Heu… je croyais faire quelque chose de court. Raté serait un faible mot…

Enfin bref ! Ceux qui m'ont demandé une suite doivent être contents ! ^^

Bonne lecture !


La jeune femme attablée à la table numéro vingt-et-un avait provoqué un bel émoi dans les cuisines du Kurama's Palace, l'un des plus grands restaurants de la famille Uzumaki.

On chuchotait que l'Héritière était là. On sentait le H majuscule dans la voix des cuisiniers, et tous se pressaient autour des serveurs pour savoir à quoi elle ressemblait. Tenait-elle de son père ? De sa mère peut-être ? En tout cas, elle ne pouvait qu'être la plus belle femme du monde.

Vêtue d'une belle robe bleu sombre qui soulignait ses formes, ses jolis yeux gris-bleus soulignés par un trait de khôl, et son visage dégagé par un chignon, la jeune femme regardait son portable, un sourire mystérieux aux lèvres.

Ainsi, sa mère avait découvert son petit jeu ? Hm… Kushina savait que sa génitrice la connaissait un peu trop bien. Mais n'était-ce pas normal de la part d'une mère, après tout ? Sans doute.

Zieutant l'heure affichée, elle cacha un début de nervosité en se saisissant de la carte, y cherchant quelque chose… Ah, le voilà ! Un éclair de fierté passa dans le regard impénétrable. Son plat. Son chef-d'œuvre. Le premier que ses parents avaient jugé dignes de figurer sur la carte de leurs restaurants, et pas le dernier, Kushina s'en était assurée. Après tout, ne se tenait-elle pas dans le restaurant qu'elle avait elle-même ouvert ?

Les restaurants Uzumaki passaient de mère en fille depuis des années. Le premier avait été créé par Mito Uzumaki, l'arrière-grand-mère maternelle de la jeune femme, et avait aussitôt connu un immense succès. Tout comme les femmes Uzumaki qui, aussi par leur beauté et leur incroyable chevelure rouge, étaient vite devenues le modèle à suivre pour tant de jeunes femmes.

Ainsi, Kushina avait hérité d'un don inné pour la cuisine et pour la gérance des restaurants. Après ses études, elle avait décidé de s'installer en Asie, et plus particulièrement au Japon, convaincue du filon : les Japonais n'étaient-ils pas aussi friands de nourriture occidentale que les Européens l'étaient de la culture asiatique ? En tout cas, son pari s'était avéré payant : le Kurama's Palace, son restaurant, était devenu le plus renommé du Japon, et des touristes de tous les horizons venaient goûter à ce qu'il proposait. Car, non content de proposer de la nourriture des quatre coins du monde, Kushina avait des idées renversantes, souvent au sens premier du terme. Tout ne s'était pas avéré juste, mais suffisamment de ceux qu'elle avait imaginés avaient rencontré le succès pour qu'elle soit désormais considérée comme une étoile montante.

Kushina renifla. Une étoile montante. Quelle blague. Ne montait-elle pas depuis des années déjà ? Et ce n'était que maintenant qu'on reconnaissait ses efforts. Enfin. Le monde était ingrat, aveugle, ce n'était pas à elle qu'on allait l'apprendre.

Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, Kushina n'avait pas grandi dans le luxe et l'opulence. En fait, elle n'avait quitté la petite ville d'Uzushio, qui avait vu naître le premier restaurant de la famille, le Bijû's, qu'une fois son bac en poche. Par la suite, elle avait dû trimer dur pour payer ses études et son appartement, quoi que discrètement soutenue par ses grands-parents – ce qui n'avait pas échappé aux parents de la jeune femme, d'ailleurs, mais ça les amusait plus qu'autre chose de les voir faire dans leur dos, alors que leur fille n'avait qu'à demander pour recevoir de l'aide – et maintenir ses notes. Ayant littéralement été élevée dans la cuisine du Bijû's, tenu d'une main de fer par sa grand-mère maternelle, elle s'était naturellement tournée vers le domaine de la restauration, et avait commencé au bas de l'échelle dans l'un des restaurants familiaux. Pour éviter d'être reconnue, elle avait dû teindre sur l'ordre de ses parents, et à son grand regret, ses cheveux rouges, trop reconnaissable. Elle devait faire ses preuves. Pas d'aide de la part des parents pour la jeune Kushina !

Elle leur en avait un peu voulut à ce propos, d'ailleurs, mais elle comprenait à présent. Elle ne serait pas ce qu'elle était aujourd'hui si elle n'avait pas appris la valeur de l'effort.

Un coup d'œil à sa montre indiqua à la jeune femme que celui qu'elle attendait était en retard et, cette fois-ci, elle ne put retenir un rictus agacé d'étirer ses lèvres.

Elle avait été assez claire, non ? Il avait son numéro, une heure et une adresse. Que demander de plus ?

Peut-être n'était-il pas sérieux, souffla une voix désagréable en son for-intérieur. Peut-être pense-t-il que ça n'en vaut pas la peine.

La jeune femme chassa ces pensées d'un geste mental impérieux. Non. Ce n'était pas ça.

Lorsqu'elle avait rencontré son banquier pour la première fois, Kushina avait tout de suite été intéressée. Il fallait dire que Minato était beau, vraiment, avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus, plutôt rares dans les pays d'Asie, où Kushina vivait désormais. Néanmoins, elle qui était habituée à voir des chevelures et des yeux clairs à tous les coins de rues en Europe, c'était tout à fait dépaysant. Et puis, ça lui avait manqué. Aussi, ce petit bout de son pays lui avait quelque peu remonté le moral, à un moment où ledit moral approchait dangereusement de zéro…

Pour en revenir à son futur hôte de la soirée, la jeune femme avait passé les deux dernières années à lui envoyer des signaux. En prenant plus de rendez-vous avec lui que nécessaire, pour commencer. A vrai dire, elle savait parfaitement comment gérer ses finances, et elle n'avait en aucun cas besoin d'un prêt pour déménager. Minato le savait aussi, visiblement, ou du moins ses collègues, car elle percevait l'amusement qui provenait de l'étage où travaillait le blond.

Elle s'habillait très bien pour aller le voir, également, et s'arrangeait pour se mettre en valeur le plus possible. Cela avait bien marché, car Kushina surprenait les regards perdus du banquier sur elle à chaque rendez-vous.

Enfin, elle lui offrait des cadeaux. Ce n'était rien, généralement un peu de nourriture, une friandise qu'elle avait acheté en trop. Oooops ! Elle avait les yeux plus gros que le ventre, dis donc ! Parfois même, elle amenait des gâteaux ou des bentôs qu'elle cuisinait elle-même. Ses amis lui posait souvent des lapins, surtout quand elle voulait pique-niquer, visiblement. Comme c'était étrange. Et, aux regards étonnés de Minato, Kushina lui offrait ses mimiques les plus peinées et innocentes possibles : ses amis l'avaient abandonnés, bouhouhou !

Les ragots allaient bon train : certains prétendaient qu'elle était sa petite-amie, et qu'elle se servait de ce prétexte pour aller le voir. D'autres, un peu plus proches de la vérité, disaient qu'elle n'était qu'une admiratrice. D'autres enfin, comme la secrétaire dans le hall, qui lui avait lancé un clin d'œil en voyant ce qui était écrit le papier qu'elle lui avait confié plus tôt dans la journée, se contentaient de regarder les efforts répétés de Kushina pour faire tomber l'innocent Minato dans ses filets.

Un petit peu trop innocent blond, d'ailleurs, songea Kushina avec agacement. Elle aurait préféré qu'il se lance un peu plus tôt car, fierté oblige, elle ne voulait pas faire le premier pas.

Elle s'était contenté de se pouponner dès qu'elle allait le voir, de laisser échapper quelques commentaires, de le faire rire, de se rapprocher tout doucement de lui et, sans qu'il ne s'en rende compte, il avait fini par céder.

Plongée dans ses pensées, elle ne perçut l'arrivée de l'homme que lorsqu'un murmure parcourut la salle. Elle leva les yeux.

L'air atrocement gêné, ce que Kushina trouva follement adorable, Minato se tenait face à elle. Il portait une chemise et un pantalon de belle coupe, simples, mais qui lui allaient si bien, de l'avis de Kushina.

Cela n'allait pas, malheureusement pour le blond, la détourner de la légère colère de la rousse pour son retard.

« Bonsoir, dit-elle d'un voix douce. J'ai bien failli attendre.

- Veuillez m'excusez, fit maladroitement le banquier. J'ai eu un empêchement et…

- Qu'importe, le coupa la femme. Assieds-toi. Je ne vais pas te manger. »

Minato obéit immédiatement, manquant de tomber au passage, ce qui provoqua l'amusement de l'héritière.

« Et tutoies-moi, ajouta-t-elle. Il n'y a aucune raison que tu continues à me vouvoyer.

- D-d'accord, fit simplement Minato, qui se tordait le cou pour observer la salle en entier. »

Ses yeux étaient écarquillés, comme s'il n'avait jamais pu contempler une telle merveille auparavant. Kushina le laissa faire un instant, avant que son plaisir de le voir ainsi ne se transforme en ennui face à un comportement qui promettait d'être permanent si elle ne le stoppait pas maintenant.

« Tu n'es jamais venu dans un restaurant ou quoi ? s'agaça-t-elle.

- A vrai dire, murmura Minato en retour, fixant avec surprise les plats qui passaient a porté de regard, pas vraiment. Ou plutôt, jamais dans un restaurant aussi… luxueux que celui-ci. C'est surprenant… et beau.

- Contente qu'il te plaise, sourit la jeune femme, un élan de fierté la prenant face au compliment inattendu.

- Vous venez souvent ici ?

- De temps en temps, éluda Kushina, préférant ne pas avouer que le restaurant lui appartenait.

- Vous avez bon goût.

- Merci. »

Agacée qu'il continue de la vouvoyer alors qu'elle avait clairement dit de la tutoyer, elle porta un cocktail à ses lèvres. Elle l'avait commandé en arrivant au bar, et avait continué à le déguster en attendant Minato.

« Tu veux quelque chose ? demanda-t-elle en lui tendant la carte. Ils font d'excellents cocktails.

- Je conduis, préféra indiquer Minato.

- Moi aussi. Mais leurs virgins cocktails1 sont vraiment délicieux. Tu devrais essayer. »

Finalement, le blond céda pour un Shirley Temple2, tandis que Kushina terminait son St Kitts3 et en commandait un autre.

Puis, les deux entreprirent de faire connaissance plus en profondeur. Sans révéler ses droits sur le restaurant où ils dînaient, Kushina parla de son héritage et des palaces familiaux. Mais l'enfance de Minato l'intéressait plus que raconter sa vie. Et, de toute façon, le banquier avait bien dû faire le lien entre son nom de famille, ainsi que son apparence, et la chaîne Bijû's.

« J'ai grandis ici, à Konoha, mais mes parents ne sont pas japonais, confia le blond alors qu'un serveur, armé du menu, arrivait. Ma mère est américaine, et mon père anglais.

- Je suis née en France, mais j'ai toujours été attirée par le Japon, le pays d'origine de ma grand-mère maternelle, et là où elle ouvert son propre restaurant, aussi. Jusqu'à la fin du collège, j'ai vécu en France, pas très loin de Canne, à vrai dire…

- Vous êtes déjà allée au Festival de Canne ? la coupa Minato, les yeux brillants. Je rêve d'y assister ! »

Kushina rit.

« Non. Ça ne m'intéressait pas. Je préférais la cuisine, et courir partout. Au lycée, j'ai souhaité rejoindre ma grand-mère. J'allais passer toutes mes vacances chez elle, je parlais couramment japonais, et j'ai été scolarisée dans le lycée français de Tokyo. Ensuite, je suis revenue faire des études en France, avant de décider de m'installer dans le pays du soleil levant.

- Jolie histoire, la complimenta le blond. Vous avez de la chance d'avoir toujours su ce que tu voulais faire. Je me suis dirigé vers la banque un peu par dépit, à vrai dire.

- Vraiment ? s'étonna Kushina. Et que voulais-tu être, au départ ?

- Hm… fit-il en consultant la carte. Policier, comme mon père. Ou même ingénieur, le métier de ma mère.

- Je vois… »

Les deux s'abimèrent dans le silence le temps de faire leur choix, et la rousse lui conseilla, mine de rien, son bœuf bourguignon revisité. « Un pur délice » insista-t-elle en voyant son air septique.

Pour sa part, elle commanda un autre plat, celui qu'elle avait créé spécialement pour elle : des ramens, revisités eux aussi. En la voyant faire, Minato éclata de rire.

« Des ramens ? Dans un tel restaurant ?

- Oui ! fit Kushina, un tantinet vexée. J'adore ça, et leur recette est inédite.

- Bof. Il ne s'agit de que nouilles, après tout… »

L'aura qui émana soudain de Kushina lui fit comprendre que ce sujet était un peu sensible, et il se rabattit sur quelque chose de moins dangereux :

« Vous n'avez en aucun cas besoin de mon aide, n'est-ce pas ? »

Kushina fit l'innocente :

« Pour quoi ?

- Pour gérer vos finances. Et vous avez assez d'argent pour acheter un appartement sans problème, même haut de gamme. Que voulez-vous, exactement ? »

La jeune femme fit mine de réfléchir, puis se pencha vers lui, lui offrant un sourire affolant :

« Un dîner en bonne compagnie, est-ce trop demander ? »

Minato sourit, du même sourire que la femme en face de lui. Kushina dut réprimer un frisson d'excitation.

« Je vous plaît. » dit-il.

C'était une affirmation, non une question, mais la rousse y répondit quand même du tac au tac :

« Je te plaît aussi.

- Exact. »

Kushina se pencha davantage, et l'homme ne put s'empêcher de loucher dans son décolleté. Il rougit.

« Bien, souffla-t-elle, ravie de son petit effet. A présent que nous avons mis nos sentiments au clair, accepteras-tu de me tutoyer à présent ?

- Je… tout ce que tu voudras, dit-il, les joues de plus en plus rouges. »

La rousse ricana.

« Pervers, l'accusa-t-elle, joueuse.

- Avec un oncle comme le mien, on ne me le fera pas redire deux fois, souffla-t-il, le regard toujours rivé sur l'imposante poitrine de la demoiselle. »

Surprise, Kushina se redressa, et elle surprit un éclair de déception dans les yeux bleus. Hm… Bien, à travailler.

« Vraiment ? s'enquit-elle.

- Vous… tu connais les séries Icha Icha Paradise ?

- Plutôt, oui. »

Cette fois, ce fut au tour de Minato d'être surpris.

« Tu… tu les lis ? » s'étrangla-t-il.

Kushina eut un joli sourire.

« Une version yaoi est sortie depuis peu. Je la trouve… intéressante. Cela m'a conduit à être curieuse vis-à-vis des autres livres du même auteur… Jiraya Namikaze, je me trompe ? »

Puis elle réalisa soudain. Jiraya Namikaze. Minato Namikaze.

« C'est ton oncle ! » s'écria-t-elle.

Le blond rit.

« Exact. Et il faut l'avouer que j'ai participé plus d'une fois à ses recherches, adolescent. Je lisais ses livres en exclu. Ça amusait beaucoup mon père. Un peu moins à ma mère.

- Je m'en doute, fit Kushina, contaminée par son hilarité. Même si, personnellement, je ne vois pas le mal.

- Vraiment ?

- Tous les adolescents éprouvent une certaine curiosité par rapport au sexe. C'est normal. »

Minato hocha la tête. Le serveur revint avec les plats, et un silence respectueux salua la cuisine du chef. Néanmoins, Kushina remarquait les fréquents regards que jetait son compagnon d'un soir vers son assiette. Elle sourit.

« Puis-je goûter ? finit-il par demander.

- Goûter quoi ? dit, l'air innocent, la rousse.

- Les ramens… »

Elle lui tendit, en guise de réponse, ses baguettes.

« Fais « ahh » rit-elle. Allez, ce n'est pas difficile ! »

Les joues rouges, le blond venait de repousser les couverts.

« Je peux prendre avec les miens » commença-t-il, mais la rousse en profita pour lui enfourner sa bouché.

Face à l'air indigné de son hôte, elle éclata de rire, comme Minato manquait de s'étouffer en bonne et due forme. Un serveur vint le sauver, un sourire amusé aux lèvres.

« Alors ? s'enquit-elle une fois que la toux du blond se soit calmée.

- Je ne sais pas, j'étais trop occupé à respirer pour sentir le goût. »

Minato se saisit des baguettes de la rousse surprise, et piocha allègrement dans l'assiette de celle-ci.

« Délicieux » annonça-t-il en lui rendant ses couverts.

Les joues de la rousse avaient pris une jolie teinte rosée, comme elle le fixait, les yeux écarquillés. Il rentrait vraiment dans son jeu ?

Mais bientôt, elle suivit le blond dans son hilarité, et ils terminèrent leurs plats.

Arriva le dessert. Les yeux de la jeune femme s'étaient mis à briller dès que le serveur s'était approché avec les cartes, et cela fit rire Minato.

« Tu aimes les desserts ?

- J'adore ! Je n'arrive jamais à faire mon choix.

- Moi aussi, avoua le banquier. Mais tu viens souvent ici. Que peux-tu me conseiller ?

- Hm… »

Le regard de Kushina parcourut rapidement la carte. Que lui conseiller ? Entre le soufflé à la framboise, les sorbets maison, le cheesecake et la crème brulée… Son œil sauta soudain sur le gâteau au chocolat. Son préféré. Sauf que…

« Ça te dérange de partager ? demanda-t-elle.

- Non, pourquoi ?

- Mon dessert préféré ici est le gâteau au chocolat. Le seul problème, c'est qu'il est énorme, et donc réservé pour au moins deux personnes. »

Le blond fronça les sourcils.

« Ils ne peuvent pas le couper ?

- Pas celui-ci.

- … Je veux bien essayer. »

L'héritière sauta de joie.

« Merci ! » fit-elle, et elle commanda aussitôt.

Les yeux plissés, Minato la regarda faire.

« Qu'est-ce qu'il a de si spécial, ce gâteau, demanda-t-il, soupçonneux.

- Tu verras, répliqua-t-elle, malicieuse. »

Mais elle resta silencieuse, malgré l'avalanche de questions qui lui tomba dessus jusqu'à l'arrivée du dessert. Le blond s'étrangla, les joues rouges, la faisant ricaner.

« Emotif, hein ? se moqua-t-elle.

- Abrutie, gronda-t-il. Qu'est-ce que c'est que ça ?

- Un gâteau.

- Ne te fiches pas de moi ! Pourquoi a-t-il cette forme ?

- Devine ! lança la rousse, avant d'éclater de rire. »

Le banquier lui lança un regard noir. La jeune femme soupira.

« Il a cette forme depuis la Saint Valentin, avoua-t-elle. Avant, il était rond, et servit en parts individuelles. »

En réalité, elle avait trouvé le cœur si mignon qu'elle avait ordonné à son équipe de le garder tel quel.

« Enfin bref ! lâcha-t-elle d'un air gourmand. Si tu n'en veux pas… »

Elle tendit vivement la cuillère qu'on venait de lui donner et prit une grosse bouchée du gâteau, qu'elle enfourna vivement. Elle émit un gémissement de bonheur, comme les saveurs explosèrent dans sa bouche.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux – elle ne s'était même pas rendu compte de les avoir fermés – un certain homme blond la fixait, les yeux brillants d'intérêt.

« Tout est pour moi ! finit-elle, victorieuse.

- Même pas en rêve, lâcha l'autre en arrachant à son tour un gros bout. »

La jeune femme apprécia à leur juste valeur les yeux agrandis de plaisir du blond.

« C'est bon, hein ? » se moqua-t-elle.

L'autre hocha vivement la tête, et se resservit prestement.

« Hé ! s'écria la jeune femme en voyant à quelle vitesse le dessert disparaissait sous les coups de cuillère, laisses en moi un peu ! »

Pour se venger, elle trempa son doigt dans le coulis de chocolat qui ornait l'assiette et lui en mit sur le nez. Protestant plus fort qu'il ne le devrait, le blond fit de même, et le repas se termina avec les deux, désormais amis, avec plus de chocolat sur la figure que dans leur estomac.

Ils finirent le gâteau sous le regard furieux des clients.

Gloussant encore, Kushina se leva, prenant son sac.

« Je vais me débarbouiller, je reviens.

- Je t'accompagne, sourit le blond. Je crois que tu as fait plus de dégâts que moi. »

La jeune femme retint un nouveau gloussement, et elle le regarda rentrer dans les commodités des hommes.

Et, au lieu de se diriger vers les toilettes des femmes, elle passa par la porte réservée au staff.

« Hé, vous ne pouvez pas… commença une employée avant de la reconnaître. Mademoiselle Uzumaki ! s'écria-t-elle, mortifiée. Je suis désolée, je ne vous avais pas reconnue !

- Ce n'est pas grave, assura la jeune femme. Tu peux m'aider à me débarbouiller, s'il te plait, Akino ?

- Bien sûr, murmura la jolie brune. »

Lorsque Minato revint à sa place, il s'étonna du temps que mettait la rousse à ôter le chocolat de son visage, mais avisa qu'un peu de coulis devait être tombé sur sa robe, et qu'elle devait être en train de la nettoyer. Il se promit de s'excuser plus tard, même s'il s'était bien amusé.

Seulement, au bout de vingt minutes, il commençait à en avoir assez, et en vint même à se demander si elle ne se sentait pas malade. Il avisa une employée. Brune, plutôt jolie, elle ramenait des plats vides en cuisine.

« Excusez-moi, mais mon amie est dans les toilettes depuis tout à l'heure… pouvez-vous vérifier si elle va bien s'il vous plait ? »

La jeune femme parut gênée.

« O-oui ! Tout de suite ! »

Elle se précipita presque vers les portes battantes qui séparaient les cuisines de la salle. Elle ne réapparut pas, et Minato attendit encore dix bonnes minutes.

Finalement, alors qu'il s'apprêtait à aller vérifier lui-même, agacé et inquiet, un serveur vint à sa rencontre.

« Excusez-moi, vous êtes bien monsieur Namikaze ?

- Oui, pourquoi ? demanda le blond, un peu plus agressif qu'il l'aurait voulu. »

L'homme eut un geste de recul, et Minato s'en voulut quelques peu : l'employé ne lui avait rien fait, après tout.

« J'ai un message pour vous, dit-il en lui tendant un bout de papier, que le blond attrapa machinalement. Le repas est offert par la maison. Mademoiselle Uzumaki se sentait mal, elle est rentrée chez elle », crut-il bon d'ajouter avant de partir, le dos raide.

Minato jeta un regard au bout de papier, reconnaissant l'écriture fine et ramassée. Il y était écrit une date, une heure, et un lieu.

Derrière les portes menant à la cuisine, Kushina observa l'homme avec lequel elle avait passé la soirée se lever et partir. Elle le savait furieux, mais elle aimait trop jouer pour vouloir faire autrement. Ce serait sans intérêt, tout simplement.

Plus Minato se languirait d'elle, meilleur serait le prochain rendez-vous.

La jeune femme sourit, et sortit par la porte de derrière, où l'attendait sa voiture. Bientôt…


Lexique :

1_ Virgin cocktail : un cocktail sans alcool

2_ Shirley Temple : cocktail à base de sirop de grenadine, jus de citron et d'extraits de gingembre on décore généralement avec des cerises confites et/ou une tranche de citron ou de kiwi

3_ St Kitts : cocktail à base de jus d'ananas, de citron, de sirop de grenadine et de soda au gingembre il est commun d'ajouter une tranche de citron pour décorer

Hm… maintenant que ce « one-shot » soit devenu une fiction, des propositions pour la suite ? ;D