Parce que ma spécialité est de découvrir tout quelques années après tout le monde, j'ai découvert Shameless il y a quelques semaines et comme la majeure partie de la population, j'ai succombé au Gallavich. Et comme je suis totalement dans le déni face à sa très probable fin (la vérité c'est que j'ai pas regarder la quasi totalité de la saison 6 et juste la fin de la 7 quand j'ai appris que Mickey se faisait remplacer) je lui rends un (modeste) hommage.


Il ne sut réellement par quel miracle il avait réussit à passer. Peut-être que maintenant qu'il avait l'air d'une femme blanche portant une robe à fleurs boutonnée jusqu'au cou et des boucles d'oreilles en toc il paraissait plus respectable. Il devait surement faire une femme très laide, on ne l'avait importuner que quelques secondes.

Sa perruque le grattait et sa robe collait sur son torse, il sentait les deux glocks cacher sur lui devenir moite, imprégnés de la chaleur poussiéreuse du Mexique et de son anxiété battant sous ses cotes. Ses yeux le piquaient, des larmes coulaient de ses yeux pour évacuer tout le sable qui volait tandis qu'il roulait les fenêtres ouvertes sur cette route merdique. Ses yeux bleus devenaient rouges, les reflets gris encadrés par des filaments écarlate, la vue brouillée, floue et mouillée. Seul. La route serrée et envahie par la callasse faisait tanguer sa vieille voiture déjà arasée par le nombre de kilomètres au compteur, il essayait constamment de garder son équilibre malgré cette houle sèche, mais après tout les à-coups des émotions subies pour arriver jusque ici, cette bousculade sonnait comme une valse. Et serrer les dents, crisper ses doigts sur le volant lui permettait de se concentrer sur quelques choses, sa mâchoire lui faisait mal, ses jointures étaient blanches. Devant lui, la route ne s'ouvrait sur rie, sans fin, il n'avait croisé aucune autre bagnoles sur le chemin. Pour certains, l'absence de groupe pouvait être un mauvais présage, personne aux alentours si vous tombez en panne ou si vous vous perdez...personne pour vous faire chier ou vous butter.

Mais il manquait quelque chose dans ce vide, dans sa solitude qui aurait du normalement le soulager. Ça aurait du être leurs solitude. Putain. Encore ces poussières de la route dans les yeux. Il ferma la fenêtre et essuya ses yeux dégoulinant du revers de la main. S'il continuait à conduire sans s'arrêter il arriverait à sa destination demain matin, très tôt, dans un taudis crasseux qui appartenait à son père. La planque en cas d'urgence dont il avait volé les clés il y a deux jours, sans se faire d'illusions sur les coups qu'il allait falloir donner aux futurs squatteurs. L'habitat ghetto qu'il aurait à nettoyer de sa crasse et probablement de reste de crack, il y trouverait même un cadavre qui sait.

Mais c'était près de la mer.