C'est drole parce que ce chapitre ça devait etre un 3+1, sauf que juste la première situation décrite dans cette partie faisait 4400mots. Pas sure de l'utilité d'un pavé, meme de Gallavich au milieu de trucs plus courts soit utile, j'ai décidé d'en rester là. En espérant que ça vous plaise!


De certaines façons d'être une famille

(Ou comment les Gallagher ont l'art de paver l'Enfer avec de bonnes intentions)

S'il y avait bien une chose qui était indissociable de Ian, c'était sa famille. Les Gallagher formait une petite communauté soudée qui ressemblait à un état indépendant au cœur de Chicago. Au début, Mickey lui avait envié cette complicité intense et ce genre de solidarité perpétuelle qui emplissait la petite maison, puis il s'était rendu compte que l'entraide érigé comme un des piliers de la famille parfaite avait ses bons comme ses mauvais cotés.

Les Gallagher n'étaient pas forcément des soiffards prêt à sauter sur n'importe quelle occasion pour une fête alcoolisée. C'était d'ailleurs une chose curieuse, la génétique aurait pu faire en sorte de créer de nouveaux habitués à l'Alibi, mais visiblement le paternel n'avait pas légué ses tendances alcooliques à ses gosses. Cependant, les enfants de Frank avait beau être doté de modération avec le rythme des buveries, il avait hérité de sa capacité à faire les choses bien. Et par bien, il entendait excessivement. Surtout que cette fois le prétexte était vraiment douteux.

-Mick tu n'as rien de prévus ce soir?

Ian lui avait demandé ça de façon nonchalante, mais Mickey avait totalement remarqué le "ditnonditnonditnon" implorant dans son regard. Son copain avait toujours eut du mal à cacher son enthousiasme, mais Mickey ne le releva pas et lui donna la réponse qu'il voulait entendre, reportant le braquage avec ses frères à la semaine prochaine.

-Non, tu veux aller quelque part? Avait-il demandé avec la même indifférence feinte

-On fait la fête à la maison, avait répondu Ian tandis qu'un sourire discret commençait à marquer ses lèvres

Le brun en réprima un en retour, considérant qu'un simple changement dans son expression faciale lorsqu'il le voyait faire de même était beaucoup trop niais.

-En quel honneur?

-C'est pour Carl, Fiona lui a demandé de se tenir plus tranquille à l'école, il était à deux doigts d'être renvoyés. Ce soir on fête ses deux mois sans convocations des parents

-Vous auriez du trouvez un prétexte encore plus stupide que votre psychopathe de frère qui à réussit à vous cacher ses dernières conneries

Ian se rapprocha de lui, un air conspirateur sur le visage et prit d'entre ses mains la bière qu'il venait de décapsuler avant d'en prendre une gorgée, sans faire attention à une remarque fleurie qui s'était ensuivie. Il devenait très irritable lorsque l'on touchait à son alcool, mais lorsque c'était le rouquin il engueulait plus pour la forme qu'autre chose. Il aimait la lueur qui brillait actuellement dans le regard de l'autre homme, il aimait les commissures de ses lèvres qui formait un sourire assuré et faisait naitre des petites fossettes sur ses joues pales. Le regarder valait beaucoup plus qu'une Guinesse.

-Et Debbie a eu un A à son exposé et je crois que Kev et V fête leurs demi-anniversaire de faux mariage ou un truc comme ça

-C'est clair que c'est plus valable

-T'es vraiment un rabat-joie, lui répondit-il sans que sa voix ne dénote aucun reproche

Il s'était rapproché. Il était plus grand que lui maintenant et Mickey ne savait pas trop s'il aimait ça ou pas. Peut-être que oui, c'était mieux quand ils baisaient en tout cas. Ils étaient tout les deux appuyés contre le plan de travail de la cuisine, leurs main l'une en face de l'autre. Le brun avait envie de traverser les quelques millimètres qui les séparait, les mains de Ian étaient moins calleuses que les siennes, mais comme lui le bout de ses doigts avaient jaunis à force de fumer clopes sur clopes depuis des années. Mais c'était inutile, ils pourraient très bien s'en passer tout les deux.

-Je veux bien venir avec toi, dit-il dans un soupir

Ian déposa un léger baiser sur son front en signe de remerciement, le brun n'esquissa pas un autre signe d'affection en retour, ça suffisait comme ça.

-Là c'est le moment ou tu me dis qu'on y va maintenant? Reprit-il

Le plus grand se détacha de lui et se dirigea vers le canapé ou trainait son manteau.

-Va mettre ta chemise hawaïenne, dit-il en enfilant sa veste

-Ose me redire comment m'habiller et je ne sort plus jamais avec toi

-Elle te va bien

-Va te faire foutre


-Allez décoince un peu le sérial killer et va faire la fête avec ton mec!

Ça c'était l'autre abruti qui était censé être à la fac. Son ton un peu trop élevé, son regard torve et ses joues rouges ainsi qu'un sérieux manque d'équilibre lorsqu'il c'était avancé vers lui laissait témoigner qu'il avait enculer la notion de sobriété. Il était tranquillement en train d'expliquer à Kev et V comment gérer leurs bordel (celui au sens littéral du terme) et même si ce crétin de Kevin n'arrivait pas à suivre à cause de tout les shot qu'il s'était envoyés parce qu'il ne comprenait pas (créant ainsi un cercle vicieux) Veronica l'écoutait attentivement et c'était presque si elle ne prenait pas des notes. Bref Mickey n'avait pas aimé être interrompu dans son tuto "comment être un bon mac".

-Casse toi, répliqua t-il d'un ton venimeux

Mickey n'aimait pas faire la fête. Déjà parce que les premières auxquelles il avait assisté étant gosse étaient des évènements chrétiens quelconque qui altérait entre baptêmes et communions et il n'en gardait aucun bon souvenir. C'était strict et oppressant et le peu de joie qui y était manifesté était surjouée, étalée comme s'il n'y en avait pas assez et qu'il fallait l'entretenir à tout prix. C'était des situations fantasmées que tout le monde essayait de recréer tant bien que mal, essayant de saisir des illusions de communauté normale et chaleureuse. Une communauté, pas une famille, il l'était peut-être au sens biologique mais dans sa conception c'était tout sauf ça. Même à travers cela on décelait des jeux de pouvoirs et des liens malsains, on découvrait d'autres petits cercles auxquels on est censé être liés, d'autre petites bulles troubles qui semblait n'avoir en commun que le même fonctionnement pervers. On rencontrait d'autres gens malheureux de la même façon pour le cacher ensemble. C'est pour cela que les fêtes lui avaient toujours parus vaines, il n'y voyait qu'une mascarade, qu'un échappatoire qu'il ne trouvait jamais convainquant. C'était stupide, presque immature. Lui il buvait seul, parce qu'il préférait creuser le vide plutôt que de faire semblant de le combler sur de la mauvaise musique.

-Il a peut-être pas tort, ajouta Kévin, tu devrais t'amuser un peu

Et sur ces mots, le barman entraina sa "femme" sur la piste de danse, celle-ci approuvant avec un rire enjoué. Mickey, se retrouvant seul, se servit un autre verre de vodka, puis un second, avant de garder la bouteille à la main. Face à lui, un petit monde se trémoussait et parlait fort dans le salon des Gallagher. Il y avait évidemment toute la fratrie, même Carl avait réussit à rester malgré l'heure tardive et taquinait Debbie qui tenait moins la bière que lui, Fiona, Kev et V quand à eux semblait former à eux trois un seul organisme bruyant et bourrée qui se déhanchait en tenant des propos plus ou moins salace. A ce petit attroupement s'était rajouté Frank qui était d'abord rentré seul pour essayer de trouver un endroit ou dormir mais qui retrouvant soudainement de l'énergie avec l'ambiance, avait fait un aller-retour à l'Alibi et était revenus accompagné. Il y avait donc une certaine ambiance, il fallait l'avouer, mais il y avait quelque chose en lui qui essayait de le persuader d'y rester passif. Il continua à boire, suivant l'amusement général du regard. Ian était avec Lip et il chantait bras dessus bras dessous les paroles d'une chanson qu'il ne connaissait pas. Ils avaient l'air de s'amuser, les sourires sur leurs visages avaient vraiment l'air sincères. La chanson sur laquelle ils braillaient s'acheva, ce qui signa la fin de Lip qui se laissa tomber sur le canapé, d'où il fut immédiatement refoulé car occupé par déjà quelques personnes, le jeune homme se retrouva à un état amorphe sur le sol. Mickey se dit qu'il faudrait peut-être que quelqu'un regarde si l'étudiant allait bien car ça risquait de faire tout drôle à cette joyeuse population de retrouver leurs frère étouffé dans son vomi demain matin. Mais le peu d'attention qu'il avait envers le blond disparut totalement lorsque Ian s'approcha de lui.

-Tu ne veux pas venir avec nous?

-Non c'est bon, va t'amuser

Ian se rapprocha un peu plus de lui, se collant presque.

-Et venir danser avec moi? Demanda t-il doucement

Le brun s'éloigna de quelques centimètres du jeune homme avec cette impulsion beaucoup trop brusque qui lui était propre lorsque quelque chose lui paraissait insensé.

-T'es malade Gallagher?

L'ex soldat soupira avant de retourner là d'où il était venus, il rejoignit la bande de sa grande sœur qui l'accueillirent à bras ouverts. Il était bien mieux là. Quelques minutes s'écoulèrent pendant lesquelles Mickey s'engueula par texto avec ses frères et un pote sur le braquage qu'ils étaient censés menés ce soir, il ne leurs dit pas qu'il était avec Ian et le reste des Gallagher mais mentionna un simple "empêchement", même si une petite voix agaçante dans sa tête mentionnait le fait que ses frères devaient très bien se douter avec qui il était. Au bout de quelques minutes, la playlist gangsta qui faisait jusque là vibrer la petite foule s'interrompit brusquement. Après quelques secondes de lourd silence ou l'on découvrit que l'abruti derrière cette action n'était autre que Kevin fucking Ball, ce fut des notes bien différentes qui emplirent le salon.

"Don't you cry tonight
I still love you baby
Don't you cry tonight"

Il reconnut Don't cry des Gun's n roses, mais il ne se précipita pas pour dire qu'il avait identifié la mélodie lascive. Le responsable de ce conséquent changement musical s'approcha de sa fiancée, un sourire un peu trop large aux lèvres qu'il voulait séducteur, une main significative tendue vers elle. Veronica échangea un rapide regard enthousiaste typique de la gent féminine vers sa meilleure amie tandis que celle-ci la poussait vers Kev. Après les quelques premiers pas de danse enlacés du couple, il y eut un rapide moment de panique générale ou tout les clients de l'Alibi se jetèrent sur l'unique femme qui les avaient accompagné et qui dansait sur la table basse, la suppliant d'en choisir un comme partenaire. Frank fut vainqueur grâce à une argumentation sans failles, même si le mérite revenait plutôt au fait que la femme en était à un état passif et larvesque de sa propre existence et que l'alcoolique avait juste eut à l'entrainer avec un peu de fermeté sur la piste de danse. Fiona quant à elle ne sut trop comment elle se retrouva à danser avec Kermit. Les soiffards mit sur la touche regardérent donc les trois couples de la soirée en silence, assis sur le canapé avec un sourire presque touchés sur le visage, un apaisement commençant à prendre place grâce à la musique et la fatigue qui commençait à naitre. Sauf pour Mickey qui avait croisé le regard lourd de sous-entendus de Ian et qui avait répondu par un air dubitatif avant de finir sa bouteille de vodka. Il était pas sa meuf, il allait pas danser un putain de slow avec lui. Il ne culpabilisa absolument pas sur la moue déçue qu'afficha d'abord le rouquin mais il frissonna légèrement devant le regard assassin qui s'en suivit.

Sa bouteille était vide, désespérément vide, et l'allégresse qu'était censée apporter l'ivresse n'affluait pas en lui. D'ailleurs l'ivresse libératrice n'avait jamais fonctionné sur lui. Il ne ressentait que la chute, pendant et après. Il n'avait jamais compris comment des gens pouvaient devenir euphorique avec le corps qui devenait soudainement un truc creux avec trop de trucs qui résonnaient dedans, comment on était censé pouvoir gueuler avec les émotions en raz de marrée, comment on pouvait hurler des paroles de chansons alors qu'on avait juste envie d'exprimer tout le mal-être, toutes les choses qui restaient entravés dans la gorge. Il ne comprenait pas comment les autres pouvaient avoir envie de s'amuser alors que lui il avait juste envie de laisser sa voix se fendre. Juste...tout ce qu'il ne pouvait pas dire parce qu'il n'avait pas le temps de se plaindre...parce que de toutes façons c'était comme ça, parce que s'apitoyer ne changerait rien...et parce que lorsqu'on vit tous la même merdre personne n'a envie de vous écouter chialer...tout le monde s'en branle, faut l'intégrer, faut faire pareil. Faut fermer sa gueule, même intérieurement. Il sentait son corps devenir vide et des sons dedans y ricocher, il commençait à être vraiment bourré. Et la chanson s'achevait, et le temps s'étirait, et l'impression s'accentuait. Et pour soigner le mal par le mal, il prit un autre verre. Il se dit qu'il allait surement continuer longtemps comme ça lorsque...

-Putain les gars y'a des gosses en train de foutre le feu au jardin! Hurla Fiona

La jeune femme perdit son air amusé et alla se saisir de l'une des battes des base-ball qui trainait dans l'entrée avant de rameuter tout le reste des habitants avec elle.

-Bougez vos culs et venez m'aidez à les faire fuir vous tous! Rajouta t-elle d'un air si autoritaire qu'on aurait dit qu'elle s'adressait directement aux gamins qu'elle avait vus

Tout le monde se précipita, car chasser des voyous était une activité comme une autre et qu'après tout la soirée était bien trop agréable pour mourir carbonisé là maintenant tout de suite à cause de gamins du quartier. Mickey se décolla avec un soupir du mur sur lequel il était adossé, avant qu'une main le retienne. Il se retourna brusquement.

-Hé tout doux! S'exclama Ian

-Il faut pas qu'on sorte? Demanda Mickey

-Peut-être mais...

L'autre homme se rapprocha de lui, affichant un fin sourire et un regard qui semblait plein d'ambition.

-On est tout seul maintenant...

Le rouquin tenta de poser sa main sur sa nuque mais Mickey recula, pas aussi violemment qu'il avait l'habitude le faire. C'était bizarre. Il hésitait, comme à chacune des choses censé être romantique que lui proposait Ian mais qu'il arrivait à refuser. Mais cette fois il en avait envie et cette putain de pseudo voix de la raison dans sa tête le faisait vraiment chier. Et puis son corps était vide. Et puis il se sentait vaciller. Et il en avait marre de ne pas être rattrapé. Ian attrapa sa main, il ne la saisit pas mais ne la retira pas non plus, il revint sur les quelques centimètres qu'il avait imposé entre eux, fixant le sol. Un crétin avait du activer la fonction replay sur la jukebox car la musique avait recommencé.

"Don't you cry tonight
There's a heaven above you baby
And don't you cry tonight"

C'était comme si l'air était plus dense autour d'eux, c'était comme si certains mouvements étaient plus difficiles à faire maintenant. Un peu comme s'il y avait une réaction chimique entre leurs corps et l'atmosphère, ils cramaient dés que leurs gestes étaient trop rapides. Ou trop assurés. Son corps était tendu et cela ne s'arrangea pas lorsque après qu'il n'y ait que quelques millimètres de distance entre eux, Ian posa une main sur l'une de ses hanches. Mais Mickey ne s'éloigna pas, parce que Mickey aimait ce contact même si une boule se tordait dans son ventre et qu'il avait l'impression qu'une masse noire avait élue domicile à l'intérieur de sa gorge. Il continua à fixer ses pieds tandis qu'il remontait doucement vers l'épaule du jeune homme avant de laisser sa main s'y installer, s'appuyant à peine dessus. Il sentait que son copain cherchait son regard, il leva les yeux pendant une seconde, Ian souriait et il y avait une certaine chaleur dedans, comme si ce n'était pas un sourire de satisfaction mais que c'était juste pour lui, pour le rassurer. On avait rarement sourit à Mickey de cette façon. Peut-être qu'il s'était trompé et que leurs échanges express l'avait fait fantasmé ou bien que l'alcool lui faisait exagérer cette impression, mais même si c'était le fruit de sa propre divagation c'était...agréable...et c'était bien la première fois qu'il trouvait agréable les semblants de sentiments entre l'alcool et les lumières sur fond de musique trop forte. Il passa à son tour un bras autour de son partenaire et il sentit toute sa colonne vertébrale se crisper lorsque Ian raffermit légèrement leurs étreintes. Sa respiration se fit un peu plus profonde quelques secondes, il sentit ses joues se réchauffer, ses cotes trembler, il percevait presque l'amusement du rouquin devant sa réaction qu'il devait trouver excessive. Mais c'était pas excessif putain, c'était juste...normal? Justifié? Depuis quand il faisait ça? Ils étaient pas un couple comme ça, c'est tout.

Sauf que là il venait d'enfouir sa tête dans la base de son cou, et sa vieille chemise était rêche, et son odeur emplissait ses narines, et il avait peur d'humer trop fort les fragrances de déodorant à peine perceptible sous celle d'alcool et de shit. Ian commença à bouger sur le rythme langoureux, le brun se cala sur ses pas extrêmement lent qui transformais presque le slow en une berceuse. Dans laquelle il se laissa aller. Il sentit une main passer sur sa nuque et s'attarder dans son cou, les doigts du danseur dessinant des arabesques sur sa peau, il avait encore peur que l'autre remarque les frissonnements lorsqu'il l'effleurait comme ça. Ces sensations étaient quelque chose de nouveaux pour lui, chaque caresses étaient inédites et son bras l'entourant était un contact qui lui avait été jusque là étranger. Et il ne savait trop s'il avait pitié de lui-même, car ça faisait vraiment fragile de se lamenter sur un pseudo manque d'affection, d'ailleurs se lamenter tout court c'était quelque chose de faible, tout comme l'affection. Mais d'un coté les paumes douces de Ian qui caressait son cou et ses bras qui l'enlaçait c'était vraiment putain d'agréable, même s'il ne le lui dirait pas lorsqu'ils se détacheraient. Ils ne comprenaient pas les gens qui devaient poser de façon incessantes des mots sur leurs affection. Mickey vivait d'actions, Mickey vivait de gestes, Mickey avait déjà suffisamment de difficulté à ne céder sous le poids de ses propres contractions musculaires qui l'entravait à chaque fois que son mec s'approchait trop prés de lui hors de leurs lit. Mickey crèverait si un jour il serait obligé de parler, d'exprimer son affection en disant des putains de mots d'amour. Parce que les lèvres de Mickey était un champ de bataille, parce qu'on lui avait dit tellement de fois de fermer sa gueule que ça en était devenus un instinct de survie. Parce que les bleus finissent par renforcer la peau, parce que le silence n'engendre pas d'accidents. Mais pour l'instant il avait juste à s'accrocher, pas trop quand même, toujours une oreille à l'affut, vivre sur les nerfs permettait d'être toujours prêt.

Les notes s'écoulaient, un solo de guitare un peu plus énervé que le reste de la chanson emplit la pièce, un signal aussi subtil qu'un poing dans la gueule pour dire que c'était le moment des regards entrecroisés et d'un baiser mouillé. Mais il n'avait pas envie de prendre cette initiative, alors il resta caché dans l'épaule de Ian, s'imprégnant de sa présence, s'enivrant de son aisance dans cette situation qu'il n'arrivait pas à juger. Mais il sentit la main quitter sa nuque, le corps de l'autre se reculer de quelques millimètres, des doigts se poser sur son menton et relevé légèrement la tête. Il ne nia pas le fait que c'était grâce à l'ivresse qu'il se laissa faire, celle que lui procurait la vodka, et celle planqué dans ses yeux verts. Mais même paumé il ne lui dira pas qu'il le rendait ivre, juste sa coopération lorsqu'il posa ses lèvres sur les siennes le laissait entrevoir. Là par contre c'était la vodka qui le faisait admettre ça. Il l'embrassa, ça n'arrivait pas si souvent que ça alors il essaya de le faire bien. Ses lèvres étaient fines mais infiniment douces. Ian était brutal quand il embrassait. Lui aussi. Le rouquin parce que c'était en quelque sorte son style, lui parce qu'il ne se voyait pas faire autrement. Il adorait que sa main se pose sur sa joue lorsqu'ils s'embrassaient, il adorait tout ses petits gestes qui venait se superposer à l'action principale et qui donnait une sorte de texture à quelque chose de lisse et d'universel. Ca devenait quelque chose qui leurs appartenait, ça faisait exister leurs lien. Il aimait la main qui se perdait dans ses cheveux, son bras qui se resserrait autour de sa taille pour agrémenter ses lèvres qui se pressaient et ses fibres de respiration qui s'échappait entre deux mouvements langoureux. C'était bien. Et ça aurait pu l'être encore longtemps si un bruit étranger qui n'avait véritablement rien à foutre là avait couvert la voix geignarde d'Axl Rose. C'était le bruit de quelqu'un qui venait de gerber, la gorge qui tente vainement de résister et le bruit écœurant du liquide qui s'étale sur le sol. Mickey se retourna.

-Putain...fit la voix de Ian

Le hall d'entré était surpeuplé. A genoux par terre, Lip respirait fortement au dessus de sa gerbe. Frank avait éclaté de rire et les ricanements de ses amis s'étaient ensuivis, l'un d'entre eux braillant un "désolée les filles!" Dans leurs direction. Carl rangea trop tard son téléphone avant de se dire que l'arrière de l'attroupement ferait un très bon emplacement. Kevin et Veronica envoyèrent un regard qui se voulait lourds d'excuses et de soutien et il lui sembla que celui de Fiona, à la fois plein de compassion et de lassitude était uniquement dirigé vers Ian. Il se retourna vers le destinataire de ce regard.

-Bordel vous avez fait une putain d'opération commando pour que je danse avec toi?

Ian hésita quelque secondes avant de lever les mains au ciel en signe d'aveux.

-C'est probable, répondit-il

-Tu te fous de ma gueule?

Il se dirigea vers un tas de manteau gisant sur le sol et rattrapa rapidement le sien avant de l'enfiler en vitesse.

-Je suis pas venu pour t'accompagner à un putain de bal de promo. Je me casse.

Il se dirigea vers l'entrée ou tout le monde s'écarta, parce que même s'il avait l'impression que son image venait de prendre un coup, il venait d'etre pris d'une soudaine envie de péter des gueules. Et des gueules, il y en avait plein autour de lui, rouges et bouffies avec un sourire qu'il avait vraiment envie de leurs faire ravaler. Mais aucune altercation qu'il espérait presque ne se produisit pendant les quelques secondes qu'il lui fallut pour atteindre la porte, il perçu plus qu'il entendit un soupir de Ian derrière son dos. Il sortit, non sans oublier une phrase qu'il avait prononcé en bien d'autres occupations, avec un léger ajustement cette fois...

-Allez vous faire foutre les Gallagher!


J'aime bien ce chapitre/OS je le trouve tellement fluff. Ce qui risque de ne pas etre le cas du reste.

La bise, et laisse un review bb