Note de l'auteur : voilà le deuxième chapitre de l'histoire ! Maintenant que cette ( très ) longue et ( particulièrement ) épuisante session d'examens est terminée, je vais enfin avoir plus de temps à consacrer à l'écriture ! Enfin, probablement...

Sinon, j'ai changé le titre de l'histoire. Je trouvais l'ancien trop long après mûre réflexion. Je ne suis pas beaucoup plus satisfaite de l'actuel, mais il a le mérite d'être plus court x)

Merci à tous ceux qui ont reviewé ( et oui, tous, ça commence à deux :p ) et bonne lecture !

Réponse aux reviewers anonymes :

Madmoiselleirai : merci pour ton commentaire et ton compliment, voilà la suite. J'espère qu'elle te plaira ;)


Déconcentration

Jonouchi fut absent de l'école le reste de la semaine. Cette absence prolongée permettait à Seto de disposer d'une meilleure vue sur tableau noir qu'utilisaient les enseignants. Cependant, cet « avantage » ne lui était en aucun cas bénéficiaire. Il en venait même à souhaiter le retour de Jonouchi. Ainsi le large dos de ce dernier pourrait cacher sa silhouette aux professeurs, mais surtout cacher son inattention.

La plupart des cours enseignés au sein du lycée lui étaient connus. L'éducation que Gozaburo Kaiba lui avait fournie était d'un niveau très élevé. Alors que Seto était âgé de 13 ans seulement, il possédait déjà les trois quarts de la totalité des connaissances renfermées dans les livres de cours du lycée.

« Quelle perte de temps. » songea le PDG alors qu'il fixait une énième fois la trotteuse de l'horloge murale. Mais plus il s'attelait à cette occupation – pour le moins passionnante – moins le temps passait.

D'habitude, le dos de Jonouchi suffisait à le déconcentrer et ainsi à le ramener à la réalité. Car si ce dernier ne se mouvait pas pour chercher un quelconque objet dans son cartable, il se déplaçait largement afin de glisser un mot à Yugi ou Honda, ou encore, trifouiller l'intérieur du petit espace de rangement habituellement présent sous les bancs.

Mais ici, plus rien ne possédait la capacité de le distraire un temps soi peu. Car le blond était une fois de plus absent. La chaise obstinément vide de ce dernier intriguait Seto. Il arrivait que son camarade de classe soit absent, mais pas aussi longtemps.

De plus, l'étrange comportement des professeurs l'intriguait. Ceux-ci ne portaient pas Jonouchi dans leur cœur. Aussi lorsque ce dernier ne se présentait pas aux cours, ils faisaient allègrement remarquer sa non-présence par de nombreux sarcasmes à peine dissimulés. Ancien délinquant, il écoutait rarement. Il n'était donc pas étonnant que les enseignants cassent du sucre sur son dos. Une remarque telle que : « Jonouchi, absent ? Vous m'étonnez. Alors que son étude est déjà réduite au strict minimum. S'il commence à sécher, il ne fera jamais rien de correct de sa vie. Ne suivez surtout pas son exemple ! » n'était pas inhabituelle.

Néanmoins, durant une semaine totale d'absence, aucun membre du corps enseignant, même le plus virulent, n'avait prononcé mot au sujet du blond. Ils s'étaient simplement contentés de l'appel formel de son nom, sans dénoter la moindre réticence. Seto avait même cru déceler dans la voix de leur professeur de mathématiques de l'apitoiement. Et cela était tout sauf normal.

Plus le PDG y songeait, et plus cette histoire lui paraissait suspecte. Mais cela ne le concernait en rien. Il se devait d'utiliser ses neurones afin de réfléchir aux affaires de sa société. Et à rien d'autre.

La sonnerie retentit bruyamment et fit sursauter les pensées de Seto. Après avoir rapidement réorganisé ses idées, il agrippa son ordinateur portable ainsi que son déjeuner et se rendit sur le toit.

Il s'agissait de l'endroit le plus serein de l'enceinte de l'école, car interdit. Aucun bruit parasite ne venait troubler le brun ici seule la légère brise effleurait régulièrement son fin visage.

Adossé à la façade de la cabine d'accès, l'adolescent ferma les yeux un léger un instant, se délectant de ce moment de tranquillité. Soudain, une paire d'yeux le fixa. Des yeux anesthésiés, emplis de souffrance, cernés par une peau violacée. Reprenant brusquement pied dans la réalité, Seto sursauta. Que venaient donc faire les yeux de Jonouchi dans son moment de plénitude ?

« J'ai sûrement trop abusé de mes excellentes réparties, ce qui l'a subitement brisé. », ricana-t-il intérieurement, en tentant de chasser cette dérangeante vision.

Jonouchi était faible. Cette phrase consistait en une vérité pure et dure. Cependant, même si cela lui en coûtait de l'admettre, il n'était pas faible au point de laisser quelques piques l'atteindre suffisamment profondément que pour lui arracher ce genre de regard. Seto connaissait ce type terne d'yeux. Il l'avait contemplé sur son propre visage, reflété par le miroir de l'orphelinat, un nombre incalculables de fois. Le regard qui avait suivi la mort de ses parents.

Se morigénant, le brun chassa ces funestes pensées de son esprit. Déterminé à œuvrer un maximum afin de pouvoir passer son dimanche avec Mokuba, l'adolescent ouvrit son ordinateur et commença à lire ses mails.

A l'intérieur de la classe que Seto avait quittée, subsistaient quelques élèves. En dehors de la bande à Yugi, n'était présent qu'un groupe de trois filles riant à gorge déployée. Cela contrastait fortement avec le silence pesant qui régnait entre les amis de Jonouchi. Un silence qu'aucun n'osait briser, et cela, depuis le début du temps de midi. Chacun fixait, soit sa boîte à tartines désormais vide, soit les pieds scotchés au sol.

Anzu était la plus angoissée. Elle ne pouvait, ni empêcher ses fesses de se trémousser sur la chaise, ni ses mains d'entortiller ses mèches de cheveux. Cette absence de son ne pouvait plus durer elle devait parler, ne serait-ce que pour dire une bêtise, ou faire part du magnifique temps régnant à l'extérieur. Elle murmura finalement d'une voix tremblante, trop désireuse de stopper cette ambiance oppressante :

- Personne n'a de nouvelles ?

Un silence encore plus pesant accueillit sa question. Les yeux restèrent baissés.

- Il passe toutes ses journées à l'hôpital, répondit Yugi d'un ton monotone. Ca ne semble pas s'améliorer, mais ça n'empire pas non plus. Son état reste tout de même critique et…

Soudain, la table trembla sous le vigoureux coup de poing de Honda. Le son provenant de l'impact de ce geste, résonna gravement dans la pièce. Il fit taire les gloussements des trois filles, qui se retournèrent, surprises, pour fixer l'auteur de ce bruit tonitruant. Quelques secondes plus tard, la joyeuse discussion entre les demoiselles reprit son cours, et Honda posa à nouveau son regard sur le sol carrelé. Puis, faisant cette fois-ci parler sa bouche plutôt que le reste de son corps, le meilleur ami de Jonouchi lâcha amèrement :

- Pourquoi fallait-il qu'il subisse une saloperie pareille d'abord, hein ?! Et je ne parle même pas de sa sœur !

Sa voix s'étrangla sur les derniers mots. Il était au bord des larmes et son corps entier pulsait sous les battements de la colère. Bakura posa une main solidaire sur son épaule et le réconforta :

- On ne peut rien y faire, laissons la situation évoluer.

- Comment ça évoluer ? cria-t-il. Et comment veux-tu donc qu'elle évolue ?! La façon dont va évoluer cette putain de situation est pourtant claire !

A nouveau, les trois filles interrompirent leur discussion, mais au lieu de fixer Honda furibond, fuirent la classe et ce dérangeant personnage.

- S'il te plaît calme-toi, assena Yugi. C'est dur pour tout le monde ici.

Mais les mâchoires de l'adolescent ne se desserrèrent pas. Attendre, attendre, c'était bien beau. La question était combien de temps encore fallait-il laisser couler sous les ponts, avant qu'une chose significative ne se produise et ne leur fasse clairement bouger leurs culs !

- Jonouchi finira par revenir, j'en suis sûr, continua Yugi, un peu plus sûr de lui. Mais plus important, quelqu'un doit impérativement parler à Kaiba de…

- Kaiba n'a absolument pas besoin d'être au courant de la situation, coupa Honda.

- Je sais, mais s'il continue à le provoquer sans cesse, ça se finira en bagarre générale. Ce dont Jonouchi n'a absolument pas besoin.

Honda serra les poings. Il connaissait le blond depuis le collège et jamais il ne l'avait vu dans un tel état. Dire qu'ils se disaient meilleurs amis. Un meilleur ami ne serait pas aussi pitoyable dans ce genre de situations. Un meilleur ami trouverait le moyen de lui remonter le moral efficacement, et ne se bornerait pas à ne rien faire, de peur d'empirer la situation. Renversant sa chaise alors que son corps se relevait, il rétorqua agressivement :

- Je te dis que la situation de Jonouchi ne regarde pas cet enfoiré de Kaiba ! S'il est mis au courant, ce connard ne fera que l'emmerder encore plus qu'avant !

- Ca suffit ! cria Yugi. Nous sommes au lycée maintenant, et plus au jardin d'enfants ! Je me charge de parler avec lui.

- Mais… Enfin ! protesta Honda.

- Ma décision est prise, j'irai lui expliquer la situation… Très superficiellement, ajouta-t-il en appuyant son regard sur Honda. On ne peut se permettre qu'une bagarre entre eux deux éclate à l'école pour l'instant. Jonouchi n'a plus toutes ses idées en place. Tant que l'on ne le pousse pas trop loin, il restera amorphe. Mais si Kaiba le titille trop…

Un silence lourd de sens acheva son discours. La sonnerie de la reprise des cours retentit et chacun reprit sa place.

Seto regagna son banc, la mine contrariée. Son travail n'avançait pas comme il le souhaitait et cela l'agaçait. Il avait camouflé parmi ses feuilles de cours plusieurs contrats qu'il devait attentivement lire, afin de ne pas se faire escroquer, et finalement signer, s'il estimait cela positif pour son entreprise. Cependant, de sournoises pensées perturbaient son labeur. Car au fond de lui, il s'interrogeait sur la raison de l'absence de Jonouchi.

oOo oOo oOo

Le lendemain, Seto se rendit au lycée affublé d'une mine encore plus froide qu'à l'habitude. Alors que l'adolescent déposait sa main sur la poignée de la porte de sa classe, il entendit de légers éclats de voix en émaner. Lui qui souhaitait être seul avant le début des cours, pouvait d'ors et déjà abandonner cette idée. S'il s'agissait des amis du blond, il préférait encore s'isoler sur le toit que de voir leurs mines attristées.

Il colla légèrement son oreille contre le chêne constituant la porte dans le but d'identifier les élèves présents.

- Jonouchi sera encore absent aujourd'hui ?

Une voix rocailleuse, peu proche de celle d'un jeune étudiant.

- Oui. Vu ce qui lui est arrivé…

Il ne s'agissait pas d'élèves, mais de deux adultes, dont leur professeur principal.

- Il me ferait presque de la peine, avoua ce dernier.

Seto fut tenté de rentrer sans plus de délicatesse. Ces deux hommes n'avaient rien à faire dans cette classe à cette heure ci. Mais, trop tenté d'enfin comprendre la raison de l'étrange attitude du blond, ne bougea pas d'un millimètre.

- Ne m'en parle pas. A son âge, c'est triste d'approcher la mort à ce point.

- La sonnerie va bientôt retentir, voilà les documents que tu m'as demandés. Tâche de les faire parvenir à Jonouchi, demanda l'homme que Seto pensait avoir identifié comme étant le directeur de l'établissement.

- Je n'y manquerai pas.

S'apercevant soudainement de l'étrangeté de sa position – la main toujours sur la poignée de porte, le dos courbé afin de permettre à son oreille de toucher le bois la constituant – Seto entra sans plus attendre dans la classe, d'un pas assuré. Faisant mine d'être surpris par la présence curieuse des deux hommes, il articula un « bonjour » et s'assit à sa place sans plus de concessions. Le directeur ravala sa surprise, remit ses lunettes pour se donner une contenance, souhaita une bonne journée, puis partit. Tandis que le professeur préparait son cours en alignant soigneusement ses effets sur le bureau, un mot faisait les cents pas dans l'esprit de Seto : « mort ».

Durant la totalité de la journée, il ne put amener à bien son travail le plus important : amasser la totalité des informations nécessaires sur la société dont le président avait rendez-vous avec lui samedi en soirée. Il avait pourtant exceptionnellement consenti à boire un café supplémentaire à son bureau, pensant que cela le réveillerait et lui permettrait d'achever son travail.

Il s'était bien fourvoyé. Certes, le breuvage lui avait donné l'impression qu'une énergie nouvelle emplissait son corps, mais il n'avait absolument pas chassé sa déconcentration. Si bien qu'il dut empiéter sur ses heures de sommeil afin de mettre un point final à son travail journalier.

oOo oOo oOo

Le lendemain, alors que Seto s'apprêtait à quitter l'école, il fut intercepté par un petit adolescent aux cheveux tricolores. Ce dernier n'avait aucune idée de ce qu'il allait bien pouvoir baragouiner devant l'imposant PDG afin de préserver Jonouchi.

- Qu'est-ce que tu veux ? demande le brun, s'impatientant devant le silence de la personne lui barrant le chemin.

Yugi réfréna son appréhension devant le ton employé par son interlocuteur. Pour se donner du courage, il pensa à son autre lui. Comment lui, aurait agi dans similaire situation. Aux mots qu'il aurait prononcés.

- Salut Kaiba, commença-t-il, toujours hésitant.

Les sourcils de PDG se froncèrent. Si ce minus n'avait rien de mieux à lui dire, qu'il cesse de l'empêcher de se rendre à son entreprise.

- Ecoute, il faut que je te parle. C'est à propos de Jonouchi.

Une soudaine lueur d'intérêt s'alluma dans les yeux bleus de l'interlocuteur, ce qui encouragea le petit adolescent à continuer sur un ton plus assuré.

- Il est dans une situation délicate en ce moment. Même très délicate. Donc si tu pouvais arrêter de l'embêter à tout va, ce serait… bien ?

Yugi n'avait pas voulu terminer sa tirade sur une note interrogative, mais il n'avait pas pu s'en empêcher. Kaiba l'avait toujours impressionné, d'autant plus à présent que son autre lui n'était plus là.

- Ca va être difficile de l'embêter s'il n'est pas là pour aboyer, répondit sarcastiquement le brun.

- Kaiba, s'il te plaît, implora l'adolescent.

Les yeux de l'interlocuteur restèrent impassibles devant la supplique. Le petit garçon se demanda alors s'il serait judicieux de lui avouer la vérité. Après tout, lui aussi avait un petit frère qu'il chérissait. Après quelques secondes de réflexion, Yugi opta pour l'aveu.

- Kaiba, reprit-il le regard dur, sa sœur est gravement malade.

Laissant un temps passer afin de donner plus de poids à ce qui allait suivre, il lâcha :

- Les médecins pensent qu'il n'y a plus d'espoir. Elle va mourir.

Le PDG peina à conserver son masque d'indifférence face à l'adolescent suite à cette atroce révélation.

- Alors, laisse le tranquille ! ordonna fermement celui-ci.

Jamais Yugi n'avait osé parler sur ce ton au brun. Surpris, ce dernier concéda alors :

- Très bien.

- Merci Kaiba, répondit-il avec un léger sourire, avant de rejoindre ses amis.

Le PDG resta encore un moment planté à côté de la porte, puis se dirigea mécaniquement vers le portail de l'école, où l'attendait une luxueuse voiture. Une fois à l'intérieur, son expression s'adoucit, reflétant presque la compassion. Les mots de Yugi retentissaient dans ses oreilles. En boucle. Inlassablement.

Le travail qui suivit ne fut pas productif. Il fut même totalement infructueux. Malgré de nouveaux cafés, Seto se trompait en recopiant certaines informations. Cela l'obligeant à feuilleter à nouveau ses liasses de documents suite à la prise de conscience des énormités écrites. Ces bévues le contrariaient. L'agaçaient. L'amenaient à coucher sur papier davantage d'énormités.

Lorsque l'horloge digitale posée sur un des coins de l'immense bureau indiqua trois heures du matin, le brun consentit à se coucher. Il ne pouvait rentrer chez lui à une heure aussi tardive et se laissa donc aller, tout habillé, sur le confortable divan disposé à droite de l'entrée, habituellement occupé par les clients.


Et voilà, ce qui arrive à Jonouchi est dévoilé ! Vous y attendiez-vous, ou pas ? Je ne vais pas le cacher, j'espérais faire croire que Jonouchi était victime de cette maladie, et non sa soeur. J'espère que ma feinte a un tant soi peu fonctionné :p

On n'a pas beaucoup vu Katsuya dans ce chapitre ( pas du tout en fait ), mais il devrait réapparaître dans le prochain ! Je suppose.

Bref, n'hésitez pas à me donner votre avis - positif, neutre, négatif, ou tout ce que vous voulez - sur cette histoire en commentaire !

A bientôt, j'espère !