Ce matin, quand Seokjin se réveilla, il s'aperçut rapidement que quelque chose clochait.

En effet, nous étions en pleine période scolaire et le dortoir dans lequel logeait le grand blond était vide. Son cerveau encore engourdi par le sommeil auquel il venait d'échapper, mit plusieurs longues minutes à comprendre. Au vu des draps consciencieusement rabattus et des rideaux soigneusement repliés, de l'absence de tous ses camarades et des rayons de soleil qui dardaient pas la fenêtre de la tour, il réalisa que tout ceci ne pouvait s'expliquer que d'une manière : il était affreusement en retard.

En quatrième vitesse, il retira son pyjama aux rayures enfantines, le jeta à l'aveugle sur son lit et s'habilla avec ce qui lui passa sous la main. Certes, l'assemblage qui en résulta n'était pas des plus coquets, mais Seokjin ne pouvait se permettre de réfléchir aux associations de couleurs et de formes des variantes de l'uniforme à cet instant. Un pantalon grisâtre et une chemise d'un marron douteux sur le dos, il saisit son sac.

Tout en dévalant les escaliers interminables, il se maudit un bon millier de fois. Tous les noms d'oiseaux qu'il connaissait y passèrent et, heureusement pour lui et sa maison, personne ne le surprit à jurer de la sorte dans les couloirs. La flopée d'insultes qui avait glissée de ses lèvres lui aurait sans aucun doute valut un malus de dizaines de points. Et ses amis l'auraient étripé. Après lui avoir arraché tous ses ongles et brûlé la langue, bien sûr.

Bien qu'ils n'y paraissent pas, les élèves de Poufsouffle pouvaient faire preuve d'une incroyable cruauté. Ils avaient seulement, à l'inverse des trois autres maisons, la présence d'esprit de garder leurs querelles pour eux. Et cette année plus que les précédentes, ils redoublaient de créativité et d'ingéniosité en ce qui concernait les punitions de ceux qui leur faisaient perdre des points. Ils n'avaient que faire des excuses pitoyables tout ce qui importait était le bizutage que les fautifs subiraient. Il fallait avouer que depuis la rentrée scolaire, en septembre, la compétition faisait rage d'une manière sans précédent entre les quatre maisons et chaque point pouvait creuser l'écart significativement.

Quoiqu'il en soit, Seokjin déboula enfin dans le couloir menant à la salle commune. Le pauvre blond crachait à moitié ses poumons. Toutefois, il ne marqua même pas une pause et poussa d'un air décidé la double porte.

Une centaine de têtes se tourna vers lui et ces regards insistants firent fondre l'assurance de Seokjin. Celui-ci tâcha de se faire oublier hâtivement en rejoignant ses amis à grandes enjambées.

— On a bien cru que tu n'arriverais jamais, Jinnie !

Devant les réflexions moqueuses de ceux qu'il pensait être ses alliés, il préféra sagement ignorer afin de déguster toujours vite son petit déjeuner. Sans prendre la peine de tartiner ses toasts, il fourra dans sa bouche une tranche de pain et une cuillerée de confiture. Après tout, pensa-t-il, son estomac ferait très bien le travail à sa place. Les rires sadiques de ses quatre amis l'arrachèrent à ses pensées sur la mastication et la digestion de la confiture de coings.

— Vous avez pas fini de vous foutre de ma gueule ? cracha Jin, postillonnant ses miettes sur la table massive.

— Sortez vos parapluies !

— On utilise vraiment des parapluies dans cette situation ?

— J'hésite. On est pas tout les jours confronté à une pluie d'un solide comestible !

— Comestible, c'est vite dit. C'est quand même plein de bave, cette merde.

— Vous pouvez pas vous la fermer trois secondes ?

— Attention, il parle !

— Aux abris !

Les deux jeunes filles assises en face de lui firent mine de se réfugier sous la table, tandis que son voisin, Yoongi, riait à gorge déployée. Ce démon ne s'esclaffait jamais autant que lorsque tous s'alliaient contre Seokjin. Enfin tous, seulement lui, et les deux filles brune et blonde, respectivement Jisoo et Yerin. La cinquième personne qui composait ce petit groupe inséparable n'interférait pas dans leurs joutes vocales, des gamineries selon elle. Umji, car c'était le nom de cette jolie fille à la chevelure marron glacé, privilégiait la lecture et l'érudition aux stupidités qui pouvaient passer la barrière percée des lèvres de ses amis. Quand ceux-ci ne dormaient pas. Parce que, comme tout un chacun le savait, l'activité principale des Pouffesouffle restait le repos. Doucement le matin et pas trop vite le soir, telle était la devise, le leitmotiv de Yoongi, au grand dam de la petite intellectuelle.

Cinq bonnes minutes durant, le pauvre Seokjin, déjà exténué par sa cavalcade dans les couloirs, supporta les bêtises de ces trois idiots. Ces dits idiots s'acharnaient, avec l'espoir que Jin craque enfin et que l'un d'eux remporte son pari sur la résistance mentale du blond.

— Mais vos gueules, bordel !

Le rugissement de Seokjin acheva les trois, qui s'écroulèrent sur la table, pliés en deux. Dépitée, Umji releva le regard du livre de zoologie qu'elle ne lâchait pas depuis plus d'une semaine. Elle fronça les sourcils et laissa glisser un grognement mécontent :

— Moins fort ! Si on t'entend, tu sais ce qu'il t'attend, n'est-ce pas ?

Seokjin ouvrit sa bouche pour répliquer, agacé que tous ses amis se liguent contre lui, lorsque la belle intellectuelle fourra un chou à la crème entre ses lèvres. C'était le seul moyen qu'elle avait trouvé afin de l'empêcher de prononcer les mots grossiers qui allaient emplir l'air. De son air sévère, elle reprit, observant du coin de l'œil Jin s'étouffer avec la pâte feuilletée :

— On a cours là. Et si vous ne voulez pas arriver en retard, vous feriez mieux d'accélérer le mouvement.

Sa phrase fut ponctuée du froissement des pages de l'imposant ouvrage qu'elle glissa sous son bras, avant de s'éclipser. L'assiduité de la plus jeune des cinq amis les étonnait toujours, mais ils avaient fini par s'habituer à cette façade hautaine, camouflant un cœur tendre. Sa cape bleu marine disparut derrière les battants de la porte principale, sans que les quatre idiots restants n'aient esquissé un geste. Pourtant, Umji était loin d'avoir tord. Ils devaient être présents dans moins de cinq minutes à leur cours de botanique, dans la serre numéro 4. Et celle-ci se trouvait à l'opposé exact de leur position. S'y rendre à pied aurait pris un bon quart d'heure, ce qui excluait immédiatement cette option. Ne leur restait qu'à trouver le moyen de se déplacer rapidement dans les couloirs de l'établissement, et pour cela, ils avaient déjà leur petite idée.

— Jisoo, on est à la bourre, non ?

La superbe brune, qui avait sans aucun doute dû être mannequin dans une autre vie, releva son regard sombre vers Yoongi. Les joues gonflées, remplies de compote à l'ananas, il répéta sa question.

— Evidemment, ça t'étonne vraiment ? C'est pareil tous les jours. Faut vraiment que ton cerveau s'active, et que tu réfléchisses un peu.

— J'ai juste demandé, je voulais pas me faire insulter, hein.

— Les mecs, vous pourriez pas arrêter de parler la bouche pleine, intervint Yerin, en rangeant ses affaires dans son sac. C'est vraiment dégueulasse et comme on est tout le temps en retenue, c'est nous qui nettoyons vos merdes.

— On est pas tout le temps en retenue !

— Non, c'est vrai. Le reste du temps, c'est juste que vous vous êtes pas fait prendre pour vos conneries.

— Juste, Yerin. Pourquoi tu parles comme si tu participais pas ? Tu es toujours la première partante !

— Ne pose pas trop de questions Yoongi. Sinon, tu vas finir comme l'année dernière.

Aussitôt, le brun désigné cessa toute action. Les réminiscences désagréables de ces évènements passés suffisaient à le décourager. Il avait encore en mémoire les douloureuses ecchymoses que lui avaient laissé les heures passées, la tête en bas, les pieds attachés au Saule Cogneur de l'entrée. Face à sa mine effarée et effrayée, Yerin éclata de rire, puis elle se leva. Les bras croisés, elle toisa les deux jeunes hommes jusqu'à ce qu'ils suivent le mouvement, par peur des représailles. Cette fille avait un visage d'ange, mais ses idées sournoises témoignaient de la présence d'un démon au plus profond de ses entrailles.

— Nos balais sont restés dans la réserve du terrain d'entrainement, non ?

— Aucune idée.

— C'est moi qui les ai rangé hier soir, glissa Seokjin.

Le petit groupe sortit de la salle principale en discutant, alors que de nombreux élèves, dont les cours débutaient plus tard, se prélassaient encore. Ils mangeaient tranquillement leur petit-déjeuner, sous les yeux envieux de Jin. Les jambes de ce dernier supportaient très mal l'exercice, surtout quand celui-ci était imprévu, et elles tremblotaient sous son poids.

— Et tu as fait comme d'habitude ?

— Bien sûr, tu me prends pour qui, Jisoo. On ferme jamais le cadenas.

— Je comprends pas qu'on nous laisse toujours…

Yoongi n'eut pas le temps d'achever sa phrase que les deux filles lançaient d'un mouvement élégant de baguette, leur sortilège favori : le sort d'Attraction. À l'autre bout du corridor de pierre glacial, aux murs ornés de flambeaux et de tableaux d'un style empire, retentit un grand fracas. Des écoliers, certainement plus respectueux des règles, laissèrent échapper des plaintes bruyantes lorsque quatre balais fendirent l'air à leurs côtés. Ils s'écartèrent afin de céder le passage à ces morceaux de bois fous, qui louvoyèrent quelques secondes avant de rejoindre la main de leurs propriétaires.

Il paraissait logique que l'usage de balais, ou de tous types d'engins volants, soit prohibé au sein de l'établissement. Et pourtant, comme avait tenté de le dire Yoongi un peu plus tôt, ce n'était pas la première fois qu'ils enfourchaient leurs montures respectives, avec l'espoir de rattraper leur habituel retard.

Braillant de manière peu discrète, et ils n'en avaient que faire, les quatre idiots parcoururent les couloirs. Leurs chevelures ondoyaient sur leurs crânes sous l'effet du vent, créé par la vitesse à laquelle ils se déplaçaient. Plusieurs élèves vagabondant dans l'attente du début des premiers cours, les reconnurent, car il fallait avouer que la bande de Poufsouffle s'était forgée une réputation. La quasi-totalité de l'établissement connaissait leurs visages et ils étaient nombreux à s'indigner de l'impunité qui les concernait.

Les jambes enroulées autour du manche de chêne, Jisoo écarta les bras. Du bout des doigts, elle frôlait les murs lorsqu'elle aperçut une tête familière au loin. Avec l'agilité propre à la capitaine de l'équipe de Quidditch des Poufsouffle, elle diminua son altitude, jusqu'à longer le sol et attrapa au passage Umji, qui lâcha un cri de surprise.

— Jisoo ! Lâche-moi ! J'ai failli avoir une putain de crise cardiaque !

Ses amis s'esclaffèrent à l'entente des grossièretés prononcées par la petite brune. Puis leurs rires se calmèrent immédiatement quand une voix de stentor, dans leur dos, les rappela à l'ordre :

— Vous cinq, pied à terre. Tout de suite.

Dès que le dernier son eut atteint les tympans des cinq inconscients, ceux-ci se précipitèrent au sol. L'intonation et le timbre ne s'apparentaient à aucun autres et ils savaient à quel point ils risquaient gros s'ils n'obéissaient pas dans la seconde. Leurs regards se croisèrent, exprimèrent l'inquiétude qu'avait fait naitre cette voix au creux de leur gorge.

— Regardez-moi.

Lentement, si lentement qu'ils eurent le temps de souhaiter mourir une dizaine de fois plutôt que d'affronter le monstre, ils se retournèrent. Kang Daesung, professeur de botanique, les scruta comme s'il découvrait leurs traits pour la toute première fois, alors que ce n'était évidemment pas le cas. L'homme aux épaules carrées occupait le statut de chef de la maison Poufsouffle et les exactions de ces candides brigands ne lui avaient pas échappé. Combien de fois avait-il entendu des professeurs se plaindre de leur attitude infecte ? Combien de fois avait-il feint ignorer l'identité de ces adolescents sans vergogne ? Bien trop de fois à son goût et aujourd'hui, l'occasion semblait idéale pour réaffirmer une autorité qui avait visiblement été omise.

Les yeux plissés, il se pencha d'abord vers Umji, dont le sang ne fit qu'un tour. Si elle ne s'était pas liée d'amitié avec ces idiots, jamais elle ne se serait retrouvée embarquée dans leurs multiples délits. Seulement il avait fallu que dès son arrivée dans l'établissement, elle rencontre Yerin, la pire personne qui soit quand on désire respecter les règles. Daesung ne permit pas à notre jolie petite tête brune de réfléchir plus longtemps :

— Mademoiselle Kim Umji, oserez-vous me dire que je me trompe si j'affirme vous avoir entendu jurer ?

— Non, Professeur.

— Et vous utilisiez un balai, pour vous rendre en cours. Est-ce un comportement à adopter selon vous ?

— Non, Professeur.

— Vous avez conscience que je ne peux tolérer de tels agissements, n'est-ce pas ?

Dans le cœur de Yoongi, Jisoo, Yerin et Seokjin, naquit de manière inédite un sentiment de culpabilité. La prudente et sage Umji avait toujours suivi le mouvement de ses imbéciles d'amis et les quelques réprimandes qui en avait résulté, avaient donc été moindres. Sauf que ce jour-ci, dans ce couloir gelé, elle jouait le rôle d'exemple pour tous. La punition qu'elle allait subir serait injuste. Et s'il y avait bien une chose que Yerin haïssait, c'était l'injustice. Alors, dans un élan de bienveillance naïve, elle prit part à l'affaire :

— Ce n'était pas son idée.

— C'est vrai, Professeur, renchérit Seokjin.

— Je l'ai fait monter de force sur mon balai. Elle marchait normalement.

— Vous savez, ce n'est pas son genre d'aller à l'encontre du règlement.

Daesung, tentant de camoufler l'amusement et l'attendrissement que l'esprit solidaire de cette bande d'adolescents lui inspirait, croisa les bras. Peut-être que son soupir fut de trop. Peut-être, quoiqu'il en soit, il s'impliqua dans le rôle de professeur sévère qu'il se devait d'incarner. Il prononça ces mots, sourcils froncés dans un rictus qui lui paraissait correspondre à l'émotion à transmettre :

— Je salue votre empathie. Toutefois, je ne peux dispenser Kim Umji de sanction et puisque vous semblez ne pas désirer vous séparer d'elle, je vous invite à la rejoindre immédiatement en salle de retenue où chacun d'entre vous recopiera la partie du règlement sur les modes de déplacement, ainsi que l'ensemble de votre cours sur la flore canadienne.

Les mâchoires pendantes, les yeux exorbités, ils acquiescèrent cette sentence à laquelle ils ne s'attendaient pas en intervenant. Ce retournement de situation les stupéfia d'autant plus que leur maitre de maison était connu pour être le plus souple des professeurs.

En l'espace de quelques secondes, le botaniste trentenaire dispersa les élèves agglutinés autour des cinq coupables, foule compacte qui fut bientôt réduite à l'état de poussière. Daesung agita ses mains afin de diriger les enfants sous sa responsabilité dans la serre où le cours se déroulerait. Avant de fermer la porte en double vitrage, unique sécurité en cas de rébellion de plantes sauvages, il se tourna une dernière fois vers eux.

— Si j'étais vous, je me pencherais sur le sort de répétition, Idemotus. Peut-être pourrait-il vous aider d'une quelconque manière.

Puis la porte coulissa, les laissant seuls dans un couloir désert.

— Idemotus… murmura Yoongi, pensif.

— Idemotus est un sortilège qui permet de répéter des gestes prédéfinis.

— Tu veux dire qu'on peut faire écrire nos baguettes à notre place ?

— Ce n'est sans doute pas l'usage le plus légitime, mais en effet, c'est réalisable, répondit Umji.

— Pourquoi il nous en a parlé ?

— C'est évident, Jin. Il a essayé de se montrer plus rigide mais vous et moi sachons pertinemment que le professeur Kang n'est pas comme ça. Par honneur et principe, il ne pouvait annuler une punition qu'il venait de nous donner. On pouvait lire le regret dans ses yeux juste après qu'il eut fini de parler. Alors il nous a simplement mis sur une piste. Ainsi, il ne se sent pas coupable de nous avoir infligé une tâche trop ingrate et, dans le même temps, il effraie les autres élèves, qui n'ont pas vu cet indice lourd de sens qu'il nous a laissé.

— Merci, Umji. Nous n'en demandions pas tant.

D'un haussement d'épaule, la jolie fille à la chevelure châtain cendrée se renferma dans son mutisme et ses jambes prirent la direction de la salle de retenue. Fidèle à elle-même, elle n'imaginait pas aller ailleurs, malgré la totale absence de surveillance.

— Tu comptes quand même pas passer ta journée là-bas ?

— Non, je vais faire ce qu'il nous a demandé et ensuite, j'assisterai à mon cours d'occlumancie. Et dans l'après-midi, puisque nous n'avons pas d'autres leçons, j'irai à la bibliothèque pour réviser notre contrôle de potions.

— Elle est grave, des fois… marmonna Yerin, et sa voix parvint tout de même aux oreilles de la concernée. Celle-ci se contenta de lever les yeux au ciel, avant de reprendre son chemin.

— Tu as qu'à faire nos punitions pour nous aussi, parce que moi, je reste pas ici.

Umji lança un coup d'œil en arrière, toisa Jisoo et constata que la brune ne plaisantait pas. L'immaturité de ses amis l'insupportait parfois. Toutefois, si la petite érudit avouait ses pensées les plus secrètes, elle révèlerait que sans eux, sa vie serait bien morose. Depuis le début de l'année scolaire, l'ennui la rongeait, car elle n'avait pu s'empêcher d'étudier l'ensemble du programme de sixième année pendant les vacances. Alors les distractions qu'ils lui apportaient n'étaient pas de refus.

Malgré l'image qu'elle s'efforçait de renvoyer, elle s'accorda une entorse à ses règles de conduite habituelles :

— Je viens avec vous, où que vous alliez. Il faut bien que quelqu'un vous surveille, bande de gamins.

Les sourires fleurissant sur leurs traits encore enfantins, ils hochèrent la tête. De toute évidence, ils n'étaient pas dupes. Néanmoins, ils avaient conscience qu'Umji ne prenait pas la voie la plus aisée pour elle et ils préféraient lui faciliter la tâche, en s'abstenant d'insister lourdement sur cette décision inédite.

— J'ai bien envie d'une bière au beurre, soupira Yerin.

Tous les regards se braquèrent sur elle, qui venait de poser des mots sur le désir commun d'alcool qu'ils n'avaient encore assouvi depuis la reprise des cours, il y a de cela quelques semaines. Et dans un mouvement synchrone, ils se dirigèrent vers Pré-au-Lard.