qu'il n'ait jamais vu.