Si ses consignes ne l'en avaient pas empêché, Heechul aurait certainement ramené les cinq délinquants en les trainant par l'oreille. Néanmoins et les jeunes gens ne pouvaient que s'en réjouirent, le Ministre actuel de la Magie avait donné à son adjoint des instructions strictes auxquelles il ne pouvait déroger qu'en cas d'extrême urgence, ce qui n'était pas le cas. Et puis, en se penchant sur un plan purement technique, il ne disposait pas de suffisamment de mains pour attraper le lobe de chaque élève.

Ses pieds, engourdis par le froid, continuaient de le porter machinalement alors que son cerveau divaguait. De nombreux souvenirs lui revenaient, refaisaient surface après des années d'enfouissement au plus profond des méandres de son esprit. Un doux sourire nostalgique se peignit sur ses lèvres. Il se souvint des méthodes qu'employait sa grand-mère pour le punir quand il jouait dans la boue avec son voisin. Ces deux-là, enfants turbulents et chamailleurs, avaient ensemble commis mille et une bêtises. Ces réminiscences mélancoliques l'empêchaient de réprimander comme ils mériteraient les gamins, qui se traînaient derrière lui en soupirant. Ils lui rappelaient tant de choses qu'il avait vécu il y a de cela trop longtemps à son goût, il s'identifiait à ces adolescents, décelait une part de lui-même dans chacun d'entre eux.

— J'ai mal aux pieds… geignit Umji, brisant le flot des pensées d'Heechul.

— Nous sommes presque arrivés.

— Vous pouvez pas me porter ?

— Pardon ? C'est à moi que vous vous adressez, Mademoiselle ?

— Non, non ! répondit Jisoo, plus sèchement que désiré. Elle demandait ça à Seokjin, qui va s'en occuper.

— Quoi, mais je vais pas…

— Ne vous inquiétez pas, Monsieur. Nous vous suivons.

La charmante brune étira ses lèvres, dévoilant ses dents étincelantes, et flanqua un coup de coude dans les côtes de Jin, qui s'apprêtait à rétorquer. Elle avait pris les choses en main, de peur d'aggraver son cas. Elle avait donc improvisé, des mots aléatoires avaient glissé sur sa langue et c'est le nom de Seokjin qui s'était échappé, au grand dam de celui-ci.

Malgré son mécontentement, ses muscles courbaturés par l'entraînement intensif de Quidditch de la veille et la fatigue accumulée dans la journée, il attrapa la fine benjamine et la souleva telle une mariée. Une grimace de dégoût tordit ses traits lorsque les effluves d'alcool, qui émanaient de la bouche entrouverte d'Umji, parvinrent jusqu'à ses narines. Quelques secondes passèrent sans qu'il ne dise mot, puis n'y tenant plus, il exprima son irritation au premier venu, qui s'avéra être Yerin.

— Tu veux pas la porter pour moi ?

— Hein ?

— S'il te plait Yerin. Elle est pas lourde, mais elle pue l'alcool. C'est insupportable.

— Tu es vraiment une chochotte. On en a à peine pour cinq minutes !

— C'est déjà trop. Je vais mourir.

— Ce qui est génial avec toi, c'est que tu es jamais dans l'exagération.

— Allez, Yerin. Sauve-moi. Je ferais tout ce que tu veux si tu me débarrasses d'elle.

— Dis donc, c'est super sympa pour elle, ça.

— Oh, tu m'as très bien compris !

— Quand tu dis tout ce que je veux… Ça comprend quoi exactement ?

— J'en sais rien, j'ai pas réfléchi à ça.

— Je veux connaître les clauses du contrat avant de m'engager.

— Tu choisiras plus tard là. Je vais décéder asphyxié si tu ne la prends pas tout de suite.

— Vas-y, je vais la porter. J'en ai marre de vous entendre, intervint Yoongi d'une voix lasse. Moi, ça m'est égal.

— Non ! Je vais la prendre sur mon dos. Je peux pas laisser une occasion pareille passer. Je trouverais bien un truc marrant à te faire faire !

Yerin poussa Yoongi, qui menaçait la mise en place d'un des ses plans machiavéliques. Les plaintes de Seokjin lui avaient offert une piste royale, qu'elle comptait bien exploiter par la suite, bien qu'elle n'ait pas encore eu une idée lui convenant. Un sourire sur les lèvres, étiré jusqu'à ses oreilles rougies par l'air frais du début de soirée, elle attrapa Umji. Cette dernière était tellement dans les vapes qu'elle ne parut pas remarquer le changement de porteur.

Les tours de pierre du château perçaient le ciel nuageux. La météo ne semblait pas être des plus clémentes et tous se réjouirent d'enfin arriver dans l'enceinte de l'école. La pluie ne devait plus tarder, alors quand ils entrèrent dans le hall, ils furent soulagés de ne pas avoir subi une douche forcée. À cette saison, sur les collines d'Écosse, les averses se faisaient très fréquentes, les chapes nuageuses formaient une ombre oppressante au dessus des têtes des élèves de l'établissement et ceux-ci ne voyait que très rarement le ciel bleu.

À peine nos cinq adolescents et Kim Heechul eurent posé le pied à l'intérieur du bâtiment que des tonnes d'eau se mirent à chuter sur la toiture. Le fracas du liquide rencontrant les tuiles surprit tant Yerin qu'elle sursauta violemment et relâcha sa prise sur le frêle corps de la benjamine. Le postérieur d'Umji frappa le sol, la douleur remonta le long de sa colonne vertébrale telle une onde de choc et elle exprima sa souffrance par un long gémissement. En considérant l'événement d'un œil positif, l'impact avait été si brusque qu'il avait extrait la jeune fille de la torpeur dans laquelle l'avait entrainé l'alcool.

Elle plaqua une paume dans le bas de son dos, zone sensible, et analysa son environnement. Ses idées se déplaçaient dans son cerveau en tous sens sans qu'elle ne parvienne à les calmer et les organiser. La majeure partie de la journée avait disparu de son esprit, donc quand le visage du bras droit du Ministre apparut dans son champ de vision, elle ne comprit pas les raisons pour lesquels ses traits laissaient transparaître un tel agacement.

— Bon, mademoiselle Umji, à présent que vous semblez être revenue à vous-même, nous allons rejoindre le reste de vos camarades, qui ont reçu l'ordre de se rassembler dans la Grande Salle à 18 heures. Vous seriez au courant de cette information si vous n'aviez pas passé votre journée dans ce bar de Pré-au-Lard. J'espère que vous vous rendez bien compte que vos sottises d'une immaturité certaine m'auront valu d'être en retard. J'ai bien peur que nous arrivions si tard que le gros de l'information ait déjà été divulgué. Vous vous débrouillerez par la suite pour apprendre les détails sur l'événement à venir, est-ce bien compris ? demanda-t-il et il obtint pour réponse immédiate, un hochement de tête frénétique des adolescents. Désormais, suivez-moi. En silence, bien évidemment.

L'homme tourna les talons et emprunta le couloir que les cinq protagonistes parcouraient tous les jours afin d'aller se sustenter. Il se drapa dans sa cape de sorcier, dont les broderies minutieuses devaient avoir fait gonflé le prix d'une manière si exponentielle que Yoongi n'osa pas imaginer le montant dépensé.

Min Yoongi provenait d'une famille modeste de Moldus, alors les extravagantes folies budgétaires de certains sorciers le laissaient pantois. Côtoyer des personnes au matériel hors de prix depuis plusieurs années n'avait pas modifié sa vision des choses et ce côté excessivement économe lui valait souvent des moqueries. Toutefois, il n'était pas du genre à se soucier de ce que disaient les autres. Il préférait rire à gorge déployée lorsque de tels commentaires atteignaient ses oreilles, plutôt que de s'apitoyer sur son sort, qui n'était pas particulièrement à plaindre. Les possessions matérielles n'intéressaient pas du tout Yoongi. Tant qu'il pouvait suivre les cours avec ses amis, occuper son rôle de Gardien au Quidditch et continuer de contempler de loin ce superbe garçon de Serdaigle, Yoongi était satisfait.

— Quel événement ?

— J'en sais rien, moi. Comment tu veux que je sache quoi que ce soit ? J'ai passé la journée avec toi, hein. Je suis pas plus au courant que tu ne l'es. C'est débile de me demander ça.

— Ouais, ouais, maugréa Yerin. Mais ça m'intrigue, moi.

— Le suspense est presque terminé. Nous sommes quasi arrivés.

— De toute façon, dès qu'il se passe quelque chose ici, vous n'y mettez pas du vôtre et vous faites tout pour embêter le maximum de personnes.

— Oh, regarde Jin ! On dirait que notre Umji est de mauvaise humeur !

— C'est mignon, on dirait qu'elle a gagné une dizaine d'années en une demi-heure !

— Mignon, je suis pas sûre. Je crois que je la préférais quand elle avait cinq ans d'âge mental. Je trouve ça mille fois plus drôle personnellement. Mais bon, cela ne reste que mon avis !

— J'avoue, pouffa Yerin, qu'elle est bien moins drôle quand elle nous dispute que quand elle vomit sur les pieds de quelqu'un d'important.

— Là tout de suite, je sais pas si je trouve ça très drôle, mais imagine dans dix, vingt ans quand on discutera avec des potes des trucs qu'on faisait quand on étai jeunes… "Moi, j'ai une amie qui a vomi sur les chaussures de l'adjoint du Ministre de la Magie !"

— Ah, je vois tellement la scène !

— Excusez-moi, l'amie en question… C'est moi ?

Yerin, Jisoo et Seokjin tentèrent de dissimuler l'éclat de rire qui secoua leurs corps, tandis que Yoongi, resté silencieux devant la conversation très divertissante de ses amis, confirma l'information à Umji, un sourire en coin. Le visage de la benjamine se décomposa si vite que les esclaffements des trois idiots redoublèrent. Alors qu'elle s'apprêtait à les interroger pour obtenir plus de renseignements sur cette débauche dont elle ne conservait aucun souvenir, Heechul ouvrit la porte de la plus grande salle du château. Aussitôt, les cinq se turent, sans que la plus jeune n'abandonne définitivement son idée de tirer les vers du nez des quatre autres.

Tous les regards se braquèrent sur les nouveaux venus, qui avaient pas moins de trente-cinq minutes de retard, ce qui est considérable lorsque l'on sait que la réunion a été exigée par le directeur en personne. Celui-ci également scruta les adolescents qui tentaient de se camoufler derrière Kim Heechul et une lueur d'amusement, qui ne fut décelée par la majorité de ceux présents, scintilla dans ses prunelles.

Umji ne connaissait pas les détails de l'après-midi et elle crut mourir en sentant l'attention de centaines d'élèves dirigée sur elle. L'irrationnelle envie de s'évaporer qu'elle ressentit à cet instant ne fut rien à côté de ce désir de décès qui la submergea quelques heures plus tard, dans les dortoirs, lorsque Jisoo et Yerin lui contèrent les événements. Cependant, ne possédant aucun don de divination, elle ne se doutait pas que sa honte actuelle pouvait encore augmenter.

Ses amis n'en menaient pas large non plus. Ils avaient certes une certaine habitude pour capter les regards. Ordinairement, ce n'était pas eux même que tous observaient, mais le spectacle qu'ils organisaient. Ils auraient pu dresser une liste longue comme le bras de leurs exactions et elle n'aurait encore pas été exhaustive. Quoi qu'il en soit, les cinq jeunes gens se serraient plus ou moins consciemment les uns contre les autres, avec l'objectif de passer inaperçus, chose excessivement difficile quand on arrive avec tant de retard, accompagné par un des membres les mieux placés du Ministère.

— Allez-vous asseoir tous les cinq, nous rediscuterons de votre cas plus tard.

Ils s'exécutèrent si rapidement que les élèves sagement assis aux places qui leur étaient attribuées s'interrogèrent : avaient-ils eu une hallucination collective ou y avait-il bien eu une bande d'adolescents devant le directeur ? Leurs silhouettes disparurent dans un froissement de cape et ils s'installèrent discrètement à la table des Poufsouffle, où leurs camarades les attendaient avec impatience. N'importe quel élève de la maison au blason représentant un blaireau aurait expliqué que le divertissement provenait toujours de ce groupe d'étudiants de sixième année. C'est donc en toute logique, que les voyant arriver ainsi, l'ensemble des Poufsouffle attendait des explications. La curiosité piquée, leurs yeux ne se détachaient pas de leurs visages rougis.

Selon toute vraisemblance, les cinq délinquants avaient fait leur apparition à l'exacte fin de l'annonce du directeur car ce dernier prononça à peine trois phrases, que quasiment personne n'écouta, avant de conclure par un joyeux "Bon appétit à tous !". Les mains jusqu'alors plaquées sur ses joues cramoisies dans le but de faire baisser la température de sa peau, Seokjin releva le menton brusquement dès que des termes appartenant au champ lexical de la nourriture furent prononcés. À la seconde d'après, une flopée de victuailles se matérialisa devant eux et le blond eut pour réflexe de survie d'enfourner dans sa bouche tout élément comestible passant à sa portée, soit trois tranches de bacon, deux œufs en gelée, une poignée de tomates cerise et bien d'autres choses encore. Il fallait avouer que ce jeune homme avait un estomac à l'élasticité hors-norme. Il était le premier à s'enthousiasmer de l'organisation de concours de nourriture dans la Salle sur Demande – le règlement prohibant ce genre de festivités – car seule une infime minorité était en mesure de menacer sa victoire. Seokjin poursuivait son repas paisiblement lorsque deux mains virent lui pincer les côtes.

— On vous raconte ce qu'il s'est passé à cette réunion et vous nous expliquez comment vous vous êtes démerdés pour débarquer comme ça, ok ?

Jin sursauta et toussa si fort qu'il manqua de s'étouffer avec quelques grains de riz. Bien qu'il eût failli décéder à l'instant, un sourire naquit sur ses lèvres. Il se décala afin d'offrir une place assise au nouvel arrivant, qui avait à moitié rampé pour ne pas se faire remarquer des surveillants.

— Alors Jinnie, tu commences ou on t'explique d'abord ?

— Comme tu veux, Kookie… roucoula le plus vieux en glissant une main sur ses hanches.

— Je ne sais pas, moi… Choisis.

— Qu'est-ce que tu préfères ?

— Raconte-nous en premier ! s'exclama Jisoo, quelque peu agacée par le comporte-ment excessivement niais des deux garçons.

— Bien…

Le dénommé Kookie, dont le véritable nom était Jeon Jungkook, afficha une mine renfrognée, puis à peine les doigts de Seokjin eurent effleuré sa joue, il hocha la tête. Il sembla réfléchir une fraction de secondes, jeta un coup d'œil à la table des Serpentard, de laquelle son meilleur ami lui fit signe que personne n'avait constaté son absence, et il se tourna à nouveau vers les cinq adolescents, pendus à ses lèvres.

— Bon, bah… Vous voyez ces tables, là-bas ?

Il pointa son index en direction du fond de la salle, au pied de la table des professeurs, lesquels communiquaient avec force bruit. Là, dans un renfoncement qui n'était pas ordinairement et qu'ils n'avaient pas encore remarqué avec toute cette agitation, se trouvaient quatre tables. La surprise n'aurait sans doute pas été justifiée si autour de ces meubles basiques, il n'avait pas quelques dizaines de visages inconnus. Les jeunes anonymes semblaient impressionnés par le lieu, au dépaysant plafond dont les conditions météorologiques propres évoluaient en permanence, à en croire les expressions faciales étonnées qu'ils affichaient.

— C'est qui ? s'enquit Yerin, en se penchant pour se rapprocher des autres.

— On sait pas vraiment en fait. Ils sont arrivés avec le directeur et ils se sont posés dans leur coin directement. Tout ce qu'on a compris, parce qu'on a pas vraiment écouté en fait, c'est que c'était des gens d'une autre école.

— Tu as rien compris, mec ! beugla un petit bonhomme aux cheveux rose bonbon.

Il se redressa le plus discrètement possible, poussa Jungkook et s'assit à son tour. Aux aguets, car lui non plus n'aurait dû quitter sa table, il scruta les alentours et quand il fut enfin certain que son camouflage était optimal, il reprit la parole :

— Jungkook, tu es vraiment débile.

— Mais Jimin !

— Tu as vraiment rien suivi du tout ! Le pauvre, poursuivit-il en s'adressant à Jisoo et Yerin, qui fronçaient les sourcils, il était trop préoccupé par la mystérieuse disparition de son Jin ! Il écoutait même pas ce que je lui disais !

— Si, je t'ai entendu !

— Entendre et écouter sont deux choses parfaitement distinctes, imbécile.

— D'accord, en attendant, je sais que tu avais dit que tu restais là-bas pour surveiller mes arrières.

— On dirait que tu prends part à un combat… C'est absurde.

— Tu as dit que tu resterais avec les autres !

— Je fais encore ce que je veux Jungkook !

Leurs chamailleries auraient pu continuer encore des heures durant si Umji n'avait pas longuement soupiré. Cette simple exhalation, trahissant le profond agacement de la jolie érudite dont le crâne souffrait atrocement, marqua la fin de la rigolade et les deux Serpentards reportèrent leur attention sur elle. Les légers différents entre les deux meilleurs amis oubliés, Umji fit un geste du menton, qui suffit à inciter Jimin à ouvrir de nouveau ses épaisses lèvres.

— Il va y avoir une compétition ici. D'après mes informations, c'est un tournoi entre cinq écoles de sorciers, dont la nôtre. Apparemment, ça existe depuis plusieurs siècles, mais à cause de tous les événements qui se sont produits avec Vous-Savez-Qui, ça avait été interrompu. Ça faisait environ vingt ans qu'il n'y en avait pas eu. Mais le Ministère s'est dit que comme tout était revenu à peu près à la normale, ça allait reprendre. On est les premiers à accueillir la compétition et c'est pour ça que ces gens sont là-bas. Comme l'a très intelligemment dit Jungkook (celui-ci faillit protester, puis Umji l'en dissuada d'un coup de pied dans le tibia), ils viennent donc d'autres écoles, qui sont situées aux quatre coins du monde. Je n'ai pas spécialement retenu les informations sur tout le monde, et je suppose qu'on en apprendra plus dans les jours à venir. Tout ce que je sais sur ces quatre écoles - parce que oui, cinq écoles, sans la nôtre, ça fait quatre – c'est qu'il y en a une de France, une d'Australie, une de Corée du Sud et une… Euh, je ne sais plus. Brésil ou Mexique. Enfin, voilà. Vous savez tout.

— Bah non, gros malin. On ne sait pas tout. Tu nous as même pas parlé d'en quoi consistait le tournoi.

— Ah oui, en effet.

— Il est intelligent, celui-là, pouffa Yerin dans l'oreille de Yoongi, qui se contenta d'hausser les épaules d'un air las.

— Et après, il se moque de moi ! C'est injuste !

— Oui, oui, Calimero, le fit taire Jisoo, dont l'esprit compétitif s'était réveillé. En attendant, moi je veux savoir ce qu'il faut faire, et comment on s'inscrit pour participer.

— Euh, c'est un ensemble d'épreuves, trois il me semble. Elles sont aléatoires, et déterminées au dernier moment, pour empêcher la triche et ce genre de choses. En fait, on ne nous a pas dit grand chose sur les épreuves en elles-mêmes. Il nous a juste expliqué qu'un élève représenterait chaque école, donc il y aurait selon mes calculs d'une incroyable complexité, cinq participants. Et ils seraient tirés au sort par une flamme. Je t'avoue que je n'ai pas vraiment saisi comment une flamme pouvait faire office d'urne ou truc du style, enfin bon, moi je transmets juste. J'ai pas l'intention de participer.

— Il faut mettre son nom dans la flamme ?

— Je crois, oui.

— Et elle est où ?

— Ils la mettront en place demain.

À peine les dernières syllabes du mignon petit Jimin eurent été recueillies par les oreilles de Jisoo, la brune bondit et abandonna ses amis, qui ne purent masquer leur amusement face à la réaction enflammée (et c'est le cas de le dire) de Jisoo.

Celle-ci se rua à la bibliothèque où elle passa la nuit, préparant un plan d'attaque pour le tournoi, duquel elle se voyait déjà remporter la victoire.