Bonjour à tous ! Me revoilà avec une nouvelle fic, tant de temps après Into Draco's Mind ! Comme à mon habitude, j'ai une idée en tête, et j'ai besoin de la faire sortir. Je ne sais pas encore où ça va me mener, mais il n'y aura sûrement pas plus de sept ou huit chapitres.

Dans la playlist pour ce chapitre... Eh bien, on oscille entre Just the way you are - Bruno Mars et Hallelluyah - Jeff Buckley.

"Le cri du sentiment est toujours absurde, mais il est sublime parce qu'il est absurde." Charles Baudelaire.


Draco resserra sa main sur celle de son fils alors qu'ils passaient le portail de l'école primaire. Scorpius promenait ses yeux bleu-gris émerveillés sur la foule d'enfants et de parents qui les entouraient, tout en sautillant joyeusement aux côtés de son père. Ce dernier regarda sa montre d'un air stressé, puis soupira. Il était évident qu'il ne serait pas à l'heure ce matin. Il envoya un texto à sa secrétaire, Miss Romilda Vane.

La rentrée prendra plus de temps que prévu. Merci de reporter mes rdv de la matinée.

Il reporta ensuite son regard sur le petit blondinet et une bouffée d'amour lui serra la poitrine. Ce petit être, la chair de sa chair, était tout pour lui... Il revient à lui lorsque qu'un petit corps s'écrasa contre ses jambes, manquant de le faire tomber. Il baissa la tête, prêt à faire un regard noir au sale gosse qui avait osé lui rentrer dedans... Et se figea devant les deux émeraudes encadrées de cheveux noir qui lui faisaient face. Un petit visage apeuré se leva vers lui, et son cœur rata un battement. Il avait déjà vu ces yeux. Ces cheveux. Un deuxième gamin se jeta sur le premier, un petit brun cette fois, aux cheveux tout aussi ébouriffés, et aux yeux noisettes malicieux.

- Je t'ai eu !

Il se tut en levant à son tour les yeux, pour tomber sur le visage furieux du blond. Il mit une main sur l'épaule du plus jeune et le fit reculer. Draco commença à ouvrir la bouche pour les réprimander, mais une voix se fit entendre, lui faisant lever les yeux.

- James ! Albus ! Combien de fois vous ai-je dis de ne pas courir au milieu des gens !

Il leva les yeux pour voir un homme jouer des épaules pour s'approcher d'eux. Il avait les même cheveux ébouriffés et noir que le garçonnet, et la forme du visage semblable à celle des deux enfants. Leur père, présuma Draco. Il se redressa légèrement, s'apprêta à dire sa façon de penser à cet homme qui ne savait pas tenir ses gosses... deux émeraudes entourées de lunettes s'ancrèrent dans ses pupilles orageuses. Et il ne put que les écarquiller, figé par la surprise.

- Malfoy ?

- Po... Potter ?

Il se reprit rapidement, se composant un masque froid, et s'autorisa un petit sourire sarcastique.

- Je suppose que ce sont tes fils.

Comme il s'y attendait, l'autre se redressa à son tour, ses yeux étincelant de défi, posa sa main sur l'épaule du plus grand et répondit :

- Je vois que tes neurones arrivent encore à se connecter, Malfoy.

Il serra les dents, prêt à répliquer, quand une pression sur sa main gauche lui rappela la présence de son fils. Il tourna son visage vers lui, et un doux sourire naquit sur ses lèvres. Scorpius avait l'air un peu effrayé. Il se détendit, et offrit un sourire apaisant à son vis à vis. Harry Potter, 31 ans, ancien camarade de classe, plissa les yeux avant de se détendre à son tour.

- Pardonne-moi. Les habitudes ont la vie dure...

Il posa ses yeux verts sur le petit blond collé contre Draco.

- C'est ton fils ?

- Oui, c'est sa première rentrée en primaire. Scorpius, dit bonjour à Po.. Harry. Nous étions au lycée ensembles.

Le petit garçon s'avança avec hésitation, tendit la main et dit d'une voix claire :

- Bonjour Monsieur Harry.

- Bonjour bonhomme !

Harry lui serra solennellement la main en souriant, puis se tourna vers ses enfants.

- James a huit ans, et c'est aussi la première rentrée d'Albus. Les garçons, voici Draco. Dites bonjour.

Les deux garnements s'avancèrent vers lui, la tête baissée, et murmurèrent un « bonjour » gêné. Albus leva la tête, se mordilla la lèvre et déclara d'une voix tremblante :

- Pardon Monsieur. Je ne voulais pas vous rentrer dedans mais...

- C'est ma faute, le coupa son frère. C'est moi qui voulait jouer au loup...

Draco sourit, et avança la main pour leur ébouriffer amicalement les cheveux.

- Ce n'est rien.

Harry fusilla ses fils du regard, et ils baissèrent à nouveau les yeux, l'air repentant. Il se retourna vers Draco et lui dit :

- J'ai aussi une fille de quatre ans, Lily Luna.

Draco hocha la tête puis sourit à Harry, qui ne semblait pas trop savoir quoi dire, et lança :

- Alors ? Depuis le lycée ?

Harry semblait s'apprêter à répondre, mais la voix de la directrice se fit entendre, alors que les enfants commençaient à être appelés par classes, et il lui fit signe qu'il reprendraient cette conversation plus tard. Il commencèrent par les plus grands, jusqu'à arriver à la classe de James, qui planta un baiser sur la joue de son père et rejoignit ses amis avec joie. Et enfin, ce fut la classe de Scorpius et Albus. Les noms s'égrenaient lentement, Harry et Albus agitèrent la main vers "Longbottom, Ombe" qui sautillait vers la maîtresse, ses nattes blondes volant derrière elle. Puis, à l'entente de son nom, Scorpius lui lança un regard à la fois effrayé et excité, et il le serra fort dans ses bras, en lui murmurant qu'il l'aimait et qu'il était fier de lui. Scorpius hocha la tête et partit vers sa classe. Quelques secondes plus tard, Albus était appelé. Il regarda son père d'un air terrifié, et Harry posa un genou à terre devant son fils.

- Papa... et si j'y arrive pas ? Si je panique ? Si...

- Albus Severus... Tes prénoms t'ont été donnés pour honorer deux grands hommes. Le premier était d'une grande bonté, et le second est sans doute l'homme le plus courageux que j'aie jamais rencontré.

- Mais si...

- Je serais toujours fier de toi mon chéri. Tu as fait beaucoup de progrès, et je suis sûr que tu y arriveras.

Draco détourna les yeux, un peu gêné. Severus... ce prénom, il le connaissait. Très bien même. Severus Snape était son parrain, et il n'avait comme souvenirs de lui qu'un homme aux cheveux sombres qui le faisait voler dans les airs en riant, le serrait dans ses bras et lui apprenait à lire. Il ne l'avait pas vu depuis... Eh bien, presque vingt ans ! D'où Potter le connaissait-il ? Quand il regarda à nouveau la petite famille, Albus était parti rejoindre les autres enfants, et Harry semblait attendre quelqu'un. Soudain retentit un nom que Draco reconnu immédiatement.

- Weasley, Rose !

Harry sourit, et chercha du regard la petite fille qui arrivait par l'autre côté de la cour. Il lui fit un signe de la main, puis agita aussi le bras vers ceux qui devaient être ses parents. Probablement Weasley, son compagnon de toujours. Il posa à nouveau ses pupilles sur le brun, qui fixait à présent son plus jeune fils avec amour, et Draco suivit son regard. Un sourire amusé ourla ses lèvres en le voyant se rapprocher de Scorpius, qui, après un temps d'hésitation, lui prit doucement la main. Le brun lui jeta un regard surpris, puis lui sourit alors qu'ils se mettaient en rang par deux.

Ces deux-là semblaient partis pour bien s'entendre.

Les deux hommes attendirent que les enfants soient hors de vue, avant de se remettre à parler.

- Alors, ta femme ne t'accompagne pas, questionna Draco sans aménité.

Un éclair de douleur passa dans les yeux, et Draco regretta immédiatement sa question. Il allait lui répondre quand deux voix bien connues se firent entendre.

- Ron ! Enfin ! Ne commence pas avec ça !

- Mais Mione...

Leur dispute s'arrêta quand ils virent Draco et Harry, côte à côte et souriant. Le roux le fusilla du regard, alors que sa brune de femme lui faisait un léger sourire.

- Granger, Weasley.

- C'est aussi Weasley à présent, l'informa Hermione, rayonnante.

Elle se pencha pour lui faire la bise, avant d'enlacer rapidement son ami. Ron lui serra froidement la main, et elle lui décocha un coup de coude dans les côtes. Il sursauta.

- Mas aïeuh ! Hermione !

- Ronald ! Nous ne sommes plus des enfants !

Il grogna et finit par grimacer vers son vis à vis.

- C'est sensé être un sourire, Weasley ?

Draco était amusé, tout comme Harry, au vu de sa difficulté à retenir un rire. Hermione leva les yeux au ciel et soupira devant l'obstination de son mari.

- Bon... Harry, je suis ravie de t'avoir vue, mais nous devons partir : je fais une visite dans une heure, et Ron est déjà en retard...

Devant le regard inquisiteur du blond, elle précisa :

- Je suis assistante sociale.

Draco haussa un sourcil, étonné. Il avait toujours imaginé Hermione faisant des grandes études, ingénieur ou médecin par exemple. Ron sourit enfin, visiblement fier de son épouse, et passa un bras autour de ses épaules, défiant Draco du regard de dire quoi que ce soit. Ce dernier hocha doucement la tête.

- C'est une belle profession que tu as choisi là, Hermione.

Il vit passer l'éclair de surprise dans les yeux des deux autres, et s'en amusa intérieurement. Eh bien, oui, il avait changé. Il n'était plus l'adolescent gâté et arrogant qu'ils avaient connu. Il se tourna vers Ron, qui déclara :

- Oui, la meilleure de toutes. Moi, j'ai été un peu plus fou : je suis inspecteur de police.

Ce qui expliquait ses cernes, mais aussi sa musculature, et son air de force tranquille dans son costume gris. Le couple échangea un regard plein d'amour, et malgré les années écoulées, Draco se sentit propulsé au lycée, quand il voyait de loin le trio rire ensemble et que Ron regardait son amie comme si elle était la huitième merveille du monde. Il sourit tristement, et remarqua la même douleur sur le visage d'Harry, qui l'effaça rapidement pour serrer ses deux amis dans ses bras alors qu'ils partaient vers leur travail. Les deux hommes se retrouvèrent tout les deux, dans un silence que Harry rompit pour demander, avec une pointe d'hésitation :

- Tu... ça te dit de prendre un café ?

- Eh bien... J'ai reporté mes rendez-vous de la matinée. Je suis avocat, mes clients peuvent bien attendre un peu.

Harry hocha la tête, et ils se dirigèrent lentement vers le café le plus proche. Une fois assis, il commandèrent. Un café noir sans sucre pour le blond, et un cappuccino pour le brun. Draco rompit le silence le premier.

- Alors ? Tu fais quoi maintenant ?

- Je suis oncologue.

Draco le regarda avec surprise. Il n'aurait jamais pensé que Potter fasse de grandes études.

- Et ta femme ?

A nouveau, la douleur obscurcit les yeux de son ancien ennemi.

- Ginny... Ginny était institutrice. Elle aimait beaucoup les enfants...

Draco fixa Harry. Les épaules étaient basses, la voix tendre, mais emplie de tristesse.

- … était ?

- Le cancer l'a emportée. Cela va faire deux ans.

Draco baissa la tête. Deux ans... elle devait avoir... 28 ans ? Si jeune... Harry continua, la voix plus sereine.

- Je m'occupe seul des enfants maintenant. Enfin, avec une gouvernante. Et mes parents. Et toi ?

Draco eut un petit sourire ironique. Lui ? Eh bien, tout bien réfléchi, face à ce qu'avait vécu Potter, lui avait de la chance.

- Astoria, mon ex-femme m'a quitté il y a cinq ans, a abandonné Scorpius, et est partie vivre en France avec un autre homme.

Harry le considéra avec un respect nouveau dans les yeux.

- Bienvenue au club des papas célibataires, tenta-t-il de plaisanter faiblement.

- Merci merci, c'est trop d'honneur, répondit Draco.

Ils se fixèrent un instant, un même sourire à la fois triste et amusé au coin des lèvres. Draco nota distraitement la beauté de Potter, ses yeux verts calmes, ses cheveux qui lui donnaient un air rebelle, sa musculature finement dessinée sous le tshirt gris qu'il portait. Il se gifla mentalement. Ce n'était pas le moment de trouver Potter beau. Ce dernier avait d'autre chats à fouetter, et n'était probablement pas bisexuel. Il passèrent encore un peu de temps à discuter, entre sourires de connivences, et quelques silences gênés, évitant soigneusement les sujets sensibles tels que le lycée, les parents ou encore la politique.

Draco était intéressé par les recherches d'Harry sur le cancer, et par sa confiance dans les nouvelles procédures. La mort de sa femme avait semblé lui donner une force et une persévérance hors du commun, et le blond songea que ses patients devaient beaucoup l'apprécier. Il trouvait le sourire et la voix chaude de l'autre homme très agréables, ainsi que la lueur douce dans ses yeux. Et, contrairement à ce qu'il avait longtemps pensé, Potter était très cultivé, et à l'aise sur beaucoup de sujets.

Il n'aurait, par exemple, jamais cru que le brun soit un passionné de musique classique et d'opéra. À sa grande surprise, son ancien ennemi lui expliqua se débrouiller pour emmener James et son filleul Teddy au théâtre, à l'opéra, ou à un concert classique au moins une fois par mois. Il ajouta qu'à présent, il emmènerait aussi Albus.

- Tu sais, je pense qu'il y a un âge pour tout, et les emmener trop jeunes ne servirait à rien, ils s'ennuieraient et n'iraient pas avec plaisir.

Draco approuva, surpris d'une telle réflexion venant d'un homme qu'il avait passé son adolescence à mépriser et traiter comme un moins que rien. Potter arrivait vraiment à le surprendre... Le sujet dériva ensuite sur les proches de Draco, et il lui donna quelques nouvelles. Blaise, son meilleur ami, avait rencontré un dénommé Théodore durant ses études en commerce. Ils étaient à présent mariés, et avaient adopté un petit garçon, Paul, l'an dernier, qui avait à présent trois ans. La belle, mais perfide, Pansy s'était mariée à Grégory Goyle, et ils avaient deux enfants. Harry ne put s'empêcher de rire en entendant ça.

- Pansy ? La fille qui te courait après ? Avec Goyle ?

- Oui. Suprenant hein ? Nous sommes quand même resté bons amis...

Harry rit à nouveau. Il fallait dire que Grégory était l'opposé de Draco : brun, enrobé, des traits durs, une voix sourde... Il était à présent boulanger, alors que Pansy était designer. Un couple atypique, mais qui fonctionnait selon Draco. Il continua par quelques nouvelles de ses parents. Lorsqu'il n'avait que douze ans, son père avait été accusé de complicité de meurtre et de proxénétisme. Lord Malfoy avait tout nié en bloc, et avait été jugé non-coupable après des années de procès, mais le mal était fait. Il n'avait jamais vraiment réussi à s'en remettre. Maintenant, il avait vendu les parts de son entreprise, et vivait grâce à ses actions dans l'immense Manoir Malfoy en Ecosse. ce qu'il ne dit pas, c'est que ses parents l'avaient jugé responsable de l'échec de son couple. Il ne parla pas de la colère de son père, du mépris qu'il avait pour cette femme, et pour cet enfant qu'était Scorpius. Un blond qui, à ses yeux, représentait l'échec de son fils, et la disgrâce finale de la famille Malfoy. Par contre, il se permit de donner quelques détails sur l'ambiance chez lui pendant le procès. Son père en prison, sa mère qui pleurait et buvait... Harry le contempla, songeur.

- Je n'aurais jamais cru que tu portais ça sur tes épaules au collège...

- Je ne l'aurais jamais avoué. À l'époque, j'en voulais au monde entier...

Ce ne fut qu'en regardant sa montre que Draco sursauta, réalisant qu'il était déjà presque onze heures. Il releva la tête, et en informa Harry qu'il devait partir. Ce dernier sembla hésiter, puis plongea la main dans sa poche pour en sortir une carte de visite.

- Si tu as besoin d'un coup de main pour Scorpius... Ou si tu veux simplement boire un café...

Draco plongea ses yeux gris dans les iris verdoyants qui lui faisaient face. Il prit la carte, et tendit la sienne, se justifiant :

- Pareil, et n'hésite pas, si jamais tu as besoin avec les enfants.

Harry hocha la tête. Ils se levèrent, sortirent du café, et échangèrent une poignée de main cordiale.

HPDM/DMHP/HPDM/DMHP/HPDM/DMHP/HPDM/DMHP

Harry regarda Malfoy partir, encore étonné de sa matinée. Il n'aurait jamais cru avoir une discussion cordiale avec cet homme... Enfin, Draco Malfoy avait bien changé. Et son fils avait l'air d'un adorable petit gaçon. Il pensa aux informations qu'ils avaient échangées sur leur amis respectifs. Il soupira. Le temps passait tellement vite... De son côté, ses amis de lycée étaient eux aussi mariés ou en voie de l'être : Neville avait épousé Luna, la meilleure amie de Ginny, et leur fille était à l'école avec Albus, tandis que leur fils entrait en maternelle avec Lily Luna. Dean, que Ron avait rencontré à la fac, et qui était maintenant agent de police, vivait depuis plusieurs années avec Seamus, propriétaire d'un des meilleurs bars du coin.

Il leva les yeux vers le ciel. Il ne voulait même pas parler des Weasley, tous mariés sauf Charlie, et qui avaient donné à Molly et Arthur une tripotée de petits enfants. Harry regarda sa montre. Il devait être de retour pour 14h à l'hôpital... il avait bien le temps de passer voir ses parents. Il sauta dans sa voiture pour conduire rapidement jusqu'à la petite maison avec jardin où il avait grandi. Aujourd'hui, c'était Molly et Arthur qui gardaient les petits monstres de la famille, il aurait donc un peu de temps seul avec son parrain. Il se gara devant le portail et entra tranquillement, toqua deux coups, et ouvrit.

- Harry, c'est toi ?

- Oui, je suis venu manger, ça ne vous dérange pas ?

- Bien sûr que non mon grand. Tu es chez toi quand même !

Sirius sortit de la cuisine pour l'engouffrer dans une étreinte d'ours.

- Sev, Harry est là !

Severus descendit les escaliers pour serrer l'homme dans ses bras à son tour. Ils échangèrent un sourire, et Severus le lâcha pour mettre la table. Sirius offrit un verre d'eau à Harry dans la cuisine, tout en lui demandant comment s'était passé la rentrée d'Albus. Harry lui raconta rapidement, puis les regarda tendrement s'activer autour des fourneaux tout en se chamaillant, comme à leur habitude.

Ils n'étaient bien sûr pas ses parents, mais c'était tout comme. James et Lily Potter avaient été tués dans un accident de voiture alors qu'Harry n'avait que trois ans. Sirius, qui aurait dû être son tuteur, était alors en voyage autour du monde. Il avait été confié à son oncle et sa tante. Il gardait peu de souvenirs de cette période, juste des cauchemars à propos de placard, de coups, de douleur. Sirius lui avait simplement dit que, lors qu'il était rentré un an plus tard, pour découvrir que son meilleur ami et sa femme étaient morts, et qu'il avait entamé toutes les démarches pour le récupérer, cela n'avait pas été bien difficile. Vernon Dursley était un homme violent, et les services sociaux étaient déjà alertés du cas d'Harry Potter, qui venait à l'école visiblement malnutri et battu. Cela lui avait pris un an pour le récupérer, et il ne l'avait plus jamais laissé, trouvant un travail stable de journaliste.

Pendant longtemps, il n'y eu qu'eux deux, avec Remus, un autre ami de ses parents, qui venait les voir chaque semaine et passait du temps avec Harry. Puis, il avait rencontré Ron, les Weasley. Cela avait beaucoup soulagé Sirius, qui estimait important une présence maternelle pour Harry. À leur entrée au collège, il avait rencontré Hermione, la troisième membre de leur trio. Et Sirius lui avait présenté Severus. Ce professeur de mathématiques n'était pas apprécié, et le brun avait commencé par le détester. Cela faisait déjà quelques mois que les deux hommes se voyaient. Harry n'avait pas apprécié que son parrain le lui cache. Jusqu'au jour où Severus avait débarqué avec ses valises, en larmes et en sang. Harry avait alors douze ans.

Les deux hommes ne lui avaient jamais vraiment expliqué ce qui s'était passé cette nuit là. Il avait fini par comprendre, avec des bribes d'histoire au fil des ans. Severus était auparavant amoureux de Lily, et c'était ainsi qu'il avait rencontré Sirius, au lycée. À l'époque, ce dernier le harcelait avec James. Severus, vexé que Lily se marie avec son harceleur, ne lui avait plus reparlé, et s'était tourné vers Tom Jedusor. Cet homme était violent, un proxénète et un dealer. Severus voulait le quitter quand il avait retrouvé Sirius, mais, terrifié par cet homme qui menaçait de le tuer et de faire du mal à eux qu'il aimait, il avait longtemps hésité. Jusqu'à cette nuit, où la police était venue arrêter Tom pour meurtre, ainsi que plusieurs complices. Tom, fou furieux, comprenant que Severus l'avait livré, avait failli le tuer.

Harry, caché en haut de l'escalier, avait observé avec détresse Severus s'effondrer en larmes terrifiées dans les bras de son parrain. Il avait senti ses propres larmes lui monter aux yeux quand Sirius répétait en boucle « Tout va bien, tout va bien, c'est fini, il ne te fera plus de mal, c'est terminé, chhht, je suis là, je t'aime, c'est fini... » sans parvenir à calmer l'autre homme. Finalement, il avait dévalé les escaliers, et, à la grande surprise de son parrain et de Severus, avait serré ce dernier dans ses bras. Puis il avait déclaré « Sev, tu vas rester pour toujours avec nous maintenant. Sirius, il est super fort. Il m'a sauvé de ceux qui me faisaient du mal, et il te protégera. ». Severus avait laissé échapper un rire à travers ses larmes, et avait rendu son étreinte au petit garçon.

L'affaire avait été entendue, et Severus n'avait plus jamais quitté leur maison. Il était parti enseigner dans une faculté de chimie toute proche, et avait coupé tout lien avec sa vie passée. Harry posa à nouveau ses yeux sur cet homme sombre, qui cachait de lourds secrets. Il avait tellement souffert. Et pourtant, une fois chez eux, il se montra prévenant, parfois tendre, venant réconforter Harry après un cauchemar. Ils se chamaillaient encore, mais beaucoup moins. Seuls Ron et Hermione savaient ce qui s'était passé, et Ginny...

Harry se força à ne pas penser à elle. Avec le temps, la douleur s'apaisait, mais il était difficile pour lui de penser à elle. Sirius posa le plat sur la table, et ils s'installèrent tout les trois pour manger, discutant joyeusement. Harry leur raconta son entrevue avec Malfoy, abrégeant en remarquant l'air hanté de Severus. Il savait que Draco était son filleul, mais plus jeune, personne ne devait savoir que Severus vivait avec eux. Alors il ne lui en avait jamais parlé... Il se promit intérieurement de les faire se rencontrer, quand il le pourrait.

Quelques semaines plus tard...

Harry vit avec surprise le nom de « Draco Malfoy » s'afficher sur son écran de téléphone. Il prit l'appel, étonné :

- Allo ?

- Ah, bonjour Harry...

- Bonjour Draco... Que se passe-t-il ?

- Eh bien... j'ai un rendez-vous important ce soir, et Blaise m'avait promis de s'occuper de Scorpius, mais Paul est malade, et ils ne veulent pas qu'il contamine Scorpius, et...

Harry sourit devant la voix angoissée de Draco, d'habitude si maître de lui-même.

- C'est bon Draco, j'ai compris. Ne t'en fait pas, je le récupérerai en même temps qu'Albus et James. Albus sera ravi de l'avoir à la maison, depuis le temps qu'il me rabâche des Scorpius par-ci, Scorpius par-là...

- Oh, merci Harry ! Tu me sauves, vraiment ! Je vais finir tard.

- De rien... Je t'envoie mon adresse par message, tu viens le chercher quand tu veux... reste manger tiens, Albus et Scorpius en seront heureux !

- Non, attends, je vais pas abuser...

- Mais si, j'insiste. Les enfants seront tellement contents !

- Ok, j'abdique ! Merci. À ce soir !

- A ce soir.

Harry souriait encore en raccrochant le téléphone. Il avait oublié de dire à Draco que Ron, Hermione, Neville et Luna seraient aussi de la partie. Quel dommage, pensa-t-il avec un sourire amusé. Il commençait à beaucoup apprécier ce nouveau Draco qu'il découvrait à l'entrée ou à la sortie de l'école. Celui qui riait, qui aimait son fils, qui n'avait plus tous les préjugés qu'il clamait haut et fort plus jeune. Ce Draco qui pouvait se montrer très sarcastique, mais aussi très tendre, qui aimait le café noir sans sucre et se moquait de ses cappuccinos, qui serrait la main d'Hermione en lui proposant de l'aider sur un cas difficile, qui haussait un sourcil d'aristocrate et levait les yeux au ciel quand il n'était pas d'accord avec lui. Le brun but une gorgée de cappuccino avant de pousser la porte de la chambre de son prochain patient. Oui, décidément, il appréciait beaucoup ce Draco-là, et il avait hâte de le voir ce soir.

Sa patiente, Mme Hopkins, le salua chaleureusement.

- Eh bien, Docteur, vous êtes bien souriant aujourd'hui ! C'est une jolie femme qui vous fait tourner la tête ?

- Ah non, Madame ! Ce n'est pas une femme...

Sa patiente lui lança un regard suspicieux. Ses yeux bruns n'avaient pas perdu de leur vivacité malgré les nombreuses chimiothérapies, et ils brillaient comme deux braises au milieu de son visage dépourvu de cheveux et de tout poil. Harry lui fit un clin d'œil charmeur. Il était conscient que le moral jouait énormément dans l'évolution de la maladie, et Mme Hopkins, comme beaucoup de ses patients, profitait du moindre instant de répit pour rire et s'intéresser au monde qui l'entourait. Elle plissa les yeux et tendit un index menaçant vers lui :

- Docteur, on ne me la fait pas, à moi ! À mon âge, j'en ai vu d'autres ! Ce regard, c'est celui d'un homme amoureux !

- Ahah ! Ça me fait plaisir de vous voir aussi en forme.

Harry préféra ne pas répondre, et sut, au vu du sourire victorieux de la malade, qu'elle l'avait tout de même percé à jour – pour sa plus grande joie. Amoureux, non, mais sous le charme et en passe de le devenir, oui ! La persévérante vieille dame continua :

- Si ce n'est une femme, c'est donc un homme !

Harry rougit.

- AH HA ! J'avais donc raison, s'écria-t-elle, triomphante.

- Oui, mais ne le dites pas trop fort...

- Non, promis, je garde ça secret... vous me le présenterez ?

- Si j'arrive à le séduire, je vous promet que vous serez la première au courant dans cet hôpital !

Leurs rires s'élevèrent dans la chambre, et Harry essaya de ne pas penser aux résultats qu'il tenait dans sa main, et qui condamnait cette femme si courageuse à une autre série de chimiothérapie...

Quelques heures plus tard, l'oncologue attendait patiemment à la sortie de classes des enfants, guettant des petites têtes blondes, brunes et rousses dans la foule de gamins qui couraient rejoindre leurs parents. Quand il les aperçu enfin, il fit un sourire rassurant au petit blond qui serrait fort la main d'Albus.

Harry fit un sourire rassurant au petit blond qui serrait fort la main d'Albus.

- Bonjour Scorpius !

- Bonjour Harry... La maîtresse a dit que Papa a appelé pour dire que vous venez me chercher ?

Un lueur d'inquiétude brilla dans les yeux bleus.

- Tonton Blaise va pas bien ?

- Non bonhomme. Ton cousin Paul est un peu malade, et tes oncles ont eu peur que tu tombes malade aussi.

- Ah...

- Alors, Scorpius vient à la maison ?

Les yeux d'Albus brillaient de joie, et il sauta au cou de son père quand ce dernier approuva avec un sourire. Rose et Ombe, la fille de Neville et Luna, firent aussi une mini danse de la joie. Harry eut un petit rire, et les entraîna vers la voiture sept places, en songeant qu'il avait eu une bonne idée d'en prendre une si grande. Il avait toujours les enfants les soirs de semaine, sauf le mercredi et le vendredi, où Luna s'en occupait, et la famille Weasley ou Sirius et Severus, gardaient les enfants de toute la bande le samedi. Ils les récupéraient le dimanche, pour le repas dominical. Les autres Weasley habitaient plus loin : Bill et Fleur avaient déménagé près de la côte, Percy et Pénélope vivaient au centre de Londres puisque Percy travaillait au Ministère de la Défense, les jumeaux et leurs familles s'étaient installés à Birmingham, où ils avaient ouvert leur magasin de farces et attrapes, et Charlie était en Afrique, où il travaillait dans une réserve.

Finalement, songea distraitement Harry en se garant dans l'allée, en vivant toujours à Oxford, c'étaient eux qui étaient les plus proche du Terrier, situé en pleine campagne à une demi heure de là. Les enfants se jetèrent hors de la voiture en riant, sous l'œil bienveillant de l'adulte, qui fit un signe de la main à Winky, leur gouvernante/cuisinière/femme de ménage/indispensable à la survie de la maison. Lily Luna se jeta sur lui alors qu'il franchissait le palier.

- Papa !

Harry la souleva et la fit voler en riant. Elle se blottit contre lui et commença à lui raconter sa journée, alors qu'il la tenait contre lui en savourant son odeur, la douceur de ses cheveux, la chaleur de sa menotte dans son cou. Sa fille. Il rit doucement au récit de ses aventures, et la posa finalement pour sortir à goûter pour tout les autres petits monstres. Hugo, le petit frère de Rose, et Jasper, celui d'Ombe, étaient déjà attablés, et firent une place à Lily avec des rires joyeux. Winky allait les récupérer à la maternelle toute proche, et attendait ensuite le retour des autres.

Harry posa ses yeux sur le seul blondinet de Draco, qui semblait tout à fat à son aise et riait avec Albus, Rose et Ombe. Il entendit la porte s'ouvrir, et un « Parrain, c'est moi ! » se fit entendre. Teddy Lupin apparut à la porte de la cuisine, tout sourire. James, Albus et Lily lui sautèrent dessus pour lui faire un câlin, rapidement suivis par le reste de la famille. Scorpius resta un peu à l'écart, mais Albus se chargea de faire les présentations. Puis tout le monde retourna goûter, et Harry put enfin s'approcher pour saluer son filleul.

- Tu ne devrais pas être chez toi ?

- J'ai un devoir que je comprend pas en maths, alors maman m'a dit de venir te voir après les cours.

Harry hocha la tête. Remus, professeur d'histoire, et Tonks, perceuse et tatoueuse, n'avaient jamais été brillants en maths. Ou tout du moins, ils assuraient à Harry avoir tout oublié, et lui envoyaient Teddy. Ce qui ne l'avait jamais dérangé, il était toujours heureux de voir son garçon. Il haussa un sourcil.

- Cela sous-entend que je les attends pour manger, ce soir ?

Teddy lui fit un clin d'œil.

- Tu les connais.

Il leva les yeux au ciel, puis haussa les épaules. Winky attendait patiemment qu'il se décide à lui parler, adossée au plan de travail de la cuisine. Il se tourna vers elle, lui sourit et déclara :

- Je vais vous aider ce soir, il semblerait que nous soyons...

Il fit un rapide calcul.

- ...Dix-sept. Bon, il va falloir sortir la rallonge...

Heureusement qu'il avait une grande maison. Deux étages, cinq chambres, deux salles de bains, un bureau et une immense pièce à vivre/cuisine au rez de chaussée... Ginny et lui voulaient une chambre par enfant, plus une chambre d'amis au cas où... Cette maison, il l'avait acheté juste après sa mort, en souvenir de leur promesse. Il sourit en voyant les enfants poser les uns après les autres leurs couverts dans le lave-vaisselle et leurs déchets dans la poubelle. Scorpius suivit le mouvement si bien orchestré, un peu perdu, mais Albus lui montra où tout se rangeait, et en quelques minutes se fut fait. Ils allaient vers leurs chambres, mais Harry les rappella en haussant la voix.

- Eh oh ! Vous croyez aller où là ? Les devoirs !

Il vit avec amusement cinq petites têtes, deux blondes, une brune, une rousse et une noire se baisser avec dépit – Teddy était déjà installé avec ses maths – et les enfants lui tendirent leurs cahiers de texte. Il les fit s'installer et surveilla qu'ils fassent bien leurs devoirs, tout en commençant à aider Winky pour le repas. Il regardait régulièrement la pendule, impatient de voir les autres arriver, surtout un certain blond. Les minutes défilaient par paquet, il corrigea les cahiers de chacun avant de les laisser partir s'amuser, s'installa à côté de Teddy pour les maths, finit de cuisiner.

Finalement, Ron et Hermione arrivèrent les premiers, suivit de Neville et Luna, et enfin Remus et Tonks. Les enfants, après avoir sauté au cou de leurs parents, étaient retournés s'amuser, et les adultes étaient réunis dans le salon, installés dans les canapés et fauteuils autour du feu. Hermione s'était blottie contre Ron dans le sofa, Harry dans son fauteuil préféré près du feu, et les autres se partageaient l'immense canapé en coin, Remus un bras autour des épaules de sa femme, et Luna distraitement appuyée contre Neville.

- Du coup, tu as gardé le fils de Draco, questionna Hermione.

- Oui, il m'a appelé tout à l'heure, Blaise ne pouvait pas le récupérer car son fils est malade.

Elle hocha la tête. Depuis la rentrée, ils avaient pas mal parlé avec Draco, mais avaient aussi régulièrement croisé Blaise ou Théo, son compagnon. Ron se redressa soudain, suspicieux.

- Harry, t'as pas fait ça ?

Harry lui adressa son meilleur regard innocent.

- Fait quoi ? Je ne vois pas du tout de quoi tu parle, Ron.

Son meilleur ami leva les yeux au ciel.

- Oh, c'est pas vrai. Il l'a fait.

Neville lui jeta un regard perdu, alors qu'Hermione poussait un soupir contrarié.

- Fait quoi ?

- Ce que Ron veut si subtilement faire passer, c'est son mécontentement à l'idée que Draco soit invité à manger avec nous. Ronald Bilius Weasley, il serait tant de grandir.

Son mari lui jeta un regard boudeur, puis grommela :

- Non, mais c'est très bien. Très bien. J'ai rien dit.

A cet instant, la sonnette résonna, et Harry bondit hors de son fauteuil pour aller ouvrir. Hermione le regarda et plissa les yeux, pensive. Inconscient de cela, Harry ajusta machinalement les manches de sa chemise, puis ouvrit la porte. Il tomba droit dans les yeux gris qui lui faisaient ça. Son cœur rata un battement. Cet homme devait avoir un secret pour être aussi magnifique. Ses fins cheveux blonds un peu décoiffés, les joues rougies par le froid, un fin sourire aux lèvres, Malfoy était simplement parfait.

- Bonsoir Harry.

- Bonsoir. Mais entre, je t'en prie.

Le blond lui sourit alors qu'il s'effaçait pour le laisser franchir le palier, déjà amusé par sa réaction... Draco se figea, les yeux braqués sur la petite assemblée, et se tourna vers Harry.

- Potter. Tu as visiblement oublié de m'informer que nous serions aussi nombreux...

- Ah ? Désolé... Tu te rappelle de Neville, Luna et Remus ?

Draco leur serra la main amicalement.

- Professeur Lupin...

- Oh, tu peux m'appeler Remus ! Et voici ma femme, Tonks.

Draco se figea, alors qu'il la dévisageait.

- Vous... vous êtes Nymphadora ?

Elle cligna des yeux, surprise.

- Eh bien, oui mais...

- Je suis le fils de Narcissa...

- Oh !

Elle hésita un moment, puis le prit dans ses bras, les larmes aux yeux. Draco lui rendit son étreinte, l'air sous le choc, puis finit par sourire.

- Je suis content de te rencontrer...

- Moi aussi. Je n'aurais jamais cru...

- Le hasard fait bien les choses on dirait !

Tonks se tourna vers le reste du groupe, les yeux encore humides.

- Draco est mon cousin, le fils de Narcissa Black, la sœur de ma mère. Nous ne nous étions jamais vus, suite à la dispute de ma mère avec sa famille.

A cet instant, une petite tornade blonde dévala les escaliers.

- Papa !

Draco attrapa son fils au vol pour le serrer contre lui, faisant sourire les autres. Scorpius se blottit dans les bras de son père, et ils chuchotèrent quelques instants, puis Draco le reposa, et jeta un regard fier aux autres adultes. Harry lui posa doucement une main sur le bras.

- Passons à table.

Il se dirigea vers l'escalier pour appeler les enfants, et la troupe les rejoignit, s'asseyant à un bout de la table alors que les adultes prenaient l'autre, et que Winky et Harry commençaient à poser les plats sur la table. Draco s'assit entre sa cousine et Luna, et commença à discuter avec elles... Harry sourit en le voyant si animé. Neville parlait avec Remus du changement qu'il ressentait dans les dernières générations d'élèves. Lui aussi était professeur, en SVT, au collège. Luna, elle, était zoologiste et occupait un poste d'enseignant à Oxford. Si elle devait se déplacer, elle se débrouillait pour le faire durant les vacances scolaire, et emmenait toute sa petite famille à sa suite. Là, elle expliquait à l'avocat et à la tatoueuse que certaines espèces, bien que pas encore découvertes, existaient très certainement. Le repas se déroula tranquillement, les sujets évoluant au fur et à mesure. À la fin, les enfants, impatients, demandèrent s'ils pouvaient se lever de table, ce à quoi Harry acquiesça avant de reporter son attention sur Draco et Tonks.

- Et donc, tu es aussi enfant unique ?

- Eh bien, mon père avait un fils, un héritier, c'était tout ce qu'il désirait. Pas besoin de plus.

La voix de Draco était un poil amère, mais il sourit.

- Et puis, je le comprend ! Quand je vois Scorpius, je me dit que deux comme lui ça serait trop !

Le petit blond ne l'écoutait pas, occupé à se lever pour aller jouer, tout en ayant une discussion très sérieuse avec Albus au sujet de l'existence du monstre du Loch Ness. Tonks semblait ravie de découvrir ce cousin qu'elle n'avait jamais connu, et son mari préféra se désintéresser de leur conversation pour discuter avec Hermione de ce que la baisse des effectifs au sein de son bureau allait entraîner. Elle soupira, agacée

- Non mais des fois, ils ne se rendent pas compte. Je sais bien qu'il est important de créer un autre centre du côté de Hampton, mais franchement ! Déjà qu'il était compliqué de gérer tous nos dossiers, je ne sais pas comment on va faire si on est encore moins nombreux.

- Mais il n'y a pas un plan prévu pour regonfler les effectifs ?

Elle secoua la tête, désabusée.

- Non, il faudrait pour cela qu'il y aie plus d'assistants sociaux ! Sans parler du nombre d'avocats spécialisés dans ce genre d'affaire. Déjà qu'on en avait incroyablement peu, là ça va devenir ridicule !

Remus haussa les épaules, blasé.

- Je ne comprend pas. Si tu savais le nombre d'enfants que j'ai signalé dans ma carrière... Tout ça pour rien la plupart du temps. La négligence n'est pas considérée comme suffisamment grave pour permettre un retrait de l'enfant.

- Oui, confirma Neville, l'air grave. Pas plus tard que le mois dernier, j'ai signalé le cas d'un sixième qui venait en cours visiblement pas douché, pas changé, et le ventre vide. On m'a répondu que, compte tenu de la situation familiale, on pouvait excuser la difficultés de sa mère à bien s'en occuper, mais que ce n'était pas de la maltraitance, et que ce gamin était, d'après une "évaluation psychologique" parfaitement équilibré.

- Et pourtant ! Et à l'inverse, il est incroyable le nombre de cas dont nous avons à nous occuper suite à un divorce, quand un des parents signale l'autre pour des raisons ridicules. Mais ça nous bouffe du temps, tout ça pour rien !

Ron soupira, le bras posé sur le dossier de la chaise d'Hermione.

- De toute façon, bien souvent, quand les services sociaux sont en mesure de faire quelque chose dans les cas de maltraitance réelle, c'est souvent déjà trop tard. Et quand les voisins décident d'appeler la police parce que « vous comprenez, c'est pas la première fois qu'ils tapent sur leur gosse, mais bon, qui je suis pour juger, et puis c'est leur problème, mais cette fois, ça fait des heures que ça dure, et j'ai des enfants moi, ils peuvent pas dormir avec ce boucan... », eh bien, on a plus qu'à emmener ce pauvre gamin à l'hôpital, avec des séquelles physiques et psychologiques terribles, et à coffrer les parents.

Draco intervint dans la conversation, se tournant vers eux.

- Vous savez, en tant qu'avocat, c'est pas non plus facile à gérer. Quand le procureur m'appelle pour ce genre de cas, je sais que la bataille va être difficile. Entre le parent névrosé « je voulais pas, vous comprenez, mais il arrêtait pas de crier » et le violent « oh, eh, c'est mon gamin, j'en fais ce que je veux », ou encore le menteur « mais non mais moi jamais ! »...

Il soupira, l'air fatigué, et se tourna vers Harry, qui frémit en croisant ses yeux gris.

- Au final, tu as de la chance d'être médecin !

- Tu sais, moi, quand je vois des enfants, soit ils rendent visite à un malade en phase terminale, soit ils ont un bonnet sur le crâne, des yeux trop grands, un cathéter et le sourire doux des anges qui savent qu'ils s'en vont...

Le silence se fit un instant, les yeux hantés de Harry plantés dans les iris d'argent liquide. Face à lui, Draco se pencha et lui prit la main pour la serrer, le cœur au bord des lèvres.


Et voilà ! Fin de ce premier chapitre ! J'espère que vous avez aimé... Si oui, n'hésitez pas à le dire, sinon, dites-le aussi ! C'est toujours important pour un auteur d'avoir des reviews...

Je me suis bien éclatée avec ce pauvre Draco... et je n'en ai pas fini avec lui ! *rire diabolique* Mais pour le savoir, rendez-vous au prochain épisode ! J'ai déjà deux chapitres d'avance, alors j'essaierai de poster un chapitre par semaine, le Dimanche soir.

A bientôt !