Bonjour à tous !

Voilà le dernier chapitre de ma fanfic, j'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture !


Déménagement I

Katsuya déposa les derniers cartons contenant ses possessions dans son nouvel appartement deux pièces. Bien que l'espace soit terriblement restreint, il s'agissait là de tout ce qu'il avait jamais désiré. Un endroit pour lui. Un endroit où rentrer.

Mais aussi, un endroit où personne ne l'attendrait. Un endroit où Kaiba n'habitait pas.

- Pfiouh, enfin fini ! lança-t-il. Il ne reste plus qu'à tout déballer maintenant. Mais ça, on peut le faire après avoir mangé.

- Ok, répondit simplement Seto.

Malgré le peu de travail que nécessitait un déménagement de cette ampleur, il lui avait proposé son aide. Ce qui avait fortement surpris le blond. Certes, c'était dimanche, et Mokuba le passait chez un ami. Mais tout de même…

Katsuya poussa les quelques cartons dans son chemin afin d'atteindre la cuisinière, puis y mit de l'eau à chauffer.

- Des nouilles sautées, ça te va ? demanda-t-il, alors qu'il avait déjà commencé à cuisiner celles-ci.

- Je suppose que je n'ai pas le choix.

- Effectivement, confirma-t-il un sourire aux lèvres.

Lorsque le plat fut prêt, le duelliste servit deux bols qu'il apporta sur la table basse du salon. Il n'avait pas encore eu le temps de déposer la moindre nappe sur celle-ci, aussi mangèrent-ils à ras du meuble.

Le silence était complet.

Katsuya se sentait mal à l'aise. La présence de Kaiba le perturbait. Pourquoi diable celui-ci lui avait-il demandé s'il avait besoin d'aide ? Encore un soi-disant acte de charité ? Enfin… Lui, n'était pas beaucoup plus malin de prétendre en avoir besoin.

L'ancien voyou lui glissa un regard en coin, espérant capter le bleu intense de ses iris. Mais rien. Seto se contentait de manger silencieusement ses nouilles.

Katsuya laissa échapper un soupir. Ces pauvres pâtes chinoises consistaient plus que probablement en le dernier repas qu'ils partageraient. Mais surtout, il ne cessait de se demander : où pourraient-ils encore se revoir ? Aux tournois de Duel Monster ? Quel splendide rendez-vous…

« Est-ce qu'on se reverra seulement un jour en tête à tête ? » songea-t-il tristement.

Katsuya n'avait pas son numéro de téléphone. Peut-être devrait-il le lui demander ? Ou alors, lui proposer de reprendre leurs entrevues hebdomadaires au café ? Ou encore, tout simplement tenter le tout pour le tout ? Qu'avait-il à perdre ? Soit, ses sentiments étaient réciproques et ils continueraient à se fréquenter, soit, cela n'était pas le cas, et il quitterait définitivement sa vie. Quitte ou double.

Après avoir terminé son bol, l'ancien voyou se décida à s'approcher imperceptiblement du côté gauche de la table. Côté où était assis Kaiba. Il laissa une main errer plus près de celui-ci encore, avant de planter son regard sur le frigo positionné à l'opposé du PDG. Katsuya était majeur, vacciné, et entièrement apte à encaisser un râteau. Cependant, avant même qu'il ait pu davantage avancer ses doigts, Seto posa sa main sur la sienne. Aussitôt, il tourna la tête et tenta de croiser son regard. Tentative soldée par un échec. Le brun gardait obstinément son visage tourné dans une direction inatteignable.

Une douce chaleur se propageait dans le corps du blond. Entêtante. Enivrante. Il se défit momentanément de la prise lâche qu'il exerçait afin d'entremêler ses doigts aux siens.

Ce simple geste fit sursauter Seto. Il ne s'était honnêtement pas attendu à un rejet. Il savait que Jonouchi l'appréciait. Seulement…

Il n'avait pas pu contrôler sa main. Elle avait pris celle du blond de son propre chef. Sans attendre l'aval de son cerveau.

Il aurait pu se retourner.

Il aurait pu l'embrasser.

Mais il y avait…

- Mokuba, murmura Seto, brisant l'ambiance sensuelle s'étant installée.

A la mention du prénom, Katsuya retira immédiatement sa main. La joie éprouvée à l'initiation du contact s'évapora.

- Oui, évidemment, rigola-t-il faussement. Il faut que tu te consacres à ton frère en ce moment. D'ailleurs ne dois-tu pas aller le chercher chez un ami à neuf heures ? Allez, on se dépêche de manger et on termine tout ça ! Parce que bon, on ne peut…

- Katsuya, l'interrompit le brun, une lueur d'indécision brillant dans son regard. Tu passes après mon frère. Et il est hors de question que ça change. Il est aussi hors de question que tu remettes les pieds au manoir avant qu'il n'en soit parti, marié, indépendant, ou je ne sais quoi.

Seto ne s'était pas attendu à ce que l'interruption du contact n'éveille en lui le désir de plaquer ses lèvres sur celle de l'ancien voyou. Malgré les fourmillements du désir, il resta rationnel.

- J'ai beaucoup de travail, et lorsque j'aurai du temps libre, je ferai toujours passer Mokuba avant toi. Une relation ne peut pas fonctionner de cette manière.

- Interloqué, Katsuya essaya de réorganiser ses pensées.

Premièrement, il l'avait appelé par son prénom. Déconcertant.

Deuxièmement, il lui interdisait de revenir au manoir. Logique.

Troisièmement… Il rêvait où il avait prononcé le mot « relation » ?

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? baragouina l'ancien voyou. Une relation ? Fonctionner ? Pourquoi tu prends tout autant au sérieux ? Je veux dire, j'ai pas l'impression que ce soit si important que ça de penser autant à l'avenir. Enfin, si, mais…

Plus il parlait, plus il s'embrouillait.

Et Seto refusait toujours de le regarder.

- Je veux dire, il faut penser à l'avenir, ok. Mais pas essayer de tout prévoir dans les moindres détails ! Et puis merde quoi, ça me parait évident que je ne reviendrais pas habiter au manoir comme si de rien n'était si on se met ensemble. Tu me prends pour qui ? Crois-moi bien, si Shizuka était encore là, moi aussi je…

La boule se formant dans la bouche de Katsuya l'empêcha de continuer. Une des mains du PDG s'approcha de lui, comme pour le consoler, mais elle retomba rapidement.

- A quoi bon commencer quelque chose, si c'est évident que ça va mal se finir, marmonna Seto, le visage toujours détourné.

Un léger sourire étira les lèvres de Katsuya, malgré la compression de sa gorge. Il s'avança et prit doucement le brun dans ses bras.

- Seto, lui chuchota-t-il. Regarde-moi.

L'interpelé se relaxa presque malgré lui sous la chaleur du corps de Jonouchi.

- Détends-toi un peu. Parce que si tu veux vraiment envisager toutes les possibilités, alors je pourrais crever demain écrasé par une voiture, tu pourrais devenir un légume après être mal tombé dans les escaliers, ou encore ton petit frère pourrait être atteint d'une putain de maladie mortelle incurable.

Défaisant légèrement son étreinte, Katsuya plongea son regard dans celui du PDG. La lueur d'indécision y ayant résidé n'était plus.

Leurs visages se rapprochèrent.

Leurs souffles se mélangèrent.

Leurs nez se collèrent.

Un seul petit centimètre séparait à présent leurs bouches. Centimètre bientôt comblé. Était-ce lui ou Seto qui avait initié ce baiser, il n'en savait rien. Et s'en fichait d'ailleurs. Leurs lèvres se découvraient lentement, s'embrassaient légèrement, à intervalles réguliers. Ne s'éloignaient jamais vraiment.

Les mains de Jonouchi glissèrent dans la chevelure brune, tandis que celles du PDG restaient obstinément coincées entre ses jambes, comme refusant un contact trop approfondi, malgré le plaisir que celui-ci lui apportait. Le comprenant, le blond s'empêcha de glisser la langue dans sa bouche.

Lorsque le brun se décida néanmoins à poser maladroitement ses mains sur la taille de Katsuya, les mains de ce dernier se firent plus insistantes, caressant tantôt la nuque, tantôt les cheveux.

L'ambiance s'alourdissait de désir.

Seto attira la taille du duelliste plus près de la sienne. Celui-ci glissa alors sensuellement la langue sur ses lèvres. Bientôt, le poids du corps du blond fit plier son buste vers le sol. Complètement étalé sur le parquet, il fixa les yeux chocolat le surplombant.

Les lèvres s'étaient complètement détachées, laissant passer un souffle erratique.

Seto laissa glisser son regard vers l'horloge. Il se releva alors brusquement, poussant Katsuya au passage.

- Putain de bordel de merde, cracha-t-il.

Un coup d'œil à l'horloge suffit à l'ancien voyou pour comprendre la cause de ce juron. Il était 20h45.

- Allez, va-t-en, lança-t-il en souriant. Il passe avant moi, c'est le deal non ?

- Oui.

Seto se dépêcha d'agripper son manteau en cuir blanc puis de l'enfiler. Après avoir actionné la clinche de la porte d'entrée et légèrement poussé celle-ci, il assena durant cet infime instant précédant son départ :

- Mercredi, à 16h30.


Et voilà, cette fanfic est terminée... Je me sens toute chose. Ca me peine un peu de ne plus écrire sur ces deux-là, mais il faut savoir s'arrêter quand l'inspiration n'est plus là. Et je pense avoir écrit tout ce que j'avais envie d'écrire :)

Un grand merci à ceux qui ont reviewé cette fanfic. Lire vos commentaires m'a toujours fait énormément plaisir :D