Bonjour bonjour !

Bon, j'ai trop réfléchi pendant le Nano, et ce qui devait arriver est arrivé, je suis encore partie beaucoup trop loin XD

Il y aura donc trois à quatre parties sur cette histoire, et vu la taille déjà assez impressionnante de la première partie, je les diviserais en histoires différentes.

(et donc, oui, j'ai renommé cette première partie, j'espère que le titre vous plaît ^^)

Nous arrivons donc à la fin de cette première partie avec ce chapitre. Il est plus court que d'habitude, mais je ne trouvais rien d'autre à ajouter qui ne cassait pas le rythme.

WARNING : Voir à la fin du chapitre pour éviter le divulgâchage

Disclaimer : Tout appartient à Oda, sauf les OCs.

RAR anonyme :

Lilyo : *tend les mouchoirs en songeant que parler de la tronçonneuse était une mauvaise idée* La prochaine fois normally, Bepo pleurera de joie, promis ! (et je note le nom du jeu) Merci pour ta review et à peluche !


Liberté au goût de culpabilité

Émeraude ignorait combien d'heures elle était restée ainsi, prostrée, vidée de toute envie de bouger, mais le soleil qui illuminait auparavant la geôle avait décliné depuis longtemps pour laisser place à la nuit. Elle ne cessait d'espérer que Bepo tienne sa promesse. Elle n'osait imaginer le pire, espérant qu'il agirait plus prudemment qu'elle. Il était plus âgé, il devait bien avoir un peu plus de sagesse !

Le froid du sol finit cependant par l'atteindre et elle se redressa en vacillant, tout son corps douloureux. Sa tête la lançait de plus en plus et sa vision peinait à se stabiliser. Sa respiration était rapide et saccadée, malgré ses tentatives pour qu'elle soit plus ample et lente. À nouveau, un frisson la parcourut, tandis que sa gorge était plus aride que les déserts qu'elle avait pu voir en peinture au manoir, lorsqu'elle était encore toute petite.

Le manque devenait de plus en plus insupportable et elle en était presque à prier elle ne savait qui que son calvaire prît rapidement fin. Même la mort lui semblait finalement préférable à la souffrance de chacun de ses muscles, comme si elle avait des courbatures partout.

Elle s'adossa contre le mur, n'osant pas faire plus de mouvements de peur que son corps ne le supportât pas. Elle ferma les yeux, pouvant presque entendre le rire de Janus. Pourquoi devait-elle être aussi faible, même avec son Fruit du Démon ? Elle avait pourtant rêvé si fort de pouvoir aider Law, et voilà qu'elle était à nouveau un boulet pour lui. Jamais elle n'atteindrait son niveau. Elle avait été naïve d'espérer, et lui tout aussi coupable d'avoir cru à sa promesse. Il avait pourtant tellement fait pour qu'elle puisse se battre...

À quel point la détestait-il, maintenant ?

Elle préférait ne pas le savoir, finalement. Cela lui ferait trop de mal. S'il se mettait à la haïr autant que Doflamingo... Elle frissonna une nouvelle fois et posa ses mains contre son ventre, les frottant et ramenant ses genoux contre elle pour tenter de les réchauffer. Au moins, son sort serait rapidement scellé, le pardon n'entrant pas dans le langage de Law. Peut-être même aurait-il pitié d'elle, au souvenir de leur vie commune, et l'achèverait-il vite et bien, pour qu'elle cessât enfin d'avoir mal.

Elle remonta ses mains pour souffler dessus, ayant presque l'impression qu'il faisait plus froid dans la pièce que dehors. Ce n'était pas tout à fait impossible, vu que la pierre gardait le froid et que la bouche d'aération, qui laissait passer air et lumière, donnait sur l'extérieur. Il ne manquerait plus qu'il se mette à neiger pour qu'elle puisse considérer toucher le fond du fond.

Des bruits de pas lui firent cependant relever la tête et elle fronça les sourcils. Qui pouvait venir la voir, à cette heure ? Elle se traîna au plus près des barreaux, reniflant l'air, avant de geler sur place en reconnaissant l'odeur de Laufey et Jørgen. Qu'est-ce que ses deux amis venaient faire ici ? Janus ne les surveillait-il pas pour les empêcher de lui venir en aide ?

Elle tira frénétiquement sur son bâillon, réussissant à l'enlever grâce au nœud lâche de Bepo. Elle ne les laisserait pas jeter leur vie ici aux ordures à cause d'elle. Eux n'étaient pas sous la coupe de Janus, ils pouvaient encore vivre heureux. Peut-être pas longtemps, considérant les risques de la vie de Chasseur, mais ils pouvaient encore avoir le bonheur qui lui avait été retiré. Elle refusait qu'ils gâchassent leur vie pour elle.

— Allez-vous en ! siffla-t-elle, avant qu'une brusque quinte de toux ne la coupât.

Elle plaça une main devant sa bouche, serrant de l'autre son estomac alors que le monde tournait soudain autour d'elle. Une vague sensation de nausée lui donna envie de vomir, alors qu'elle avait pourtant le ventre vide. Ses deux amis arrivèrent alors devant les barreaux de sa cellule et Laufey prit un trousseau de clés accroché à sa ceinture. Émeraude fronça les sourcils, peinant à assimiler ce qu'elle voyait.

Mais elle dut se rendre à l'évidence quand la blonde se mit à essayer les clés une à une, tandis que le roux passait ses mains entre les barreaux pour venir enserrer les siennes. Le contact chaud serra sa gorge, alors qu'elle secouait frénétiquement la tête. Son ventre se serra un peu plus et elle eut l'impression que son sang gelait dans ses veines au fur et à mesure que la peur s'y infiltrait, écrasant au passage ses poumons.

Ils seraient sévèrement punis s'ils étaient pris à tenter de la libérer. D'autant plus que Janus devait garder un œil sur eux, ayant sûrement prévu cet acte désespéré.

— Ne faites pas ça ! leur ordonna-t-elle, paniquée.

Sa voix partait dans les aigus tandis que les mots râpaient sa gorge. Elle agrippa un peu plus le poignet de Jørgen, le suppliant du regard de revenir à la raison. Mais ils n'en eurent tous les deux cure. Le jeune homme lui adressa un sourire rassurant en serrant un peu plus ses mains glacées, les frictionnant pour les réchauffer.

— Grim a rassemblé tous les membres de la Guilde pour faire diversion. C'est notre seule chance de te sortir de là, souffla-t-il doucement.

— Puis, ils ne bougeront pas leurs fesses pour des fugitifs qui ont fui l'île, pronostiqua Laufey, souriant largement alors qu'un déclic métallique résonnait entre les murs.

Émeraude voulu protester à nouveau, mais abandonna, alors que sa partie coyote hurlait de joie. Ce geste, aussi désespéré que prévisible, lui réchauffait pourtant l'âme. Même si ça ne pouvait que mal finir, elle était heureuse qu'ils se souciassent assez d'elle pour vouloir la faire s'évader. Mais voulaient-ils vraiment quitter l'île avec elle ? Avaient-ils prévus de dérober un bateau ? Comment avaient-ils prévu de s'y prendre ? Avaient-ils des vivres, une carte, ne-serait-ce qu'une boussole ?

Il y avait trop de variables qui pouvaient mener à l'échec, surtout en considérant que ses amis n'avaient jamais pris la mer. La jeune femme détestait ça. Ils prenaient de trop grands risques pour elle, avec une inconscience qui n'aurait pas dépareillée chez elle.

Pourtant, elle ne put s'empêcher de se sentir plus légère quand Laufey lui ôta ses chaînes, qui tombèrent au sol dans un claquement sonore. Jørgen la releva alors, trop vite. À nouveau, le monde se mit à tourner et la nausée revint, plus forte encore, au point que la détentrice du Fruit du Coyote se rattrapa de justesse aux barreaux pour ne pas s'effondrer, soudain pâle. Ses deux amis échangèrent pendant quelques secondes un regard, avant que le roux ne s'accroupisse

— Je vais te porter. Tu n'es pas en état de marcher.

L'ancienne noble n'eut même pas cœur à protester. Elle passa ses deux bras autour de son cou, avant qu'il ne mette ses mains sous ses fesses pour la soutenir. Elle nicha sa tête dans ses cheveux roux, inspirant les fragrances de lavandin, de café et du cuir de ses vêtements avec un soulagement presque palpable, tandis qu'il se relevait. Elle agrippa son torse de ses jambes, espérant qu'elle n'était pas trop lourde pour son ami.

— Ça ira ?

— Em, tu a perdu assez de poids pour être plus légère qu'une plume, ça ira, grogna-t-il.

Elle ne sut pas déceler s'il mentait pour qu'elle ne s'inquiétât, ou si c'était la vérité. Elle avait l'impression qu'un marteau frappait à l'intérieur de son crâne et elle aurait été incapable de sentir s'il la menait en bateau ou non. De toute façon, cela n'avait que peu d'importance. Elle avait plus de chance que les Chasseurs la déclarassent innocente plutôt que Jørgen n'avoue qu'elle était trop lourde pour lui.

Elle ferma les yeux pour ne plus voir le décor bouger autour d'elle, et elle sentit la main de Laufey serrer brièvement son épaule, comme pour lui donner un courage qui avait depuis longtemps déserté le navire. Le rouquin se mit alors en route et Émeraude serra les dents, alors que chaque mouvement se répercutait dans son corps. Elle resserra alors son étreinte, tandis qu'ils remontaient les escaliers vers le rez-de-chaussée.

Tout était calme, trop calme, et surtout désert. Ce n'était pas si étonnant que cela pendant la nuit, mais elle n'en restait pas moins une prisonnière. Les Chasseurs étaient-ils si orgueilleux qu'ils pensaient que les chaînes suffiraient à la retenir ? Elle savait que, si elle avait été en meilleure forme, elle aurait pu détruire, ou tout du moins échapper à ses chaînes en se transformant. Même si actuellement, elle ne contrôlait plus vraiment sa forme de Coyote, aussi peu de surveillance la surprenait.

Ou était-ce la réunion de Grim qui avait rassemblé même les gardes potentiels, pour leur permettre de mieux s'échapper ?

Elle était aux aguets, prête à prévenir Laufey au moindre bruit étrange, mais ils sortirent de la Guilde sans rencontrer personne. Même les rues enneigées étaient désertes, tandis qu'ils se dirigeaient vers le port. Émeraude ne comprenait plus rien. Pourquoi n'y avait-il personne pour les arrêter, pour crier après eux ? Ça lui semblait suspicieux que le plan de ses amis se déroulât sans accroc. Même très bien préparé, avec la chance qui la caractérisait, quelque chose aurait dû mal tourner.

— C'est pas normal... chuchota-t-elle d'une voix faible et angoissée.

— Tout le monde dort, à cette heure-ci et Grim occupe la seule force armée de la ville. Tu n'as pas à t'inquiéter. Tout va bien se passer, souffla son ami avec son optimisme habituel.

Ses doigts se serrèrent sur le manteau de son camarade, agrippant le cuir avec force. Elle voulait tellement le croire. Mais elle n'y arrivait pas. Les événements de ces derniers jours l'empêchaient d'avoir le même optimiste que lui. Elle n'arrivait à voir que tout ce qui pouvait mal tourner.

Une fois arrivés au port, Jørgen la redéposa doucement au sol, continuant néanmoins à la soutenir pour ne pas qu'elle s'effondrât. Soudain, une odeur de violette et de musc arriva à son nez et elle écarquilla les yeux, relevant la tête juste avant d'être serrée contre le corps tremblant de Théa.

— Em... Em... balbutia la renarde d'une voix brisée. Je savais que c'était pas toi, Law voulait pas me croire et Bepo, et, et, Simen non plus, alors...

— Si nous n'avions pas prévu de te libérer, elle l'aurait fait. Cad l'a interceptée quand elle a tenté de volé les clés et lui a partagé le plan, expliqua Laufey.

Émeraude relâcha alors totalement son camarade pour serrer fortement sa petite sœur de cœur en retour, alors que de nouvelles larmes coulaient le long de ses joues. Ses excuses et ses demandes de pardon se bousculaient au bord de ses lèvres, incapable de sortir, et elle enfouit plus profondément son visage dans le cou de la Mink, incapable d'affronter son regard.

— Ne dis rien. Je n'accepterai rien. Tu n'es pas coupable. Théo ne l'aurait pas pensé ainsi. Tu es sa victime, comme lui, alors je ne veux pas t'entendre !

Théa hurla la fin de sa phrase, des gouttes d'amertume et de douleur mouillant le pelage roux. Ils auraient pu entendre l'eau se cristalliser dans le silence qui suivit, si fin que personne n'osait le briser. Elle avait dû passer la journée à pleurer, mais elle était encore là, debout, prête à la suivre jusqu'au bout du monde, sans hésiter. Émeraude se souvint d'avoir bercer les deux petits dans ses bras, si jeunes et déjà si vifs et adorables. Et le goût de l'échec revint hanter sa bouche, sans qu'elle ne veuille le faire partir.

Puisqu'elle devait fuir, puisque son cœur devait battre encore, elle devrait apprendre à vivre avec le poids de sa culpabilité. Et peut-être était-ce mieux que Théa refusât qu'elle en délaisse une partie en lui offrant un pardon, qu'elle ne méritait sans doute pas.

— Oh, c'est si touchant, j'en aurais presque les larmes aux yeux, persifla soudain une voix qui figea la jeune femme sur place, alors que l'acier, le sang et la fumée envahissaient brutalement son nez dans un coup de vent.

Elle se mit à trembler sur place, resserrant un peu plus son étreinte sur Théa, refusant de relever la tête au risque de voir l'un de ses pires cauchemars. Elle entendit Laufey jurer, et se prépara au pire quand un grondement terrible résonna. La renarde la fit passer derrière elle, foudroyant du regard l'homme, avec plus de colère et de rage qu'elle n'en avait jamais vu chez elle.

— Vous... Je sens encore l'odeur du sang et de Théo sur vous... Je crois que j'ai trouvé le coupable.

Un frisson parcourut le dos d'Émeraude alors que la Mink remontait ses manches, le visage fermé soudain tout aussi terrifiant que celui de Law hors de lui. Pour la première fois, l'ancienne noble avait presque peur de sa petite sœur de cœur, qu'elle n'avait jamais vu aussi... prédatrice.

Elle recula d'un pas, puis d'un autre, avant de buter contre le torse de Jørgen, observant la scène avec un nœud de plus en plus gros dans son ventre. Janus les observait tranquillement, avec ce sourire en coin qu'elle détestait, ne semblant même pas ébranlé d'un pouce par la colère de la jeune Mink.

— Oh et que vas-tu faire ? Si tu es aussi faible que lui, il suffira que je m'en prenne à Em pour te faire plier. Ce fut si simple de l'appâter et de lui faire baisser la garde, à ton cher frère !

Un souffle de vent poussa les nuages hors du chemin de la pleine lune, alors que Théa serrait les poings et qu'Émeraude avait l'impression que son estomac se remplissait de plomb. Alors, c'était comme ça qu'il avait attiré Théo ? En la menaçant elle ? Si elle n'avait pas été si stupide et faible, rien ne serait arrivé. Quoi qu'en pensât sa sœur, les faits étaient là. Si Théo avait été sauvagement assassiné, c'était entièrement de sa faute.

— Qu'est-ce que... ?

— Oh bordel.

Entendre Janus s'étrangler avec sa propre salive et Jørgen jurer à son oreille sortit la jeune femme de ses pensées. Elle écarquilla les yeux alors que son regard retombait sur Théa. La Mink avait les yeux fixés sur la lune et son pelage blanchissait, alors qu'elle grandissait. Cela aurait pu passer pour une transformation due à un Fruit du Démon, mais elle était presque certaine que jamais son amie n'en avait jamais mangé. Alors que se passait-il ? Pourquoi changeait-elle ainsi ?

De la foudre se mit à envelopper le corps de la jeune femme, comme si elle était devenue un nuage d'orage chargé à bloc, ce qui avait encore moins de sens. Le rouquin fit reculer Émeraude d'une main sur l'épaule, se déplaçant en diagonale pour se rapprocher de Laufey, Devant eux, Janus reprit un air impassible, dégainant le pistolet à sa ceinture pour le pointer sur Théa, qui fixait toujours le ciel et semblait ne faire plus attention au reste du monde.

La détentrice du fruit du Coyote était figée de peur et d'incompréhension, son cerveau incapable de traiter les informations correctement. Elle ferma les yeux, tentant de remettre de l'ordre dans ses pensées affolées, quand un bruit de détonation retentit soudain.

Elle sentit alors la brûlure d'une balle effleurer sa joue droite quelques secondes plus tard, alors même qu'elle n'était pas sensée être dans la trajectoire de tir. Un cri de douleur retentit, poussé par la voix terrifiée de Janus, alors que Laufey laissait échapper un hoquet effrayé. Même Jørgen resserrait sa main sur son épaule et elle pouvait presque le sentir trembler. Et l'odeur puante de l'effroi emplissait l'atmosphère, aussi rapide et violemment qu'un raz-de-marée.

Émeraude hésita, avant de soulever les paupières. Janus était au sol, le bras arraché, et ce qu'était devenu Théa se tenait quelques pas plus loin, le membre entre les dents et les yeux aux pupilles dilatées. Et soudain, la jeune apprentie n'eut plus peur, parce qu'elle connaissait cette furie bestiale. C'était le même genre de rage qui la prenait sous forme animale, alors elle savait que Janus avait sous-estimé la Mink et qu'il le paierait cher. Même si elle n'avait pas son apparence habituelle, elle restait sa petite Théa, celle qui avait subi autant qu'elle les entraînements de Law, animée d'une colère flamboyante.

Alors, contrairement à Jørgen et Laufey, elle ne détourna pas les yeux quand la renarde relâcha le membre et sauta sur l'adulte, déchiquetant sa chaire à coups de dents et de griffes, le brûlant à cause de la foudre qui l'entourait. Elle se nourrit des hurlements plein de désespoir et de sanglots de Janus, se délectant de l'odeur de mort qui se faisait de plus en plus forte, alors que des éclaboussures de sang étaient projetées dans les airs. Elle cilla à peine lorsque des gouttelettes constellèrent son visage d'étoiles rouges, et essuya négligemment son visage du pouce, alors qu'enfin son tortionnaire rendait son dernier soupir.

Théo ne reviendrait pas à la vie pour autant. Mais sa mort était vengée et désormais, le Chasseur ne pourrait plus jamais mettre d'autres adolescents sous sa coupe. Il ne pourrait plus jamais faucher d'autres vies, comme celle d'Enat. Alors, Émeraude était soulagée, presque heureuse qu'il ait autant souffert. Il y avait un poids en moins sur son cœur noirci par sa haine palpitante.

— Nous... Nous devrions y aller maintenant. Le bruit a dû en réveiller plus d'un, lâcha Laufey d'une voix blanche.

Théa se tourna alors vers eux, toujours dans sa forme étrange, tâchée de carmin, quand Jørgen lança soudain son manteau sur elle, lui cachant les yeux. La renarde vacilla soudain, tandis qu'elle rétrécissait. Son pelage perdit sa couleur de neige et elle cessa d'émettre des éclairs, avant de s'effondrer au sol.

— Tu, mais, que, baragouina Laufey, avant de se reprendre en secouant la tête.

— Une déduction, répondit son camarade à sa question informulée, haussant les épaules. Elle a pété un câble après avoir vu la pleine lune.

Émeraude se précipita vers la renarde, qui se releva en tremblant, maintenant d'une main le manteau devant son visage. Sans dire un mot et se fichant du sang qui la recouvrait, elle la serra à l'en faire mal contre elle, quelques longues secondes. Puis, elle lui prit gentiment la main et la guida, alors que des lumières s'allumaient dans les maisons. Il ne leur restait plus que quelques minutes à peine pour partir, avant que la ville ne soit en ébullition.

— Vous avez choisi quoi, comme bateau ? demanda-t-elle alors qu'elle se rapprochait de ses camarades.

— C'est Théa qui a choisi et qui l'a normalement déjà chargé. Elle a dit que c'était un sloop, mais...

Si le terme ne semblait rien dire à Laufey, qui esquissa une grimace, l'ancienne noble sut de quoi elle parlait. Le sloop de pêche était un petit bateau rapide et maniable, capable de les accueillir tous les quatre. Elle avait un peu étudié les navires avec Law, pour savoir lequel ils choisiraient plus tard, en reprenant la mer.

Elle se mordit la lèvre inférieure alors que Théa lui indiquait où était amarré le sloop, la douleur insidieuse des regrets venant enserrer son estomac de ses griffes acérées. Elle secoua la tête pour ne plus penser aux doux souvenirs, au goût de larmes désormais, et monta dans le bateau sans regarder en arrière.

Son passé était parti en fumée et son avenir s'était effondré. Il ne restait plus que l'instant présent et l'infinité de l'océan, avec l'impossibilité de se morfondre. À part Théa et elle, personne ne savait mener la barque.

Alors elle claquemura ses sentiments derrière des portes blindées, les confinant dans son cœur pour qu'ils ne se déversent pas dans son corps. Après Kir Émeraude c'était au tour de Trafalgar Émeraude de s'effacer. Mais elle n'était pas certaine qu'une nouvelle identité surgirait des cendres, cette fois.

Peut-être était-elle condamnée à n'être qu'un fantôme de plus sur la mer des damnés.


WARNING : Mort violente, sang et arrachage de membres.

Et voilà la fin de cette première partie !

On se retrouve en janvier pour la suivante, n'hésitez pas à laisser une review si cela vous a plus et à peluche !

Oh, et comme j'aime teaser, quelques jours avant un nouveau chapitre, vous aurez le droit à l'image du nouveau personnage qui popera dans le chapitre et son aesthetic (montage d'images, parfois associées à des textes, qui permet de caractériser un personnage/un chapitre/un livre...), ou un aesthetic du chapitre sur mon compte Tweeter, dont vous pouvez retrouver le lien dans mon profil (oui, je m'y suis mise, j'ai craqué XD)