Bonjour/Bonsoir à tous ! J'espère que vous allez bien !

C'eeeeeeest le chapiiiiiiiiitreeeee finaaal ! Enfin avant l'épilogue. C'est également le plus long chapitre de l'histoire alors profitez bien ! C'est aussi un chapitre ''sérieux'' mais pas d'inquiétude, l'épilogue c'est de la bonne poilade comme on les aime ! Je n'arrive tout simplement pas à écrire la guerre avec humour, sorry.

Merci pour les follows et les favorites. Un gros merci aux reviewers, spécialement aux guests à qui je ne peux pas répondre (créez vous un compte les gens!)

Disclaimer : Tout est à JKRowling et à Warner

Je m'excuse par avance des nombreuses fautes qui doivent s'y trouver, je vais tenter de trouver une bêta pour ce chapitre car c'est une catastrophe à chaque fois que je relis j'en trouve cinq nouvelles. Niveau orthographe c'est le pire chapitre de toute ma vie, et pourtant j'ai passé ces deux derniers jours à le relire pour le corriger. Encore désolée pour vos yeux.

J'aimerai beaucoup recevoir des reviews sur ce chapitre qui m'a demandée un temps monstre. Alors prenez deux minutes pour me dire ce que vous en avez pensé siouplait !

L'affrontement final :

Cela faisait des mois qu'ils préparaient l'offensive, et cette nuit, tout était prêt. Il avait moins de renfort des créatures que prévu : peu de clans vampires et loups-garous l'avaient suivi mais les autres avaient accepté de rester neutre, les géants qui avaient réussi à trouver le lieu de rassemblement sans se perdre en route étaient là, et beaucoup de petits groupes de créatures plus animales qu'humaines le fixaient avec une pointe de vénération dans les yeux. C'était moins que ce qu'il avait escompté, et tout ça à cause de ce fichu Potter et de sa campagne anti-Mangemorts et pro-cohabitation avec les créatures. Mais il était là, lui, Voldemort, le plus puissant Sorcier de ce siècle, et le reste n'avait plus d'importance. Qu'importe ses troupes, il allait gagner, il en était persuadé. Le Monde Magique vivait ses dernières heures infiltré par les sangs de bourbes.

Sa baguette perça le ciel et détruisit sans ménagement les protections vétustes et abîmées du célèbre Château de Sorcellerie écossais. Il fronça les sourcils en constatant qu'aucune des défaillances présentes six ans auparavant n'avaient été réparées, malgré l'obligation annuelle pour le directeur de mettre à niveau les défenses. S'agissait-il d'un piège ? Il chassa la question de son esprit et lança son armée vers l'école alors que l'alarme – un son de cloche lent et assourdissant – retentissait. Il avait peu de temps avant que des escouades complètes d'aurors débarquent sur les lieux, le château n'était en permanence protégé que par une équipe d'une quinzaine de combattants, additionné aux membres de l'ordre du Phénix résidents et aux professeurs. Peut-être que quelques sixièmes ou septièmes années se joindraient à la bataille, mais rien qu'ils ne puissent gérer.

A la tête de ses hommes, Tom traversa sans difficulté le parc sombre, arrivant en quelques minutes aux larges portes de bois barrées du hall. Elles étaient finement gravées, le décor semblant vivant, et on aurait pu jurer voir les les feuilles de lierre frémir et les lianes serpenter le long du bois. Il fixait les portes avec frustration, lisant dans leur aura les différents sorts de protection qu'il devait défaire, lorsque les premiers cris fusèrent. On les prenait à revers, et les idiots qu'il avait placés en contrebas de son armée semblaient incapables de mener une contre-attaque efficace.

Il vola au-dessus de son armée, repérant rapidement les groupes disparates sortant de la forêt interdite ou provenant du portail aux sangliers ailés du château. Il semblait qu'une partie des créatures de la forêt interdite et des habitants de pré-au-lard avait décidé de venir leur tenir compagnie. Il serra les dents en apercevant dans la foule des centaures armés d'arc et de flèches aiguisées, il était pourtant certain d'avoir obtenu leur soutien, qu'avait bien pu leur promettre Potter pour ce revirement soudain d'allégeance ?

Une chevelure flamboyante attira son attention parmi la foule humaine en pyjama, et il reconnu sans peine un Weasley, accompagné d'une jeune fille à la peau noire à qui il envoya sans sourciller un doloris. Plus étonnant, il identifia Madame Rosmerta et le patron de Zonko, ainsi qu'Isabella Zabini, une sang-pure qu'il croyait loyale. Il plissa les yeux et tenta de réprimer sa colère, il avait d'autres sujets de préoccupation que la trahison d'une mangemort de seconde catégorie.

Malgré leur supériorité numérique, sans ordre concret, sa troupe perdait lamentablement son premier combat. Il cria aux différentes équipes des ordres, organisant les assauts et les défenses, s'assurant de former un blocus qui maintiendrait leurs assaillants en-dehors du château le plus longtemps possible tout en lui laissant une foule conséquente pour sécuriser l'intérieur. Il donna quelques instructions supplémentaires à ses lieutenants, espérant sans trop y croire que son absence ne leur ferait pas perdre toutes leurs capacités stratégiques. Il ne pouvait vraiment compter que sur lui même avec cette bande d'imbéciles qui l'entourait.

Il se concentra de nouveau sur la porte massive, il n'avait plus le temps de prendre des gants et de démanteler un à un les sorts de protection, l'alerte avait déjà dû sonner au ministère et il n'avait qu'une poignée de minutes devant lui avant que des escouades entière d'aurors n'apparaissent devant le château, la discrétion n'était plus de mise. Un expulso et plusieurs bombarda plus tard, il dut se rendre à l'évidence : cette merveille ne céderait pas à coup de petits sorts de bas niveau. C'est avec une pointe de remord qu'il envoya un feudeymon sur le bois gravé et regarda mi-fasciné, mi-horrifié, le travail millénaire partir en cendres.

L'air sentait le sang et le brûlé, des cris -alliés comme ennemis- emplissaient l'air, il ne s'était pas senti aussi vivant depuis longtemps. Malgré sa situation précaire, un sourire cruel se tailla sur son visage, il était là où il devait être, il le sentait. Sa magie le poussait presque à avancer dans le dédale de son ancienne école, pour redécouvrir ses secrets enfouis.

Amputé d'une moitié de son armée, il pénétra avec délectation dans les murs anciens, sentant la magie du château caresser la sienne, le reconnaissant comme un ancien élève et un héritier du sang de Serpentard. Les couloirs étaient étrangement vides, et rien ne vint interrompre leur progression vers la Grande Salle. Les élèves s'étaient sans doute retranchés dans leurs salles communes, mais l'absence des professeurs, des membres de l'ordre et des Aurors était plus étrange. Ils entendaient toujours les bruits de la bataille qui faisait rage à l'extérieur, assourdis cependant par les épais murs de pierres brutes. Tom ignora volontairement les regards inquiets qu'échangeaient ses mangemorts, se concentrant plutôt pour rassembler sa magie dans sa main porteuse de baguette, il était plus que prêt pour faire face à ce morveux de Potter.

Lorsqu'il passa les portes de la Grande Salle, un sourire arrogant se dessina sur ses lèvres : malgré le renfort d'une majorité des deux dernières années, les combattants de la lumière étaient clairement en sous nombre, et l'absence inattendue de Dumbledore ne les aidait guère. Le visage sombre de Potter lui apprit qu'il n'était pas le seul à être parvenu à cette conclusion : ils allaient gagner. Et il allait, au passage, détruire cette erreur de la nature qu'était Harry Potter.

… … …

Harry se réveilla assourdi par le son des cloches de détresse du château : Poudlard était attaquée, et on avait déjà détruit une grande partie des protections qui l'entourait. Sans hésiter, il passa un jean par dessus son boxer, un t-shirt, et attrapa sa baguette avant de descendre dans la salle commune qui commençait à se remplir d'élèves encore bouffis de sommeil mais terrifiés. John était plus silencieux que jamais, observant la frénésie des élèves avec fascination, la peur était décidément une émotion puissante chez l'homme.

Le Gryffondor rassura ses camarades autant que possible, promettant que les protections de la tour étaient très puissantes, et que personne ne pourrait passer sans qu'on ne lui ouvre au préalable. Il envoya respectivement Neville, Hermione et Ron dans les dortoirs des Poufsouffles, des Serdaigles et des Serpentards. Ron était un traître à son sang, mais il était sang-pur, puissant et respecté, les Serpents accepteraient qu'il active les protections pour eux. Il chargea Ginny et Lavande de les lever pour leur propre tour une fois qu'il serait sorti.

Il avait le pied dans le couloir, John flottant au-dessus de lui, lorsqu'il se rendit compte qu'il était suivi par une petite troupe de ses condisciples, prêts à combattre. Il dû hausser la voix pour obliger les plus jeunes à rester en sécurité, et accepta sans sourciller les sixièmes et septièmes années volontaires. John lui avait donné une estimation du nombre de combattants présents dans le château et, c'était triste à dire, mais il avait besoin de chair à canon pour protéger les véritables combattants, et ses camarades seraient parfaits. Il ne se faisait aucune illusion sur leurs chances de survie, ils n'étaient pas entraînés comme lui, Ron, Hermione, et dans une moindre mesure, Neville. Les mangemorts n'en feraient qu'une bouchée, il fallait simplement espérer que les professeurs comprendraient leur intérêt stratégique et ne chercheraient pas à les défendre à tout prix, comme leur devoir l'exigeait.

Il pénétra dans la Grande Salle, qui était leur lieu de réunion en cas d'attaque comme celle-ci, et repéra rapidement Neville entouré de quelques Poufsouffles, ainsi que Ron accompagné d'une poignée de Serpentards qui tiraient une gueule d'enterrement tout en étant fusillé du regard par la moitié de l'assistance. Harry leva les yeux au ciel et alla sans hésitation serrer la main des trois Serpents. Ceux-ci le fixaient impassiblement, eux avaient parfaitement compris leur rôle dans la bataille et pourtant, ils étaient venus. Harry sentit sa gorge se serrer. Pansy Parkinson, Gregory Goyle, et Helene McKinnon allaient mourir, pour lui, pour le monde magique qu'ils ne verraient pas évoluer, pour leurs condisciples enfermés dans leurs tours. Et ils acceptaient ça. Il comprenait mieux le poids qui avait pesé sur l'âme de Dumbledore pendant tant d'années, avoir sous son coude des dizaines de vie à sacrifier d'un seul mouvement était terrifiant et grisant à la fois. Mais rien n'effaçait le dégoût profond de voir tant de vies gâchées. John posa une main sur son épaule qui l'apaisa et assourdit le tumulte des sentiments qui faisaient rage en lui.

Hermione arriva, quelques aigles dans son dos, et lui lança un regard lourd de sens en voyant le nombre de ses condisciples dans la salle. Harry ne s'était toujours pas détourné des Serpentards, incapables de faire face au regard rempli d'une fureur sourde que lui envoyait Mcgonagall, et de ceux pensifs mais -et c'était le pire- compréhensifs de Snape et Shacklebolt, l'auror en charge du château. Tous les adultes avaient compris le rôle des plus jeunes, leur expérience de la première guerre les aidant à faire le calcul, et il n'était pas passé loin d'une rébellion interne. Seul l'absence de Dumbledore les empêchait de se tourner vers un nouveau Leader. Le vénérable vieillard s'était réfugié dans sa tour, attendant patiemment un événement qui ne viendrait pas, Harry ayant interdit formellement à Severus de mener son action à terme. Il n'avait pas dépensé tant d'énergie en milieu d'année pour stopper la nécrose virulente de sa main pour le voir lui claquer entre les doigts d'une façon aussi stupide.

Tom pénétra enfin dans l'immense pièce, suivi par une troupe conséquente, un sourire un peu idiot sur les lèvres. Il avait de quoi sourire, se rembrunit Harry, son groupe de combattants était en sur-nombre, et c'était sans compter que la moitié de ses propres hommes étaient des gamins sans expérience de combat réel, juste bon à être jeté entre un avada et un allié. Ils avaient besoin de renforts, et rapidement, mais Jedusor n'était pas idiot, et il avait sans doute bloqué en amont la progression des escouades que n'allait pas tarder à envoyer le ministère. Harry connaissait son attachement à l'école, son adversaire était prêt à perdre une bonne partie de son armée si cela signifiait le contrôle du bâtiment. John ne pouvait même pas déployer ses pouvoirs sans atteindre leurs alliés.

… … …

Pressé d'en finir, Tom engagea immédiatement le combat, laissant son armée se déployer sans instruction. Seul comptait son adversaire Potter mort, Dumbledore retranché Merlin savait où, ses opposants ne seraient que des larves indignes d'être écrasées par ses chaussures. Il fit tournoyer habilement sa baguette dans sa main droite, sentant sa magie crépiter de plaisir, prête à s'abattre sur le second combattant.

Les deux hommes se testèrent l'un l'autre, envoyant des sorts basiques pour repérer les mouvements réflexes et la puissance magique de l'autre. Alors qu'ils passaient enfin aux choses sérieuses, Tom sentit un froid intense le parcourir le détraqueur avait enfermé les deux belligérants dans une large cage noirâtre faite d'un matériau visqueux qui semblait pourrir sur place et sentait la mort. Le Seigneur des Ténèbres sentit un frisson d'excitation -et un peu de peur également, il fallait bien le reconnaître- le parcourir, il avait enfin un adversaire à sa hauteur.

Le son de la bataille autour d'eux était assourdi, et il réalisa rapidement qu'il ne pouvait plus communiquer avec ses fidèles, même grâce à la marque, il était totalement isolé. Il plissa les yeux, profitant de la légère pause dans le combat pour observer son adversaire et son détraqueur de compagnie. La créature le fixait de ses yeux vides, et son ventre se contracta de jalousie : il était le Seigneur des Ténèbres, le Mage Noir, il était celui qui était censé être accompagné et suivi par les êtres maléfiques, et Potter lui avait même volé ça. De rage, il envoya un avada d'un vert haineux, malheureusement intercepté par une main nécrosée.

Le vrai combat débuta alors, à coup de malédictions oubliées, de métamorphoses et d'illusions trop réalistes. Ils bougeaient beaucoup dans leur arène improvisée, évitant le plus de sorts possible pour ne pas dépenser leur énergie magique en boucliers fatigants. Le Gryffondor ne s'embarrassait pas, à son grand étonnement, de l'éthique magique britannique, utilisant de la magie blanche bien sûr, mais également noire, rouge… Il utilisa même une malédiction qui puisait sa source dans de la nécromancie brute. Le petit mouton sage était définitivement mort il y a longtemps, et il aurait fait un allié de taille, s'il avait eu une chance de le convaincre. Tant de potentiel gâché...pour la première fois depuis qu'il avait entendu cette prophétie, il regretta de devoir tuer le gamin il aurait fait un parfait Prince des Ténèbres.

Les deux combattants commençaient à se fatiguer, tournant silencieusement en cercle et ralentissant la cadence inconsciemment. Tom fronça les sourcils en entendant de nouveau les bruits de la bataille extérieure, les cris de rages et de frayeur étaient moins nombreux, et en comptant les liens le reliant à ses mangemorts, il pu constater qu'une grande partie s'était déjà éteints définitivement. Pris dans son combat personnel, il n'avait pas pensé à leur donner une stratégie et maintenant, enfermé et isolé dans cette cage, il comprenait son erreur. Son armée, pourtant supérieure en nombre, perdait face à l'organisation et aux méthodes qu'avaient mis en place les défenseurs de la Lumière. Encore une fois, son impatience lui jouait des tours, il sentait les vies de ses fidèles s'échapper de plus en plus rapidement.

Avant qu'il n'ait pu réagir, la possibilité de sa défaite lui éclatant par surprise au visage, il vit Potter agiter rapidement sa main gauche couverte de sang dans les airs. Des runes de sang qu'il n'avait pas remarqué s'illuminèrent en un cercle parfait autour de lui et il se sentit mal. C'était comme s'il lui manquait quelque chose d'important, d'essentiel. Il releva sa baguette, inerte entre ses doigts, et tenta de jeter un sort, légèrement tremblant. Rien ne se passa. Il paniqua, releva les yeux juste à temps pour voir ceux trop verts et surtout trop proches de Potter, juste devant lui. Tom sentit à peine la lame s'enfoncer dans son torse, son esprit toujours figé sur l'abandon de sa compagne de toujours, sa force, ce qui le rendait si unique, si puissant sa magie.

Le Serpentard tomba à genoux, la main sur la poitrine, du sang s'écoulant lentement de sa bouche. En tant normal, une telle blessure l'aurait à peine ralentit, mais sans sa magie pour le soigner en permanence… Il sentait sa vie s'échapper peu à peu. Dans un dernier effort, il retira le poignard de son torse, son regard se brouillant d'autant plus lorsque ce qui avait légèrement ralentit l'hémorragie disparut. Ses yeux se fermèrent alors qu'il fixait désespérément le petit serpent gravé sur le manche et reconnaissable entre mille. Tué par une relique de son ancêtre, c'était d'un pathétique.

… … …

Comme prévu Potter et le taré -quoiqu'à ce niveau, c'était à se demander si le Gryffondor n'était pas également fou- étaient enfermés dans une immonde et putride cage, laissant tout loisir à Shacklebot d'organiser efficacement la bataille de ce soir. Ils étaient en sous-nombre, mais les mangemorts étaient abandonnés à leur sort, sans aucun moyen de prendre des ordres auprès de leur maître. Avec une bonne stratégie, un maximum en sortirait vivant de leur côté.

Il déploya ses hommes, écrasant le remord et le doute et mettant les jeunes élèves dans les premiers rangs. Avec un peu de chance, certains survivraient. Il savait le dévouement de quelques professeurs à leur égard, peut-être cela leur permettrait-il de tenir plus longtemps. Il espérait que Potter gagnerait rapidement, pour éviter des massacres inutiles, mais il ne se faisait pas trop d'illusions. Si seulement Albus était là, au lieu de se terrer dans sa tour d'ivoire !

… … …

Hermione écrasa du revers de la main un sort d'un mauve douteux sur le mur le plus proche, tout en envoyant des piques glacés transpercer de part en part son adversaire qui tomba en hurlant. Elle fit apparaître rapidement un bouclier entre un bombarda et une jeune Serdaigle qui ne s'arrêta pas un instant pour la remercier, et jeta un regard inquiet vers la position de Ron, il s'était fait acculer, et personne dans son entourage immédiat ne pouvait l'aider. Elle était trop loin !

Elle retourna un expulso tout en sautant sur le côté, une marque noire apparaissant sur le sol où elle se trouvait à l'instant d'avant. Un avada vola vers elle, transperçant l'air à grande vitesse, et elle s'abrita un instant derrière le cadavre d'une de ses camarades. Du sang coulait abondamment de l'estomac de la victime, et elle sentit son pantalon s'en imprégner avec dégoût. La guerre c'était moche. Si seulement elle n'avait pas oublié son Glock dans la salle sur demande, elle se serait donnée des baffes pour cet oubli stupide.

… … …

Neville enfonça son épée jusqu'à la garde dans le corps drapé de noir. Il n'aurait jamais pensé que ses cours de jeunesse d'escrime lui serviraient à ce point et dans de telles circonstances. Il avait été désarmé quelques minutes auparavant d'un expelliarmus perdu dans le dos, sa baguette avait volé et s'était cachée dans l'amas de corps et de gravas au sol. Il avait alors récupéré la première arme dans son champ de vision et ne l'avait plus quitté : une épée moyenâgeuse d'une des armures d'apparat de la salle. Peu pratique, lourde mais forgée par magie et donc lui permettant de contrer la plupart des sorts qu'on lui envoyait.

Il n'était pas un professionnel, mais vu que la liste de ses victimes s'allongeait, il estimait ne pas s'en tirer trop mal. Il garderait peut-être l'arme en souvenir, ça serait une histoire sympa à raconter à sa grand-mère pour la rendre fière. Son regard fut attiré par un rayon bleu caractéristique du bombarda qui se dirigeait à tout allure dans le dos de Severus Snape, et il n'hésita pas une seconde avant de se jeter en criant dans son dos pour l'intercepter. Le Serpentard était le responsable de coordination de la dernière ligne de défense du front sud-est, il ne pouvait pas mourir avant l'arrivée de renforts. Son ventre explosa de douleur et il glissa au sol, sa main gauche tentant vainement de ramener ses organes dans son corps éventré. La dernière chose qu'il vit fut le regard ébahi de son professeur et était-ce de la reconnaissance qu'il lisait dans ses yeux ?

C'était étrange la vie, un instant on était là, bien vivant et fier de ses convictions, l'autre on était mort. En sauvant un Serpentard qui plus est. Bon, un serpent allié, mais quand même ! Ce n'était pas comme cela qu'il s'était imaginé passer de l'autre côté et rejoindre ses parents, pas aussi jeune du moins. Si seulement il avait utilisé le sort qu'Harry lui avait appris, qui attachait la baguette au poignet par un lien invisible.

… … …

Minerva transforma d'un tour de baguette les débris d'une colonne de soutien en deux loups affamés qu'elle dirigea sans hésitation sur ses adversaires. Acculée dans un coin de la salle, elle peinait à garder la situation en main tout en protégeant Christine Mowel, une sixième année née-moldue de Serdaigle dont le visage disparaissait sous le sang séché et les larmes de douleur et de peur. Elle avait perdue un œil lors de son premier affrontement et était depuis incapable de se défendre seule.

Il y avait d'autres de ses élèves, là, sur le champ de bataille, qui combattaient pour une cause qu'ils ne comprenaient pas vraiment. Ils étaient simplement le fruit des peurs et des leçons de morale de leurs parents terrifiés par la première guerre. Et ils mourraient, dans les cris et le sang, dans l'horreur. Car ils n'avaient pas su avant aujourd'hui à quoi ressemblait vraiment un champ de bataille. Car ils ne s'attendaient pas à la laideur de la guerre. On les avait abreuvés de récits héroïques où la justice et le bien gagnaient grâce à leur droiture et leur légitimité, et personne ne les avait avertis qu'il n'y aurait qu'une règle en vigueur, ''gagne ou crève''.

Minerva n'arrivait même pas à en vouloir à Harry, qui avait pourtant entraîné ses condisciples dans cette guerre folle. Il n'était qu'un gamin qui jouait avec les maigres forces à sa disposition, alors que les adultes chargés de le protéger n'avaient jamais assumé leur rôle. Il utilisait stratégiquement ses camarades, car il n'avait pas d'autre choix, mais elle restait persuadé qu'il regretterait chaque élève tombé, et porterait le poids de leur morts sa vie durant. Mais Minerva en voulait à Albus, qui les abandonnait sans prévenir à un moment crucial pour s'enfermer comme un lâche en sécurité. Alors que ses élèves mourraient. Alors que ses enfants mourraient. Et qui laissait la charge de mener la bataille à un gamin pas encore majeur. Qui se cachait alors que le leader adverse était présent et les menaçait. Qui se cachait alors que celui qu'il disait considérer comme son petit-fils -Foutaise ! On ne traitait pas ainsi son sang !- combattait sans renfort un être qui avait plus du triple de son âge.

Minerva se battait pour sa vie et celle de son élève. Elle protégeait comme une lionne gardait ses petits. Et en elle grandissait la flamme du regret. Ce n'était pas vraiment à propos au vu du contexte, mais elle était certaine que cela aurait changé bien des choses. Si seulement elle avait passé outre les ordres de son supérieur et avait élevé et protégé Harry, les événements se seraient sans doute déroulés différemment, l'âme si lumineuse du bambin n'aurait pas virée au gris nacré.

… … …

Harry agrippa nerveusement sa baguette en suivant du regard son adversaire. Il y était, l'affrontement final, celui qui aurait un impact décisif sur le cours de la guerre. Sur son dos, il portait difficilement le poids des espoirs de ses camarades, le poids de la mort de certains aussi. Peu des élèves présents ce soir allaient survivre, et pourtant, quelle que soit l'issue du combat, la communauté ne retiendrait ni leur noms ni leur visages, petites mains œuvrant dans l'ombre pour une paix qu'ils ne verraient jamais.

Ils tournaient en cercle, ou plutôt Tom tournait, et Harry suivait le mouvement sans comprendre vraiment l'intérêt. John flottait dans son dos, sentinelle prête à tout pour protéger son compagnon d'âme. Les premiers sorts lancés furent de simples tests, et le jeune Potter remercia mentalement le détraqueur de l'avoir entraîné des heures durant, sans quoi il n'aurait jamais pu passer cette première étape. John prit alors l'initiative de les enfermer dans un cocon de noirceur, les isolant du reste du champ de bataille. Harry marqua une pause, s'obligeant à ne pas montrer sa surprise, l'atmosphère dans cette bulle, qui semblait hors de l'espace et du temps, l'apaisait plus qu''il ne l'avait espéré. Heureusement son adversaire semblait aussi surpris que lui, et il ne reçu pas de sort pendant qu'ils observaient ce qui serait leur arène de combat.

Le semblant de quiétude fut violemment rompu par un avada agressif, et Harry ne fit même pas un geste pour s'écarter, sachant pertinemment comment son ami réagirait. Cela ne manqua pas, et une main noire vint cueillir le sortilège avant qu'il n'atteigne sa cible. L'attaque rapide marqua le début d'un enchaînement d'actions plus violentes les unes que les autres. Harry compensait son manque d'expérience et son jeune âge par l'utilisation de magies peu conventionnelles voir oubliées et les combinaisons surprenantes de diverses branches de la sorcellerie, aidé des illusions incomparables que John ne se lassait pas d'implanter dans l'esprit adverse. Ensemble, ils formaient un duo qui se complétait parfaitement, l'un finissant ce que l'autre avait commencé, sans même se concerter par leur lien si particulier. Le combat était très physique, les adversaires bougeant beaucoup pour préserver leur force, et rapidement ils durent diminuer la cadence.

Cette fois-là, ce fut Harry qui initia le mouvement circulaire. Il n'avait toujours pas saisi quel était l'intérêt pour son ennemi, mais lui en avait besoin pour le plan qu'il mettait au point. Il avait rapidement compris que le combat magique ne mènerait à rien ou à sa propre perte. Ne restait plus qu'une seule solution : éliminer la magie de l'équation. Le bruit de la bataille leur parvenait de nouveau, sans le bruit de leurs sorts qui s'entrechoquaient sans accalmie. C'était plutôt en sa faveur, mais Harry ne s'autorisa aucun relâchement, tout se jouerait bientôt.

Sa baguette envoyait toujours des sorts en distraction tandis que John s'occupait de sa protection. De sa main gauche s'écoulait un mince filet de sang qu'il dirigeait habilement, de ses doigts chargés de magie, sur le sol. Il n'était ni ambidextre, ni expert en magie sans baguette, mais l'entraînement acharné pour en maîtriser les bases avait porté ses fruits. Discrètement, il couvrait le dallage à intervalles réguliers de symboles runiques sanglants, tout en veillant à garder Tom dans le cercle qu'il formait. Quand il le boucla, un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres, Jedusor n'avait rien remarqué.

Le gryffondor releva sa main gauche couverte de sang, la dégageant de la manche de sa robe, et lui fit faire un mouvement circulaire complexe tout en murmurant une courte formule en araméen. Sans prendre le temps de vérifier que le piège fonctionnait réellement, il parcouru rapidement la distance qui le séparait de son adversaire, ignorant la baguette inutile dressée à son encontre en adressant une prière à la magie pour qu'il n'ait pas manqué son coup. Arrivé devant le Mage Noir, il lui enfonça d'un mouvement souple et précis, qui témoignait d'une habitude certaine, la dague, qu'il portait précédemment à la ceinture, dans le cœur. Il accompagna sa chute, gardant ses yeux rivés sur ceux voilés de celui qui avait fait de sa vie un enfer, et ne lâcha son corps qu'une fois qu'il eut constaté la mort. Il rompit alors précipitamment le cercle de sang, soupirant de soulagement lorsqu'il sentit sa magie battre doucement dans ses veines.

John pausa une main réconfortante sur l'épaule du jeune homme alors que celui-ci portait, tremblant, sa baguette à ses lèvres. Il était temps d'annoncer la mort du Leader des Ténèbres. Il était temps de stopper ce massacre.

Et peut-être que sa vie aurait de nouveau un sens. Autre que celui de tuer le grand méchant de fin de niveau.

… … …