Disclamer: Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre: Ramage Noir.

Résumé: Il suffit d'un minuscule grain de sable pour casser une machine bien huilée. Certaines personnes se font un devoir d'être ce grain de sable. Surtout quand leur ramage se rapporte à leur plumage.

Note: Je me lance dans une nouvelle histoire sur les Animaux Fantastiques. J'espère qu'elle vous plaira.


Est-ce que je les juge ? Bloody Hell, bien sûr que oui ! Parfois, il faut savoir écouter la partie de vous qui vous dit : « Ce que vous faites est mal, il faut que vous arrêtiez ». Dans la Bible, il y a écrit « Ne jugez point afin que vous ne soyez pas jugés ». Je crois que madame Bellebosse et ses cinglés de fidèles devraient lire le livre qu'ils disent citer au moins une fois dans leur vie.

-Mercy Lecay.


Chapitre 1: June Duclercq, ou «un pas après l'autre».

La lune bleue désigne la treizième pleine lune de l'année. Il s'agit d'un phénomène assez rare. Tout comme le fait qu'un père refuse d'abandonner son enfant quand il a un pouvoir né. Elle ne parlait pas de la capacité de faire de la magie, cela, tous les enfants sorciers le pouvaient, elle parlait d'un pouvoir avec lequel on naissait et que les autres sorciers pouvaient seulement faite mine d'avoir. On peut apprendre à parler Fourchelang. On peut jeter un sort pour modifier son apparence. On peut faire de la divination. Et il y avait encore plein d'autres choses de ce genre. Mais tout cela n'était rien comparé à la façon dont ces choses viennent naturellement à ceux qui sont nés en pleine possession de ces compétences. Petite fille, elle ne comprenait pas pourquoi sa mère la fuyait. Pourquoi sa mère ne voulait plus d'elle sur son toit. Certes, en tant que Pyrokinétique, le contrôle du feu lui venait naturellement, et cela pouvait être perturbant de voir une enfant de six ans jouer avec les flammes sans se blesser. Mais celle qui était censée l'aimer malgré tout n'y arrivait pas. C'était son père qui s'était battu pour la garder, pour avoir le droit de continuer à l'aimer. Il avait même brisé un tabou par amour pour elle : il s'était enfoncé au cœur du bayou pour demander de l'aide aux Cajuns. Aide qui avait été accordée avec joie et sans autre contrepartie que de loger la famille de celle qui aiderait June à maîtriser ses pouvoirs. Ils auraient pu demander bien plus, ils étaient en position de force, mais, ils ne l'avaient pas fait. Alors que la décision de Thomas Duclercq de ne pas se débarrasser de sa fille comme d'un tas de linge encombrant attirait les moqueries des autres Créoles de la Nouvelle-Orléans.

Avant qu'on le demande, en Louisiane, pendant les colonisations française et espagnole, l'usage de l'expression « créole », en tant qu'adjectif, était réservé à la désignation de toute personne, produit ou animal né dans la colonie. Alors oui, que cela plaise ou non à l'administration française, même si elle était caucasienne, elle était une Créole et en était très fière. C'était comme son amie Mercy qui était plus que fière d'être Cajuns même si cela impliquait que la moitié de la population louisianaise lui crache dessus. Et tout comme elle, elle parlait couramment les trois variantes du français présente en Louisiane : le français de Louisiane, le cadien et le créole louisianais. Et elle emmerdait les anglo-saxons. Oui, elle avait appris à être fière de son héritage et de ce qu'elle était.

Et c'était pour cela qu'elle était ici en plein territoire cajun devant ce qui serait l'avenir. Un avenir plus tolérant, plus ouvert pour ceux qui sont différents. Et c'était pour cela qu'elle avait réaliser ce rêve. Un endroit où les gens comme elle pourront apprendre à utiliser leurs pouvoirs sans craindre les jugements. Un endroit où ils ne devront pas cacher ce qu'ils sont. Les Cajuns n'ont pas besoin d'un tel lieux. Aucun n'abandonnerait un enfant et tous avaient dans leur famille quelqu'un ayant un don inné. Mais, ce n'était pas le cas des autres habitants de Louisiane. Si June espérait un jour pouvoir voir de tels établissements partout aux États-Unis, elle savait qu'elle devait commencer ici, où la population était plus ouverte à ce genre de chose.

Lune Bleue, en français dans le texte, serait la première école pour les enfants aux pouvoirs innés. Métamorphomages, Oracles, Fourchelangs, Nécromanciens, Clairvoyants, Pyrokinétiques, Médiums, Changeants… La liste était tellement longue de tous ces exclus à qui elle offrait un refuge. Un refuge que certains voudront détruire par ignorance et par crainte. Mais ils tomberont sur un os. Mercy, cette chère Mercy, avait monté sa propre agence de… D'un peu de tout. En tout cas, elle s'était arrangée pour qu'il y ait toujours deux de ses employés, au minimum, pour assurer la sécurité de ce lieu. Lorsque June s'était enquit du coût, son amie lui avait dit qu'elle le faisait gracieusement, mais qu'elle pouvait toujours déduire certaines dépenses de ses impôts… Comme les salaires. Fraude fiscale sans mauvaise action car elle préférait dépenser le surplus de ses recettes en faisant une bonne action plutôt que le faire dormir dans une banque.

En tout cas, en septembre, l'école de Magie pour Enfants Particuliers, alias la Lune Bleu, fera sa toute première rentrée. Pour l'instant, une dizaine d'élèves. Trois Fourchelangs, des frères et sœurs, un Métamorphomage, une Clairvoyante, un Hydrokinésique, quelqu'un capable de contrôler l'eau, une Nécromancienne et un Polymorphe, un garçon capable de prendre la forme d'un faucon. Et d'autres familles s'étaient montrées intéressées par la perspective de pouvoir fournir une éducation à leur enfant « particulier». D'autres inscriptions étaient attendues avant la rentrée ou dans le courant de l'année. Les parents qui avaient demandé s'ils acceptaient de garder l'enfant at vitam aeternam lui faisaient grincer les dents. C'était son père qui encore une fois avait prouvé à quelqu'un point il était un homme bien : « ces familles ne voulaient pas d'enfants et lui, avait toujours voulu une famille nombreuse même s'il n'avait eu qu'une fille. Tous ces enfants abandonnés, il les prendrait comme pupille. Et pas la peine de parler de coût également de ce côté-ci, il était bien assez riche pour cela ».

Si tout ce passait bien, alors, ils pourront être diplômés et aisi un avenir dans la société. Elle avait un accord avec Mercy leur garantissant un emploi s'ils n'arrivaient pas à trouver mieux. Connaissant l'ancienne auror, cette dernière saurait rappeler à ses anciens obligés qu'il ne faut jamais manquer de reconnaissance ou à sa parole... Même si elle s'en défendait férocement, Mercy Lecay était quelqu'un de bien. Cette même Mercy qui se tenait à quelques pas derrière elle, ombre silencieuse. Trop silencieuse. Mais cela avait toujours été le truc de Mercy de regarder en silence lorsqu'elle n'avait pas besoin de se faire entendre. Après, elle vous sortait soit à peine trois mots, soit une remarque digne d'un grand philosophe. Ou une vacherie, elle n'était pas sectaire.

-Seras-tu là pour la première rentrée ? Demanda June à son amie.

C'était une bonne question. Le premier client de Mercy était l'État de Louisiane, le deuxième le Congrès Magique et le troisième l'État du Mississippi. Elle en avait d'autres, mais, ces trois là suffisaient à faire qu'elle ne savait pas réellement où elle serait la semaine prochaine.

-Non.

June avait demandé à Katerine, une autre de ses amies et secrétaire de l'Agence de Mercy. Elle savait donc que cette dernière n'avait rien de prévu pour l'instant à la date où la Lune Bleue ouvrirait ses portes. Ce n'était pas du genre de l'ancienne auror de ne pas être présente pour quelque chose qui comptait beaucoup pour l'une de ses amies. Mais avait que la créole puisse demander pourquoi, la cajun répondit.

-J'ai une visite inattendue ce soir. Si c'est bien celle que je pense, j'ignore même si je serais rentrée à temps pour ton mariage, June.

Sachant qu'elle se mariait en décembre et qu'on était encore en août, cela voulait dire que Mercy ne serait pas là pendant plusieurs mois. Chose qu'elle ne faisait jamais sans prévenir. Et puis, comment ça : « si c'est bien celle que je pense » ? Elle ne savait même pas pourquoi on venait la voir ? Cela ne lui ressemblait absolument pas. L'un des dictons préférés de Mercy était : Si vous pensez que les gens vous en veulent vraiment, ce n'est pas de la paranoïa, juste de la lucidité. Une nouvelle fois en français dans le texte. Malgré l'interdiction aux Cajuns de parler leur langue maternelle, Mercy, comme beaucoup de ses frères, continuait à le faire. Pour en revenir au sujet principal, Mercy n'acceptait jamais de rendez-vous sans savoir pourquoi on voulait la voir.

-Est-ce liée à cette personne qui a brisé ton cœur ?

Le visage de Mercy se referma. À cet instant, un mur était plus expressif que ses traits. Ne pas montrer ce que l'on pense dès qu'on se sent menacée était un réflexe que beaucoup d'aurors avait. Ce que Mercy utilisait encore et sans même s'en rendre compte.

-Il n'y a ni pardon ni rédemption pour les gens comme moi, June.

Ce n'était pas la réponse qu'elle attendait à sa question. Mais, cela aurait été sans doute beaucoup trop simple si son amie lui avait ouvert directement son cœur. Mercy garda le silence un temps avant de reprendre.

-Je suis partie sans même un adieu ou un regard en arrière, avoua-telle.

-Ce n'est pas la peine de te tourmenter autant, si tu es partie, c'était que ce n'était pas le bon. Un peu de patience et il viendra, comme Marc m'est venu, la conseilla June.

Mercy la regarda gravement. June savait que l'ancienne auror savait qu'elle doutait de la sagesse du choix de l'épouser aussi vite. Mais, elle ne pouvait pas faire sa difficile. Il l'aimait et n'avait pas peur de ses pouvoirs. C'était plus que ce qu'elle pouvait décemment attendre de l'homme qui partagerait le reste de sa vie.

-Crois-tu vraiment que pour chaque personne il n'existe qu'un seul compagnon idéal ?

-J'en suis intimement persuadée.

-Et comment peux-tu être certaine de le trouver ? Et si on en trouve un, est-ce que ce sera lui qui sera fait pour nous ou est-ce qu'on se l'imaginera seulement ? Et que se passe-t-il si la personne qu'on est supposé attendre n'arrive jamais ou qu'on est trop distrait pour la remarquer ?

-On apprend à être vigilant.

-Bon alors, disons… Que les Esprits créent deux personnes sur Terre et qu'elles ont suffisamment de chance pour se rencontrer mais… Que l'une d'entre elles soit frappée par la fondre. Que se passe-t-il ? Tout s'arrête ? Ou par chance on en rencontre une autre et on l'épouse. Mais cette seconde personne vous était réellement destinée ou était-ce l'autre ? Dans ce cas, si on les avait rencontrées toutes les deux en même temps, étaient-elles toutes les deux faites pour vous et le hasard seul est seul responsable de leur ordre d'apparition dans votre vie ? Ou la seconde était-elle supposée être la première ? Tout n'arrive-t-il que par hasard ou l'avenir est-il irrévocable ?

Mercy la regarda de regard quémandant des réponses. June se rappela qu'elle ne lui connaissait qu'une seule relation sérieuse et qui ne s'était pas bien finie, d'ailleurs...

-Je ne sais pas, avoua June.

-Justement, tu ne sais pas, je ne sais pas, ils ne savent pas. Personne sait, et c'est cela la vie, il faut prendre le risque. Tu vas te marier, June. Pas ton père, pas moi. S'il y a une personne qui doit savoir si elle veut passer le reste de ses nuits à dormir près de cet homme, c'est toi et uniquement toi. S'il est ton compagnon idéal, il ne te fera jamais pleurer. Sinon, ma porte ne te sera jamais fermée.

C'était une offre généreuse lorsqu'on savait qu'après son retour de New-York, Mercy s'était renfermée sur elle-même. Elle avait perdu son innocence, et quelque chose disait à June qu'elle savait maintenant parfaitement ce qu'était un cœur brisé.

-Ma mère m'a toujours dit que tout était garanti, sauf l'amour. June. Tu l'aimes, il t'aime. Si tu as un doute sur tes sentiments, ne l'épouse pas. Crois-moi sur parole, les relations sans espoir, cela fait plus de mal que de bien.

Aussi bon qu'était son conseil, si Mercy était en retard aux essayages de demain, elle aurait bien d'autres soucis que cette personne lui ayant donné ce mystérieux rendez-vous ce soir.


N'oubliez pas que les reviews sont le salaire des auteurs.

À la semaine prochaine !