Le dégivre de mon coeur

Puisque tout les goûts sont dans la nature j'ai décidé de diviser cette OS en deux parties. La première appartient au registre dramatique, elle présente la souffrance de Fred, eu égard à son amour silencieux et à sens-unique envers Hermione.

Pour ceux qui ceux qui souhaiterait une happy ending à ce court texte, la deuxième partie offre la déclaration d'amour de Fred et la naissance de leur union.

C'est une histoire assez banale somme toute, une fille qui hésitait sur les sentiments qu'elle portait à son meilleur ami et un jeune frère embarrassé de ressentir de l'affection envers l'amie de son cadet. Car, en effet, si l'on ne choisit pas qui l'on aime, on peut tout de même décider d'exprimer ou de réprimer les émotions que les autres nous font ressentir.

Fred Weasley avait été le premier surpris de se retrouver à observer Hermione Granger, la meilleure amie de son frère, Ron. Il avait rencontré la jeune fille lors de sa troisième année à Poudlard. Étant sa cadette de deux ans, et de surcroît l'ami de son jeune frère, il n'avait porté à son égard qu'un intérêt succinct. Elle était brillante, sociale, généreuse, mais terriblement à cheval sur le règlement. Une fois devenue préfète, leur interactions se limitèrent généralement à des remontrances. Ce n'est qu'avec le départ des jumeaux de l'école de sorcellerie que leur relation pris un tournant véritablement amicale. Ils se rencontrèrent plus fréquemment que ce soit au Terrier ou au quartier de l'Ordre du Phoenix, au Square Grimmaud. À défaut d'entretenir de longue conversations, ils savaient quand même apprécier leur compagnie mutuelle, lorsque Fred se consacrait à l'invention de nouvelles farces et qu'Hermione lui suggéraient quelques modifications qui simplifierait sa vie de préfète.

Si cette dernière ne sembla pas considérer cette évolution dans leur relation comme un tournant majeur de son existence, Fred lui se surpris de plus en plus à rechercher sa présence et à souhaiter son retour. Le déclic se produisit quand il finit par réaliser la touche finale de son « auto- résumé d'ouvrage ». Il avait passé des semaines à perfectionner son produit et se sentait particulièrement fier du résultat. Quand il eut enfin comprit comment faire s'entendre les pages et l'encre, il se rendit compte que la première personne à qui il voulait faire part de sa réussite n'était ni son frère jumeau et associé, ni sa famille, mais bel et bien Hermione. Il voulait qu'elle le félicite pour son inventivité et sa persévérance. Il pouvait déjà l'imaginer, penchée sur la machine, analysant le fonctionnement des minuscules poulies et se questionnant sur la vélocité des tampons encreurs.

À partir de cet instant il compris que les sentiments qu'il éprouvait envers la jeune femme l'empêcherait de continuer à simplement la voir comme « l'amie de Ron » et que cela nuirait à la relation qu'il entretenait avec son frère, voir même avec sa famille.

« - Mais puisque je te dis Molly que je n'ai rien entendu ! Je suis sûr qu'elle est partie se coucher tout de suite après la fin de la retransmission du match.

Enfin Arthur, ce n'est pas possible j'ai clairement surpris le clin d'oeil d'Harry. Son excuse pour se coucher tôt était évidente et j'ai permis à Ron et Hermione de rester seul dans la pièce en emmenant Ginny et Bill. Après toutes ces années je ne peux plus me tromper sur les signes ! Je suis certaine que Ron et Hermione ont des sentiments l'un envers l'autre. Et ils forment un si beau couple ! C'est à cause de leur timidité qu'il ne s'est toujours rien passé mais je suis certaine qu'en provoquant quelques épisodes de rapprochements, les confessions ne devraient plus tarder. Es-tu sûr qu'ils ne sont pas restés un instant tout les deux ? ».

Arthur soupira, il avait sur le visage cette expression lasse et à la fois aimante qu'il possédait fréquemment quand il regardait sa femme.

« - Non Molly je te le répète. Vous êtes partis, Hermione à parlé d'une documentation à faire pour la rentrée sur les astres ou les constellations et puis elle vous a suivit à une ou deux minutes d'écarts. Ron est resté dans le fauteuil puis il à dévoré un paquet de choco-grenouille.

Il n'a même pas esquissé un geste pour la retenir », Molly semblait s'impatienter à vu d'oeil. « Il a vraiment hérité de ta pusillanimité et de ton manque d'observation. Tout les signes étaient réunis. Je ne comprends vraiment pas pourquoi aucun d'entre eux ne fait le premier pas. Je considère déjà Hermione comme ma fille mais je serais tellement heureuse d'officialiser son status. Ils seront si heureux ensemble ».

Fred qui avait assisté à la conversation ne fut guère surpris des affirmations de sa mère – elles n'étaient guère nouvelles – mais il ne put cependant s'empêcher de ressentir un pincement au cœur. Hermione avait toujours semblé être destiné à Ronald. Chaque membre de la famille Weasley avaient déjà participé à des paris où il jouait la date de leur premier rendez-vous et Fred était persuadé qu'en cachette sa mère avait planifié le mariage et Ginny sélectionné sa robe de demoiselle d'honneur. Seul Fred, guidé par ses propres sentiments ne pouvait se résoudre à imaginer la petite Granger finir ses jours en tant qu'épouse de Ron. S'il pouvait aisément affirmait qu'il lui était facile de l'imaginer en Madame Weasley, son cœur seul, connaissait le prénom de l'époux qui lui conférerait son nom.

Exclus malencontreux de sa propre romance par sa famille, il se fixa comme limite les élans amoureux de son frère. Il se promit rapidement que si Ron manifestait un intérêt romantique envers Hermione, et que celle-ci lui répondait d'un avis favorable, il ferait taire son cœur et saurait s'effacer en silence. Si la complète confiance de toute sa famille envers ce couple en devenir avait presque réussit à imprégner la volonté de Fred, une part de lui refusait de renoncer. Il voulait être sûr de la sincérité de l'amour que Ron et Hermione pouvait se porter avant de condamner son cœur à un destin de tristesse et de manque.

Il entreprit une enquête d'investigation auprès de ses frères et des amis de Ron. Utilisant son plus grand talent – son humour – il parvint à poser les bonnes questions et à découvrir que Ron nourrissait envers Hermione des sentiments aussi fort que sincère. N'ayant pas réussit dans les premières années à apposer un nom sur ce que la jeune fille lui faisait ressentir, Ron avait comprit avec le retour de Voldemort et l'égarement « Lavande » qu'il était important d'être entouré des personnes qui nous sont chers. Elle était la première personne pour qui il s'inquiétait et la seule qu'il entrevoyait toujours quand il s'imaginait son futur. Oui, Ron Weasley était amoureux d'Hermione Granger, au grand désespoir de son frère.

Les semaines et les mois passèrent, amorçant un paysage sombre. La guerre approchait et Fred se sentait de plus en plus coupable de ramener toutes ses pensées à Hermione et à son amour pour elle. Des gens souffraient et mourraient autour de lui mais il ne pouvait s'empêcher de penser à elle et à s'inquiéter de sa sécurité. Quand, dans leur recherche d'horcuxes, Ron quitta Harry et Hermione, Fred ressentit un sentiment de soulagement. Et il se punit énormément pour cela. S'il avait pu au moins être sûr des sentiments d'Hermione envers Ron, il aurait su quelle décision prendre et quelle tournure donner à sa vie. Mais l'incertitude planait et le rongeait lentement.

Il n'eut sa réponse qu'après la bataille finale et la fin de Voldemort. Lors de ce jour décisif à Poudlard, il avait tellement peur pour la vie d'Hermione qu'il ne s'éloigna jamais vraiment d'elle, et la protégeant sans relâche des sorts qui la prenait pour cible. Sans qu'il le sache, ce comportement lui permis de se préserver d'un destin qui aurait pu lui être bien plus défavorable.

Le fameux baiser de Ron et Hermione dans la chambre des secrets le plongea dans le plus grand désarroi. Faisant le point mentalement, il en déduisit qu'il devait emprisonner sa déclaration pour toujours. Il se replia sur lui même, plongeant son cœur et son esprit dans le silence et le recueillement de son amour perdu. Chanceux dans son malheur, tous mirent cet effacement sur le compte de la perte de George, mort pendant la bataille. Son entourage le laissa donc faire lentement et personnellement son deuil sans interrompre sa contemplation par un questionnement subsidiaire.

Il savait qu'il lui était désormais interdit de révéler la vrai nature de son attachement à Hermione, ou même à sa famille. Elle était heureuse, et même si c'était sans lui, ce seul point suffisait à dégivrer momentanément le cœur endoloris de Fred.