Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Crossroads.

Résumé : La vie est composée de chemins qui se croisent. Même la plus petite action peut chambouler la vie de dizaines de personnes sans que l'on s'en rende compte.


Chapitre 45 : Et après…

Il neigeait. Ce n'était pas inhabituel à Ilvermorny en cette période de l'année, mais Léna regardait la neige comme si c'était la première fois qu'elle la voyait. Ce n'était pas la première fois qu'elle avait l'impression de redécouvrir quelque chose de familier. Ces sentiments étranges avaient commencé après que Niniel l'ait sortie de ce cachot où elle devait mourir. Aujourd'hui, c'était de la neige, demain qu'est-ce serait ?

Et puis, il y avait Kaya et sa mère. Madame Lejova n'avait pas encore repris connaissance et Ekaterina avait profité du week-end pour aller lui rendre visite. Selena avait demandé à y aller également, mais, on lui avait refusé sa demande sous prétexte qu'elle n'avait aucun lien de parenté avec la malade. Foutaise, il s'agissait quasiment de sa belle-mère.

Sans qu'elle s'y attende, une boule de neige lui frappa l'arrière de la tête. Elle tourna la tête et aperçu cet idiot de Potter qui se moquait d'elle. Avec un sourire en coin, elle répliqua en riant. Elle n'avait que quatorze ans, elle aurait bien le temps pour les idées noires plus tard. Une bataille de boule de neige plus tard et le bout des doigts gelés, Thomas Potter et elle étaient assis devant un feu, une tasse de chocolat chaud dans les mains. Et ils parlaient. Pour la première fois, Léna le trouvait même amusant.

-Pourquoi ne laisses-tu pas les autres voir tes bons côtés, Potter ?

-Parce que quand les gens voient le bien qui est en toi, il s'attendent à ce que tu en fasses bon usage, et je ne veux pas avoir à me montrer à la hauteur des espérances de qui que ce soit.

-Mal se comporter pour avoir la paix… C'est égoïste.

-Pas plus que tous ces adultes qui considèrent qu'ils peuvent te demander de faire leur boulot tout en te traitant comme une enfant.

-Tu pourrais au moins montrer un peu de compassion pour ceux que tu blesses.

-Je sais. Tu as raison, encore. Monsieur Hell doit vraiment être mal en ce moment… Dois-je lui apporter des petits gâteaux ?

-Maintenant, tu es simplement méchant.

-Je suis méchant. Tu me déteste. La terre a retrouvé son axe principal, Graves.

Elle le regarda un instant avant de comprendre ce qu'il voulait dire.

-Tu as pris ta décision. Tu ne veux pas de sentiments, tu veux être détesté car c'est plus facile. Cela prouve ta théorie. Continue comme cela et ton vœux sera exaucé. Tu mourras seul avec pour seule compagnie des dizaines de chats.

-Pas de chats, je préfère les chiens !

Il y avait quelque chose dans le regard de son condisciple… Selena ne savait pas ce que c'était, juste que cela lui donnait envie de le frapper.

-Sais-tu ce qui m'énerve chez toi, Graves ? C'est que tu agis comme si tout allait bien, donc personne ne s'inquiète pour toi, mais tu as besoin d'aide, Selena.

-Tu veux savoir ce qui ne va pas ?! Je vais te le dire ! Mon père a été torturé par Grindelwald pendant plusieurs mois ! Lorsque j'ai voulu avertir qu'il se passait quelque chose, personne, pas même mon frère ne m'a cru ! Je suis rentrée pour Yule dans le but de découvrir la vérité et d'apporter des preuves pour prouver que je ne délirais pas, mais ça c'est retourné contre moi ! J'ai passé mes vacances dans un hôpital ! Je n'arrive plus à dormir dans le noir complet ! Rien que l'idée de me retrouver dans une pièce sans aucune lumière me donne des angoisses ! Et puis… Elle ne se réveillera pas ! Je le sais. Elle le sait. Il le sait… Tout le monde le sait ! Il faut arrêter de jouer la comédie ! Je n'en peux plus d'avoir de faux-espoirs, cela me fait trop mal ! Comprends-tu ? Elle ne se réveillera pas ! Explosa Léna.

Elle ne réalisa pas tout de suite qu'elle pleurait. À vrai dire, il fallut que Potter essuie ses larmes du bout des doigts pour qu'elle le réalise. À cet instant, elle réalisa qu'il avait raison. Elle n'allait pas bien. Elle n'allait pas bien du tout. Mais, elle n'avait pas le droit d'inquiéter les autres pour cela. Elle était vivante et en bonne santé. C'était mieux que certaines personnes qui avaient vécu des choses bien pires qu'elle au cour des derniers mois.

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Extrait du journal de Luna Black (1740).

Quelque soit la langue, conjuguer le verbe aimer est compliqué. Son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif et son futur toujours conditionnel.

J'ai épousé un homme que je n'aimais pas. Aujourd'hui, j'ai choisi de briser mon cœur plutôt que de rompre mes vœux de mariage et partir avec celui que j'aime. Serais-je capable d'aimer de nouveau ?

Peut-être, peut-être pas. Mais, je suis douée pour faire semblant. Alors, je jouerai la comédie et personne ne verra que pour un peu de pouvoir j'ai renoncé à la joie qu'est le véritable Amour. Je le ferai si bien que peut-être que j'arriverais à me convaincre que cet Amour n'est que souffrance et ne vaut pas la peine qu'on pleure pour lui.

Balthazar est mon premier amour. Et le destin a voulu qu'il soit mon dernier.

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-Norbert !

Un instant, le magizoologiste songea à s'enfuir, mais, il savait que cela ne servirait à rien. Autant les gens laisseraient passer sans aucun problème l'homme qui venait de l'appeler, autant ils prêtaient pas la moindre intention et sa tentative de fuite, lui bloquant le passage. Avec un soupir à en fendre les pierres, il fit face à son frère. Thésée le regarda un instant avant de le serrer contre lui. Puis, comme s'il n'avait rien fait, il le relâcha et le fusilla du regard. Norbert était horriblement gêné devant cette marque d'affection. Il ne pouvait pas croire qu'il ait manqué à son frère à ce point, ce qui voulait dire une seule chose : Thésée savait ce qui s'était passé à New-York.

-Je connais Graves depuis des années, Norbert, bien entendu que dès qu'il a repris assez de force, il m'a prévenu de ton comportement, malgré le « secret » qui entoure cette affaire, lui signala Thésée.

Oui, il ne fallait pas que les gens apprennent la vérité, cela pourrait gêner le gouvernement américain que personne se soit rendu compte que Grindelwald en personne l'avait infiltré. Il y avait quelque chose dans le regard de Thésée… De la fierté. Depuis quand n'avait-il pas fait brillé les yeux de son frère de cette façon ? Il ne le savait pas. Du moins, ce n'était pas arrivé depuis qu'il avait manqué de ce faire renvoyer de Poudlard.

-Je le connais suffisamment pour savoir que la seule raison pour laquelle tu n'es pas actuellement en prison, ou recherché par les aurors américains, c'est parce que tu as sauvé sa fille.

Et qu'il avait filé avant d'avoir pu le rencontrer. Norbert n'avait pas été réparti dans la maison des rouge et or, ce qu'il voulait dire qu'il possédait un instinct de survie et aller voir un homme chargé de faire respecter la loi avec une valise pleine de créatures, même si par effet papillon nous venons de sauver sa fille, n'était pas une bonne idée. Et il y avait l'autre problème. Il avait deviné l'imposture de Grindelwald et pas des gens qu'il fréquentait tous les jours. Norbert n'avait pas eu le cœur d'aller remuer le couteau dans la plaie de ce pauvre homme. Mais, il y avait quelque chose d'amusant dans la façon qu'avait Thésée de sous entendre que Selena Graves était une petite fille sans défense. Certes, elle était jeune, certes, ce n'était encore qu'une enfant. Mais si on en croyait Tina, elle avait donné du fil à retordre à Grindelwald. Chose que certains aurors n'avaient pas pu faire. Sans défense… Certaines façons de se battre n'avait rien à voir avec la force physique. La force morale était souvent plus déterminante dans un combat d'usure et c'était ce qu'elle avait mené contre le mage noir. Sans oublier qu'elle, elle s'était rendue compte qu'il y avait un problème et avait été prête à se sacrifier pour trouver une preuve. Faible n'était pas le bon mot pour définir cette petite demoiselle.

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Elle nageait dans un cocon de chaleur douce. C'était une chaleur enivrante qu'elle ne voulait pas quitter. Pas après tout ce qu'elle avait vécu. Elle sentait qu'elle allait de mieux en mieux. Qu'on essayait de soigner son corps, mais, le fait qu'on essaye également de la réveiller la rendait méfiante.

Elle avait toujours cru avoir vécu le pire de sa vie jusqu'au moment où elle était tombée entre les mains de Grindelwald. Elle espérait que sa fille lui pardonnerait de n'avoir pas été assez forte pour survivre.

-Maman, réveille-toi. Je sais que tu m'entends. Il faut que tu te réveilles.

Cette voix et ces pleurs… Elle sentit immédiatement son cœur de mère de serrer et elle fit la seule chose qu'elle pouvait faire pour que son bébé arrête de pleurer. Pour la première fois depuis de longs jours, Natalia Lejova ouvrit les yeux.

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Natalia était dans la pièce tout juste à côté et elle parlait à sa fille. Rien que pour cela, il était prêt à écouter pendant des heures des gens se plaindre, même si cela ne faisait rien avancer à l'histoire.

-Comme je vous l'ai déjà dit, son coma nous empêchait d'évaluer complètement l'état de santé de madame Lejova.

L'homme de magico-médecine choisissait ses mots.

-Son noyau magique est plus endommagé que ce que nous avons pu voir pendant qu'elle était inconsciente. Tellement que je ne peux même pas vous garantir qu'elle puisse un jour faire de nouveau de la magie.

-Vous voulez dire que…

-Que pour l'instant, elle serait aussi capable de jeter un sortilège de première année qu'un non-maj', alors continuer à son métier… Il est vrai qu'il est nécessaire de moins de magie pour faire des potions qu'un sort, mais…

Le guérisseur était gêné. C'était compréhensible. Le perte de ses pouvoirs était un drame pour n'importe quelle créature magique. Percival savait que tout ce qui était avant un « mais » n'était que chiure d'oiseau. Le diagnostic n'était pas bon. Il était même… Certains sorciers préféraient encore mourir que de vivre sans pouvoir. Natalia était née dans une société où l'on était rien si on n'était pas un sorcier, mais ici… Si elle devenait cracmol, elle risquait de perdre sa fille. La loi Rappaport était très stricte. Les sorciers et les sans-pouvoirs ne se mélangeaient pas. Graves réfléchissait à comment faire pour arranger la situation au mieux… La russe était née sorcière. Il pourrait jouer sur cela, après tout, lorsque le MACUSA avait adopté cette loi, personne n'avait pensé à prévoir le cas où une sorcière perdrait ses pouvoirs… Oui, cela pourrait marcher. Au pire, il démissionnerait et se battrait avec elle pour qu'elle puisse vivre dans le monde magique. Ce ne sera pas facile, mais les causes faciles ne méritaient pas que l'on se batte pour elles.

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Natalia avait espéré n'avoir jamais cette conversation sur le deuil avec l'un de ses enfants, mais, après ce qu'ils avaient vécu, elle devait bien passer par là.

-La voix. C'est le son de leurs voix qui me manque le plus. Les visages ont perdu de précision. Il ne me reste même plus une seule photographie d'eux. Je les ai perdues quelque part dans l'océan. Pourtant, dessus, ils n'ont toujours pas vieilli. Oui, les photographies ne changent jamais. Dessus, on reste toujours ce que nous étions au moment où elles sont prises. Mais, ce n'est pas le cas des souvenirs. On les transforme, les rend plus beaux. Mais, la voix… La voix, une fois que tu l'as oubliée, tu la ne retrouveras jamais quoique tu fasses. Ce qui me reste le plus de mon enfance, ou de ton père, c'est les odeurs. Lorsque je sens l'odeur de la neige, ou celle d'un feu de cheminée… Ils sont là. Tout juste à côté de moi.

Ekaterina sentit quelque chose se relâcher au fond d'elle. Comme toujours, sa mère avait trouvé les bon mots pour la consoler. Mais, elle avait encore des peurs qui demandaient à être calmées.

-Crois-tu que Grindelwald va s'échapper ?

-Oui, ma chérie. Mais, à ce moment-là nous serons là, plus forts que nous n'avons jamais été.

Et le mage noir aurait intérêt à partir très loin des États-Unis car rien n'est pire qu'une maman ours dont on a touché à l'un de ses petits. Et Natalia Lejova se sentait d'humeur très oursique.


Et c'était le dernier chapitre de Crossroads. Du moins pour l'instant. Merci à vous de m'avoir lu, et surtout d'avoir été patients pour l'arrivée de ce chapitre.