RESUME : Cet après-midi du 27 aout, Hope reçoit une lettre. Cette lettre que tout jeune sorcier attend avec impatience pendant onze longues années. Hope doit aller à Poudlard. Si la jeune fille voit d'abord en cette école rien d'autre qu'un moyen de devenir plus forte pour aider sa famille, les choses changent quand elle y fait la rencontre de Ron, Harry et Hermione et qu'elle se rend compte que, finalement, elle s'y plait bien, dans ce château aux portraits un peu trop bavards et aux escaliers un peu trop mobiles. Et Hope va vite comprendre, entre un sombre complot qui se trame au collège et sa famille qui n'a jamais été aussi proche d'être de nouveau réunie, que sa vie n'aura surement jamais plus rien de paisible.

NOTE 1 : Cette histoire se déroule neuf ans après le sacrifice de Niklaus, Hope est alors âgé de onze ans. Dans ce monde, Hayley n'a pas encore réussi à trouver l'antidote pour les Mikaelson qui sont donc toujours "endormis". Pour information, j'ai écris cette histoire avant la sortie de la saison 4, donc je ne suis évidemment pas les évènements de cette saison, et Hope est forcément OOC puisque je n'avais aucune base pour l'imaginer donc j'ai créé son caractère. Ma fanfiction suivra par contre les évènements du premier tome d'Harry Potter. Et dernier petit détail pour ceux que ça intéresse, l'histoire est totalement finie d'écrire et comportera... ne paniquez pas... 13 chapitres !

NOTE 2 : Première fanfiction dans l'univers d'Harry Potter, première fanfiction dans l'univers de The Originals, premier crossover, première fanfiction tout court, premier tout, toute première fois, toute, toute première fois... Pardon, je me calme.

DISCLAIMER : je n'ai rien. Je ne possède rien. Je suis triste, seule et sans possession. Donnez moi une petite review, s'il vous plait.

Sur ce...

ENJOY !


CHAPITRE 1 : Un choix courageux

Encore un peu… Juste un tout petit peu… Quelques mètres et

Hope franchit la ligne d'arrivée avec un petit cri de triomphe qu'elle n'arriva pas à contenir. Elle avait battu ces crétins ! La jeune fille ralentit progressivement en raccourcissant ses enjambées pour finir par s'arrêter totalement au milieu de la piste en tartan rouge. Elle se pencha un peu en avant, prenant appui sur ses genoux pour essayer de calmer sa respiration brûlante. De part et d'autre de sa ligne de course, des garçons la doublaient, s'efforçant à décroitre leur vitesse également. William, qui était à quelques mètres devant elle lui lança un regard mauvais et ne put s'empêcher d'articuler silencieusement le mot « pouffiasse » en sa direction. Hope ne répondit pas elle se contenta de lui sourire. Si elle avait été battue par une fille de cinq ans sa cadette, elle aussi, elle aurait été furieuse.

Ces derniers temps, les garçons les plus âgés de son club d'athlétisme, qui avaient de quinze à dix-sept ans, avaient commencé à s'en prendre à elle, jaloux de l'attention particulière que leur entraineur lui apportait. Ils avaient sentis que leurs places dans les équipes pour les compétitions étaient menacées et ils s'étaient mis dans l'idée de faire de la vie de leur jeune rivale un tel enfer qu'elle irait jusqu'à quitter elle-même le club. Mais Hope n'avait jamais été du genre à fuir. Au début, elle avait pensé leur casser simplement la figure, puisqu'elle était aussi bonne en course qu'en boxe, mais elle savait que sa mère lui avait interdit de se battre. Alors elle s'était rabattue sur une méthode un peu plus subtile. Ou plus vicieuse, en fonction du point de vue. Elle avait dit à son entraineur qu'elle ne pouvait plus assister aux entrainements du samedi après-midi. Or, l'homme, qui voyait en Hope son ticket d'or pour les futurs Jeux Olympiques, avait contourné le règlement pour lui offrir une place dans l'entrainement du matin, avec les plus âgés. Ainsi, elle était en position pour humilier les autres enfants chaque samedi et, effectivement, prendre leur place en compétition. Elle n'avait aucune volonté de ce genre avant, mais les garçons l'avaient cherchée et donc c'était avec un certain plaisir qu'elle les battait continuellement et recevait, sous leurs regards furieux, les louanges de l'entraineur.

Avec un petit sourire satisfait, elle passa devant William qui ne parvenait pas à desserrer la mâchoire.

« Eh bien, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu as dû t'arrêter pour refaire tes lacets en cours de route ? Conseil d'amie : évite de faire ce genre de temps, si tu veux aller à la prochaine compète… »

Hope offrit à son ainé un petit clin d'œil et s'éloigna la tête haute. Personne ne l'insultait sans en payer les conséquences ! Alors qu'elle quittait la piste, elle entendit son nom être crié un peu plus loin. Elle se retourna pour voir son entraineur courir vers elle :

« Hope ! Attends, attends ! Je voulais te dire, c'était vraiment bien aujourd'hui ! Tu as un talent fou pour ce sport, après deux ans je n'en reviens toujours pas ! Je me demandais, tu penses être libre, le 28 ? J'aimerais t'inscrire dans l'équipe de relais. Tu courras contre des petits de ton âge, ce qui n'est pas un grand challenge pour toi, mais c'est toujours bon pour le club.

-Bien sûr, Monsieur Goodfeel. Toujours partante !

-Ça, c'est l'état d'esprit que j'aime, Hope ! Allez, rentre vite, je veux te voir lundi en forme ! »

Hope salua l'homme et se dirigea avec un large sourire vers les vestiaires. Comme à chaque fois qu'elle sortait de l'entrainement, elle se sentait détendue et légère. Elle adorait courir. En fait, elle adorait se dépenser et faisait énormément de sport. En période scolaire, en plus de l'athlétisme, elle avait le mardi et le vendredi, après l'école, des cours d'escrime qui était un sport à la fois élégant et épuisant qu'elle appréciait beaucoup. Les jeudis et les samedis étaient, eux, consacrés à la gymnastique.

La jeune fille adorait les sports individuels, et encore plus ceux dans lesquels elle pouvait se mesurer aux autres et dépenser un peu de sa trop grande énergie. Sa mère disait souvent que ces gènes de Loup-Garou lui donnait un surplus de force qu'elle devait investir dans du sport pour éviter de le transformer en agressivité. Et Hope était plus qu'heureuse de suivre ce conseil, sortant à chaque fois des séances avec un esprit plus clair et plus apaisé qu'en les débutant.

L'enfant savait depuis toujours qu'elle était différente des autres. Sa mère n'avait eu de cesse de lui répéter. Mais ce ne fut qu'en entrant à l'école, à six ans, qu'elle avait réellement compris que ce n'était pas juste les paroles en l'air d'une femme un peu trop fière de sa progéniture. Les autres enfants lui avait paru… lent, gauche, faible. Et sa maitresse avait été émerveillée par son éveil et son esprit alerte, ainsi que par sa capacité de concentration, bien supérieure à celle de ses camarades. Mais, ce qui avait surtout marqué Hope était le petit discours que lui avait tenu sa mère la veille de son premier jour de classe. Ce fut à ce moment qu'elle comprit réellement que tout le monde n'était pas comme elle. Que les loups-garous étaient censés se trouver uniquement dans les contes de fée. De la même manière qu'on apprenait à certains enfants que le Père Noël n'existait pas, on avait appris à Hope que les Vampires, les Loup-Garou, les Sorcières qui formaient son quotidien n'existaient pas dans ce monde dans lequel on allait l'emmener.

Ça avait été un secret dur à porter. Six ans et interdiction de dire ce qu'on est réellement. Alors Hope s'était tenue à l'écart de ses semblables, convaincue qu'ils ne pourraient jamais la comprendre. Heureusement, elle avait les sorties du dimanche avec sa mère. Chaque fin de semaine, Hayley l'emmenait loin de la ville pour jouer avec elle dans la forêt. Pendant ces journées-là, la jeune fille pouvait courir, sauter, jouer, se battre. Etre elle-même. Parce que sa mère la comprenait. Sa mère l'aimait et lui disait toujours la vérité. Elle avait vu tellement de film où des enfants extraordinaires apprenaient du jour au lendemain que leurs parents leur avaient mentis sur ce qu'ils étaient. Or, la jeune fille était ravie que sa mère lui ait toujours dit les choses comme elles étaient et avait été là pour l'aider à embrasser sa vraie nature.

Aujourd'hui, elle vivait un peu mieux sa condition qu'à l'époque. Elle n'avait toujours pas beaucoup d'amis mais ceci était davantage dû à son caractère difficile et à son don pour s'attirer des ennuis, plutôt que parce qu'elle s'isolait elle-même. De plus, elle n'aimait pas vraiment l'école. Elle ne voyait pas comment on pouvait comprendre le monde en restant assis entre quatre murs. Elle, elle voulait voyager, découvrir cette étrange planète par elle-même, courir d'une merveille à l'autre sans jamais s'arrêter. Alors, comme elle ne pouvait pas découvrir le monde, à la place, elle le dessinait. En cours, avec des crayons de toutes les couleurs, elle traçait des paysages fantasques, des univers merveilleux, des visages étrangers, des histoires inventées. Elle se faisait souvent réprimander pour cela. Mais tous les travaux supplémentaires et toutes les heures de colle du monde n'y changeaient rien. A l'heure suivante, elle recommençait. Elle adorait dessiner. Et tout le monde disait qu'elle avait un sacré talent pour ça. Elle ne savait pas si c'était vrai ou simplement gentil mais elle se contentait juste du bonheur simple de pouvoir donner corps à ses visions, de pouvoir soumettre un petit bout de son monde à sa volonté.

Pensive, un petit sourire heureux aux lèvres, Hope laissa son regard vagabonder sur le vide devant elle avant d'enfin s'extirper de sa léthargie. Elle se doucha et se changea rapidement, fourra ses affaires sales dans son sac et partit en courant en direction de la maison. Un bon gouté devait surement être en train de l'attendre sur la table et elle ne voulait pas perdre davantage de temps avant de le dévorer. Elle traversa à toute vitesse la route, parcourut sans ralentir le dédale de voies piétonnes qui menait jusqu'à l'endroit où elle vivait, sauta par-dessus de la clôture du jardin –sachant que sa mère lui avait demandé mille fois de ne pas faire ça quand les voisins pouvaient voir- et s'arrêta net au milieu de l'allée. Son ouï acérée venait de lui rapporter des bribes d'une conversation.

« Je ne peux pas ! »

C'était la voix de sa mère. L'enfant discerna avec angoisse des traces de peur et de colère dans le timbre maternel.

« Vous devez comprendre que vous n'avez plus le choix. »

Là c'était une voix masculine. Beaucoup plus âgée quoi que claire et assurée. Cette même voix reprit :

« Laisser votre enfant sans éducation va commencer à devenir vraiment dangereux. Elle doit apprendre à maitriser ses capacités.

-Je peux lui apprendre...

-Non, vous ne pouvez pas. Et vous le savez aussi bien que moi. Vous n'êtes pas une sorcière. Vous ne connaissez rien à la magie. Quand celle de votre fille se manifestera, vous n'aurez aucun moyen de l'aider. Mon école peut la guider sur cette voie. Et la protéger. Il n'y a pas d'endroit plus sûr qu'entre les murs de Poudlard.

-Mais si quelque chose lui arrivait ? Si quelqu'un s'en prenait à elle ? Je n'aurais aucun moyen de la défendre.

-Vous savez comme moi que votre fille sera hors de portée du monde si elle est à l'école. Nous en avons parlé avant. Cela fait deux ans, depuis que vous avez emménagé à Londres, que je vous ai mise en garde que ce jour arriverait. Je vous ai expliqué tout ce que je pouvais sur cet endroit. A présent, il est temps de prendre une décision… »

Il y eu un lourd silence pendant lequel aucune des deux voix ne retentit. Puis Hayley reprit la parole :

« Hope, mon cœur. Ne reste pas dehors. »

La jeune fille jura entre ses dents. Sa mère arrivait toujours à savoir quand sa fille était présente, l'enfant aurait dû le savoir depuis le temps… Hope traversa le jardin, ouvrit la porte d'entrée et dépassa le hall pour entrer dans le salon. Là, elle vit l'homme le plus étrange du monde. Il était très grand et très mince, avec de longs cheveux argentés et des yeux azur éblouissants. Ses lunettes posées sur le bout de son nez aquilin et son sourire bienveillant lui donnaient un air de grand-père sympathique. Mais, ce qui était vraiment étrange avec lui était ses vêtements. Le vieillard portait des bottes à talons et une longue robe très ample dans un camaïeu de violet. Bien qu'elle savait que c'était particulièrement mal poli, Hope ne put s'empêcher de dévisager l'inconnu :

« Bonjours Hope.

-Euh… bonjour.

-Mon cœur, tu veux bien t'assoir un instant ? J'aimerais que nous discutions, toutes les deux, avec Monsieur Dumbledore.

-Monsieur Dumbledore ?

-Je suis Monsieur Dumbledore.

-Ah… fit simplement la plus jeune avant de se laisser tomber dans le grand fauteuil qu'elle aimait particulièrement. »

Hayley et l'homme en robe s'assirent sur le canapé en face d'elle, l'une avec un petit air triste et sérieux, l'autre avec un sourire rayonnant et un regard chaleureux. La femme prit une grande inspiration avant de s'adresser à sa fille :

« Hope, tu te souviens de ce que je t'ai dit, il y a longtemps, sur la magie chez les Mikaelson ?

-Tu veux dire ma grand-mère qui était une sorcière surpuissante, qui a transformé ses enfants en Vampires sauf ma tente Freya –une sorcière- qui a passait mille ans à vivre avec ma méchante grande-tente sorcière avant que cette dernière ne soit vaincu le jour où elle a essayé de voler mes pouvoirs de sorcière ? Non, ça ne me dit rien du tout. »

Sa mère ne put s'empêcher de rire légèrement face à l'esprit sarcastique de sa fille qui lui rappelait trop souvent celui de quelqu'un d'autre.

« Comme tu le sais, à l'inverse de moi, tu es une sorcière. Et tu arrives à un âge où ta magie va commencer à se développer réellement. Il va falloir que tu apprennes à l'appréhender et à la contrôler pour pouvoir toujours la maitriser. Mais ce sont des choses que je ne peux pas t'apprendre…

-C'est ça, Poular ? Une école de magie.

-Poudlard, reprit Dumbledore, est en effet une école pour les jeunes gens de onze à dix-sept ans qui ont des capacités particulières, comme les tiennes. »

Hope observa un moment l'homme étrange, avant de se retourner vers sa mère.

« Quel est le problème ? Ça ne peut pas être pire que le collège du coin.

-C'est un pensionnat, ma chérie. Si tu y vas, on ne se reverra pas avant Noël. »

Hope sursauta et fixa sa mère dans les yeux. Elle n'arrivait pas vraiment à donner du sens à ces paroles. D'aussi loin qu'elle s'en souvienne, il n'y avait toujours eu que Hayley et Hope. Elles n'avaient jamais été séparées. Les lèvres de l'enfant de onze ans commencèrent à trembler.

« Maman, je veux pas partir. »

L'air sur le visage de la louve s'adoucit immédiatement et elle ouvrit les bras juste à temps pour que Hope puisse s'y plonger. La mère caressa lentement les cheveux de son enfant. Elle savait, tout au fond d'elle, que sa fille avait besoin d'aller dans cette école. Que non seulement elle y apprendrait à devenir une sorcière mais qu'en plus elle y serait protégée. Mais la femme ne pouvait pas se résoudre à laisser sa fille derrière elle. Cela lui donnait beaucoup trop l'impression de l'abandonner. Alors elle resta là, à serrer l'enfant dans ses bras, sachant qu'à la fin, ce serait à l'intéressée de décider.

« Hope, tu veux bien me regarder ? »

Sans quitter l'étreinte de sa mère, la jeune fille leva les yeux vers l'étrange homme.

« Je sais qu'il est souvent difficile de quitter ceux qu'on aime. Mais ce n'est pas un adieu. C'est simplement un au revoir. Tu reverras vite ta mère, et ta maison. Et tu pourras lui écrire aussi souvent que ton cœur en aura besoin, tu pourras partager par le biais des mots toutes les choses incroyables que tu découvriras à Poudlard. Et surtout, une fois là-bas, tu rencontreras des amis. Des jeunes gens qui te ressemblent, qui te comprennent. Des âmes aussi exceptionnelles que toi avec lesquels tu grandiras, et tu deviendras une femme. »

Hayley jeta un regard noir à l'homme. Elle ne voulait pas qu'il convainque sa fille de quitter la maison. Mais, d'un autre côté, c'était surement ce qu'il y avait de mieux pour l'enfant.

Hope, elle, fixa les yeux azur du sorcier. Elle n'y vit qu'une sincère chaleur et eut immédiatement envie de lui faire confiance. Ce dont elle se méfia tout aussi immédiatement. Cependant, au moment où elle allait replonger dans les bras de sa mère, une pensée la percuta de plein fouet. Une idée, une perspective qui s'incrusta dans son esprit et éclaira le choix qui s'offrait à elle sous des couleurs nouvelles. Plus vives. Alors Hope réfléchit un instant puis se redressa, faisant face à sa mère.

« Maman.

-Oui, ma chérie ?

-Je veux y aller. A cette école. Je veux apprendre la magie. »

La mère pouvait voir la peur et la tristesse sur le visage de son enfant mais elle ne dit rien. Elle ne voulait pas affaiblir la volonté brillante de sa fille. Mais cet air… Le mélange de souffrance et de détermination brûlante. Cet air ne lui était que trop familier. Elle caressa délicatement le visage de sa fille avec un sourire rassurant.

« Tout ira bien, Hope. Je te le promets. Où que tu sois, je serai toujours un peu avec toi. »

Les deux filles s'enlacèrent encore un long moment avant d'enfin se séparer et se tourner vers Dumbledore qui reprit la parole :

« Je suis content que tu aies pris cette décision, Hope. Tu verras, Poudlard ne ressemblera à rien de ce que tu es en mesure d'imaginer et tu n'auras pas assez de toute ta scolarité pour en connaitre les secrets. En ce qui concerne l'année à venir, il y a certaines fournitures qui doivent être achetées. Si vous le voulez bien, un professeur passera demain matin pour vous accompagner toutes les deux dans l'acquisition de ce matériel.

-Oui, bien sûr. Merci beaucoup.

-La rentrée est le 1er septembre. Mais j'ai avec moi une lettre qui récapitule un peu tout cela. »

Il sortit d'un pli de sa robe une lettre sur laquelle était écrit en écriture cursive « Hope Mikaelson ». L'homme la tendit à sa destinataire qui la prit avec curiosité mais ne l'ouvrit pas immédiatement.

« En ce qui concerne la pleine lune, continua le sorcier, tout est organisé. Nous avons une immense forêt où…

-Oh, ce ne sera pas la peine, coupa Hayley. Hope n'a pas encore activé sa malédiction.

-Ah. Oui. En effet. J'avais oublié ce détail. »

Les deux louves le regardèrent, pas certaine de voir de quoi il parlait. Il exprima donc plus clairement sa pensée :

« Les Loups-Garous d'Amérique et ceux du Royaume Unis sont très différents. Je me suis longtemps battu auprès des différents Ministres pour qu'ils soient considérés comme deux espèces distinctes mais, à chaque fois, ils me répètent que cette différentiation n'est pas à l'ordre des priorités.

-En quoi ils sont différents ? demanda Hope.

-Les Loups-Garous sont à l'origine américains. Ils sont arrivés en Europe aux alentours du XVI siècles, seulement. Et il semblerait que le changement d'habitat naturel ait grandement modifié l'espèce. Ici, en Angleterre, il n'y a pas vraiment la notion de lignée. La lycanthropie n'est pas toujours héréditaire. On devient généralement loup en se faisant mordre par l'un d'entre eux.

-Une simple morsure ? fit Hayley, particulièrement étonnée.

-Oui. De plus, les loups-garous européens sont beaucoup plus faibles et plus lents que les loups-garous américains. Et pour finir, la « malédiction » est directement active, dès le jour où ils sont mordus. »

Hope déglutit, contente que ses deux parents soient américains.

« Ca fait quoi si je me fais mordre par un loup d'ici. »

Il y eu un moment de silence puis Dumbledore reprit sur un ton rieur :

« Excellente question, Hope. Mais je crains de ne pas avoir la réponse. Je te propose que nous n'essayions pas de le découvrir, qu'en dis-tu ? »

L'enfant eut l'air de réfléchir intensément et hocha lentement la tête d'un air convaincu.

« Pourquoi n'irais-tu pas prendre ton gouter dans ta chambre, ma chérie ? J'ai quelques points de détail à voir avec le Monsieur. »

Hope hocha la tête, descendit des genoux de sa mère, alla vers la table basse où attendait son gouter, prit l'assiette et monta quatre à quatre les escaliers qui menaient à sa chambre où elle referma la porte derrière elle. Elle posa l'assiette sur son bureau et se jeta sur son lit. Elle était effrayée à l'idée de quitter la maison mais, à présent, elle savait qu'elle devait le faire. Elle se redressa un peu et, s'adossant contre le sommier, elle prit sur la table de nuit l'objet qui lui était le plus cher au monde.

Un cadre contenant la seule photo de son père qu'elle avait. Sur le bout de papier glacé, on pouvait voir, malgré l'usure évidente et les plis, un homme aux cheveux blond cendré et aux yeux clairs et brillants. Il était négligemment assis sur un fauteuil, un livre relié de cuir à la main, et était à moitié tourné vers l'objectif comme si on venait juste d'appeler son nom. Il avait un visage lisse et un regard curieux, surement cherchant à savoir pourquoi on l'avait tiré de sa lecture. La photo était simple, sans mise en scène ni effet particulier mais Hope l'adorait. L'homme avait l'air tellement naturel, tellement apaisé qu'elle avait juste à l'observer pour se sentir réconforté.

Klaus Mikaelson. Son père.

Comme si souvent, Hope prit le cadre et le tint devant elle, détaillant cet homme qu'elle ne connaissait pas et pourtant qu'elle regardait tous les soirs avant de se coucher.

« Papa, j'ai plein de choses à te raconter, ce soir. J'ai rencontré un homme vraiment bizarre. Il portait des robes et des chaussures à talons. Mais pas comme le vieux Ruby –tu te souviens du vieux Ruby, je t'en ai déjà parlé. C'est pas du tout ce genre-là. En fait, c'est un sorcier et il est venu me dire que je devais aller dans une école pour devenir une sorcière. Mais ne t'inquiète pas, papa, je deviendrai la plus puissante sorcière au monde mais jamais je ne porterai ces affreuses robes ! Je suis évidemment triste de quitter maman mais, toi et moi, on sait que je dois partir. Comme elle ne peut pas me laisser toute seule ni m'emmener avec elle, maman ne peut pas vraiment chercher le médicament pour le reste de la famille. Elle ne me le dit pas, mais je sais que je suis une énorme contrainte pour elle. Et ça va. Je le comprends. Mais je ne supporte pas l'idée que c'est en partie à cause de moi que vous n'êtes pas déjà tous à la maison. En partant, elle pourra davantage chercher le médicament, et vous reviendrez plus vite. En plus, en devenant une sorcière, je pourrai l'aider. J'ai raison, hein, de faire ça, papa ? Maman dit que tu es très intelligent et que tu as toujours dix coups d'avance sur tout le monde. Alors, tu aurais fait la même chose que moi, hein ? Oui, tu aurais fait pareil, je le sais. Puis je pourrai te montrer tout un tas de sorts quand tu reviendras et tu seras tellement fier de moi. Et puis, avec un peu de chance, je pourrai même trouver un moyen de détruire cet idiot de Vampire qui te retient prisonnier et je pourrais te libérer. Et alors, tu reviendras. Tu reviendras… Tu reviendras. »

En répétant ces derniers mots, Hope sentit ses yeux la brûler de plus en plus. Non, elle ne devait pas pleurer. Pas devant son père qui était si fort. Elle devait tenir. La jeune fille se mit à trembler, se faisant violence pour ne pas laisser couler les larmes.

Elle n'entendit pas la porte s'ouvrir et sursauta quand sa mère s'assit à côté d'elle. Lentement, délicatement, Hayley prit la photo des mains de sa fille avec une infinie tendresse et la posa sur la table de chevet, la face contre le bois laqué. Alors Hope éclata en sanglot et laissa sa mère l'enlacer.

« Il me manque tellement, maman. Je veux qu'il soit là. Pourquoi il n'est pas là ? »

Hayley ne répondit pas. Elle savait qu'il n'y avait aucun mot sur cette terre qui pourrait apporter des réponses à sa fille. Alors, elle lui caressa simplement les épaules jusqu'à ce que l'enfant finisse par se calmer et se mette à somnoler dans ses bras. Puis, fixant la photo retournée, la mère se répéta en boucle dans sa tête : « Ça va aller ». « Ça va aller ».

Ça va aller.


Voilà, voilà.

Cool, cool, cool.

Alors ? Vos avis, vos jugements, vos états d'âme ?