Et voilà le dernier chapitre de ma fiction!

J'espère que cette histoire aura su vous garder en haleine jusqu'à la fin !

Bonne lecture !


Charles marchait depuis… il ne savait plus depuis combien de temps ses pieds suivaient la cadence imposée par le chariot. Sa notion du temps lui semblait lointaine. Il avait l'impression d'être traîné depuis des heures, des jours. Il avait soif, ses pieds étaient nus dans la terre, sur les pierres, mais son regard ne lâchait pas celui d'Erik. Erik cette bête sauvage enfermé dans sa cage de métal. Erik serrait ses barreaux à s'en couper les paumes de rage. Il avait hurlé, secoué sa cage et finalement, il c'était tut, voyant que chacune de ses rebuffade infligeait à Charles un coup de pied ou de poing de la part des soldats romains.

Il regardait désemparé l'amour de sa vie être battu et obligé de marcher à sa suite. Charles était puni par sa faute ! Charles souffrait à cause de lui ! Jamais Erik ne pourrait se le pardonner. Alors il regardait Charles, il le regardait avec tout l'amour et l'intensité dont il était capable. Peu à peu son esprit échafaudait un plan, il ne pouvait en piper mot à Charles, mais en gros cela consistait à la prochaine occasion à distraire les romains pour permettre à Charles de fuir. Cette occasion ne se présenta pas durant quatre jours, dans la nuit du cinquième, alors qu'ils avaient établi un campement dans une large plaine dégagée, l'occasion se présenta enfin. Charles était couché, le corps endoloris, les pieds enflés et ses poignets en sang, étranglé par ses liens. Il était couché, mais ne dormait pas, lui aussi échafaudait un plan. Et il allait le mettre à exécution. Il attendit que le soldat qu'il attendait s'approche enfin pour entamer son plan. Quand enfin le soldat chargé des clefs s'avança dans la nuit, torche à la main, Charles se redressa. Il n'avait pas parlé depuis des jours, il n'en avait pas eu le droit, à chaque mots qu'Erik ou lui prononçait, les coups pleuvaient. Charles avait gardé sa langue clouée dans sa bouche, mais cette nuit, il allait la délier. Il allait en user pour libérer Erik et sauver leurs vies.

Charles avait noté le regard glissant de cet homme, il avait compris les vices qui animaient son corps et la manière dont il avait dévisagé Erik en disait long sur le fond de ses pensées. Ce soldat, qui était en charge des clés, avait un penchant pour les hommes. Et bien qu'il ait sans nul doute préféré se satisfaire d'Erik, Charles allait s'imposer à lui et faire ce qu'il savait le mieux : servir au plaisir d'un autre avec son corps.

- Bonsoir, chuchota Charles en se redressant et secouant légèrement la tête pour dégager son visage mettant volontairement en lumière ses yeux bleus.

La torche se refléta dans ses prunelles, enflammant ses yeux d'azur pour le soldat qui s'immobilisa, prêt à le battre pour avoir osé parler.

- Je me demandais ce que je pourrais faire pour vous satisfaire ?

- Pardon ?! s'insurgea le soldat retenant sa main d'étonnement.

- Je me disais qu'un homme tel que vous, en campagne depuis si longtemps, devait avoir des besoins.

- Qu'essaies-tu de faire ?!

- Je n'essaie rien, je propose juste.

- Proposer quoi ?

- Ça…

Charles écarta ses cuisses avec un regard plus qu'explique et enfiévré. Il abattait toutes ses cartes dans cette démonstration. Erik qui dormait à trois mètres de lui n'entendait rien, sinon il se serait interposé, il aurait protesté, il aurait hurlé de rage.

Le soldat resta une seconde interdit, regardant les cuisses offertes de Charles et ses camarades qui n'étaient qu'à quelques mètres d'eux. Finalement, il s'accroupit devant Charles, il tenait toujours sa torche dans la main, mais désormais il se voulait plus discret.

- Pourquoi tu me fais cette offre esclave ?

- Je n'aspire qu'à vous servir.

- Foutaise ! La vérité ou je t'étrangle !

Charles savait que ce n'était pas des paroles en l'air, alors sans se départir, il releva peu à peu sa tunique dévoilant son corps nu. Il vit nettement que le spectacle qu'il offrait au soldat était plus qu'excitant.

- J'en ai envie, souffla Charles.

- Mensonge, répliqua dans un souffle court le soldat.

- Si…

- Tu espères de la clémence de ma part en échange ?

- Non…

- Bien, car tu n'en auras pas !

La torche s'écrasa dans le sol, les mains terreuses et calleuses du soldat s'emparèrent des cuisses tendres de Charles. Il l'attira sous lui et le pénétra en lui plaquant une main sur la bouche pour faire taire les potentiels gémissements de Charles. Cependant l'esclave avait depuis longtemps apprit à faire taire tout son lorsqu'il se donnait de cette manière. Le soldat lui gronda tout en agitant son corps dans celui de Charles. Il était tout à son affaire tandis que le jeune Charles, les mains toujours liées et écrasées entre leurs deux ventres, était rentré en action. De ses doigts agiles il récupéra les clefs et les dissimula sous lui. Charles donnait le change, il mimait le plaisir, il ondulait lascivement, il attendait que cela se passe, il faisait le moindres de bruit possible pour qu'Erik ne se réveille pas. Le soldat finit par éjaculer après de longues minutes laborieuses, Charles sentit le membre de celui-ci redevenir mou avant de se retirer. Le soldat se releva, en sueur et heureux. Il ramassa la torche qui avait entamé le gazon autour sans déclencher d'incendie.

- Tu en pipe mot à quiconque et je te bats jusqu'à ce que tu finisses infirme, avertit l'homme en réajustant ses habits.

- Je ne dirais rien, promis Charles qui était sincère : personne ne saurait comme il avait obtenu ces clefs.

Le soldat, regarda Charles, il ne comprenait toujours pas pourquoi ce petit esclave c'était donné de cette manière, mais il s'en moquait à présent. Il avait soulagé sa pulsion, il s'assura que le gladiateur était toujours bien là, puis disparut dans la nuit. Charles attendit quelques minutes, tout d'abord pour que les battements affolé de son cœur se taisent, mais aussi pour s'assurer que personne n'allait repasser. Le soldat ne c'était pas aperçu de la supercherie, Charles devait agir vite. Il commença par se détacher les poignets, puis, s'essuya la semence de cet homme avec une touffe d'herbe grasse. Ensuite il devint une ombre silencieuse et glissa contre le chariot, il grimpa dessus dans provoquer le moindres son. Il fourra la clé dans la serrure et ouvrit la porte toujours avec le même silence qui le caractérisait. La cage ouverte, Charles se pencha tremblant d'émotions sur Erik, il lui caressa la joue râpeuse avec tendresse. Erik ouvrit les yeux comme un chat prêt à bondir.

- Charles ?

- Vite, nous n'avons pas beaucoup de temps.

Erik comprit que ce n'était pas le moment des questions, il se contenta se presser avec douceur la main de Charles, puis il le suivit dans la nuit. Les deux hommes s'éclipsèrent alors que la nuit leur offrait le couvert pendant encore trois heures. Trois heures qu'ils devaient absolument mettre à profit pour mettre autant de distance possible entre eux et ces foutus romains !


A l'aube Erik et Charles embarquaient sur un petit voilier qu'ils avaient volé dans le port d'une petite ville maritime de la région. Le soleil teintait le monde d'orange et l'eau miroitait avec paresse l'astre, éclairant le chemin vers les terres suivantes : vers la liberté. Le vent était favorable et Erik savait tenir une barre. Charles à l'avant regardait les flots se fendre sous la coque délicate. Il avait l'impression de n'être qu'une coque de noix sur cette mer.

- Où allons-nous ? s'enquit Charles qui ignorait tout de la géographie et de la limite du mot.

- On traverse la mer adriatique, d'ici quelques heures nous seront de l'autre coté sur des rivages plus abruptes et nous disparaîtrons.

Charles avait la gorge serrée. Ils étaient libres, mais il avait perdu Raven.

- Tu vas me dire maintenant comme tu as obtenu les clefs ?

- Je les aie volés, dit Charles en essuyant une larme qui coulait sur son menton.

- Comment ?

- Je suis doué avec mes mains, le soldat ne s'est aperçu de rien.

- Comment as-tu fait pour tromper sa vigilance ? questionna Erik qui soupçonnait déjà la vérité.

- Il dormait à côté de moi, mentit Charles heureux de regarder vers l'avant pour qu'Erik ne puisse discerner son mensonge.

- Ah…

- Nous irons chez toi ? Chez ton peuple ?

- Oui.

Erik comprit ce qu'avait fait Charles dans sa façon de détourner la conversation. Il serra la mâchoire. Il avait échoué dans sa mission, il avait échoué à protéger Charles. Il n'avait pas pu l'empêcher de commettre cet acte. Charles c'était à nouveau avili pour lui, pour sa liberté. Erik lâcha la barre et s'approcha de son amant, il l'enserra dans ses bras, embrassant le sommet de son crâne, regardant dans la même direction que lui. Décidément ce jeune homme était plus fort qu'Erik ne l'aurait cru. Il encaissait sans rien dire, il subissait en silence, mais c'était fini et cette fois pour de bon. Fini.

- Plus personne d'autre que moi ne posera les mains sur toi mon amour, jura Erik au creux de l'oreille du brun. J'en fais le serment sur ma vie, tu n'aurais plus jamais à te donner à qui que ce soit.

Charles déglutit, il agrippa les bras d'Erik, comme s'il s'agissait d'une bouée. Alors comme ça le gladiateur avait deviné ?

- Je t'aime plus que ma vie, continua sur le même ton rempli d'amour et de promesse d'Erik.

- Je t'aime aussi, chuchota Charles ému.

- Embrasse-moi.

Charles pivota sur son siège et leurs bouches se retrouvèrent. Charles avait faim d'Erik, il l'embrassa, aspirant sa langue, mordillant ses lèvres. De ses mains il l'attira contre lui, s'allongeant dans le fond de petit navire. Erik le corps en feu immédiatement, serra la mâchoire, il ne demandait pas mieux que de faire l'amour avec le brun, mais, si personne ne guidait la barque dieu seul sait où ils allaient finir par arriver !

- Quand nous serons en sécurité, promit Erik en caressant le visage de Charles avec un sourire tendre.

- Cela pourrait être dans longtemps, gémit le brun qui sentait sa verge enfler dangereusement.

- Charles, je…

Les yeux d'Erik tombèrent sur l'évidence et sa gorge s'assécha dans la foulée. Non, il devait rester lucide, il devait guider le navire, il ne devait pas céder à l'appel de chair, non, il ne pouvait pas faire ça…

- J'en aie très envie, mais…

- Erik, fais-moi l'amour, demanda Charles toujours allongé sur le bois du bateau.

- … Je dois faire en sorte que nous arrivons à bon port.

- Le vent nous pousse dans la bonne direction.

- Oui, mais qui va tenir la barre.

- Fais un nœud avec de la corde pour que le gouvernail ne change pas de cape et ensuite, fais-moi l'amour Erik.

Le sang battait aux tempes du gladiateur qui regardait son amant se mettre nu sous lui. Toute cette étendue de peau tendre, qui ne devait qu'à être goûtée, embrassée et caressée. Erik céda sous le regard bleu intense de Charles, ce regard qui lui faisait perdre la tête. Il fit ce que Charles avait suggéré et une fois le gouvernail bloqué dans la bonne direction, Erik laissa tomber ses habits et il s'allongea à son tour. Charles se redressa et passa à califourchon sur lui. Il se pencha et embrassa goulûment Erik tout en faisant coulisser son corps impatient sur le gladiateur. Il inséra le sexe dur d'Erik en lui et gémit avant de lui mordre l'oreille. En quelques secondes Charles oublia les pitoyables efforts du soldat, il oublia sa peur et sa honte, il oublia tout. Avec Erik entre ses cuisses, il se sentait beau, fort et aimé. Les mains à plat sur le torse d'Erik il imposait sa cadence prenant un malin plaisir à faire languir son amant avant de donner un rythme soutenu. Ils gémissaient avant de prendre conscience que sur les flots personne ne pouvaient ni les entendre, ni les surprendre. Alors leurs cris se libérèrent et ils emplirent l'air de sons inarticulés, de demandes sensuelles et de bruits obscènes.

- Plus fort ! Plus fort ! exigea Charles en plongeant vers Erik pour l'embrasser.

- Charles !

- Plus fort ! Oh oui !

- Encore ?

- Comme ça… Hum… Oui !

- Regardes-moi… regardes-moi Charles…

Leurs baisers étaient fougueux, ils brûlaient l'un contre l'autre et le soleil faisait luire leurs peaux en sueur.

- Je vais jouir… Je vais…

- Vas-y, je te regarde…

- Encore… Encore…

- Tu es si beau Charles…

- Encore… je vais jouir…

Le brun explosa en milliard de pièce, tout son être exulta tandis qu'il était foudroyé de plaisir. Erik ondulait doucement en lui, Charles tremblait et sa semence brillait sur le torse du puissant gladiateur.

- C'est si bon… si bon…

- Je t'aime.

- Je t'aime Erik… Continue… Tu vas jouir, je le sens.

- Oui, je ne tiendrais plus longtemps.

- Ne t'arrête pas.

- Tu es si beau quand tu jouis.

- Toi aussi.

Erik frappa encore une fois, puis il sentit la puissance de l'orgasme le soulever du fond de la cale pour le faire atteindre les cieux et tandis que son sexe se déversait dans un flot généreux, son corps entier fut envahi par une félicité sans fin. Il était avec Charles dans une extase qu'il ne voulait pas voir prendre fin.

- Je t'aime, répéta Charles en l'embrassa sur le menton.

Les dents nacrées du brun mordillait à présent son menton négligé, râpant ses lèvres sur cette barbe de plusieurs jours. Erik ébahit par le bonheur, captura Charles dans ses bras et embrassa encore et encore jusqu'à plus soif. Ils riaient, heureux, ils étaient libres, ils s'aimaient et le monde n'avait pas de limite.


- Tu crois qu'on sera toujours comme ça ? demanda Charles allongé contre Erik la tête lovée sur son épaule.

- Nus et pantelants ? s'amusa Erik en tirant amoureusement sur une mèche de cheveux de Charles.

- Non, heureux à en mourir ?

- Oui.

- Oui ?

- Oui, on sera toujours heureux tant que l'on est ensemble.

Charles rassuré et satisfait par la réponse enfouit son nez de le cou d'Erik pour aller déposer un baiser salé.

- Crois-tu qu'un jour on recroisera Raven et Logan ? et les autres ?

- Pour les autres, je ne sais pas, pour Logan et Raven, oui, on les retrouvera un jour, et ils auront une flopé de petits aussi beaux que forts.

- Tu le crois sincèrement qu'un jour nos vies se recroiseront ?

- Oui… je le sens. Logan est comme moi, il protégera Raven et l'emmènera loin du tumulte de Rome. Ils seront en sécurité et pour longtemps et avec de la chance on se retrouvera.

- Tu crois en la chance ? s'étonna Charles.

- Oui, depuis qu'elle m'a mise sur ton chemin, j'y crois.

Charles embrassa à nouveau Erik.

- Nous serons heureux Charles, je te le jure. Et même si nous n'aurons pas d'enfant pour laisser notre empreinte dans ce monde, je te jure que notre histoire sera gravée au panthéon de l'amour.

Charles leva sa main en direction du soleil, Erik leva la sienne et leurs doigts s'entremêlèrent.

- Je te rendrais heureux Charles.

- Je le suis déjà.

- Jamais ma vie n'avait autant compté que depuis que je te connaisse.

- Moi je ne savais pas ce que c'était que de vivre.

La coque du bateau cogna contre un rocher, ils se redressèrent. Devant leurs yeux s'étendaient une plage de cailloux gris et derrière une forêt verte et sombre.

- Nous sommes arrivés, commenta Erik en descendant du navire avant de s'habiller de nouveau.

- Nous sommes loin de tes terres ?

- Oh oui… il va falloir marcher.

- Tant que je suis avec toi, je veux bien marcher des milliers d'années.

Erik regarda Charles passer à nouveau sa tunique et mettre des sandales qu'ils avaient volé au village portuaire. Il le trouva beau.

- Tu es prêt ?

- Oui.

- Alors en route, pas une seconde à perdre, le chemin sera long et pourtant je n'aurais probablement pas suffisamment de temps pour t'enseigner les bases de ma langue maternelle.

- Je dois parler ta langue ?

- Si tu veux te faire comprendre de mon peuple oui.

- Es-tu un professeur doux ?

- Le meilleur qui soit.

- Apprends-moi à dire : « je t'aime », se sera un bon début.

Erik attrapa Charles par la taille et lui chuchota la réponse dans sa langue rocailleuse et chaude avant de l'embrasser. Ils se sourirent Charles répéta adroitement ces quelques sons, puis ils commencèrent leur chemin à travers la forêt. Disparaissant à jamais aux yeux de Rome, enfin libres, enfin heureux et impatient de vivre ensemble.


Fiiiiiin !

Dites-moi ce que vous en avez pensé!

Encore merci mille fois pour m'avoir suivis à nouveau dans ce chemin de fiction ! :D

Je profite de ces quelques lignes pour vous écrire sur un sujet qui me tient à cœur: mon livre.

En effet j'ai écrit un roman qui va sortir le 8 décembre chez Rebelle Editions sous le titre: "Le projet Eden", si vous aimez mon style et mes histoires, n'hésitez pas à vous plonger dans ma nouvelle création!

Merci encore pour tout! Laissez-moi un petit commentaire ça fait toujours plaisir ! :D

Belle journée à vous !

Nebuleuse