Plus rien ne ressemblait à rien.

Son atelier qui était autrefois un condensé des technologies les plus avancées et les plus performantes de ce siècle ressemblait maintenant plus à une grotte post-apocalyptique. Les volets étaient fermés et le seul éclairage provenait de néons blancs à la lumière tremblotante, des pièces de métal gisaient sur le sol, morceaux épars de quelques armures reposant dans un coin de la pièce. Des cadavres de créations défectueuses, leurs regards froids posé sur un sol sale qui avaient plusieurs fois étaient marqués par le feu. La pièce puait l'alcool, le brulé et un certain sentiments de fatalité. Cela faisait des mois que toutes ses tentatives se soldaient par un échec, au point qu'il eut l'impression que c'était une entité qui planait sur tout ce qu'il entreprenait. Cette frustration devait surement être amplifiée, si elle n'était du, par le départ de Pepper. Elle s'était cassée il y a des mois, peut-être un an, pas qu'il n'en avait rien à foutre mais lorsqu'on est seul on accorde au fond peut d'importance aux petites temporalités de 24 heures qui défilent. Lorsqu'on lui avait demandé pourquoi, il avait simplement répondu qu'elle avait eut peur, sans d'autres clarifications. C'était après une énième mission incluant les Avengers, un énième méchant qui pousse des rires machiavéliques en détaillant ses désirs de conquête et qui finit face contre terre après l'intervention du boys band de la justice. Ce n'était pas allée jusqu'à devenir un quotidien, mais la mission lui avait presque laissé une sensation de banalité, son cerveau avait finit par enregistrer que sauver le monde c'était son job. Mais l'important ici c'était surement qu'il était une énième fois revenu blessé, le visage animé d'un regard dément, subjugué par les technologies de l'ennemi et par tout ce qu'il avait à faire pour les contrer au cas ou en reviendrait une version plus élaborée, après chaque mission il s'enfermait pour créer une ligne de défense plus performante. Alors qu'il était censé être en convalescence pendant des mois il brulait ce qu'il lui restait d'énergie dans un atelier surchauffé, le corps et l'âme prisonniers dans des lubies qu'il mettait trop de temps à saisir, il mettait trop de temps à redevenir sain lorsqu'il sortait du champ de bataille. Chacun de ses actes, chacune de ses nouvelles inventions étaient empruntes d'un délire presque paranoïaque que subissait sa petite amie, lorsqu'elle pouvait le voir. Bien que les étincelles de son génie n'ait en rien été altérées par ce comportement, ce qu'il restait de lui souffraient sans qu'il s'en rende réellement compte. Il était toujours loin de tout, loin des autres, sale et débraillé, couvert de sueur et de cambouis, mangeant et dormant à peine. Si ses capacités n'avaient jamais autant palpiter au point qu'il ressente son activité jusque dans sa lumineuse poitrine, il n'était plus qu'une ombre pour les autre. Cet état n'était pas forcément constant, mais il passait trop de temps à la frontière de son esprit, il lui arrivait de ne parfois plus se rendre compte que d'autres existences se superposaient à la sienne, et que certaines lui étaient même vitale. Lorsqu'on lui avait demandé pourquoi Pepper était partit, il répondait simplement qu'elle avait eut peur. Peur pour lui, peur du quotidien des Avengers et de la certitude que la violence entrainera toujours la violence. Au fond, il avait finit par comprendre qu'elle avait simplement eut peur de lui. Et il reprit une gorgée de son putain de whisky de riche, qui aurait tout aussi bien pu être du mauvais vin ou du désinfectant, tant qu'il s'éloignait un peu.

-Monsieur vous avez reçu un message

La voix plate de Friday le tira un peu de sa torpeur. Depuis que JARVIS était devenu grand, rouge et se trimballait en costume moulant en déblatérant sa sagesse à qui voulait l'entendre, il avait du opter pour un nouvel IA. Elle était parfois moins performante que son assistant originel mais elle avait au moins le mérite de ne pas avoir conscience d'elle-même et cela empêchait Tony de trop s'attacher à la seule voix de femme qu'il entendait depuis des mois.

-Je reçois tout les jours des messages, grommela t-il, ma boite mail est l'une des plus saturées du monde, j'avais dit qu'à moins d'urgence mondiale je ne voulais rien savoir

-Ce message n'est pas sur votre boite mail. Il n'est hébergé par aucun serveur. Il s'est imposé dans mes systèmes.

-Quoi? Interrogea t-il en fronçant les sourcils. Comment peut-il simplement être là?

-Je ne saurai l'expliquer monsieur. C'est comme s'il était vivant.

-Quoi? Qu'est-ce que c'est que ce bordel...qui me l'a envoyé?

-Ce message vous a été transmis par Dag Petterson

-Dag Petterson? Ça m'étonne de sa part...et que dit-il?

-Il dit qu'il est en possession de quelques choses qu'il pourrait vous intéresser. Il vous invite à le rejoindre à son domicile pour vous en faire part.

-En Norvège? Putain à moins qu'il ait inventé un bouclier géant qui protégerait la Terre de n'importe qu'elle invasion alien je me déplace pas jusqu'en Norvège

-Il me dit de mentionner le vibranium

-Ça ne m'intéresse pas, je doute des circonstances dans lesquels il se l'ait procuré

-Il me dit qu'a coté de ce qu'il peut proposer, ce métal ne vaut pas mieux qu'une feuille de papier

-Il te dit? C'est du direct? Demanda t-il pour se donner le temps de réfléchir

-Non. Je ne sais pas. Répondit l'IA, plus balbutiante que d'habitude

-Mouai. C'est suspect. Enregistre le message.

Il se leva du coin de la pièce qu'il occupait, vacillant depuis une heure, laissant sa bouteille sur le sol. Il s'étira et sortit d'un pas fébrile de son atelier, se dirigeant vers la salle de bain la plus proche. Il se déshabilla lentement, ses gestes lourds et le regard dans le vague, son corps obéissant plus à une mécanique routinière qu'a son contrôle. L'eau chaude coula sur son corps poisseux, chose qui ne s'était pas produite depuis plusieurs jours, le liquide devenait grisâtre en s'écoulant. Il se savonna pensivement, son cerveau redevenant alerte au fur et à mesure que se répandait l'odeur du gel douche à la vanille. Il avait déjà croisé Dag Petterson lors de fête mondaine, c'était un homme d'affaires qui avait déjà hérité d'une fortune familiale conséquente et qui jusque là exerçait surtout dans l'immobilier. Il en avait le souvenir d'un homme doué dans son domaine d'activité mais insipide dans tout le reste, pas particulièrement brillant et s'habituant paresseusement à son mode de vie. Sa soudaine invasion du système de son IA et surtout la détention d'un soi disant métal qui ridiculiserait son vibranium ne lui correspondait absolument pas, c'était suspect et une petite voix moralisatrice dans sa tête prenant la forme d'un super soldat patriote lui soufflait que cela pourrait être un piège. Mais si le norvégien était réellement en possession d'un truc pareil, toutes ses tentatives pourrait se transformer en un dernier essai, victorieux cette fois. Il sortit de la douche, se sentant un peu plus en former qu'il ne l'était depuis un moment.

-Friday, dit-il en s'habillant, je part en Norvège, si je ne suis pas de retour dans trois jours dit à ma femme et mes enfants que je les aime

-Bien sur Monsieur. Seulement je ne trouve pas leurs contacts dans ma mémoire.

-Ha oui c'est vrai, les IA, le sarcasme...si je ne te signale pas que je ne me suis pas fait séquestré par un fils à papa viking, prévient les Avengers, ou du moins ceux que ça intéresserait.

-C'est noté. Je vous précise que je n'ai aucune trace du message du message de Petterson dans ma mémoire, excepté la seule adresse de son domicile.

-Il faudra que je lui demande comment il a fait pour s'infiltrer comme une fleur dans mon IA

-Ce serait judicieux. Dois-je transmettre votre destination à l'un de vos pilotes?

-Non, transmets-là dans le GPS de mon jet.

Rien de mieux que d'improviser un voyage en Norvège pour y récupérer un matériaux quasi-indestructible dont il ne connaissait pas l'existence pour vous remettre d'aplomb, au moins pendant 3 jours. Dans tout les cas il sortait de chez lui, et en plus il allait même rencontrer de la vie sociale, si quelqu'un s'en préoccupait il serait content pour lui.

-Friday, combien d'heure de vol de prévue?

-8 heures Monsieur, je vous réserve un hôtel? Ou une maison à Aurland?

-Va pour la baraque typique, transmets à Petterson que je serai chez lui demain.

Il prit un sac de sport de l'époque ou il voulait la carrure de Steve avant de renoncer après quelques tractions et y fourra quelques vêtements au hasard et le peu de nécessaire de toilettes que pouvait posséder un quarantenaire célibataire. Il se dirigea ensuite au dernier étage de la tour Stark, pour y retrouver Théodore, son jet privé dont il avait décider le nom un soir de beuverie. Il y balança son sac et démarra l'engin, après quelques réglages et la voix tout sauf chaleureuse de Friday qui lui souhaitait bon voyage, la façade de la tour s'ouvrit et laissa sortir l'engin. Il activa le pilotage automatique en sortant de New-York avant de lancer une playlist de Black Sabbath, il allait devoir occuper ses 8h de vol.

Il se réveilla vers 10h. Cela faisait un long moment qu'il n'avait pas eu une nuit de sommeil convenable, si bien que son corps s'était écroulé dés qu'il avait atterrit à proximité du petit village vers 22h30. Le village tenait plus du hameau, constitué uniquement de petites maisons en bois peintes de couleurs vives, certaines situées uniquement à quelques mètres d'un quais en bois qui faisait office de rivage. Il avait loué la seule maison disponible et était uniquement entouré de la compagnie énergétique de petits vieux. Il s'étira paresseusement, les rayons du soleil filtrait à travers les volets et donnait une atmosphère de semi-pénombre à la chambre qui ne lui plaisait pas, il détestait les grasses matinées. Il se leva et se saisit d'un paquet de cigarettes qui trônait sur sa table de nuit avant d'ouvrir les fenêtres. Si les habitants ne l'étaient pas, le cadre en revanche était très vivifiant. C'était la première fois de sa vie qu'il était aussi proche de la nature de son plein gré. Il n'y avait rien, à part l'eau éclatante du lac et les falaises qui se perdaient dans un ciel dégagé, le fjord était un doux écrin aux couleurs apaisantes, loin de tout. C'était bizarre que du vide offre une telle sensation de plénitude. Il alluma sa cigarette, se sentant virer bizarrement hippie. Il demeura paisiblement accoudé, les yeux perdu dans le paysage sauvage avant qu'un bruyant yacht qui fonçait à toute blinde vienne briser le calme. Il insulta mentalement l'abruti qui n'avait rien d'autre à foutre que d'exubérer sa thune devant une dizaine de maisons avant de réaliser qu'il s'agissait très probablement de son futur partenaire commercial. Et qu'il avait rendez-vous avec lui dans 20 minutes et qu'il était très probablement lui aussi foutrement à la bourre. Il se décolla de la fenêtre et fit une toilette express avant de s'habiller dans la pure tradition Tony Stark, il s'auto-complimenta quelques secondes devant le miroir, il avait actuellement l'air totalement sain d'esprit et bien dans ses baskets. Dans le business l'important c'est le paraitre. Il sortit de sa pittoresque maison, formulant la pensée qu'il pourrait l'acheter avant de se dire que bordel il avait pas 55 ans et se dirigea vers son jet garé une centaine de mètres en contrebas du village, son départ lui valut autant de regards ahuris que son arrivée, salut papi et mamie. Petterson habitait au milieu des falaises mais son GPS indiquait une petite piste d'atterrissage entre les hauteurs. Bordel le fjord était encore plus beau vu d'en haut et putain Tony arrête de préparer ton plan retraite si tenté que t'en ais une. Il repéra la piste du norvégien et s'aligna dessus avant d'atterrir en douceur, il l'avait aperçu du coin de l'œil et celui-ci s'avançait vers l'engin avec nonchalance. Il éteignit le moteur et descendit de Théodore. Il fut accueilli à bras ouverts.

-Stark! Clama son hôte

-Petterson, dit-il plus réservé en tendant une main vers l'autre homme

-Je vous en prie appelez-moi Dag, dit-il en lui rendant sa poignée, je déteste les noms de famille

-Pour moi c'est l'inverse. Les prénoms sont trop intimistes. Trop...fragiles.

-Le meilleur nom est celui que l'on choisit Stark, répondit son interlocuteur, un léger sourire en coin

Le norvégien avait beaucoup changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vu. Il s'était affiné, voir amaigri, son corps était grand et longiligne et ses joues creuses, mais sa grande taille et ses traits durs ne lui donnait pas un air maladif pour autant. Il avait les yeux bleus et de longs cheveux blonds attachés en chignon ainsi qu'un teint pâle qui tranchait avec ses habits sombres. Pas dégueu du tout.

-Je vous offre un verre?

-Bien qu'il soit dix heure et demie, je sais qu'il ne faut jamais refuser un verre, répondit Tony en mettant de coté le fait qu'il buvait parfois bien plus tôt

-Vous avez bien raison, répondit Dag, les yeux dans le vague

Ils se dirigèrent vers une voiture garée non loin de la piste, Stark brulant de lui parler de ce pourquoi l'autre milliardaire l'avait contacté, mais il restait encore conscient de quelques codes sociaux entre partenaires commerciaux.

-C'est joli chez vous, dit-il pour briser le silence, se maudissant pour cette brillante approche

-Je sais, répondit le conducteur sans paraitre embarrassé. Tout semble si calme en cette période de l'année mais dans quelques mois l'hiver viendra et rétablira une nature sauvage et chaotique. Pour l'instant, c'est un court répit en attendant l'inexorable.

-Partez pendant l'hiver, retorqua-t-il

-Ce serait trop facile de passer son temps au soleil. Je préfère vivre dans cette dualité.

-A votre place je céderai, mais j'admire votre détermination

-Tout ce qui nous fait du bien nous fait du mal. Il suffit de l'accepter pour pouvoir s'en jouer.

Ce que disait le gars n'était pas inintéressant mais c'était loin de construire une ambiance sympa comme Tony l'aurait voulu. Ils remontèrent rapidement vers la résidence, luxueuse mais bien piètre comparée à la sienne.

-Joli maison, commenta t-il

-Allons je sais que vous pensez que cela est bien modeste face à la tour Stark

Touché. Flippant mais touché. Ils entrèrent dans un large salon à la décoration épurée mais classieuse typique des jeunes riches. Le propriétaire des lieux se dirigea vers un petit meuble visiblement dédié aux spiritueux d'où il tira une bouteille d'un liquide ambré et deux verres.

-C'est de l'aquavit, expliqua le blond, un alcool traditionnel à base de céréales et ici parfumé à la cannelle. Bienvenue en Norvège, conclu-t-il en lui tendant un verre.

Son amabilité cachait des airs narquois et un coté séducteur presque trop évident. Ils trinquèrent.

-Est-ce que je peux vous demander comment vous avez infiltré mon IA? Demanda le brun en commençant à siroter l'aquavit

-Disons que j'ai mes ressources, répondit l'hôte qui descendait son verre en quelques rapides gorgées

-Vous avez embauché quelques hackeurs?

-Je vois que vous ne misez pas beaucoup sur mes compétences

- Vous sembliez très dubitatif sur les nouvelles technologies la dernière fois que je vous aie vu

L'autre eut l'air déstabilisé quelques secondes avant de retrouver son fin sourire, terminant son verre au passage.

-Vous devez probablement savoir que bien cacher son jeu est une tactique comme une autre lors des rencontres entre milliardaires-playboy-philanthrope.

-Oh vous avez lu mes interviews. Je suis touché.

-Et détourner le sujet de conversation vers son interlocuteur en est une également, répondit Dag avec un sourire dans la voix

Tony comprit qu'il n'arriverait pas à tirer autre chose concernant l'intrusion dans ce qui était censé être les meilleures défenses informatiques du monde, mais il nota d'essayer de le cuisiner un peu plus tard, ce qui serait facile s'il continuait à boire à cette allure. Il tenta de finir son verre cul sec mais manqua de s'étouffer, putain d'aquavit.

-Et si nous passions directement à ce pourquoi je vous ait fait venir? Demanda Petterson

-Avec joie, répondit-il

Ils posèrent tout deux leurs verres, et se dirigèrent vers une peinture abstraite plutôt quelconque qui décorait l'un des murs. Dag fit passer sa main autour du cadre avant qu'il entende un petit bruit, signalant le déclenchement d'un mécanisme. Effectivement, une ouverture apparut dans le mur, suffisamment grande pour y faire passer un homme.

-Personnellement j'ai une ouverture par reconnaissance digitale et vocale, fit remarquer le brun, soudainement prit d'une envie d'agacer l'autre milliardaire

Ils s'engouffrèrent dans la pièce cachée tandis que la "porte" se refermait derrière eux, il n'y avait rien a part le début d'un escalier en métal.

-La tour Stark est également équipé de dizaines d'ascenseurs, ajouta Tony

Il lui sembla entendre un soupir fatigué tandis qu'ils descendaient les marches.


Comme vous le savez, le review est le pain de l'auteur, et un auteur bien nourrit est un auteur plus productif...vous savez ce qu'il vous reste à faire les enfants.