Bien le bonjour, à toi, lecteur ! Bon, il faut se l'avouer, je crois que plus personne ne croyait à la parution d'une suite à cette histoire qui est en pause depuis bien des années... Et je n'en serai sûrement jamais assez désolée (d'autant que ce chapitre est assez court...). Et il est certain que je ne peux pas non plus promettre une fin à cette histoire, quoique je l'espère du fond du cœur. Ainsi, je m'excuse d'avance si ce manque de parution se reproduit. Cependant, en 3 ans, mon écriture a eu le temps de bien se métamorphoser, en bien, je l'espère. :)

Ce chapitre était déjà entamé depuis bien longtemps, mais j'ai cette fois eu le courage de le finir et d'y retoucher. Ainsi, j'espère que vous l'apprécierez. En vous souhaitant une agréable lecture à tous et toutes.

PS : Naruto est une œuvre finie, mais Kishimoto en est toujours le roi.

PPS : Je tiens à m'excuser pour les éventuelles coquilles.


Il ne savait plus quoi faire. Il ne voyait plus comment réagir, faire face à ce trop plein de détresse qui l'assaillait. Pourquoi avait-il fallu qu'il meurt, pourquoi maintenant ? Les larmes quittaient ses yeux, le laissant impuissant, sans aucun contrôle de lui-même. Lui, qui émerveillait chaque personne par sa joie et ses rires, lui, qui voyait en chaque situation une issue plus heureuse, le voilà qui s'écroulait tel un gamin. Merde ! Il aurait voulu qu'il le voit gravir les échelons. Il aurait voulu... qu'il le soutienne dans son rêve, qu'il le voit devenir Hokage, que la fierté brille dans ses yeux d'une lueur merveilleuse. Qu'il lui sourisse comme jamais il ne l'avait fait. Ce sourire qui l'avait rendu tant de fois heureux. Ce sourire que jamais plus il ne reverrait.

Ses yeux bleus déversaient sans fin une rageuse détresse et cette fois, il savait que plus personne ne pourrait l'en consoler. Il allait broyer du noir seul, sans soutien.

Seul. Comme avant.

La voix de la vieille Tsunade lui revint à l'esprit, portant des mots qui lui remuèrent les entrailles. "On ne change pas les vieilles habitudes ».

Sa réaction était honteuse, pitoyable. Frustré, il posa une main fébrile sur son visage, tentant de se cacher à lui-même l'image de sa peine. Ça faisait tellement mal ! Son cœur se resserrait plus violemment à chaque larme, ses mains se crispaient un peu plus à chaque seconde, laissant la peine incontrôlée dévaster son corps qui tremblait, comme une feuille malmenée par une impitoyable tempête. Il avait l'impression d'être une coquille vide, un être auquel on aurait retiré son essence, le laissant avec un trou béant dans la poitrine.

Jiraya ne reviendrait jamais.

« Il était exceptionnel, n'est-ce pas ? »

Naruto releva la tête, tentant d'apercevoir celui qui avait haussé la voix grave qu'il connaissait tant. Celle qui depuis peu se tapissait de mépris... à son encontre seule.

Kakashi était assis sur le banc, observant de son unique œil les insectes attirés par la lumière du lampadaire esseulé dans cette nuit noire. Son regard se baladait à travers les papillons fous alors que son visage distrait restait immobile. D'un mouvement rageur, Naruto essuya ses yeux rougis. Son coeur battait à une allure folle, affecté par la détresse qui l'empoignait comme un étau. Le chûnin tenta de se recomposer une prestance.

« Qu'est-ce que vous faites ici, senseï ? » demanda-t-il la voix enrouée, tentant de dissimuler les émotions qui l'ébranlaient.

- Je n'aime pas voir mes proches broyer du noir, répondit doucement l'argenté, l'œil toujours rivé sur la lumière artificielle. C'est bien toi qui m'avais dit que les vivants étaient trop souvent à se morfondre, n'est-ce pas ? »

- Ne vous moquez pas de moi, senseï, je vous en prie, souffla l'adolescent, les dents serrées.

Ce n'était vraiment pas le moment... Ses nerfs ne tiendraient pas longtemps si l'adulte commençait ainsi à ironiser la situation. Ainsi, il courba un peu plus le dos, préférant fixer le sol plutôt que de confronter son regard à celui de l'aîné. Après un court silence, Kakashi haussa la voix qu'il voulait quiète.

- Jiraya n'aimerait pas te voir dans cet état ; encore moins pour sa mort.

Naruto rit nerveusement et resserra ses poings qui s'étaient rougis, transis par le froid nocturne.

Qu'est-ce que vous en savez, franchement ? » Lança le blond, crispé. Il n'était pas réellement d'humeur à recevoir une morale. Qu'est-ce que son ancien maître en aurait à faire de toute façon ? Ce n'est pas comme s'il pouvait s'inquiéter pour lui.

Le jônin plaça ses mains derrière le crâne et y adossa sa nuque en reportant son œil noir sur les points lumineux qui ornaient le ciel limpide. Peut-être le vieil homme faisait-il partie de ces étoiles, désormais… Une étoile dans laquelle reposait son âme. Un soupir passa les lèvres masquées.

« Il était comme ça, c'est tout. Une sorte de lumière, qui guide les autres. »

Naruto resta silencieux. Une lumière ? L'étau qui entourait son cœur se resserra subitement, lui coupant le souffle. La douleur s'engouffra dans chaque pore de sa poitrine, et il serra d'autant plus fort les dents, cherchant à résister aux flots qui menaçaient de le submerger.

« Je ne l'ai plus, cette lumière. J'ai juste… un énorme brouillard devant moi, murmura-t-il, sentant ses yeux se mettre à picoter, la vision embrumée. Il secoua précipitamment la tête ; non, pas question que ça recommence ! Comment est-ce que je suis censé avancer dans ces conditions ? »

Sa phrase se finit en un murmure plaintif, gémissement qui s'était trop longtemps refusé le passage. Les poumons du jeune homme cherchaient impulsivement de l'air qui ne parvenait à les oxygéner. En un instant, Naruto sentit ses dernières maigres barrières émotionnelles s'écrouler face à la vague qui s'apprêtait à l'engloutir. Ses paupières se crispèrent, tentant de contenir les larmes qui menaçaient de s'effondrer, sans réel succès. Des gouttes dégringolèrent son visage qui rougit sous l'eau salée. L'adolescent baissa brusquement sa tête, serrant ses mains d'une vive force qui fit blanchir ses phalanges. Il était si impuissant face à la mort de Jiraya… si impuissant et… sans aucun appui auquel se raccrocher. Cette fois, personne ne pourrait le sauver de sa chute.

Une main saisit la sienne, le faisant hoqueter de surprise. Le contact enveloppa sa peau d'une chaleur douce, presque enivrante. Peut-être était-il en train de divaguer… Un doux rêve face au cauchemar qu'était devenu son esprit.

La poigne s'accrocha un peu plus, faisant frissonner le jeune homme dont la respiration saccadée se coupa. Il desserra les poings, tremblant imperceptiblement lorsqu'un tissu l'effleura.

« Naruto. »

Il ouvrit subitement les yeux, comme sous l'effet d'une claque, la vue toujours brouillée de larmes. Kakashi se tenait devant lui, accroupi, le fixant avec une inquiétude que Naruto n'avait pas aperçu dans ses yeux depuis bien longtemps. Il serra les lèvres, se sentant ridicule.

« Je ne veux pas pleurer, senseï. » murmura-t-il en plissant ses yeux larmoyants.

La main gantée enlaça un peu plus fermement la sienne, et il papillonna ses cils, dégageant les sanglots de sa vue. Ainsi... il n'avait pas rêvé. Il lorgna craintivement sa main tenue par l'adulte. C'était certes puéril de réagir d'une telle façon mais… ce geste le rassurait. Le contact lui allégeait la poitrine. Juste un peu…

« C'est bon, tu n'as pas à t'empêcher de pleurer. » dit l'adulte, son œil noir observant les yeux larmoyants du jeune homme. Ces yeux bleutés qui sondaient son esprit en permanence… Il secoua légèrement la tête. Ce n'était certainement pas le moment de penser à ça.

Un instant passa, le silence s'installant entre les deux hommes. Les larmes continuèrent de s'écouler sans un bruit, brillant discrètement le long des joues rougies. Le calme de la nuit accompagna cet instant de mélancolie, et, au fil des minutes qui s'égrainaient, la respiration du blond se faisait de moins en moins nerveuse. Kakashi continuait de tenir son élève, profitant de ce contact afin de rassurer le blond. Leurs yeux se sondaient, exprimant plus que mille mots ne pourraient le faire leur peine, leur compréhension, et leur réconfort.

Lorsque les larmes se tarirent, et qu'un long instant défila, ramenant un soupçon d'apaisement dans l'esprit du jeune homme, Kakashi éleva enfin la voix, énonçant ses mots lentement, le regard toujours mêlé à celui de son élève.

« Je t'avais promis un repas chez Ichiraku, tu te souviens ?

- Mmh... répondit brièvement Naruto.

- Que dirais-tu d'aller y faire un tour ? »