Coucou Merci pour vos reviews et vos ajout en favori ! Je vous poste tout de suite le chapitre 2 ;-)

Bonne lecture !


La nuit était douce, les flambeaux donnaient un aspect chaleureux à la villa et les convives étaient nombreux. Le vin coulait à flot, les esclaves circulaient, portant des amphores, ou des plateaux d'argent recouverts de mets provenant de la cuisine. Les pièces sentaient les épices et les parfums raffinés, des musiciens jouaient depuis le balcon tandis que des danseuses enchaînaient les pas dans la fontaine qui constituait le cœur de la villa sous les yeux des hommes bouffis de désires. Shaw circulait parmi ses invités, tel un dieu sur son Olympe et conversait avec tout le monde, son ombre : Charles le suivait, répondant au moindres de ses désirs avant qu'il ne les formules : vins, nourriture, confort. Enfin arriva le moment où l'on fit montrer du ludus six des plus beaux spécimens de Shaw. Les gladiateurs sélectionnés avaient eu le droit de porter leur tenue de combattant et bien que les glaives ne fussent qu'en bois, il se dégageait d'eux une force et une bestialité qui amusa et effraya les convives qui s'amassaient autour d'eux. Shaw avait choisi ces six hommes pour leur carrure, leurs muscles et leur beauté, il voulait impressionner, éblouir ! Erik était le nouveau, évidement de nombreux regards tombèrent sur lui. Il se tenait droit, le buste fier et il fixait sans voir le fond de la salle. Il devait se montrer docile, obéissant, cependant il guettait l'apparition de Charles. Il le repéra non loin de leur maître, les mains croisées dans son dos en signe de soumission, et la tête tournée vers le sol. Erik le trouva magnifique.

- Mon nouveau gladiateur nous vient de l'Est du Rhin ! Et bien que son peuple ait mauvaise réputation, vous devrez consentir qu'avec ce spécimen-ci… Nous devons avouer qu'ils ont du potentiel ! Voulez-vous le voir en action ?!

La foule galvanisée par le vin et les harangues de leur hôte, s'exclamèrent d'une même voix. Erik pris position sous l'œil sévère de son instructeur, en compagnie d'un autre gladiateur. Les deux hommes c'était entendu à l'avance sur les coups qui allaient venir. Rapidement leurs échanges n'eurent rien d'amicaux et le bois des glaives voletait en petits éclats autour d'eux arrachant des exclamations de joie à la foule ivre de combats. Ni Erik, ni l'autre, ne souhaitait perdre, ou relâcher la tension, c'est donc Shaw qui imposa la fin du combat d'un geste de la main.

- Eh bien, avais-je menti ?! s'exclama-t-il en riant. Bien maintenant mes gladiateurs vont rester là, si vous voulez les approcher, ils ne mordent pas, n'ayez crainte…

L'attention de la foule se dispersa et quelques femmes et hommes téméraires s'approchèrent des six gladiateurs, immobiles et à nouveau enchaîné. L'une des jeunes femmes coupa une mèche de cheveux à l'un d'eux, une autre, n'hésita pas à masser leur torse, et un autre homme s'approcha et tâta les biceps de chacun. Une fois qu'ils furent seuls, les danseuses captaient toutes les attentions, Charles s'approcha telle une ombre d'eux et donna à chacun un morceau de pain de noix.

- De la part du Maître, il est fier de vous.

- Charles, chuchota Erik une fois qu'il fut devant lui.

- Pas maintenant, intima le brun en retirant ses mains rapidement.

- Charles ! appela Shaw en revenant dans la salle.

- Oui Dominus ? répondit de sa voix la plus neutre possible le brun en se tournant vers son maître.

- Je voudrais me soulager.

- Oui, Dominus…

Charles s'approcha de son Maître, Shaw posa une main sur sa nuque, il avait bu, ses joues étaient rouges et il riait.

- Bravo mes fiers gladiateurs ! s'exclama Shaw en levant sa coupe trop pleine vers eux arrosant au passage les dalles de marbre rose. Oups… Charles, non, tu laveras plus tard, relèves-toi, mon envie est plus urgente et requière tes bons soins…

La main sur la nuque de Charles se fit plus intransigeante. Shaw entraina Charles de l'autre côté de la pièce dans une salle privée séparée de la fête par des voiles balayé par le vent de la nuit.

- On est mille fois mieux dans le ludus qu'ici, grinça le gladiateur à droite d'Erik.

- Pourquoi dis-tu ça ? demanda le blond en essayant de voir ce qui se passait de l'autre côté des voiles.

- Parce qu'au moins en bas on est pas obligé de faire ça, répondit l'autre en levant le menton dans la direction de Charles.

Erik fronça les sourcils, il n'était pas certain d'avoir bien saisit.

- Comment ça ?

- Eh bien, faire la pute ! s'exclama à voix basse le gladiateur.

Comme pour répondre à sa phrase un gémissement sourd provint de ladite pièce.

- Je préfère mille fois perdre la vie dans l'arène que d'être obligé de faire ce qu'il fait !

Le sang d'Erik se mit brutalement à bouillir. Les gémissements ne laissaient plus de doute à ce qui se tramait de l'autre côté de la pièce. Shaw ne se retenait pas et il se moquait d'être bruyant. Erik avait cru comprendre qu'il devait aller se soulager aux latrine, pas d'exiger de Charles des services autres… comme pour répondre à sa curiosité et à sa colère qui grondait dans sa poitrine le vent souleva le voile rouge. Shaw était assis buvant, une main posée de façon impérieuse sur la tête de Charles lui imposant une cadence tandis que sa bouche avalait son sexe. Erik en eut le cœur et les tripes retournées. Il sera les poings. Il ne sut pas exactement pourquoi il était tant révolté. Après tout Charles lui était inconnu. Il ne lui avait parlé que trois ou quatre fois… il ne lui devait rien… mais… dans le fond de son âme Erik sentait qu'il était attiré par lui… alors voir cet être qu'il trouvait si pur s'avilir de la sorte, le rendait malade… ou enragé. Les chaînes à ses poignets tintèrent alors qu'il serrait les poings.

- Jouer à l'avaleur de queue, ce n'est pas fait pour moi, continua l'autre.

Quelques lourdes minutes passèrent avant que Shaw ne resurgisse de la pièce, un large sourire aux lèvres, sa coupe à nouveau pleine, il se rendit d'un pas léger vers les festivités. Charles ne tarda pas à quitter à son tour la pièce. Il était redevenu lui-même, rien ne pouvait transparaitre sur ce qui c'était passé, sauf ses lèvres rougi, rien n'avait changé. Il s'approcha de la flaque de vin et l'essuya avec un torchon.

- Vous allez pouvoir retourner au ludus, informa Charles une fois le vin absorbé par le tissu.

Des gardes entrainèrent les gladiateurs, Charles sur leur pas. Il s'assura que chacun regagne sa couche. Lorsqu'il s'approcha de la cellule d'Erik, celui-ci l'attendait. Il attrapa l'étoffe de sa tunique et l'attira à lui.

- Qu'est-ce que tu…

- Charles, coupa Erik en regardant dans toutes les directions possible pour être certain qu'aucun garde ne les voit.

- Erik, lâches-moi, tu es fou…

- Charles…

Erik était incapable de dire autre chose, il avait encore le sang retourné par ce qu'il avait vu, il voulait, prendre soin de Charles, le nettoyer, le réconforter. D'une main il assura sa prise autour de la taille du brun et de l'autre et caressa les contours tendres de ses pommettes. Charles surprit, leva les yeux. Ils se regardèrent intensément. Si proche, si intensément proche. Ils se transmettaient leur chaleur à travers les barreaux. Charles n'essaya plus de se défaire des bras d'Erik. Il était fasciné par son regard, d'ordinaire si moqueur, si fier, là il était doux, tendre, implorant. Ils respiraient l'un en face de l'autre, la tension était si palpable entre eux, si forte, qu'ils auraient pu l'attraper elle aussi.

- Charles, répéta Erik tandis que sa main découvrait la douceur de ses cheveux.

Erik ne pouvait se retenir, il avait besoin de le toucher, de le sentir contre lui, à lui.

- Erik, je dois remonter, chuchota le brun essayant de chasser la vague de chaleur qui grandissait en lui.

- Est-ce qu'il te touche comme ça ? demanda d'une voix grave et rauque Erik sans pouvoir s'interrompre.

Charles n'était pas assez stupide pour demander : « Qui » ou de « quoi il parlait ». Il se doutait qu'Erik avait dû le surprendre, il regrettait juste que cela finisse par lui arriver jusqu'aux oreilles ou aux yeux. Il aurait voulu qu'Erik ne le considère pas autrement que comme il l'avait fait jusqu'à présent…

- Non, finit par répondre le brun dans un souffle.

- Est-ce que tu aimes ce qu'il t'impose ? enchaîna Erik tandis que son pouce touchait le velours de ses lèvres.

- Tu as donné la réponse dans ta question : comment quelque chose qui est imposé puisse être aimé ?

- Alors pourquoi ?

- Parce que je ne m'appartiens pas… Je suis à lui.

Le feu dans le corps d'Erik s'intensifia. Il s'approcha, collant son front contre le métal.

- Charles…

- Cela n'est rien, j'y suis habitué. Et vaut mieux cela que d'être dans une autre maison, ou dans une mine de sel. Ici je suis bien traité et bien nourrit…

- Charles, chut…

Cette fois-ci Charles sentit le danger le gagner. Si on les voyait comme ça… mais il n'y avait personne. Erik était là, devant lui, il le tenait contre lui, il le caressait, le regardait comme… quelque chose de précieux, comme un être humain, pas comme une créature. Et cette vague de chaleur qui ne cessait de venir en lui… Erik était si beau, si fort…

- Je dois y aller.

- Attends…

- Je…

- Ils sont tous ivre là-haut, il ne s'apercevra pas de ton absence.

- Détrompes-toi.

- Reste encore un peu.

Ils se regardèrent encore.

- Qu'attends-tu de moi ? demanda Charles à quelques centimètres d'Erik.

- Ton âme…

La main d'Erik assura sa prise autour de la tête du brun et il l'attira parfaitement jusqu'à sa bouche. Leurs lèvres se scellèrent dans un baiser qui, s'il était chaste au début, devînt de plus en plus impétueux. Charles enroula ses doigts dans la nuque d'Erik griffant son cou, tirant sur ses mèches, cherchant à réduire la distance entre leur corps. Soudain, rien ne comptait pour lui : juste ce baiser, juste cet homme, juste ce moment volé, ce bonheur de se sentir désiré pour qui on est et désirer en retour. La bouche d'Erik était sèche, contre la douceur de Charles et ils échangèrent non seulement leur chaleur, mais leur saveur et leurs langues s'entremêlèrent. Charles fut bientôt au bord de l'implosion et il recula, passant une langue rose sur ses lèvres rouge.

- Je… dois y aller, maintenant.

- Promets-moi que tu reviendras.

- Je ne peux pas formuler ce genre de promesse…

Erik tendit ses doigts vers Erik qui les serra une seconde entre ses mains. Sa tête lui tournait, il sourit, offrant plus que son regard à Erik.

- Mais j'essayerai.

Ils se sourirent et Charles disparu dans les méandres de la villa, laissant Erik seul dans sa cellule qui lui sembla bien froide désormais, sans la présence chaude de Charles. Il souriait pourtant, il lui avait arraché un baiser, il l'avait vu sourire. Il voulait plus maintenant, peu importait le prix à payer, il voulait toujours plus.


Charles retrouva la fête telle qu'il l'avait quitté : battant son plein, il connaissait ce genre de célébration. Elle avait deux issues possibles : soit elle finirait par se tarir et les invités commenceront à partir vers l'aube, soit… soit elle allait dégénérer et ces mêmes invités respectables finiront par se rouler dans une luxure parfaite. Combien de fois Charles avait dû assister à ce genre de choses ? Il ne pouvait plus le compter. Il ne se souvenait même plus si un jour il en avait été choqué, cela faisait partie de lui.

Il rejoignit son Maître affalé sur un divan de soie pourpre en pleine conversation avinée avec ses amis magistrats. Tous riaient, tous buvaient et les esprits n'étaient pas prêts de se calmer. Charles s'installa non loin de la voix de son Maître, dans sa position d'attente, le visage tourné vers le sol, ses mains dans le dos, immobile, statue parmi les invités mouvants et chavirant. Les minutes s'étiraient et rien, non rien n'arrivait à calmer les battements affolés de son cœur. Jamais il n'avait ressenti ça, non jamais… cette peur, cette tension, ce plaisir… le parfum d'Erik courait encore sur ses lèvres, contre son corps. Il avait senti l'effet produit par ce baiser sur Erik. C'était grisant. La sensation la plus grisante du monde. Charles savait que c'était mal ce qu'il avait fait, ce qu'il avait consenti de faire. Mais… mais comment se soustraire à cet homme ? Comment lui refuser ce baiser ? Comment s'éloigner de son magnétisme ? Charles essaya de chasser le sourire qui naissait sur ses lèvres. Il ne devait rien exprimer, jamais.

Finalement la soirée s'étira jusqu'aux premières lueurs du jour. Charles veilla jusqu'à ce que le dernier invité fût porté dans les bras de ses esclaves hors de la demeure. Charles ferma les portes. Avant de trouver le sommeil, il devait s'assurer que tout était en ordre. Il fit nettoyer les salles, ranger tout. Il fallait que lorsque la famille se lèvera tout soit en ordre. Ensuite il congédia les esclaves et il alla coucher sur sa litière de paille dans une pièce minuscule contiguë à celle de son Maître. Il l'entendait déjà ronfler lorsqu'il se mit nu pour dormir. Il faisait chaud. Le jour était déjà bien entamé et rien ne le poussait dans les bras de Morphée… au contraire, le souvenir brûlant d'Erik le gardait éveillé.


Erik se battait avec vaillance et force, toujours dans le respect des règles imposées par son formateur. Il se révéla rapidement un atout majeur. Shaw se réjouissait chaque jour d'avoir eu la chance d'investir sans le savoir dans une telle bête, il envisageait déjà les profits. Il en était si satisfait qu'il avait décidé de le mettre dans un combat officiel dans l'arène de Rome… Oui, il fallait que la foule voit cette bête. Il en informa rapidement le Doctoré – formateur- en charge de ses gladiateurs, qui bien qu'il marqua quelques réserves s'accorda à un combat en groupe pour commencer. Erik fut mis au courant la semaine précédant à son combat. Il n'appréhenda pas le moins du monde, il se sentait apte. Il était plutôt fier qu'on lui confie un combat si tôt après son arrivée. Néanmoins Charles n'était pas du même avis. Il avait vu de nombreux premiers combats abîmer les gladiateurs, un œil en moins, ou des doigts… il ne voulait pas qu'Erik soit blessé. Tué, cela était fort peu probable, dans ce genre de combat il n'y avait aucun mort, sinon des accidentels.

Charles essaya par tous les moyens de revoir Erik, mais le nouveau gladiateur était tellement prit par ses entraînements et leur maître n'envoyait que peu son esclave préféré dans le ludus… Cependant il réussit à glisser un surplus de pain dans la cellule d'Erik, sans se faire voir, lui donnant le plus de force possible. Il espérait qu'Erik comprendrait de qui viendrait cette bouchée en plus.

Finalement la veille du combat, le maître envoya Charles faire porter à ses champions de la viande séchée pour qu'ils soient en forme le lendemain. Charles distribua les précieuses lamelles à tous, et attendit d'être devant la dernière cellule : celle d'Erik pour lui donner bien plus que les autres. Si on apprenait cette affaire de favoritisme, il serait puni, mais il ne résistait pas à l'envie de protéger Erik.

Cela faisait des jours qu'ils ne c'étaient vus. Et quand Charles s'immobilisa devant Erik, leurs yeux se croisèrent avec intensité.

- De la part du Maître, dit d'une voix informelle le brun en tendant la viande rangée dans un petit carré de tissu plié.

Erik se saisit avec douceur du petit paquet, profitant au passage de caresser les doigts fins de Charles, déclenchant une série de frissons chez lui. Ils n'étaient pas seuls, pas vraiment, des oreilles traînaient çà et là. Ils ne pouvaient se dire clairement ce qu'ils voulaient, mais le regard si limpide de Charles valait tous les mots du monde. Erik captura l'image de ses yeux bleus purs, sur ce visage si doux. Le brun se mit alors à articuler doucement « Fais attention demain ». Erik sourit, alors comme ça le petit protégé du maître s'inquiétait vraiment de son sort ? Cette certitude lui gonfla le cœur et le torse. Erik jeta un coup d'œil à gauche, puis à droite avant d'oser aventurer sa main hors de sa cage de fer. Il fit couler son index le long de la joue de Charles, observant avec plaisir l'effet que cela produisait chez le brun. Ils s'approchèrent l'un et l'autre pour goûter à nouveau à leurs lèvres lorsqu'un bruit sourd les fit se reculer brusquement de la grille.

- Bats toi avec honneur demain, dit Charles en s'en allant rapidement le rouge aux joues de s'être laissé aller si loin et d'avoir presque failli se faire prendre.

Erik regarda l'homme, qui hantait ses nuits, disparaître hors du ludus à pas rapides et silencieux. Il soupira déçu de n'avoir pas pu savourer une nouvelle fois la douceur d'un baiser volé à Charles. Il reporta son attention sur le carré de tissu, il l'ouvrit et sourit. Il y avait bien plus que la ration offerte aux gladiateurs. C'était, à n'en point douter, l'œuvre de son bienfaiteur : Charles. Erik soupira à nouveau, mais pas de dépit cette fois-ci : d'envie.


Le combat fut rude, mais Erik en sortit sans blessures importantes et avec les honneurs. Il avait patienté une bonne partie de la matinée avant d'avoir son moment à lui dans l'immense arène de la ville de Rome. Il s'était battu avec respect de l'adversaire et puissance. Si la foule n'avait pas retenu son nom, ce n'était pas le plus important, elle avait été divertit en attendant les combats plus prestigieux. Erik rentra le soir dans son ludus épuisé, mais satisfait de lui. Son maître était ravi, les gladiateurs de sa maison c'étaient montrés braves et de très bons guerriers.

Charles attendait à l'entrée de la demeure depuis une heure déjà, il guettait le retour de Shaw, mais surtout d'Erik. Le brun avait la gorge nouée par l'angoisse, combien de fois des gladiateurs étaient revenus salement amoché de ce genre de démonstration ? Peu avaient perdu la vie, mais beaucoup avaient laissé leur capacité à marcher, à voir ou se servir de leurs deux mains ! Charles avait prié devant l'autel dédié aux Dieux dans la maison. Il avait brûlé des herbes et fait une offrande de pain pour protéger Erik des mauvais coups. Etrangement jamais Charles ne c'était autant soucié d'un seul autre gladiateur de ce ludus… Erik était différent… non seulement il l'avait sauvé, mais il avait dérobé une partie de sa personnalité. Il semblait à Charles que le fier guerrier de l'Est du Rhin avait capturé un morceau de son âme et qu'il le gardait précisément avec lui. Cette idée plaisait à Charles, elle lui tenait compagnie lorsqu'il se sentait seul. Erik était devenu en très peu de temps essentiel à son paysage quotidien. Il l'avait embrassé… il l'avait embrassé comme si Charles était vivant, comme s'il essayait de lui rendre la chose agréable et surtout il l'avait regardé dans les yeux et il n'y avait pas trouvé une seule trace de perversion…

Enfin la petite caravane de son maitre remontait la pente douce qui menait à l'entrée de la villa. Au croisement en contre-bas la petite troupe se sépara, les gladiateurs, rudement escortés, longèrent la bâtisse pour accéder au ludus par l'arrière, tandis que Shaw se présentait glorieux aux portes de sa maison. Charles s'inclina à sa vue.

- Une journée bénie par les Dieux ! s'enorgueillit le maître des lieux en passant devant Charles pour rejoindre les bains.

- Les combats ont été satisfaisants Dominus ? s'enquit l'esclave en suivant à la trace son maître.

- Largement ! mes gladiateurs se sont montrés forts et belliqueux sur le sable de l'arène ! Une journée qui a marqué les mémoires et rempli ma bourse ! Ma femme est restée chez une amie à elle, ainsi que ma fille, elles nous rejoindront plus tard. Ce soir, je suis célibataire ! s'amusa Shaw en pénétrant tel un empereur dans sa pièce dédiée aux bains.

- Souhaitez-vous des musiciens pour accompagner votre bain, Dominus ? questionna Charles tout en aidant Shaw à se dévêtir promptement.

- Non, le seul bruit que je souhaite entendre c'est celui de ta bouche le long de ma verge ! Toutes ces victoires m'ont donné l'humeur joyeuse et je veux prolonger ce moment de béatitude avec tes bienfaits !

Charles fit signe aux esclaves présents de se retirer. Lorsque son maître souhaitait s'adonner à ce genre de plaisir, il n'aimait pas les regards indiscrets, fussent-ils aussi creux que ceux d'esclaves. Rapidement Shaw s'installa dans l'eau, Charles prévoyant qu'il voudrait boire lui prépara un verre de vin en provenance du Sud de Rome, un peu âpre, mais très goûteux, puis il retira à son tour son habit, qu'il cacha dans un recoin de la pièce et entra dans l'eau. Charles était rassuré, si un des gladiateurs avaient été blessé, ou pis, jamais son maître ne se serait laissé aller à ce genre de distraction : Erik allait bien ! Voilà ce que cela signifiait ! Le reste n'avait que peu d'importance aux yeux de Charles. Si son Dominus réclamait une fellation, il allait la lui donner sans broncher. C'est ce qu'il avait toujours fait et c'est ce qu'il ferait toujours. Le seul inconvenant à le faire dans le large bain creusé et dallé de marbre, c'était qu'il lui fallait faire son affaire sous l'eau et prendre de longues et profondes respirations entre chaque moment passé sous l'eau. Néanmoins Charles n'en était pas à son coup d'essai et bien que cela lui fût inconfortable, il donna pleine satisfaction à son maître, qui une fois repus et vidé de toute énergie, se prélassa dans l'eau chaude. Charles quitta le bain et ordonna aux esclaves de venir le masser. Charles enfila sa tunique sur sa peau mouillée, il sécherait bien vite avec cette fin de journée aride, accompagné d'un fort vent de l'Ouest. Sa peau sentait la lavande, parfum dû aux huiles qu'il avait lui-même distillé dans l'eau avant l'arrivée de Shaw. Maintenant que son maître était en train de se prélasser, Charles eut envie de descendre voir Erik. Il pensait à lui avec une intensité si aigue, qu'il était presque sûr que le blond le ressentait. Charles imagina sans peine le gladiateur dans les petits termes réservés aux habitants du ludus. Entrain de laver sa peau de la sueur, du sable et du sang accumulé dans la journée. Charles mourrait d'envie d'assister à cela et plus encore d'être celui qui épongerait le corps nu d'Erik… oui… il n'aspirait qu'à cela.

- Charles ? héla Shaw pour la deuxième fois le tirant non sans mal de sa rêverie.

- Pardon Dominus.

- Je me demande où ton esprit est allé s'égarer pour ne pas faire attention à la voix de ton Maître ? gronda sans méchanceté Shaw.

- Veuillez me pardonner, cela ne se reproduira pas.

Le maître ne répondit pas, il fit la moue et enchaîna comme si de rien n'était :

- … Peux-tu faire venir du bordel de la ville quatre belles prostituées ?

- Oui, Dominus.

- Je veux qu'elles aillent dans les cellules de mes meilleurs combattants du jour, pour les récompenser de leur bravoure. Pour les autres, seulement du vin.

- Je pars au bordel de ce pas.

- N'y va pas seul, prends deux gardes avec toi… paie le tenancier content. Tu déposeras les filles chez Alstère, Krankan, Julius et Erik.


Pour celles et ceux qui ne connaissent pas la série dont je me suis inspirée: foncez la voir! :D

Merci encore de m'avoir lue et n'hésitez pas à me laisser vos avis!

A très vite !