A/N : Bonjour tout le monde !

Alors, voici le dernier chapitre ! *roulements de tambour*

Bon, en vrai, pas besoin de cette entrée triomphante vu le peu de tension qu'il nous reste. L'histoire est finie, mais la vie des personnages continue. C'est pourquoi je vous propose ce dernier chapitre, qui est plus un épilogue qu'autre chose. Voici quelques morceaux de vie, avec quelques sauts dans le temps, pour voir ce qui va arriver à notre petite famille. Vous verrez, la fin est classique mais je pense que c'est ce qu'il fallait.

Je vous laisse lire et les adieux, les larmes et, surtout, les bonus, ce sera en bas !

Bonne lecture !


Elle souffla très doucement, imperceptiblement, histoire de calmer un peu ses nerfs. Elle ne savait plus vraiment si c'était de l'excitation ou de la nervosité qui faisait bouillir son sang.

« Nerveuse ? »

Elle se tourna vers sa mère qui la regardait avec un grand sourire. Un sourire très doux aussi.

« Absolument pas. Je suis sûre que je m'en suis très bien sortie. »

La femme aux yeux verts laissa échapper un léger rire. Elle donna un léger coup d'épaule à sa fille, comme pour la rassurer espièglement.

« Je suis sûre que tu t'en es sortie parfaitement bien », lui dit-elle.

Néanmoins, elles n'ajoutèrent rien d'autre alors qu'elles se frayaient un passage parmi la foule d'élèves et de parents qui cherchaient tous à regarder un petit panneau de liège.

Elles finirent par l'atteindre. Isolina chercha son nom, en silence, l'air comme se bloquant en elle à mesure qu'elle cherchait. Et puis... ça y est, c'était là.

Elle sourit instantanément. Elle avait réussi ! Elle s'y attendait. Mais elle avait réussi !

Elle se tourna vers sa mère qui était un peu plus en retrait, la laissant savourer ce moment. Voyant son énorme sourire, sentant cette immense fierté et cette joie intense irradier d'elle, elle ne put que sourire également.

Alors, Isolina, oubliant le monde autour, se jeta sur elle, l'étreignant fortement. Asami avait eu la bonne idée de se mettre sur le côté, ce qui évita qu'on ne les pousse pour accéder aux résultats.

« J'ai réussi ! J'ai réussi ! » répéta la fille aux yeux bleus.

Asami la serra contre elle, passant une main dans ses boucles noires.

« Je suis si fière de toi... »

Isolina se retira alors, observant le visage doux de sa mère la contempler avec mille beaux sentiments. Elle sourit encore. Elle pensa qu'elle ne pourrait plus s'arrêter de sourire tant elle était heureuse à ce moment. Il ne lui manquait plus que quelques petites choses...

Asami et Isolina s'extirpèrent de la foule, et Korra arriva jusqu'à elles, toute essoufflée.

« Par les Esprits, je suis désolée pour le retard ! dit-elle entre deux respirations.

- J'ai réussi, Maman ! redit Isolina, comme si c'était quelque chose d'incroyable.

- C'est vrai ? C'est super cool ! Je suis vraiment super contente ! Même s'il n'y avait pas vraiment de doute à avoir...

- C'est tout ce que tu as à dire après cet affreux retard ? commença à la réprimander Asami.

- J'ai dit que j'étais désolée !

- Mais aujourd'hui !

- Je ne pouvais pas prévoir que la Nation du Feu allait m'appeler ! »

Elles continuèrent à se chamailler et Isolina les regarda, en levant les yeux au ciel. Mais elle avait aussi envie de rire. Elle n'en voulait absolument pas à Korra. Asami elle-même avait failli lui poser un lapin la veille. Mais elle était heureuse qu'elles soient toutes les deux-là. Même si elles se chamaillaient encore, comme d'habitude.

Peut-être qu'elle devrait les laisser faire et aller prendre des nouvelles de ses amis. Elle n'était pas sûre que ça serve à grand-chose. Peut-être ne se verraient-ils même plus après cela... Pourtant, il y avait bien une personne qu'elle avait très, très envie de voir... Mais même si elle avait regardé plusieurs fois autour d'elle, elle n'avait pu l'apercevoir pour l'instant.

« Isolina ! »

Cette dernière se tourna vers la source de la voix qui avait crié son nom. Oui, c'était elle.

Avant même qu'elle ne put réagir, elle lui fonça dessus et l'emprisonna dans ses bras, la serrant le plus fort possible contre elle.

« Ugh, Reena ! râla la jeune fille aux yeux bleus.

- On a réussi !

- Enfin, toi, tu as réussi. Tu ne sais pas si je l'ai eu ou pas...

- La bonne blague... »

Elle se retira pour la regarder dans les yeux avec un air dubitatif.

« Tu l'as eu, hein ?

- Pas si évident que ça, si tu as besoin de demander, hein ?

- Oh, allez, arrête de jouer avec moi ! »

Isolina rit.

« Oui. On a réussi », confirma-t-elle.

Reena s'illumina alors, comme elle savait si bien le faire, brillante, radieuse, sublime. Et Isolina ne put que sourire.

Alors, sa petite-amie fondit sur elle pour l'embrasser.

« Reena ! la réprimanda-t-elle. Il y a...

- Plein de gens du lycée autour, je sais. Mais ils peuvent dire ce qu'ils veulent. On ne les verra plus jamais après. Ce ne sera plus que toi et moi. »

Isolina la regarda et pensa. Elle avait raison. C'était fini dorénavant. Plus besoin de se soucier de cela. Elle doutait que les rumeurs et les médisances les suivent jusqu'au pôle sud. Et puis, tout le monde était occupé à célébrer — ou pleurer pour de plus rares cas — cet événement. Personne ne faisait attention à elles.

Alors, la jeune fille aux yeux bleus se rapprocha de sa bien-aimée, d'abord pour l'embrasser, et ensuite pour se réfugier dans une étreinte souple et sereine, au milieu de la cohue.

« Je suis tellement heureuse, souffla-t-elle, au creux de son cou.

- Moi aussi... »

Après un moment et un sourire partagé, Reena prit la main d'Isolina et elles rejoignirent Korra et Asami qui avaient finalement trouvé Opal et Bolin.

La femme d'affaires regarda les deux jeunes filles revenir et partagea un regard complice avec sa fille. Comme ça, c'était bien. C'était leur famille, complète et unie dans un bref moment de joie. Mais sûrement y en aurait-il bien plus...


Pouf.

Le dernier carton tomba des mains d'Isolina. Qui aurait cru que le déménagement serait si conséquent ?

Reena se laissa tomber sur le lit avec un soupir exagéré, une main reposant sur son front.

« Hé, c'est pas le moment de se reposer. On doit encore tout ranger, dit la jeune fille aux yeux bleus.

- Pas maintenant… se plaignit la maitre de l'Air. »

Isolina grimpa également sur le lit, surplombant sa petite-amie.

« Il va falloir le faire pourtant… dit-elle. On peut pas vivre avec des cartons.

- Si, on peut. Sois pas pressée, on en a pour plusieurs années de toute façon. Ça fait quoi si on laisse les cartons un jour ou deux ? On a déjà fait tout le chemin de Republic City jusqu'ici.

- Tu es incorrigible.

- Mais tu m'aimes comme ça.

- Malheureusement…

- Hé ! Comment ça « malheureusement » ? demanda Reena en ouvrant les yeux, fronçant les sourcils. »

Elle remarqua qu'elle s'était fait piéger quand elle vit l'air fièrement amusée de la fille aux yeux bleus. Alors, elle prit un air espiègle, ses yeux devenant deux fentes comme ceux d'un prédateur. En un mouvement rapide et précis, elle retourna Isolina. Cette dernière laissa échapper un cri, avant que son dos ne bute contre le matelas et que deux lèvres ne capturent les siennes.

Elle se mit à sourire alors pendant le baiser, appréciant la chaleur et la douceur de sa petite-amie. Cette même douceur et chaleur qui se propageait en elle et dont elle ne pouvait pas se lasser.

Mais bientôt, les lèvres de Reena s'échappèrent. Avant qu'une pointe de déception n'apparaisse, elle hoqueta presque de surprise alors qu'elle sentait une main de sa petite-amie caresser sensuellement sa cuisse et ses fesses, ainsi que ses lèvres explorer rigoureusement son cou.

Elle s'apercevait de plus en plus que Reena était en fait plutôt audacieuse. Voire carrément plus affamée qu'elle. Ce à quoi elle ne s'attendait vraiment pas. Du tout. Elle avait donc toujours une réaction de surprise quand elle commençait à prendre des initiatives. Quoiqu'elle était de moins en moins surprise, comme elle en prenait de plus en plus.

« Reena… l'interpela-t-elle pour la faire ralentir un peu.

- Oui ? demanda-t-elle en relevant la tête pour regarder dans les yeux bleus.

- On vient d'arriver.

- D'accord… C'est donc une bonne idée de tester le mobilier, non ? »

Isolina la regarda avec un regard dubitatif.

« « Tester le mobilier ? » Sérieusement ?

- Imagine on se rend compte après que ce lit est tout bancal. Ce serait pas pratique !

- C'est ça oui… »

Isolina commença à se lever, se disant qu'elles en avaient fini. (Elle tenait vraiment à commencer à ranger ces cartons !) Mais Reena était loin d'être d'accord. Elle la poussa de nouveau contre le matelas, l'embrassant encore une fois.

« Tu crois que tu vas où comme ça ?

- Mmm… Ranger la maison ?

- Je t'ai dit qu'on pourrait le faire plus tard… »

Elle l'embrassa encore, avec passion, laissant presque Isolina à bout de souffle.

« Ceci étant… on peut aussi… tester le mobilier plus tard… fit-elle remarquer malgré le souffle qui commençait à lui manquer et le feu qui s'allumait en son sein.

- Je ne veux pas tester le mobilier…

- Ah oui ?

- Je veux te faire l'amour… Pour une fois qu'on a pas à se soucier des membres de notre famille…

- Mmm… On va plus avoir à s'en soucier pour un moment, tu sais…

- Je sais… C'est ça qui est bien… Je vais pouvoir te faire l'amour tous les jours. »

Isolina explosa de rire, doutant sérieusement de la sériosité de ces paroles.

« Tous les jours ? Rien que ça ?

- Oui, tous les jours, réaffirma Reena avec un regard de braise. Ça commence aujourd'hui… »

Elle se pencha subrepticement, rencontrant une nouvelle fois les lèvres de sa bien-aimée avec délicatesse.

Décidément, vivre avec Reena allait être intense et plein de surprises… Mais les quelques-unes qu'elle avait eues jusqu'alors lui étaient fort plaisantes, alors elle ne doutait pas que leur cohabitation allait bien se passer.

Elle était peut-être loin de son foyer, loin de ses mères qu'elle aimait tant et qui lui manquaient déjà terriblement, mais elle avait Reena. Sa meilleure amie, son amante, son âme-sœur quelque part, car elle n'imaginait pas passer un seul moment de sa vie sans elle. Elle n'imaginait pas affronter la vie sans l'avoir à ses côtés, sans sa confiance, son amour, sa lumière… Et plus jamais elle n'aurait à le faire. Oui, tous les jours elles seraient ensemble dès à présent.


« Cauchemar ? demanda la jeune maitre de l'Air, se dépêtrant difficilement du sommeil.

- Je t'ai réveillée ?

- C'est pas grave. C'était quoi cette fois ? Je croyais que tu en faisais plus…

- Je croyais aussi…

- Tu penses que c'est parce que tu as déménagé ? Comme tu vis avec moi maintenant et plus avec Korra et Asami…

- Non… Non, ce n'est pas ça… Pas cette fois.

- Tu veux pas me dire de quoi tu as rêvé ?

- Si… J'ai rêvé de Lochan…

- Elle te manque ?

- Non. Elle est associée à trop de douleur… Je me rappelle à peine d'elle. Je n'arrive même plus à imaginer son visage ou sa voix.

- C'est bizarre que t'ait rêvé d'elle alors.

- Je pense que c'est à cause de ce qui s'est passé aujourd'hui…

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- J'ai croisé une bande d'abrutis qui embêtaient une petite fille…

- J'imagine que tu es intervenue…

- J'ai failli les tuer.

- À ce point-là ?

- J'ai complètement perdu le contrôle. Je sais pas ce qui m'a pris. Je les ai complètement massacrés et elle s'est enfuie… Si je n'étais pas l'une des meilleures guérisseuses de ma classe… ils seraient morts.

- T'as pas jugé bon de m'en parler ?

- Je ne voulais pas t'inquiéter…

- C'est sûr que je préfère tellement que tu fasses des cauchemars la nuit.

- Tu vis avec une psychopathe et c'est tout ce qui t'inquiète ?

- Tu n'es pas une psychopathe…

- J'ai encore failli tuer des gens…

- Isolina, arrête. Tu n'as tué personne depuis plus de treize ans. Et puis, ça ne compte pas quand tu étais petite, tu ne savais pas ce que tu faisais.

- Je sais. J'ai quand même plein de sang sur les mains. Être une guérisseuse ne les lave pas…

- Chérie… »

Elle l'embrassa sur son dos nu et tira un peu sur son bras pour qu'elle se retourne et lui fasse face.

« Arrête de croire que tu dois guérir pour réparer tes erreurs passées, lui dit-elle une fois qu'elle put regarder les deux orbes bleus qui brillaient dans la nuit. Tu veux guérir parce que tu es quelqu'un de bien, quelqu'un d'extraordinaire, avec une maitrise géniale. Tu seras la meilleure. Tu as seulement eu peur hier, c'est pour ça que tu as perdu le contrôle. Tu as eu peur pour cette fille comme si c'était toi…

- J'aurais pu les tuer…

- Mais tu ne l'as pas fait ! Tu es meilleure que ce que tu crois. Tu connais trop bien le mal pour en faire. C'est pas grave si tu oublies un peu parfois…

- T'es trop optimiste… T'oublies à quel point ma maitrise peut être dangereuse.

- Et toi, tu oublies à quel point tu es géniale et à quel point tu maitrises bien tes dons. Donc, on est quitte ? »

Isolina soupira. Reena l'embrassa sur le front et l'étreignit tout contre sa peau. La jeune femme aux yeux bleus cala sa tête contre la poitrine de la maitre de l'Air, écoutant son cœur battre de manière rassurante. Heureusement qu'elle était là… Elle appréciait sa présence dans ces moments-là, sa douce voix qui calmait l'amertume de sa noirceur. Et pourtant, elle ne s'évanouissait pas.

« Reena ? Si je tue quelqu'un… je viendrai te le dire. Tu me livreras à la police, hein ? Promets-le-moi. »

La jeune maitre de l'Air soupira.

« Tu te rends compte de ce que tu me demandes ?

- C'est parce que j'ai confiance en toi…

- Tu réalises que si tu me demandes ça, c'est que tu te rendrais toi-même, hein ? Tu n'as pas besoin de moi. Tout se passera bien dorénavant, Isolina. Je te le promets. Tu dis que tu me fais confiance, alors crois-moi. Crois-moi et ça suffira.

- Reste avec moi… Quoiqu'il arrive. Je ne suis rien sans toi… J'ai besoin de toi…

- C'est faux. Tu as tellement en toi… Tu es tellement sans moi.

- Je veux qu'on reste ensemble. Pour toujours. Tu es la seule personne pour moi… La seule et l'unique.

- On restera ensemble. On sera toujours ensemble, je te le promets. Pour rien au monde je ne voudrais que ce soit autrement. »

Pour toute réponse, Isolina embrassa sa peau et Reena la serra plus fort contre elle. Elles restèrent dans un silence confortable pendant un moment.

« Tu penses que tu vas réussir à te rendormir ? demanda la fille aux yeux verts, inquiète.

- Oui. Je suis juste bien là… »

Alors, elles restèrent ainsi enlacées. Puis, la nuit avançant, elles finirent par s'endormir jusqu'au lendemain matin.

Elles avaient techniquement cours le lendemain. Au moins, Isolina. Reena étant un maitre de l'Air en formation, elle n'avait pas de cours à proprement parler. Cependant, la jeune fille aux yeux verts envoya au diable les impératifs. Elle empêcha Isolina de même se lever.

Elle comptait bien lui prouver ce qu'elles s'étaient dit pendant la nuit. Elle comptait lui prouver à quel point elle l'aimait, à quel point elle lui faisait confiance, à quel point c'était une personne bien. Alors, elle n'eut de cesse de lui dire et de lui montrer pendant de longues séances torrides. Elle ne la lâcha pas des heures durant, elle lui prodigua autant d'amour que son corps pouvait le supporter, elle le poussa même à bout. Tant et si bien qu'Isolina avait fini par se rendormir.

Elle était étendue somptueusement sur le lit. Couchée sur son ventre, ses cheveux noirs tombaient splendidement sur son visage respirant avec légèreté. Son dos lacté était découvert et montrait les cicatrices.

Reena sourit un peu. Il y avait quelque temps, Isolina ne se serait jamais permise de s'endormir dans cette position. La jeune maitre de l'Air remonta quand même le drap sur son dos, pour ne pas qu'elle attrape froid. Elle dégagea avec douceur la mèche de cheveux noirs qui tombait sur son nez et sur sa bouche. Puis, elle resta là à contempler avec un merveilleux attendrissement son magnifique ange aux cheveux de jais.

Elle paraissait tellement fragile et inoffensive dans ces moments-là. Tellement l'opposé du terrible pouvoir qu'elle renfermait. Mais Reena savait aussi qu'Isolina était fragile et inoffensive en tant que personne, indifféremment de sa puissance. Elle comprenait qu'un si grand contraste lui fasse peur, qu'elle se sente impuissante d'être trop puissante. Elle comprenait tout cela. Mais elle savait aussi que la Isolina qu'elle connaissait, celle en laquelle elle avait confiance, celle qu'elle aimait de tout son être, ne céderait jamais, qu'elle ne ferait jamais de mal aux autres. Pas volontairement.

Elle connaissait le danger au fond. Elle savait que si un jour Isolina s'emportait, elle pouvait déchainer les pires violences. Elle savait qu'elle pourrait même (bien que ce soit fortement improbable et nullement souhaitable) la tuer par inadvertance. Reena était peut-être puissante, mais elle était loin d'être aussi puissante que sa petite-amie. Elle la connaissait, elle connaissait aussi les risques d'être avec elle. Les risques pour elle, pour les autres. Elle pourrait la perdre de tellement de façons différentes… Un seul faux pas…

Mais à la différence d'Isolina, Reena ne se laissait jamais troubler par ces doutes. Peut-être était-elle aveugle par confiance, mais il fallait que l'une d'elle le soit. Et Reena voulait croire en Isolina. Elle était persuadée qu'elle deviendrait la meilleure guérisseuse au monde. Elle réaliserait le souhait qu'elle avait depuis toute petite. Et ce jour-là, elle espérait qu'elle serait enfin apaisée.


Isolina arriva en trottinant à la table d'un restaurant. Elle posa son sac et s'écroula sur la chaise.

« Désolée pour le retard, s'excusa-t-elle en soufflant. Il y a beaucoup trop de monde à la clinique en ce moment… »

La PDG qui l'attendait, lisant des rapports sur son entreprise, leva le nez de ses papiers avec un sourire.

« Ce n'est pas grave. Je sais que tu es occupée », dit-elle aussi douce qu'à l'accoutumée.

Elle rangea ses affaires et embrassa sa fille qu'elle n'avait pas vu depuis quelques semaines. Elles se voyaient toujours plus régulièrement que lorsqu'elle étudiait au pôle sud, mais Isolina était tellement occupée que c'était parfois dur de trouver un bon créneau.

« J'imagine que tu as beaucoup de clientes ?

- Oui. Je ne pensais pas que cette technique allait enthousiasmer tant de gens…

- Eh bien, c'est plutôt révolutionnaire comme moyen de procréer… »

Loin d'être seulement une des meilleures guérisseuses au monde — ce qui lui conférait déjà une immense notoriété — Isolina était devenue une visionnaire de la médecine moderne. Elle s'était mis à dos de nombreux théoriciens et praticiens pour la simple et bonne raison qu'elle ne rejetait pas la maitrise du sang pour soigner. D'ailleurs, elle ne limitait pas la médecine à soigner.

Elle avait choisi une autre voie pour sa maitrise : elle voulait l'utiliser à son plein potentiel pour aider toutes sortes de personnes. Sa clinique et ses étudiants pouvaient soigner tout aussi bien que les autres, mais ils avaient d'autres particularités, d'autres fonctions qui leur étaient uniques.

La dernière en date concernait la procréation. Un jour, elle s'était demandée comment ferait un couple comme Reena et elle qui ne voudrait pas adopter pour avoir des enfants. Il y avait bien la possibilité d'avoir des rapports sexuels avec quelqu'un du sexe opposé, mais elle se voyait mal faire ça et elle savait aussi que certaines femmes en avaient la hantise. Il restait l'utilisation d'instruments chirurgicaux, mais en faisant des recherches, elle s'était rendue compte que la technique n'était pas franchement aboutie et qu'elle était grandement délaissée, tant au niveau de la recherche que de l'utilisation. Ça devait faire peur, ou quelque chose comme ça…

Finalement, elle avait mis au point une technique un peu particulière utilisant la maitrise de l'Eau ou plus particulièrement la maitrise du sang. Les fluides corporels n'étaient pas très difficiles à manipuler mais ils exigeaient une maitrise du sang assez précise. Au bout de quelques essais, elle avait pu remarquer que le taux de réussite était plutôt satisfaisant, voire même excellent. Les femmes étaient plus à l'aise et elles ne sentaient rien, tant et si bien qu'elle était dorénavant submergée de demandes venant tant des couples en difficultés que de femmes en mal d'enfants (en couple, ou pas).

Elle s'était retrouvée à devoir former de nouveaux infirmiers et aussi gérer une réglementation particulière pour sa clinique, qui était la seule à avoir ce genre de pratiques. Et la législation de Republic City commençait à s'en mêler, donc elle commençait à avoir du mal à tout gérer. En plus de cela, étant la grande guérisseuse qu'elle était, de nombreux cas mystérieux et complexes venaient des quatre nations et elle devait beaucoup réfléchir sur les causes, les effets, les conséquences quand elle les guérissait, ce qui lui prenait beaucoup de temps.

« Techniquement, c'est pas si révolutionnaire que ça… Les seringues, ça existe encore…

- Tu fais bien mieux qu'une seringue.

- C'est vrai. Mais vraiment, je ne m'attendais pas à être si occupée…

- C'est bien si ça marche. Puis, tu rends les gens heureux.

- Ceux qui sont pas sur liste d'attente. Elle s'étend sur plusieurs mois ! J'ai vraiment jamais vu ça… »

Asami rit de l'incrédulité de sa fille. Ce genre d'affaires, elle connaissait bien. C'était un peu étrange de se dire que le nom Sato n'était plus seulement connu dans le monde de l'automobile mais aussi dans le secteur médical. Grâce à Isolina, c'était un grand nom. Un plus grand nom. On en oubliait presque Hiroshi Sato et Amon…

« Dis-moi, commença la femme aux yeux verts captant de nouveau l'attention de sa fille ; quand tu as imaginé cette technique, tu pensais l'utiliser sur Reena ? »

Isolina pâlit un peu, paraissant gênée l'espace d'un instant.

« N-Non, pas particulièrement… dit-elle. Je pensais à notre situation, mais je ne tenais pas forcément à ce que ça change… Et puis, j'ai été adoptée moi… On pourrait adopter aussi.

- Vous en avez parlé ?

- Tu veux être grand-mère ? taquina Isolina, constatant la curiosité de sa mère. »

La PDG se mit à rire.

« Je suis juste curieuse, dit-elle avec un sourire amusé. Ça fait combien de temps que vous êtes ensemble maintenant ?

- Ça fera six ans dans trois mois…

- Il me semblait. Et donc, non, vous en avez pas parlé ? »

Isolina soupira.

« À vrai dire, si. Reena m'en a parlé il y a quelques mois, et pour être tout à fait honnête, je ne suis pas sûre d'être prête pour un truc pareil.

- C'est-à-dire ?

- Bah… Pour Reena c'est plus facile… Elle a grandi avec deux frères et sœurs et ses parents ont une famille super nombreuse. Pour elle, c'est complètement normal pour un couple d'avoir des enfants. Je veux dire, elle s'est déjà occupée des autres, de petits enfants, comme c'est un maitre de l'Air et qu'ils sont comme une famille géante. Mais moi… J'ai pas de frères et sœurs, je sais tout simplement pas m'occuper d'un enfant !

- Ça s'apprend.

- De toute façon, je suis pas sûre que ce soit le bon moment. Je veux dire, je suis super occupée avec la clinique. Si c'est pour être aux abonnés absents… »

Asami rit de nouveau.

« Alors, ça, c'est une très, très mauvaise excuse, déclara-t-elle.

- Hé ! Je suis vraiment occupée ! protesta la jeune guérisseuse. Tu m'écoutes quand je te parle ?

- Oui, oui, je t'écoute. Simplement, j'ai sorti exactement la même excuse à ta mère avant qu'on t'adopte. T'as eu l'impression qu'on t'a délaissée ?

- Non…

- Bon, tu vois, cette excuse ne tient pas. Quand tu veux être là pour ta famille, tu trouves un moyen, ma chérie. C'est peut-être pas autant que tu voudrais, mais ça reste ta famille. Après, si tu n'es pas prête, tu n'es pas prête. Peut-être même que tu n'en auras jamais envie. C'est à vous de voir. »

Isolina soupira en se laissant tomber sur sa chaise.

« Un enfant… » gémit-elle.

Sa mère rit de nouveau avant que le serveur vienne prendre leurs commandes.

« J'en reparlerai avec Reena, finit-elle par déclarer. Histoire qu'on soit au moins sur la même longueur d'onde. Mais je t'avoue que je préférais ne pas utiliser la maitrise de l'Eau sur elle… L'idée d'avoir un bout de quelqu'un d'autre en elle ne m'enchante pas vraiment…

- T'es pas un tantinet trop possessive ? se moqua la femme aux yeux verts. »

Sa fille haussa les épaules et Asami rit.

Elles finirent par changer de sujet et par manger. Asami raconta que Korra était partie au Pôle nord régler un déséquilibre spirituel. Elle donna à sa fille des nouvelles de Future Industries et parlait de trouver un successeur, même si elle n'avait pas l'intention de lâcher la direction de l'entreprise de sitôt. Elle donna des nouvelles des amis et de la famille éparpillés aux quatre coins du monde.

Isolina, quant à elle, donna des nouvelles de Reena et de son travail.

Le diner se termina et elles décidèrent de rentrer ensemble, se promenant à travers la ville. Elles marchèrent un moment, discutant joyeusement et légèrement. Puis, soudainement, Asami s'arrêta.

« Tu as entendu ? demanda-t-elle.

- Entendu quoi ?

- On aurait dit quelqu'un qui pleure… »

Isolina fronça les sourcils pendant qu'Asami regardait dans le vague, se concentrant sur ses oreilles. Elle n'entendait plus rien, juste le bruit de la rue, des passants, des voitures… Pourtant, elle était sûre que…

« C'est sûrement rien, Maman… Un enfant qui s'est fait grondé, voilà tout.

- Attends… Ça coute rien de vérifier. Viens par là. »

Elle la suivit dans une impasse. Au bout, il y avait des déchets et un assemblage insolite d'objets. La femme aux yeux verts escalada et passa par-dessus le mur qui faisait impasse.

« Maman, qu'est-ce que tu fais ? » se plaignit la femme aux yeux bleus, continuant pourtant à la suivre.

Alors qu'elles s'enfonçaient dans une ruelle sombre et étroite, elle commença à avoir la chair de poule. Elle n'aimait pas ce quartier. Il y avait trop peu de monde. D'un coup, elle l'entendit aussi. Des pleurs. Un enfant qui pleurait.

Asami et elle se jetèrent un regard, puis elles se mirent à avancer un peu plus rapidement. Alors qu'elles arrivaient à un carrefour, elles aperçurent un petit garçon pleurant à chaudes larmes, courant les yeux fermés, les mains en avant, comme fuyant un désastre.

« Hé ! Petit ! » l'interpela la femme aux yeux bleus.

Il continua de courir, elle prit sa suite et l'arrêta. Il pleura d'autant plus et se débattit.

« Attends ! Hé, pourquoi tu pleures ? Je veux t'aider. »

Il continua à faire couler des fontaines de larmes. Bon… Comment le calmer ?

Isolina maitrisa les larmes du petit, les faisant briller. Il hoqueta, mais comme hypnotisé par la lueur, il se calma.

« C'est joli, tu as vu ? Tu veux bien me dire pourquoi tu pleures maintenant ? Où sont tes parents ? »

Le petit se remit alors à pleurer.

« Mais qu'est-ce que j'ai dit ? » grogna Isolina en regardant sa mère avec impuissance.

Cette dernière s'agenouilla et sécha les larmes de l'enfant.

« Shht, ça va aller, le consola-t-elle. Tout va bien, on va t'aider. »

Il la regarda triste et malheureux, son petit poing frottant son œil larmoyant.

« Bon sang, mais où est passé ce gosse ? » dit une voix coléreuse.

Le petit se raidit. Il allait repartir, mais Isolina le retint et il se débattit. À ce moment-là, un homme sortit d'un coin de rue, les voyant toutes les deux avec l'enfant.

« C'est pas vrai… » murmura-t-il dans sa barbe, avec un air renfrogné, sans que les deux femmes ne l'entendent.

Instinctivement, Asami se mit entre sa fille et l'homme.

« Qu'est-ce que vous voulez à cet enfant ? demanda-t-elle, paraissant naturelle.

- Le ramener à son père, répondit l'homme du tac au tac.

- Vous savez où il est ?

- Ouais. Un peu plus bas. Dans la ruelle.

- On va venir avec vous alors.

- Non, je préfère le ramener seul. Il n'aime pas vraiment la compagnie… »

L'homme se rapprocha, tendant la main pour prendre l'enfant. Ce dernier se débattit davantage dans les bras de la jeune femme aux yeux bleus à mesure qu'il avançait. Elle le serra contre elle et lança un :

« Il n'a pas l'air de vouloir venir avec vous… »

L'homme se rapprocha suffisamment pour n'être plus qu'à un mètre des deux femmes et de l'enfant. À ce moment-là, il sortit un couteau qu'il agita brusquement devant le visage d'Asami. Celle-ci eut à peine le temps de reculer et se fit couper la joue.

« Maman ! » cria Isolina, frappée d'une peur bleue.

Elle faillit lâcher l'enfant pour l'aider, mais elle ne pouvait pas… Si elle faisait ça, il allait déguerpir. La PDG se recula pour éviter les assauts répétés de l'homme et Isolina eut la présence d'esprit d'au moins se mettre hors de son chemin. Elle prit l'enfant et se plaqua contre le mur avec lui dans ses bras.

Mais finalement, Asami eut beau reculer, il y eut un moment où elle buta contre un mur. L'homme essaya alors de la poignarder dans la poitrine. Elle mit ses bras en travers et le couteau s'enfonça dans son avant-bras.

« Maman ! » cria une nouvelle Isolina, alarmée.

Elle se recroquevilla autour de l'enfant, de sorte à le tenir seulement avec ses jambes et une main, et leva son autre main pour contrôler le sang de l'homme. Hors de question qu'il touche à sa mère ! Elle n'était peut-être pas assez forte pour complètement le stopper avec une main, mais elle pouvait au moins le rendre bien moins fort.

En effet, ce dernier fut immobilisé pendant un moment. Ce fut suffisant pour Asami pour le repousser et lui donner un coup derrière la nuque, l'assommant. Il s'écroula et elle retira avec désinvolture le couteau de son avant-bras, le laissant tomber par terre.

« Je peux savoir ce que tu fais ! hurla Isolina. Putain, mais on t'a jamais dit qu'il ne fallait pas retirer le couteau d'une plaie !

- Désolée, Madame la guérisseuse, mais ça me gênait. Je crois qu'on devrait aller par là-bas. Le père de cet enfant doit avoir de sérieux problèmes.

- D'abord, je regarde si tu me fais pas une hémorragie et ensuite, hors de question que tu y ailles dans ton état ! Tu restes avec le gosse !

- Isolina, calme-toi. Ça va aller. Pas de panique. »

Malgré cela, la guérisseuse lui mit l'enfant dans les bras et commença à examiner son avant-bras. Et dire qu'elle n'avait pas d'eau sur elle…

Elle essaya d'en trouver dans l'air ambiant et de commencer une vague guérison, au moins d'arrêter le saignement, même si elle n'avait pas l'impression que ça ait touché une artère… Pendant ce temps-là, Asami faisait des grimaces amusantes et essayait de rassurer l'enfant. Si elle n'était pas aussi concentrée et inquiète, Isolina aurait levé les yeux au ciel.

Puis, décidant que ça prenait trop de temps, la PDG retira son avant-bras et elle commença à aller dans la direction de laquelle l'homme venait.

« Maman ! la réprimanda la femme aux yeux bleus.

- Fais pas trop de bruit. C'est par là. »

Les deux femmes et l'enfant avancèrent dans la rue. L'enfant enfonça sa tête dans le cou d'Asami qui le caressait pour le calmer. Elle essayait de ne pas lui mettre du sang dessus, c'était assez compliqué…

Elles commencèrent à entendre des bruits, des gémissements, des coups… Elles accélérèrent le pas, l'enfant recommença à pleurer.

Quand elles arrivèrent là d'où provenaient les sons, elles aperçurent un homme par terre qui avait visiblement subi un passage à tabac. Un homme restait près de lui. S'il bougeait même un cil, il se reprenait un coup, alors qu'il était déjà visiblement à bout. Deux autres hommes allaient et venaient dans la maison, chargeant tous les objets sur lesquels ils mettaient la main. Ce n'était que des objets sans grande valeur, mais visiblement, ils voulaient complètement ruiner cet homme.

« Ce serait bien de reposer tout ça dans la maison et de s'en aller maintenant », dit Asami.

Sa fille la dévisagea. Elle était vraiment sérieuse ? Comme si ces gars allaient les écouter !

Ils les dévisagèrent aussi et sortirent eux aussi des couteaux. Apparemment, ils avaient décidé de les éliminer. Isolina leva les yeux au ciel en soupirant de rage. Ces gens-là la dégoutait.

Avant qu'ils ne puissent les atteindre, elle maitrisa le sang de deux d'entre eux, les frappant l'un contre l'autre. Ils s'évanouirent. Elle jeta ensuite l'autre contre le mur. Il s'évanouit aussi.

« Tu les as pas tués ? s'assura Asami.

- À priori, non. Je vérifierai après. »

Elles ne s'occupèrent plus d'eux pendant un moment. Isolina s'agenouilla vers l'homme à demi inconscient. L'enfant, une fois qu'il fut déposé au sol, le rejoignit et le secoua de son regard tout inquiet et triste. La guérisseuse prit vite connaissance de la situation.

Elle savait que le pronostic vital était engagé. Elle essaya de trouver le maximum d'eau dans l'air ambiant, mais ça ne la satisfaisait pas du tout. Déjà parce qu'elle en avait besoin d'une quantité énormissime, et ensuite parce que l'eau n'était pas très pure dans le coin. Elle avait peur de déclencher des séquelles.

« Je vais devoir l'emmener à la clinique… Tu penses qu'il y a de quoi téléphoner à l'intérieur ?

- Je pense que ça fait plutôt partie de tous les objets volés… On risque de mettre un bout de temps avant de le retrouver.

- Fait chier… Si je le bouge… Je ne pense pas que ce soit une bonne idée…

- Il doit bien y avoir un robinet à l'intérieur, une salle de bain…

- Faute de mieux… »

Isolina partit à recherche de la salle d'eau. Elle s'aperçut que c'était une douche. Une baignoire l'aurait arrangée… Elle se contenta alors d'ouvrir un robinet et de ramener l'eau avec elle vers le patient.

Asami pendant ce temps-là s'occupa des hommes qu'elle rassembla et bloqua pour ne pas qu'ils s'enfuient. Elle partit ensuite à la recherche d'un téléphone. Mais voyant le désordre, elle abandonna plutôt rapidement et chercha plutôt la radio dans la voiture. Elle pourrait sûrement envoyer un message avec…

« Dis, Isolina, il y a quelqu'un au Temple de l'Air en ce moment ?

- Je pense, oui, pourquoi ?

- Je vais voir si je peux pas demander un transport aérien. »

Elle finit par réussir à envoyer un message. Ils demandèrent une localisation, elle donna une information un peu vague. Elle devait avouer qu'elle avait été un peu déconcentrée… Puis, ce n'était pas la partie qu'elle connaissait le mieux de Republic City. Elle espéra donc que les secours arrivent vite. Elle envoya également un signal à la police. Il faudrait peut-être aller chercher le délinquant qui trainait dans la rue… Ils finiraient bien par le retrouver dans tous les cas.

Elle attendit ensuite plusieurs minutes, regardant sa fille soigner avec une concentration inquiète l'homme étendu sur le sol. Maintenant que l'adrénaline était redescendue, son bras la faisait souffrir le martyre. Mais elle n'allait pas se plaindre. Il y avait d'autres priorités.

Au bout d'un certain temps, un bison de l'air finit par survoler leur zone. Alors, Asami fit des appels de phare avec la voiture, espérant capter l'attention du pilote. Peu de temps après, il atterrit. Ce n'était nulle autre que Reena.

« Hey. Alors comme ça, on continue de tremper dans de sales affaires ? dit-elle en descendant du bison volant.

- Toujours, répondit Asami sur le même ton de plaisanterie.

- Reena, il faut absolument l'emmener à la clinique, déclara sérieusement Isolina, ignorant la conversation des deux autres femmes. Je crois que j'ai stoppé une hémorragie externe et ralenti une interne, mais j'ai besoin d'un bassin d'eau.

- Le problème, c'est plutôt comment on le monte là-haut, dit Asami.

- Oh ! Je dois avoir de quoi ! s'exclama la maitre de l'Air. »

Elle remonta sur le bison volant et redescendit avec une sorte de civière.

« Il suffit de le déplacer là-dessus. Je pense que je pourrai utiliser ma maitrise de l'Air pour le mettre sur le dos de Riku. »

Isolina hocha la tête et se releva.

« Je suis désolée pour ça », dit-elle à l'homme inconscient.

Elle fit léviter le corps et entendit un grognement de l'homme, bien que cela ne dura que quelques secondes, le temps qu'elle le mette sur la civière. Ensuite, Reena maitrisa l'Air par le dessous pour le poser délicatement sur le dos de l'animal. Elle fit aussi monter l'enfant avec elle.

Isolina monta après elle, Reena la prenant par la main pour l'aider. Asami resta au sol.

« Maman, qu'est-ce que tu fais ? Tu viens pas avec nous ?

- Je vais attendre la police. Il faut bien que quelqu'un s'occupe de ces gars.

- Tu es blessée, ce n'est pas raisonnable…

- Ça va aller.

- Ah non, je suis d'accord avec Isolina sur ce coup-là, intervint Reena. »

Elle redescendit et poussa Asami en direction du bison volant.

« J'attends ici la police, déclara la maitre de l'Air, décidée. Je vous rejoins juste après. Ce sera plus pratique avec ma combinaison. Toi, va te faire soigner.

- Reena, voyons, laisse-moi gérer ça, soupira la femme d'affaires.

- J'ai plus dix ans !

- Et moi non plus, compléta Isolina. Alors, tu montes ou je te fais monter de force et on sait très bien que c'est loin d'être agréable. »

Asami soupira. Depuis quand on lui donnait des ordres exactement ? Cependant, elle ne se fit pas prier davantage et monta, prenant les commandes du bison volant. Isolina continua à s'occuper du patient avec de l'eau qu'elle prit à bord, et elle mena le bison à la clinique pendant que Reena leur fit un au revoir d'en bas.

Elles arrivèrent rapidement à la clinique et l'homme fut directement prit en charge. Isolina demanda à un personnel compétent de s'occuper de sa mère et elle fila en salle de soin pour guérir l'homme.

Asami fut vite remise. Mais on lui demanda d'attendre dans une salle pour les dernières vérifications. Que c'était ennuyeux… Elle en profita pour appeler Lu et lui dire qu'elle avait un imprévu et qu'elle ne reviendrait pas au bureau. Il s'inquiéta comme d'habitude, mais elle le rassura.

Au bout d'un moment, on l'autorisa à sortir, mais elle préféra attendre sa fille. Cela mit bien quelques heures. Puis, enfin, elle sortit, épuisée. Reena avait fini par rejoindre Asami depuis et elles discutaient à l'accueil, remarquant la foule qu'il y avait. La jeune et talentueuse guérisseuse alla à leur rencontre, passant une main dans ses cheveux.

« C'est bon, il va mieux… dit-elle, soulagée. Quelques minutes de plus et je le perdais. J'ai pas pu régler tous les problèmes, mais je crois qu'il va lui falloir un peu d'accompagnement… Au moins, il devrait se réveiller sous peu.

- Je suis fière de toi, lui dit Asami. »

Isolina sourit faiblement.

À ce moment-là, un lit amovible passa avec l'homme dessus. Son fils était accroché à lui.

« Il n'a pas de mère cet enfant ? demanda Reena, curieuse.

- Je ne pense pas, dit Isolina. Il n'y avait aucune présence féminine dans la maison. Par contre, il y avait un corps… Un homme. Peut-être qu'il avait deux pères. »

Le visage des trois femmes s'assombrirent. Perdre un proche si jeune, hein… Elles connaissaient.

« Et toi, ça va ? demanda la femme aux yeux bleus à sa mère.

- C'était juste une égratignure.

- Tu me refais ça, je te tue… »

Asami rit.

« On ne peut pas vraiment prévoir ce genre de choses, dit-elle avec un sourire.

- Tu devrais rentrer te reposer…

- Toi aussi.

- Je dois surveiller l'état de l'inconnu. Au moins jusqu'à son réveil. »

Finalement, personne ne partit et tout le monde attendit devant la chambre de l'inconnu qu'il se réveille. Ce ne fut pas très long.

Alors, Isolina entra, se présenta, lui demanda comment il se sentait. Au lieu de lui répondre, il se mit à pleurer en la remerciant chaleureusement. Elle sourit devant l'homme qui embrassait avec effusion son fils.

Reena et Asami regardaient la scène avec douceur, à travers la vitre. Elles se trouvaient dans le couloir et pouvaient voir Isolina de dos qui ébouriffait la tête du jeune garçon. Il la regardait brillamment, comme s'il arrivait à mesurer toute la reconnaissance qu'il devrait avoir envers elle, la gravité de la situation de laquelle elle l'avait sauvé. Ils discutèrent un instant calmement. Puis, Isolina vérifia les constantes une dernière fois avant de sortir, immensément soulagée.

« Bon, tout va bien, déclara-t-elle, un plus en paix.

- Tu lui as demandé pour le corps dans la maison ? demanda Reena, curieuse.

- Ce serait son frère…

- Au moins, lui a survécu, intervint Asami, ne laissant pas cette triste nouvelle assombrir cette réussite. Tu as réussi à sauver une famille.

- Une partie, du moins.

- Un père et son fils. Et c'est magnifique. Tu sais mieux que quiconque ce que ça vaut, Isolina.

- Oui, dit-elle en regardant le père jouer avec son enfant. »

Oui, elle avait été une fille dans la rue. Une fille qu'on avait arraché à ses parents, à ses racines, à elle-même. Mais elle s'était retrouvée, on l'avait trouvée, on l'avait aidée, on lui avait redonné des racines, des racines d'amour et de paix qui lui avaient permis d'arriver jusque-là. Maintenant, c'était à elle de diffuser cet amour, en donnant, en aidant, peut-être même en adoptant un enfant perdu, un enfant sans famille, sans personne ; l'enfant qu'elle avait été pendant un instant, qu'elle n'était plus.

« On rentre ? » demanda-t-elle à Reena, en glissant sa main dans la sienne.

Pour toute réponse, sa compagne l'embrassa. Elles sortirent de la clinique, rentrant au manoir Sato avec Asami, qui se sentait un peu seule ; rentrant chez elles, à un des endroits où elles se sentaient chez elles. Tant qu'elles étaient en famille, peu de choses comptaient finalement. Tant qu'elles étaient en famille, Isolina continuerait à être cette survivante diffusant une lumière réparatrice et protectrice. Tant qu'elles étaient en famille, elle se sentait protégée et aimée, et elle savait qu'elle ne serait plus jamais seule.


A/N : Alors, voilà… J'espère que ce dernier chapitre vous a plu. J'espère que toute l'histoire vous a plu, que j'ai pu un peu combler vos attentes et faire quelque chose d'original et de pas complètement tiré par les cheveux.

Je ne sais pas trop quoi vous dire. Je vous dirais que ça va de soi de laisser une review au dernier chapitre, mais après l'avoir répété pendant 29 chapitres, sachant que nous allons nous quitter, je n'ai pas très envie de vous faire la morale :p

Donc, 3 ans. Ou presque. J'ai commencé cette histoire accidentellement en fin 2017 et la voici finie en milieu 2020, au milieu d'une crise sanitaire. (Quel timing) Sachez que sans le soutien que cette histoire a eu dès le premier chapitre, je n'aurais pas continué. C'est pour ça que je remercie tous ceux qui ont pris un peu de leur temps pour laisser un petit (ou un grand) mot. Je n'oublierai pas. Je les remercie pour ce qu'ils m'ont apporté comme soutien, mais je les remercie aussi pour ce qu'ils m'ont permis de développer en tant qu'auteure, et je les remercie enfin pour tous les lecteurs silencieux qui apprécient cette histoire de loin.

Je ne sais pas encore ce que la suite nous réserve autant concernant notre fameux virus (je ne suis pas devin) que concernant la publication d'histoires. Ce que je peux vous dire, c'est que Korra et Asami resteront toujours deux personnages très chers à mon cœur. Les chances que je continue d'écrire un petit peu, au moins quelques OS, sont de 80%, je dirais. Je voudrais avoir le temps de vous proposer d'autres histoires longues. Sincèrement. J'ai un projet sur les rails, ça fait des années que je veux l'écrire, mais c'est long. C'est très, très long. Une amie est en train de m'aider pour fignoler quelques trucs, j'ai écrit déjà quelques chapitres (et il faut que j'en réécrive une partie), mais je ne pourrai pas publier cette histoire avant qu'elle soit au moins à moitié terminée. Et c'est un gros truc genre entre 60 et 80 chapitres, peut-être plus. Je suis toujours aussi occupée, donc j'imagine qu'il va falloir une bonne année voire plusieurs avant qu'elle ne voit le jour, et je vous avoue que ça me désespère, parce que je crois qu'elle va rater son créneau. Enfin, on verra. Mais j'aimerais que ce soit une belle aventure qu'on puisse partager tous ensemble. Sinon, j'ai d'autres trucs qui trainent qui sont un peu moins conséquents, mais ils doivent être au fond d'un très profond placard. Bref, arrêtons là les lamentations. Je voulais juste vous dire que même si je disparais, je n'oublierai jamais ce que j'ai vécu avec ce que j'ai déjà publié. Si je continue de publier sur ce site, j'espère pouvoir retrouver certains d'entre vous !

Bon, maintenant, le moment que tout le monde attend.

INFOS BONUS :

Les bonus sont trouvables de plusieurs façons :

1) Allez sur mon profil, trouvez l'histoire « La Fille dans la rue » et en-dessous, les titres des bonus avec leurs liens, normalement. Cliquez sur les titres, et vous devriez pouvoir avoir quelques moments de lecture supplémentaires !

2) Faites une recherche au sein du site (ou allez sur AO3, sérieux. Suffit d'appuyer sur la série ou sur les travaux inspirés et ça s'affiche) avec les titres, que je vais vous donner tout de suite :

- Première Fois : qui raconte la première fois entre Korra et Asami (non, ça ne concerne pas Isolina). Si vous vous rappelez bien, je l'ai évoquée ! Et si ça vous a turlupiné un petit peu : voici ce qui s'est passé ! *rire machiavélique* Vous inquiétez pas, c'est très mignon et drôle.

- La Fille dans la rue — Bonus : Pour l'instant, 4 chapitres de prévus, différentes périodes de la vie de Korra, Asami et Isolina, dont on a déjà parlées mais qui sont un peu approfondies, ou d'un autre point de vue. Ne vous inquiétez pas, il n'y a pas de doublon. Vous pouvez faire des requêtes par les reviews (ou PM, mais je ne reçois plus les notifications, donc voilà). Je vous soumettrai peut-être d'autres histoires une fois que les 4 seront publiées, c'est pourquoi le recueil restera ouvert. Cependant, je pense que ça sera assez aléatoire (et ça dépend un peu de vous aussi). Cette histoire survivra toujours dans mon cœur, j'adore Isolina et Reena, mais le feu ne peut pas être aussi intense tout le temps. Des fois, il faut laisser une histoire s'en aller, puis elle peut nous manquer un peu, ou on peut avoir une idée subite. Donc, c'est ce que je disais : aléatoire.

3) Cliquez sur « Lion01 » et regardez les histoires récemment publiées. (Vous pouvez même lire celles qui ne sont pas des bonus :p)

4) Je crois qu'il n'y a pas d'autre moyen, mais vous pouvez toujours me tenir au courant !

Voilà, ce sera tout ! À une prochaine fois ! Et prenez bien soin de vous !

Lion


Réponses aux reviews 'guest' :

Loann37 : Coucou !

Je réponds à tes deux reviews du coup (Family + Confinées) !

Je suis très contente que tu aies apprécié ce chapitre ! Asami est forcément insatiable :p Mais elle contrôle tout, donc elle montre bien ce qu'elle veut ;-)

Je suis contente que tu ne te sois pas lassée de Reena et Isolina ! (Personnellement, je les aime de plus en plus et je pourrais écrire que pour elles xD)

Évidemment maman Asami sait tout ;-) C'est gentil de l'avoir remarqué :)

Bien sûr que je peux finir comme ça ! Ah, on verra, j'irai peut-être refaire un petit tour dessus un de ces quatre. Mais hors de question que ça devienne long ! (Or, ça ne peut qu'être long avec moi… Prendre le risque ou ne pas prendre le risque ? ;-)

En tout cas, il y a de fortes chances que je vous envoie beaucoup de douceur en ces temps difficiles :)

On se dit pas adieu de toute façon, si ? Je te retrouve dans les bonus ! À plus !

Lion

AsukaTirento: Coucou ! Si tu passes dans le coin, c'est juste pour te dire que je vais essayer de répondre à tes reviews dans la journée x) Mais je peux déjà te dire merci :D À plus !