Salut tout le monde !

Je ne pense pas avoir déjà posté sur ce fandom, et pourtant j'ai cette histoire qui traine dans les tiroirs depuis un moment. Alors hop, pourquoi pas, je vous présente ça. C'est à situer dans un AU, ou Sasuke serait parvenu à tuer Orochimaru après deux ans en sa compagnie et aurait passé deux autres années en cavaliers seul, en tant que Nukenin, avant de tuer Itachi et de se retrouver dans l'Akatsuki. Plus de détails seront intégré au fur et à mesure à l'histoire, notamment sur pourquoi est-ce qu'il n'est pas resté plus longtemps avec Orochimaru. Mais pour l'instant, c'est tout ce que vous aurez x).


Le noir avait un côté plaisant.

Certes, il baignait dedans, assourdi par un silence qui s'étendait à n'en plus finir et entouré d'une obscurité presque tangible tant elle était partout présente. Certes, il y avait la douleur, qui perçait parfois son corps d'aiguilles chauffées à blanc. Certes, étendu là, au milieu de nulle part, il était incroyablement vulnérable. Mais se savoir si seul, si isolé de tout lui procurait une étrange satisfaction.

Il pouvait laisser aller cette tension constante qui l'avait habité depuis qu'il avait quitté le village, relâcher ses épaules, ne plus être sans cesse au aguet, simplement laisser le temps s'écouler seconde après seconde, minute après minute, heure après heure sans aucune appréhension. Ne plus être le chef d'un groupe de criminel, perdu dans les engrenages sombres d'une vengeance incontrôlée qui le dévorait peu à peu. Ne plus être un tueur sans scrupule qui n'hésite pas à sacrifier des alliés pour arriver à ses fins. Ne plus être un ennemi, un déserteur, un traitre à éliminer au plus vite, une tache à effacer d'une ardoise qui doit être la plus propre possible, ne plus être la proie de tous les chiens de chasse de Konoha, ne plus avoir à ne rester que deux jour à peine au même endroit, ne plus se méfier, toujours, de tout, sans cesse… Ne plus penser au sang, aux morts, de sa main ou de celle des autres… Souffrir un peu moins… Redevenir ce qu'il aurait dû être… Ce qu'il était…

Un adolescent.

Juste un adolescent. Seize ans depuis peu. Un pauvre adolescent perdu. Seize ans à peine. Un enfant trop rapidement devenu grand. Seulement seize ans bon dieu, seulement…

Le noir avait un côté plaisant, indéniablement.

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Rapport Laboratoire Sud 18 Octobre.

Comme d'habitude, les responsables sont présentés entre parenthèse, et les notions utilisées/inutilisées précisé pour chaque sujet d'étude correspondent à l'application ou non d'une des Expériences sur le sujet susdit. La table de correspondance entre surnom et Expériences se trouve en fin de dossier. Veuillez s'il vous plait prêtez attention au sujet n°23 en particulier, page trente-deux, qui semble posséder un potentiel certain pour nos projets.

(…)

Sujet n°23, inutilisé (Sakha) :

Ce sujet d'étude présentait de multiples blessures d'origine inconnue lors de son arrivé. Près du lieu où il a été recueilli, de nombreuses traces d'un combat d'envergure ont été trouvé, mais aucun corps n'a pu être retrouvé. L'hypothèse la plus probable est qu'il a été attaqué par des ennemis puissants mais que ceux-ci ont renoncé à l'abattre définitivement, soit à cause d'un autre protagoniste, soit parce que cela ne servait pas leur intérêt. Nos partenaires ont brouillé les traces afin d'éviter tout ennuis éventuels avec les agresseurs, et ont augmenté leur patrouille pour nous prémunir de tout danger.

Parce qu'il ne semble être ni un habitant des villages alentours, ni un simple voyageur, il est apparu évident qu'il fallait l'isoler du reste du groupe et l'étudier au plus près avant de tenter l'une des Expériences. Voici les données que nous possédons :

Sexe : Masculin

Taille : 168 cm. En fin de croissance.

Poids : 62 kg à son arrivé. 61 kg au jour dit. Brusque chute à prévoir en raison de l'état du sujet.

Groupe sanguin : AB

État à l'arrivé : Coma. Nombreuses coupures de bénigne à conséquente. Traces importantes de brûlure. Jambe droite fracturée à trois endroits. Importante perte de sang.

État au jour dit : Coma. Les infections ont été évitées, la fracture réduite, les plaies recousues (Note : Il a fallu prélever du sang du sujet 12 pour le maintenir en vie. Effets secondaires possibles, à surveiller).

Âge estimé : Entre 15 à 17 ans.

Nom et prénom inconnu en raison d'un manque de pièce d'identité. La présence d'armes particulières dans l'équipement du sujet ainsi que sa résistance tend à corroborer l'hypothèse qu'il s'agit d'un ninja. Nos partenaires, après examen des lieux où il fut trouvé, supputent un niveau élevé, ainsi qu'une probable maîtrise élémentaire du feu.

Je préconise que l'on soumette son cas à l'une des greffes les plus avancés, afin de ne pas gâcher un tel potentiel par une expérience encore en phase préparatoire. Bien à vous.

PS : Descendez donc un jour où vous aurez du temps libre, on a retrouvé sur un sujet du thé absolument exquis.

Sujet n°24, utilisé en Beta (Altaï) :

(…)

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- … …ptique … …ésions graves… …

La douleur était constante, désormais. Elle était revenue depuis peu, perçant son doux cocon d'ombre pour se rappeler à son horrible souvenir. C'était étrange, de la sentir allez et venir dans son corps et de pourtant en être si détaché, d'y être si… habitué. Un peu comme si il s'agissait d'une vieille ennemie, dont on découvre qu'elle n'a pas changé et qu'elle fait toujours aussi mal, qu'elle est toujours aussi tenace malgré le temps passé. Quelques parts, peut-être même lui avait-elle manqué, autant qu'on peut avoir un sentiment de manque à propos d'une telle chose. Elle l'avait, après tout, accompagné pendant si longtemps qu'elle faisait partie à part entière de sa vie. Si Vie était un mot convenable pour un tel chemin de croix. Et si Longtemps était l'expression adéquate pour parler d'un laps de temps au final très court, par rapport à l'espérance de vie normale d'un être humain.

Mais au moins cette souffrance présentait-elle l'avantage indéniable de suffisamment l'abrutir pour qu'il ne réfléchisse plus à quoi que ce soit.

- Surem… … irrécu…able… …

Et ne pas réfléchir à ces voix étaient certes totalement impensable pour un ninja surentrainé, mais cela était également s'épargner des tourments inutiles. Après tout, perdu dans son univers couleur douleur, il ne pouvait pas grand-chose. Juste écouter.

Parfois, tout de même, lorsque son instinct de survie ultra développé reprenait le dessus et que son esprit faisant un brusque saut vers la conscience, il se mettait à tendre l'oreille plus attentivement, à tenter de comprendre, à repousser la douleur pour penser de manière un peu plus cohérente et constructive. Ça marchait un temps, juste assez pour qu'il saisisse des mots au vol, des phrases presque entières, des morceaux de réponses.

- …cause ?

- Tr… probablem...port de sang…sujet douz….

- … pourrait profi… …tte occasion…

Les fragments qu'il captait étaient bien plus souvent de nouvelles questions que de réelles réponses. Trop souvent. Immanquablement, il suffisait qu'il tente de se focaliser sur l'une de ces questions en particulier, de profiter de ces brusques éclairs de lucidité pour résoudre l'un des nombreux nœuds qui l'entourait, pour qu'il sombre à nouveau dans l'océan de l'inconscience si délicieusement exempt de problème.

Le noir devenait une chose familière, à force. Il ne s'en plaignait pas.

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Sakha aimait son travail.

Il faisait partit de cette catégorie de gens qui, lorsqu'on lui donnait des heures supplémentaires, avait presque envie de sautiller sur place en frappant dans ses mains. Sauf qu'il était très peu émotif. Aussi se contentait-il de faire remonter le coin supérieure droit de sa bouche, ses zygomatiques hurlant leur douleur face à un mouvement si peu habituel alors que ses yeux ne reflétaient qu'un vide sentimental complètement aberrant, et toutes les personnes de la pièce mettaient alors deux mètres de distance entre lui et eux par sécurité. En général, cela suffisait pour qu'il exprime sa bonne humeur, avant qu'il ne reprenne un sérieux de circonstance et qu'il ne s'attelle à sa tâche.

Le sérieux était une donnée importante du travail de Sakha. Le sérieux était Sakha, par certains côté, tant il était exempt de sentiment. Il ouvrait les cadavres qu'on lui apportait avec un soin particulier, retirait tout ce qui pouvait être utile comme on vide une huitre, avant de jeter la carcasse dans un coin, récupérer plus tard pour il ne sait quelle usage. Cela lui importait peu, lui restait concentré dans ce qu'il faisait, les détails ne l'intéressaient guère.

Quoiqu'il ait un amour étrange pour la dissection et qu'il aime à stocker tous les dossiers des précédents sujets passés entre ses mains, y compris leur corps, on ne pouvait donc guère retirer au scientifique qu'il aimait sincèrement son travail. Lui, contrairement à certains de ses collègues, portait ses expériences au maximum. Lui, au contraire, aimait à voir le développement de ces chères créations alors qu'elles découvraient son cadeau et apprenaient à s'en servir, démontrant par là-même la formidable capacité d'adaptation du genre humain. Ou mourrait, alors il les gardait prêt de lui, car c'était un peu comme ses… enfants.

Sa dernière œuvre ne faisait pas exception. En fait, sa dernière œuvre était celle dont il attendait le plus. Celle, aussi, dont il se sentait le plus proche, étonnement.

Souvent, tard dans la nuit, il abandonnait une quelconque paperasserie pour aller le voir. Sakha parcourait alors les longs couloirs sombres du laboratoire Sud d'un pas calme, sa silhouette se reflétant sur les parois de verre des chambres d'observation comme l'un de ses fantômes de légende. Les veilleuses et leur lumière froide lui traçaient le chemin à suivre, quand bien même il le connaisse par cœur. Puis il s'arrêtait devant la porte, caressait du doigt le numéro avec une affection toute particulière, d'abord le deux, puis le trois, rêvassant des progrès de son œuvre en traçant les courbes des chiffres. Et, après avoir passé deux minutes ainsi, deux minutes et seulement deux minutes car il aimait la ponctualité, il ouvrait et entrait.

Toutes les salles d'expérimentations étaient faites de la même manière. La première pièce n'était là que pour observer et régler les machines de soin. À l'intérieur de celle-ci, Sakha saluait de la tête l'homme de garde, aussi imperturbable qu'un bloc de roche, et s'arrêtait à nouveau devant la grande vitre. À travers cet immense panneau de verre, qui dévorait presque entièrement le mur opposé à la porte d'entrée, on pouvait à loisir détailler le sujet. Le n°23, constatait-t-il à chaque fois, possédait une fine musculature, diamétralement opposée à celle des bucherons des environs qu'il avait étudié et très probablement bien plus redoutable. Il avait également une peau d'une pâleur morbide, qu'il avait au départ cru dû au manque de sang et qui tranchait nette avec la noirceur d'une chevelure désorganisée, salit par la poussière des chemins.

Sakha avait demandé à ce qu'on ne le rase pas, pour profiter de ce contraste flagrant entre une pureté presque divine et ces filaments d'obscurités brutes.

Sakha n'aimait de toute manière pas vraiment qu'on touche à ses chers cobayes.

Généralement, le scientifique se contentait de cet observatoire. Un petit plaisir des yeux, pour voir l'avancé de ses travaux. Le sujet avait été défini comme potentiellement trop dangereux pour qu'on puisse se permettre d'aller et venir à ses côtés, et parce que la sécurité était une chose sérieuse, on l'avait soigneusement gardé dans un coma artificiel. Mais cette nuit-là, le scientifique pénétra dans la seconde pièce. Le garde ne broncha pas. Le garde ne bronchait pour ainsi dire jamais, adossé à sa paroi métallique. On l'avait prévenu, il laissait faire, les choses s'arrêtaient là. Il se contenta de regarder.

L'homme en blouse s'assit délicatement à côté de son sujet. Avec des gestes que l'on aurait réservés à un enfant, il prit l'un des bras du n°23 et retira les bandages. Lentement, la peau se découvrit et il put admirer son œuvre, laissant le bout de son pouce glisser le long des cicatrices en cours de guérison, du creux du coude jusqu'à la paume de la main. Magnifique. Son pouce s'arrêta sur le poignet, chercha un court instant le pouls. Sakha sourit. Puis, il prévint le garde d'un léger signe. Tira une seringue de sa poche.

Il était temps de retirer de la fiche d'état de ce cobaye le mot « coma ».

Le liquide se répandit dans les veines avec la rapidité du serpent. Et, parce que les systèmes nerveux des ninjas étaient ce qu'ils étaient, il ne fallut que quelques secondes avant qu'un brusque mouvement ne secoue l'un des membres du cobaye.

Le coin supérieur droit de la bouche du scientifique se releva difficilement. Dans un mouvement rigide un peu maladroit, comme s'il tentait une chose qu'il n'avait jamais faite, il passa sa main dans la chevelure de son petit dernier. La partie intéressante allait pouvoir commencer.

Dieu qu'il aimait son travail.

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Cela avait commencé par une brusque déflagration de douleur, en provenance de son bras. Puis il avait senti quelque chose de froid se faufiler dans ses veines, remonter jusqu'à son épaule, se diviser pour investir insidieusement tout son corps. Lorsque la vague de froid avait atteint son cœur, elle s'était soudain propagée bien plus rapidement, déclenchant une véritable tempête confinée dans son seul corps. Il avait tenté de bouger, de la faire partir, mais s'était soudain trouvé incapable du moindre mouvement, complètement inutile, simplement spectateur. Il n'avait pu que subir.

Et lorsqu'il avait eu l'impression que chaque parcelle de son être avait été glacée, entièrement congelé par ce liquide inconnu, la douleur avait refoulée. Doucement, incapable de le quitter brusquement alors qu'elle avait passé tant de moment à ses côtés, plantant ses griffes létales dans sa chair alors qu'on la tirait de son corps de force. Et alors qu'elle refluait, il lui semblait percevoir des sons de plus en plus distincts, des odeurs parfois, des mouvements. Ses doigts furent les premiers à bouger réellement, griffant un sol lisse qui n'avait rien à voir avec l'herbe sur laquelle il s'était écroulé, il y avait il ne savait combien de jours.

Assez d'inactivité. Il avait tant à faire : gagner en puissance, porter sa maitrise du Sharingan au paroxysme, trouver et traquer les responsables du massacre de son clan, les faire sortir de leur sordide petite cachette, leur arracher le cœur, accomplir une bonne fois pour toute sa vengeance. Et enfin faire ses adieux à sa famille. Il fallait aussi qu'il fasse une tombe à Itachi, dans le cimetière des Uchiha, quand bien même il faille pour ça revenir à Konoha. Tuer Naruto, s'il persistait à vouloir le ramener. Tuer Sakura, si elle persistait elle aussi à avoir cet agaçant espoir. Tuer Kakashi, avant que lui ne le tue.

Au milieu des étranges reflets verdâtres que jettent les énormes futs de verre, au contenu entre vivant et mort, perdu dans un complexe de froid métal, Sasuke Uchiha s'éveille. Il se redresse, ouvre ses yeux.

Noir.

Le brun porte une main à son visage, sent au toucher un tissu qu'il s'empresse d'arracher, la main crispée autour parce que quelque part, il sait.

Noir toujours.

Ça ne peut pas être possible, ce n'est pas réel. Les yeux écarquillés, il tente vainement de percer les ténèbres qui l'entourent, mais rien. Ses doigts effleurent ses globes oculaires –rien devant, pourtant-, les touchent même. Rien, rien du tout. Un lourd rugissement émerge de ses lèvres, d'abord bas, puis jusqu'à enfler pour emplir toute la pièce de sa rage, ses poings frappant le sol dans un son de tôle martelé. Il a perdu la fierté de sa famille, il a perdu la seule chose qui lui restait d'elle, celle-là même qui le rendait si puissant.

Il est aveugle.

Un Uchiha sans Sharingan n'est pas un Uchiha. Et le pire est qu'il peut encore le sentir s'activer, peut encore percevoir la puissance contenue, peut presque percevoir la chaleur des flammes d'Amaterasu qui ne demande qu'à être libéré –mais tout ça n'a plus d'importance parce qu'il est aveugle. Pas juste malvoyant ou myope mais bel et bien aveugle, entièrement et complètement, perdu au sein des ombres.

Il n'est plus rien.

Sa voix finit par s'apaiser. Son souffle rauque lui est renvoyé en écho, semble venir de partout. Il dresse l'oreille, persuadé d'avoir entendu une autre respiration, ses doigts serrés en poings contre le sol froid de cet endroit inconnu. Plus qu'aveugle, il est aussi et surtout vulnérable, un sentiment qui fait rejaillir des souvenirs de séances d'entrainement en face à face avec Orochimaru où jutsu après jutsu, il s'épuisait sans qu'un seul coup ne porte en subissant les violentes représailles du Serpent. Et surtout…

Son souffle se coupe et il secoue violemment la tête. Le mouvement trop brusque, après un réveil trop rapide et un choc psychologique trop intense, le rend un instant nauséeux et accentue un peu plus son malaise. Inutile. Vulnérable. Aveugle.

-Tu vas t'y faire.

Le ninja claque des dents, saute sur ses pieds alors même que la voix raisonne encore autour de lui, lui interdisant toute localisation. Presque immédiatement sa jambe droite le lâche et il s'effondre, n'amortissant la chute de ses bras que de peu. Étrangement, la douleur qu'il ressent n'est que diffuse, comme senti à travers un épais brouillard. Il n'en faut guère plus pour comprendre qu'on lui a inoculé une solide dose d'antidouleur (autant pour la nausée). À terre mais à l'affut, il attend un indice, n'importe lequel, qui pourrait lui dire où se trouve l'autre homme.

-Concentre-toi. Tu as bien mieux que des yeux.

Ses lèvres se retroussent. Il retient sa rage, la range dans une boîte sombre de son esprit pour pouvoir la ressortir au bon moment, de préférence aux environs de cet étranger qui prétend qu'il existe mieux qu'un Sharingan. Le son semble venir de partout à la fois, l'écho n'aide en rien, quand à l'odeur… Il plane un relent d'antiseptique, mélangé à une étrange odeur d'iode. L'aveugle tend les mains dans l'espoir de sentir un mur, un repère, quelque chose sur lequel s'appuyer mais rien. Se battre sur un seul appui est hors de question, surtout sans yeux, cela ressemblerait plus à un suicide qu'autre chose. Ne lui reste qu'à écouter.

-Concentre-toi, répète à nouveau la voix.

Sa conscience tout entière renâcle, mais il suit le conseil. Il n'a pas vraiment le choix, réduit qu'il est à moins que rien.

Au début, ça ne change rien.

Puis il lui semble détecter une chose. Une chose qui ne fait pourtant aucun bruit. En focalisant son attention dessus, l'impression s'affine, se fait plus précise. Inconsciemment, il se représente des points bleutés, de plus en plus nombreux alors que ses efforts se font plus importants. Les points se relient entre eux, forment des lignes, des courbes, une structure. Une sphère. Un orbe dont il connaît l'emplacement exact, juste là, il lui suffit de bouger de deux mètres à peine.

Il se traine plus qu'autre chose. Tend la main. Sentir cette chose contre sa paume lui fait un effet étrange, il lui semble qu'il la… voit… d'une manière bien plus profonde qu'il n'a jamais vu quelque chose, comme si plus que son enveloppe extérieure, c'était des mouvements intérieurs à l'objet qu'il percevait. D'une poussée du doigt, il l'a fait rouler légèrement. Le mouvement provoque, un très court instant, une baisse du nombre de points qui figurent pour lui la chose, mais ceux-ci reviennent bien vite lorsqu'elle s'arrête.

-Bien. Les autres sujets ont mis indéniablement plus de temps à la détecter.

Le brun avait failli oublier la voix. Failli. Un ninja n'oublie pas ce genre de chose, encore moins un déserteur traqué par un village tout entier dont un blond particulièrement tenace. Et s'il exècre l'homme derrière cette voix, quel qu'il soit, pour lui avoir pris ses yeux, il ne peut s'empêcher d'être en même temps curieux par cet étrange retournement de situation.

À seize ans, on porte encore quelques traces d'enfance, même si on a été entrainé à combattre dès son plus jeune âge, que l'on a dut s'endurcir très tôt et que l'on ne recherche que la vengeance.

Très peu le savait, mais Sasuke Uchiwa pouvait être dévoré par une curiosité insatiable étrangement semblable à celle des enfants. Curiosité qui, à son paroxysme, éclipsait parfois sa rage.


Et voilà pour ce premier chapitre. Considérez cela un peu comme un test : je cherche à savoir si ça plait et si ça vaut le coup que je continue sur ma lancée ou non. N'hésitez pas à donner votre avis !

Sphere