Bonjour, tout d'abord bienvenu sur ma nouvelle fiction!

C'est une petite commande que j'ai reçu il y a quelques temps, une sorte de croisement entre Chérik et la série télé Spartacus - pour celles et ceux qui connaissent ! - !

Donc soufflée par MlleSRL68 voici ma version de Chérik dans l'antre des gladiateurs de Rome !

J'espère qu'elle vous plaira car c'est assez atypique !

En tout cas merci de commencer la lecture et pourquoi pas, de me laisser un petit commentaire à la fin du chapitre ?

Bonne lecture!


Le soleil et la poussière, voilà ce qui accueillait les nouveaux esclaves en passant de l'ombre de la carriole puante à la cours carrée qui était au cœur de l'enceinte de la villa. La cargaison de nouvelles pauvres créatures venait d'être livrée sous l'œil du propriétaire du Ludus depuis le haut de son balcon. Il regardait ses hommes et femmes, telles des bêtes, avec une arrogance folle. Il avait investi de l'argent dans ces choses, il attendait d'elles qu'elles soient rentables. Il avait demandé à son médicus de vérifier la marchandise avant qu'elle ne soit livrée. Il ne voulait pas de fruits avarié dans son domaine. Ses yeux, tels un oiseau de proie se promenaient sans pudeur sur ses corps, les toisant, les analysants, s'assurant que tout était en ordre. Trois hommes et deux femmes… oui, c'était bien ce qui était convenu. Deux femmes pour la villa et trois hommes pour servir de chair sur laquelle ses gladiateurs allaient pouvoir s'entraîner à tuer avec le plus de sang possible. Des sacrifices nécessaires pour rendre le spectacle encore plus incroyable. Après tout, il venait d'avoir le privilège d'ouvrir les jeux de Rome. Il ne voulait rien laisser au hasard.

Le maître fit un signe à l'esclave qui le suivait partout en tout lieu, en tout temps et par tous ses caprices : Charles. Il l'avait choisi parmi tous ceux de sa maison, pour sa discrétion, son affabilité et la beauté de ses yeux bleus, qui fascinait plus d'un dignitaire. Charles était digne de confiance, élevé depuis toujours dans les murs de cette maison, le Maître pouvait lui demander n'importe quoi, Charles lui était tout dévoué, tout acquis.

Charles se courba devant son prioritaire, attendant les ordres :

- Va prendre les femmes, assures-toi qu'on les laves et les habilles avant de leur donner leur tâches.

- Bien Dominus.

- Pour les hommes mets-le en cellule, tu t'en occuperas plus tard.

- Bien Dominus.

Charles se recula, longea un couloir la tête baisse, les yeux rivés au sol, il devait être une ombre, il ne devait pas faire de bruit, il devait se faire oublier, être un soupire. Il emprunta l'escalier qui menait à la cour. Avec un jeu de clef il ouvrit la grille qui séparait les esclaves gladiateurs de la villa. Il referma avec soin dans son dos et s'avança après quelques secondes sous la chaleur écrasante de cette Italie. La carriole repartait déjà. Deux gardes se tenaient face aux nouveaux esclaves.

- Je prends les femmes, les hommes vont en cellule, informa Charles de sa voix la plus neutre.

Les gardes donnèrent les chaînes des femmes à Charles et poussèrent ensuite les hommes vers un coin ombragé de la cours. L'un d'eux se rebiffa, repoussant le garde et l'envoyant valser à deux bons mètres. Le renégat saisit le glaive qui pendait à la ceinture du garde et le brandit devant lui, alors que ses mains étaient enchaînées. Charles recula d'effroi. Le deuxième garde fut au sol avant qu'il n'ait eu le temps de réagir. D'autre accoururent et les esclaves femmes poussèrent des gémissements en reculant. Le forcené ne dirigea pas sa colère envers les autres gardes, mais il saisit Charles par le haut de son habit et l'attira contre lui, plaqua la lame de son glaive sous sa gorge.

Toute la scène n'avait pas échappé au Dominus resté sur son balcon.

- Libère-moi ou je le prive de sa chienne de vie ! s'écria le fou en roulant des yeux rempli de désespoir vers le maître des lieux.

Celui-ci serra les dents.

- Ce n'est qu'un esclave et tu crois que j'attache de l'importance à sa vie ? répondit le Dominus en s'accoudant à la rambarde de pierre.

Charles était glacé jusqu'à l'os. Il gardait son regard bien tourné vers le sol. Il sentait la pression des autres gardes autour d'eux, et l'issue fatale de la situation.

- Dans ce cas !

L'esclave leva haut son glaive, prêt à tuer Charles. Mais le coup fatidique ne vînt pas le transpercer. Il se sentit projeté au sol par une force herculéenne, s'éclatant la lèvre dans le sol, lez nez étouffant dans les grains brûlant. Il entendit un homme expirer et plus rien. Charles roula sur le côté et fit face à l'un des nouveaux arrivants. Il venait de tuer le forcené. Le cadavre gisait à ses pieds, gravé sur ses traits une expression de surprise. L'esclave jeta à ses pieds le glaive et recula tandis que les gardes remuaient enfin.

- Qui es-tu ? demanda Dominus depuis ses hauteurs.

Charles se releva encore tremblant. Il essuya sa bouche sanguinolente sur son avant-bras chassant du mieux qu'il pouvait le sang et le sable de son visage.

- Erik ! répondit l'esclave d'une voix clair et forte.

- Erik, tu me plais ! Et quelle technique pour abattre ce chien… Ta main n'a pas tremblée, tu connais les techniques de combats ?

- J'étais soldats.

- Et bien tu viens de devenir un foutu gladiateur ! Tu as sauvé la vie de mon esclave le plus précieux ! Et par la queue de Jupiter je te promu Gladiateur !

- Merci Dominus.

Erik tourna son regard bleu glacé sur Charles, il lui adressa une sorte de sourire sans joie et il articula une phrase sans en sortir le moindre son.

- Charles ! remonte que medicus s'occupe de toi ! ordonna le maître en quittant son balcon diverti par l'action qui venait de se produire.

Charles n'eut pas le temps de lire sur ses lèvres, déjà il reprenait les chaînes de deux jeunes femmes te il remontait dans la villa.

Médicus lui avait recousu sa lèvre avec deux points de fil. Il ne souffrait presque plus… sauf s'il parlait, ou souriait, mais ce genre de fantaisie ne lui arrivait pas souvent. Les jeunes esclaves avaient été répartie : l'une dévoué à la cuisine et l'autre au soin de la fille malade de Dominus. Charles avait pour nouvel ordre - après s'être fait soigné- d'aller chercher ce fameux Erik.


Charles s'approcha de sa cellule, l'homme était accroupit, dos au mur de pierres, ses longs cheveux blonds lui tombant devant ses yeux. Charles n'avait fait aucuns bruits, si bien qu'Erik restait dans sa position le corps au repos. Charles en profita pour le détailler. Il était taillé d'une haute stature, la peau bronzée, des muscles sûrs, des mains puissantes, ses cuisses faisaient deux fois celles de Charles. Oui, à n'en point douter c'était un combattant né.

- Que m'as-tu dit ?

Erik sursauta et leva ses yeux. Il esquissa un sourire en reconnaissant l'esclave qu'il avait sauvé un peu plus tôt.

- Tu as une voix douce, pour un homme, répondit Erik en se levant tranquillement.

Charles recula d'un pas devant l'imposante stature d'Erik, certes il y avait des barreaux entre eux, mais cela ne diminuait en rien la sensation de puissance qui se dégageait d'Erik, au contraire. Il ressemblait à une bête sauvage que l'on avait dû enfermer sous les verrous pour l'empêcher de tuer. Erik évoquait un lion à Charles, un lion puissant et téméraire.

- Je ne dois pas élever la voix plus que cela, expliqua Charles les yeux rivés au sol.

- Et tu crains de me regarder en face ? s'amusa un peu plus le blond en s'approchant.

- Je ne dois regarder personne dans les yeux…

- Pourquoi ?

- Ce sont les ordres.

- Oui, mais « pourquoi » ?

- … Dominus dit que mes yeux sont dangereux, je dois les préserver.

- Montres-les moi et je te dirais ce que tu veux savoir.

Charles hésita. Oui, il voulait savoir ce que cet homme avait essayé de lui dire, mais il ne devait pas désobéir, ne serait-ce que pour lever les yeux. Non, il trahirait son maître !

- Je ne peux pas.

- Et ton nom ? Tu peux me le dire n'est-ce pas ?

Charles se mordit les lèvres, l'étranger ne cessait de le déstabiliser.

- Charles.

- Ça ne sonne pas très romain ! s'exclama Erik dans un rire doux.

- C'est que je ne le suis pas.

- Je me doute… et tu viens me voir pour ?

- Le Maître veut te voir.

- Qu'attendons-nous ?

Le verrou cliqueta lorsque Charles y fit rouler la clé. Un garde, qui se tenait en retrait apparut et passa des chaînes à Erik avant de le pousser devant lui, jusqu'à la villa. Charles ouvrait la voie, jusqu'au salon, où son maître attendait de parler avec son nouvel esclave.


- Par les Dieux ! Si j'avais su que dans le convoi du jour on m'avait dit que l'on allait m'envoyer un gladiateur, j'aurai ri ! Ce petit vendeur qu'est Aquointus, n'a jamais su me fournir de tel homme et toi, toi qui te dresse aujourd'hui devant moi tu viens de me prouver le contraire ! s'écria joyeusement le Dominus en délaissant sa chaise pour venir saluer Erik.

- Vous me flattez Dominus.

- Bah ! Si les Dieux ont décidé de te placer chez moi, l'un des seuls lanistes dignes de ce nom, ce n'est pas pour rien ! Saches que tu es désormais gladiateur dans l'auguste Maison Sebastian Shaw ! Et toi : Erik, d'où viens-tu pour t'être montré si habile à défendre mon bien ?

Charles était là, dans l'ombre, écoutant, mais ne regardant pas la scène qui se jouait devant lui.

- Je vivais à l'Est du Rhin, je dirigeais une petite armée d'homme contre les envahisseurs…

- Contre Rome ?

- Oui, Dominus.

- Et te voilà chez moi désormais ! Saches que je suis un bon Maître, si l'on me sert bien et avec loyauté, rends-moi fier de toi et je ne te décevrais pas en retour, mais manques moi de respect, ou tente de me trahir et je serais le Maître le plus cruel que tu puisses connaître.

La phrase avait commencé avec légèreté et badinerie, mais elle se fini dans une tension sourde. La menace était dite, Erik connaissait les limites.

- Mais, tu m'as l'air censé, même pour un homme qui vient de l'autre côté du Rhin ! Demain tu commences ton entrainement ! Ce soir, Charles va pourvoir à ce que l'on prenne bien soin de toi et demain Erik, tu montreras ce que tu vaux vraiment face à des gladiateurs entraînés !

- Bien Dominus, répondit Erik.

Dans les minutes qui suivirent Erik se retrouva à nouveau dans le ludus, les chaînes en moins, il profitait désormais d'un bain si ce n'est chaud, du moins tiède, où il retira la crasse accumulée. Il nettoyait sa peau sous la présence discrète de Charles. Une fois ses cheveux lavés il quitta le bassin et enroula son corps d'un tissu de lin pour se sécher.

- Evidemment, tu ne me regarde pas, s'amusa Erik.

- En effet.

- Et tu ne me fais pas la conversation non plus.

- Je n'en connais pas les usages.

- Parce qu'il en faut ?

- Il me semble oui.

- Eh bien je ne sais pas, dis-moi Charles, quel âge as-tu ?

Erik avait accentué le prénom de Charles pour le faire réagir, mais il ne se produisit rien, du moins pas à la lueur d'une torche malodorante qui était fichée dans le mur.

- J'ai dix-neuf ans, je crois…

- Tu crois ?

- Je ne célèbre pas mon anniversaire…

- Tu ne sais pas la date où tu es venu au monde ?!

- Non.

- Tu as toujours vécu enfermé ici ?

- Oui…

- Ah… je comprends mieux. Tu n'as jamais été un homme libre.

- En effet.

- J'ai vingt-sept ans pour ma part, si cela t'intéresse.

- Oui… cela m'intéresse.

- Et pourquoi cela ? rit Erik en enfilant des habits propres.

- Parce que tu m'as sauvé la vie.

Erik sourit et s'approcha de Charles, il le regarda. Le jeune homme était brun, il avait quelques boucles qui lui tombaient sur le front, une peau pâle, signe qu'il ne quittait que peu l'ombrage de la villa, ses mains étaient longues et fines, il ne travaillait pas manuellement, il sentait le savon et l'huile, ses habits était soigné et propres. Le détail qui attira le regard d'Erik fut la bouche de Charles : rouge, comme s'il l'avait peinte, comme une femme. Erik se demanda alors, quel goût avait de telles lèvres ?

- As-tu faim Erik ? J'ai fait préparer un repas pour toi dans ta cellule, ainsi qu'une couche en paille.

- Tu me gâtes ?

- Non.

Erik éclata de rire, Charles remercia que la lumière soit si basse, personne n'aurait pu voir qu'il rougissait.

- Nous y allons ? demanda le brun en indiquant la sortie des bains.

- Volontiers, je meurs de faim !


La semaine qui suivit Erik découvrit l'exigence du métier de gladiateur. Bien qu'il fut à la hauteur, il ne cessa l'entrainement tout le jour et la nuit il n'avait pas de temps à consacrer ses pensées à autre chose que : dormir. Deux semaines passèrent avant qu'Erik ne fut à nouveau appelé dans la villa. Il retrouva Charles et son calme ordinaire, ainsi que la présence de son Dominus.

- Erik, tu t'es bien battu, tu t'es bien conduis et mieux encore : tu me rends fier de te posséder ! Demain soir j'organise une fête pour célébrer le début des Jeux de Rome. La villa sera pleine de monde important et je tiens à ce que mes gladiateurs fassent des démonstrations… cependant, tu n'en es pas encore un de façon officielle. Tu n'as pas la marque de tes frères d'armes sur le corps. Je souhaitais te l'imposer ce soir pour que tu rentres définitivement dans les rangs de mon ludus.

Le propriétaire, laissa quelques secondes s'étirer avant d'exiger d'Erik, non pas une réponse, de cela il s'en moquait bien, mais une marque de gratitude.

- Eh bien, tu n'as rien à me dire ?

- Si Dominus : merci de l'accueil que vous me faites.

- Bien, tu manques d'enthousiasme, mais je vais tout de même apposer ma marque sur toi. Charles, le tison je te pris.

L'ombre qu'était Charles s'approcha du petit brasero qui brûlait dans la pièce, il en tira des braises une tige en fer forgée rougie par la chaleur. Au bout Erik pour lire un « S ».

- « S » pour Sebastain ? questionna Erik masquant son appréhension quant à la douleur à venir.

- Non, pour Shaw. Maintenant ton bras je te prie.

Erik serra les dents et tendit son avant-bras.

- Charles, marques mon nouvel esclave.

Erik se tourna vers le jeune esclave et lui présenta l'intérieur de son avant-bras sans fléchir. Le Dominus bu à une coupe en argent et regarda le métal brûlant rencontrer la chair offerte d'Erik. Celui-ci serra les dents et grogna de douleur, Charles ne tremblait pas, il avait déjà fait cela, mais le silence d'Erik était une première, il leva ses yeux vers lui, étonné par tant de retenue. Soudain Erik oublia tout : la douleur fulgurante de son bras, la fraîcheur de l'air, ses doutes, rien ne comptait plus que les yeux de Charles. Si bleu, si profonds, si purs. Cela ne dura qu'une seconde, à peine, mais déjà il avait gravé en lui non pas la marque du maître, mais le bleu incroyable des yeux de Charles.

- Parfait ! s'exclama Shaw qui n'avait rien vu. Te voilà devenu une de mes bêtes de l'arène ! Je compte sur toi demain soir pour impressionner, mais non blesser tes frères.

- Vous pouvez, Dominus, répondit Erik la mâchoire toujours un peu crispée.

- Bien, Charles, tu peux reconduire Erik à sa cellule, mais remonte vite, j'ai besoin de toi, pour terminer les préparatifs de la fête.

- Oui, Dominus, s'inclina Charles tout en se retirant.

Ils marchèrent en silence jusqu'à sa cellule, là, le garde débarrassa Erik se ses chaîne et se retira. Charles sortit de sous sa tunique un linge sentant bon d'un emplâtre gris, il le tendit à travers les barreaux.

- Pour ta brûlure. Cela te soulagera.

Erik approcha, il regarda le baume, mais plus encore la main tendue vers lui. Il saisit sans force le poignet de Charles et caressa de son pouce la peau velouté.

- Tu t'inquiètes pour moi ? chuchota-t-il.

Le brun frémit autant sous la caresse que sous la voix grave d'Erik.

- Je sais que cela peut être douloureux.

- Ta lèvre, elle va mieux, tu n'as presque plus rien…

- Oui. Medicus a bien pris soin de moi.

Charles n'essaya pas de se défaire de l'étreinte d'Erik, c'était grisant. Ils étaient proches l'un de l'autre, Charles pouvait sentir les cheveux de son front être balayé par le souffle d'Erik.

- Je les ai vus, murmura un peu plus bas Erik.

- Je sais.

- Montre-les-moi à nouveau.

- …non…

- Charles…

- Non. Je dois y aller, le Maître m'a demandé de me dépêcher.

Erik relâcha à contre cœur sa proie, il attrapa le linge et regarda Charles s'éloigner, au moment où il allait, tout à fait disparaître, dans l'angle de la bâtisse, le brun s'immobilisa, il se tourna vers Erik et leva ses yeux.


Voilà un petit chapitre histoire de se mettre doucement dans le bain, j'espère qu'il vous plait et que déjà les pistes que j'ai placé vous plaisent également !

J'avoue que ce thème et le déplacement historique de ce Chérik m'amuse beaucoup !

Laissez-moi un petit message :-D

A très vite !